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Un prêtre zélé et distingué de Marseille, à la tête d œuvres importantes, après plusieurs
nS/"^'"'^"^^"*' r^'«"^ que l'ordre mani|uait toujours dans la tenue de ses maisons, se rendu à Bourg et pria les sœurs de Sainte Joseph d en accejiter la direction. En peu de
temps Tordre et la plus sage économie lignèrent dans tous ses établissements, il vit ses œuvres prospérer et grandir par les soins admirables de la nouvelle adminislraiion. Les preuves des sœurs de Sainl-Joseiih allaient faites > et aujourd'hui la congrégation de Bourg ne suffit plus à satisfaire aux nombreuses demandes que le Midi lui adresse.
Tout en portant an dehors ractivilé et le religieux dévouement de ses Filles, la Mère Saint-Benoit n'oubliait pas qu'elle se devait d'abord aux contrées où la Providence se jilaisait, d'une manière si visible à répandre les plus amples bénédictions sur son œuvre. Le magnifique établissement de la Providence, ouvert par ses sacrifices aux jeunes orphelines, dont la charité veut assurer l'existence; l'asile de Sainte-Madeleine» servant de retraite aux femmes aliénées de plusieurs départements; celui (io Saint-Lazare et le grand hôpital que l'administration départementale et la ville de Bourg ont voulu confier aux sœurs de Saint- Josepn, publient assez haut l'étendue et l'efficacité du zèle de la supérieure générale, de même que l'inépuisable abnégation de ses filles.
Le 10 novembre iSki, après trente-trois ans de profession religieuse, ayant adini« nistré pendant vingt ans, comme supérieure générale sa pieuse congrégation, la laissant solidement établie, et très-prospère, la vénérale Mère Saint-Benoit, âçee de cinquante-trois ans seulement, allait recevoir la récompense de ses vertus, rendait sa belle Ame à Dieu, rien ne lui faisant de la peint, ce furent ses^dernières paroles, heureuse d'aller reposer dans le sein paternel de Celui qu'elle avait aimé et servi toute sa vie. Existence bien rempliel douce et belle morll Le souvenir de sa charité, de son édifiante confiance en Dieu, est encore vivant dans le cœur de toutes ses Filles, et leur sert de perpétuel encouragement à la perfection religieuse, dont elle demeurera un grand modèle.
La perte douloureuse do la Mère Saint- Benott en présageait une plus sensible ^eutêtre encore à sa chère congrégation : c était celle de Mgr Dévie, qui regarda toujours les sœurs de baint-Joseph comme ses Filles de prédilection, et qui peut en être considéré comme le véritable fondateur. Plein de jours et de mérites, chargé d'années et de vertus le 25 juillet 1852, il quittait la terre pour Je ciel; il allait jouir des récompenses réservées à un des plus longs et des plus glorieux épiscopats de notre siècle. En 1823, il avait accepté le siège épiscopal da Belley, pauvre, manquant do tout, après trente ans d'un ministère de création et de sainteté, il le laissait à son bien-aimé suc* cesseur dans une situation digne d'envie même pour les plus anciens diocèses dt' France.
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!omme premier gage des faveurs divines avant de s endormir du somoieil des justes.
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Il lui avait été donné d'assurer la garde de M>u trouueau à un |>asteur de son choix. Dtcui^ plusieurs années, en outre» il voyait a la tête de &à ebère cougrégation de Saint- J(;<«pb, une Douirelle supérieure générale, féritahleujent animée du désir de procurer Itjdoirede Dieu, faite pour le commandeoient (dus encore par la piété et la générosité de son cœur que par la remarquable Jistioction de son esprit.
Sous sa direction et celle du nouveau prebt, )e développement providentiel de la congrê^iion ne devait pas se ralentir. Dieu réserve souvent les plus éclatantes faveurs aux œuTres c|u*il bénit pour le moment où il jfur choisit et où il appelle près de lui des protecteurs particuliers dans le ciel. Ainsi, te que, d'après les calculs de la prudence buiudiae, on regarde comme une épreuve terrible, u*est quelquefois, dans les desseins acbésdu Très-Haut, que l'heure marquée jHjur lui de faire éclater d'une manière viable sa puissante protection. C'est ce qui eut iieuilamortdelaMèreSaint-BenottetdeMgr Derie. Ces deux pertes si rapprochées et si rnieiles, que tous les cœurs appréhendaienl daosles vues toujours adorables de la Providence, ne semblent avoir été en réalité, [our les sœurs de Saint-Joseph, que le signal d'une vie nouvelle et d'une action plus it^'flJue.
Les soins persévérants, que Ton avait an- [oriés depuis longtemps et que l'on prooiipie chaque jour h l'instruction religieuse et loiellectuelle des jeunes prétendantes |>en-' il«iU leur noviciat et les six premières années lit: leur profession, produisaient des fruits olioodants. Non-seulement les besoins du <i(ocèse de Belley sont largement satbfaits, uiais aojoard*hui la congrégation des sœurs lie Saiot-Joseph de Bourg peut donner de ^ pléaitude, s*étendre au dehors, aller au k)io eagner des Âmes à JésuS'^Christ, se liufrà tous les exercices du zèle, accepter !oQtes les oeuvres de charité, sans crainte de ^•Jir le nerf de la discipline et les liens sacrés de l'obéissance se relâcher ou se rom- Ke. be$ établissements nombreux, importants sont fondés de toutes parts. Les sœurs '^ Saiiii^oseph franchissent les limites de à France, filles sont répandues dans les >ui mondes. Elles ont une colonie tloris- 'tote aux Euts-*Unis. Paris, Clermont, Mar- >^i«le, nos grandes villes comme nos caral'A^ues font appel à leur zèle intelligent et j ieur dévouement sans bornes. Partout elles i'mt admirer et revivre cet esprit d'ordre, <^ 'tboé^ation et de simplicité évangéliqucy caractère distinctif do la pieuse congréga* bon. A ta multitude de leurs établissements d'instruction primaire en faveur des enfants (Iq peaple aux ouvroirs, aux salles d'asile, Cloutes les œuvres de charité qu'elles diripnt, il faut ajouter au milieu des villes, i^'ars nouveaux pensionnats recherchés auj'M)rd*bui |>ar les grantles familles |)Our l'é-
«iu(ai\on des jeunes personnes.
tufa<:e des nécessités présentes, les es-
prits graves ont senti le besoin de faire rentrer dans la famille, avec une piété douce, une instruction solide, brillante même, toujours unie à une grande simplicité de mœurs. C'est le but louable que se proposent les sœurs de Saint-Joseph, dans la direction de leurs maisons destinées à l'éducation des jeunes personnes appartenant aux classes élevées. Bien au-dessus du funeste éclat d'une instruction superficielle, elles placent une éducation sérieuse, solide et profondément chrétienne. La supérieure actuelle a voulu même qu'un pensionnat modèle, pour les enfants des premières familles, fût annexé au noviciat, lûalgré ses occupations elle ne dédaigne pas de suivre quelquefois jusqu'aux moindres détails le fi* dèle accomplissement du règlement des études. Elle en est récompensée par des succès marqués, la reconnaissance des élèves et celle de leurs parents. Un bâtiment spécial a été construit pour recevoir ces enfants. D'un goût pur et sévère, il charme par le luxe de la propreté et par la grande expé* ricnce qui a présidé à tous les détails mi* nulieux d'une distribution parfaite. Les appartQpients vastes et commodes f>ont admirablement disposés pour la circulation de l'air et de la lumière. Tout s'y trouve et rien n'y est superflu. La tenue des enfants est ce que leur position sociale exige, la nourriture saine, variée, abondante, l'éducation douce, la piété tendre, l'instruction solide, étendue^ des plus brillantes même, si les talents de l'élève s'y prêtent, mais dans ce cas seulement, l'agréable cédant ici, comme partout, à ce qu'il y a de fondamental, de nécessaire et d'utile.
Kn suivant avec beaucoup d'attention les enfants dont on confie l'éducation à ses filles, la supérieure générale est loin de perdre un seul instant de vue l'attention plus imméi diate et plus sérieuse encore qu'elle doit h cette grande famille religieuse, objet constant de sa sollicitude maternelle, que la Providence se plaît à augmenter d'une manière merveilleuse. Avec le nombre toujours croissant des Jeunes prétendantes, se multiplient ses soins et ses empressements de mère. Pour ses filles bien-ainiées, rien no lui est cher, rien né. lui coûte. Elle leur donne ses jours et ses nuits, leur consacre son repos et ses veilles, leur immole sa santé. C'est pour elles qu'elle a fait élever à grands frais ces salles immenses destinées aux pieux exercices de la retraite. C'est pour elles, c'est pour oITrir à l'Epoux immortel un séjour plus digne de Sa Majesté souveraine, qu'elle fait sortir de ses ruines l'antique et superbe église des Jacobim, Ce monument, riche expression de l'architecture religieuse au XV* siècle, avait été renversé pendant la révolution. Relevé incomplètement une première fois, il est aujourd'hui restauré sur les plans de M. Dupasquier, habile architecte de Lyon et artiste distingué, comme le prouve sa magnffioue monographie de Brou. La façade de I église de Saint-Joseph, qui seule en^e moment est en
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DICTIO.NNAIUE
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construction, offre un beau travail il*ar(. La grflce et la richesse de l'anhitecture primitive s*^' étalent sans confusion. On trouve à rinténeur deux tombeaux, dus au même architecte et remarquables également par une ornementation élégante, un goût pur ot des vitraux de prix qui ornent les larges baies qui les surmontent. Ces belles peintii- (es religieuses ont été exécutées sur les carions de M. Dridon atné, dont le nom seul est une- recommandation. Le clocher placé sur le côté méridional du monument est d*un eCTei gracieux. Il plaît par sa flèche élancée, entourée de quatre autres flèches légères qui couronnent les angles du milieu desquelles elle s*élève surmontée de sa riche croix d'or. Huit petites cloches, en parfaite harmonie de tons, enrichissent son bcS'roi. Elles sont une offrande spontanée des filles à leur mère et supérieure générale bien-aimée.
lA partie avancée du monastère, oui le ferma du côté de la rue, présente de celles proporiions. Cest une façade étendue, d'un style Romain rendu moins grave et moins séVère par la distribution habile de quelques ornements. Ces travaux sont considéraoles )>ar leur ensemble et attestent, dans la supérieure générale, comme dans rarchitecte distingué, l'intention bien arrêtée de refiren* dre les traditions des anciennes conçrésations religieuses et les formes invariable* ment consacrées de Tiirt chrétien. Depuis longtemps on aurait dû comprendre la nécessité de ce retour, et, laissant le biflme et la critique è rigoorance ou à l'esprit de parti , s'attacher plus fortement chaque iour à reproduire ndèlement le passé si glorieux ei si chrétien do notre France monumentale. Les dépenses auraient certainement peu augmenté et la religion et les arts auraient grandement à s'en applaudir
Mous ne parlons ni de la ceinture de canaux couverts qui entourent le monastère, favorisent l'écoulement des eaux, rendent les appartemens plus saints, ni des nivellements considérables exécutés dans les préaux et dans les jardins, qui dégagent les constructions, donnent du jeu à l'air, è la lumière; charment la vue parleur régularité et rendent plus pittoresque encorecette montagne , délice des sœurs et de leurs enfants, du haut de laquelle le regard s'étend au loin, embrasse du même coup d*œil le splendide monument de Brou , les bois et l'ancienne Chartreuse deLeillons. Lk ne se bornent pas les améliorations et les travaux considérables commandés par la supérieure générale. Liée par un traité avec le conseil général de l'Ain, pour la construction d un local destiné aux aliénés du département , elle fait élever l'asile Saint-Georges dans des conditions diOiciles à rencontrer ailleurs. Le ministre de l'intérieur, les hommes les plus compétents de France, de l'étranger même, ont été appelés à donner leur avis sur les plans, avant de les mettre à exécution. La position est magnifique, la construction savamment conçue • habilement
exécutée ; tout concourt à en faire la pre* mière de ce genre, le plus bel établissement d'aliénés, un asile modèle. Douze cents personnes pourront y être reçues. Au milieu de l'air pur de la campagne, sons un ciel très-doux, avec des cours et des jardins séparés, de spacieux ombrages, on ils trouveront le calme et le repos nécessaires au rétablissement de leur santé; les malades souvent se croiront au sein de leur famille, ajant de plus à leur disposition les ressources de 1 art et le tendre dévouement de vierges pieuses, qui s'honorent des soins qu'elles leur renaent, et se disent, avec bonheur, leurs sœurs en Jésus-Christ.
Cette vie extérieure, ce déploiement de force matérielle, n'est qu'une faible expression de la grande vie morale qui se dévelop]>c chaque jour d'une manière admirable chez les sœurs de Saint-Joseph. Il y a trente ans, h peine connues dans le département de l'Ain, elles ne comptaient que quatorze établissements, et leur nombre ne s'élevait pas à cent religieuses. Aujourd'hui elles sont répandues en France, en Suisse, en Amérique; elles occupent quinze de nos dépaitements, reçoivent plus de 200 jeunes prétendantes chaque année en leur pieux Noviciat, et, avec ce merveilleux et providentiel accroissement, elles sont loin de pouvoir satisfaire aux demandes pressantes qu'on leur adresse de toute part. Vingt-six départements, outre ceux qu'elles occupent, les sollicitent d'aller à eux pour fonder de dou« veaux établissements. La moisson est dt*s plus abondantes. Souhaitons que les rein gieuses do la Congrégation de Bourg, déjà si nombreuses, se multiplient encore afin de multiplier leurs bonnes œuvres et de répandre partout l'esprit de charité et de simplicité évangéliques qui les anime. Nullo part une jeune personne, ayant la vocation religieuse, ne trouvera une carrière plu> large ouverte à son zèle. Heonplie de l'amour de Dieu et du prochain , sent-elle brûler pieusement son cœur de la flamme d'on saint dévouement ; aspire-t-elle à combattre les ténèbres, à dissiper l'ignorance , elle sera changée de l'instruction et de l'éducation de l'eniance. Tendre et compatissante, soo âme fait-elle ses délices de soulager les membres souffrants de Jésus^ChrisI ; pieuse hospitalière, elle ira veiller au chevet des maladest ou panser des plaies, endormir des dou' leurs. Jusqu'à son dernier jour, dans le< vastes salles d'un hôpital, ou bien, dans les maisons de détention, elle ira, en fermant les grandes plaies de l'âme, verser aui détenus le baume de la consolation. L'ardeur de sa foi lui iuspireraii-elle le généreux désir de travailler à la conversion des iafidèles , renonçant à ce que la nature a d^^ plus cher, choisissant } Amérique ou U^ îles lointaines, traversant les mers, elle ir' faire briller la foi et la charité des vierg**^ du Seigneur, aux regards étonnés des sau* vagcs au milieu de leurs forêts. Amis dr> ro^es noires, ils la reconnaîtront à la école ur de ses vêtements et se laisseront ^u^
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jt^uer parla force el le charme irrésistible dûses vertos.
La règle des sœurs de Saint-Joseph n'est point sévère. Leur costume est simple « de ion goût. Leurs robes, dont la taille s'éloigne lutaot que{)0ssible des vanités du monde, sont d'une étoffé commune de laine noire qoi n*a point été pressée ni lustrée, et qui tii la roéme pour toutes les sœurs; elles descendent de manière à ne pas toucher tout à lait la terre; les manches sont tout unies, d'une largeur médiocre; la longueur, quand elles sont étendues, va jusqu'au bout dé la main.
La coiffure consiste : 1* en un voile de laine noire, qui descend par derrière un peu plus d'an demi-pied au-dessous de la ceinture et par-devant, quand il est abaissé, de njanière è couvrir les yeux;
2* En un vôilon de la même couleur et de la fLime étoffe ;
3* En un serre-tête ;
4* En une cornette qui enveloppe le cou;
S* Eo uDbandeau placé au milieu du front Le tout en toile blanche.
Elles portent encore une guimpe en toile Uaocbe; un cruciGx d'airain sur bois noir tsX attaché à leur cou et pend sur la poitrine. A la ceinture , elles portent un cordon en laine noire, auquel est attaché, du côté gauche, un chapelet noir. Elles ont pour ebaussure des bas noirs et des souliers noirs sans façon.
Les sceurs converses sont habillées de la niême manière , excepté que lews habits M>r.l d'iuie étoffe plus grossière et qu'elles {•orient une coiffe d'élami ne noire qui s'atjachesous le menton et est garnie d un bord blanc tout uni; elles ne portent ni voile m bandeau.
Les sœurs,de quelque rangqu'elles soient, M quittent point leur habit durant le jour, m dans la chaleur, ni dans le travail; mais qoand elles sont malades, ou quand elles >ûDi obligées de se lever la nuit, elles peum se servir de robes de chambre , qui sont ^<loffe noire comme leurs habits. (1)
ià congrégation des sœurs de Saint-JosepndeBourg,est approuvée de l'Etat par ^n décret du 21 août 1828. Nous passons sous silence les distinctions honorifiques qoi, plusieurs fois, ont été décernées aux wigicnses pour la supériorité de leur en- ^igneaoent, la tenue de leurs salles d'asile, «i leur admirable dévouement aux jours du cWéra et des épidémies. Plusieurs d'entre fy^'ODl trouvé la mort au chevet des pes- "wés. Pourquoi rappeler leurs noms ou les pndre? Heureuses victimes de la charité, Nies leurs copoaiçnes leur portent envie. JJ poire humaine a voulu récompenser les rt ^*®?«l®^ succès de leur courage. Croix fi médailles, précieuses récompenses aux
m du monde, mais à leurs veux distinc- "on$ vaincs et inutiles.
iJ'''^''8^sM^les, consacrées à leur unique fpoux, elles ne soupirent qu'après la gloire
VlJ^'^'^u.ciel. Lè,est leur rœur, là,
!i V "'""'^'0''; ^^ en toutes circonsw »03f. à la Qn Uu vol., n** 127.
tances on peut compter qu'elles ne négligeront rien pour y atteindre, en continuant a se dévouer généreusement au service de Dieu et du prochain.
JOSEPH (Congrégation des soburs ou dbs
FILLES DE Saint-).
La congrégaiion des sœurs ou des filles de Saint-Joseph prit son origine au Puy, en Vêlai (Haute- Loire), où elle fut érigée par Mgr l'évéque Henri de Maupas, à la sollicitation du P. Médaille, Jésuite. Dans le cours de ses missions ce père ayant rencontré quelques filles qui lui témoignaient le désir de se consacrer à Dieu, il les réunit d'abord chez Mme Lucrèce de la Planche, épouse de M. de Jouy, qui fut la généreuse bienfaitrice de cet ordre nouveau; puis, il les assembla dans l'hôpital des Orphelines du Puy, dont l'évéque leur donna la direction. En 1830, le prélat confirma cet établissèment par lettres du 10 mnrs 1651, leur donna des règles et leur prescrivit une forme d'habit.
M. de Maupas, fondateur avec le P. Médaille, de l'institut de Saint-Joseph, fut un homme extraordinaire par ses vertus et par ses œuvres; tous les biographes ont eu soin d'enregistrer son éminenle piété, son zèlo apostolique, sa vaste érudition et les établissements de charité do ce vénérable pontife. La nombreuse congrégaiion des religieuses de Saint-Joseph est heureuse d'avoir un fondateur dont les belles actions ont eu tant d'éclat; elle sont remplies d'une nouvelle ardeur pour l'accomplissement des devoirs de leur saint état, en rappelant les vertus et le zèle de celui qui se voua au développe* ment de leur œuvre.
Mgr Henri de Maupas naquit en 1606, au château de Cosson, à deux lieues de Heims, i! fut tenu sur les fonts du baptême par Henri IV; il était fils de Charles de Maupas qui était le favori du roi de France; il fut trois fois en Angleterre en qualité d'ambassadeur; il rendit beaucoup ue services à son pays; il fut aussi recommandable par ses talents littéraires et par ses principes reli-
Sieux; sa mère, Anne de Gondi, fut le mo« èle de toutes les vertus.
Le jeune Henri, doué des plus. heureuses dispositions, sut profiter des soins qui lui furent prodigués dans sa famille, des exem-
Eles dont il était entouré. Il sentit de bonne eure un goût très-prononcé pour l'état ecclésiastique; il fut nommé à Tabbave de Saint-Denis de Reims. Au lieu de s enor-
Sueillir de cette dignité, le jeune abbé reoubla d'efforts pour s'en rendre moins indigne; il s'appliqua constamment à l'étude, et fit de rapides progrès dans les sciences eccésiastiques. A la mort de Mgr Gabriel de Sainte-Marte, archevêque de Ueims en 1620, M. l'abbé Henri de Maupas prononça l'oraison funèbre, il n'était alors âgé que de vingt-trois ans, ce qui supposait des talents précoces pour pouvoir remplir aussi dignement la tAche importante et difficile de faire, du haut de la chair évangélique, dans une
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fies premières basiliques du royaume, l'élogo d'un illustre pontife devant un clergé distingué et un nombreux et imposant auditoire*
L'éminenle piété, les rares vertus, les lumières de Tabbé Henri de Maupas jetaient tant d'éclat, qu*à peine, élevé à la prêtrise, il fut nommé vicaire général de Reims. Il se conduisit, dans cet emploi, pendant dix ans, avec le zèle, la prudence, la charité et l'activité d'un homme apostolique. Au reste, la réputation de sa science et de sa sainteté était si universellement reconnue, qu'il avait été proposé, en 1634, pour être coadjuteur de Mgr Henri de Lorraine, archevêque de Reims. M. L'abbé Henri de Maupas donna une preuve éclatante de son zèle pour la discipline ecclésiastique. Comme il était abbé de Saint-Denis de Reims, il introduisit, dans cet abbaye, la nouvelle réforme de la congrégation de Sainte-Geneviève, ou autrement appelés des chanoines réguliers de France. Or, pour opérer ce changement, il fallait tout l'ascendant que donnait à M. de Maupas la haute réputation de ses vertus, de sa science et de son mérite.
La reine résenle, Anne d'Autriche, mère de Louis Xlv, désirant avoir un premier aumônier, jeta ses vues sur M. Henri de Maupas. Le choix d'une si auguste princesse fut pour lui un véritable litre de gloire, car fille savait apprécier le mérite. Fille, sœur, épouse et mère de rois, personne, mieux
Su'Anne d'Autriche, ne sut soutenir avec clal la grandeur de tant de titres.
En paraissant h la cour, M. l'abbé de Maupas s'y montra environné du modeste et édifiant cortège de toutes les vertus sacerdotales. Après avoir rempli ses honorables fonctioDs de premier aumônier, il employait le reste de son temps aux exercices de piété et k l'étude des sciences ecclésiastiques. Les ))ienséances impérieuses que sa naissance et sa dignité lui imposaient parfois dans le monde, ne lui firent rien perdre de sa modestie et de sa ferveur accoutumées. Comme la vertueuse mère de noire Henri était une Gondi, ce pieux ecclésiastique eut le bonheur, en fréquentant une si sainte et une si illustre maison, d'y faire connaissance avec saint Vincent de Paul, et de se lier avec cet incomparable prêtre, d'une étroite amitié.
Une aussi brillante lumière devait naturellement être placée sur un chandelier élevé. L'évêché du Puy étant devenu vacant, f^uis XIV nomma h ce siège l'aumônîer de son auguste mère, en 1641. Mgr de Maupas fat sacré évoque du Puy dans l'église des Jésuites de la rue Saint-Antoine, Te 4 août }6tô.
Lorsque M. de Maupas fut arrivé au Puy, l'aurore d'un nouveau bonheur commença k luire sur cette antique église. Le prélat se livra tout entier aux travaux de Vépiscopat. Chaque année de son administration fut marquée par quelque acte précieux en faveur de la religion. Il visita son diocèse avec tin zèle apostolique; il montra une sollicitude extraordinaire pour ranimer et perpé*
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tuer l'esprit ecclésiastique; il établit un séminaire; il avait grandement à cœorde voir les infirmes visités, les pauvres malades soulagés, et les pauvres personnes du sexe instruites dans les principes de la religion et formées k la vertu, pour devenir, un jour, de bonnes mères de famille, et Mgr de Maupas atteignit ce double but par Tadmirable institution de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph. Le pieux évèque du Puy savait s'entotirer d'hommes recommandâmes pour opérer le bien. Ainsi, on le vit lier amitié avec René Médaille, Jésuite, célèbre par ses missions et par les courtes mais belles méditations qu'il nous a laissées. Le zélé enfant de saint Ignace, comme un autre François Régis, évangélisait ces contrées. H passa sa vie a faire des missions, non-seulement dnns le diocèse du Puy, mais encore dans ceux de Clermont, de Saint-Flour, de Rodez et de Vienne. Ce fut le vénérable P. Médaille qui suggéra a M^r de Maupas l'heureuse pensée d'établir les sœurs de SaintrJoseph. Ce fut en 16H que M^r de Maupas publia, pour la firemière fois, la Vif de la vénérable mère Jeanne Françoise Frcmiot de Chantai, ouvrage de mérite souvent réimprimé et même traduit en Italien.
Saint François de Sales n'avait établi, dans le principe, les Filles de la Visitation que sous le titre de simple congrégation. Cet illustre fondateur voulait que ces chères Filles, après leur profession, fassent servir les malades; elles pratiquèrent ce point de la règle avec un zèle admirable pendant cinq ans; mais l'archevêque de Lyon, Denis- Simon de Marquemont, représenta à François de Sales, par do solides raisons, qu'il devait ériger en ordre religieux les filles de la Visitation. M. de Genève ayant d'abord éprouvé un peu de répu^^nance, soa5cri>i* cependant au désir de son vénérable collègue.
Dès lors, Mgr de Maupas s'efforça de marcher sur les traces de saint François de Sales; institua la congrégation de ses chèref Filles de Saint-Joseph h Tinstar des religieuses de la Visitation dans leur institution primitive. Voici le détail historiaue de la naissance de Tadmirable institut ues sœu^^ de Saint-Joseph, extrait de la Préface d*constitutions, imprimées pour la preuurc fois h Vienne, en 1693, par ordre de Mgr Tarchevôque de Villais.
« La congrégation des sœurs do Saini- Joseph a pris son origine au Puy, en Vel.'<>: elle fut érigée, en 1650, par Henri de Blaup. n évêque de cette ville. Ce prélat fui pui^^^l••' ment et ciricaccment secondé dans cette c^ cellente œuvre, par le P. Jean-Pierre Médaille, illustre missionnaire de la Coni|>agnie de Jésus. Ce pieux et savant entant de sàiii Igtiace de Loyola avait trouvé, dans st» courses apostoliques, plusieurs veu>c» ^t (illes He piété qui désiraient se retirer «*'i monde pour aller dans la retraite s'onupr spécialement de leur avancement ^piriiiii*. tout en se vouant au service du proiiiatn* dès lors, le P. Médaille fit connaître à M;:ri'i
fit los Des oRimss
)lao|iM qa*il sérail plus fiicile d établir une toùgrigÂiion qui pourrait occuper la place qoe les «CBurs do la Visitation venaient de ièïs^r racaote, en embrassant la clôture. Le T«nérab(e ëréque du Puy accepta celte proposition afin; le plus yif empressement; il r<na le P. Médaille d^écrire aux pieuses ûUes qui devaient former une congrégation où elles pourraient remplir Toilice de Marthe €i Varie.
t Le P. Médaille s'acquitta aussitôt de la roission dont il était chargé. La ville du Puy De tarda pas à voir arriver dans ses murs de pjeases Françaises qui venaient donner rexeuiple de toutes les vertus. Elles logèrent pendant quelques temps chez Mme Lu* rrèce Laplanche de Jouy, de la ville de Ténée, qui s'était retirée au Puy. Elle contribua de tout son pouvoir à rétablissement des sœurs de Saint-Joseph; et jusqu'à sa mort elle travailla avec un zèle et une charité extraordinaire à Tavancement de cette tOQgré^ation.
c Enfin, toutes choses ayant été disposées mt rexérutton de ce pieux dessein ^ Mgr Tévèque du Puy assembla, le 5 octotire 1650, toutes lesL demoiselles dans Thôjiiul des Orphelines du Puy, dont il leur cûuGa la direction. Il leur prescrivit la forme (je leur habit, qu'il fut leur donner luiloéme en leur laisant une exhortation pleine >i'ooctioQ et de l'esprit de Dieu, par laquelle iUnima toutes les nouvelles sœurs du plus pur amour de Dieu et de la plus parfaite c^iiriié pour le prochain. Il leur donna des règles pour leur conduite; il termina cette l'ieuse cérémonie en donnant aux sœurs sa l^éDédictioo pastorale, avec des témoignages (itraordtiMires d'une cordialité toute paternelle pour la congrégation. Il les mit sous la protection du glorieux saint Joseph. »
Témoin de Ja ferveur anséliquc de ces bonnes sœurs et de leur zèle à soulager le prochain dans l'hôpital qui leur avait été ''jnfié, M(;r de Haupas autorisa» l'année soiviole Ja congrt^gatioo de Saint-Joseph, d'une Bunière publique, par une ordonnance épîs- ^pale du 10 mars 1651. Voici le monument «nihentique de Térection de la congrégation ïie Sainl-Joscph.
^oui, Henri de Maupas du Tour, évéque '[ ftigneur du Puy, comte du Velay , sufïïmnt immédiai de Sa Sainteté, abbé de ^int'Dtnis de Reitm , conseitter du roi en '« (•nttib, et premier aumônier de la reine
péiirtux de Fataneement de la gloire de ^* du «aitti des âmes et du service de la wj/^ dam notre diocèse , avons appris que •w wmei et d« demoineltes voulaient se coii- ^tr au iouable exercice de la charité^ tant f^ '« service du grand hôpital des pau- 7« malodes de notre ville, que pour fe- ^met ta direction des filles orphelines « «•'r# hépital de Montferrand, et que pour J««wtr vaquer avec plus de loisir auxdits J«^«jef, elles désirent, sous notre bon plai- J^^t notre aveu, dresser une congrégation "^ «•«9««/e, vivant en communauté avec la
I>itTlOXS. DES ObDRBS RELIG. IV.
RELIGIEUX. JOS 68i
'?!f'^^ ri?^f^^^ 9^ /w filles elotirées, il leur fàt loisible, sans aucun empêchement, de a'employer au services du prochain. Ce dessein nous a paru si louable que nous favons embrassé avec la plus grande affection: nous avons permis et permettons auxdites filles de Saint 'Joseph de s'assembler et vivre en communauté, en une ou plusieurs maisons, selon qu'il leur sera nécessaire, pour mieux répandre les fruits de leur charité, et multiplier leurs dites maisons dans tous les lieux de notre diocèse, où nous le jugerons ^propos ; et afin que tout se fasse avec plus a ordre, pour faire prospérer ladite congrégation, nous avons dressé et donnédes règlements ou eonstitutionsauxditesveuveset filles, qu elles garderont exactement pour la plus grande gloire de Dieu et l'édification du pro^ cham, comme elles ont dM commencé à les garder dam Montferrand, et prenant dès à présent iesdites veuves et filles, et leur congre-
Îatton sous notre protection, nous ordonnons nos vicaires et officiants de tenir la main à es que leur smoble entreprise reçoive toujours de nouveaux accroissements, et à ce que personne ne vienne à molester Iesdites veutes et filles , auxquelles nous donnons notre bénédiction de toute l'étendue de notre affection^ el /«tfr souhaitant avec la même affection la
bénédiction du Père, du Fils et du Saint- Esprit,
Mgr de Maupas ayant été transféré k Evreux,en 1661, son successeur, Aristo Armand de fiéthune porta également le plus Çrand intérêt h la prospérité du nouvel insï^^ik ^^'*^ confirma par une ordonnance du 28 septembre 1666. Les paroles du prélat soni extrêmement flattenses pour celte congrégation, qui n'avait alors que quinze ans d existence; on y lit ces paroles : < La grande édification et la bonne odeur de Jésus-Christ, qu'elles ont répandues, les ont fait appeler dans d'autres diocèses, pour V employer leur charité. • En effet, elles desservaient alors le grand HAtel-Dieu de Vienne, et M. Henri de Villars, archevêque de cette ville, confirma dans son diocèse la congrégation des sœurs de Saint-Joseph,
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grande w.....^ „«« «wui^j ^u* *« o^iviu^ et riDstruction des pauvres. Mgr de Villeroi, arohevêque de Lyon, confirma également dans son diocèse, par une ordonnance, la congrégation des sœurs de Saint-Joseph.
A tous los graves témoienagesde satisfactionrendusauxpieuses Filles deSaint-Joseph, nous ajoutons celui d'un auteur recommandable. Le P. Richard, dans son Dictionnaire universel , s'exprime ainsi , h l'article de M. de Maupas, évêq.ue du Puy : c II (établit la congrégation des Filles de Saint - Joseph , lesquelles s'occu()ent avec beaucoup de succès , surtout dans les paroisses cie campagne, à instruire les jeunes enfants de leur sexe, k soigner des malades et à donner au prochain des secours spirituels. »
La congrégation des religieuses do Saint-
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Joseph ne tardA pas h se propger d'une manière étonnante^ Dieu protégea yisibie* nient le nouvel institut, qui , semblable dans le principe « au petit grain de sénevé, la plus petite de toutes les semonces , devient ensuite un arbre où les oiseaux du ciel vont établir leur nid. En effet, on lil dans la préface des constitutions des sœurs de Saint-Joseph, imprimées pour la première fois h Vienne, en 1693, que la congrégation comptait i celte époque des établissements importants dans les aiocèses de Clermont, de Vienne , de Lyon , de Grenoble , d*Embrun, de Gap, de Sisteion, de Viviers, d*Uzès et autres.
Mais aujourd'hui (1857) la congrégation des Filles de Saint- Joseph est dans Téiat le plus florissant. Les religieuses de Saint- Joseph, répandues en France dans un bien plus grand nombre de diocèces , comptent plus de cinq cents maisons de leur ordre. Ou en trouve trois communautés dans le diocèse d*Ajaccio, k AIbi, à Beauvais. La ville de Bourg possède une communauté mère, de Tordre aea sœurs de Saint-Joseph? «leuxcenttrente maison dépendent de c^ite congrégation. 11 y en a plusieurs dans celui de cahors ; Clermont renferme une maison mère de la congrégation des sœurs de Saint- Joseph. Il Y a un noviciat dans cette ville et un è Montferrand. Elles ont dans le diocèse environ quarante maisons, une communauté est établie k Limoges. Lyon possède aussi une magniflque maison mère de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph. Ce&t la plus nombreuse de l'ordre. Elle compte sous sa dépendance environ trois cents maisons situées dans ce vaste diocèse , dans d'autres diocèses, 9i même aux Etats-Unis d'Amémérique. Les sœurs de Saint-Joseph ont plusieurs maisons dans le diocèse du Mans. Il y en a dans les diocèses de Meaux, de Mende, de Monlpellier, de Nevers, de Périgueux.
Le Puy, berceau de la congregatioo des sœurs de Saint-Joseph , possède une maison mère et plus de soixante maisons répandues dans le diocèse. Comme dans tous les chefs-lieux de la congrégation, les sœurs se réunissent chaque année dans la maison du Puy, pour vac^uer aux saints exercices de ]a retraite. Qu'il est édifiant de voir un si grand nombre de religieuses garder pendant Huit jours un silence continuel, se ranimer dans la ferveur, et en sortir remplies d'une nouvelle ardeur, pour travailler k l'œuvre importante de leur avancement spirituel, du soin des malades et des pauvres, el de l'instruction chrétienne des jeunes personnes de leur sexe I
n y a trois maisons de sœurs de Saint- Joseph k Paris, dont Tune renferme 35 religieuses, un pensionnat de 90 élèves et de 50 à 60 externes; quatre dans le diocèse de Rodez, deux dans celui de Saint-Claude, huit dans celui de Valence, huit dans celui de Soleur. Le diocèse de Viviers possède une maison mère des sœurs de Saint- Joseph, qui sont aussi répandues dans un grand nombre <ie paroisses du diocèse de Valence, de Séez.
(1) Vay. à la an da vol., n« 128.
Ce détail suffit pour prouver que la cen-
Îréj^aticm de Saint-Joseph est une (Buvro minemment chrétienne et sociale, qui a élevé sur le t>eau solde la France plas de cinq cents maisons, asiles de Vinnocence, où cinq mille vierges mènent une vie sogé* ligue, répandant autour d'elles la bonne odeur de Jésus-Christ , et forment constamment k la piété et aux bonnes œuvres soixante mille jeunes françaises, destinées k devenir des mères de famille. (I)
JOSEPH DE CLUNY (congrégation dbs
SŒURS DB saint).
La congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny) a été fondée, au commencement Je ce siècle, par la révérende Mère Ann«- Harie Javouhey, née à Chamblanc, au diocèse de Dijon, le 11 novembre 1779, jour de saint Martin, pour qui elle eut toi^gonrs une dévotion particulière, à cause sans doute de fimmense charité gui avait abondé dans le cœur de ce grand saint, qu'elle chercha à imiter, )ar sa compassion, son zèle, sa tendresse pour es pauvres et pour les malheureux.
Dieu, qui la destinait à de grandes choses, l'avait préparée de bonne heure à sa mission par des grâces et des faveurs particulières, qui ne Im laissèrent aucun doute sur les desseins qu'il avait sur elle.
Apres avoir pratiqué pendant plusieurs années, en secret, les exercices de la vie religieuse, et s'être livrée à un zèle tout apostolique dans son pays natal, au milieu de U tourmente révolutionnaire, malgré les obstacles et lopposition que lui susciUit particulièrement son père, elle fut conduite, vers 1803, par l'inspiration de la grâce, au mooas^ tère de la Val-Sainte, en Suisse, où elle connut le célèbre dom Augustin de Lestraoge, abbé de la Trappe, qui, ayant compris celle âme généreuse, s'était chargé de la diriger dans les voies de Dieu. Dès lors, elle s alwndonna entièrement k sa conduite, et reçut de lui les premières règles spirituelles qui, pendant les premières années, dirigèrent sa société naissante*
Elle trouva aussi un bienveillant protecteur dans Mgr de Fontanges, alors évèque d'Autun, qui voulut bien encourager ses projejs. Mais Dieu lui retira cet appui, ainsi que celui du vénérable abbé de la Trappe, presque au moment où, ayant pu vaincre la réastancc que lui opposaK la tendresse inquiète de ses parents, elle allait mettre la main k l'œuvre, ea jetant les premiers fondements de son instifuL
A peu près vers cette époque, c'est-à-dire, vers 1805, elle eut le bonheur de recevoir la bénédiction de l'auguste Poutife Pie Vil qui passait à ChAlons-sur-Saône. Deux ans y\^ tard, dans cette même ville, elle se revêtait « l'habit religieux et faisait pnifession avec trou de ses sœurs, ainsi que quelques-unes de set compagnes au nombre de cinq, entre les mains de Mgr Imbertier, successeur de Htp^ ^ Fontanges,Te 12 mai de Tannée 1807. Ce^oorlà même, la petite communauté Ait cunsntu^s en corporation religieuse et approuvée p»^
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DES ORDRES RELIGIEUX
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IMonté dlMésiâfte. IM» ce moment, la vie de la référende Hère fut consacrée tout entièi^ à l'oeuvre que lui confiait la divine Providence, et son histoire devint celle de la con* ^gation, qu'elle gouverna pendant près d'un dfmi-siècle.
£n 1908, une colonie de religieuses sortie do Châloos, ce premier berceau de Tinstitut, «établissait dans la ville épiscoçale d'Autun, fHi le gouTemement impérial mit à sa dispo- Mtion les bfttiments ou grand séminaire. Cdmm ils fiirent rendus deux ans après, à kur destination primitive, la communauté, 4lf)»tKi5-p8uvre, nit forcée d'abandonner Autnapour aller commencer la maison de Ouny, (|ti, qiieh]ues années plus tard, fiit reconnue le rhef-lieQ de la congrégation.
Pendantoette période de 1807 à ISlO^le perloonel s'augmenta, et plusieurs petites fondalions furent entreprises ; mais elles n'eurent quuoe existence précaire et de courte durée. Qany seul prit et conserva une certaine importance à eause du noviciat qui y fut établi. Cet éMde choses dura jusque versia6ndel816, où U congrégation commença à prendre quelque ««or, ])ar l'établissement de ses premières ^mditioDs entreprises dans les colonies françaises d'Afrique et d'Amérique, où elle fiit apl'eiée par le gouvernement français^
Ces missions lointaines^ confiées au dévouement de l'institut, firent surgir des vocations, ^Q mtaie temps qu'elles exigèrent des créations assez importantes dans le nord de la France. Aussi un second noviciat fut-il ouvert, ta 1819, à Bailleul-sur-Thérain, près Beau- Hts, afin de suppléer è l'insuffisance de celui ti'tCluoy.qui ne pouvait, à lui seul, faire face i ce développement subit que prenait la petite société. Cette maison de Bailleul servit encore, |)endant plusieurs années, de résidence nniinaire à la révérende Mère fondatrice, obligée è de continuels rapports avec le misère de la marine, par siute des fondations dus les pays d'outre-mer, qui se succédèrent en assez grand nombre k cette époque. Dès •05 aussi, l'action et la vie de la société comffiencèrent à se concentrer vers Paris, (»ù la tee ProTidence lui avait ouvert un nouvel horizoD.
C'est eacore en mars 1819 que, grâce aux <l^rches de la révérende Mère, la congré- PfioQ reçut une autorisation légale provi- ^in, qui assura le développement de l'œuvre ^ coionies. Alors se fondèrent les premiers Glissements de Ttle de la Réunion, dans la oer des Indes, 1817 et 1818; de l'île Saint- ^is et de Gorée au Séné^l, en Afrique, |N9 et 1822 ; de Cayenne dans la Guvane 2*0{aise; de la Guadeloupe, 1822; de la ^rUnique, 1824; de SaintrPierre etMiquelon, ^ l'Amérique du Nord, 1826 ; de Pondi- %. dans llnde, 1827.
Au moment de cette diffusion notable de 'Utttitut, la révérende Mère entreprit un pre- ^^oyage hors de France, et conduisit elle- "^e, en février 1822, la petite colonie qui ^ l'établissement de Gorée. Elle passa J^î années dans cette partie de l'Afrique, où ^ releva la maison de Saint-Louis du Séné-
Sal, qui, malgré le courage el le dévouement es sœurs» était sur le pomt de succomber, à cause des difficultés de tous genres qui marquèrent le commencement de cet établissement.
Elle ne borna pas là son zèle; son ardente charité la poussa jusqu'à la colonie anglaise de Sainte-Marie de Gambie, où elle se consacra au service des hôpitaux de cette lie, mettant iusc{tt'à sa vie au service des malheureux, pendant la durée d'une peste qui, même, mit ses jours en danger, fille fit plus encore : dans ce pays dépourvu de tout secours religieux, elle baptisait les uns, elle aidait et exhortait les autres à bien mourir ; en un mot, elle suppléait, autant qu'il était en elle, h Tabsence des ministres de la religion, et exerçait une charité véritablement héroïque.
Rappelée au Sénégal par la tendresse inquiète de ses filles, elle y vit s'ouvrir un nouvel exercice à son zèle. La situation de ce peuple indigène, livré aux grossières erreui*s du mahométisme et du fétichisme, excita profondément sa compassion, et alors germa en elle ridée encore vague, mais arrêtée, de faire quelque chose pour le salut de tant d'Unies privées du bonheur d'appartenir è la religion chrétienne. Ce fîit pour elle le point de départ d'une nouvelle existence : son âme ardente s'enflamma du désir d'être utile à ce peuple; dès lors elle prit l'a résolution de se vouer et de se consacrer tout entière à l'œuvre des noirs, non-seulement au Sénégal, mais partout où la divine Providence fui petmettrait d'étendre et d'exercer son action. Elle s'attacha avec d'autant plus d'ardeur à ce projet, qu'il lui découvrait et lui révélait la signification de ce que Dieu lui avait montré dans une espèce de vision, lorsque, jeune encore, elle cherchait à connaître ce qu'il demandait d'elle.
Pour le moment, elle eut la pensée de chercher à implanter la civilisation chrétienne sur cette partie de la côte d'Afrique, au moyen de l'éducation de la jeunesse dfu pays. A cet effet, elle obtint du gouvernement français, en outre des écoles de jeunes filles qu elle établit au Sénégal, les moyens de faire venir, et d'élever en France, un certain nombre de jeunes gens qui, après y avoir puisé une éducation et une instruction chrétiennes, retourneraient dans leur pays, soit comme prêtres, soit simplement comme pieux laïques, pour amener leurs frères à la roi. En un mot, elle avait l'espérance de former un clergé indigène qui opérerait la conversion de ce pays. La congrégation elle-même se chargea de cette œuvre; elle réunit ces jeunes gens dans une de ses principales maisons, afin de leur faire donner une éducation soignée, et de les mettre à même de réaliser les desseins de Dieu sur eux. »-
Mais le climat fit périr le plus grand nombre d'entre eux ; quelques-uns rentrèrent dans leur pays, et trois seulement embrassèrent l'état ecclésiastique. Ce premier essai n'eut donc que peu de résultats, et ne put êtrt^ poursmvi, a cause des difficultés que présen* tait l'acclimatement des *eunes Afncains.
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