LOR
n'7 arait point d'ambassadeur. Paul III augmenta ensuite le nombre des cberaliers, qu il poria è 150.
Nayaès dit» dans la YiedecePape^quepour donnerdu iuslre àViterbeet pour bonorercette ▼ilie, il y Hxa lesiége du coliégedes chevaliers du Lis. Paul III assura è ce collège un revenu de 18,000 éGUS,qui passèrent ensuite entre les mains de la chambre apostolique. Paul IV approuva, en 1S56» Tordre en exceptant les
Enviléges. L'ordre et le collège ne subsismi plus.
LORETTE (Dames dk).
Mgr Michael Power, évéque de Toronto ^ visita TEurope en 1847, et il obtint cinq religieuses : sœur Marie* Hélène-Josèpbe Thérèse Dease, Marie Josèphe Gerlrude Fiemine, Mariannc*Marie-loseph de Sales Pbe- Jan,Marie-Joséphine Valentine Hulcbinson»
novice» de Tordre de la bienheureuse Vierge Marie, communément appelées Dames de LoreUe. La supérieure était la Mère M.* Ignace Hulchinson, et elles partirent deLorette. abbaye de Dalkey, près de Dublin. Cette abbayeestune branche de Tabbaye de Lorette de Ralhfarnham, en Bavière.
Les cini] dames de Lorette, parties d*lr* lande, arrivèrent à Toronto te 16 septembre 1847, et elles habitèrent d*abord dans la ré* sideuce même de Tévôque, en attendant que leur couvent fût achevé. Mais M. Power mourut quei(]ues jours après» et la communauté resta ainsi livrée è ses propres ressources. La maladie se mit parmi les pauvres sœurs; trois moururent, et les survivantes allaient se trouver sans asile, lorsqu'une âme charitable leur prêta sa propre maison^ en se transportant ailleurs avec sa famille. EnQn» ce triste temps d*épreuves eut un terme, et le premier septembre 1853, les dames de Lorette prirent possession d'une maison i|ue Mgr de Charbonnel avait bâlie()Our elles à ses propres frais. Elles ont dans la même année fondé une maison h Brantford, dans le même diocèse de Toronto, et les deux établissements, qui comptent aujourd'hui onze professes et cinq novices, donnent l'instruction chrétienne à près de deux cents enfants.
LORETTE (CoMwc HAUTE des dîmes de).
Cet institut prit naissance en Bavière, oans le xvji* siècle, parmi les dames anglaises et irlandaises lorcées de s'exiler de leurs pays par les persécutions religieuses. Maximilien, duc de Bavière et prince du Saint-Empire, favorisa cette fondation, et y contribua par ses libéralités. Les premières sœurs s'assemblèrent k Munich, et elles se consacrèrent k Dieu par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d obéissance, aOn de se livrer k Tinstruction des jeunes Qlles. Les dames de Lorette continuèrent k prospérer jusqu'en 1703, époque k laquelle elles comptaient six maisons de leur institut. Jusque-lk il n'avait reçu aucune sanction du Saiut-Siége : mais Téditiante vie de ces religieuses, et les services qu*elles rendaient.
Axèrent l'attention des évéques de Baviirc * ces ()rélats approuvèrent leurs maisoDs, et sollicitèrent k Rome fapprobatioo de leor règle ; ce qu'ils olHinrent par une balle du 13 juin i1& Les six maisons qui eiistaient au moment de t'approtiatioii (à Munich, à Augsbourg, k Burghaiisen, k Mindelheim, à Hammersmîth et k Josk) reconnaissaient one supérieure générale, Marie-Anne Bapthorp,
Zuî résidait k la maison mère de Hanicn. 'institut éprouva pendant les années qui suivirent de grandes inquiétudes , [larce qu'on les croyait imbues des mêmes erreurs qu'une communauté de femmes condamnée parUrbain VIII; mais après avoir fait examiner profondément la question, Benoit XIV donna sa bulle Jusii Deîjiidtno, do90 avril 1749» par lequel le la condamnation précédente est renouvelée, tandis que les sceurs de la bienheureuse Vierge Marie de MuDich sont hautement approuvées. En 1816, le Pane Pie Vil dis()ensa les religieuses de l'ouéissance k la su|)érieore générale, substituant k son autorité ceMe de l'évèque diocésain. Depuis lors les dames de ton tte ont pris de grands développements en Irlande, et dans la ville de Dublin et aux enTJrons, on ne compte pas moins de sept couvents «lo cet Institut, contenant ensemble cent trois religieuses, et enseignant huit cenu enfants.
LORETTE (Ordhb nm cbbvalir» m).
Paul m institua le collège et régla les de- TOirs des chevaliers de Lorette, afin an'i'i fussent toujours prêts k défendre la ville de Lorette, où on vénère la sainte maison àins laquelle s'incarna le Sauveur do monde, contre les invasions des Turcs; mais romme on n'avait rien Qxé pour les revenasannueis nécessaires pour fentretiende l'ordre, Grégoire XIII les laissa s'éteindre pea k peu.
Sixte V, sou successeur immédiai^ayiot érigé le siège de l'évèché de Lorette, renouvela ce collège en 1586, par sa bulle f^/- Îîéam divina clemeniia^ | IV. part, tv da iuUaire romain, et créa deux cents cbenliers|de Lorette, avec la somme de cent mille écus, qui devait être payée par ceui qui voudraient faire (uirtie de cet ordre; il
S laça les chevaliers sous la protection iie [.-D. de Lorette. Le Si juillet 1588, par si bulle Romanum docet pontifieem^ il a^S* monta le collège de soixante-ilix chevalier» pour 30,000 écus, puis chaque candidat donnait 500 écus pour son admission din> Tordre. Dans ces deux créations, le Pai*^ assigna aux chevaliers les revenus du mbunal de la daterie et de la chancellerie, et en particulier sur les dispenses de oianag^ de moindre faveur, qui, étant plus m»"}breuses, rendaient deux cents écos i*'^ chaque officier.
Les chevaliers de Lorette, çuoiqaeiai* ries, pouvaient jouir de i^ensions sur \^ revenus ecclésiastiques jusqu*è la somme ^^ 200 écus d'or ; ils avaient la faculté de la»ser cette pension k leurs héritiers, qu* avaient le droit d'en jouir pendant trou los.
MAD
DES 0RMII8 HELWIKX.
MAD
près lasi|neis ils retotmiaieDt-k la chambre poiMAiQoe. Les autres priviW^s que Sixio ac^Hrda aux chevaliers de I ordre furent lis-oooibreoz et trës-précieux : ils étaient leaipis de toute rharge, ils étaient les com- Mnsiux ou fSiniiliers du Pape; ils portaient es bétons qui soutenaient le baldaquin dans ffuioes oecasioRii, comme pendant la uroftfioo da Saint-Sacrement.
Us enCMits aînés portaient le titre de mit de Lorelle ou d«- Latran» et les seconds lis de cberaliers prenaient celui de dorés ^uil'siirei»doralioumira<i; et si, parmi leurs (obots, il j en avait quelques-uns qui em- >ftss8ient Tétat ecclésiastique, ils avaient » droit de porter Tbabit de notaires aposto* H|ues. Quoique les chevaliers eussent cessé le jouir de ces privilèges, ils continuèrent i|«rier le tiire de comtes de Latran. Pour tt i^rtrilége, les chevaliers contractaient robligatiou de défendre les côtes de la lUmfae d*Ano6ae » la Romasoe contre les kn^ods, ei de garder la ville et le sancttiirv de Lorette.
Insiiniani DOmme ces cheval iersdsSaJn/s* Utrii de Loretta^ à la |)age 3k5 de son Hisiiire dfes ordres de chevalerie , mais il en iilfibuerinstitution h PieV; il dit aussi que a( ordre cessa d*esister après sa mort, ce qi\ est faux.
Quand Sixte V voulut récompenser Fon« Um d* avoir érigé Tobélisquedu Vatican, il le créa chevalier de Tordre de Téperon d*or, dienooima aussi chevalier de Notre-Dame deLoreUe. Alexaudre VU ajoutant 70 chevabers, eu 1656, il en éleva le nombre à ».
Dans la suite. Tordre perdit beaucoup de » spieodeur, et du temps de Bonanni celte i<tiice noble n'existait plus, ou du moins ses beoibres étaient devenus officiers de la couobre apostolique. C est ainsi qu*il Tasare dans la page xuv de son catalogue des onlres de chevalerie, qu*il fit im^irimer à l^ome sous Clément XI, où on en voit la kun portant suspendue an cou une mé- <tiiiie d*or, qui éiait la décoration de Tor- <!»: il y avait d'un c6té rimiçe de N.-D. de bircUe; de Tautre, les armoiries de Sixte V, foi avait accordé aux chevaliers cette marine hoDoriSque.
U)CEZ*DIED (Rbugibcsbs ditks de) de finttitutdi Saini'Jérômtf ordre de Saint' isjiud'n, à Arrag.
Ces religieuses existaient è Arras depuis "tpiicopit de Oague, en 1430. Philippe le
Bon, duc de Bourgogne, honora cette com^ munauté de sa protection, et lui vint eu aide par ses libéralités. Les sœurs gardaient les malades dans la ville et la campagne ; elles se livraient aussi k l'instruction dfe la jeunesse.
LOUIS (Damrs db la Chabité db SAINT-).
Deux (lames d^une naissance distinguée, qui habitaient Paris, où elles eurent beau«> coup à souffrir pendant la Hévolution de la fin du xvui* siècle, allèrent se fiier è Vannes, lorsque M. de Panceroont fut nommé à ce siège, en 180S : c*étaîent Mme D. Maiesherbes, veuve du défenseur de Louis XVI, et Mme de Mole, sa fille. Elles établirent dans Cftte ville une société religieuse de femmes, pour remplacer les anciens ordres détruits. Les sœurs de cette nouvelle société joignent les travaux de la vie active aux exercices- de la vie contemplative; elles se livrent à Tinstruction de la jeunesse de leur sexe; leur maison principale esta Vannes, dans Tancien couvent du Père éternel. Elles ont aussi des établissements è Aurai, k Plechatel et à Saint-GildasKle-Rui5:.(f )
LUNE (Obdre ipuBSTEB DB la), royaume ùe$
Deux-Sieiles.
Devenu roi de Naples et de Sicile en 1966, Charles !**, duc d*Anjou, voulant récompenser les services de plusieurs illustres chevaliers Siciliens, les ennoblit dans la ville de Messine en 1268, au moyen d'un collier d'or composé de lis et d'étoiles, auquel était suspendue une lune en croissant avec Tépigraphe, Donee Mum impleatj et déclara former en ordre équestre, les chevaliers qui avaient reçu cette distinction. Comme cet ordre avait pour principnl but de combattre pour la foi, déloger les voyageurs et pèlerins et d'ensevelir les morts, il reçut Tapprobation du Pa|Hi Clément IV. Les chevaliers portaient aussi sur le bras gauche une lune en croissant d'argent. Menénins assure que personne ne pouvait faire partie de cet ordre militaire, si déjà il n'avait donné quelque preuve de sa valeur dans la guerre, et que ceux qui s*j enrôlaient devaient promettre de se soumettre pour autrui à toutes sortesd'épreu ves et de dangers. L'onlre s'éteignit sous le (tontiflcat de Pie II. Bonanni, dans le tome 111*, page 72, duCa^ologue de$ ordres militairei et equestre$j traite de ce dernier, et donne la forme de la décoration.
>UDKLEIliE(CouvcNT ra SAINTE-)d S^rofhourg {Baut-Mhin).
Cs monastère avait été fondé en 1225 par ^oq jtansft filles de haute vertu, qui voulant ^nir lesas*Christ k l'imitation des cinq *>«r|^$ sages de TEvangile, s'étaient éta-
0) Vof . à la an da vol., ii«« 130, 151.
blies hors de l'enceinte de la ville de Strasbourff, au lieu désigné sous le nom de Waseneck. Rodolphe, saint prêtre strasbourgeois, éiait leur directeur ; témoins de leurs progrès journaliers dans les voies de la perfection, écrivant au Pape Grégoire IX pour le supplier d'approuver le genre de vie de
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ses pénitentes et de les soumettre k une règle fixe, le Souverain Pontife adressa aux cinq Yîerges un bref apostolique daté du k des ides de juin 1257 , i)ar lequel il les 6dmettait dans l'ordre des pénitentes de Sainte- Madeleine et les soumettait à la r^gle de Saint-Augustin. Dès lors de nombreuses compagnes se réunirent à elles et d*abondanles aumônes leur permirent de bâtir un vaste couvent, au lieu même où elles s*étaient d'abord établies. On les désignait habituelle* ment à Strasbourg sous le nom de Reuerinnen (repenties). Le monastère primitif sub^ sista environ deux siècles» mais en IMi, lors des guerres des Suisses, des Alsaciens et des Lcirrains avec Charles le Téméraire, duc de Bourgogne , Strasbourg s'attendait k un siège prochain et se mit en défense. Plusieurs des couvents extérieurs pouvaient offrir des lieux de refuge à Tennemi, et faire courir des dangers k la place: on résolut de les détruire et d'assigner dans l'intérieur de la ville de nouvelles demeures aux habitants, celui des Repenties fut rasé;on acheta pour elles et on leur al)andonna k perpétuité une maison particulière k laquelle on joignit un emplacement communal considérable.
Robert, comte palatin, duc de Bavière, landgrave d'Alsace et évoque de Strasbourg, approuva la translation.
Après quelques années, le nouveau monastère, son église et ses dépendances, furent bAtis; la vie modifiée des Repenties les avait rendues l'objet de l'admiration générale, et le Souverain Pontife ayant ouvert le trésor sacré des indulgences en faveur de ceux qui contribueraient k la construction des divers édifices, les aumônes des fidèles affluèrent; les dons volontaires montèrent k la somme énorme de 1^5,000 florins.
' Les religieuses de la Madeleine ne se relAchèrent en rien après avoir quitté leur premierétablissement.Lafidélitéaveclaquelle elles observaient leurs règles, leur constance et leur fermeté k pratiquer les conseils évangéliques, leur ardente charité et leur esprit profondément catholique,leur valurent la haine particulière des apostats du siècle suivant: elles étaient en quelque sorte, pour ces malheureux une protestation vivante contre les mensonges et les calomnies dont iiscbargeaient tous les jours l'Eglise; il fallut donc faire disparaître ces témoins dangereux dont les importunes vertus auraient pu ouvrir les yeux au peuple.
On espéra pousser les Repenties k quitter leur ordre k force de vexations et de tourments; mais elles opposèrent k leurs persécuteurs une constance inébranlable, et si quelques-unes d'entre elles faiblirent, l'immense majorité de ces saintes filles résista héroïquement aux efforts des serviteurs de la parole et des magistrats de Strasbourg.
Les tracasseries commencèrent en 1523. On fit défendre aux religieuses de recevoir des aumônes, on leur interdit d'en distribuer, et on exigea qu'elles remissent les sommes con* sacrées k cet usage aux magistrats, qui se chargeaient d'en faire la répartition.
On alla plus loin: l'année suivanta dans li matinée du samedi saint, 152ik, le sieur Bernard Wurmser, dont on ronaaissiit les sympathies fiour le pur Evangile se présenta inopinément au couvent et exigea qo*on lui en ouvrit les portes; il était suivi deGaspiid Baldung, de Gaspard Hoffmeister, magisirtu tous les deux, et du notaire MicheISchwiock; ces hommes, après avoir fait un inventaire exact du vin et du grain qui se troavaienU la cave et au grenier, obligèrent les nonnes k leur communiquer un détail munitienx de leurs revenus et redevances. La première attaque avait été dirigée contre la charité, celle-ci le fut contre le droit de propriété; elle servit de prélude k des atteintes beaucoup plus graves ; bientôt on défendit absolument aux religieuses de vendre leurs grains, et de prendre des dispostions quel* conques touchant les terres du monastère.
On a eu souvent occasion de dire que le catholicisme seul asseoit la propriété sur une base parfaitement stable, quoiaue TKglise la considère plutôt comme une coarge et une fonction que comme un droit égoïste;fe désir de s'emparer du bien d'autrui a été un grand mobile de la Réforme.
Le sieur Wurmser et ses ooropagnoos après avoir terminé l'opération de l'inventaire au couvent de Sainte-Madeleine, le sénateur déclara au nonnes rassemblées qa*il leur était interdit absolument d'avoir k IV venir aucun rapport avec Louis Dietniar, prieur de Saint-Guillaume, leur confesseur ordinaire, et qu'elles eussent k s'en remet* tre, pour tout ce qui regarde le spirUuelti le temporel de leur couvent, au seul magistrat, lequel s'engageait k leur procurer des directeurs et des supérieurs parfaitementcuo* yenables.
Wurmser se retira avec ses satellitas après avoir intimé aux Repenties les ordrts des PP. Conscrits strast)ourgeois et ne toq* lut pas écouter leur réponse. Louis Dietmar était un prêtre de très-sainte vie et parfaitement orthodoxe. A ce titre les novateurs l'honoraient de leur haine : ils avaient cooseiilé au Sénat de lui fermer l'accès du couvent de Saint-Marie-Madeleine, pensant qu'après avoir soulevé aux religieuses leur guide spirituel, on viendrait facilement à bout d'une troupe de femmes livrées k ellesmêmes.
Réduites k cette extrémité» ces religieuses réclamèrent les secours et les conseils da premier pasteur du diocèse, elles écrivirent k Guillaume de Honslein. Le Sénat qui les surveillait de très-près eut connaissance de leur démarche et leur défiuta les sieurs Uathias, P. Furherr et Sigefroi de Bieibeim pour leur défendre de coramuniquer à%t^ révoque, soit par lettres, soit verbalement, ou de recourir d'une façon quelconque à la protection du prélat. Quelques peiitas vexations de détails marquèrent la û del52h.
L'année 1525 fut plus triste, encore. Eltee^t écrite en lettres d'or dans les fastes de rhére^ti de Strasbourg; elle fut aussi dottloureusa
DES ORDRES RELIGTEUIC.
MAR
ptmrles religieases. Les magi'^lrats adoptaient des idées fort laides ; ils s'empressaient d'en bir« rapplicalion. Quelques religieuses ef- Gravées des menaces dont elles étaient Tobiet riiiquejour,eurent la faiblesse décéder: elles qoiltèrent le voile, acceptèrent les pensions ott'oa leur offrit et se retirèrent dans leurs fimilles; mais elles ne formèrent que la fai- Ue minorité de la congrégation; leurs campa* |nes donnèrent des preuves d'une Qdélité à toute épreuve et furent aussi insensibles »tti promesses qa^elies Pavaient été aux merjt-es.
Ce|»endant les prédicants, les sénateurs et
U bourgeoisie évangélique étaient irrités
»u)'ias naut degré de la fermeté avec la-
qielie les Repenties refusaient de se sou-
meUre aui injonctions des magistrats. Les
D'Mifeaox curés tonnaient, du haut de la
ihAÎre, contre le coupable entêtement qui
poibsaît ces femmes à |)référer les ténèbres
iQ i-apisme aux clartés de la parole dégagée
4e lout alliase humain , et au sortir du prA-
ri»e la populatioD ne manquait pas de se
(orter en masse aux abords du couvent de
Minte-Madeleine, afin de donner perses cris,
^ iojures, et ses menaces* des (>reuves su-
nbondantes du zèle chrétien qui ranimait.
là prieure en fut alarmée. Craignant que
ces fanatiques n'en vinssent k enfoncer les
[ortes du couvent, elle envoya secrètement
iHd^ueoau, dans la maison de son ordre,
h religieuses les plus jeunes qui eussent
oouni de grands dangers dans un tumulte
)<n|)Qlaire, ou qu'on eût pu enlever de
iurce pour les faire rentrer dans le siècle.
Peu de jours après leur départ, une dépuution des magistrats , composée comme les irécédentes, des sieurs Baldung, HofiDeisteret Elenhard, vint dépouiller la sàmsdede ce qu'elle renfermait de plus pré- (itai:ils y prirent un calice d'or massif, 0D2e d'argent , plusieurs vases et ornements f(«prix. Ces objets furent portés h la tour au KeQDings; on ne se donna pas la peine (ie colorer d'une ombre de prétexte ce vol ^nlége; c'était une manière sommaire '<'spplii|aer l'un des principes du nouvel Evangile etd'eiercer la puissance spirituelle tttiDunant dévolue aux magistrats, les vexations, les menaces et les mauvais traiienients exercés c^ontre de pauvres inofcnsivej religieuses privées de secours exitriears, de tout appui et conseils, ne s'ariMreul pas un moment. Pendant le cours de Tannée 1S25 ces malheureuses femmes ne (urvui plus soutenues que par le sentiment <lu devoir; on leur avait enlevé leur direc- ^ur Sfiiriniel; la Messe ne se célébrait plus ^iQs leur église, elles étaient privées de luMgedes sacrements Dans cette douloureuse exlrémité la prieure se décida è partir poarHaguenau avec huit des sœurs, ann de ^OHitesser et de communier. Le voyage eut ^>eala veille de la fête de tous les Saints; ^s avant de se mettre en route les reli- {lanses rédigèrent et signèrent en présence ^^ sieurs Seâselbeim et Jean Mittelbausen, >Be protestation |iar laquelle elles déclaraient:
1* quVIIes n'avaient ed aucune mamère riotention d'abandonner leur monastère, et qu'elles se rendaient à Haguenau simplement pour retrouver des forces dans le uanquet eucharistique et pour s'entendre avec leurs sœurs; 2* que jamais elles n'avaient consenti et ne consentiraient è l'abolition dut)énéflce de la Messe et des heures canoniales; 3* que jamais aussi elles ne consentiraient à ce que les biens, revenus, ornements et vases sacrés de leurs couvents fussent vendus, aliénés,employés èdes usages profanes; 4* qu'elles ne deviendraient infidèles en rien h leurs règles et à leurs vœux et qu'elles endureraient mille morts si cela se pouvait, plutôt que de manquer è leurs devoirs. L'absence de ces religieuses ne fut pas longue ; elles revinrent après quelques jours pour être en butte à de nouvelles tribulations. La constance de ces saintes filles irrita de plus en plus les passions haineuses des epôtres de Mrasbourg ; ils excitèrent les magistrats à ne pas leur donner un instant de relAche, en leur répétant chaque jour « qu'une autorité vraiment chrétienne devait détruire dans ces domaines le règne de Satan et de l'idolAtrie. » Leurs efforts furent couronnés de succès; les autorités de S(rast)Ourg disposèrent des biens du couvent de Sainte-Maaelcine, laissèrent à peine le plus s; net nécessaire aux religieuses et les réduisir\.nt à une profonde misère. Mais rien ne put les ébranler; leur conduite fut touiours telle que leurs implacables ennemis eux-mêmes n'ont pas osé les alir de leurs calomnies.
MADELEINE (Ordrb iQUBSTRB db là).
Jean Chesnel, gentilhcrame breton, douloureusement affecté par la fréquence des duels qui avaient lieu en opjposition évidente aux lois, et au préjudice du corps ot de TAme, fit instance en 1614, auprès de Louis XI11, roi de France, pour obtenir l'institution de Tordre de Sainte-Madeleine, dont les chevaliers s'obligeraient par vœu spécial h renoncer au duel, hormis les cas où il s'agirait de l'honneur de Dieu et des biens du royaume. Louis XIII approuva cette généreuse pensée et créa chevalier Jean, qui composa les statuts du nouvel ordre et les fit imprimer è Paris en 1618. Cet ordre cependant ne progressa pas.
MARlÂMETTES (Congrégation dbs aeu- GiEUSBs de), en Palesline.
Les filles qui veulent embrasser la rie religieuse en Orient rencontrent beaucoup die difllicultés, parce que c'est toujours l'usage dans le Liban, en Palestine comme dans le reste de l'Orient que la femme est achetée par son mari . Les parents, au lieu de pajrer unedotja reçoivent; les filles sont donc pour eux une fortune;aussi rencontrent-elles beaucoup de difficultés pour se faire religieuses. Les parents tiennent beaucoup aux piastres qu ils ne peuvent tirer du couvent. Il y en a auxquelles on fait souffrir une espèce de martj^re; mais on trouve, chez les Maronites en particulier, un zèle, une ardeur qui don*
MAR
MCTKHINAIilB
liAR
neni les meilleures espérances. Il y a trois ans uQ (>ère de famiJIe Maronite mourut, laissant une jeune veuve avec cino filles dont la plus jeune avait quatre ans. Le défunt avait un frère prêtre auquel il recommanda en mourant son épouse» ses cinq filles et sa petite maison. Ce prêtre commence par instruire sa belle-sœur et ses petites nièces; il fait delà petite maison un couvent, une maison de prières, il recrute parmi les filles les plus sages de cette montagne, les réunit à la petite communauté dont la vertueuse veuve devient la mère. Il n'^ a plus que la plus jeune des cinq tilles qui ne soit
t»as religieuse, parce qu'elle n*a pas FAge. Ine de ces religieuses va faire l'école h deux lieues et demie de sa demeure dans un village grec schismatique de 1,300 Ames. Cette bonne fille a été avec tant de persévérance et d'exactitude, malgré la longueur et la difficulté du voyage, malgré les mauvais traitements et les outrages qu'elle essuyait de la part des hérétiques; elle s*est conduite avec tant de précautions et de prudence, elle a tant fait par ses prières, qu'au bout de quinze mois, elle a fini par convertir tout le viilase, le curé aussi bien que les paroissiens; Tes Pères de la Compagnie de Jésus ont su mettre à profit ces heureuses dispositions des Maronites; Tun d'eux, il y a uuinze ou seize ans, après avoir traversé la Idé.sopotamie, la Cbaldée et l'Arménie, cherchant un lieu où fonder une mission, s'était arrêté dans les vastes plaines de Balbeck.Frappédela beauté du pays et de l'air intelligent de la race, il se bâtit dans l'endroit le plus peuplé, une maison en terre, appela à lui les enfants oui étaient abandonnés, et bientôt il en arrêta un si grand nombre que seul il ne suffisait plus. Quelques jeunes et douces filles formées par ses soms furent bientôt en état de le suppléer, et ces écoles par leur bonne discipline et leur parfaite tenue fout encore l'adoiiiation de tous ceux qui les visitent. On y enseigne les éléments des lettres, r£criture sainte, enseignement tout particulièrement plein de charmes pour des peuples qui vWont dans le \)ays des patriarches, et qui retrouvent dans Thistoire sacrée une histoire nationale.
Un frère, brillant professeur de rhétorique au collège des nobles, è Naples, s'avise de réunir les élèves de quinze à vingt ans, garçons et filles; il les exerce sur un sujet donné pendant la semaine et le dimanche les envoie deux à deux (deux garçons ou deux filles), comme Notre -Seigneur envoyait les apôtres et les soixante et douze ilisciplesdans les villages voisins de ces mêmes contrées |iour leur enseigner sa parole. Les ieunes missionnaires s*en vont au lieu qui leur a été désigné, et quels que soient les moyens, souvent ils atteignent au véritable but de l'éloquence qui est de couvaincre et de toucher. Les filles se distinguent par leur zèle à s'en aller le dimanche dans les villages les plus abandonnés de la plaine pour enseigner la Doctrine chrétienne, en attendant qu'on y puisse ériger des écoles.
Depuis quatre ans, il y a une congrégation maronite enseignante; un bon i)rètre maronite, oui depuib- vingt-trois ans vit en rapport avec les Jésuites, congut et exécuta le plan de cette institution; vendant tout ce oa*it avait, il offrit asile è quelques jeunes filles, qui paraissaient avoir des disnositions sérieuses pour instruire des entants; il leur apprit à vivre sous une règle, à formera la religion et h la vertu les enfants de leur sexe, et déjà les jeunes institutrices, consacrées à Marie, sous le nom de MariameUet^ ont s€|it è huit écoles de quarante è cinquante enfants chacune. La Hariamette peut-être considérée c^mme le type de l'institutrice Liljanaise, la seule qui puisse vivre au milieu des populations les plus grossières, s'adapter à leur genre de vie dur et pauvre, les aimer en se dévouant pour elles. Elle commence par chercher dans le lieu où elle s'établit une pieuse fille ou veuve du village même, laquelle lui sert d'aide et de compagne et partage avec elle son habitation, le pain dur et secdu pauvre qui vient recevoir ses leçons, est sa seule nourriture et l'unique prix de ses travaux. Cependant il lui faut des vêtements, un asile eu cas de maladie, il faot quelque chose d'assuré dans la maison où les novices viendront se former à leur lour; ce sont les ressources qui manquent pour donnera cette excellente œuvre loutleaév^ loppcment dont elle est susceptible, car <le nouvelles demandes lui arrivent tous les jours; on demande des institutrices même en dehors dvi LiLian.
Il y a des écoles dans les villages les plus importants du Liban, qui sont tenues par la congrégation des sœurs MariameUes. La maison mère estàBekfaïa. Le lundi malin, elles se rendent chacune h sa destination plus ou moins éloignée; les enfants leur apporteol à manger dans la* maison où elles Jfont 1 é^ cole, et d'où elles ne sortent que le samoiJi pour s'en retourner è la maison mère et ; passer la journée du dimanche en communauté. En outre, dans le courant de la semaine, elles reçoivent la visite d'un Père qui fait le catéchisme aux enfants : ces sceur» font un bien immense dans les montagnes; elles ont déjh renouvelé des villages entiers. Une d'entre elles allait faire l'école dans un
f;ros village de Grecs schismatiques, à deux ieues et demie de leur résidence, par de$ chemins très-difficiles, éprouvant sans ces^i de la part de ces schismatiques, toutes snries de rebuts et de mauvais traitements; nut^ son zèle, soutenu |)ar la patience et la coi)fiance en Dieu, croissait h proportion de< obstacles. Elle finit par convertir toute >• paroisse et le curé lui-même, qui a bit <^n abjuration publique, tant en son nom quVn celui de ses paroissiens. Maintenant leix: paroisse est une paroisse modèle.
Le bien que lont ces sœurs i^rtout ni elles sont a engagé les PP. Jésuites à étM>'<t une congrégation de frères arabes, à Tm^tJdo celles des sœurs, pour Fintérieur «i^* montagnes, où la langue française o* eM i^^ encore en usage.
MAR
DES ORDRES RELIGIEUX
MAR
A Zahlée, les Pères onl des écoles de filles et de garçons, que le grand nombre des élèves qai les fréquentent les a forcés de diriser en plusieurs classes. lis ont choisi parmi ces élèves des jeunes gens des deux seies, qa*ils envoient deux è doux dans les villages ciroonvoisins, foire le catéchisme et préparer la voie aux missionnaires. (1)
lARIB ( CONGRiGATION DES DAMES DB
SAINTE-). Maison mère à Angers {Mainett'Loirt).
In 13U) vivait dans leur manoir d'Even- Uni, avec leur 61s unique, un homme et une ftoKse passant le temps en l>onnes œuvres. Leur demeure était le rendez-vous des malheoreoi. Le matin les pauvres y recevaient lie nombreux secours. Les gens dans la gène Tenaient les trouver, et par leur bourse et ■ears conseils ils les tiraient souvent d*em- Uarras.
Ce charitable ménage allait tous les jours ï ia ville visiter les malades, penser les blessés, etc. Le chef de cette famille s appe- UjI Guillaume de la Porte, dit fils du piètre. La j)rovince d'Anjou était alors sillonnée ^lr d iuoombrables voyageurs venant de la Bretagne, de la Touraine, de la Normandie, <lu Poitou et du Maine; épuisés de fatigues, oajaoi aucun moyen de jia^er un g! le pour («vserla nuit, ils se couchaient sous les auvenisijes iKMies, sous les galeries des églises et la plupart du temps sur les places publiques, exposés aux intempéries des saix)n$. Cuillaume de la Porte gémissait de voiriaot de malheureux rester ainsi abanlionnes. Souvent des bandes de voleurs attendaient ces étrangers aux coins des rues •t les dépouillaient de leurs vêtements, ou ilu pea qu*ils pouvaient posséder, et on *nait de temps à autre le matin sur les races et sous les portes, les cadavres nus «l'nforiuués morts de froid penda*it la nuit, l*r) jour Guillaume de la Porte rentrant ciiei lui, le cœur navré d'un si émouvant tiectacle, dit à sa femme : « Nous n*avoiis SUQO ûis, il sera toujours bien au-dessus (iQ besoin; si nous fondions une maison où OQ pourrait recueillir pendant les nuictééê ^étrangers qui séjournent dans notre ville, Iff'tois que nous ferions une œuvre a^réal*(e aa Seigneur« et que nous apporterions *insi un soulagement à bien des maux. »
Sa femme et son Uls, en entendant ces paroles, ne le laissèrent pas continuer; ils lui ttul^m au cou en versant des larmes d*ati^rissemeot et rengagèrent au plus vite h r^liserson excellente idée.
Or, il y avait à la montée des Forges, paf^^tsse de la Trinité» une belle cfaapelle consigne laxr siècle, dédiée à ia sainte Vieree |(> saint Jacques, patron des voyageurs. Ce |ot pr^ de ce lieu» que Guillaume résolut Iniblir sa maison de refuge è laquelle il ^onna le nom d'aumônerie de Mgr Saint- \luiiMPor4t.
w 80H testament écrit en latin, à Bven* ^•^« jour de la Sainte-Trinité, Tau 1^06, il >^uadesreveQusconsidérablesàraum6nè.ne»
^1' W i la fin du vol., B« 152.
I^ICnoxX. DBS 0»l>SES BEUO. IV.
Bientdt on vit les places et les rues débarrassées le soir de cette foule de gens sans asile. De dévoués serviteurs furent chargés, par de la Porte, de recueillir les pauvres vo;^ageurs; et tous ceux <]uî passaient la nuit a fauroôneriey recevaient, avant de la quitter, une somme de 12 sols, avee Tobligation de réciter une prière pour le fondateur.
L'exemple donné par Guillaume de l« Porte no resta point sans imitateurs. A la fin du xvr siècle, on comptait à Angers huit aumdneries, situées à Saint^MicheUdu-Tertre, dans le faubourg Bressignv, à Saint- Julien, à Saint-Eutrope de l'Esviire, è Saint- Etienne, près la porte Lyonnaise, au tertre Saint-Laurent, puis Taumdnerie du Saint-- Esprit, destinée è recevoir les enfants abandonnés.
Ces divers établissements étaient tous institués pour le soulagement des nécessiteux, mais chacun était affecté h une certaine catégorie de pauvres.
Leurs revenus se composaient de dons particuliers de fondations des taxes imposées aux ecclésiastiaues et aux laïques, de quêtes faites dans la province, etc., etc. Malgré ces nombreux refuges, les fiauvres et les étrangers indig^ents ahondaient à Angers à la fin du xvr siècle, plus encore qu'au temps où vivait Guillaume de la Porte. Les places publiques étaient encombrées d'infirmes et de gens sans aveu. Les portes, l'intérieur des églises étaient obstruées psr toute une gente bohème, qui ne craignait ^>oint d'interrompre les fidèles dans leurs prières. 11 arrivait souvent que le culte était troublé (mr les cris et les plaintes des mendiants et des vagabonds.
Les maires et éclievins s*émurent d^un pareil état do choses; une assemblée du cler- '
Îé fut tenue à la maison de ville, le 24 mars 53i, pour arriver aux moyens de secourir les véritables indigents, et chasser eette tourbe d*éclopés, de maiingreox, de cagneux, d'hydropiqueSt d*aveuglcs qui quittaient les églises a I heure du couvre*feu et se rendaient dans les bas quartiers de ia ville, où ils retrouvaient leurs yeux, leurs bras, leurs jambes, devenaient lestes, et poursuivaient les passants attardés.
Des ordres sévères firent sortir d'Angers, dans un prompt délai, les indigents étran gers; défense fut faite de mendier dans les rues et aux portes des églises, et injonction donnée è son de trompe de refuser tout secours aux (lauvres qui se présenteraient k domicile
Sur la demande de Guillaume de Rusé, évèque d'Angers, ces sages mesures furent approuvées par lettres patentes du roi Charles IX.
En t5U, une aomdnerie générale fut organisée, et huit directeurs furent choisis par Févèque et les officiers de justice dans les rangs du clergé, de la noblesse et du tiers état. Ils prirent le nom de Pères des pauvres.
Chaque dimanche, à l'issue des Vêpres, il se faisait dans toutes les fuiroisses une coIp»
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