‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 109 sur 220 · VAR · texte numérisé non relu

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Iccte pour rauntône générale. Le liea qui parut le plus çonvenabto pour celte vaste «entreprise fut le local de Taumônerie Saint- Jacques do la Forât, établie par Guillaume de la Porte, et où ce vénérable personnage

• avait fait élever de grandes constructions.

Les vîetllanls des deux sexes y reçurent des soins assidus; les enfants pauvres et orphelins nés dans la ville, faubourgs et <|uintos d*Angers^' étaient élevés et instruits : deux prêtres étaient cliargés d'administrer les secours de la religion.

Chaque année raiuiinistralion apnortaU de nouvelles améliorations à un étaolisseweni si utile. Au mois de mars 1618, il fut

• décidé que les vieillards les plus valides parcourraient tous les matins les rues et faubourgs de la ville, accompagnés d*tffi tombereau dans lequel ils déposeraient les boues et immondices qui seraient vendues «au prolit de Phospice.

«C'est d« cette époque que date à Angers Torigine des bouillonniers. Avant ce temps, les habitants se chargeaient eux-mêmes de nettoyer les rues; ils le faisaient avec une incurie extrême, et il y avait certains quartiers desquels s'exhalait continuellement rôdeur la plus infecte. Cet état de malpropreté nous indique la source des nombreuses -épidémies dont les ravages sont consignés 4ians les archives de la faculté.

La direction des hospices reçut de nombreuses félicitations pour cette excellente mesure. Aussi voulut-elle encourager des voituriers en leur donnant un costume spécial et en les désignant sous le nom d'huissiers de Tfrumône.

Dès que les sergents royaux et les huissiers apprirent celte nouvelle dénomination, ils s'insurgèrent et formèrent de nombreuses plaintes aux pères deê pauvres, lis se regarilaieni comme humiliés, eux, exécuteurs des sentences royales^ d*étrc comparés à des récureurs d*égoûts.

Le peuple aimait peu les huissiers, aussi rit-il beaucoup de leurs prétentions. Malgré les quolibets de toute nature lancés sur les pauvres sergents, ils n'en persistèrent pas moins dans leurs demandes, et obtinrent ample satisfaction. Mais si le nom d'huissier de l'aumône disparut de sur le chapeau des conducteurs, ces derniers n'en continuèrent pas moins tous les jours leurs balayages, et cette industrie produisit de beaux bénéfices à l'hôpital.

Le 13 mars 1625, il se tint, dani la chapelle Saint-Luc, paroisse Saint-Pierre, une réunion où se trouvaient Amaury de l'Avocat, grand archidiacre et officiai en l'église d'Angers; René de la Grezille, chanoine; RenéPothery, prieur de Saint-Aubin; Thomas Raganne, doyen de l'église Saint-Laud; François Lasnier, seigneur jde Sainte-Gemme, lieutenant général au siège présidial; Nicolas Marti neau, juge de la prévôté; Etienne Dumesnil, avocat, ancien maire de la ville, et Thomas Nepveu,échevin, tons pères administrateurs de Taumônerie publique. Là, il fut décidé que les nombreuses distributions quotidien-

nes de pain fartes par les abbavcs de Saint- Aubin -le - Riche , Saint-Nicolas- le- Paom. Toussaint i'Esvière et le chapitre de Sainl- Pierre, aux pauvres de la ville, seraienl envoyées à l'aumônerie générale pour aidera nourrir ks pattvres renfermés.

Tous les évèques d'Angers, depuis la fondation de I1iô)ûtal général, et les rois Henri II, Henri Fil, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV s'en sont constamment moniiés les protecteurs.

Louis XIII au.^menta cet asile d'une cour dépendante de rfiôlellerie du Lvon-d'Or.

En 1627, la ville fut affligée d'une maladie contagieuse qui décima la population; à ce ^éau vint se joindre la famine. Les paavres reparurent sur les placés publiques et dans les églises. L'hospice devint insuffisant pour loger les infirmes. (Test alors que les directeurs résolurent, dans une séance publique, de joindre à leur maison celle du collège de la Frommagerie , al^andonnée depuis longtemps.

Le roi Louis XIV , par leUres patenles données au mois d'août I6*ns, à Samt-Germain en Laye, votilut que les bltitnenlsdu collège de la Frommaeerie devinssent irrévocablement propriété de l'hôpital général.

Le peuple ne donna jamais à cette demeure la dénomination d Hôpital dt la Charité. Comme d*après les règlements les pauvres admise l'hospice ne pouvaient sortirqu*^ certaines heures, il appela cette maison tes Renfermés^ et désigna les enfants al^andonnés sous le nom d'Unfants-Bleus, k cause delà couleur de leur costume.

Ce fut dans cette même année, 1672, qu*un tour destiné à recevoir les nouveau - nés f'il placé tel que nous le voyons encore aujourd'hui à droite de la norte d entrée Au|tara* vant, les enfants délaissés f>ar leurs |»areni<i étaient déposés sur le parvis des églises oa h la porte des aumAnerics.

De jeunes filles, des veuves vinrent s'établir h rhospice (>our soigner les inCrtoes et les malades. Parmi elles une supérieure fut choisie , et c*est ainsi que se lorma la première association de femmes placées à ii tète de cette maison de charité ; pour avotr le titre de sœur, il fallait faire un ooriciai de cinq années.

Il appartenait au vertueux fondatear <4*i Mont-de-Piété, du refuge des Ailes repenti*^ et d*un grand nombre de pieuves institutions dont l'Anjou s'honore, de dowi«»râ ces religieuses un règlement stable : Henn Arnaud, plein de zèle |K)ur une si belle institution, établit les rapports des directeur*, de la supérieure, des sœurs et des à\fiey* Les sages prescriptions imposées |jar cet illustre évoque, prouvent l'intérêt qu il l^^* taii à Tassociation des sœurs do la t'hanta

Pendant plus de deux siècles ces pieu^e^ femmes ne contractèrent aucun ecgageiDeui; elles étaient laïques, quoiqu'elles eussent un costume qui les distinguât dotgeo^'''' monde. Ce costume était k peu de cbo e près le mémo que celui que |H)rtent de no> jours les sœurs de Sainte-Marie. £li«^ ^^'

iUh

DES ORORfiS RELIGIEUX.

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saieni de simples promesses d*obéissance» ie pauvreté et de chasteté. Plus tard, ces promesses se changèrent en vœux» ot actueliemenl, par une décision de Mgr Ang^hault, «:>rèscinq années de vœux annuels, un enpj^ement perpétuel est exigé pour faire partie de la congrégation. ^

Daos Pannée 1689, une cruelle maladie M^Til à riiApital. La plupart des fuiavres furent atteints du scorbut. La fncuité de tt)é(iecine s'assembla et délibéra sur les mo)eus à prendre pour porter remède h cesnouvelles souffrances. On crut r4ue les labitants de l*hos[>ice |;agnaicnt celle maladie en buvant de Teau des puits. L*analyse qui en fut faite fiarut constater que dans c^Ue eau était le germe du mal. Les bAtinents du prieuré de TEsvière furent pro- ))05és pour j transférer rhôpital. Les infirir.cs , les vieillards , disaient les docteurs , seraient en meilleur air, et puis d'ailleurs ré(ablis:$ement, déjà trop étroit pour loger bail cents personnes, serait plus que sufli- ^;>(aui six religieux de TEsvière.

Les moines Bénédictins de TEsvière se Hêisaient infiniment dans leur riant séjour, 5i propice au recueillement et à la ()rière. lis ne tinrent point compte de la décision de la Faculté (1). Les iNiuvres continuèrent à 'oire de l'eau de 1 hospice, et le scorbut re>5a tout à coup ses ravages. Le règlement ccQceroant les pauvres de Thospice reçut «iepais sa création de nombreuses addi-

Le 11 juillet 1725, il fut décidé que les fourres attachée à la maison ne sortiraient [las sans porter au bras droit une. large (Toii en drap rouge et sur la poitrine une Itiire en drap jaune indiquant la paroisse i Usuelle ils a)ipartenaient.

Lémission des billets de la banque de Ijw réduisit à une grande indigence les filiaux, fabriques de paroisses , commu- Mutés séculières et régulières de la province d'ÂDJOU.

L£5 administrateurs de THÔlel-Dieu d'Angers se trouvèrent dans la nécessité, lors* «qu'ils se virent cbargés d'une valeur de iJus de 800,000 livres représentée par du l^apier.de renvoyer de leurs maisons quatre ceats malades et de n'en conserver que cent.

Les Am/erm/f beaucoup moins riches que l'Hôtel-Dieu, eurent encore plus à souf- Irir. La caisse de cet hospice se remplit subitement d'une somme de 200,000 livres ^ l>inets. Les pauvres de cette maison de <tertt6 furent diminués de plus d'un cent, ^ à peine si on put donner sufBsammentf <iu pain k ceux qui furent conservés.

QuDt aux monastères de Saintc-Cather|oe,de la FUiélilé, du Calvaire, leur situation fat des plus misérables. Impossible de déaire Tétat de gène où ils se trouvèrent, B*tjaQt pour toute fortune que des rentes

(t)L«8 religieux de l^Esvière adressèrent à la mal- *^**-^villeaii lléntoire pour être maintenus en pos- *^<*iM,qQisetermiuailUMi : Monaêteriaquœfuerint

constituées^' amorties en billets oe oanque. Les saintes filles de ces maisons religieuses se virent réduites à implorer pour vivre Tassistanoe des gens du monde.

Le 25 juillet 1775, le nombre des sœurs desservant la maison des Renfermés fut porté è vingt-deux, et le k juillet 1780 un recensement du personnel donna le chiffre de 591 pauvres.

La révolution détruisit les institutions de charité . mais l'urgence extrême força la Convention à conserver l'hdpital. Seulement l'administration lut changée. Les directeurs ne furent plus que six y compris le maire ajant droit d'assister aux séances de la commission. Cet état de choses a été maintenu jusqu'à présent.

La première supérieure dont le nom nous ait été conservé est Mlle Perrine ValleAu, élue en 1716. Ensuite l;i communauté fut successivement administrée par Mmes Aimée Grandhomme, Martineau, Blanchard, sœur Thérèse, Marie Aymer de la Cbevallerie, Françoise Bouchereau, Elisabeth, Gabriellè de Villeneuve, Jeanne Bessonneau, Marguerite Mortier, et Jeanne Alleau, dite sœur Félicité, élue le 9 juin 1842 et aujourd'hui supérieure générale. Un décret de Napoléon 1" rendu à Fontainebleau le 15 novembre 1810 reconnut les sœurs de Sainte-.Marie comme sœurs hospitalières» et Thôpital général comme la maison mère de cette communauté. Le ik décembre 1852, Napoléon III, par un décret signé au palais dos Tuileries , a reconnu cette congrégation non-seulement comme hospitalières» mais encore comme corps enseignant.

L'état de la chapelle, depuis le xi* siècle jusqu'à ce moment, a subi bien des changements. Il ne reste de la construction primitive qu'une magnifique fenêtre, type le plus pur de l'art roman eu Anjou. Le clocher était jadis surmonté d'une flèche trèsélevée dont il n'existe nul vestige. Le retable du mettre autel était orné d'une toile représentant le Christ mis au tombeau. Cetableau^ d'un mérite incontestable, est de Técole du Bronzino(2^.

Un annexe considérable fut ajouté à ThApitai général. Nous . voulons parler de la maison des Incurables.

Vers 1730 , Marie-Henriette de Briquemault perdit son mari , messire Joachim Descazaux, chevalier seigneur du Halla} . de Saint-Fulgent du gué Auvoyer de la seneschallerie et autres lieux. Cette pieuse dame, héritière d'une immense fortune, se retira à l'abliaye du Bonceray, et consacra tous ses revenus à des œuvres de bienfaisance. Depuis longtemps elle remarquait que les infirmes étaient diflicilement admis à l'hôpital général, la préférence était donnée aux pauvres de la ville. Pour faire cesser cet abus, Mme Descazaux fonda» près

umel Dio dedicnta^ perpétua remaneant moHMiertë. (2) Cette belle peinture a été transportée dans la nouvelle chapelle de rhôpiiat génénil.

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les Renfermés, une maison consacrée aux incurables el placée sons la direction des administrateurs de fhôpital général. Elle ntrecla à celte demeure M,000 livres, afin de construire sur temfilacement de Fan- €ienne chapelle Saint-Hervé, servant d*infirmerie aux filles, un b&timenl où on placerait cent soixante lits pour quatre-vingis hommes et quatre-vingts femmes infirmes.

Dans l'acte de donation , il était expressément stipulé que jamais les pauvres valides ne pourraient être admis dans ces nouvelles salles.

Louis XV approuva, par lettres patentes données à Versailles au mois de mai 1735, cet établissement.

Mme Descazdux ne s*cn tint pas 1^. Elle ajouta à ses libéralités un legs de 21,000 livres. Plusieurs personnes, parmi lesquelles on compte révoque Poncet de la Rivière, les Dlles Paumier et Hiron, vinrent augmenter les ressources de Thospice des Incurables, et en 1789 ses revenus se montaient à 61,729 liv 2 sols.

De nos jours, la commission des hospices conçut le projet de réunir, dans un seul bâtiment, les pauvres placés aux Incurables, aux Pénitentes, et aux Renfermés, ainsi que les enfants abandonnés. Demande fut faite au gouvernement, et bientôt Tantorisation de commencer les travaux fut accordée.

L'ancien enclos des Pères Capucins de Reculée fut choisi pour construire le nouvel hospice. Au mois d'août 1849, Louis Napoléon vint à Angers inaugurer le chemin de fer et posa la première pierre de l'hôpital général , en présence des autorités de la ville et d'un immense concours d'habitants. Bientôt, grâce è l'activité de M. Moll, l'arcliitecte, l'édifice prit dans peu de temps des proportions colossales, et è la fin de l'année 1854, Mgr d'Angers vint bénir l'asile des pauvres, qui portera désormais le nom d'hôpKal Sainte-Marie.

Les dames de Sainte-Marie ne desservent pas seulement l'hôpital général; l'éducation et la direction de la maison des sourdsmuets leur est encore confiée. Notre notice ne serait pas complète si nous ne parlions de cet utile établissement fondé par Mlle Blouin en 1777. De nouveaux documents qui nous ont été communiqués vont nous permettre de compléter ce qui a été écrit aor cette institutrice distinguée.

Au milieu du xvii* siècle vivait à Anger>, dans la paroisse de la Trinité, un instituteur nommé Nicolas-Alexis Blouin. Le petit pensionnat qu'il dirigeait était à peine suffisant pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille. Père de onze enfants, il ne pouvait payer les maîtres qu'exigeait le nouveau développement qu'il venait de donner è son école, en y joignant une classe d'adultes. L'intelligence précoce remarquée chez sa fille aînée, âgée cle quatorze ans, lui suggérs la pensée de la charger de l'ensei* gnement des plus jeunes écoliers et de ré-

(I) Voici 1111 ccrtiOcat délivré par Tabbé de lEpcc k Mlle Blouin : . ■- . r

Eéter les élèves de la classe supérieure. MtU louin s'acquitta de ces fonctions à la satisfaction générale. Encouragée par ces succès, elle voulait se livrer entièrement h Tensei*

finement primaire, lorsqu'une circonstanco ortuite vint changer sa vocation.

Acette époque demeurait è Angcrsundigne ecclésiastique, l'abbé Fremond, chanoine de Saint-Martin. Cet excellent prêtre, dans un séjour qu'il fit à Paris, s'était enthousiasmé de la méthode de l'abbé de TEpée ; il prit auelques leçons du vénérable fondateur do 1 hospice des sourds-muets, et de retour à Angers il n'eut plus qu'une pensé<>, celle d'instruire les infortunés privés de l'ouïe et de la parole et de les mettre en rapport avec la société dont ils semblaient exclus. N'ajAnt pas une maison assez vaste pour réunir les jeunes sourds-muets, il choisit la demeure de M. Blouin afin d'y donner convenablement ses leçons.

La jeune Charlotte, d'abord par curiosité, ensuite attirée au cours de l'abbé Fremond par un attrait irrésistible, s*éprit tout à coup de ce genre d'enseignement. Lorsque lo mattre était parti, elle répétait les sourdsmuets et perfectionnait par des signes nouveaux la méthode un peu incomplète du chanoine de Saint-Martin.

L'abbé Fremond, surpris des rapides progrès de ses élèves, tinit par avoir des doutes; des indiscrétions lui apprirent qu'un professeur lui venait en aide. Curieux de connaître la science de Mlle Blouin, alors âg<'*e de seize ans, il se renferme un jour dans un cabinet d'où il pouvait tout voir et tout entendre sans être aperçu. La neUeié avec laquelle Mlle Blouin faisait ses démonstrations, la précision de ses signes émerveillèrent tellement le bon abbé qu'il ne voulut pas en savoir davantage, et sortunl à l'improviste de sa cachette, il s'avance vers la jeune fille restée interdite è sa vue, et lui dit : « Mademoiselle, Dieu vous a bit naître pour le bonheur des sourds-muets. Je ne vous donnerai pas de leçons, car vous en savez plus long que moi ; mais allez è Paris, près de l'abbé del'Epée qui vous initiera k la méthode qu'il vient d*inventcr pour l'instruction des sourds-muets. Puis vous viendrez ici pour répartir sur cette classe infortunée les Inoiidres que tous aurez acquises. »

Ces bienveillantes paroles décidèrent da sort de Mlle Blouin. Des démarches furent faites près M. Ducinzel, intendant de la g^ néralitéde Tours, afin d-'engager Tabbé de l'Kpée à recevoir chez lui, en qualité dëkve-institutrice, la jeune Angevine. M. Ducluzel fit plus. Non-SHulemenl Mlle Bloma fut admise à suivre les cours de Tabbé de l'Knée, mais encore sa pension lui fut|ii>ée. Celte bonne action eut sa récompensi^- ^^' trée en 1781, Mlle Blouin quitta l'instilutioo des sourds-muets de Pans au bout de mi mois, après avoir fait, par son aptitude c: . son intelligence, Tadmiration de tous ( 1 h ^ 1 Je sons8i(pié, Inslituieor gratuit des aotf^ «^ muets de Pans, cerliûc à tOtt& qii*il sppanieodr^t

m MAR DES ORDRES RELIGIEUX.

Us déboU de Hnslitulion de Mlle Blouin ) Angers furent très -heureux. Le roi Lmis XYl prit à sa charge douze élèves* et eo comptant ceux dont la pension était ^Mée (Nir les familles, les sounIs-mueU, ciinCés à ses soins, furent au nombre de ircDle. M. de la Uarsaulaye, subdélégué de

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rintendont générai, fut chargé de la surveillance de rétablissement.

£n 1786, la ville d'Angers accorda une partie des iKitimeDts de la maison abbatiale Saint-Nicolas pour placer les sourds-muets, ils y restèrent jusc|u*en 1792, épo(|ue où renseignement fut interdit (1). Les perse-

qoeMIteCharloUe-Loulse-iacquelIne Blouin, native d^Angcrs, m^jiyanl été adressée par Teu M. DucUizi*!, ntOMlant ife Tours, pour que je lui apprisse à itstniire Ici sotirds et mueis, cette demoiselle fait éios cet art des progrès qui ont surpassé mes all'ttlûs et qne le téinoi^cnage que j*en avais rendu lorsqu'ell«^ letouroa dans son pays, engagea M. fitiÂiilani, auelqurs mois après, à m*ccrire la leilre stiiTanie eo date du i9 févner I78S :

I E»fn, lionMieur, la demotieile Blouin^ pour la- ^tlt je toMt m demandé vot boules^ vient d'être utêriiée à ouvrir un court d*éducaîion pour let uvdi d fÊmeU à Angen» Ses lalenti tout votre ourrtfp. Je m doit met suecèt qu'aux vôtret dont Cart m wu ûHi daigné lui communiquer vo$ lumièret^ \^i en te premur hommage. Ce n'ett pat atsez que M (tpitaU V0U9 admire^ mu généralité va jouir de M bHnfêitt. Je m*etiim€ heureux d'avoir pu, comme MU. contribuer à diminuer let malheurt de /7i«mani^. J*n Chonneur d'être, etc.

c Signé : Ddcluzcl. i I Mlle Blouin ëlaul revenue à Paris pendant 1rs tKaiiCei de I78i, \ieut d*y faire un second voyage sir b fin ite celles de la présente année, où nous liions déjà repris nos leçsms. Dès qu'elle y e&t enivre, j'il cesse de les dicter par signes aux sourds «t mueis, pour lui en laisser taire la fonction, qu'elle 4 fviDplie parlaiiement. Ses opérations lui ont ali^e les applaudissemenCB d'un nombre de personnes de diOerents pays, qui ne peuvent se lasser «)>ioirer les talent s que Dieu fui a donnés pour Russir dans cette œuvre.

( Je la crois donc capable de conduire ses élèves H de^ré d*iiistruction auquel sont parvenus tous ^'it <le nos sourds et muets qui en oui donné des preuves dans les exercices publias, el siiigiil:creveiHdaiis celui du 15 août 4783, en présence de l|{rWBoncedu Pape et de Mgr rarclievéque de iMrs, a< compagne de quelques-uns de ses ilJusl^)t•llnfrcres.

« Eu foi de quoi j'ai délivré le présent certificat, I Paris, ce il novembre 1783.

c Signé : L'abbé de I'Epée. i II) H est curieux de connaître les mulifs qui de- (muiuèrent la commune à prendre celle mesure. W allons mettre sous les yeux du lecteur le rapport inédit adressé au conseil général par La Ue- Mliére-Lepi-aui :

« Due iiistituiiou publique, destinée k l'instruction jH^tiiotdt et muets, bonore depuis quelques années a ville d'Angers. Cet éublissement précieux a été diri^jwqtt'ici par Mlle Blouin, institutrice qui, par Ml lète et son uleni» s'est attiré l'estime de ses utadtojens, jusqu'au moment où la révolution a, f^T ainsi dire, scindé le peuple français en deux •;• ••»»« ^liflercnles : Tune, la grande majoriié,aui te ^ a liberté, et l'autre, le soutien du lanatisiue et ^ u lyrjiniiie.

« Il éiait indispensable, dans ces circonMances, J*« w majorité de la nation s*assiiràl des |iniici|)es «eœut qui étaient employés par elle en quelque J^^.que ce fût, et principalement à riusiruction ««Kttnesse, et la prestation du serment civique Tn 7' *"i?«lc * 10"*. fcous peine de destitution, t « «Il men évident çtue le serment n'avait aucun ^« ao cuUe religieux, et qu'il tt'c«»t autre cbose T^ lormule par laquelle celui oui le préic dé- '^■^ puftment et simplement qu'il entre dans la

nouvelle association politique; mais l'anstocraiie, m^ilgré son impiété reconnue, n'a pas manque d'en faire un histrument très-actif pour parvenir à ses fins, en le présentant aux simples cl aux crédules comme un acte de renonciation à la religion de leurs pères, et la Dlle Blouin, après avoir refusé le seniiciit civique, s'est montrée elle-même , suivant la notoriété publique, un des plus ardents colporteurs de celle pernicieuse doctrine !

• Cependant, la difliculté de parvenir à la remplacer, vu l'extrême rareté des personnes instruites dans son arl, el <a douleur de voir anéantir un éta* blissement aussi clier aux amis de l'Iiunianité, avaient engagé les administrations à suspendre la vigueur de la loi à son égard, jusqu'à ce qu'ils eus» sent trouvé un iiioyen de pourvoir à l'iiisiruction des sourds et muets.

c Néanmoins les citoyens ont représenté, par des pétitions successives, que par ses actives menées, la Dlle Blouin faisait beaucoup de partisans à l'aristocratie, troublait la tranquillité publique et inspirait ii ses élèves des sentiiuentst trèsinciviques, et ils ont demandé sa destitution, en ajoutant que si on ne trouvait pas à la remplacer, on pourrait faire passer les élevés à M. Sicard, à Paris, qui n'exigeait que 350 fr. de pension. Alors vous vous êtes empressés d'écrire à M. Sicard, pour qu'il vous envoyât ou qu'il vous indiquât un insliluieur propre à remplacer Mlle Blouin, au défaut de quoi vous l'avex prié de vous faire connaître les conditions de la pension. Vous avez reçu sa r^ pense, et il vous déclare qu'il ne peut ni vous fournir ni vous indiquer un instituteur; il insiste sur les talents supérieurs de Bille Blouin, el il repiésente fortement la nécessité de la conserver. 11 vous fait part «'u deuxième lieu îles conditions de la pension, qui la font monter à 700 fr. environ et non à 350, eomme quelques-uns de nos concitoyens l'avaient pensé. Or, il e.st impossible que vous fassiez un pareil sacrifice.

c II ne leste donc aloi*s que deux partis à pren« dre : ou de violer et de contrarier le vœu très légitime des citoyens, ou de blesser cruellement l'humaiiit**, eu ancaiitissant cbez vous une institution qui seule peut rendre aux devoirs el aux jouissances de la société, des hommes qui, sans elle, n*en seraient que le fardeau. La commission a bien senti que c'était, en quelque sorte, étw les assassins politiques des infortunés sourds et muets, que leur enlever la ressource de cet arl qui, en sup» pléaiit au défaut de leurs orj^a nés, fait des créatures intelligentes d'êtres imparfaits; et réflécbissant que, désormais, chacun a pris son parti sur les affaires du temps, el qu'en conséquence la demoiselle Blouin ne peut plus exercer une hiQuence aussi dangereuse que par le passé, elle vous aurait }M;ul-être proposé d'ajourner votre décision jusqu'au moment où vous auriez pu trouver un moyen de lemplacement, et de céder ainsi aux cris de Phumanité en faveur d'un établissement d'un genre unique (car c'est surtout chez un peuple libre qu'un sentiment de bienveilLince universelle doit diriacr l'aetfou des lois, et que ces infortunés, quels qu ils soient, doivent trouver des secours les plus puissanu pour les soulager dans leurs maux); mais la majeure partie des citoyens a réclamé et réclame l'exécution de la loi. La commission a pensé que vous ne pouviez vous dispenser d'accéder à leurs tobux.

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cations commencèrent alors contre Mlle Blouin. Ardente royaliste, sa lêle fut mise k f>rix; elle ne dut son salut qu'au dévouement de fidèles amis qui la conduisirent h Nantes, pendant la nuit, dans une barque de pécheur.

La tourmente révolutionnairô apaisée, Mlle Blouin vint h Angers. Elle commença par organiser un externat de sourds-muets, «ians une maison sise derrière les Jacobins.

Sous TEmpire, son établissement était en pleine vigueur, et le ministre de finstruction publique érigeait» le 13 décembre, la maison d*Angers en maison centrale des douze déf)artements environnants. Mlle Blouin occupait alors Thôtel de Lancreau. Kn 1815 elle envoya Mlles Ursule Taudonet Victoire Blouin, ses deux nièces, suivre à Paris les cours de J*abbé Sicard. Mlle Victoire quitta Paris avec le certificat suivant :

« Ledirecteurde TEcole royale dessourdsmuets, chanoine de l'église de Paris, Tun des quarante de l'Académie française, etc., certifie que Mlle Victoire Blouin, âgée de 21 ans, m*ayant été adressée par sa respectable tante, Mlle Blouin, institutrice des sourds-muets è Angers, et la première élève du célèbre abbé de l'Epée, a reçu avec soin, en 1815, pendant l'espace de cinq isix mois, des leçons pour le perfectionnement dans l'art d'instruire les sourds et muets, dont elle avait reçu les premières leçons de sa tante, et son instruction sous ce rapport ne laisse plus rien à désirer; sa conduite a été exemplaire et digne des plus grands éloges; et je pense qu'on peut en toute assurance lui confier la direction d'un établissement pareil à celui que sa tante gouverne avec la plus grande distinction et le plus noble désintéressement.

« Paris, le 23 août 1820.

« Signé: abbé Sicard. »

« De retour à Angers, Ursule et Victoire furent chargées des élèves, tâche qu'elles remplirent à la satisfaction générale. » Cependant, une grande épreuve attendait Mlle Charlotte. Les deux nièces sur lesquelles elle avait fondé tous ses espérances pour la prospérité et l'avenir de son établissement, ses deux nièces voulurent la

Îuitler pour se faire religieuses. En effet, nie Tandon entra chez les sœurs de la Sa-

t En con^téquence» la commission propose l'arrêté su ivani:

f Mlle Blouin, institutrice des sourds-mneu, sera destituée, faute par elle d*avoir prêté le serment eiigé par la lui.

c Les élèves seront provisoirement placés dans «n des hépiuui de la ville d*Aitgers, jusqu'à ce «non ait pris an parti ultérieur à cet égard. fTrots des sourds-niueu phiÀ% dans les hospices H Angers existent encore et habitent la maison de U Forêt.)

t Le conseil général, après avoir entendu le procureur syudic, a adopté le projet danêté qu% a

gesse. £1Ih donna des leçons aux sourds. muets d'Auray, fut depuis supérieure k Poitiers, et aujourd'hui elle est directrice de récole des sourds-muets d'Orléans. Quelques années plus tard, Mlle Victoire Blouin partit pour la Trappe, où elle ne resta que trois mois. Vaincue par les prières de sa tante et peut-être intimidée par les menares des autorités d'Angers, elle consentit kquii* ter un séjour qu'elle aimait, mettant toutefois pour condition que sa tante lui laisserait la liberté d'établir dans sa maison une espèce de congrégation religieuse dont les membres seraient destinés è perpétuer l'œuvre de Téducation des sourds-mueis.

Mlle Blouin y consentit dans la crainte île perdre sa nièce. Cette dernière prit un babit particulier qui fut aussi donné h plusieurs jeunes personnes tant parlantes que souriesmuettes (i). Elles s'engagèrent par de simples promesses h continuer ToBuvre de Mlic Blouin. Malheureusement tout cela était sur la seule permission verbale de M^r Montault, et n'ofTrait pas de sûres garanties pour l'avenir.

L'établissement était en ce moment a rh6tel de Gizeux (2). Lorsqu'on voulut entourer la ville de boulevards, le jardin et une partie de l'hôtel furent compris dans l'alignement. Alors, en 1825. Mlle Blouin acheta le domaine de Mille-Pieds^ sur la route de Trelazé (3) et y transféra ses élèves. Déjà à cette époque plusieurs institutions nouvelles s'élevaient dans les déparroents circonvoisins qui n'envoyaient plus leurs sourds-muets à Angers. Cependant on y comutait quarante élèves, tant garçons que tilles. Mlle Charlotte ne jouit pas lon^^temiS de ssi nouvelle acquisition. Alteitite en juillet 1829 d'un mal qui semblait peu de chose, elle y apporta peu d'attention; mais deux mois après une opération ayant été jugée nécessaire, elle s'y soumit, et au lieu de la santé elle y trouva la mort, le 29 septembre 1829, Agée de 71 ans, elle avait eu le pressentiment de sa On. Aussi voulut-elle recevoir les sacrements et faire son testament avant l'opération. Sa mort fut un deuil général dans son établissement, les élèves voulurent eux-mêmes la porter h sa dernièrcdemeure.

Mlle Victoire Blouin prit la direction da la maison. £lle fut puissamment aidée dans sa tAche par de pieuses institutrices qu elle

chargé le procureur général svn«lic de f^iire noiiiif-r à la Dite Blouin , et faire a'Qkher dans les me» de la ville d^Angers, avec le lapporc de U corimi^ion. i

(I) Ce costume consistait, pour les femmes, dans nne robe certe et une pèlerine blanclie* L.es mv^y étdeni habillés en vert.

(S) Cet bétel est toJourd*hui la demeure de ll> comte Théodore de Quairebarties.

(3) Qui ne se souvient des norobrevs TOv*p*<. de Milie^Piedi à Angers, que faisait chs<|ue j'*<>r Mlle Blouin dans une voitura d*osicr coiistrttîirf^ un muet de son établissement.

ILVR

DLS ORDRES RELIGIEUX

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iTaU éieTées. En 1833». six i^ourses furent créiez par io conseil général. Le nombre des é(ère> admis gratuileioent se trouva porté i dix-huit. En proie à une cruelle maladie, Mile Victoire Blouin succomba ie 8 octobre m, âgée de 4aan$.

Après la mort de cette reerettai)le per- 50006* la commission chargée d'inspecter réublissementy jjjgea convenable de donner i celle maison une direction stable. On jeta )es)eax sur les dames de la Charité Sainte^ Mine. Ces dames ayant reçu l'autorisation •lii^ureroemenl, achetèrent la iolie protriétéde la Forêt où elles installèrent les .vMirds-muets, ie 1*' janvier 1844. Ce lieu lut choidi par elles pour placer leur novidit.

Nous ne terminerons point ce que nous iTJoOâ è dire sur la congrégation des dames il<! la Charité Sainte-Marie, sans parler des tlirecieurs de cette pieuse association. Le premier, nommé ()ar Mgr Montault,en 1809, ul U. Tabbé Honlalant; puis vint ensuite M.Ueilhoc, M Prieur, M. Régnier, devenu irdiefêque de Cambrai y et en dernier lieu U. Tabbé Jouberl, vicaire général du diocèse. Grâce aux soins multipliés de cet ^tlésia$lique , la congrégation des sœurs Siioie-Mane a priis une vaste extension.

La maison de la Forêt réclamait une chapelle. M. Pabbé JoubiTt voulut que TédiGce uligieux de la Forêt fût dans le style le plus pur du moyen âge, c'est-à-dire le style du im* siècle.'il chargea M. Ouvètrede laçons- ^ctioo et s'occupa du choix et de Tageu- Rmeol des verrières. Cette charmante chaî«ileful bénie au mois d'avril 1855. Tous (tui, et ils sont nombreux, qui connaissent Htiiésinléresiiemenl et les efforts multipliés (leM. labbé Joubert pour cet établissement, fegretieronl, nous en sommes persuadé, de o^fioiot voir reproduit, dans une des ver- "èresdu chœur» les traits de cet estimable tieoiaiiear.ri}

UAItlE (CONGRÉGATIO!! DES II1SSI0!«NAIRES DE LA COMPAGNIE DE).

Haiion mire à Saint Laurent iur-Sèvre, « >'. Monfortf fondateur des congrégations de la compagnie de JMurie, etc.

Louis-Marie Grignon, plus communément *. .elé de Montfort, naquit le 31 janvier 1673, dans la petite ville de Montfort- la- '«>unft, alors du diocèse de Saint-Malo, au- ^urd1lui de celui de Rennes. Son père»

i«an•Ba|)ti^le Grignon, sieur de la Bachele- «le, avocat au bailliage de Montfort, et sa 'û^re, Jeanne de la Visuelle-Robert, eurent m enfants ; Louis-Marie était Talné. On 1^** lui avait donné au baptême que le nom |'^Lûui$; Qiai^ sa dévotion pour la Mère de JJJ'û lui fit désirer de porter aussi celui de ***ne, et celle grâce lui fut a^xordée h sa «'♦Jfirmaiion. Ce fut encore par esprit de ^«é, qu'ainsi qu'il se pratique en certains ^resreligieuï, il substitua, plus tard, le ^n> de j|Qj,^f^i.j^ Ij^j^ j^ ^^ naissance, à

'*lm de sa famille.

H) W i la fin du vol., n^^ 153, 151.

Dès sfr première enfance; Loui:^ monlra-^ pour la piété un goût si extraordinaire, qu'on pouvait déjà prévoir à quel haut degré de grâte et de vertu serait un jour élevé» cette âme d'élite. Après avoir fait ses humanités, sa rhétorique, et sa philosophie aveo^ les plus brillants succès au collège de Rennes, alorî^ dirigé par les RR. PP. Jésuites, il fui providentiellement conduit à Paris pour y laire ses éludes théologiques, d'abord dans la petite communauté de M. de la Barmondière, puis au séminaire de Sainl-Sulpice,. dont rillustre M. Tronson était alors supérieur général.

Pourarri ver là, le V. Montfortavaitdû passer . par de bien tristes épreuves : voyages à pied> pénurie profonde, perte de ses bienfaiteurs, amertumes de la misère, abandon des siens,, soulTrances, maladies cruelles, séjour à l'hôpital, faute de ressources, pour se faire soigner; humiliations continuelles, il avait tout, subi, et il s'était fait de toutes ces choses, qui sont, pour les hommes ordinaires, lasource <le tant de chutes^ un Uésor de mérites épurés par la patience et la résignation des saints. 11 n est pas jusqu'aux contradic-^ lions les plus pénibles, puisque c'étaient ses^ condisciples et ses maîtres eux-mêmes qui étaient ses contradicteurs, dont il ne sut tirer un profit réel pour la perfection à la* quelle il était appelé. Il est vrai que son caractère avait quelque chose de singulier, et Ton a remarqué, dans sa vie, quelques traits de ce caractère qui étaient de nature à l'humilier; mais, ainsi que l'a fait observer sou historien, c'est le ()ropre des saints d'encourir ce reproche. La sainteté est chose si rare, qu'il est tout naturel qu'elle paraisse quel* quefois un peu extraordinaire. Néanmoins, la vertu par excellence du V. Montfort surmonta tout : dédains et moqueries de la part de ses condisciples, sévérité excessive, humiliations préparées avec intention, et poussées Kl leurs dernières limites par ses supérieurs»., rien ne put altérer la sérénité de son âme. Les maîtres chargés de la dure mission de le pousser è bout furent forcés eux-mêmes > de s'avouer vaincus dans cette lutte orga*> nisée par de pieux calculs. Au milieu de ces . rudes épreuves, le séminariste recevaU, du. reste, des témoignages de confiance propres à le consoler : bibliothécaire, maître des ce* rémonies, catéchiste des enfants les plus dissipés du faubourg Saint-Germain, représentant du séminaire dans le pèlerinage annuel que la communauté faisait faire à Notre- Dame de Chartres par deux de ses membres, . il savait, dans ces rôles divers, répondre à l'esprit, aux intentions de ceux qui lavaient . choisi, et prouver combien il était digned'être l'objet de ce choix.

Au bout de sept années consacrées à l'é*tude de la théologie, et mieux encore h la pratique des plus excellentes vertus, le V. Montfort fut ordonné prêtre : il avait alors 27 ans ^tassés, et sa vie oiitière avait été, on peut le dire, une préparation au sacerdoce. U le reçutdes mains du saint évêque de Perpignan,. Mgr de Flamanville, qu'il avait eu ie bon—

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tocur d'assister dans les cAtéchismes que le

[>rélat, alors siinple prélre , avail faits dans 'église de Saiot-Salpice aux laquais de Paris. lia cérémonie eut lieu le 5 juin 1700, et on s*iiDaginera facilement avec quels sentiments lie piété le noureau ministre de Dieu reçut la consécration sainte.

Dès lors, il ne pensa t)lus qu*à se dévouer m salut des âmes. Son premier mouvement Tentralnait dans les missions lointaines : il y avait là tant d*Ames à conquérir à Dieu, tant de périls à affronter, des palmes si ardemment souhaitées à cueillir! La Providence en ordonna autrement, et, organes de ses vues, les supérieurs do Montfort, tout en l'engageant à suivre sa vocation pour les missions t le dissuadèrent de partir pour le Canada.

Ce fut alors qu'il se lia avec un saint nrétre du diocèse de Nantes, élève du célèbre M. Olier, qui s'était lui-même associé plusieurs ecclésiastiques, dont il avait formé la communauté de Saint-C!ément. Le vénérahle M. Lévéque, c'était son nom, apprécia bien vite le mérite de l'Iiomme que la Providence lui envoyait, et l'emmena avec lui à Nantes. Pendant ce voyage, le V. Montfort, ayant eu occasion de reprendre, avec une sainte hardiesse, trois jeunes libertins, qui tournèrent 9es paternelles observations en ridicule, leur prédit la fin misérable qui termina bientôt lear déplorable existence, et punit leurs paroles sacrilèges.

Arrivés à Nantes, les deux nouveaux corn- |iagnoos se mirent à évangéliser les campa-

5 nés; mais, au milieu de cet apprentissage e la vie apostolique, le V. Monfort ne tarda pointks'apercevoirquelesdisciplesde M. Lévèque ne ressemblaient nullement à leur maître, et qu'ils étaient entachés des erreurs janséniennes. Il n*hésita point à s'en séparer, et cet acte de prudence et de fidélité, qui ne lui fut jamais rairdonné par les jansénistes, fut pour lui', pius tard y une source de perséoutîons. Il se rendit à Paris pour y consul - 1er ses directeurs, et, en passant k Fonte- ▼raud, il désira y voir une de ses sœurs qui venait d'y foire récemment sa profession ; mais, s'étant borné k demander la charité pour f amour de Dieu^ sans vouloir dire son nom, il fut refusé, et se retira sans avoir donné satisfaction au désir si nalurel de son cœur fraternel.

Sa route la plus directe n'était assurément pas celle qui le faisait passer par Poitiers; mais il v fut conduit providentiellement, et, étant allé dire la sainte Messe k l'hdpital, son air de piété, son recueillement, frappèrent tous les pauvres, qui manquaient alors d'un aumônier : « Voilk un saint, se direntils; voilk l'homme qu'il nous faut ; arré* tons-le, et qu'il reste au milieu de nous. » Et, en effet, l'entourant au moment oi^ il allait sortir, ils l'appelèrent leur père, et le supplièrent avec tant de prières et de latmes, qu après avoir combattu ce vœu par toutes les raisons personnelles qui pouvaient le détourner de s*y rendre, il finit par céder. « Mes amis, » leur dit-il, « demandez si c'est

la volonté de Dieu. » L'un des pauvres écrivit, au nom de ses frères en souffrance, à Mgr de Girard, évoque de Poitiers, alors absent, pour connaître ses intentions, et obtenir son consentement.

Mais, en attendant la réponse, le V.Hombrt ne resta point oisif. Après en avoir reçu la permission des grands vicaires, il multiplia dans la ville les œuvres de son zèle pîeui. Catéchiser les enfants et les pauvres; touciicrp dompter les cœurs par ses instructions i^athétiques et pleines d'onction ; visiter les malaaes avec de respectueuses prévenances pour ces représentants de Jésus-Cbrist en ce monde; réunir dans de religieuses congrégations Ses nombreux étudiants que la ville renfermait, et substituer la dévotion et le calmeanx dissipations trop souvent impiesde celte jeunesse ardente et indisciplinée, telles furent les saintes occupations du V. Montfort , et , la grSce de Dieu venant en aide k son zèle, son ministère fut comblé de béné* dictions.

Au bout d'un mois, l'évèque de Poitiers, de retour dans sa ville épiscopale, s'oceapa de la oemande des pauvres de l'hôpital. llécrivit aux anciens supérieurs du v. Monifort, et leur réponse, jointe aux œuvres merveilleuses dont la villeéiait témoin, firent agréer les offres du futur aumônier, qui fut, en attendant la permission de son évèque, !ogé et nourri au petit séminaire, sur I ordre de l'évèque de Poitiers.

Quand il fut installé dans ses fonctions, il s'appliqua plus spécialement aux soins de sacharge. Il régnait k l'intérieur de ce grand établissement hospitalier des abus invétérés ; ils disparurent arkce au zèle et au dé* vouement du V. Moniforl; les revenus étaient insuffisants; Taumonier y suppléa par des moyens que sa piété ingénieuse savait ton* jouVs trouver k propos, et quand les privations qu'il s'imposait k lui-raème, quand le refus de tout traitement ne parvenait pas à combler les vides et le déficit , on le voyau accompagné de quelques pauvres, parcourant les rues de la ville avec un âne chargé de paniers et recueillant les aumônes de la charité publique, qui manquait rarement à cet appel. Lachapellet l'hôpital, les pauvres, absorbaient toutes ses ressources ; il ne réservait rien pourj lui-même , et il occui^ii par esprit uhumililé» la plus îniséraMe chambre. Il ne bornait pas non plus aut soins spirituels son dévouement ausolu. U pansait les malades, choisissant ceux dont les plaies étaient les plus repoussantes, demandant comme une gr&ce que Ton |»l^\^i près de lui ceux que la prudence conseillait de repousser comme atteints de maux mn* «agieux, et il alla même jusqu*k comb«ttr<\ par des mojrens, dont Pénergie peut k pcme s'exprimer ici, les répugnances trop naia* relies que lui faisaient éprouver au premcr aspect des plaies hideuses et purulentes.

Il semblerait qu'un tel aumônier eût dû ne trouver que des amis et des soutiens «^ sein d'un établissement si prodigieoseuieBt favorisé par la présence d« ilMTOffie dû

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