VAR
DES ORDRES RELIGIEUX
MÂR
Dieu; il D*eD fut rien» et le V. Monfort, ao lieu lia la recoonaissance que lui méritaient son aboégatiOD, son esprit de sacrifice et ses rertus surbumaines, ne trouYa que contradiciionsy humiliations et ingratitude. U9 des administrateurs et la supérieure se Hgoèrent contre lui ; des pauvres mêmes, de ceux que les vices avaient conduits à la misère et qui étaient restés vicieux, se prôlèrent à de tristes calculs, et partout sous ses )ias, le V. Montfort vit se dresser des diiBcaités et des obstacles. « Pendant cette bourrasuae, » comme il l'écrivait lui-même, « il garaait le silence et la retraite, » contilinaant le bien malgré ceux qui ne le voulaient pas» et se fortifiant par la prière coolrele découragement. Ceux qui s'étaient lails ses ennemis furent frappés d'une façon irovidentielie : l'administrateur mourut bienlAt; six jours après la supérieure le suivait; quatre-vingts pauvres tombaient mala- «ks; plusieurs succombèrent. Le V. Montfort redoubla de zèle et de soins ; il ne fut point atteiol, mais il ne parvint pas non plus à regiper tous jes cœurs. Enfin, en 1702, il résolut d'aller à Baris prendre encore conseil de ses directeurs. Il quitta Thôpilal géoéral de Poitiers sans rien dire à ses paurre», qui eux du moins le chérissaient et ne l'eussent point laissé partir.
A Paris comme è Angers, où il s'était arrêté, le V. Montfort n'éprouva que rebots et humiliations de la part de ses supérieurs; il se résigna, calme et joyeux comme si ces croix, si rudes au cœur d'un homme ordinaire, eussAot été la source de délicieuses consolations. Repoussé par ses amis et ne rroyant pas devoir retourner k Poitiers> il offrit 5es services à l'hôpital de la Sal(>èkrière ; ils furent agréés. Son zèle et sa caijacité, bientôt reconnus, loin de lui valoir restime et la confiance, excitèrent sans doute reovie, et un jour, il trouva sous son couvert un billet qui lui donnait l'ordre de se retirer. 11 obéit quoiqu'il fût sans aucune ressource, et se réfugia dans une misérable naisou de la rue du Pot-de-Fer, oili l'alla chercher la oenfiaoce du supérieur des ermites du Mont-Valérien, pour le charger de ramener au sein de cette maison , la concorde qui en était bannie. Les paroles évangéliques et mieux que ses paroles, les actes ue piété extraordinaire du Y. Montfort atteignirent le but proposé; la paix et l'édification rentrèrent au Mont-Valérien, et le V. Montfort regagna son obscur réduit.
Ce fut alors que ses pauvres de Poitiers le rappelant de tous leurs vœux, il s'y rendit dans les premiers jours de janvier 1703. 11 trouva des cœurs disposés à l'aimer comme autrefois, et aussi moins de contradictions. U nouvel évAque, Claude de la Poype de *ertrieu, le seconda de son autorité, et il
Eut remettre en vigueur ses règlements ou- ^iés, ses prescriptions inobservées. Les Mins do son hôpital ne l'empêchèrent pas non plus de se livrer k la prédication et à la direction des nombreux fidèles que sa t^mteté reconnue attirait près de lui 1 ou qui
entretenaient avec le saint prêtre une correspondance suivie.
Mais il n'était point à bout de ses' souf- ^frances; les mêmes causes produisirent les ^ mêmes effets, et ce ne fut pas seulement la persécution des hommes qu'il eut è endurer, car au dire de témoins respectables, il lui fallut subir plusieurs fois alors^les atteintes matérielles de l'esprit du mal , qui se vengea sur lui de tout ce que faisaient perdre à l'empire du démon sa vie sainte» ses prédications écoutées, ses exemples plus éloquents encore que ses prédications.
Au milieu des tribulations que lui causèrent ^es oppositions constantes qu*il rencontrait au sein même de Thôpital général et de la part des personnes qui auraient dû le seconder plus efficacement, le V. Montfort n'avait pu méconnaître combien il était difficile que la conduite d'une maison de charité pût être convenablement dirigée par des personnes étrangères h la vie religieuse, et par suite à l'esprit de charité et d'obéissanco qui en forment la base. Cette pensée l'avait amené à concevoir le projet d'une fondation qui devait obvier aux inconvénients dont son expérience lui indiquait et la source et le remède le plus certain ; cette pensée, le Dieu qui la lui avait inspir(^e lui fournit presque aussitôt l'instrument principal destiné a la réaliser.
Dès son premier séjour à Poitiers, le V. Montfort avait admis parmi ses pénitentes, la fille d'un procureur au présid]al,MileMarie- Louise Trichet, qui n avait encore que 17 ans, et qui cependant lui avait manifesté le désir d être religieuse. Sur ses instantes prières, et bien qu'il eût ref jsé de répondre jusqu'alors à ses fréquentes interrogations, le V. Montfort avait fini par lui dire (Tun ton inspiré : « Ma fille, consolez-vous, vous serez religieuse. » Confiante dans les promesses de son directeur, elle attendait leur effet, et, lorsqu^il revint de Paris, elle fut admise par lui au nombre des dix-huit ou vingt filles pauvres de l'hôpital qu*il avait réunies dans une même chambre qu'il désignait sous le nom de la Sagesse.
Tel fut le noyau de l'association dont nous raconterons les développements, en ce qui concerne la part de Mlle Trichet, è Tarticle de cette sainte fille. Quant au vénérable directeur de l'œuvre, il nous suffira de dire que, dès l'origine, il en fut Tâme, et que si elle ne fut pas brisée è son début par de puissants obstacles, ce fut lui qui la soutint, la rendit ferme, stable, victorieuse.
Peu aprèsavoir jeté les fondementsde Tins-
titutqui était destinée donner à l'hôpiial de Poitiers, et t ceux de la France presque tout entière, les seules directrices dignes de ces pieuxasilesdela misère, le V. Monfort se vit forcé d'abandonner lui-même la retraite, où il sentait ne plus pouvoir faire le bien, il
?|uitta donc l'hôpital de Poitiers, et alla s'ofrir h l'évoque pour donner des missions dans son diocèse. Ses débuts au faubourg de Maubernage furent éclatants; le souvenir en est encore vivant, et si ses habitants
73! MAR DICTIONNAIRE MAR :r.l
.♦^urenl se {ii>lin2iier daa> les ii.ajva.s jours les persécutions de tout ^*nre (ju'ii éiirouva
]»ar des sentiments rares à cette éjorie, ce | i'«3sque partout où il porta ses pas, Scin-
fiit précisément à ce souveriir (ju zt-c mis- lJl^^l)le, dit son historien, à une torche q»ji
bionnaire qu'ils durant cet r:eureiii résa tit. ^'allume davantage à mesure qu'elle est [dus
Cettemissionfutsuiviedere.le 4';^'.t^V.Mt,iit- a-:itée, il travailla sans relâche, el toujours
fort donna (1705, dans .'éi^'lis^^ -ics re i^':e'j>e> avec des succès prodij^ieux, dans un grand
du Calvaire, piis ,1706^ en Të^ :se <i^ Sa.r.L- numhre de diocèses. Nous citerons f>rinci-
Saturnin» da:is un «ie>la»iL.» ur^s .:e P..:iiers. paiement ceux de Sainl-Malo, de Hennés, de
Près de là se trouvait ui;^3r.;n ; oi i' «jt Nnites,de Luçon et celui de la Rochelle,
\\cs Quatr€'Fit;ur€<, { a:, t- ^ï/. e^o.t crLé dont Tévôque, appréciant toute la râleur d*uri
de quatre li«^!iie> C"i•J^^a es; /e*. -.it a ..r> 'an ttl coopérateur, sut l'employer el le retenir
lieude rendtz-vous LO'ij aL.'.trs.Le V.M ;.:t'»rt près de lui jusqu'à sa n)ort. Les exemples
y lit l'aire une réi ara'.ii n ^l e: r.c o.ct .1 a:.- continuels d'une vertu extraordinaire, plus
iionra dans un iis- «>ars ; '.eia .;\:..cr^ r- \,:e encore (]ue sa rare éloquence et les mille in-
ce lu'U, jadis si tri-ieiuciii [ .Li'j.r, scia.i d-islries de son zèle, plus même peut-être
Ideniol un lieu lie ; r.èrvs Pcu ap:cs, q je les nnracles qui l'appuyaient presque
jiassant dans le ùaL<.M:\: Sj::.i-Sj:.irr. :». lo i«jiijours, expliquent conmienl un simfde digne prètrey truuva '.h I auvre.'i.cii.t :\ii.e {lélre, partout persécuté, voyait tous le^ nialavlie incurai»!e; ;! e : r^*:; 1 sj: s.s c. j.î- cœurs, tous les obstacles céder h sa parole les, le i\t'i o<^i oaiîs u:.e u: ^cr^. j i.'j;.Li..'.e ue la façon la plus merveilleuse. jiraiiqiiée >oi:s le ro. er , ..;a:.s L^ j li.n Parau les faits matériels qu'enfanta cet endes (Jiiairo-FiJiures : b e:..o'. ci ^e j ajvre i. tliousiasmereligieuxquecetapôtrezélésavait enjoint deux, pas t::.s a::ires, e: \. l:i s: Lut-n souiller à son auditoire, nous aimons conlieaax soins le v.riaeu-es Je^.i-v. -js. à ciier l'érection du fameux calvaire de Ponl- C'e>i là que s'e^e'.a.ent \ ws tT.;. : t es « .lùteau, au diocèsede Nantes, en 1709 el 17J0. soins do M. Dl- 1.: r..; .:H !. • >. . ^ a:: : Cite montagne factice, que des milliers de prieur ki'Aia la n.\ .cs Là.: v.ri.'.s i ..:: .>.e iras avaient élevée sous l'inspiration d'un Iji^l'iud, cjvijla.i-^s av ' r c./ j... :;>.;.- >eul homme, et qui se voyait de douze lieue> par i:e> | e:M»: •;• < -^^ u t:e>, c'..' : . ■ .e ' :\ li la ronde, devait rappeler à cette contre v 175S au\ saii.vc> F.. c> ^a \ . M; .1 :;, aux :1 ic^e les :^outfrances de THomme-Dieu et h» Filles lie la S'^resse. La .re:i ::. :i ...i Li:i>- >•. avenir du saint personnage qui Pavait s:(»n:ia:re .:e 1700 ei.i.t » . ..i.l.e. tt.. ^:i si généreusement évangélisée. Après des ava.t[ré;a:e ljL-Luéj:e sar.s .e :?.;v^.r, .a \.i ^s^ltudes successives, ce magnifique more j::>a:. on. !. imeni iela (>iété des populations bretonnes A a n:o:i:e:;t où, a. "^'s i:::e gi;e/ s :; :: î .«- *.: nu Zfie qui les avait inspirées a été reslic:i -jse 0 é:ëe e:-. !a ;er>o:.::e .<: M.: c . A.- : .e à >cni é.al primitif, et il honore aujour- I. ?g':3 , ;'e:..:r.e .ia g- ;.\e":;<: ur i^ P''/..r.s, .\.ui le> mains des enfants de ceux-là mô-
.':.:: i.e .e P d se i.s s» i ^ Jvr.i;:: v.: e n vs qui /.i\aieiit construit autrefois
re.r- '.e j.-:x rt.'. -;..L:ses .- >o.:;.e-C. :. - :::»-^ Aeueiîli avec la plus haute faveurparl'év^-
je P. : ers.se- •:.::•:... s '. .«-v-re:.. ^\ :::• n .r .; le de la lloclielleje vénérable prôtrese livia
d . r-^: : . ir *c* . :u:. ; ...s..:>vc>scr /c>- . eniùi à >oq goût prononcé pour les f^réd»-
: -:e: -s v ..^s e. '.: .i...... ^.i .: s>;v:.:..'a ro, cuons. I> donna plusieurs retraites au sein
e"; g::, .e ccss,- >:s . -e . a:. ■:..<. iVi le ia vil e protestanle, et recueillit par «ie
t: .1 a i V.i.c^^ -:-• .'j . ITt^;! <::;.:..:; L.oiLLTeuses conver>ions la récompense de
.- t'a::'.* ^i ::c: ur* ; t.e: :.age a KjL.e s n zèie; mais ces conversions lui suscitù-
I «. ..' s '. ;..... e ij Fj. r <'L^-::u \l e .::s.r r. ni des erinemis implacablesqui cherchèrent .;j 1 ivj : ^"a v;: .-^-,3 .e' o: ... :.? r : i:.' à assassiner et ne [>ure!)t parvenir qu'à lui la f.« y.\.^z e- : :"j/.^s i: ù :-^'es;...a > e^.a- î--:re |.re:i'ire dans un bouillon un poison y ::i\\ P r.:.:e.* ea .e [;.../..: t.:; :;: >>::::. :ai.-e m:»rtei dont il fut tellement malade, que sa a .-:•. ijje. lu; as>u:.A a F. -l^c our ve 'i A en être abrégée de beaucoup. IJ t .^\::e Je ses iravajx, ei. v.a:.s u:i:- a.;.: ^::.e t- : i. . a J- même aux C'-rsaires chargés de le i.-Mï : uce aa cœ.r Ca >a ..: :.é.ro. :. *...i ; c:..:ro à Sun lussage de la terre fermeà Pllen j:.na ; jur miss.. :i s.o:ae v:\\ .;..:.r..:e .: Vea qa'i. a. auévangéliser,et d'où il revint If j r.-ciiisi.-.e. i; :-i :. <*e:a.i Jcjà :;•. . i-c, :-. iès ut;e anule [liOl'i^on. Les diocèses de
II "lî <ans :a:..-er ijuri.::, e r.;,.c a .\c.->.. e I-..^:*n et .1? ,a Rochelle le virent encore si- .Oja n I70vi . gi.a.er so:i f assage [\ir les succès nombreux
A :ts a> r s .1 \ ..s *. :. .*i '^-i. os 1 1 j ar .s r^. . rat. t*s qu'attestent des témoins
rej.:i^. les t -î g..e> .;..; 'a.;..-:.l ^: .r*.i c- ..:g e> «. I-.i.
m»'.:: 0, r • i\ v o:: .\ : .i - : u:c. !^* V. M . .:\.. ; li- !\.: . e- la-.t les vacances de 1713, c'est-
reM.i I :è> .t- >cs ,; ers P..u\:.;s. ;:;' a».^ : o-..re aj :• tbei.t oii le saint mi5^ionnaire
rv\ "nf rt.'.N t.: ; .'.iï:.: ; ôr ;::.v ,;: e *. u r. -- j>a,» » n.n ire un re|>os nécessaire, mais
I irei.i It^^ j . :- tc:i..:es lI !cs i .:> . ifo- :..c.:x i.u'.t-ii.vnt -O'j'ia'té, qu'il songea sérieuse-
slmiî iiu-îus. i; arma ai ; ri- ù:e .e Lua^e :. e::i à ».»-i er ceux • ongrégaliOns destinées à
le -25 a^ûi 17o6, ic-.o:\:e. i aiTi L .. ei :c:igaré ;t;r..e:uer .\ejvre de"sa"parole et de ses
{ .'*r ,es ru,io> iravacix.cM'U .-ng j c.L.-^iirage, tixe::.: es. L'une était celle dont le germe
qu'il fut î» ju'iiie rei.«.n:ia. " " a^j.i Ce u>»; osé dans la ville de Poitiers;
S'a'i iiquani avec un «.ourage tout r.:j- la.iire o:a:t ce le des missionnaires de la
T?au à rtiip'.r lc> uiunl.jis uu \i<..i:re ..c i l... agiî.e vie Marieet dos frères coadju leurs
Jé;ui>-i:'ii:vi, il iK pji tVrc ariC.e ; ar uu:r.w»i-t-:it. Ce fut au séminaire du Saint-
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DES ORDftSS RELIGIEUX.
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Reprit, fondée Paris peu d'années auparavant p»r iiD de ses anciens condisciples, M. l'abbé Desplaces, qu'il alla recruter ses preruiers disciples; puis il revint se livrer à ses travaux. Un vovage lointain fait à pied au traders de la France entière fut suivi de nouvelles missions, et ce fut alors que Tuu des élèves du séminaire du Saint-Esprit, i*abbé Val6i, vintk la Rochelle, où il fut amené* laaigré des projets tout opposés, à se joindre au saint missionnaire.
Frapjié de cette pensée que c'est par Téduaiiou seulegue ion peut protéger la jeunesse u)ulr« Timpiété, le libertinage et leurs suites (Icheuses, l'homme de Dieu songeait déjà à créera la Rochelle des écoles charitables, et il eu avait écrit à la sœur Marie-Louise de J^os (Mlle Trichet), demeurée à l'hôpital de Niiers.oùeile remplissaittonjours la charge d'âoiiome. Lorsque son projet, agréé par i'éviqoede la Rochelle, dut recevoir un comroeocement d'exécution, il prévint sa coopératrice de prendre ses mesures pour venir le itjoindre. Celle-ci, malgré de grands obstacles, répondit au vœu de son saint directeur, qoila mit i la tète des écoles de Qlles, en lui npiielant que dix années auparavant il lui avait annoncé les desseins de Dieu sur elle. Et en effet, à dater de ce jour, la congrégaliOQdes filles de la Sagesse, dont nous dirons bieflttt Thistoire, recevait des mains de son foniJatear la première directrice chargée de !jgouverneret les règles qui devaientassurer après lai l'existeoce et les succès de celte i;rande œuvre.
Le V.Montfort ne fut point distrait pendant liogtemps du soin qu'il donnait aux misftiOQs (l),et la ville de Fontenay fut témoin (!e ses nouveaux succès. Ce fut là qu'il fit la conquête du P. Mulot, l'un de ses aides les l'ius fervents, et qui devint son successeur. Jiml-Pompain , Villiers-en-Plaine et Saintu«renl-sur-Sèvre accueillirent ensuite le ^nl missionnaire, qui semait sous ses pas, ta milieu des maraues sensibles de son pon« w près de Dieu, les conversions éclatantes filesreioars les plus inespérés. Ce fut à Saint- Pompain que cet infatigable ouvrier, sentant ^ fin s'approcher, et;persuadéque les œuvres jiesa piété ne lui survivraient pas, si elles n'é- «»enl soutenues par Dieu, voulut se mettre >oos la protection plus spéciale de celle à ^01 Dieu n'a jamais rien refusé. Le pèleri-
^1 «t le procureur du roi de )a nièmc juridiction, r"!|* <«, leur greffier, se iranspo-lèrenl dans la y^wVoiivcBl, eu un lieu appelé la Roche-aux- '^t. siUié à IVilrémiié du Mareau de Puy-Bni- "^ &vr le versant do coteau qot domine le ruisseau
UiuT^ ^^^ ** coMsiruciion d'un mur qu'il »« «ever nour préserver la grotte de la Rocliêi««n\u?' . '* ▼oulail se retirer en cerluhis i»iî I ^^^* é'éire aussi exposiée aux vents du in» VX •*?*'*' procés-vertiai rend du reste justice P'«te du prédicateur qui venait de faire, pen-
nage qu'il fît à celte intention à Notre- Dame des Ardilliers de Saumur avec une confrérie de trente pénitents pris parmi les habitants de Sainl-Porapàin, est demeuré célèbre, et s'il fut une des causes des succès nrodigieux que la dévotion h Mario valut au fidèle serviteur de fa Mère de Dieu, il fut aussi comme la préparation du saint missionnaire à la mort qu'il avait prédite.
^ En effet, au milieu des travaux de la mission de Saint-Laurent-sur-Sèvre, il fut saisi d'un mal que son extrême faiblesse et l'épuisement complet de ses forces physiques rendirent mortel. Néiinmoins, voulant recevoir dignement Tévèque de la Rochelle, il ne crut pas pouvoir s'abstenir de monter en chaire; mais ce dernier effort brisa son infatiguablo énergie, et le V.Montfort reçut bientôt après les derniers sacrements de I Ëglise.
Le 28 avril i7t6, après avoir béni les nombreux fidèles dont la piété avait réclamé cette dernière consolation, il rendit doucement son âme h Dieu an milieu de circonstances qui rappellent exactement celles qui accompa^nèrent la mort du thaumaturge des Gaules, saint Martin.
Ainsi mourut, è l'âge de quarante-trois ans deux mois et vingt-huii jours, le vénérable serviteur de Dieu, Louis-Marie Grignon de Montfort. La haute réputation de sainteté dont il jouissait pendant sa vie attira dès lors k son tombeau un concours d'hommages et de prières qui n'a fait que s'accroître depuis cette époque, au point c[ue ce tombeau , placé dans l'église paroissiale de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), est aujourd'hui un lieu de pèlerinage très-frequenté, et Diea a bien souvent récompensé d'une manière miraculeuse la piété des pèlerins. Aussi la cause de la béatincation de ce saintfondateur, déjà déclaré Vénérable par décret apostolique du 7 septembre 1838, se poursuivitelle è la sollicitation d'un Irès-grand nombre d'archevêques et évoques (2).
Pour se faire une idée exacte de la vie extraordinaire de cet homme de Dieu, il faut en lire les détails dans son histoire publiée en 172(h par Grandet, d'abord curé de Sainte- Croix i Angers, puis directeur du séminaire de celte ville et membre de la société de Sa'ul-Sulpice; dans l'histoire plus étendue
danl deux mois, une mission à Mervent, lieu voi« sin de la groiie. Le P. Moniforl 8*était eu outre emparé de la troisième partie d*un arpeul de terraia inculte appartenant au roi, et avait fait arracher scpi vieilles souches de châtaigniers, pour rendre plus abordatiles les environs de sa retraite. Nous Ignorons quelles furent, pour le contempteur des droits de S. M., les suites du tnsdit proees-verhal, lequel a été publié par M. Fitlon dans la Revue de$ provinceê deTOueH^ année 1855, p. 453.
(2) Déjà un jugemeut de la congrégation des RtteH, eu date du 7 mai i85^, rendu après les plu» rigoureuses discussions, a déclaré que les écrits de Montfurt ne reufermalcnt rieu qui pût s^opposer k sa béatiflcatlon.
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DES ORDRES RELIGIEUX
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(ochelle. Il reçut la tonsure le 30 mai 170^, 1 obtint presque immédiatement un petit é)éùce dans rédise de Saint -Grégoire lAogé, près de Niort, par l'entremise de 3a|ues-François Collin, son parent, dont le rère Jacques-Gabriel, prieur curé de Souans d*^ns le tfrand marais dn bas Poitou, le il venir près de lui en qualité de vicaire.
U vie de René Mulot reste assez obscure Qsqu'au moment où il fit la rencontre du LMontfort. Ces deux hommes étaient faits our se comprendre, et comme ils étaient )rûlés d*uDe égale charité, ils ne tardèrent »$ i se lier d^ne étroite amitié. Nous ne ^dirons (K)int ici les immenses travaux de Kené Hulol, qui demeura constamment as- ^\é aux œuvres saintes de Montfort, et w^msa après lui Tassocialion créée par le Vénérable (1).
Il Qjoar ut au milieu de ses travaux aposlolifues, à Questembert en Bretagne, des Milles d'une blessure qu'il se Ot au pied liemianl une mission. Sou cœur fut transit atec honneur àSaint-Laurent-sur-Sèvre
Le P. Audubun» oui le remplaça en 1749, aiimint la ferveur dans sa société, toujours (ruissante. Sa mort fut celle d*un apôtre et Jun martyr.
Aa P. Àudubon succéda, en 1756, le P.
Besnard, qui, pendant sa longue adminisumion (elle a duré près de trcnie-trois ans), reoiiit Jes plus grands services aux deux cun^^régations réunies sous son autoritû.
1^ P. Micquignon, son successeur, n'occu(a celle place que quatre ans. Sa mort, en 1792, fut avancée par l'impression extrêmeuenl vive que produisait sur lui la vue des ••ruluiations sans nombre de celle époque désastreuse. 11 ne pouvait entendre sonner la Messe d'un prêlre jureur sans en frissonner. • Encore un sacrilège, » s'écriait-il lîec Taccent de la plus vive douleur. Sa vi-
e lance et ses sages conseils contribuèrent 'aucoup à préserver de toute défection la congrégation, déjà très-nombreuse, des Fi7b de la Sagesse^ qui a toujours eu pour surérieur général le supérieur même de la comfiagnie de Marie.
Malgré le malheur des temps, aussitôt «près la mort du P. Micquignon, on lui donna on successeur dans la personne du ^' Suptot, déjk Agé de soixante et un ans. Le DOUTeau supérieur passa les jours de la terreur dans les rochers qui environnent Saim-Laurent-sur-Sèvre. Il y fut d*un grand secours pour le maintien de la religion dans toute ceue contrée, et il avait à cet effet reçu de Mgr de Coucy, évéque de la Rochelle, l^plus amples pouvoirs. Du fond de sa re-
(l)Poonîonner le premier l'exemple du rcnoiieemeni mi elioses du monde, il t'éiait démis, le ^ octobre t7iO, de tous ses bénéûce^, et s'était ^^ loai entier ao salai de ses frères.
\% ihi ^)%Mt on portrait de Rt^né Muloi, mé- "ocreneoi gravé, d'apfés rHermilaîs. Il est re-
CKlê regardani le crucifix que poruil le P. ilert, et qui est recounaissabte à la vis destinée
traite, il encourageait la vertu, consolait le malheur, et empêchait autant qu'il était en lui l'effusion du sang. Un jour, entre autres» une sœur vint en hâte lui apprendre que lès royalistes conduisent hors au bourg, pour les fusilier, quatorze prisonniers républicains; il court au lieu de l'exécution, se jette au-<levant des Vendéens, et demande grâce pour leurs captifs; mais toutes ses prières sont vaines auprès d'hommes qui ne voient, hélasî dans ce massacre que de justes représailles. « Eh bien! Messieurs, » leur dit alors le généreux vieillard en se plaganl au milieu des républicains, « puisque je no puis sauver la vie h mes frères, qui sont aussi les vôtres, je mourrai avec eux; tirez sur moi. » A ces mots, leur fureur s'arrête, ils se retirent, et l'apôtre de la charité conduit les républicains au presbytère, où il leur procure tous les secours dont ils ont besoin.
Après avoir ainsi traversé les jours mauvais et relevé de leurs ruines les deux congrégations, le P. Supiot obtint d'avoir le P. Duchesne d'abord pour suppléant, en 1806, et plus tard, en 1810, pour successeur. Il vécut encore huit années et mourut à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
Le P. Duchesne mourut lui-même h la fin de 1820, laissant une mémoire chère à toutes les personnes qui l'ont connu, mars surtout aux Ft7/e« de la Sagesse^ dont il se montra toujours le père et le consolateur. Il eut pour successeur, en janvier 1821, le P. Deshayes, précédemment curé d'Auray et vi- Cùire général de Vannes. Entre autres œuvres excellentes dont sa vie entière a été remplie, le P. Deshayes, avant de venir à Sainl-Laurent, avait partagé avec M. Jcan- Bapiisle de Lamennais l'œuvre de la fondation des frères de rinstructiotij répandus aujourd'hui dans toute la Bretagne et connus sous le nom de ce dernier et vénérable prê-. tre. Par le bien qu'il fait et par celui que feront après lui ses disciples, M. de Lamennais console la sainte Eglise de Jésus*Christ de tout le mal que fit à leur mère commune un frère malheureusement trop célèbre!!
Le P, Deshayes avait fondé seul la congrégation des Sœurs de Saint-Gildas, au diocèse de Nantes. Une fois è la tête des congrégations de Montfort, il continua avec un grand courage cette vie toute de zèle, et donna pariicutièreroent k l'œuvre des Frères du Saint-Esprit un grand développement, * comme il sera dit en son lieu. Mort k la fin de 18bl, il fut remplacé en janvier 1842 par le P. Dalin, précédemment professeur de théologie et supérieur du petit séminaire des Sables-d'Olonne, dans le diocèse de Lu-
à le fixer & son Uàton de voyage. Au-dessous sont écriis ces vers :
Du célèbre Monlfort imiuieor fidèle, , Malot, pour le prochsin se montra plein de lèle ; S*il gagna les pécheurs, ce fui sans les flaller; Jl 01 irembler fimpie et respecter les temples. Confirma ses discours par tes plus saints exemple^ Et prêchant iétos^Ihrtst, il a su l'imiter.
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gon, mais depuis plusieurs années membre de la compagnie de Marie.
Ce respectable ecclésiastique est né aux Herbiers f Vendée) et a fait ses principales études théologiaues au séminaire de Saint- Sulpice. Lorsqu il fut chargé du petit séminaire des Sables, il y avait beaucoup à faire dans cet établissement. M. Dalin en fut pour ainsi dire le créateur, el ce fut lui qui b&lit h ses frais et avec les deniers provenant do la vente de tous ses biens pairimoniaut la belle chapelle du petit séminaire et toutefois agrégé à la compagnie de Marie par ses vœux, lorsqu'il fut, à ce titre, désigné pour diriger la procédure qui devait se rattacher au procès de la canonisation du vénérable P. de Montfort. Son zèle et sa capacité dans la conduite de cette grande affaire ne sauraient être méconnus en présence des résultats déjà obtenus. Ce fut aussi lui qui fut désigné pour écrire la vie du fondateur de la congrégation, et c'est à ce livre remarquable que nous avons beaucoup emprunté dans notre récit.
Depuis son élection, le P. Dalin a travaillé avec succès aux développements de l'œuvre de ses prédécesseurs; il a fait construire à Saint-Laurent de vastes bâtiments pour l'agrandissement du noviciat des sœurs et une belle chapelle pour les frères; il a élevé à la Haute-Grange, à un kilomètre de Saint- Laurent, une magnifique chapelle destinée aux exercices des retraites dont nous parlerons ci-après. KnGn, il a fait plusieurs fois le voj^age de Rome pour obtenir le décret de béatification de P. de Montfort et la reconnaissance canonique de sa congrégation. La dernière grâce est obtenue, la première est en voie de Téire (1).
Quoique la compagnie de Marie ait été bornée au petit nombre de douze ou quinze missionnaires, elle n'a pas laissé de suffire à des travaux immenses. Sans parler des soins particuliers qu'elle n'a cessé de donner h la communauté de la Sagene^ elle a fait une quantité de missions dans le Poitou, l'Aunis, la Saintonge, la Bretagne et l'Anjou. A la mort du P. Mulot, en 17M, on en portait déjà le nombre à deux cent vingt, et de celte époque è 1781, le catalogue en compte trois cent soixante-cinq nouvelles. Ce zèle ne se ralentit point qu'aux joursde la révolution de 1790. Alors, quand il bllut confesser la foi au péril de sa vie, nulle défection ne déshonora la «ociété iïes enfants de Montfort, et Pie VI tes en félicita par un bref des plus bonoraliles. Deux d'entre eux, les PP. Dauche et Verger, qui avaient tenté de passer on Espagne, afin d'y ménager une retraite axii Filles de la Sagesêe^ furent reconnus et massacrés à la Rochelle par des femaies qui, avant de les mettre en piècei<, leur arracnèrent la langue, c cette langue, disaient-elles, qui avait uina-
(1) Ost sous radmitiUiratioii du P. Dalin que, le 7 novembre 1847, a éié Tonde un état)li!»Kement pour les sourdes- niuelles à Larnay, près Poitiers, glace à un concours et à une munilicence dicnes ëc la reconnaissance de tous les cœurs chré-
tisé tant de personnes. » Fin di^ne d*eDTie pour des prédicateurs de l'Evangile!
Lorsque, après la tourmente rOvolationnaire, la barque de l'Eglise fut agitée dans un sens opposé par le refus d'obéir aux mesures que le successeur de Pierre avait crues nécessaires pour sauver la foi en France, tous les missionnaires de la compagnie de Marie se montrèrent encore dociles h la voix de Rome, et nQl d'entre eux, quoiqu'au milieu de la séduction, ne donna dans leschismedit de la Petite Eglise. Leur compagnie se ressentit sans doute comme taitt d'autres du malheur des temps, el le nombre de ses membres fut réduit au point de pouvoir à peine suffire aux divers besoins de la communauté de la Sagesse: mais elle ne laissa pas, dès que la liberté lui en fut rendue, de trouver encore des enfants pour évangéliser les peuples de la France. De son sein sélaocèrent même, pour aller prêcher les infidèles, deux hommes distingués par leur talent et leur vertu, autant que par les dignités auxquelles ils furent élevés (2) 1
La compagnie deMarie,aujourd'huiappron« vée par le Saint-Siège, semble appelée, sinoa à prendre de grands aéveloppement$,dontpiea seul a le secret, du moins» en se fortifiant intérieurement de jour en jour, à rendre de vrais services à tous les diocèses environnants. Elle compte, sans parler d'un assez nombreux postulat, 30 prêtres, qui ne neuvent, mémo en se multipliant pour ainsi dire, suffire à la moitié des travaux pour lesquels on sollicite leur zèle. Outre leurs missions, stations retraites paroissiales, etc, iU sont spécialement chargés de deux œuvres d*une grande importance : chaque année, ils vont, deui à deux, donner sur beaucoup de points de la France des retraites auxquelles se réunissei;t toutes les Fillesde laSagesse des environset, chaque année aussi, ils prêchent et dirigeât les personnes séculières, hommes etfemmtSt qui, cinq ou six fois par an» viennent se réunir jusqu'au nombre de 5 et de 600 à la fois sur une colline (à Haute-Grange, près de Saint-Laurent-sur-Sèvre), où elles liassent huit jours entiers dans la solitude la plus profonde et le silence le plus absolu.
Règles et statuts des prêtres missionnaires de la compagnie de Marie.
« Le saint législateur, • comme le remarqua le P. Picot de Clorivière en jiarlant de cette règle, « s'est contenté de faire unesimi^le esquisse et d*y mettre l'essentiel, auquel le reste pouvait être aisément ajouté dans II suite, soit par lui-même, soit fiarses successeurs. » Mais l'idée qu'il y donne de sa t^otpagnie future est tout à la fois simple et sublime. Il exige de ceux qui doivent la composer une perfection peu commune, même parmi les religieux; il veut de vrais
tiens. ( ï. ci-dessas, à l'article Ga»ibl [Prhn et Saint-].)
(S) Le P. Conperie et le P. Hillereiiii, dont m trouve la vie éditante dans les Vies dit s«wli ^ Poitou, p. 313 et 336.)
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DES ORDRES RELIGIEUX
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tif^re$f tout entiers à leur œuvre, dégagés de tout le reste, toujours prêts, comme un (orps de troupes légères, k voler, sous le bon ptai^rdes éfèques, partout où les appellera le rlos grand bien des âmes. Au reste, voici (]uêlqnes passages de la règle, qui sufliront |our caractériser cette société : ,4
< 1' On ne reçoit dans celte compagnie que Ces )>rèln»$ iïéjh formés dans les séminaires : iin<ii les ecclésiastiques des ordres inférieurs m >ont exclus iusqu'à ce qu'ils aient reçu le fârenloce. 2* il faut que ces prêtres soient }. pelés de Dieu k faire des missions^ sur les traces des pauvres apôtres, et non à vicarier, régir des cures* enseigner la jeunesse ou fermer des prêtres dans les séminaires, (omroe font tant d'autres bons prêtres c^ui sont appelés de Dieu dans ces saints emplois. 3* Quoi()u*ils ne limitent point la grâce de Dieu et leur ^èle dans les seules campagnes, ils partici()ent cependant aux plus tendres ioclmations du cœur de Jésus, leur modèle, lequel ordinairement a préféré la campagne h la îitle et les pauvres aux riches. &* Pour tire eo.^agés daos la compagnie, ils font des ivii simples de pauvreté et d*obéissance mr un an, entre les mains du supérieur, Ujuels vœux ils renouvellent tous les ans ; (lau bout de cinq années non interrompues liors lie la compagnie, s^'ils se trouvent et si ûQ les juge bien appelés de Dieu dans la compagnie, ils font les vœux de (lauvrelé et o*ûbéissance pour toujours. Les frères font relui de chasteté de la même manière que ies deux autres. 5* Ils récitent le saint rouire (out entier tous les jours, afin d'attirer pir eelte pratique la bénédiction divine sur leur ministère, comme ils expérimentent tous les jours. Ils récitent en commun leur Hriaire, qui est le romain, autant que leurs «nplois le leur permettent, et font de même e:i commun presque tous leurs autres exercices de piété. 6* Les retraites annuelles et i&eosuelies, les coulpes, Tabstinence du vendredi, le jeûne du samedi et autres pratiques de piété ecclésiastique et religieuse, f^Qt aussi partie de leur règle. »
Cmume des préira tnissionnairei de la compagnie de Marie.
Le costume des Pères de la compagnie de wie est celui que portent généralement à home les clercs réguliers, c'est-à-dire la soulane noire sans queue, échaocrée au cou de n^anière èi laisser voir le petit col blanc '(olkrino)^ sans rabat; le chapeau est le chapeau ecclesiastiqae ordinaire. Suivant Tusage odeurs premiers Pères, ils portent extérieu- ^mn\ à leur côté un chapelet accompagné ^une }ietite croix en ébène et cuivre, (l)
UARIB) Ecole obatufte de SAINTE-).
Quoique j'aie malheureusement peu de ren- ^^nements à donner sur cet établissement jsoié, je ne veux pas laisser de signaler au i^lear son but et le zèle de son fondateur, ^t nomme, animé d'une charité ardente, JJJUM. Jean-Barthélemv Van-Roo, chanoine Wtté d^Ypres et grand pénitencier du dio-
0) % I la bu do vol., »•• 155, 157,
cèse, ci-devant vicaire général, examinateur synodal et censeur des livres. Il joignait à la science, aux talents, an zèle et enfin à toutes les vertus sacerdotales, une charité extraordinaire pour les pauvres. Sobre, frugal, mortifié, dur envers lui-même, il s'épuisait pour assister les indigents, dont il était vraiment le père et le consolateur. C'est lui qui érigea à Ypres l'école gratuite de Sainte-Marie, où douze sœurs apprenaient à cent pauvres filles i faire des dentelles. Elles y apprenaient encore à un plus grand nombre d'enfants, le catéchisme, la lecture et l'écriture. Ces icturt
formaient, je le présume avec fondement, un institut isolé. C était aussi M. Van-Roo aui avait donné naissance à l'élablissement des
Filles de laCbarité de la paroisse de Rumbeke et en avait fait le plan. Voy. Essai d*annales de la Charité^ tum. IL B-de.
MARIE (Institut des Dames de), à Matines^
en Belgique.
L'institut des Dames de Marie et de Saint- Joseph a une seule et même origine. Ce sont deux branches de la pieuse famille des filles de Marie-Joseph qui prit naissance à Alost, le 6 mars 1817. M. le chanoine Van-Crombruggue en fut le fondateur, mais ce ne fol qu'après la révolution de 1830 que ces œuvres commenrèrent à se développer. Jus- 3u'alors l'esprit tracassier du gouvernement e Guillaume, des Pays-Bas, dont le caractère et le zèle calviniste sont si connus, obligea les membres de ces instituts à se renfermer dans un cercle étroit, et à éviter tout ce qui aurait pu attirer les regards du pouvoir.
Ainsi restreintes dans des bornes trèsétroites, sous la domination hollandaise, les filles de Marie et du Joseph ne purent même qu'avec peine donner à la classe pauvre, exclusivement, les soins d^une éducation et d'une instruction chrétienne; elles durent se borner là pendant plus de treize ans.
Après la révolution de 1830, la religion ayant recouvré la liberté, les filles de Marie et de Joseph, dites alors sœur de Saint- Jo?>eph, virent s'étendre le cercle de leurs pieux desseins pour le bonheur de la jeunesse. Dès le commencement de l'année 1831, des écoles, pour la classe aisée, furent ajoutées à Alost à celles établies pour les pauvres, et ce fut l'origine d'une nouvelle branche de la famille religieuse des Sœurs de Saint-Joseph; les membres qui la composèrent reçurent le nom de Dames de Marie.
Jusqu'en 1838, les deux branches de Vins* titut étaient demeurées sous un seul et même gouvernement; elles furent alors séparées pour faire .deux instituts distincts et qui ne devaient plus avoir entre eux que ces liens de parenté et d*affection spirituelles que donnent une origine commune, un but à peu près semblable et le même amour d'un commun Maître et Sauveur Jésus-Christ.
Pour perpétuer le souvenir de cette même origine et les sentiments de charité qui doivent toujours unir toutes les enfants de Marie
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ot de Joseph, les révérendes supérieures générales des deux inslituls se donnent mutuellement le nom de sœurs, et elles entretiennent des relations entre elles, atin de s^exciter réciproquement è marcher constamment vers le nut respectif de leurs deux religieuses familles. Elles se doivent mutuellement des prières. Les décès des membres de chacune des deux familles sont annoncés, réciproquemeit, et Ton se fait, de part et d'autre, une obligation de prier pour les membres défunts. Outre la maison mère, les Dames de Marie ont une maison h Malines , en Belgique , elles en ont deux à Bruxelles, une à Atost, diocèse de Gaud, une à Mouscron, diocèse de Bruges.(l)
MARIE (Société ou institut de), fondé à Bordeaux en 1818, par M. Vabbé Chaminade.
Dès que la liberté fut renaue au culte, après les désastreuses années du règne de la terreur; dès qu'il fut peruiisaux émigrés de rentrer en France, un prêtre, qui s*éiait réfugié en Espagne, M. Chaminade, docteur en Sorbonne, revint à Bordeaux, où il avait un modeste héritage, il était né h Mucidan, en Périgord , avait été élevé par un ancien Jésuite, son frère, homme d*un mérite supérieur et d'une haute piété. Il s'était exilé, après la confiscation du séminaire de Mucidan, dont il était procureur. Quand il re- Tint d'Espagne, il était Agé d'environ quarante-cinq ans, pourvu du titre et du pouvoir de missionnaire apostolique; son dessein était de travailler au rétablissement de la religion, par tous les moyens, en dehors du ministère des paroisses. Néanmoins, peu de temus après sa rentrée en France, il fut nommé administrateur de l'ancien diocèse de Bazas (Gironde), et s'acquitta, avec une rare prudence, de celte charge, jusqu'au jour où le diocèse de Bazas fut réuni à Tarcbevâché de Bordeaux. Alors il retourna à Bordeaux |)Our ne plus s'en éloigner, et pour suivre jusqu'à leur exécution, les pieux desseins qu'il avait conçus. C'était dans le même tem|)S et è peu près dans les mêmes dispositions que la divine Providence envoyait l'abbé Lallemand à Marseille, l'abbé Cullin à Lyon, l'abbé Condren à Paris, tous irais fondateurs de la nouvelle congrégation reli-
Ïfieuse. Ces hommes de Dieu pensaient que a vie religieuse étant la seule réalisation complète des doctrines morales de l'Evangile, il n'était pas possible que la Providence, qui semblait vouloir la restauration du catholicisme, ne voulût pas le rétablissement des ordres religieux. Quant à M. Chaminade, il avait sur ce point des vues particulières. Il ne songeait à faire renaître aucun des anciens ordres. Il les avait connus avant leur dispersion; il avait assisté à ce paisage de la justice de Dieu; il savait que le tein}>s u'était pas encore venu d'en rassembler les débris : et quels étaient ces débris? La plupart n'avaient écliappé à la mort ou à l'exil que par l'apostasie ou la sécularisation. Nova hella elegit Dominut {Judith (f) Voy. à la On du vol., ji« 158.
V, 8), avait-il coutume de répéter : contre d'autres ennemis il faut d'autres armes; la présence d'un siècle si profondément con* tempteur de toutes les institutions contre les-
aueiles la révolution s'était armée; il savait e quels ménagements il devait user, pour ne pas rencontrer d'insurmontables obstacles. Ce gui lui paraissait le plus impossible, c'était le costume et tout ce qui parait au dehors. Mais il pensait que l'esprit religieux pouvait exister sans ces apparences, et n'exercerait qu'une heureuse intluence, en ne soulevant jias, au premier abord, (Tincurables préventions.
Même, dans ces conditions, le succès de l'entreprise était si improlMible, dans lescir« constances, qu'il n'eût |>as été sage d'aller brusc]uement et ouvertement au fait. On venait de rouvrir les églises, mais elles étaient encore dévastées et désertes; les Chrétiens se trouvaient tellement épars et isolés, que, parmi ceux, qui, dans cette grande ville, avaient conservé une étincelle de foi, chacun se regardait comme un autre Tobie en allant au temple, croyait y aller seul. De \h, aux éléments d'une société religieuse, il y avait une distance infranchissable; mais personne, mieux que M. Chami* nade, ne connaissait la puissance du tem)« et de la patience. 11 comparait volontiers sa marche, en affaires, è colle d'un ruisseau loisible, qui, rencontrant un obstacle, ne fait aucun effort pour le surmonter. C'est l'obstacle même, qui, en l'arrêtant, le fait grandir et grossir, au point que bientôt il s'éiète au-dessu.s de son niveau, le surmonte, le déborde, et poursuit son cours. Le sage et zélé missionnaire se borne donc è louer d'abord, au centre de la ville (rue Saint-Siœéon) une chambre qu'il trnnsiorme en oratoire. On sut qu'il y disait la Messe et v prêchait; quelques fidèles accoururent. Il remarqua dans rassemblée des hommes, jeunes encore. Il les appela, à I heure de la Messe, et,ayabt appris d eux qu'ils ne se connaissaient pas réciproquement, il les invita à se rendre ensemble, dans la semaine, auprès de loii pour faire connaissance et convenir de certttines pratiques communes. Ces deux boinmes ayant acquiescé h ses bons conseils, il les engagea à chercher et à lui amener chacun un prosélyte. Ils y réussirent. Quand il Y en eût quatre on en fit venir facilement nuit par le même moyen, et en très-peu de temps, ils se comptaient douze, animés des
Elus pieuses intentions. Partant de ce nomre, qui pouvait être regardé comme mystique, M. Chaminade, exerçant un véritable a|)Ostolat, obtint de tels ré^ultats que la petite chapelle de Saint-Siméon ne pat plus suffire à ses assemblées. H trouva alors quel-
2 lies ressources pour louer une ancienne glise et un couvent attenant, sous le vocable de sainte Madeleine. Ce nouveau local lui permit de donner à son œuvre plus tic publicité et de développement. Il forma deux congrégations, l'une d'homme, Tadtre uo femmes. Ces congrégations étaient urc^nisées h l'instar des anciennes congréicdtioas
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