‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 112 sur 220 · MAK · texte numérisé non relu

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élablifisemenl; on put devenir son voisin sans lui porter ombrage. Il permit même qu'on achetât le terrain dans lequel ses élèves prenaient leurs récréations. Ce fut un ftiit exprès de la Providence en fnveur de la petite société, car, Taffaire de Thôtel ayant <5lé manquée, après que toutes ces acquisitions furent consommées , les deux maisons ayant un besoin indispensable du môme terrain pour ks récréations, on fut amené for<>ément, quoique àTamiable, à un accommodement, par lequel M. Estobenète, mo)[ennent une rente viagère, cédait son institution, clientelle, mobilier et bail, à M. Auguste Pinier, représentant la société. Dès lors, M. Auguste et ses associés se trouvèrent à la tète d*une des plus florissantes institutions de Bordeaux.

On était faible encore pour une si grande charge, mais le travail et le dévouement suppléèrent au nombre et à l'habileté. L'institution, seus le nom de Sainte-Marie (la première qui^it porté ce nom en France), se soutint et s'accrût. MM. Auguste et Lalanne avaient connu la maison Liautard, à Paris (depuis collège Stanislas). Us y avaient achevé leurs études; ils s'attachaient à reproduire dans l'institution Sainte- Marie tout ce que leurs souvenirs, encore récents, leur rappelaient de cette excellente maison; se livrant même h leur génie, car ils fondaient un nouvel ordre de choses, ils inventèrent et introduisirent dans cette première maison de la Société, des systèmes d'émulation et d'éducation qui lui donnèrent un caractère particulier. C'était le tableau d'honneur et les exercices académiques, moyen dont ils ne prirent le modèle nulle part, et qui depuis a été adopté, sous toutes les formes, par presque toutes les maisons d'éducation extra-universitaires.

La prospérité de l'institution Sainte- Marie obligea bientôt le directeur à la transporter dans un grand hôtel, rue du Mirail, dont on fitl'^cciuisition. Au bienfaiteui* déjà cité, se joignit pour cette acquisition un riche, intelligent et pieux négociant,M. Pourmez.

Pendant que la société s'établissait ainsi à Bordeaux, elle prenait au loin de l'accroissement; un avocat, homme de beaucoup d'esprit, qui avait joué un rôle, dans la révolution, comme ministre secret de Louis XVIU, David Mounier, récemment converti par M. Chaminade, s'était donné corps et biens h la nouvelle société, sans toutefois entrer eu communauté. C'était un homme de soixante ans, mais d'une juvénile activité, d'une hardiesse presque audacieuse; disant et persuadant tout ce qu'il voulait, dans la Dîus brillante conversation; ayant tout vu, dans son siècle, et n'ayant rien oublié ; haliitué, rompu aux affaires les plus importantes, comme les plus épineuses. David Mounier pouvait rendre à la société d'immenses services. M. Chaminade se servait ae lui pour la propagation de l'œuvre, et il eut plus de peine à retenir son zèle qu'à l'exciter. 11 l'employa d'abord à dé-

mêler et h régler certaines affaires iiiigieu ses des filles de Marie , congrégation t femmes, qu'il avait fondée à Agen, un a avant la fondation delà société des hommei L'entreprenant avocat rédigea même \m ces dames un brouillon de constitution qi fut abandonné. Mais dans les rapports qu cette affaire lui procura avec le clergé et d pieux laïques de cette ville, il leur insiou deux choses : d'abord de former une congn gation laïque, à l'exemple des Bordelais, < ensuite de fonder une école primaire qc serait tenue par des religieux de la nou velle société. Il faut dire qu'on avait fait ei vain les derniers efforts, pour introduire, Agen les frères de la Doctrine chrétienoe Leur costume, qui paraissait alors bizarre e ridicule, les rendait impossibles. AlafaVeo de leurs formes plus humaines, les mcsstVvr. deBordeauxfurenlacceplés.CespremiersiaS' tiluteurs primaires do la société de Marie furent MM. Gaussen, Enemain et le frère Armenaud. L'école d'Agen eut un succès complet, malgré la plus vive opposition de la municipalité, de la magistrature et des beaux esprits de la société d'agriculture et des arts de cette petite ville.

On s'était proposé, en entreprenant l'enseignement primaire, de combiner la méthode de l'enseignement simultané, aveccelle de l'enseignement mutuel, qui était alors chaleureusement |>rôné et propagé par !e parti libéral, et de retenir ou de ramener ainsi dans les écoles chrétiennes, les enfants qu'on en détournait , par l'appât d'ua progrès imaginaire.

Durant ces cinq premières années, od établit à Bordeaux deux noviciats, lua de laïques, à Saint- Laurent, l'autre d'ecclésiastiques dans l'ancien couvent de là Va* deleine.

Vers cette époque (1823), David Mounier fat envoyé à Saint Remy (Haute-Saône), prendre possession d'un château avec parc et métairie, d'une contenance de trots cents arpents, qui était offert à la société, i des conditions si légères, qu*oa pouvait le dire donné.

Le château de Saint-Remy avait été Uti et son immense parc clos de murs, i fa fin du siècle dernier, par la princesse deRoseo, aïeule du duc de Broglie.ll était passé dans les domaines du marquis d'Argenson, qui* plus riche en terres qu'en argent, l'avait mis en vente, mais n'avafit pu trouver d'acquéreur. Les frais d'entretien de si vasies bâtiments avaient effrayé les particuliers

aui s'étaient présentés. Enfin, après dix ans 'expectative ruineuse, on était sur le|)oint de démolir et de morceler, quand un niissionnaire de Besançon, procureur de sa communauté, M. l'abbé Bardenet, gWM homme d'affaires, se décida è en faire l'acquisition. Le supérieur des missionnaires blâma cette opération et ne voulut point la ratifier. L'abbé Bardenet prit en conséquence l'affaire h son compte. Une com^ de bois subvint aux trois quarts du \^r\i d'achat; on couvrit le reste, par la ^euie

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DES ORDRES RELIGIEI'X.

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de quelques plombs» ferrero^iits, glaces, marbres^ parqueis qui abondaient dans le diât^au; et quand raRquéreur fut h peu près itntré dans ses frais, il se mit à la recherche (Tane oommunauté religieuse, qui voulût se charger de ce domaine, à la seule condition dTj établir une bonne œuvre quelconque, et dêlui constituer une rente viagère. Le nom ei iesœuvres de H. Cbaminadeétaient venus ksacoDnaissance.il lui Otdes propositions, i roccaston desquelles David Mounierfut en* lojé. Habitua aux grandes affaires et tenant pour sûr qu^on s'élève toujours en raison de il baoteur du iK)inl de départ, notre avocat D*Msita l'Oint. Il entra dans toutes les vues de Tabbé Bardenet, accepta ses conditions, et oaigré la répugnance de M. Chaminade, qai sentait sa ruche trop faible }>our essaimer déjà si loin, David Mounier rengagea à bire habiter et cultiver le parc et le château deSaiot-Remy par la société de Marie. H Tacheta au nom de M. Chaminade. Une colonie fut immédiatement expédiée de Borileaox, sous la conduite de M. Dominique Clajet. Elle vint avec rien et ne trouva rien que de grands l>fltiments dévastés, un bois rasé, des terre» en friche ou épuisées. On eai beaucoup de peine è se loger et à sV briierdu froid. Mais le travail, la patience de ces bons religieux, leur esprit de pau- Treté, rhabileté singulière de leur chef pour Tadministration et la culture, suppléèrent i toute autre ressource , surmontèrent toos les obstacles. On vécut, on se io^ea, le Qf)iDbre s'accrut. On ouvrit un pensionnat Urimaire. La terre produisit ses fruits, et, Diea aidant, l'établissement de Saint-Reiny e^t devenu aujourd'hui, è quarante années de sa fondation, un des établissements religieui les plus considérables de la France. t)o/ tient un pensionnat primaire et secun- (Itire, la ferme-école du département de la Haoïe-Saône ; et les religieux y font une exfMutioo agricole et industrielle des plus remarquables.

La société continuait è s'étendre ; mais dans aucune province, elle n'avait prospéré <XMDiDe en Alsace ; elle v avait pris la suite oa recueilli les débris d'une œuvre d'enseignemeat primaire, entreprise et puis aban- (ionoée |Nir M. l'abbé Mertian, curé de RibcaoTille. On lui donna le château de Saint- Hippolyte, pour v tenir un pensionnat; elle >cbela, dans un état de délaorement le beau couveol d'Ebersmunster, où réside aujourohui un nombreux noviciat. Tout ce pro- SrtSidans cette religieuse province, fut dû, eo grande partie, au zèle des frères Rothéa, qui entrèrent à cette époque dans la société, lUQ prêtre, tes deux autres laïques. Ils y aturèreot l'abbé Heyer aîné, qui depuis est

«Ht établir la société aux Etats-Unis d'Amérique,

U société grandissait ainsi , mais comme toutes les œuvres qui tendent au bien , h traf ers mille obstacles et même, malgré les iiisseosioDS intestines. De nouveaux venus, qui n'avaient pas assisté è l'origine de 'I société, n'en comprirent pas l'esprit pri-

mitif ni le caractère particulier. On prit ombrage des anciens et Ton interpréta mal leurs actes et leur conduite. Il y eut des défections, par suite de mécontentements et sous le prétexte que la société qui se faisait n'était pas celle qu'on avait voulu faire. Le fondateur fut isolé de son premier collaborateur, il s'éleva entre eux des discussions graves, qui ne purent être terminées que

1)ar un jugement arbitral par-devant M.

lavez, ancien premier président à Bordeaux. A l'occasion de ce procès, M. Chaminade donna sa démission. Il chargea provisoirement M. Caillot d'administrer la société. M. Tabbé Caillot était nn prêtre de la Suisse française, grave, prudent et pieux, qui s'était engagé dans la société des la première année, et qui était toujours demeuré auprès de M. Chaminade, tandis que les membres fondateurs étaient dispersés quand le procès fut terminé; M. Chaminade revendique « son titre de fondateur, son inaliénable autorité, elle lui fut refusée. L'affaire fut portée devant quelques prélats, qui décidèrent en faveur de la nouvelle administration et de M. l'abbé Caillot. On eut égard surtout au grand âge de M. Chaminade Jil avait Mans), (jui rendait extrêmement difucileset presque impossibles les relations avec lui. M. Chaminade ne se résigna pas, il fit appel à Itomc ; il protesta contre la société , réclama ses propriétés et les légua aux hôpitaux. Les faits furent attribués, moins è un défaut de vertu, qu'à la faiblesse de TAjge; car les idées , dans la décrépitude , deviennent fixes et déxéuèrent aisément en manie.

Depuis Ta mort de M. Chaminade, la société a continué de s'étendre sous l'administration de M. l'abbé Caillot; elle compte aujourd'hui en France cent dix établissements t dont onze d'enseignement secondaire, et quatre-vingt-dix-neuf écoles primaires ; une ferme modèle, une école normale départementale; et tout récemment la société a accepté le collège Stanislas k Paris, doifit M. l'abbé Lalanne , un de ses fondateurs , était le directeur.

Pour quiconque sait l'histoire des sociétés religieuses, les vicissitudes par lesquelles a passé la société de Marie dans les premières années de son existence , n'ont rien d'étonnant ni de malédifiant; h l'origine de la plupart des corps religieux on voit des troubleset des dissentiments de cette nature. Les fondateurs n'ont [las toujours eu toutes les idées, et celles qu'ils ont eues n'étaient pas nécessairement toutes les meilleures possibles ; ils s'y sont cependant attachés ; mais souvent le progrès de la société tient à ce qu'elle se dégage de leur opposition et de leur résistance ; Dieu (lermet ces contradictions pour la sanctilication de tons, et l'exécution de ses desseins. On peut se figurer la fondation d'un corps religieux sous la main de la Providence, comme le travail d'un peintre qui ébauche un tableau. Combien de premiers traits il efface , combien d'autres il redresse , par quelles séries de teintes et de nuances diverses il arrive

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