‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 130 sur 220 · HIS · texte numérisé non relu

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DES ORDRES RELIGIEUX

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de i air que nous respirons : s*ii est pur, il NOUS soutient et nous vivifie; il affaiblit et |iurte souvent des germes do mort, s*il est cuiiUj^ieux ou corromf>u. Dès ses premières innées, Bazin donna des signes d*une vertu précoce et bien an-dessus de son ft»$e. On pouvait déjà remarquer dans ses habitudes les iodicea» d*une grande piété 9 ei comme les premiers signes de sa vocation au sacerdoce. Un jour sa mère le trouva le visage prosterné contre terre et les yeux baignés <ie larmes; il voulait ré))arcri^ par cet acte deipiatioot une faute qui lui était échappée. Il n'avait que de Téloignement pour les jeux bruyants et les amusements frivoles. Il fi des progrès remarquables dans ses étudies par une application constante au ira* ?ail; d remplaçait par un jugement solide, par un cœur droit, les qualités séduisantes ()ui oui quelquefois plus d*éclat que de so-^liiiité. Ce fut pendant le cours de sa thôo«^ logie, kBayeux, que se développèrent cette teniJre piété, cet amour de la retraite et ces rertus austères dont il avait donné des mar^ ques dès sos premières années. Avant même daroir reçu Fonction sainte, il consacrait ses vacances à évangéliser la jeunesse chrétieone. De sinistres présages se faisaient seniir lorsqu*il se préparait à recevoir la prêtrise. Les nuages s'amoncelèrent a Tbonzoa politique, Torage éclata avant qu'il lût reçu le sacerdoce.

Quoique M. Bazin ne fût pas prêtre, il se trouvait atteint par les lois préventives; sa vie fut sérieusement menacée. Trahi par celui dont il devait attendre une généreuse protection , il fut condamné è la déporlaiioa; mêoie en prenant le chemin de l'exil, it fut poursuiri [lar la fureur des révolutionnaires , et exposé à de grands dangers. Il K* rendit à Jersey , où il fut ordonné prêtre, |vir révéque de Tréguier, le 25 novembre 179â. Il passa de là en Angleterre, oJ]l il tbercba, pour se rendre utile» toutes les occasions que lui suggéraient sa charité et fon ztîle. Kn quittant leur (latrie, la plupart des confesseurs de la foi se flattaient de la revoir bientôt, et n'avaient pris, pour la plupart, que très-peu de provisions : quelle io)friuEDe |H>ur eux, quand ils virent des années de troubles se succéder, et notre sainte religion, toujours proscrite comme Doe ennemie! Que de privations leur imposa ^ «^jour dans une terre étrangère, lorsque loute eoDHnunication avec la France était prohibée sous peine de mort. M. Bazin l'û'^sa tout son temps dans la lecture des Li« ^^ saints, des livres ascétiques. Les exercices religieux tenaient toujours le premier ^ng dans Tordre de ses journées : le reste

luT ^^°^^^ ^^^' employé à KéttKie de la «néologie et i la composition de quelques uisiruciions fiunilières.

Us piiis fougueux porsécttteurs de la re* ,.]^'^B avaient porté en France leur télé sur '^bafaud. Les autels de la Raison étaient wubés sous llBxécration et le mépris. Kn* 'wi. un concordat était passé à Paris, enlre ^ Mioleté Pie VU et Le gouvernement

français. C'était Tannonce de la délivrance et du retour des confesseurs de la foi, après neuf ans d'absence; ils en tressaillirent de joie.

M. Bazin exerça d'abord le saint ministère, en qualité de desservant à Saint-Pierre d'Entremont, puis k Claire-Fougère, ety futr pendant six ans, le modèle des bo*is curés ; tout dans sa vie honorait son ministère, édifiait le peuple, gagnait dosâmes è Dieu. 11 y laissa des souvenirs (]ui ne s'effaceroni jamais. Son éminente piété et ses connais*sances en théologie étant bien connues par M. de Boiscbellat , ce prélat le choisit pour diriger son grand séminaire, en qualité de supérieur. Il lut presque elfrayé du nouveau fardeau qui venait de lui être imposé. H. Bazin joignait à une élude solide de la théologie, la science des saints et la vertu des bons Brètres. Il se pro^Kisa toujours la gloire de ieu, et Dieu bénit ses entreprises. Sa charité san§ borne, son dévouement al>solu ob«^ tinrent des résullatsque d'hommes éminentsn'avaient pas obtenus. Il eut l'incomparable* talent de faire passer dans le cœur d'un grand nombre d'ecclésiastiuues, qu'il forma^ ce oui était dans le sien : I amour de Dieu,, le désir ardent de le faire connaître et d» sauver les Ames. Ses rapports avec les séminaristes furent toujours faciles et affectueux.

En 1807 , et longtemps après , lès. plaies faites à TÉglise par la Révolution étaient encore saignantes, beaucoup de paroisses étaient veuves, l'ignorance était extrême dans un grand nombre de localités; on demandait des pasteurs àgrandscris,c'étAilunequestioa de vie ou de mort. Il sembla à M* Bazin que dans un temps où rEnlise était en butte htantd'ennemis, il fallait proroptement mettre sur pied la jeune milice sacerdotale, et en^ voyer du renfort è de vieux prêtres qui combattaient toujours vaillamment, mais oui étaient épuisés par TAge et la fatigue. 11 fallut donc abréger les cotïrs ei présenter les SQJets èTimpositiondes mains de révèque,dèsqu'on les croyait en état d'instruire et de travailler avec succès dans le saint mmistèroi

On sait qu'après la restauration du cuUo catholique, de graves complications s'élevèrent entre le Souverain Pontife et le pou' voir temporel. Le schisme menaçait d'occu^ \>er les sièges de nos évèques,. et des bom* mes téméraires allaient jusqu'il prétemlro* que l'Eglise de France pourrait bien se passer de TEglise de Rome. Le sot tremblait dans toute la Franco, et le diocèse de Séez,. en particulier, éprouva de violentes secousses. La prudence et la fermeté de M. Bazin se firent remarquer dans cette eirconslance*. et il n'hésita pas de se montrer hostile h M. Boston, évèque nommé par l'emnereur, mais non approuvé par le SaintrSiége , et* qui voulut administrer le diocèse avec des pouvoirs du chapitre, ce qm étail en opposition avec le quairième coocMe de Latran ,. le deuxième concile de Lyon, et une décré* taie de Boniface Vlil, en' 1300. 11 ne crai-- $cnit pas un jour de dire ; « Aionseignetir,^

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quind TOUS serez en règle, ceux qui vous font le pins d'op(H)sition vous seront les plus dévoués. » La conduite de H* Bazin fut applaudie et lui attira la confiance de tous tes bons prAlres. L'année suivante* 1815» il fut nommé vicaire capitulaire; il accepta cette dignité avec son humilité ordinaire, comme un pesant fardeau* Il donna dans ce nouveau poste des preuves de son zèle pour la discipline ecclésiastique. Il recevait les piètres dans des retraites » pour retremper leur zèle et réchauffer leurs Ames : ses rap-

f)orts de douce et bienveillante charité avec e clergé du diocèse, son zèle, ses travaux, firent naître dans le cœur de tous les prêtres une profonde estime pour ses vertus, une grande confiance dans ses lumières et dans ses décisions.

On se rendrait difficilement compte des nombreux services qu'il rendit au diocèse de Séez pendant la longue vacance du siège. II fut l'ftme de tous les conseils, de toutes les entreprises; mais malgré son zèle actif, qui lui faisait consacrer le jour et la nuit au travail, sans prendre ni repos ni récréations, le diocèse de Séez souffrait de la privation de son pasteur, et M. Bazin, qui voyait mieux que personne ses besoins, gémissait plus profondément du long veuvage de cette Eglise. Le concordat conclu le H juin 181*7 semblait devoir faire cesser cet état déplorable. Des évAques avaient été nommés aux sièges vacants; les bulles d'institution furent aussitôt données par le Souverain Pontife. On en ressentit une vive joie; mais le ministre Laine, par des propositions inacceptables t détruisit toutes les ospéraqces conçues pour le bien de la religion. Les bulleâ expédiées de Rome furent retenues, une confusion désolante suivit le rejet du concordat.

Mgr Saossol avait été nommé à l'évèché de 9éez; (Quoiqu'il n'administrAt pas le diocèse, M Bazin se mit en rapport avec lui, et dès ce moment il ne prit aucune détermination importante sans le consulter, sans avoir obtenu son approbation.il se plaisait i signaler h Sa Grandeur le mérite de ses vertueux confrères, mais il ne négligea rien pour ètie déchargé des postes qu il occupait, et il lui lit les plus vives instances pour qu il les conflAt, selon lui, à de plus dignes.

Le Souverain Pontife, voulant mettre un terme h la désolation de TEglise de France, résolut de faire droit aux réclamations des évAques et de conclure un arrangement provisoire avec le gouvernement ft-ançais; c'est le 28 août 1819, que Pie VII donnait à lEglise de France cet éclatant témoignage de i»a paternelle sollicitude. Mgr Saussol fut sacrée Paris, et entra dans sa ville épiscopate le 30 octobre, où son installation eut lieu le jour même de la Toussaint, il y avait plus de huit ans que le siège était vacant.

Les vœux les plus ardents de H. Bazin furent accomplis. Il fut le premier désigné pour partager Tadministration diocésaine. Il fut d'abord chargé d'établir le grand et le petit séminaire, et de pourvoir aux besoin^s

de deux cents élèves qui se présentèrent dès la première année, 1820. Il accomplit très-prompteroent et sans ressources uns œuvre que personne n'aurait osé tenter.

Quoique continuant b diriger le grana séminaire, M. Bazin était toujours le principal conseiller de son évdque. Aucune décision de quelque importance n'étaU prise sans son avis; aucune œuvre administratiie ne se faisait sans sa participation. La plus grande partie des difficultés lui étdient soumises, et il puisait dans la connaissance pratique de la théologie, dans la droiture de sud esprit et surtout dans la prière, les ré(K)nses et les solutions qu'il convenait d'y donner.

La douce piété de H. Bazin lui avait fait toujours regarder les communautés religieuses comme des familles d'élite, propres par leurs prières et leurs saintes mortifications A arrêter les vengeances du ciel too* jours provoauées par les crimes des hommes. Le saint prêtre ne se lassait («s d*admirer leur vie tout angélique, leur joie dans leur

Ciuvreté, leur ardeur dans les austérités, ur confiance en Dieu dans les privations, leur patience et leur résignation dans les rudes épreuves qu'elles avaient h subir. Aussi ne négligea-t-il aucune occasion de leur être utile. Et quand le défout de doi était un obstacle pour quelques tilles à leur entrée en religion, il se chargeait de payci pour elles.

Les nombreux services gue M. Bazin rendait aux communautés lui avaient sooTeni donné occasion de gémir sur le sort de bonnes et vertueuses filles gui restent exposées aux dangers du monde, faute d*une dot suffisante pour être reçues dans une maison religieuse. Ijq désir de venir à leur secours avait fait nattre en lui la pensée de former une nouvelle association, ouverte, autant que possible, même aux vocations qui se présenteraient sans dot. Il examina ensuite quelle mission il pourrait confier h ces bonnes filles pour utiliser leur dévouement, sans nuire aux progrès des autres sociétés religieuses. La pensée lui vint de les cohmcrer au soulagement des malades et principalement des malades pauvres. Cette pensé» révélait à la fois une profonde sagesse et une ardente charité. Le soulagement des malades était l'œuvre la plus pressante et la plus propre h donner des consolations e(B* cacesa bien des malheureux, dans le moment où tout les abandonne. Quand il («Q* sait è tant de malades en proie è toutes les douleurs et souvent privés des secours les plus nécessaires, il sentait ses entraillM émues : « Combien de pécheurs, » disait la bon prêtre, « vont comparaître au jQgemaot de Dieu, sans avoir reçu les derniers sacrements, parce que ceux qui les entourent, parents ou gardes-malades, s*oceupeot onii* nairement plus du corps que de Tâme.

Combien de personnes accablées par le l^oi^i) du mal, se trouvent entre des mains saos expérience pour administrer les remèdes do C4>rps, sans goût, sans aptitude pour nroro* rer le soulagement d'esprit et deitBar: «Ct^

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Uil k oe double nul qu'il voulait apporter (Melqoo remède» en fondant la commiinaoté lie là Uisérioorde. Il pensait que des femmes |iteaseset dévouées, eiercéesd*avaoce h ces ourresde cbari té, pourraient rendre d*immeoses services, en concourant au prompt réublisseœent de certains malades et à la convMsioo4*uo grand nombre d*autres qui, faute à$ q*ielqnes naroles charitables, seraient tombés sans préparation entre les mains de la dirine justice. Dès Tannée 1818, M. Bazin iTiit fait une leiUative pour fonder TcBUvre de la Miséricorde , mais ses premiers essais furent sans résultat, sans doute parce qu*il D'aTsit |)as sous la main les éléments cnnvemUespour un établissement de celte nature. La succès d*ane association dépend » en ^ode partie, des premiers membres qui la cooiposent; pour qu'elle ait chance d'avenir et de prospérité, il faut k son début des sujeu d'éfite. Les grands talents ne sont \)às sécessaires, mais on a besoin de personnes d*ane vertu solide, judicieuses et versées (Uqs la connaissance pratique des obligations de Tétat religieui:; sans cela les fondements manaueroni de solidité et Tédifice s écroulera. C'est ce qu'éprouva H. Bazin dans cette première tentative. Les filles qui M présentèrent pour commencer son œuvre ce manquaient ni deboune volonté, ni d'une piété vraie ; il s'en trouvait même qui avaient uie certaine instruction, mais elles ne conoaissaient pas assez la nature et les devoirs deTét^n qu'elles voulaient embrasser; elles ne comprenaient pas que la profession religieu:>e consiste moins dans le nombre des exercices, que dans la mortification de la volonté propre et des inclinations de la nature. Aussi ne put- il s'opérer entre elles une rentable harmonie; les esprits se divisèrent et il fallut se séparer^

Dieu voulait apparemment^ selon les voies ardioaires de sa providence, mettre b i'é-

treuve la vertu du serviteur ode Dieu, liaaible supérieur ne se déconcerta pas , il 61 de nouveaux choix, prit plus de précautions et profita des divisions qui avaient interrompu son œuvre, pour rendre plus ciruMspectes les postulantes qu'il disposait b la profession religieuse. Dès l'année 1823, le jour de la Conception de la très -sainte Vierge, le pieux fondateur eut le bonheur de présenter h Mgr Saussol, cinq filles pauvres, qui prononcèrent entre les mains du prélat dans la chapelle de l'évèché les trois vœux ordinaires de religion , auxquels elles joutèrent la promesse spéciale de se consacrer au soulagement des malades. Elles furent ap))elées sœurs de la Charité, et elles (lorlèrent ce nom jusqu'en 1825, oiji, pour les distinguer des filles de Saint-Vincent de Pau), établies dans plusieurs villes du diocèse, le prélat voulut qu'elles fussent désignées sous le nom de sœurs de la Miséricorde. Telle iQt l'origine de cette congrégation qui a déjà rendu et qui est destinée à rendre tant de services è l'humanité souffrante.

La première règle que M. Bazin donna è WiWIcsfut des plus simples. Nesou{'çoa-

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nant pas Textension que devait prendre la communauté, le pieux fondateur ne s'était pas préoccupé des rap|)orts que les maisons particulières devaient avoir avec la maison mère, ni des règlements d'après lesquels ces maisons seraient gouvernées. Son but principal avait été de déterminer la nature et l'étendue des engagements des sœurs, leurs rapports avec les supérieurs^, leurs occupations principales, les vertus è pratiquer et les moyens de se sanctifier, soit dans rintérieur de la communauté, soH auprès des malades. La pauvreté, l'obéissance, la charité, la mortification des sens et des passions, étaient indiquées et reconmandées comme les fondements de cette vie de sacrifices , à laquelle ces pieuses filles étaient appelées.' Comme la plupart des fondateurs, M. Bazin profita de l'expérience pour enjoindre certaines pratiques, corriger certains abus»

lyouter ou retrancher selon le besoin.

La congrégation naissante prit un accroissement rapide. La pauvreté n'étant point un obstacle à l'admission des sujets, grand nombre de filles vinrent se joindre aux premières religieuses et rivaliser avec elles de ferveur et de dévouement. Pendant le jour elles travaillaient pour vivre, et à l'approche de la nuit, après un firugal repas, on les voyait se ré^iandre dans la* ville- et dans les campagnes d'alentour, pour soigner les malades, surtout ceux de la classe indigente, car on leur donne toujours la préférence.

Bientôt les villes voisines voulurent avoir part aux bienfaits de cette précieuse fondation. Partout on parlait des sœurs de la Miséricorde avec éloge , on citait avec admiration les heureui résultats obtenus par leurs soins pour le bien spirituel et corfiorel des. malades. On était surtout touché de leur désintéressement ; car le pieux fondateur, craignant que des vues d'intérêt n'altérassent l'esprit de charité qui avait présidé k son œuvre, voulait que leurs soins fussent* gratuits. Le même esprit 8*est conservé parmi elles; et quand les personnes riches ou aisées oflrent quelque chose, en reconnaissance de leurs services, la communauté Taccepte, non comme rétribution, mais seu^ lement à titre d'aumOne.

De toutes parts des demandes étaient adressées à M. Bazin, et il v satisfaisait autan» qu'il lui était possible; les conditions de l'établissement n étaient point un obstacle. Ces bonnes filles, a«)coutuméesà se contenter du strict nécessaire, et à s'imposer des nrivations, partaient sur l'ordre de leur Père et s'abandonnaient aux soins de la divine Providence.

h Sallait bien, au débuts se résigner h manquer de beaucoup de choses. Bans autre ameublement que les lits et le peu de linge fournis par la maison mère ; sans autres res" , sources que quelques, piiices de monnaie,. ^ données souvent parle bon supérieur, au moment du départ, on était loin de se trouver dans l'aisance en arrivant. Il se rencontra des cas où. l'on n'avait ni chaises pour s'asseoiri ni Uambeaux pour s'éclairer; mais co

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n'éUiit pas une raison |)hur se déconcerter; on en prenait joyeusement son parti; les premiers objets qui tombaient sous la main servaient de sièges » de tables ou de flanvbeaux; et avec un ameublement improvisé, dans les rbétives habitations qui servaient d'asile aux nouvelles venues, on goûtait plus de bonheur qu'on n'en eût trouvé dans de riches et superbes palais.

La Providence d'ailleurs prenait soin de récompenser la conOance absolue que ces pieuses filles lui témoignaient. Des personnes charitables 9 touchées d*un si grand désintéressement, leur venaient en aide; ces libéralités, jointes au produit de leur travail et aux dons que la reconnaissance leur offrait chez les malades, les tiraient de leur dénûiuent,et leur procuraient du moins les choses nécessaires à la vie.

Le pieux fondateur était heureux de voir son œuvre réussir au delà de ses espérances, et il n*é|)argnait ni veilles ni fialigues pour la faire prospérer de plus en plus. Malgré les soins multipliés que lui occasionnait sa double charge de vicaire général et de supérieur du séminaire, il trouvait encore du temps pour former à la perfection cette nouvelle ramille, dont la Providence l'avait rendu le uère et le soutien. Il lui fallait pourvoir à tous les besoins spirituels et temporels de la congrégation pour aider ces filles vertueuses, mais la plupart privées d'instruction , è chercher sous Técorce des mots de la règle les sublimes sentiments de charité, de dévouement et de sacrifices qui s'y trouvaient renfermés; M. Bazin composa deux petits ouvrages à Tusage de la communauté, un Manuel spirituel et V Horloge de la Passion.

La dévotion qu'avait te saint prêtre ant mystères de la vie souffrante du Sauveur l'avait porté à ranger, parmi les exercices journaliers de sa communauté, la salutaire pratique d'adresser à chaque demi-heure, une élévation du cœur ou une prière è Jésus souffrant. Rien n'était plus propre à entretenir dans les cœurs Tamour de Jésus -Christ et le désir de vivre constamment dans la sainte voie de la croix.

Pendant que M. Bazin travaillait avec uint de zèle à cultiver les vocations au sacerdoce et à la vie religieuse, les fameuses ordonnances de Charles X sur la presse amené-* reut les journées de Juillet, et la déchéance de la branche atnée des Bourbons. Cet événement inattendu, et les perturbations qui en furent les suites, exercèrent une pénible influence sur la sénté de Mgr Saussol, qui s'affaiblit bientût d'une manière sensible; sa vie ne devait pas tarder à s'éteindre. C'était •une consolai ion p<iur luidepouvoirse décharger sur M. Bazin d'une multitude d'affaires, et M. Bazin exécuta alors la promesse qu'il avait faite dans un autre temps, de sacnfier volontiers son repos et sa santé pour ménager des jours dont les t)esoins du diocèse réclamaient la conservation. Le prélat mourut dans la soixante-dix-septième année de son âge, le 7 février 1886. Personne ne sentit |)lus vive-

ment que M. Bazin le coup dont le diocèse fut frappé. Mgr Saussol Tavait toujoars honoré de son amitié et de sa confiance : confident de ses pensées les plus intimes, il finit presque de la même vie, et s*aisociait de cœur et d*action à toutes ses entreprises.

Bien souvent accablé sous le i>oids des affaires, M. Bazin avait souvent soupiré après des jours de tranquillité qui lai permettraient de vaquer plus souvent aux exercices de la vie intérieure, ses vœai furent satisfaits. Déliarrassé de radminislralioD diocésaine, M. Bazin concentra soo aciiyité sur les deux éiablissements dont il était chargé, le grand séminaire et la communauté de la Miséricorde, consacrant è la prière et aux autres exercices de piété tuut le temps qui lui restait après l'accomplissement de ses devoirs. Mais il devait être blessé bientôt dans ses nlus tendres affections.

Mgr Jolly, nommé è l'évéché de Séez, fut installé le 8 septembre 1836, jour de la Nativité de la sainte Vierge. A peine avait-il pris possession de son siège, qu'il confia à d'autres mains le gouvernement de sou grand séminaire sans qu*il eût songé i prévenir et à préparer M. Bazin è cette mesure. Celui-ci fut bien plus étonné encore quaod on lui apprit, quelques jours après, que la direction de sa communauté lui était aussi retirée, et qu'un prêtre, jusqu'alors étranger au diocèse, était appelé à le remplacer. Il fallut une vertu aussi robuste que la sienne pour voir accomplir de (lareilles mesures sans murmurer. Sa résignation fut parbite. sa soumission sans réserve, son respect pour les volontés de son évëquc, religieuiei inaUérable.

Ces diverses épreuves firent briller d'un plus vif éclat la vertu de l'homme de Dieu, Le nouveau directeur de la communauté ne lut pas goûté; les sœurs avaient vu, afce une peine difficile è rendre, s'éloigner uo ancien conîesseur de la fol, un vénérai) e prêtre, dont la tète avait blanchi au service du diocèse, et dans les plus hautes charges de l'administration; un Père enfin auquel* après Dieu, chaque sœur se croyait redevable d'un trésor qu'elle chérissait plus que sa TÎe, de sa vocation à la profession religieuse. Le bon Père saisit cette occasion pour ra|»-

Iieler h ses Filles la conduite de la divine Providence, qui nous témoigne son amour dans les épreuves; il leur recommanda mii^ patience inaltérable, et une (larfaite soumission aux volontés du Ciel , manifesti^s par la voix de l'évèque et de ceux qu*ilass<H ciait à son autorité.

Il s'absenta de Séez pendant quelque temi^^* Nombre de prêtres se disputèrent le bon* heur de l'avoir quelques jours auprès d'eux. Dans toutes les occasions il exhortait y^^ chères Filles h bénir la main de Dieu dan» 2eurs communes épreuves. Un jour se trouvant h Alençon, il adressa à sa commuiiaulé les paroles suivantes qu'on a conservées avec un religieux respect : « Vous sa^eit nir» chères Filles, tout ce qui s'est |*a$sé; Dieu

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