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cet arrangement procura à la communauté, ce fui le bonheur et Tiv^esse d'une l'aniille désolée qui retrouve un père dont elle se croyait séparée pour toujours. Quant à M. Bazin, on le vil renaître lorsqu'il se trouva, comme autrefois, entouré de sa chère famille. Plein d'un nouveau zèle, il se remit à cultiver ce petit troupeau, objet de ses affections, fruit de ses longs travaux et de son inépuisable charité.
Pendant que le vénérable supérieur entretenait, par ses instnictions, par ses fréquents rapports avec les sœurs, les novices, les
Iiostulanles, le feu de la charité au sein de a congrégation, le nouveau directeur travaillait aussi de son côté à consolider l'œuvre du fondateur, en expliquant aux sœurs et aux novices le catéchisme du diocèse, cl en s*efforçant de leur ntontrer la haute perfection qu'elles devaient atteindre. Il rendit surtout à la communauté un immense service en orijanisant deux classes dans le noviciat, et faisant donner è des heures réglées des leçons de lecture, d'écriture, de gram* maire, de calcul, afin de préparera la commaqaulé des sujets capables de lui rendre de véritables services, et de remplir les tins de Tinstilut, but qu'elles n'auraient pu atteindre, si elles étaient restées sans instruction.
Une amélioration importante opérée par Mgr Jolljr avait été de fonder dans la mai>oti de Séez, par ordonnance du 8 novembre 183G, une direction générale dont tous les établissements devaient relever. Celte mesure était indispensable pour unir les divers établissements et les attacher à la maison mère. Un conseil général fut chargé du gouvernement de toutes les maisons. Ce conseil fut composé de cinq membres : une supérieure générale, une assistante, une maîtresse des novices et deux conseillères. Le prélat nomma à toutes ces charges pour la première fois. I^ durée des pouvoirs fut tixée à trois ans. Trois ans après le prélat sollicitait auprès du gouvernement la reconnaissance légale de la Miséricorde; sa demande fut bien accueillie et la maison de Séez fut autorisée par ordonnance royale du 13 octobre 1839, sur la déclaration faite par les 3œurs qu'elles adoptaient les statuts approuvés le 13 janvier 1827, (»our la congrégation des sœurs de Bon-Secours, qui se vouent nu service des malades, établie à Paris. Mgr Jolly conçut le projet d'un nouveau! règlement plus en rapport avec les besoins de la congrégation. On prit des documents dans les règles et constitutions des sœurs de Bon- Secours. Un homme rempli de re<prit de Dieu, d'une grande expérience et profondément versé dans la connaissance des devoirs de la vie religieuse, le R. P. Debrosse, de la Compagnie de Jésus, fut chargé de dresser ces nouveaux statuts. La nouvelle règle, sanctionnée par Monseigneur, fut mise en vigueur le jour de l'AssuDiption de la sainte Vierge 1842, Un moyen très-efficace qu'emplova Mgr Jolly pour faire goûter la nouvelle rè^le fut d'appeler des religieux pour don-
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DICTIONiNAIRE
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nor des retraites h la communauté; il fallait établir une discipline plus sévère, un plus grand respect pour la règle» une plus grande tidélKé h la pratique de Tobéissance reli* gieuse. Or cette exacte discipline, cette religieuse régularité « cette fidèle obéissance dans li^s plus petites choses, qui multiplie les mérites en sanctifiant toutes les œuvres, personne n*e$t aussi propre h les faire pénétrer dans Tesprit dés sœurs, à les leur faire goûter et pratiouer, que des hommes voués eux-mêmes à I obéissance, accoutumés au joug de la règle et pratiquant ce qu*ils commHudcnt aux autres.
Le vénérable M. Bazin n*éprouvait d'autre désir que de voir prospérer son œuvre et était heureux de voir le bien qu'elle opérait dans un grand nombre de localités ; en fondant sa communauté, le saint prêtre était loin d'en prévoir les prodigieux accroissements. Son intention avait été de réunir autour de lui une famille spirituelle, coraposéedefiUes pieuses etdévouées; de lesexercer aux pratiques de la vie chrétienne et religieuse, en les appliquant selon leurs forces au soulagement spirituel et corporel des malades, surtout des malades pauvre.s; mais il ne soupçonnait pas qu'en peu d'années et sous ses yeux sa communauté se répandrait sur quatre diocèses, dans quinze établissements; et quelle aurait besoin, pour se maintenir dans la ferveur et accomplir dignement sa mission, d'une organisation presque semblable à celles des ordres religieux proprement dits.
Le ftrdeau devenant trop lourd pour un vieillard toujours brûlant de l'amour de Dieu, mais dont les facultés et surtout la mémoire diminuaient de jour en jour, Monseigneur donna plus d'étendue aux pouvoirs de M.Durand, afin qu*au besoin, et tout en conservant un profond respect pour les volontés du vénérable fondateur, il pût prendre les mesures néce>saires aux intérêts de la congrégation* Mgr Jolly fut transféré h l'archevêché de Sens, dont il alla prendre possession au commencement de l'année i8kk.
Le vénérable prélat fut vivement regretté de la communauté de la Miséricorde pour les sages réformes qu*il ][ avait introduites.
Mgr Rousselet fut installé le Carême suivant. Dans toutes les occasions qui se sont présentées, ce prélat a montré le plus vif intérêt à cette congrégation, il a com|)lété très-avantageusement les utiles réformes duos à son prédécesseur, en approuvant l'admission des sœurs converses destinées à aider les professes , à se livrer aux soins temporels et aux travaux extérieurs. Par cette sage mesure, en donnant d'utiles auxiliaires aux sœurs professes, il a facilité rentrée de l'établissement à de vertueuses filles propres h devenir de ferventes religieuses et à rendre de véritables services, tandis qu'on aurait eu la douleur de les ren^ voyer faute d'instruction ou d'autres qualités, si on n'avait eu à leur confier ces modestes emplois.
Dc))uis que des diverses modifications
avaient été apportées aux constitutions de la Miséricorde, M. Bazin sentit qu*i1 devait s'effacer peu h peu |X>ur laisser agir plus librement le directeur et le conseil, désormais plus en état que lui de gouverner dV près les principes de la nouvelle règle. Sans renoncer à la charge de supérieur , il liorna son action à donner quelques encouragements, à sanctionner le bien qui s'o\)érBit, et à faire descendre par ses prières les bénédictions du ciel sur sa chère faaiille. Ce fut pour lui Toccasion de réaliser le vœu
3u'il avait tant de fois exprimé , de passer ans le recueillement et la prière les dernières années de sa vie, afin de se pré|>arer è rendre compte è Dieu des actes de sa longue carrière. Cette partie de sa vie ne fct pas moins édifiante; elle a été remplie de vertus, qui, pour avoir été cachées , ne turent pas moins dignes d'admiration.
Il vécut entièrement étranger aux choses de ce monde; à peine s'anerçnl-il de la chute de la royauté de Juillet; il ignorsit presque qu*il vivait sous une république, ou sous l'empire. Les révolutions s'accoin* plissaient, les dynasties passaient, les l^^nés s'écroulaient sans qu'il en fût ému, tant était grande sa confiance en la Previdence. « Que sa volonté soit dite, » disait-il souvent, « Dieu nous aime, il connaît nos besoins, qu'avons-nous è faire, si ceneside nous abandonner h sa conduite^» 11 s'entretenait constamment avec Dieu; il priail, lisait, méditait, et les moments lui paraissaient courts ; il était avare de son tem|v< comme aux jours oi^ toutes les alTaires da diocèse et la direction d'un établi^sement nombreux se réunissaient pour Taccablcr.
La prospérité de sa congrésalion lui causait une grande joie; il était heureux de voir arriver les jeunes aspirantes, destinées \ )>eupier bientôt ses divers établissements, mais il .se contentait de prier pour sa famille et de l'édifier par Texemple de ses vertus, et comme si les longues lieures qu'il o.oii>acrait h des exercices de piété n*eussent pas été.sulTisantes, il priait encore en allant d*un lieu dans un autre.
Il avait la sainte habitude de faire tou< les jours le chemin de la croix. Cette 8|M*1^ cation journalière i suivre les traces .^^nglantes de l'Hommc-Dieu, le coour |)énétré et souvent les yeux mouillés de larme^ » avait excité dans Tâme sensib'e do M. 1^^zin un plus ardent désir de suivre son «ii^i^i Maître dans la voie do la croix; la muriiii* cation avait été d'ailleurs |>endant sa v-e une de ses vertus les plus iamilières.
Il ne connut jamais des jours de trêve* nt de moments de re()Os et de délassement; jamais il n'avait pris de récréation. A i^ine son repas était uni qu'il se remettait au travail pour ne le quitter que le soir, et quel quefois il le prolongeait fort avant daiisi^ niiit. Au séminaire, comme à la Miséricorde, pendant longtemps il ne fit qn'un repas \>dT jour et une légère collation le soir; il ^^ prima même cette collation pendant p'u^ sieurs années et se contenta d*UQ siiDi^i
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DES ORDRES RELIGIEUX
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iJIaer; il araîl un seul plal i sa table, du buMif bouilli.
il n*esl pas genre d*infortnne que H. Bazio n'eût cherché à soulager. L'exercice de lâchante, la pratique de Taumône étaient pour lui une habitude et un besoin. La plupart des Tielllards craignent de manquer du nécessaire dans leurs derniers jours, le saiot prêtre ne redoutait qu*une chose, c'était qu on trouvât chez lui quelques pièces de monnaie; il se serait fait un reproche délaisser une misère à soulager* une douleur à calmer, une larme à sécher, quand il pootait rendre quelques services : les nécessités des pauvres lui faisaieut oublier tes propres besoins.
Il conserva toujours la plus grande sim-
fieité dans toutes les choses qui étaient son nsage, soit pour ses habillements, soit pour ses meubles, soit pour son logement, f4rce qu'il ne com|)renait pas qu^après aroir renoncé au monde on conservât queloue attrait pour tout ce qui pouvait avoir tie Téclat et de Tostentation. Pendant qu*il était supérieur du séminaire, il ne cessait d'adresser aux jeunes clercs des recommandations pour leur faire aimer cette simplicité. Dans sa communauté il avait fait les prescriptions les plus sévères.
Les réformes opérées dans la congrégation de la Miséricorde furent une des sources de son aflfermissement et de sa prospérité intérieure. Une des premières supérieures qui contribua à obtenir cet heureux résultat fut Rose Sarmé, 6lie d'un jugement droit, douée de toutes les qualités du cœur propres k lui gagner la contiance; sa direction fut douce et maternelle. Elle mourut k Poitiers dans le cours de ses visites, le 13 airil IU2. Deux personnes lavaient puisummeot aidée dans son gouvernement : la sœur Augustin Michel, avec le titre de vicegerante, et la sœur Marie-Ro&e Foulard , BuUresse des novices. Cette dernière fut •nIeTée, le 11 janvier 1859, aux affections de la communauté è laquelle elle rendait d'importants services par son esprit, ses talents, Texemple de ses vertus et raménité de son caractère. Après la mort de la sœur Rose Sarmé, les i^uffragcs de la communauté appelèrent k la charge de supérieure générale Vancienne vico-géranle, la sœur Augustin Michel; la plupart des améliorations •opérèrent sous son gouvernement et depuis sa nomination jusqu*au moment où BOUS traçons ces lignes, novemLire 1856, la direction générale n*a pas changé.
Peu de temps avant sa mort, M. Bazin Hait eu comme un pressentiment de sa tin prochaine; il ne voulut plus s'occuper que de Dieu et de Tespérance de le voir dans le ciel. Sans avoir aucune maladie caractérisée, il tomba dans un assoupissement qui perçoit a peine de lui administrer les derniers tacraments. Il rendit son flme k Dieu le 15 novembre 1S55, k l'âge de quatre-vingt-huit *n$, sept mois. Quoique la vie du vénérable fondateur se fût éteinte par degrés, la nouvelle de sa mort fit couler beaucoup de lar-
mes; on se rappelait avec attendrissement ses admirables vertus , son émaientc piété, son mépris du monde, ses aumônes abondantes, sa mortification de tous les instants. Le corps de M. Bazin fût embaumé, puis exposé k la vénération des fidèles dans une chapelle ardente pendant quatre jours. Il y eut un cqpcours continue! ae personnes de tout âge, de toutes conditions, attirées par Toileur de ses vertus. Les anciens se rappelnient les longs et importants services qu*il avait rendus k la religion, les pauvres pleuraient un bienfaiteur. Le public éprouvait la même confiance que les sœurs : on se sentait plus porté k réclamer les prières du vénérable prêtre qu*k demander le repos de son Ame, qu*on croyait envolée dans le sein de Dieu et jouissant du bonheur des saints.
Depuis les funérailles de Mgr Saussol jamais il n*y eut autant de pompe ni un clergé plus nombreux. Une partie des prêtres qui n'avaient pu assister k Tinhumation, se fit un devoir d'assister au service funèbre qui eut lieu huit jours après. Celait un juste hommage rendu aux vertus de M. Bazin, au zèle qu il avait déployé, aux services qu*il avait rendus au diocèse pendant près de trente années ; il l'avait peuplé de bons prêtres, auxquels il avait communiqué son amour pour Dieu et son désir du salut des Ames. La congrégation qu'il a fondée, et sur laquelle la Providence a déjk répandu tant de bénédictions, sufiirait pour perpétuer sa mémoire.
Cette nouvelle association est destinée k répandre de nombreux bienfaits et k rendre des services précieux k toutes les familles. Plus que toute autre elle renferme des éléments d'avenir et de prospérité. Le plus grand nombre de ieunes filles qui se présentent pour entrer dans une maison religiease appartiennent k des familles honnêtes, mais sans fortune, ou à des parents qui se feraient un reproche d'employée une partie de leurs revenus k favoriser leur vocation; c'est un malheur ou une injustice; voilk pourquoi il y a tant de jeunes f>ersonnes qui sont privées de suivre leur attrait pour la vie reli- Î pieuse ; voilk ce qui explique aussi pourquoi es vocations aflluent k la Miséricorde, ou ta dotation n'est pas une condition de leur admission, et où la porte est ouverte k presque toutes les filles qui se présentent avec les qualités requises pour remplir les fins de Tinslitut.
Les services, si précieux et gratuits que reçoivent des sœurs les paroisses, rendent faciles des établissements qui n'imposent d'ailleurs que de faibles sacrifices aux com* munes; car, en n^etlant de cêté l'intérêt matériel et la sécurité que la présence d'une sœur offre oux familles, surtout dans ces moments douloureux où la mort laisse souvent une maison tout en désordre; de quel intérêt n'est-il pas pour un malade d'avoir une sœur k ses côtés? Quel Avantage ne lire-t-il pas de ses soins assidus, de son expérience, de ses altcntipus, de sa vigilance,
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niGTIONNAmE
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lie son eiaclitude dans Tapplic^ation des remèdes indiqués (>ar l'homme de Tari? On sait combien de malades succombent par l'imprudence des personnes qui les entourent et par remploi des dangereuses recettes vantées par l'ignorance et exploitées par la crédulité.
Au point de vue religieux surtout, quelle est la famille qui ne veuille, au moins dans les grands dangers, procurer h ses membres les remèdes de TAme et les consolations que TEglise offre à ses enfants. Et dans ces moments décisifs, que de secours rendus parla sœur de la Miséricorde! Combien d'hommes indifférents sentent leur foi se ranimer et leur cœur s'enflammer auprès de ces anges de la terre 1 Combien de cœurs durs, intraitables, ont cédé aux insinuations de leur charité 1 Les personnes pieuses ont besoin elles-mèmesdètresuutenuesetfortifiéesdans ces pénibk's circonstances; fut-on un saint, on désirerait avoir un saint à ses cdtés pour recueillir de sa bouche quelques paroles d'encouragement. Faut -il s'étonner si on désire dans les paroisses former de fiareils établissements, se procurer de pareilles ressources, de si puissantes auxiliaires} Ajoutons h cela l'impression favorable que le dévouement des sœurs produit dans tous jos lieux où elles sont établies. Leur vie entière, jusqu*À ce que leurs forces soient épuisées, se passe dans l'exercice de ces pénibles devoirs de la charité. On les voit souvent passer deux« trois ou quatre nuits de la semaine sans témoiirner ni ennui, ni répugnance. Viennent les maladies contagieuses, les fièvres pestilentielles, le choléra, elles bravent le danger; elles sont partout où les appellent les pauvres malades; elles oublient le danger qu'elles courent pour multiplier les secours et les consolations. C'est le touchant spectacle qu'elles ont donné à TAigle, h Mortagne, au Mans et ailleurs. Lorsque, il y a quelquesannées, une maladie épidémique régnait à Poitiers, les sœurs ne sufllsaient plus pour soigner les personnes atteintes, on fit appel à Séez, au dévouement des sœurs et des novices ; trente personnes se présentèrent iK>ur partir; il n'j eut que l'embarras du choix. Plusieurs furent victimes de leur charité, mais le lendemain un nombre égal avait répondu è un nouvel appel. L'héroïsme de ces sacrifices, et le bien sensible opéré par la charité des sœurs de la Misérioorae, a fait sentir le besoin de voir leurs maisons se multiplier, et c'est ce qui s'accomplit.
L'intérêt tout particulier que les sœurs portent aux malades pauvres, ou plutôt la préférence Qu'elles leur donnent, suivant les intentions au digne fondateur, ne contribue pas peu à leur gagner la confiance de tout le monde, et è leur assurer la protection des administrations et des personnes bienfaisantes. Plus elles montrent de désintéressement, plus on croit qu'il est convenable de les aider à remplir leur sublime mission. Un homme riche, d'une ville remarquable, conseiller municipal , se présenie à la commu-
nauté , et prie la supérieure d'envoyer cbex lui une sœur, pour passer la nuit près de >n femme qui est malade. Tout examen fait, la supérieure lui exprime le regret de ne])ouvoir le satisfaire. — « Comment sa foit-il que madame la supérieure n'ait pas une sceor pour Mme N...? — Cela vient. Monsieur, de ce que nous avons à soigner trop de malades pauvres; presque toutes nos sœnrs y sont occupées. » Le conseiller iDunici()al se retire ému et en murmurant. Cependant, rentré chez lui, réfléchissant sur la conduite do la supérieure et sur la sienne, il s*af)erçoit que ce n'est pas chez lui que se trouvent les sentiments les plus généreux; peu à peu le mécontentement fait place à l'admiration, et dans une séance du conseil munici|)al il fait une motion pour obtenir un surcrdt de secours aux sœurs de la Miséricorde, afin de les indemniser du temps qu'elles consacrera et des charitables services qu'elles rendent aux malades les plus fwuvres et les plus délaissés. Les mêmes impressions, suivies de$ mêmes résultats, se sont souvent renouve* lées ; Dieu s'en est servi pour féconder ceUe œuvre qu'il avait inspirée, qui contribuera k le faire gloriOer et è perpétuer dans la mémoire des hommes le souvenir de l'un des plus humbles et des plus fidèles serviteur» de Dieu.
Voici, d'après l'époque de leur foudation, les divers établissements que possède la communauté de la Miséricorde.
A Séez, maison mère en 1823 ; k Alençon, en 1825; k Toulouse, en 1828 ;k Horta^^nesur-Huisne, en 1829; k Vimoutiers,en 1830; k Tonchebray, k Poitiers et k Vire, en 183^; k Felers (Orne), en 1835; au Mans, k Mamers et k Condé-sur-Noireau, en 1836; k l'Aigle, en 1837; k Argentan, en 1842; k Lisieut, en 18i6; k Baveux, en 1856. Les conditions de cette dernière fondation avaient été faites dn yivant de M. Bazin, quoique rétablissement lirait eu lieu qu'après sa mort.
La congrégation compte dans son sein deut cent quarante sœurs et soixante-quinze no* vices on (ostulantes; mais il en faudrait beaucoup plus pour remplir les vides, |H)ur satisfaire aux demandes qui sont adrei^sées de toutes parts.
Nous n avons rien dit dans cette notice. de peur de lui donner trop d'étendue, de toutes les instructions que M. Bazin adrev sait si fréquemment aux membres de la con-
frégation pour les former aux vertus et à esprit de leur état, pour les pré|Mirer i I )<D' portante mission qui était l'objet de leur vocation, et pour les soutenir dans racromplissement de devoirs toujours si pénihi'*'* souvent dégoûtants, bien des fois dan* gereux.
Il rappelait souvent aux sœurs de ia ^n* aéricorde l'excellence et les avantages <)« soin des malades, et ce qu*ellas avaient a faire pour bien s'en acquitter. 11 leur tal^atl comprendre que c'était un bonheur \^*^^' elles d'avoir été choisies pour se dévouer i cette œuvre de miséricorde, qu'il faut (^^f^ter Quelquefois jusquk l'héroïsme pul^«ltl*'«
tts 0UI)1;ES ulligit ux.
(Tjpres Notre- Seigneur Jésus - Cbrtbi luimême, il regarde comme fait à lui-même ce quon fait pour les pauvres, qui sont ses otembres. Fuis il leur rappelait ce que dit Jésus'Cbrist de la récompense promise, au dernier jour. «Si ceux»»aioulait-ily«<qui n'auront fait que le yisîter dans la personne de quelques ojaladês doivent entendre , devant
I univers assemblé, ces consolantes paroles : Ifff^i, les bénis de mon Père, car fat éléma» iode Hvoui tnavtx visité (Matih. xxv, 34, 36)» quel accueil ne fera-t-il pas» quelles exprnssions de tendresse u*adressera-t-ii ^s à celles qui auront faitleur occupation continuelle de les visiter, de les assister, de les consoler, de (es exciter à la patience, au regret de leurs butes, k l'amour de Dieu; de les portera souffrir leurs maux en esnrit de pénitence, à unir leurs souffrances è celles de Notre- Seigueur Jésus-Christ. » Il leur disait que, oootiouant Tœuvre de Jésus-Christ sur la terre, rien n'était plus noble, plus glorieux pour elles; que Notre-Seigneur était conti- Dueliement occupé à soulager des malades; qu'il allait de préférence chez les pauvres )Niur les secourir.
Il leur mettait devant les yeux les services sans nombre qu'elles rendaient aux malades, que leur charité, leur désintéressement, leur dévouement préparaient à profiter des morens de sanctification qu'un zèle indus« tfieax et prudent saurait leur proposer.
II leur faisait entrevoir l'heureuse perspective de pouvoir mourir martyres de la chanté. « Quels vœux tous restent-ils k former, » leur disait encore ce digne supérieur, « de mourir de la mort des justes? L<(>érez, mes chères filles; espérez cette précieuse faveur, puisque Jésus -Christ |lfa/(A. T. 7) a promis de Caire miséricorde a ceux qui auront exercé la miséricorde envers les autres. Et s'il est dit de l'aumône rorforelle, qu'elle est assez forte pour emi^'her ceux oui la nraliauent de tomber i>n enrer, que sera-ce oe tant d'actes de charité <iaiis lesquels votre vie se sera consumée? »
Il réduisait h six les qualités qui devaient M^mpagner le soin des malades : un zèle iiifaii^ble, une compassion affectueuse, une graotiedouceur, une patience k toute épreuve, une vigilance continuelle, une charité infatigable et que Bien ne devait rebuter, (1)
UISÊRICORDE (SoeuAS db la), d Montréal.
Les Sœurs do la Miséricorde, appelées aussi Sœurs de Sainte-Félagie, ou Sœurs do (a Ifalernité, ont pour vocation d'assister, dans leurs maladies, les personnes enceintes, tant pauvres qu'aisées, mais plus particulièrement les pauvres. Les sœurs reçoivent chez elles 1rs femmes en couches, ou elles .^6 transportent k domicile, lorsqu'on les en requiert. La fondation de celte communauté date de 1848, et elle fut alors érigée canoniquemeot par mandement de Mgr Bourget, à la date du 16 janvier. Mme veuve Galipeau fut la première supérieure de cette œuvre si Fil ommandable, qui remplace, près des femn»A^ en couche^ la vénalité par la piété. Les
0) *©^ à la fia du vol., n"« liO, 1^7.
premières religieuses qui embrassèrent cette œuvre furent Josephte Malo, veuve Galipeau, dite sainte Jeanne de Chantai, supérieure; Rosalie Jette, dite la Nativité; Sophie Rajrmond, ditedeSaint-Jean-Chrysostome; Lucie Bonotte, dite de Saint-fiéatrix; Justine Filion, dite do Saint-Joseph; Adélaïde Sauzon, dite de Sainte-Mario d'Egypte, et Lucie Courtois, dite de Marie des Sept-Douleurs.
La communauté comptait, à la fin de 1853, dix professes et cinq novices ou pantulantes; elle avait recueilli quatre Madeleines ou repenties. Dans l'année, elle avait soigné auatre-vingt-cinq malades à son hosoice, et deux cents à domicile.
Grflce aux nobles inspirations du vertueux évôifue de Montréal, et à l'infatigable charité des catholiques do la cité, un magnifique édifice, appelé Maison de la Maternité^ a étéconstruit par les Sœurs de Miséricorde. On y trouve toutes les précautions délicates, tons les soins attentifs pour sauver l'honneur des familles, et surtout pour éloigner le crime affreux de l'infanticide. Qu une personne placée dans cette situation critique se présente à la supérieure, elle est reçue et entretenue dans l'établissement pendant les mois qui précèdent et suivent sa délivrance, à la condition de rembourser les dépenses occasionnées par sa maladie. La nécessité s'oppose encore è ce que ce service soit fait gratuitement. On ne demande à la malade, ni son nom, ni sa condition, ni nul renseignement capable de la trahir; et la charité respecte jusqu'au scrupule le mystère de ces hdtes de passage. Mais toutes ces précautions , prises nour sauver l'honneur de la femme coupable, ne sont qu'une faible partie de la tache que s'impose la charité des Sœurs de la Maternité. Ces vertueuses dames travaillent à prévenir le retour du mal en s'appliquant à guérir le cœur, qui en est la source. Elles soumettent donc doucement ces Madeleines à un règlement de vie calculé de manière h les faire revenir de leurs déplorables ég;arements; et, grâce aux Ingénieuses inventions de la prévoyance chrétienne, l'honneur de nombreuses familles a été sauvé, des centaines d'enfants ont été conservés à la vie et an baptême, et les victimes d'une uremière fiiute ont été préservées de nouvelles chutes. L'école philosophique et protestante ne manque pas de dire qu une semblable institution favorise le vice, aussi bien que celle des tours pour les enfants trouvés; mais les économistes disent de même, que l'aumône développe la mendicité comme la moralité dans le mariage propage la misère; et, dans l'utopie de ces visionnaires antichrétiens, il faut commencer par extirper les vertus do la terre, afin d'en Ater la cause des crimes et de la pauvreté.
Nous ne dirons pas que le Canada est le premier pays où l'on ail eu la pensée charitable d'ouvrir un hôpital spécial pour les femmes en couches. Depuis le xvi* sièclo, Rome Va jirécédé dans cette voie, et il en Qbi ainsi de la plupart des institutions, dont
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d'autres peuples s*aUribuent sourent Thonneur. Le centre de la chrétienté a été le foyer où s*est allumée ta bienfaisance catholique pour rayonner ensuite dans le monde entier. Ainsi, pour ne citer que quelques faits, le premier hôpital de 1 Occident fut élevé, à Rome, au iv* siècle; le premier asile ouvert aux enfants trouvés fut celui du Pape Innocent III, en 1198; Thospice des convalescents, fondé par saint Philippe Néri, en 1548, a précédé de deux siècles et demi celui de la Samaritaine^ que les Anglais ont cru inventer en 1791. Le mont-de- piété est une création papale du xv* siècle; les refuges de Repenties, les maisons de protection pour les jeunes fitles, sont des inventions romaines; et, enfin, le système cellulaire était appliqué, dans des 'prisons de Rome, par le Pape Clément XI, dès 1707, c'est-à-dire, 69 ans avant Térection de la fameuse maison de Gand, laquelle a servi de modèle aux prisons des Klats-Unis. Cela n'empêchera pas les Américains de faire honneur k leur république et au protestantisme des deux variétés de régime pénitentiaire, qu'ils ont décorés du nom de système d*Auburn et de système de Philadelphie.
Au XVI* siècle, le cardinal Antoine Salviati donna des biens à l'hôpital de Saint-Roch pour y recevoir gratuitement les femmes en couches, et, en 1770, le Pape Clément XIV consacra exclusivement l'hôpital à ce service. Les femmes, sur le point d*ètre mères, y sont admises, comme à Montréal, sans qu*on leur demande ni leur nom ni leur condition, et on en a vu conserver, pendant un ou deux mois, un masque sur le visage.
IDes inaiiMions de bienfaisance publique à iome, par Mgr Morichini, traduit de l'italien, par E. de Bazelaire, Paris, 1811, p. 57; Les trois Rome^ par l'abbé Gaume, t. Il, p. 379, Paris, 1847.) Le Canada a donc été î»récédé par la ville éternelle dans la création d'un hôpital pour les femmes en couches, et c'était là un noble modèle à suivre; mais où nous croyons que Montréal a l'éclatant mérite de l'invention, c'est dans la fondation d*un institut religieux spécial pour l'œuvre de la maternité. A Rome, les malades de l'hôpital Saint-Roch sont soignées ))ar des sages-femmes et des servantes que ne lie aucun vœu de religion; et si déjà les Souverains Pontifes ont emprunté à la France les sœurs de Charité pour la visite des pauvres à domicile, peut-être le Canada aura-t-il un ionr \n gloire de fournir à Rome ses sœurs de la Miséricorde, comme il dote l'Amérique du Sud de ses sœurs de la Providence. On compte dans cette maison 10 religieuses professes, 3 novices, 2 postulantes, k Madeleines, 28 malades. Elles ont soigné 89 malades h rhospice, et 200 à domicile. (1)
MISÉRICORDE (Soeurs de la), établies dans la ville de Caen^ diocèse de Bayeux,
Depuis longtemps M. Beancès, curé de Notre-Dame, préméditait le moven de pouvoir réussir dans un projet d'établir une communauté en faveur de la classe ouvrière
(I) Uy. a la An du vol. n«« 158 Itft.
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qui pourrait leur donner des sœnrs en qualité a'infirmières, et les soigner jour et nuit jusqu'à ce qu'ils fussent entièrement rétablis, et de joindre h cette même communauté une salle aasile qui pourrait recevoir leurs en* fants le malin et les earder pendant le jouri afin qu'ils fussent libres de gagner leor existence.
En 18(^0, il en parla à Monseigneur, qui ap[)rouva ses résolutions et le seconda au* tnnt qu'il put par ses conseils. Il résolut pour la réussite de cette entreprise nui n'avait aucun bien pécuniaire, d'établir un conseil séculier qui prendrait soin d'écar* ter et d'éloigner tout ce qui pourrait nuire à la naissance de cet institut; quinze bons propriétaires de la ville furent élus par Monseigneur pour les cinq premières années.
Dans leur première réunion, ils délibéraient qu'il fallait faire des souscriptions |)our pouvoir réussir dans leurs entreprises, ce qui eut lieu; on en Ot une pour deux ans. Dans cette première démarche, on tii une recette considérable; on acheta dans la ville une vieille masure, impasse de Carmélites, rue des Jacobins. De ces vieux débris on en fit construire un bâtiment appro- ])rié pour communauté et salle d'asile. On choisit quelques pieuses Biles de la ville que l'on savait avoir de Taltrait pour ce genre de vie. Elles furent au nombre de six. Avec permission de Monseigneur, on les envoya pour se former à la couimuriauté de l'Hôtel-Dieu de Caen. Elles passèrent là une année; au bout de ce temps elles reçurent le saint habit religieux des mains Hk Monseigneur, qui leur fit faire au mênie instant des vœux pour deux ans, n'osant engager pour plus longtemps des jeunes cœurs dans une nouvelle carrière qu'elles ne connaissaient pas, et dont on doutait de la réussite. Cela fait, elles restèn^nt encore six semaines au milieu de leur blet iiimne Mère. Pendant ce temps oo élut entre les SIX aestinées pour le nouvel institut, des officières |)our un temps plus ou inoin< long, selon le jugement du très-bonorabta supérieur.
Les six semaines écoulées, elles furent envoyées à leur maison et y entrèrent la ^ mai 18U, è six heures du matin. EH^^ y furent reçues par Monseigneur, Q«»
leur fit une petite instruction, confirma les oflicières dans les élections qui avaient été faites précédemment, bénit la chafielle t>rovisoire et enfin leur donna sa bénédiction, en les laissant sous la pleine et entière autorité du très-honorable supérieur ecclésiastique qui administre admirablement bien celte mission confiée h sa charité paternel^'- Quinze jours après leur arrivée, elles commencèrent h fonctionner en qualité d'itiormières et à parcourir la nouvelle carrier» où le Seigneur les appelait, et depuis (i temps elles n'ont point cessé jour et onit d^ rendre leurs services au prochain autant que leur petit nombre leur permettait, y^ nouvelles (ire k e
BS compagnes sont venues se jo'"' Iles, de sorte qu*aujourd'bui eîlo
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DES ORDRES RELIGIEUX
soot une tfenlaine, tant religieuses que norires et |K)$talaotes, on a fait de nouvelles souscriptions oui ont facilité Taisance de (aire «grandir la communauti^, t)âtir une cliapeile, une crèche où il y a déjà vinstbuli petits enfants qui sont soignés par Tes reiijdeuses. On a pris une seconde salle d'à- Mit!, de sorte que tous ses petits secours réunis aident à consolider la communauté. — «Vous devons ces renseignements è la sœur llarie Podevîn, morte en J856, qui avait été fifemière supérieure de cette communauté uissaate.(l)
UISÉRICORDE I)E JÉSUS (Religieuses db t-^)t à Québec [Canada),
Cet établissement fut fondé te 1" octobre tfid2, par Mgr de Saint-Vatier, deuxième évéqae de Québec, qui acheta dans cette luleiition le couvent de Notre-Dame des Anges, appartenant aux Récollets. L'hôpi ut géoérai a pour but spécial de recueiltir el de servir les pauvres inOrmes des deux $eies. Les premiers sujets de cette nouvelle io5ti(ution furent quatre religieuses hospi ulières de la miséricorde de Jésus, de l'or (Ire de Saint-Augustin» tirées de THÔtel- Dteude Québec. Elles s'appelaient Louise SHN'eniandey de Saint-Augustin, supérieure; Mme Marguerite Bourdon, de Saint-Jean- Bii}4isie; Geneviève Gosseiin, de Sainte- Mjdeleine; Madeleine Bacon, de la Résurrection, converse. Elles prirent possession (lelinouveUe fondation le 1*' avril 1693, l"uten restant dépendantes de la maison oière jusau'en 1701. Alors seulement Thâpiut général forma un établissement distinct de rUdteKDieu, et so caractérisa en idopiant |)ar-dessiis le mémo costume une m>it d*argent. En 1717, les religieuses de l'hôpital général admirent chez elles les femiDes repenties et les aliénés, en oulre des pauvres invalides et infirmes. En 1725 ^iles ouvrirent un uensionnat pour l'éducalion (les jeunes personnes. Mais de ces trois (puvres nouvelles il ne reste plus que le l^nsionnat, dont la prospérité et la bonne lenae font honneur aux pieuses institu-
Iriros. %
« L*hAp)tal général, » dit Charlevoix, » est *3 plus belle maison du Canada, et elle ne ^éi^rerait point nos plus grandes villes de France. Les PP. Récollets occupaient autrefois le terrain où elle est située. Mgr de Saint-Valier tes a transférés ailleurs, a acheté lear emplacement, et v a dépensé cent mille émis, en MlimentSt'en ameublements H en fondations. Le prélat fondateur a son appartement dans la maison, et y fait sa ré- Mdence ordinaire. Il a loué son palais, qui est encore son ouvrage, au profit des pauvres. Il ne dédaigne même pas de servir d'aumônier à rhôpilal, aussi bien qu'aux religieuses, et il en remf)lit les fonctions avec un zèle et une assiduité qu*on admirer«^it dans un simple prêtre. Des artisans Oii aulres, k qui leur grand âge ou leurs infirmités 6tent le moyen de gagner leur vie, sont reçus dans cet hOpital jusqu'à concur-
0; Vc9 à 1.1 Un du vol., n«« 163, 164.
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rence du nombre de lits qui y sont fondés, et trente religieuses sont occupées k les servir. La plupart sont filles de condition, et comme ce no sont pas les plus aisées du pays, le prélat en a doté plusieurs. »
Lors de la guerre qui se termina par la conquête du Canada par les Anglais, un grand nombre do soldats venus de France et qui avaient contracté la peste è L>ord des navires, furent soignés avec un zèle admirable à rhôpital genériil, et dix religieuses succombèrent au mal affreux qu'elles avaient contracté en les soignant.
« Cette perte, » a écrit une des religieuses {Relation de ce qui t'est passé au siège de QuébeCf et de la prise du Canada^ par une religieuse de rhôpital- général de Qué^ beCf adressée à une communauté de son or^ dre en France)^ « nous mit hors d*état de pouvoir secourir seules tous les endroits qu'occupaient les maladies. Le saint évêque (de Pontbriand) nous fil venir dix religieuses de rHôtel-Dieu de Québec, qui, pleinei de l'esprit de leur vocation, nous ont édifiées \\9x leur régularité et secourues ave ; un zèle infatigable, tant de jour que de nuit, è tous les services qu'il fallait rendre aux malades. Notre reconnaissance n'a fait qu'augmenter pour cette communauté, et renouveler le désir que nous avons toujours eu de bien vivre avec elle. » Ainsi dans la sainte milice des servantes de Dieu et des pauvres malades, le poste du danger est toujours le . poste de fhonneur, et les diverses communautés se prêtent des sujets en cas d'épidémie, pour remplacer les religieuses mortes au chevet des mourants.
L'est comme dans un combat, où les régiments d'une même armée s'entr'aident fraternellement pour remplir les vides faits dans les rangs par le feu de l'ennemi.
En 1759, pendant le siège de Québec, la situation de l'hôpital général à une petite distance hors de la ville le rendit le refuge de deux communautés religieuses
Les sœurs de l'Bêtel-Dieu et lesUrsulines se retirèrent à l'hôpital général pour éviter les horreurs du bomhnrdement, et elles v furent reçues avec la plus tendre cordialité. Selon les vicissitudes de la guerre, on V envoyait tantôt les blessés anglais, tantôl les blessés français, et l'hôpital général dut recueillir à la fois plus de mille de ces infortunés. 11 fallut dresser des lits jusque dans l'église et la chapelle, en ne réservant pour le saint sacrifice qu*une partie du chœur, où les religieuses de trois communautés venaient s'entasser pour puiser, au pied de l'autel, la force et la résignation au milieu de leurs épreuves. Elles acceptèrent tvec une parfaite sérénité la gêne et les privations de toute espèce; et dans la Relation du siège dont nous avons parlé plus haut, nous voyons que, pendant qu*elies étaient iinsi entourées de soldats protestants qui les pillaient ou les menaçaient sans cesse : N Notre plus grand chagrin, » dit la religieuse, « était de les entendre varier peu-
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jant la sainto Messe. » Admirable simplii^ité, qui caractériiiie h merveille la piélé naïve et Tabnégalion de ces bonnes sœurs.
Après la prise de Québec, les Hospitalières et les Ursulines retournèrent en ville, mais, » dit la Relation dé\h mentionnéo^cce ne fut pas sans verser des larmes que se Gi ce départ. L*estime, la tendresse, l'union que cela avait renouvelées, par le long séjour qu'elles avaient fait avec nous, rendit cette séparation des plus sensibles. » Ce qui rendait les larmes plus abond.mies, c'est que les Ursulines laissaient loin d'elles deux de leurs sœurs décédées à l'hôpital général pendant le siège. L'une d'elles, sœur Marie- Charlotte de Muy, Tille de Nicolas Danncau de Muy, gouverneur du Mississipi, et de dame Marguerite Boucher, mérite d'être mentionnée comme ayant écrit, pour l'édification de sa communauté, un Abrégé de la vie de Mme de Poritbriand, mère du sixième évèque de Québec. Le prélat possédait le manuscrit de la Vie de cette sainte dame, écrit par son directeur dom Trotticr. Il en faisait parfois faire lecture dans les communautés, mais il n'avait pas voulu en laisser prendre copie aux Ursulines. Par une pieuse ruse la Mère de Muy, dite de Sainte-Hélène, écrivit de mémoire ce qu'elle put se rappeler des édiOants détails de In vie de Mme de Pontbriand, et son manuscrit a été récemment découvert è l'hôpital général de Québec, tandis que le manuscrit de dom Trotiier était retrouvé au séminaire de Montréal. Mgr de Pontbriand, mourant chez les Sulpiciens, leur laissa sa bibliothèque et ses papiers, (lendant une les déplacements causés par le siège de Québec mettaient entre les mains des Hospitalières le travail d'une Ursuline.
Une dépouille plus illustre qui repose aussi h rhôpital général, c'est celle de Mgr de Saint- Valier, fondateur et généreux bieofait4$ur de cet établissement. Le prélat y mourut en 1727, et voulut y reposer au milieu de ses filles spirituelles, comme saint François de Sales au milieu des Mères de la Visitation d'Annecy.
DlGllONNAinC
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Au 31 décembre 1853, cette communauté ^ versions éc atantes.
Dieu sont exi)Osées k se iierdre, établit une congrégation de prêtres séccliers qui devaient exercer le ministère évangélique dans les campagnes h certaines époques do l'année, tant dans i*Etat ecclésiastique oik il demeurait, quoiqu'il fût Génois, que dans les autres pays où les évoques |K)avaient les appeler; ils étaient destinés à aller donoer des missions , des exercices spirituels , faire des instructions aux liabitaoLs des villages et des villes.
Pour atteindre son but, le marquis acheta du prince Don Camille Rospigliosi, sur te mont Ësquilin, un petit palais avec nnjardin qui y était contigu et adossé aux murs extérieurs de la chapelle Borghèse, de Sainte* Marie-Majeure.
Ce palais ayant été réparé, il dut suppléer aux besoins qu'exigeait sa nouvelle destination ; le marquis s*y renferma avec queU ques prêtres génois qui s'offrirent spontanément pour partici|)er à une excflleoie œuvre dévouée aux exercices des missions, disposés à suivre les règles qu'il avait Iui« même rédigées.
Cet établissement , si propre è rendre d'immenses et précieux services au peuple, commença sous le pontificat de Clément 111. Les fruits abondants que produisirent tes
1)remières missions prouvèrent combien le >on Dieu se plaisait à répandre ses béné* dictions sur cette bonne œuvre. Depuis, les évoques de l'Etat ecc ésiastique et les fîê* ques appartenant aux autres Kt«its n'ont pas cessé de faire des instances pour arotr des missionnaires impériaux, afin de |)0UTnir faire donner des missions tiui produiraient dans les paroisses les pius merveilleot changements; le bien qu'elles procurent n'a jamais été interrom|Hi, de manière
3ue chaque année on demande des ntissions ans les diverses provinces de la eauiiwigne du patrimoine de saint Pierre,dans l'OnilKie, dan.<; la Marcne d*Ancône, et méffle dans la Romsgne, dans TEtal Bolonais, dans le royaume de Naples, dans la Toscane et ju»« qii*^ Venise. Klles produisent toujours le salut d'un grand nombre d*âuies et descon*
comptait cinquante-neuf professes et quatre novices. Elle a des lits occupés par soixanteseize pauvresinfirmesquiy sontsoisnésavec tout le dévouement imaginable, et leur pensionnat contient quatre-vingt-deux élèves.
Il y a dans cette maison cinquante-neuf professes, quatre novices, seize infirmes, quatre-vingt-deux élèves pensionnaires.