‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 133 sur 220 · MISSIONS IMPÉRIALES · texte numérisé non relu

MISSIONS IMPÉRIALES

Notice sur (es minions impériales fondées à

ttême.

Pendant Tannée 170(^, lO marquis François-Marie LeriaroIinpériali,de précieuseméinoire,divinemcnlinspiré,voyantrétatdéplorabledelantd'imesqui habitent les petites localités, et qui vivent dans l'ignorance la plus atisolue des vérités les plus nécessaires aux Chrétiens pour gagner la vio éternelle, et qui, privées d'entendre la parole de

C*est ainsi que le lion Dieu répandues béiiédictionssurcettesainte entreprise. T»u^ les efforts du marquis Imperiali, tendaient k donner k cet établisseioeut une baie mi* ble, un fondement solide , (lour en assurer la perpétuité; dans cette vue, non-seulenjeni il supportait toutes les dé^ieoses l^^ sentes, mais, réunissant toute sa forlui>^« il fit l'acquisition de quelques autres m isons, afin que le prix ae la location serU à entretenir cette sainte œuvre, et lui |»enui( de se periiétuer avec ses oropres ressources.

Lo marquis Impériali était brûlé du tèle de la gloire de Dieu et du salut il^i

Erochain ; il voulut doter sa patrie d*un eu* lissement semblable , c*GSt pourquoi ^^ fonda une maison de missionnaires à Sirzane, qui faisait alors partie de l'Kiaii'' Gènes, vi il ordonna par sou testament^" ^^

f^ MIS D£S OKUiiKS

mndmi 8onueliement sur les reTenos des oissiooBaires établis à Parme » â06 écas roiuaios, i titre de legs, qui serviraient pour reotrptieo de la maison de Sarzaiie ; et iSflde GOOMfyer dans la suite oes deux éiabiissemeotSyet pour y mainteoir la première ferreur, le floarquis déclara que dans Tbyfiothèse où œs missionnaires viendraient à oanqoer à Rome» ou qu^ils ne rempltraieût pas leurs devoirs pcHir atteindre le bot qu*on s était proposé dans cet étaUissemenI ^ tous les revenus serviraient à entretenir la maisoB de Sarxane, comme aussi, et vioê Mrsa , shies sujets manquaient à Sarzane, ou s*ils oe rempiissaieot plus leur mission, toutes les ressources de i*œuvre seraient exclusifcmeot la propriété de la maison de Rome. AjDutoDS» pour la plus grande gloire de cet éublissemeoly dont les membres travaillent avec Isot de xèle k la conquête des Ames , qee les missionnaires donnent dans leur isiisoo de Home , les exercices spirituels iQx jeunes gens qui se disposent k faire leur première communion. On les reçoit [«odaothoil jours, ils restent entiërenieot séparés du monde , on prépare, dans la retraiie, leur cQsor pour le jour solennel où ils doivent participer au ulus auguste des sacrements; rien donc nest négligé dans ces deux établissements pour remplir les mai du pieux fondateur. Le marquis Imleriali sauve les Ames rachetées par le sang de Jésas-Cbrist , celles surtout qui sont les plos privées des secours spirituels et des moyens de sanctification.

j substance do ces renseignements est doe i Tobligeance de M. Ânorais, autre missionnaire pro-supérieur à Rome.

HISSIONS ÉTRANGÈRES (Société des

PatTEBS oxs ).

Aussitôt que le divin Sauveur eut tracé à ses sfiAires la voie sanglante où il les a|)peiâil h les Hulvre, le monde étonné s'ouvrit rapidement devant les pas de ces hérauts de la grande nouvelle ; de la Judée à Rome p la clirélienté ne fit t^u'un seul pas» et bienidt après on vit sortir de ce foyer des torreois de lumières qui portèrent la conoai^- Mncede la vérité jusqu'aux extrémités de la terre. Ce fut alors le temps des martyr^»; des souffrances de tout genre engendrées dans la mort de son divin époux; TEgli^e devait achever de prendre sa croissance daos le sans de ses premiers enfants^ et (eue luaguinque période se prolongea ju>* iju'au moment où la croix triomphante brilla enfin sur le diadème des Césars et sur les collines voisines de la Ville éternelle.

Après avoir versé le sang des martyrs.

Borne est devenue nôtre, et Dieu ne lui àn\{ donné Tempire de Tunivers que pour aplanir les voies aux prédicateurs de TE- ^<ngile. Toutes les contrées ayant alors des relations suivies avec le centre de Tempire, la toi romaine pouvait plus facilement se propager dans toutes les parties de ce grand corps. Aussi, Tertullien put* dire bientôt ^jirès que TEglise remplissait les armées,

Dl TIOnN. DES Of^DRCS ilELIG. IV.

HEUGIEIJX. HIS 874

le sénat , le forum, les villes et les cam« pagnes de Tempire» et qu'elle ne laissait aux païens nue leurs temples. Le jour enfin arriva où Tnérîtier du trône des persécu*teurs se soumit loi -même è Tempire du Sauveur.

Dès ce moment les destinées de Rome païenne sont accomplies; ce colosse n*a plus aucun but sur la terre; il n'y aura plus d'autre munarcbieuni verselleque leroyaiime de Jésus - Cbrist ; l'emf^ereur acbèvo luimême la mission que Dieu lui a donnée t en quittant Rome dont les murailles vont s'écrouler, et en cédant sa place au Pontil'o

aui doit y établir son trône pi^s du tombeau u Pécheur.

L'Eglise en paix sous Constantin ne jouit pas longtemps du calme qui n'est paa fèii pour elle en ce monde. Etablie au milieu des tempêtes, elle suivra jusqu'à la fin des siè« elt'S les mêmes destinéttsi l'impie Julien s'etforce de renverser la croix de Jésus- Christ ; les doctrines d'Arius, de Nestorios, d'Eutichès, de Hacédonius, viennent successivement déchirer le sein de l'Eglise qui les a enfantés. La tempête s*amoQcelle sur l'empire et se déchaîne avec une horrible violence ; l'assistance divine rendait l'Eglise supérieure 5 tous les événements qui paraissaient devoir lui porter de cruelles atteintes ; se$ enfants augmentaient au lieu de diminuer eu étendant ses conquêtes sur les vainqueurs de Rome, dont le front si fier s'inclina bientôt devant la croix de Jésus-Christ. Vaincus à leur tour par la religion, les Francs, les Bourguignons déiM>sent leur redoutable épée aux pieds de l'Eglise romaine, et lorsque des invasions plus redoutables viennent promener le fer et le feu dans les villes et dans les campagnes et amonceler des décombres de toutes parts ,

auoique désarmée, TEglise par le courage e ses ministres résiste au torrent; ils donnent leur tête pour la rançon des peuples* et quand plus tard, le guerrier qui s appelait le fléau de Dieu, vient porter la justice sur les cités coupables, une simple fille, la bergère de Nanterre, fait reculer l'ennemi; saint Loup, de Troyes. sauve son troupeau et re-

J;oit les respects ou vainqueur; le Pape Léon erme les portes de l'Italie aux Barbares qui s*avancent vers Rome.

Ces peuples appelés, comme les autres nations de l'univers, à se ranger sous les lois du Sauveur, avaient été séparés jusquelà du monde romain parles barrières iuiran* chissablesdcleurs forêts; ilsétaientdemeurés étrangers à la foi , ne pouvant être amenés à l'Eglise par les apôtres qu'ils repoussaient sans les connaître. Par une voie impénétrable aux prévisions humaines, ils vinrent s'offrir d'eux-mêmes à la douce influence de l'Evangile. Ces guerriers farouches s'adoucirent, ils devinrent Chrétiens, et la foi victo rieuse s'étendit dès lors vers le nord de l'Europe enseveli jusnu'alors dans les ténèbres de ridolâirie.

Une nouvelle épreuve se préparait iK)iir l'Eglise les armes de l'islamisme firent des

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fonquétes arec une effrayante rapidité, et Irent disparaître pour longtemps la croix de Jésuii-Christ de la Syrie, de la Palestine, de l'Egypte, de PArménie» de la Perse; l*fîspagne luâtne deyint la proie des fils de Mabomef , qui menaçaient d'envahir l'Europe entière, mais la main de Dieu sauva TEurope et l'Eglise par le courage de nos ancêtres.

Sous Charlemagne, le bruit des armes ne se fait plus entendre que chez les habitants du Nord qu'il refoule dans leurs limites, et qui subissent le double joug de la puissance et de la religion du vainqueur, en entrant en partage des i>ienfaits du christianisme

Pépin le Bref avait placé le Pape sur un trdne indépendant , mais son tils relève encore plus la puissance temporelle des Souverains Pontifes et prépare ainsi la sauvegarde des peuples et le plus ferme appui des rois. Non contentdetriompherdes nations par la force des armes, il veut avant tout leur ouvrir les portes du ciel en les faisant entrer dans le sein de TEglise romaine •qu'il chérit comme une tendre mère.

Encouragés par cette royale protection , Teligieux et séculiers, prêtres et pontifes, tous s'avancent avec un zèle infatigable et un amour inflni au milieu des vainqueurs pour leur dévoiler les beautés ravissantes et les trésors d'une foi qu'ils repoussèrent comme une loi ennemie, mais dont ils finirent par goûter les charmes. La conversion des peuples du Nord fut une des phis remarquables époques des missions opérées <ians l'Eglise au milieu des infidèles. Le *4)lergé séimlier ne se trouva plus à la tête "de cette œuvre de dévouement. Les enfants *de saint Benoît se consacrèrent à ces tra- "vaux où ils obtinrent les plus grands suc- *cès. Mais tandis que l'empire de Jésus- Christ et de la sainte Eglise s'étendait ^en Occident, par la conversion de tous les peuples, l'Orient se préparait au déplorable scliisme qui le désole encore. Féconde jusqu'au moment de sa rupture avec le centre de ] unité. l'Eglise de Constantinople avait rallié de temps en temps quelques nations è la foi; } mais séduite par les paroles de mensonge de Photiuset deMichel Cérulaire,elle rompit avec l'Eglise mère et maltresse è laquelle Je* sus-Christ a confié le dépdt des vérités divines, et dès lors ses entrailles frappées de stérilité ne produisirent plus d*enfanls de lumière.

La véritable Ëslise de Jésus-Christ continua avec succès a travailler à l'œuvre de régénération sociale qu'elle avait reçu mission d'accomplir; le travail d'enfantement des sociétés modernes s'opérait sous la puissante <lirection de la pensée catholique et par le concours des ordres religieux chez lesquels s'étaient presque exclusivement concentrées Jes sciences et les vertus. On peut apprécier maintenant la grandeur de cette œuvre que nulle autre puissance sur la terre ne pouvait accomplir; ce qu'il a fallu de sagesse ei ^'efforts aux Pontifes de cette époque pour rétablir l'harmonie sociale au milieu des

éléments de guerre amassés de tontes parts, et le bien que les rois et les {peuples ont retiré d'une intervention pacifique , qai les protégeait également les uns et tes autres.

Saint Grégoire Vil fut un de ceux qai se distinguèrent pour rendre d'immenses $er« vices & l'Eglise et au monde chrétien. Il ha aussi le premier qui fit retentir du t*Até<Ja l'Orient une parole dont le puissant écho émut bientêt la chrétienté tout entièifi. Le premier de tous, il convia les peuples i la sainte entreprise des croisades dont l'influence fut si grande |K>ur le maintien et la propagation de la foi.

Menacés par l'ennemi redoutable da nom chrétien, les Grecs de Byzance« demandé* rent du secours h l'Occident; l'espoir de Ws ramener à ta vérité, en les sauvant du |)éril,

Çrès de fondre sur eux, détermina Gr^oire Il k appeler toute rEurOf>e sous les armes [)Our défendre TOrient chrétien et les saints ieux contre les injustes attaques d'un implacable et commun ennemi. La mort, il est vrai, Tempâcha de voir Taccomplissemeni tle ce projet digne de sa grande ftme, mais u pensée demeura/

Bientôt de pauvres prêtres, des religieot se levèrent, dont la parole éloquente, rendue toute-puissante par Tautorité du Siège apostolique, réveilla la chrétienté qu'elle arma tout entière contre les infidèles. A la voix de Pierre l'Ermite, l'Europe se précipita sur l'Asie pour conquérir la ville sainte et la terre arrosée par le sang de Jésus-Christ. Après lui, saint Bernard, puissant par ses vertus, par sa parole' et ses miracles; Fouiques de Neuilly, non moins rempli defoi,H toute la suite des Pontifes romains qui ae cessèrent d*appuyer des efforts tentés i^ec courage. Les dangers et les l>esoins de TEglise ne furent jamais si grands qu*à ceue épociue, il y avait de nouTeaux et rodes comliats h soutenir, des peuiiles inconnos à évangéliser. Une marque d une protection particulière promise à l'Eglise ne se Bt pis longtemps attendre. En niAme temps qu un grand Pape occupait le siège de saint Pierre, deux milices nouvelles se formèrent, saint Dominique et saint François préparèrent leurs premiers enfants. H fallut de nombreux auxiliaires pour défendre la foi méconoue

1)ar les hérétiqnes,et pour aller évangéliser es peuples encore ensevelis dans les té* nèbres de l'erreur, et que les rapports avfc l'Orient avaient révélés au deik des terres soumises k l'islamisme. Les enfants des deui patriarches saint Dominique et saint Fraa* çois accomplirent cette tAcoe avec uoeardeur admirable. Ils portèrent la foi de Jésos- Christ et rendirent témoisnage à son sa^ct nom chez les Maures d'Afrique» les Uu»n^ mans de la Palestine , les Tarlares et jiisqu*aai frontières les plus éloignées des Iodes. A toutes les époques de grandes ealaoïiK des sources fécondes de consolaiiott $*ou«nrent pour l'Eglise d*une manière aussi aM* dante qu'inespérée. Tandis que Dieu i^' nissait les crimes de quelques peuples m leur retirant sa lumière, il tàisàii briucr

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|iour d'autres cette brinante ciartô céieste et donnait ainsi à son Epouse de nouveaux irofants destinés à combler le vide fait dans snn cœur par tant d'ingrats. L'Amérique vomit d'être découverte. De vastes contrées s'offrirent aulreçards du souverain pasteur, couienes de breois errantes auxquelles la voix du divin maître ne s'était pas encore fait entendre; la charité de l'Eglise sentit (looc ses entrailles se dilater et la Joie renaître au milieu des larmes. De nombreux inissioonaires se pressèrent sur tous les iheminsdu monde ancien et du monde nouleiu.Lestravauidosmissionnairesetlesang des martyrs Qrent des conquêtes sans nombre, A celle époque de combats et de victoires, Dieu envoya des ouvriers puissants pour la défense de la vérité. Saint Ignace et ses cOQ)i)agnon2>« réunis dans le sanctuaire du WonUiies-Marljrrs jetèrent les fondements <ie la Coui|)aguie de Jésus, nouvelle milice créée dans un but particulier au milieu <.'e la grande armée de 1 Elj^iise.Cetle société recul une oi^anisation puissante fondée sur on inviolable principe d'unité. Grand par ion génie et par sa sainteté, saint Ignace toulut faire de ce grand corps un tout compaci marchant comme un seul homme sous raQlerité d'un chef unique; supérieur h beantoup d'autres corporations religieuses liar le choix de ses membres et par la force rf action imprimée par le chef à chacun d'eux, cet ordre accomplit glorieusement la mission qui lui fut doiniée: il réunit les chrétienié> naissantes et entretint la ferveur parmi elle». La maternelle sollicitude et la naute prudence de TEglise romaine lui faisait in- M>(er fortement sur la nécessité de song*r a»anl loui a former pour le sacerdoce et l^ourKépiscopat des sujets indigènes capables d'eu exercer dijsnemeot les sublimes funclioos, et elle gémissaii profondément «ur les obstacles qu'on lui objectait sans cesse contre inexécution de ses projets, et

5vJl^'.^**5®""^°' "® '"* permettait pas Japprécierè sa juste valeurl Mais lorsque laoéantissement complet de la fervente ôT

fwmes, Rome n hésjta plus et somrea «^. nmementà prévenir un iemblable disastre.

A\J^^^^f préireset des évéques indigènes

Jiot-S^ége avait alors en vue et qu^l es- Pért pouvoir atteindre en jetant les fonde- ?«n.i! '^„^n?'-*?a^ion des Missions

Sfe"'- f;"^'*'';^ ^^"^ *« naissance à la KTp ,?o"»Cilude des Souverains Pon-

Ùl\l'''''''^'f ^'î"*' '^"^ sollicitude.

Ji.^n ^^"^l'î^^"» "^»*^ «n*anl> ''Kglise du {N-on semblait menacer les chrétientés du

î df te'* ""^f la Coehinchine, lorsque iS

c(^7n^.^ ''*™* ^^^ peuples, était de se ïri^îf'- "^"S- fl"« possible, k la ffi.nu''®l*' l'Egli-ne ^ans les siècles i^wenls en donnant à chaque chrétienté

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nouvellement formée un prêtre ou un évôque pris dans son sein; il partit de Macao pour venir exposer ses convictions au chef suprême de l'Eglise, il arriva à Rome le 7 juin 1649, et vint se jeter au! pieds du Pape Innocent X et lui développa ses projets sur la formation du clergé indigène. Le Pontife les approuva de grand cœUr, Il voulut I é eyer à l'épiscopat pour qu'il pût exécuter lui-même le projet qu'il avait conçu, mais 1 humble religieux recula devant le fardeau de cette sublime dignité- Le Saint- Père le chargea de chercher trois ecclésiastiques propres à cette œuvre de dévouement. Le P. de Rhodes les trouva dans une société de jeunes étudiants, formée h Paris Ces pieux jeunes gens sous la direction du P. Bayot, aussi Jésuite, s'exerçaient à la praiique des plus hautes vertus et s'appliquaient au salut des âmes les plus abandonnées. Cette société réunie sous les aus- Eices de Marie ne pouvait qu'accueillir avec onheur une pensée si généreuse et si conforme à son esprit. Tous ceux qui lacomposaient, les laïques aussi bien que les ecclésiastiques, voulaient aller sauver ces âmes abandonnées. Aussitôt que le Saint-Père fut instruit de l'heureuse rencontre faite à Paris Il ordonna au nonce près la cour de France de choisir dans cette petite société trois ecclésiastiques pour les élèvera l'épiscopat

Le P. Bayot, Jésuite aussi distingue par son esprit que par l'éminence de ses vertus, était alors directeur de presque toute la congrégation formée parmi les élèves du collège de son institut à Paris. Ils avaient d abord fixé leur demeure dans la rue Co- ,peau, faubourg Saint-Marcel, et avaient mis en commun tout ce qu'ils possédaient. Ces jeunes gens, qui appartenaient pour la ptul»art à des familles distinguées, se Axèrent j)lus lard rue Saint-^Dominique , dans ni local plus convenable à cause de leur nombre. Animés nar les vues sublimes de la foi ils entendirent avec attenurissement de la bouche du nouvel apêtre, le P. de Rhodes, le récit de ses travaux et de ses souffrances. Ce fut pendant un dtner, que touonés par le récit que leur fit ce père de tant de pauvres peuplades, qui n'attendaient pour sortir de leur idolâtrie que des prêtres

3ui les instruisissent, transportés du désir u martyre, si fort dans les âmes d'une foi vive et généreuse, ils conçurent pour la première fois le projet de tout quitter pour aller travailler au salut des saurages. Tous ceux qui se destinaient h fétat ecclésiastique en firent part au P. de Rhodes, avec des sentiments d'enthousiasme qui le touchèrent vivement, et quelque spontanée que fut celte résolution, elle lui parut inspirée par une disposition si évidente de la grâce, qu'il ne put s'empêcher de dire au P. Ragot en le quittant: « Je viens de trouver dans cçs jeunes gens des dispositions plus parfaites que celles que j'ai cherchées dans des séminaires et autres lieux d'Europe. »' On peut dire que ce fut celte première imuression si vive et en même tem])s si

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iirofonde que firent sur lr« eongréganistes les entretiens du P. de Ehodes» qui, nourrie et fortifiée dans leur &aie, donna lieu à rétablissement du séminaire des Missions étrangères. Boudon s*en etpliquede la tnanière la plus positive dans Le Chrétien tnconnui « On peut dire que ces jeunes gens ont été une petite source qui est devenue un grand fleuve par le nombre des évéques et de vicaires apostoliques que ron a choisis parmi eux pour TOrient et pour l'Occident, et çui ont été envoyés dans les deux extrémités du monde; cest de ce nombre aussi que l'on a pris des évêaues pour Siam, pour la Chine, pour le Canada, pour en être les premiers pères; c'est ce ^ui a donné Tongine au séminaire des Missions étrangères établi à Paris, qui répand la doctrine de Jésus- Christ, qui est la bonne odeur de Jésus- Christ. »

Ce fut parmi les jeunes ecclésiastiques

Sui s'offraient, pour les missions que Mgr agniy alors nonce en France, choisit trois des plus distingués auxquels on se proposait de donner nientôt la consécration épiscouale. Le premier d'entre eux, fut M.

Pallez, chanoine de Saint-Martin de Tours, sacré depuis sous le titre d'évèque d'Rermopolis et qui peut être considéré comme le fondateur de la congrégation des Missions étrangères; Mgr Bagni proposa ensuite M. de Montmorency-Laval, qui devint évêque de Québec, et M. Pique, docteur de Sorbonne.

Le P. de Rhodes s'occupa activement de se procurer 1 es moyens indispensables pour le succès de cette grande entreprise. La pieuse réunion des Dames de la charité, rendue si célèbre par la direction de Saint- Vincent de Pauli en devint bientôt la principale ressource, et li*s plus illustres d'entre elles s*empressèrent d'y contribuer par d'abondantes au mènes. On peut citer entre autres, Mlle de Bouillon, Mme de Miramion, dont le zèle pour celte œuvre ne se démentit jamais, et surtout la duchesse d'Aiguillon, cette femme généreuse d'une si haute piété, d'un esprit vraiment supérieur, qui soutint presque seule [tendant quelque temps le proiet du P. de Rhodes. On vit surtout éclater Ta grandeur de son courage et la vivacité de sa foi lorsque, au milieu de tous les efforts qu*on fit pour empêcher l'exécution de ce beau projet, après la mort d'innocent X, elle tenta tout pour le faire réussir. Elle entretint penr cela une correspondance active avec Mgr Bagni, nommé cardinal à la suite de sa nonciature en

vait être plus fard Time des missions, ^our suivre le conseil du P. de Rhodes* il [lartit avec M. de Meurs, M. l'abbé de Métiân et deux autres pour aller visiter par dévoiion, le tombeau des Apôtres; mais aans la crainte bien fondée que la duchesse ne Fen'^age&i de nouveau à s'occuper à Rome de l'affaire des missions étrangères, il partit de Paris sans la prévenir. Mais ses précautions forent inutiles et Madame d'Aiguillon fut prévenue de ce proiet. Quoi qu'il en sôit la manière dont M. Fallu et ses amis exécutèrent ce vojrage prouve suflTisamment combien ils étaient bien préparés à répondre aaxgrlces que Notre-Seigneur allait bientôt leur laire pour les accoutumer par avance aux bligues et aux humiliations inséparables de la m apostolique; cespieui voyageurs allaient à pied, demandant l'aumône et donnant aux pauvres tout ce qu'ils recevaient de la cha* rite des fidèles.

La duchesse d'Aiguillon écrivit de la manière la plus pressante à H. PaUu pourVen- (;ager à poursuivre lui-même sur les lieui e succès de toutes les démarches qu'elle faisait depuis deux ans. « Je fus louché jusqu'au fond du cœur, » dit M. Pallu, luimême, « voyant qu'une femme avait plus de zèle que n'en avait un prêtre pour le bien de r£;;lise et pour la conversion des inûdèles. J'allai avec mes amis voir le cardinal Bagni, il nous reçut avec de gramh témoignages d'estime et noua assura quM avait souvent parlé au Pape de la mission des Indes, que Sa Sainteté l'avait fort à cœur. Dans I audience que leur accorda Sa Sainteté, M. de Meurs porta la parole et supplia le Pape de vouloir appuyer de son autorité le dessein des nnissions cfue »es prédécesseurs avaient projeté de faire fair« en Orient |>ar des prêtres français, dont il semblait que la Provideuce lui eût xé^t^^ Texécution.

« LePape, » continue M ^allu,a après nom avoir témoigné sa bonté paternelle et tooé notre dessein,nous exhorta dans les termes If s plus forts et les plus touchants è raocomplif sans craindre les oppositions que nous pourrions y trouver; il nous assura que 1^ protection du Saint-Siège ne nous mantiuelait iamais; il daigna môme nous ouvrir Cimilierement son cœur, et nous dit qu'il avait eu autrefois lui-même» le dessein de seconsacrer aux missions; mais que n'ayanlf^ l'exécuter, il était ravi que la Providence Im fit naître l'occasion de l'appuyer de son autorité apostolique; qu'il n*épargneraît neo pour la faire réussir el qu'il allait nomtn^^ quinze cardinaux pour travailler à cette in*

France, de telle sorte qu'on peut regarder ^ portante affaire et la terminer prompteinenr

cette femme vraiment forte, comme un des plus puissants instruments dont Notre-Seigneur se servit pour procurer sa gloire dans cette circonstance.

Le découragement s'étant en pou emparé de qui^lques-uns de ceux qui s'étaient dévoués à cette excellente œuvre, ce fut une lettre de la duchesse d'Aiguillon qui finit par subjuguer le cœur de M. Pallu, qui de-

tes commissaires y travaillèrent en edei avec tant de diligence ot d*ap|>itcatioo qu>: très-peu de temps et en deux oo trois réunions l'établissement des Hissions des la^^f^ fut résolu. Ji

Les choses étant ainsi avancées, M. Pi' » resta seul à Rome pour terminer œ qui rry tait à faire» et ses associés retoumèrroi n France dans le dessein d*y réunir le r ^^

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de sujets capables de s'employer digiiement à ToBuvre des missions; Aliexaqdre VII nomma, te 8 Juin 1658, pour les missions de la Chine et des royaumes Toisins, trois ▼ieaires apostoliques qui furent MM. Patlu, de la Hoihe-Lambert et Calotendi» alors curé d'une paroisse k Aix en Protence. Us firent de grandes diflicullés pour se laisser imposer le redoutable fardeau dont ils connaissaient toute la pesanteur; mais leur humilité dut céder au bien de TËgliset et ils acceptèrent ce glorieux épiscopat et Curent sacrés k Paris, où le clergé de France alors réuni témoigna son zMe pour le succès de cette entr«»prise et alloua une somme de six mille francs pour y contribuer.

Mgr d*Héliopolis parvlat bientôt à réonif un assez grand nombre d'ecclésiastiques d'éminenles vertus qu*iJ prépara par la re* trafte è se rendfe de plus en plus dignes de TœuTre qu'ils allaient entreprendre.

Ces trois prélats eurent des pouvoirs trèsétendus et une juridiction extraordiaaii^ qu'ils pouvaient exercer partout. Mais entre tous les faits qui montrent le prix qu'atta-* chait le Saint-Siège à la formation du clergé indigène, il n*en est pas de plus frappant que la faculté accordée par les 8S. PP. Alexandre VII, Clément IX, aément X, Clément XI et leurs successeurs, aux vicaires apostoliques, de promouvoir au sacerdoce les indigènes, Serealis aliai aervandts, & condition seulement qu'ils sussent lire le latin, qu'ils connussent le sens des paroles du canon de la messe et les formules sacrementales. Les évèques d'Béliopolis et de Bérithe, auxquels les pouvoirs furent accordéi, ainsi que leurs successeurs, n'ont pas cependant usé sans répugnance de ces clispenses extrêmes. Tous ont fait les plus grands efforts pour donner à leurs prêtres Finstructiou convenable; ce n'a été que dans les circonstances i)éri lieuses |>our la foi qu'ils en ont profilé.

Tels furent les éléments de la société qui porte le nom de Congrégation des mis&ions étrangères : trois prélats également illustres l>ar leur piété, leur science et leur zèie apostolique. Tel fut aussi le but de leur institution, Tesprit dont ils étaient animés et qui doit se perpétuer dans leurs successeurs : la création d'un clergé indigène. C'était évidemûQent une milice nouvelle appelée moins h combattre elle-même qu'à préparer des mains pour leur remettre les armes.

Les (rois vicaires apostoliques, 'avant de quitter le sol de la France, laissèrent k leur correspondants de Paris la recommandation expresse de fonder une maison où se perpétuât l'esprit caractéristique de l'osuvre; dans ce but, ils leur remirent quelques fonds pour commencer. Louis XIV, k qui il n'échappait aucune pensée noble et généreuse, Touluty concourir. Quelques Imes pieuses mirent aussi leur offrande, et l'on put acheter le vaste emplacement de ta rue du Bac; mais cette acquisition ayant épuisé outes les ressources, le roi voulut donner

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à la maison le revenu des deux prieurés, par lettres-patentes, du 28 juillet: il assigna 15,000 livres àe rente è perpétuité, sur le trésor royal. La duchesse d'Aiguillon, Mme de Miramion et Mlle de Bouillon firent aussi des dons considérables, et la maison put ainsi subvenir aux frais de Téducation des jeunes missionnaires.

De leur câte, les évèques établis dans les missions accomplissaient les désirs du Saint- Siège, si formellement exprimés. Dans un synode oii furent appelés plusieurs des prê^ très placés sous leurs ordres, ils rédigèrent un recueil admirable d'instructions a])ostoliques, où élajt traité spécialement et fort au long la manière dont on doit instruire et préparer les jeunes élèvos destinés au sacerdoce.

L*évêqued'Héliopolis revint ensuite en ifurope pour l'intérêt des Missions et présenta lui-même ce travail au Souverain Pontife. li fut magnifiquement accueilli et l'œuvre du syoode approuvée de tous points, sauf cependant les voux par lesquels les missionnaires proposaient de se lier.

L'histoire de plusieurs siècles avait appris au monde combien peu était durable Tceuvre de l'apostolat qui ne re(]0se pas sur le clergé indigène, combien avait été éphémère le bienfait de la lumière du saint Evangile pour ces peuples nouveaux de l'Orient, convertis à la foi par les nombreux enfants de saint François, de saint Dominique, desaint Ignace, et parce que peu avaient songé à se recruter parmi ces nations infidèles, peu surtout avaient songé à former un clergé national séculier.

Le Souverain Pontife crut voir un obstacle h cette œuvre dans les vœux : il voulut conserver aux nouveaux missionnaires leur caractère original de séculiers, comme plus conforme à celui des apôtres et des prédicateurs des temps apostoliques. Le vicaire die Jésus-Christ rejeta donc les vœux par les** quels les premiers membres de la congré-

f;ation desHissions- Etrangères désiraient se ier. C'en fut assez, le zèle pour la plus grande gloire de Dieu, les leur avait fait pronoser: Tobéissance, qui est la pierre de touche de la vraie vertu, les fit abandonner.

On recueillit bientêt les fruits du nouveau système adopté dans les Missions. Dès l'an 1669, on avait pu conférer la prêtrise à douze ou quinze Tonquinois, à quelques Chinois. Les ordres mmeurs et la tonsure à trente ou quarante autres. Cette expérience répondit péremptoirement à toutes les difficultés, à toutes les contradictions qu'avait rencontrées l'œuvre naissante. Les trois vénérables préktts eurent la consolation de voir leurs efforts couronnés du plus heureux succès ; Tévêque d'HéUopolis traversa cinq fois les mers, entre la France et la haute Asie, dans l'intérêt de ses missions.

A Rome et à Paris, il reçut toujours le plus brillant accueil : la présence du missionnaire excitait le nlus vif enthousiasme. Fénelon n*était que récho de la voix publique lorsqu'il sécriait. ouelques anni^es

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après son dernier voyage, dans la chaire de ) Eglise des Missions-Etrangères : «Frappe, cruel Japon, » s*écrie-t-il, « le sang de ces hommes apostoliques ne cherche qu*è couler pour te laver dans celui du Sauveur que tune connais pas. Empire de la Chine, tu ne pourras pas fermer tes portes. Déjà un saint pontife marchant sur les traces de saint François-Xavier a béni cette terre pr ses derniers soupirs; nous l'avons vu cet homme magnanime qui revenait de faire tranquillement le tour du globe terrestre ; nous avons vu cette vieillesse prématurée et si touchante, ce corps vénérable, courbé, non sous le poids des années, mais sous celui des travaux de la pénitence. »

Mgr d'Héliopolis était parti de France, emmenant avec lui dix ecclésiastimies, laissant son cher séminaire bien établi et des secours assurés pour lui fournir des élèves. Il avait reçu du Saint-Père le titre d*admi- Dîstrateur général des missions de la haute Asie. Son départ date de mars 1681, et ters \a fin de la même année il abordait à Sîam. Ce lut là qu'il eut la douleur d'apprendre la mort de Mgr de Bérylhe, son noble collègue dans fapostolat. Les affaires de celte mission le retinrent quel(|ue temps ; après quoi il s*embarqua pour la Chine, spécialement confiée à son ministère ; il y arriva le SK janvier 1689h. Mais à peine avait-il mis les iiieds sur cette terre intidèle, qu'il ressentit les atteintes de la maladie qui le conduisit au tombeau. Sa mort fut digne de sa vie, doublement adoucie par le bien qu'il avait fait et par la récompense qui apparaissait h ses yeux dans l'éternelle patrie. Ainsi termina sa sainte carrière ce grand et immortel {irélat, que la congrégation des Missionsétrangères regarde avec raison comme son vrai fondateur.

Les trois premiers vicaires apostoliques étaient morts, mais aveu eux ne périt pas l'esprit qui les animait. Lœuvre qu ils avaient commencée chez les infidèles continua toujours à porter des fruits de bénédiction; ils n*avaient pas perdu un seul instant de vue la prompte formation d'un clergé indigène, grande pensée qui avait uniquement déterminé le Saint-Siège k eréer des vicaires apostoliques. Le Souverain Pontife leur ayant recommandé d'une manière toute particulière d'établir dans ce but des écoles et des séminaires partout où ils le jugeraient praticable, ils avaient choisi Siam pour y fonder l'établissement principal de toutes les missions; la position de cette ville et la paix dont on y jouissait fiar rapport àTexercice de notre sainte religion, tustifièrenl parfaitement un semblable choix; leur persévérance vint k bout de toutes les difficultés qui paraissaient d'abord insurmontables.

pès l'année 1664, Mgr de Bérylhe avait fait choix de Quelques enfants du |Miys, destinés k être plus lard formés au .sacerdoce; déik, en 1668, la foi faisait beaucoup de pro* ;rès et de continuelles conquêtes an Tong-

in, par les soins de M. Didier et des pre-

miers prêtres Tongkinois qui étaient revenus de Siam. Peu de temps après, deux )irétrès cochinchinois accompagnés de deni catéchistes allaient k Siam, au nom de leur nation, prier Mgr de Bérythe de se rendre au milieu d'eux, ce qu'il regarda comme une manifestation de la volonté divine. C'est

Courquoi, quoique sa présence fût si utile Siam, d'où il dirigeait alors toutes les missions, il s'embarqua secrètement : il aborda en Cochinchine le 1" septembre, et il exerça avec une grande bénédiction les augustes fonctions de son ministère pastoral.

Mgr de Bénrlhe, ayant été arrêté dans le Tongkink, le 23 juillet 1669, pour s'assurer s'il n'y aurait pas moyen de pénétrer de là jusqu en Chine, voulut surtout conférer les ordres sacrés aux plus capables d'entre les catéchistes du pays, et il en éleva sept au sacerdoce et en promut plusieurs autres aux dignités inférieures de la hiérarchie ecclésiastique; il parvint k assembler un synode, le H février 1670, auquel assistèrent les missionnaires, les prêtres indigènes et qoel* çjues catéchistes; on y régla quelques points importants de la discipline. A peine eut-il quitté le Tongkink qu'une nouvelle per^é* cution éclata; les missionnaires furent obli* gés de se tenir renfermés, et laissèrent aux prêtres indigènes le soin d'administrer les sacrements et de visiter les chrétiens pour les encourager et les soutenir. Ces nouveaux prêtres s'acquittèrent de leur ministère arec un zèle et une édification qui firent mieux comprendre encore que jamais combien la mesure prise par le Saint-Siège était indis* pensable. Les peuples sont toi^yours moins disposés k écouter un étranger qu'un homme de leurs mœurs, de leur langue, de leur na* tion. Pour l'étranger, le premier sentiment est toujours une pensée de mépris ou de défiance, tandis qu'un indigène inspire dans les mêmes circonstances confiance et 9lkc* tion. C'est du reste ce que les premiers fon* dateurs de l'Eglise n'ont jamais perdu àe vue dans leur règle de conduite, ainsi que le témoigne rétablissement de prêtres et d*évêques nationaux dans chaque cbrétienié. Ce moyen fut employé avec succès lors de la conversion des peuples du nord. De jeunes esclaves élevés par les Bénédictins devinrent de fervents apêtres pour les conirêf^ où ils furent envoyés. I^es prêtres Ton^ki* nois eurent aussi le bonheur de donner \^ baptême a près de douze mille idolAires dans le courant de Tannée 1672 et 1673.

Le soin qu'eut la congrégation des Missions-Etran£[ère5 de former des co* léges dans les diverses parties des Indes où ils exerçaient leur ministère apostoliqn^' contribué puissamment à faire fleurir tt prospérer leurs missions; aussi ils ne rtmlèrent devant aucun effort et aucun sacritue pour les soutenir. On admirait la foi vive et la piété sincère de ces élèves indigène qui se préparaient là pour devenir m^M^O' noires très-zélés, confesseurs ei n><f* tyrs. Ils avaient les qualités de vénii* liles atiAtres de Jésus-Christ, et la moitié ju

m MIS DES ORDRES

moins d*enCre eax auraient 'été regardés ea Fnnce eomme de boos stijeis pour l*insiruciioQ et l'intelligeoce.

Nous n'eotreroas pas dans les détails de rbi»(oire de la congrégation des Missionsftnogères» parce que nous apprenons qu'où }tré()are un ourrage spécial pour les mis<sionSt qui doit faire partie de la même collection que ce dictionnaire, et qu'on pourra ooosulter pour connaître le développement qoe prit ce séminairot les bénédictions que Diearépaadit sur celte excellente œuvre et l«$ succès aMsrveilleux qu'il obtint malgré les persécutions-qui tirent tant de martyrs, et les olistacles sans nombre qu'ils rencontrèrent même dès le principe, surtout de la part de quelques nations chrétiennes. Le bon esprit s'est perpétué dans la longue suite des membres de cette si méritante congrégation.

On pense bien que la tourmente révolulionoiire n*épargna pas plus que les autres cette sainte institution. (Comment ceux qui voulaient détruire le christianisme en France, auraient-ils respecté une maison destinée à la propager sur toute la terre? L'emplacement fut déclaré propriété natio- Dile et vendu, les directeurs échappèrent * aox fers des tiourreaux et se dispersèrent. Trois d'entre eux allèrent à Londres, d'où lis parent communiquer avec les missions et f eovover quelques prêtres. Rentrés en Fraoee, sous I Empire, ils purent s'occuper

E' 1$ aisément des intérêts de leurs missions, fin, eu 1815, ils se fixèrent définitivement daas leur maison, après l'avoir achetée deux fois. Pendant quelques années, ils y furent presque seuls; mais a^ès cette nouvelle épreuve. Dieu voulut bien leur donner des eoÎEints nombreux et depuis cette époaue ils col toujours été croissants malgré les horribles persécutions de Minh-Henb et autres tyrans de l'Asie.

illustrée par l'honneur d'être placée aux ooKes les plus meurtriers de Vapostolat, elles rivalisé de zèle et de vertus avec toutes les autres sociétés religieuses qui s'occupent de missions è Tétranger, quatre vingts éfèques, quatre cents prêtres, dont onze nurtyrs, seize confesseurs, morts dans les prisons ou des suites des mauvais traitements Qu'ils ont eus è subir, telle est la couronne de gloire qui brille au front d'une compagnie si chère à l'Eglise. A cêté de ces dignes missionnaires a su aussi combattre et vatocre une légion bien plus considérable <la prêtres indigènes, nobles émules de l«urs pères dans leur sacerdoce.

Cest ainsi qu'elle a répondu à la pensée de ses pieux fondateurs ei h la générosité de l*association qui est venue à son secours (car c'est par son assistance qu'elle vit Bainteoant). Ses ressources d'autrefois ont péri dausle gouffre des révolutions : la plus

faode partie de ses revenus, qu'elle devait la générosité de Louis XIV, aux aumônes non moins abondantes de la duchesse d'Ai-

KilloD,deMme de Miramion et de Mlle de nilloQ Ini ont été enlevés par la spoliation réfolutionnaire de 1793.

RELIGIEUX. K IS 8Se

Par les ressources inespérées qu'il reçoit de l'œuvre éminemment catholique de la Pro-

Ëigation de la foi, le séminaire dês Missions* trangères a pu recevoir et envoyer un nombre toujours croissant d'ouvriers évan^éliques.Kn effet on voit que de 1815 è 1830 il en est parti quarante-six; les neuf années suivantes, soixante-seize ; depuis 1839 jusqu'en J8U&,soixanle-diX'huit; depuis cette époque jusqu'à nosjoursdeux cent trente-six, et vingt nouveaux missionnaires sont à la veille de leur départ è Theure où nous écrivons. Heureuse et consolante progression que la Providence a procurée en.£on temps pour proportionner les secours aux besoins.

Afin de recueillir jusqu'au plus léger soufile de l'esprit de Dieu, les sages direo teurs de cette sainte maison y ont modifié le système des études tbéologiques. Ne recevant jadis que les ecclésiastiques dans les ordres et qui avaient fini leurs cours, tout se bornait a la spécialité des missions chez les infidèles. Pensant avec raison que des vocations qui avorteraient ailleurs se développeraient avantageusement sous leurs yeux, ces hommes de savoir et de longue expérience ont voulu y mettre les études sur le même [>ied que dans les plus beaux séminaires de France. Là, comme dans ces sanctuaires de la piété, se trouvent d'habiles professeurs de dogme et de moralo Gur diriger et former les jeunes apêires. , mieux que partout ailleurs, les moin<« dres indices de vocation se montrent à ceux qui ont grêce d'état pour les reconnaître, el le plus grand intérêt à n'envoyer aux missions que des suyets dignes et capables.

Outre ces deux cours de scolastique un savant professeur fait un grand cours de théologie dogmatique et morale pour ceux qui, ayant terminé ailleurs leurs études ecclésiastiques., se préparent par quelques mois de retraite à aller annoncer la parole de Dieu aux peuples infidèles; ils développent les questions les plus difiiciles, les plus utiles pour les missions, qui ont le plus d'actualité, ils étudient une collection dedécrctsi émanés du Saint-Siège et de la sacrée congrégation de la Propagande, sur les pouvoii^s des préfols et vicaires apostoliques et des missionnaires avec la solution ties principales difiiiniltés qu'on rencontre dans les pays infidèles.

Des conférences savantes sur le droit ca* non, sur l'Ecriture sainte et sur la théologie mystique sont faites chaque semaine pour tous les aspirants. La plusiraternelle, la plus intime union règne dans cette sainte maison; c'est la vraie charité qui faisait des premiers chrétiens un seul cœur et une seule Âme. C'est un vrai paradis terrestre,^ disent tous ceux qui ont eu le bonheur d'être enrôlés dans celte milice sainte. Aussi ce qu'ils regrettent le plus en quittant laFrauce, c*est le séjour du séminaire de Paris.

Ces ressources précieuses pour la science ecclésiastique et le bien immense que fait à l'Eglise cette congrégation, justifient assez la haute estime et la considération distin-

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guée dont elle JouU auprès da Saint -Siège et de tous les codurs catholiques, en France surtout, parce qu*eD elle se résume la plus tieile œuvre des temps modemes, nous tou^lons presque dire la plus belle de tous les temps, exeepté celle des âges apostoliques, qui ne peut avoir d*égale. Kilo recueille ties sofloœes abondantes do la dharité des fidèles, et avec ces aucnônes elle donne aut ap6ires qu*entfHent les diverses associations reli* gieases des moyens d*afBener et de consa« erer à ià fol des provinc/es et des rovaumes* Les sociétés protestantes, il ftiut bien la* Touer, ont des ressources infiniment plus considérables, puisqu'elles fournissent au moins einquanle ni liions, mais avec ces ima»enses ressources, avec Taupui du [)0u* voir, qtte font*e11e$7 Là où n ont pu pénétrer les missionnaires cailioliques un certain nombre de païens suivent, il est vrai, leurs enseigjnements, mais éès quo ki relt-

S ion catholique se trouve en présence, le on sens des idolâtres a bientôt distingué la vérité de Terreur, et s'il est vrai qu'à l'oeuvre on reconnaît l'ouvrier, rioépuisable fécondité du ttinistère catholique prouve qu'il Tient de Dieu, comme la désolante et incoH rable stérilité de son antagoniste démontre asses la main faible et impuissante de rhomme, de sorte que pour tout esprit impartial et droit, il est facile de voir à qui doivent s^appliquer ces paroles de l'Esprit saint : Voilé ceux qui sont ta race bénie de Dieu : « DH wyni eemen cni benedixit IkpiMnui. 9 (ha. LXi, 9.)

Le séminaire des Missions-Etrangères situé rue tiu Bac, à Paris, est regardé comme la maison^'mère et le noviciat de la congrégation, et ri est dirigé par quelques-uns de ses membres dont la plupart sont des missionnaires députés par les Missions; car, d'après les constitutions de ce corps respectable, les évèques et les prêtres de chaque vicariat apostolique ont le droit d*envoyer un représentant à Paris. C'est de cette maison que sortent ces nombreux enfants, ces hommes généreux, qui vont à travers mille périls annoncer Jésus-Christ aux peuples des Indes, de la Chine et des royaumes qui sont voisins du Céleste-Empire.

Mais les missionnaires, en quittajit la France ne restent point oubliés; la sollicitude de leurs confrères de Paris les suit au delk des mers. Au sortir des vaisseaux qui les ont portés sur les rivages lointains, ils entrent dans la maison de procure, d'où les supérieurs, nommés par les directeurs du séminaire, ont soin de les faire pénétrer dnns leurs missions respectives, et, une fois arrivés au lieu de leur destination ils sont reçus comme des frères par les vicaires apostoliques, qui sont, comme nous venons de le dire, membres de la même congréga tion; tous les ans d'abondants secours sont envoyés de France k chacun d'eux. Pour imiter, autant que les ciri;onstances le permenent, Texemple du Sauveur, qui faisait tMirtir deux k deux les disciples gui allaient évauRéliser les bourccados de la Judée et de

la Galilée, les supérieurs^des missioDs coufiées è leur congrégation ont soin de oe pas laisser dans l'isolement les oufriers qui travaillent sous leurs ordres. Le missionnaire, dans les temps ordinaires, se trouTeen compagnie de quelqu'un de ses coafrères et surtout des prêtres indigènes qu'il esicbargé de diriger.

L'esprit de charité qui unit les différents membres de celte société sa montre surtout à l'égard de ceux que l'Age, la maladie, les infirmités empèclieRt de travailler; ils defiennent l'objet de toute la sollicitude deleuri confrères, et si les supérieurs respectifs de chaque mission jugent k propos de faire repasser quelqu'un en Europe, pour cause de maladie, les directeurs de Parispourvoientilou* ses besoins pendant le reste de ses jours, et il jouit lui-même de toutes les prérogatives tie la consr^tion auxquelles sa qualité de membre lui donne droit. Jusqu'à présent on nVnrait guère admis an séminaire que de» ecclésiastiques enga^jés dans les ordres sacrés; mais les besoins des missions croissant de jour en jour ont déterminé les supérieurs k fbrmer un noviciat (il est à Meu- 4ion)sipéGÎaleBient destiné k ceux dont la location a été suflisamment manifestée avant l*époque de leurs études tfaéologiqoes. Ut occupés du travail ordinaire des autres oiaîsons d'éducation cléricale, ils se prépareront àe loin k l'accomplissement des desseins de Dieu sur eux ; éloignés du bruit du monde ut dans la paix ée la solitude, ils pouiroiit ])endant plusieurs années écouter dans le silence intérieur de l'Ame, oelte voix divine k laquelle il ne faut jamab résister sans doute, mais qu*il faut aussi bien clatremeia reconnaître avant de se cousacrer au minis* tère de l'apostolat.

Le iKMubre des aspirants réunis dans tes séminaires, quoique assez cansidérable, esi loin de suOire aux besoins imaieode5 des missions. Du reste, il n'j a pas lieu da s'étonner de voir les missionnaires en no»* bre restreint quand on songe k la nature d'une pareille vocation et aux olistacles tant Intérieurs qu'extérieurs qu*oa reocootre pour la suivre.

Depuis près de deux siècles que ceUe congrégation existe, quatre oents oiissioih naires seulement, ont propagé ou sooteno la foi dans des contrées immenses ; ils ont p.irtout fondé des chrétientés ilorissanies. établi de nombreuses écoles, créé des caiochistes capables et des religieuses pleint>« de ferveur, et surtout, malgré les dink'uU^ de tout genre qu'on leur opposait, its o-A su former autour deux on clergé iodi^toe digne de sa mission.

C'est ainsi que TËglise toujours forte* toujours puissante , ne cesse dans tou» le> siècles (le poursuivre avec constaoee JViNt' vrede son divin époux; elle eontiane k su«vre les traces pénibles mais iriooipliantts du Souveur. Aujourd*hui , coosine toujours* nous la voyons sur tous les points de i< terre, gagnant par ses travaux et sa patie n^''* les Ames égarées, ou releoaut sous ses îoi»

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DES ORNŒS RELIGIEUX.

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