‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 134 sur 220 · MO.'I · texte numérisé non relu

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maieroelles celles que la tentalion éproaye H que l'ennemi roudrait arraclier de son Min. Aajoard*hoi oomfxie toujours, el plus «neore qu'à bien des époques » un immense horizon se déroule à se» yeux, et elk se iiâie d^envoyer de nonyeaox guerriers sur e«s champs de bataille, illustrés déjèpar tact de ?ictoires. It est important de remar< tfûer <|oe depuis rexerople qu'en ont donné les M issioRs-Btrangères, les hommes apos* toliques envoyés maintenant à la conquête des âmes ch^z les peuples inOdèies, secondeot plas eflicacement qu'autrefois cette teodaaeedu Saint-Siège [>our l'établissement complet de la hiérarchie chez toutes les Ditioos. Les missionnaires de notre époque s'occupent autant de la fondation des églises qat des conversions individuelles^ Autrefois détruire les missionnaires , c'était iDésnttrla foi, tandis que désormais détruire les missionnaires serait retarder la foi, mais Tanëantir, jamais. Ces principes misprimiti- ▼cment en pratique par le Saint-Sié^e, dans rinstitotion de la com|)agnie des Missions- Etrangères et poursuivis avec patience, porteront désormais, il faut respérer,des fruits •boridants pour la propasation et surtout poor l'affermissement de Ta foi chrétienne daa5 Tuaivers.

Lb congrégation ne possède en Europe que l'établissement connu sous le nom de Missions-Etrangères, formant un tout avec les missions dont il est pour ainsi dire la cbeTille ouvrière.

Le séminaire de Paris, me duBac,n*28, se compose d'un supérieur et de six directeurs préparant aux travaux de Fapostobt an nombre dTélèves qui varie avec les circonstances. U était en 1859 de soixantedix.

La congrégation compte dans les missions SO évoques et 140 missionnaires, tous Français. Les prêtres indigènes, dont le Qombre déliasse aujourd'hui 200 ne sont point membres de la Société , bien qu'ils traiailleot sous la direction de vicaires apostoliques tirés de sou sein.

yONT-CARMBL (Okoeb dks BOSViTiLiia»

DB lOTaB-DAiir Dc), «» Frofiee.

Ce fut Henri IV, roi de France qui établit ■ ordre royal des Hospit^liers de Notre-Dame da mont Carmel en vertu d'une bulle de Paal V. It était de cent gentilshommes, qui devaient former la garde du roi en temps de pierre. La règle, les couleurs, le blason ^latent em|)runtés à l'ordre du Carmel.

Le premier grand-mattre fut Philibert de Wrestan.

UONTJOUX (COANOniBS RâWLlBRS dk).

Le monastère h6pital, dit le grand Saint- Heruard de Montîoux, en Valais, en Suisse, audiocèsede Sfon, est situé sur le haut de la prged'ane montagne des Alpes, qui en porte lenora.tl reconnaît pour son fondateur Saint* Bernard de Menthon, archidiacre del'Ëglise d'Aoste en Piémont, l'opinion commune est qu'il fatbftti vers le milieu du x* sièclei sirr

les Alpes Pennimes, où étaient encore quel-

3ues restes du paganisme. Dieu se servit e saint Bernard poor les détruire, el re saint édifia au même lieu, un monastère hôpital, qui est lechef-liou d'une ancienne congrégation de l'onire canonique. Cette congrégation possédait autrefois plusieurs béneBces considérables en France et ailleurs ; et le ^rand monastère hôpital jouis* sait de certains revenus fixes que cnaque maison devait lui payer pour subvenir aux frais de l'hospitalité qu'elle a toujours exercée et qu'elle exerce encore ; mais ai)jourd^ui que tous ses biens sont perdus, on est obligé d'avoir recours aux quêtes dans les pays voisins. L'hat)it commun des religieux de Montjouxest h présent conforme h celui des prêtres séculiers à l'exception d'une bande de toile blanche, large de deux doigts qu'ils portent en écharpe, pendante de Té-

Kaule droite an côté ^uche. Leur ancien abit de chC9ur était bien différent, comme on le voit par celui de saint Bernard de Menthon, représenté dans les constitutions. Il était en robe et surplis, à manches rondes,

1>ortant Taumusse d'hermine sur les épaues, comme la portait autrefois le prévôt que Von qualifiait de révérendissime. Les autres religieux, depuis le commencement du xviu* siècle portaient au chœur un camail de drap <m serge de Nîmes sur le rocbet de la même façon que les chanoines réguliers de Saintl^faurice d'Agaune, qui étaient du même diocèse de Sion, avec cette différence que le camail de ceux-ci était de couleur d'écarlate et que celui des religieux de Montîoux était de couleur rose. Les constitutions de Montjoux furent imprimées à Lucerne en 17f 1. Elles sont curieuses. Voyee aussi un Mémoire historique sur le monastère de Montjoux dans le Jlf^rcura de France, mois de décembre 1739, II' volume. On y voitentre autres la liste iïes bénéfices qui en dépendaient autrefois.

HONT-VIERGK (Relioibusbs BÉnfoiCTiNsa BE L4 co»GEfeATio3i de) , Toyoume dtê Deur-SicileM

Saint Guillaume, fondateur des ermites du Mont-Vierge, ayant quitté ce monastère avec cinqreligieui, qui ne voulurent pas se séparer de lui, fonda de nouveaux monastères, dont le premier fut à Perra-Lognata ; il en bâtit ensuite deux autres k Guglielo, proche la ville le Nusco, l'un, pour des hommes, l'autre pour des filles, avec une église commune pour les deux monastères, laquelle fut dédiée en l'honneur du Sauveur du monde. H rassembla un grand nombre de vierges dans le monastère destiné aux personnes de leur sexe, qui y vivaient dans une grande abstinence. Jamais elles ne buvaient du vin, pas même pendanfles maladies, et elles s'abstenaient, en tout temps, de l'usage de la viande et de toutes sortes de laitage; trois fois par semai ne elles ne mangeaient cpue des herbes cruesavecdu pain ; les autres jours on ne leur servait qu'un seul mets préparé k l'huile depuis la fête de tous les Saints jusqu*k celle

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dd la Natiyité de Notre-Seigneur» et depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques* elles jeûnaient tous les jours au pain et à t*eau.

La sainteté de Guillaume se répandant de toutes parts, Roger, roi de Naples et de Sicile, le fit Tenir auprès de lui pour avoir recours è ses conseils; mais ses courtisans, qui ne respiraient que le plaisir et le luxe, craignant que les discours du saint ne fissent impression sur l'esprit du prince, suscitèrent contre lui une calomnie, et pour mieux réussir dans leur dessein ils firent Tenir une courtisane qui promit de le faire tomber dans les filets qu elle lui tendrait pour cor^ rompre sa chasteté; ils espéraient par là persuader au prince qu'il cachait, sous un extérieur pieux, un cœur rempli de Tiees; le roi y consentit. Vêtue de tous les appâts de la séduction, cette femme impudique alla trouver le saint, en ne négligeant aucun des moyens mur arriver à son but, et par ses discours lascifs elle s'efforça de le faire consentir è ses coupables désirs; il feignit d'y acquiescer, k condition qu'elle coucherait dans le même lit qu'il pré|)arerait pour lui. Elle crut, dès ce moment, qu'elle allait remporter la victoire, et elle se hâta d'aller en porter la nouvelle au roi; mais quelle fut sa surprise, lorsque l'heure du rendez-vous étant arrivée, et entrée dans le lieu destiné à sa

(prétendue conquête, elle n'v trouva qu'un it de charbons ardents sur lesquels le saint se coucha, en l'invitant à en faire de même; son étonnement fut plus grand encore en voyant le feu ne faire aucun mal au serviteur de Dieu. Ce prodige la toucha si vivement qu'elle résolut, k l'instant, de changer de vie. Elle vendit tout re qu'elle avait, et du prix qu' elle en retira, le saint fonda un

monastère de filles % Venosa, sa pstrii». Cit couvent fut achevé par les libéralités du roi Roger, qui profita des conseils de saint Guillaume pour bannir de sa cour les dérèglements et le scandale.

Agnès reçut du saint abbé l'habit reli«

Sieux, et devint un modèle de fiénileDce ans cette maison, dont elle fut ensuite su* périeure. Les austérités, jointes aux ades des vertus les plus héroïques qu'elle pratiqua depuis sa conversion, lui méritèrent, après sa mort, le titre de bienheunuie. Après ce miracle, le roi Ro^ereutunesiierandetstime pour saint Guillaume, qu'il fit bâiir plusieurs monastères de son ordre, Donseulement dans le royaume de Naples, inaii encore dans celui de Sicile, Le premier qu'il fonda fut k Palerme, sous le nom de Saint-Jean des Ermites, vis-k-vis son palais. Il en fonda aussi un autre dans la mèaw ville pour les vierges, sous le nom de Saint- Sauveur, et la première, qui y prit l'babit, fut la [irincesse Constance, sa fille, qui fut tirée ensuite de ce monastère, et relevée de ses vœux par le pape Célestin III, pour épouser Henri IV, fils de Tempereur Frédéric Barberousse. Ce prince fit encore bâtir un autre monastère de religieuses k Messine, appelé monastère du Mont-Vierge.

Le monastère des monastères des filles de l'Institut de Saint-Guillaume fut (rèsf^rand. On y vit accourir les ûlles des plus illustres et des plus nobles familles du royaume des Deux-Siciles. D'un si grand nombre de maisons il ne reste plus nue celle de Messine, qui conserve le nom de Uont- Vierge. Les religieuses virginiennes n ont cessé d'être sous la dépendance des reli* gieux de la congrégation de ce nom.

NATIVITÉ DE NOTRE-SRIGNEUR i Con-

GnÉGATlON DES RBLIGIEUSES DB Là),

Notice sur Mme de Frarau^ fondatrice de cette

congrégation.

Parmi les hommes apostoliques suscités par la Providence au commencement duxix* siècle, pour nimener k la religion et k la vertu les peuples égarés par la révolution française, Mgrd'Aviau, de sainte mémoire, archevêque de Bordeaux, aimait i signaler le P. Enfantin, prêtre du diocèse de Valence, « qu'il n'avait jamais entendu, » disait -il, « sans être touché profondément. » Il fut un puissant levier pour remuer les masses, un tribun de la chaire évangélique, un des plu^ utiles instruments de la divine miséricorde. Animé d*un zèle infatigable, il (larcourait la France depuis 1809, prêchait de ville en ville, et répandant partout, avec l'édificatiou de SCS bonnes œuvres, les lumières et les con« solations de la foi. Observateur judicieux autant que zélé missionnaire, il n avait lias

tardé de reconnaître que de tous les tnani causés par la révolution, le plus déplorab> était la destruction des pieux asiles destinée à l'éducation de la jeunesse, et que Tigno* rance répandue dans toutes les classes de la société, mais surtout dans les classes iofe* rieures, était le princi()al obstacle qui so;»posait au rétablissement et aux progrès de ta religion dans notre malheureuse |>atrie. Pénétré de cette juste et affligeante uenséf, l'homme de Dieu conçut le dessein de foo* der une nouvelle congrégation religieuse. dévouée particulièrement à réducatioii dfi

I'eunes filles. Voici de quelle manière '< Vovidence lui fournit les moyens d*effectuer son projet :

Pendant qu*il évangélisait la ville d'Aoieos, une pieuse dame lui demanda quelques cod* seils sur l'emploi qu elle devait (aire d'aa riche patrimome qu'elle destinait aux pauvres. Jeanne de Croiquesou* de la cour de^ fiefs» veuve du marquis de Saint-Alvre de Fransu, était née en 1751, el avait quitté a

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file après la mort de son mari, pour se re« Û.Trdans one de ses terres* où elle se déloiiatt à toutes sortes de bonnes œuvres, trofidence des malades et des pauvres, elle consacrait à leurs k>esoins et à l'adoucisseai^ntde leurs maux ses forces, ses veilles it(se5 immenses revenus. De temps en temps Ifile allait à Amiens pour visiter ses nomllrtux amis et jr entendre la parole de Dieu ; Il 0 îoulot Assister aux exercices de la mis* •on aue te P. Enfantin y prdchait en 1812, igc« fut dans les fréquents entretiens qu*ii tut aiec elte, que notre zélé missionnaire h jugea propre à le seconder pour l'établisleofot d'une congrégation religieuse. La |ro|iosition qu'il lui en fit alarma d'abord SCO humilité; elle ne pouvait croire que Diea la destinât è l'accomplissement d'une (tuf re aussi importante ; craignant toujours de s*opposer» par un refus formel, aux des- Kios de la Providence, elle se mit en prières, aiQsulta des directeurs éclairés, et fit même plusieurs pèlerinages aux sanctuaires les (lus renommés de la province. Dieu bénit ttUe humble défiance , et bientôt la pieuse reure, ne doutant plus de la volonté du ciel ï $00 égard, informa le P. Enfantin de la c<îtermiaation qu'elle avait prise & tout samfer pour rétablissement d'une nouvelle roDgrégation religieuse. Dès lors, elle résolulde quitter ses parents et son pavs, où elle trouverait des obstacles invincibles k rexéciiiion de son dessein. Libre de tout iieo, u'avant iK)int d'enfants, et maîtresse «Mue de sa fortune, elle voulut se dévouer lia gloire de Dieu,^dans une ville où elle oe fût connue de personne, et où les bonnes sunes n'eussent, en quelque façon, que Dieu seul pour témoin, comme elle ne défait avoir que Dieu pour récompense.

Inforpaé de ce désir, le P. Enfantin lui écriîit de se rendre à Romans, dans le diocèse de Valence, où il s'entendrait bientôt iTecellestir les premières mesures qu*il y aurait k prendre ()0ur la fondation du nouvel muitut. MQ)e de Fransu se rendit aussitôt daos cette ville, accompagnée d'une pieuse amie, veuve d*un ancien général, qui voulait se dévouer, elle aussi, à la bonne œuvre irojelée. Arrivées è Kouians l'une et l'autre, elles apprirent que le P. Enfantin, victime d*une injuste persécution, venait de quitter <%ite ville, et resterait éloigné pendant plusieurs mois. Ce contre-temps affligea beau« coup Mme de Fransu, mais ne déconcerta |)oint sa confiance. Quoique Agée de 61 ans, et presque toujours maladive, elle avait une lotonté pleine d'énergie, et sa vertu pouvait »0}))torter les plus rudes épreuves. Pour surcroît d'affection, sa pieuse compagne sentit son courage s'affaiblir et retourna dans sa famille.

Restée seule dans une ville où tout le iDonde ignorait sa naissance, ses qualités, ses rertus et $on dessein, Mme de Fransu y l>assa quelques jours dans la retraite et la prière, attendant avec humilité qu*il plût à uieu de Ten faire sortir. Ayant ensuite résolu de suivre son attrait pour la pratique

des bonnes œuvres, elle réunit aulour d'elle plusieurs jeunes tilles pauvres, et leur enseigna gratuitement la lecture, récriture e^ le travail manuel, en même temps qu'elle leur apprenait le catéchisme et qu'elle formait leur cœur è la piété par ses matern. Is entretiens.

Cet humble dévoûment donna bientôt lieu aux. personnes qui en furent témoins, de s'informer de son nom et de sa famille, et dès lors on eut pour elle tous les égards et la vénération que méritaient ses vertus, sa piété et son zèle, plus encore que l'illustration de sa naissance; mais il hllait qu'un autre genre d'épreuves vint donner un nouveau prix è son sacrifice, et révéler la générosité de son Ame. L'absence dn P. Enfantin se prolongeait, Mme de Fransu l'attendait toiyours vainement; la tristesse et l'ennui commençaient à pénétrer dans son cœur, sa mauvaise santé augmentait encore ses inquiétudes; elle était tentée de s'at>andonner au découragement : ce fut le dernier etfort

aue fit le démon pour abattre son courage, ne réussit point. Des larmes abondantes coulèrent des yeux de la vénérable veuve, mais son cœur désarma toujours cette faiblesse, et sa confiance en Dieu s'affermit de plus en plus. Enfin, vers le commencement du mois d'octobre, de Tan ISiH, elle reçut du P. Enfantin une lettre pressante, qui l'invitait d'aller è Crest, où devait être formé le premier établissement de sa congrégation. Mme de Fransu obéit sans retard, et trouva dans cette ville plusieurs jeunes personnes qui l'attendaient avec impatience pour commencer, sous sa direction, les exercices de la vie religieuse, et ouvrit, en faveur des jeunes filles, une école sollicitée depuis longtemps par toute la population. Le choix d'une ville aussi peu considérable C|ne celle de Crest, par la fondation d'un institut religieux, aurait peu flatté une Ame moins généreuse aue la marquise de Fransu; mais l'honorable veuve en bénit le Seigneur, et se vit avec joie logée dans un très-mauvais local et environnée de quelques compagnes, qui n'avaient d'autres ressources que leurs vertus et leur confiance en Dieu.

Ce fut le 26 octobre 1813, que le premier établissement de la congrégation fut ouvert et définitivement constitué. Elles occupèrent d'abord l'ancienne maison des Capucins; elles s'établirent plus tard dans le couvent des Ursuliues, où elles sont encore aujourd'hui. Mgr Bécherel, évèque de Valence, et M. Descorches, préfet do la Drôme, les autorisèrent peu de temps après, et leur promirent leur bienveillante protection.

Une congrégation destinée spécialement à honorer l'Enfant Jésus dans la crèche de Bethléem, peut, è juste titre, se faire gloire de la pauvreté de son origine : c'est le premier caractère de ressemblance qu'elle Cbl heureuse d'avoir avec le divin modèle que lui choisit son fondateur. En effet, le P. Enfantin donna au nouvel institut le nom de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. afin d'apprendre è toutes celles que Dieu y

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DICTIONNAms

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appellerait è aimer les enfajots, et à consacrer à leur éducation les soins les plus tendres et les plus généreux; il voulut aussi, pat i'eieniple du Sauveur humilié dans une crèche» les exciter ulus eflicacement à la pratique des vertus fondamentales de la vie religieuse.

Dieu bénit ces heureux commencements.

La maison de Crest étant devenue en quelques mois trop nombreuse* il fallut songer h un deuxième établissement, et le 12 octo- ))re 1814, la vénérable fondatrice en dota la ville de Valence, avec Tautorisation expresse des vicaires généraux du diocèse, le siège étant vacant, et de M. Descorches, préfet du département; plusieurs jeunes personnes furent bientôt reçues dans le nouvel établissement de Valence, qui ne tarda pas d'ôtre déclarée maison mère de la congrégation. Parmi celles qui devinrent memtxres a cette époque, nous devons distinguer Mlle Cbapuis et Mlle Molin; la première douée de vertus rares et de qualités supérieures, fut placée, quoique jeune» ^ la tète de la maison de Valence, lorsque Mme de Fransu alla fonder rétablissement de Rôussillon. Mgr Devie, évèque de Valence, en avait une très^ haute estime; Mlle Molin fut un des sujets les plus distingués de la congrégation. Ses talents et ms vertus la firent estimer de toutes les personnes qui la connurent; elle fut supérieure générale à la mort de la fondatrice; elle est encore aujourd'hui vivement regrettée de Tinstitut. Le troisième établissement fut celui de Rôussillon, dans le département de l'Isère. C'est là que Mme de Fransu passa les huit dernières années de sa vie, occupée è former les nombreuses novices qui allaient puiser auprès d'elle l'esprit de ptété et de dévouement dont elle était animée; c'est de 1& qu'elle dirigeait, par une correspondance suivie, les sœurs de la congrégation, et en particulier les supérieures quelle avait mises à la tète de ses nouvelles fondations. On apprécia bientôt dans le diocèse de Grenoble les vertus et les talents de la vénérable fondatrice de la Nativité. Mgr Claude Simon désirait ardemment qu'elle allât se fixer dans sa ville épiscopale; les lettres qu'il lui écrivit à cette lin témoignent de la singulière estime qu'il avait fH)ur elle; il lui disait, le 12 décembre 1828 : Vous avez toutes les qualités et toutes les vertus propres à gouverner votre congrégation, et je ne craindrai pas de me tromper en adoptant vos vues. La paix est dans votre cœur, elle est dans le mien; nous serons toujours d'accord. L'humilité de Mme de Fransu l'empêcha toujours d'accepter cette honorable invitation. £lle voulait faire ses VŒUX dans le pauvre établissement de Rôussillon, où elle espérait passer le reste de ses jours dans le silence et la prière. A peine eut-elle fait profession, qu'elle écrivit a 1 évèque de Grenoble pour lui exprimer son bonbeur ainsi que son regret, de ne s être consacrée à Dieu qu'^ la fin de «es jours. Le prélat lui répondit : « Je crois que vous vous trompez sur Tâge de votre

profession; il me semble qu'il fiat U dater du moment oix vous en avez eu le yroiei cesl-à-dire de l'époque de votre veufaV vous auriez cela de commun avec sainu Chantai, et votre profession alor$ n'aurait rien d'extraordinaire, sinon la volonté ferme et constante dans laquelle vous avez persévéré par la grâce de Dieu.

« J'ai è me féliciter de ce que vous avez bien voulu ebolsir mon diocèse pooryfnn. dor une maison qui vous devra son eiiste née, et oui est destinée par la suite à y faire en très-grand bien ; elle devra i votr« sagesse et h la douoenr de votre gouvcn^ement, toute sa prospérité; et celtes qui vous succéderont trouveront dans vos exemples un modèle à suivre. »

Cependant, comme toutes les œuvres da Dieu, la congrégation de la Nativité cirt bientôt è subir de rudes épreuves au sujet de quelques-uns de ses établissemenls. La fondatrice signala dans ces circonstances une rare prudence, et parvînt h triompher nenreuseroent des obstacles sans nombre qui semblaient devoir paralyser tous ses efforts. Sa confiante en Dîen, son respect pour Tautorité, et surtout la docilité avec laquelle elle suivait» en toutes rencontres, ks conseils et les recommandations do vénérable P. Enfantin, soutinrent jusqu'au boot son courage, et assurèrent jour toujours 1 avenir de la congrégation un instant compromis. Dieu bénît ses travaux et ses peines; elle eut la joie de voir avant sa mort rœuvre si chère i son cœur, s'affermir et se développer hetireusement, i^union et la ferveur régner parmi tous les membres de l'institul, et les familles reconnaissantes applaudir au zèle des sœurs de la Nativité, pour Tédocation des jeunes filles confiées è leur sollicitude. Elle mourut de la mort des iuMes dans sa chère communauté de Rôussillon, 'e 6 mars 1824, âgée de 73 ans. Les religen5es de la Nativité ont conservé Tesprit de leur vénérée fondatrice, toujours fidèles au bi de leur institut, qui est de se dévouer au soin de l'enfance, et surtout des jeunes filles pauvres. Elles suivent avec la jilus édifiante ferveur la règle qui leur fut donoée par le P. Enfantin, et qui diffère peu le celles des religieuses de la Visitation. Elites dirigent aujourd'hui divers établissements dans les diocèses de Valence, de C^pnobl^ d Avignon, de Viviers et de Montf>cllier.

L'institut fut approuvé par ordonnance royale, le 28 mai 1826, et le Souverain Pootif^; Pie IX lui a accordé un bref laudatif, le 13 janvic^r 1855. U n'a point la clôture telle que Ta prescrite le saint concile de Trente, cependant toutes les maisons sont cloltrers et les sœurs ne peu vent sortir, queponraCer d'un établissement dans un auire.Elles font les vœux simples d*obéissance» de pauvreté et de chasteté; elles ont des {Pensionnats pour ie* demoiselles, des écoles internes et eiurm pour les classes moyennes et pour le^ (kiqyres. Celles-ci sont très - nombreuses U^r» leurs établissements, ci y reçoivent aw<

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DES ORDRES RELIGIEUX

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ricsiracfioo gratuite, les soins le pi as affedasoi.

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Ao mois de juin 18J8, Mlle Anne Perrier» Accupée de tous les genres de bonnes œufTTS, et spéoialedient Tooée au soulageiiifnt des malbeoreux, ât oonnattre à M. libhé Pourcbon son désir de Iravailierà bfonDstion d^une maison pour recevoir les femmes indigentes et enceintes, et leur procorer toos les seoonrs nécessaires penannt lidaréede leors coocbes; 30,000 fr. furent offerts pour l'exécotion de ee pîeiix des* »ein. On convint des avantages q^ii devaifDt résulter de cette œuvre pour la classe nalheoreuse, mais les fonds considérables qu'il eût falla pour l*asseoir sur des bases K»lidas, les rentes dont il eût fallu la doter, les formalités qu'elle exigeait; les visites •oxqaelles sont soumis les hôpitaux; l*insaiEsaocede la somme proposée; tout Gt regarder le projet comme impraticable.

Crsignaot de voir tomber en des mains probnes une tasse d'argent qui avait été à loiaee de saint François de Sales, et qu'elle )<ossMait p«r succession, la famille Perrier, forcée d'abandonner son premier projet, cornet Ttdée de former une communauté rcli^ouseï h Tinstaf de la Visitation, sous rioiocstioo du saint Pontife et sous les auspices de la très-sainte Vierge, h laquelle elle put légaer cette précieuse relique^ Cooiitlamain à l'œuvre, et l'on tenta coungeostment son exécution. M. l'abbé Poureboo songea sérieusement à se procurer des I«r onnesdigoesd^ètreassociéesècetienoble (Btreprise. La Providence lui en présenta cinq dans Tespace de quelques jours t Ce fureol Mlles Claire Véronique Gi bot» Sophie TliooMis, Joséphine Saulnier^ Rosalie Bloaoi et Jeanne Fossin.

Us dites demoiselles se réunirent chaque âinanchechez Mlle Perrier, où l'abbé P. se rendait, et, par ses instructions, ses entre- Iteos, S9% avis il affermissait de plus en plus i« volonté oii toutes étaient de se vouer entièrement au service de Dieu. Plusieurs neuvaines furent laites pour appeler les luouères du ciel.

Les habitants de la ville ne virent pas ces

^semblées sans chercher h en pénétrer le

iDOiif. Chacun en parla selon ses vues, ses

^V^moas, oa les blAma généralement, et dès

lors elles furent en butte à toutes sortes

dbamiliatioas* Loin d'intimider et d'abattre

19 résolmion prise, ces demoiselles n'en de-

vioreot que plus courageuses è embrasser

^vec )oi« l'oocasion favorable de se déclarer

pour la cause de la religion en se résignant

•lA critiqae d'un monde toujours ennemi

dWaré lie la piété.

i>iou fut de nouveau consulté dans une

Janine en l'honneur de saint François de

^i^;* fille commença le 15 août et fut ter-

m^ le SI, fête de sainte Chantai. La

Pnere, le Jeûne, la pénitence, tout fut em-

ployé pendant cette neuvaine afin d'obtenir du ciel les lumières nécessaires et la grâce de surmonter les difficultés sans cesse renaissantes.

Après avoir do nouveau posé et mûri le projet, il fut arrêté qu'on travaillerait à son exécution. Au mois d'octol>re 1818, on fit l'achat de t'faôtel de Rohan, ancien pensionnat de Mme Campan, situé rue des Ursulines, &2. Cette acquisition causa une grande joie, et fut pour ces demoiselles un dédommagement I tant de peines déjk souffertes.

Plusieurs de ces oemoiselles prirent une part active h l'ameublement de la nouvelle maison; de nombreux voyages furent faits, et chacune d'elles apporta sa quotepart d'effets et de fatigue. D'un commun accord, elles prirent des vêtements fort simples, un chflle noir et un bonnet uni $ ce fût la veille de Noël qu'elles revêtirent ce costume. Ce même

{'our elles se réunirent pour passer ensem- )le la soirée, assistèrent eut Matines et à la grand'Messe, puis rentrèrent de nouveau chez Mlle Perrier pour y passer le reste de la nuit k prier et k chanter des cantiques; ce qui ne les empêcha pas le lendemain d'assister aux oiRces de cette grande fête. A la vue de leur nouveau costume, le public recommença è les persécuter, è les railler plus que jamais ; on alla même jusqu'à les jouer au théâtre, mais rien ne les intimida, et ce fut avec une joie difficile à décrire

Ju'eiles virent arriver le jour où il leur fut onné d'habiter sous le même toit, et de prendre possession de la nouvelle communauté. Cette fondation se fit le 28 décembro 1818. Par une faveur providentielle, et sans qu'on y eût songé, ce jour se trouva être celui de la mort de saint François de Sales (sous le patronage duquel on se plaçait).

Mlle Anne Perrier vint accompagnée de son vieux père infirme. Ce vénérable vieillard avait contribué de tout son pouvoir à cette œuvre si consolante pour la religion ; son grand âge, Taffabilité ue son humeur, la douceur de son carainère, et plus encore ses vertus lui avaient acquis l'estime et la vénération publique; on pouvaitdire de Inique ses jours étaient pleins, tant il avait fait de bonnes œuvres, tant sa piété avait été solide.

Dès ce jour, la communauté prit le nom de la Nativité de la sainte Vierge, et Mlle Perrier en fut nommée supérieure.

La maison était située entre cour et jardin (l'une et l'autre irès'^vaste), et depuis longtemps inhabitée, ce qui la rendait très»froi(le et fort humide ; on peut juger ce que durent souffrir sept personnes réunies dans une enceinte si spacieuse. La première nuit qu'elles y passèrent fut des plus pénibles ; la saison constamment rigoureuse vint encore-ajouter aux privations.

La somme qu'on avait donnée pour Tacquisition avait épuisé les ressources; ii fallut donc aviser aux moyens de pourvoir aux tiesoins de chaque jour : on prit de l'ouvrage en ville, chacune s'y activa de son mieux. Pendant le travail, on récitait le cha« pelei^on faisait en commun la lecture spiri*

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luellcy puis on récitait TOfficc de rimmacu* lée Conception.

Le 6 février 1819» plusieurs postulantes se présentèrent. A cette époque, M. Tabbé Pourchon donna un règlement pour toutes les heures du jour. Il fut religieusement observé jusau*au mois de mars 1819, qu'il fut remplacé par la règle de saint Augustin; on récita dès lors l'Office de la sainte Vierge.

Le nouvel établissement prenant des ac* croisseinents, on résolut de le faire approuver par l'autorité civile, è laquelle on donna connaissance ides choses qui s'étaient faites jusque-là, et des projets pour l'avenir: le résultat de cette démarche fut un refus formel de reconnaître la maison comme communauté religieuse . On n'en continua pas moins h vivre comme par le passé et de lutter avec force et énergie contre le mauv^-iis vouloir du conseil municipal. Dès lors, la persécution devint plus vive, on se déchaîna, on fit courir mille bruits, tous au désavantage de la maison; le maire de la ville faisait naître sans c^sse des tracasseries de tout

Senre, et cette œuvre, comuie toutes celles e Dieu, fut marquée au coin do la croix de notre divin Sauveur. Dans ces tristes circonstances, on eut recours à Mgr Charrier de la Roche, évèque de Versailles, (]ui encouragea à poursuivre l'entreprise. Sa Grandeur donna l'autorisation de prendre en secret le voile blanc, puis, quelques mois après, de faire des vœux simples pour un temps limité, et enfin de bénir un oratoire dans l'intérieur de la maison, ce qui se fit le 23 août 1819. Que de prières ferventes 1 que de désirs 1 que de résolutions prises dans cet oratoire béni !... Le ciel écouta ces vœux ardents, et cette petite communauté, comme le grain de sénevé, prit au sein même de la contradiction et des jierséoutions un nouvel accroissement.

On résolut de prendre un costume non pas entièrement religieux, la chose était impossible, vu les circonstances, mnis qui s'en approchât un peu ; il fut composé d'une robe violette, d'un tablier bleu, d'un flcbu blanc, d'un bonnet blanc à simple bande unie, un chapelet au c6té, une croix d'argent passée autour du cou; puis un chAle noir pour sortir, car on était forcé d'aller entendre la Messe et les offices à la paroisse. Au mois de janvier IfôO, on ouvrit un peusionnat oui se monta rapidement. A la fin de l'année, les élèves étaient au nombre de dix-sept.

La mauvaise santé de Mlle Perrier obligea de nommer une nouvelle su(>érieure.

Mlle Claire Gibot fut choisie pour remplir celte charge.

On reçut plusieurs nouvelles prétentlantes dans le courant de cette année. Au mois de mai on travaillait déjà è préparer une petite chapelle. Une vaste salle avec tribune, qui, du temps du pensionnat de Mme Campan, servait de salle de ipectacle et de repré^enlation futalTectée è faire un sanctuaire, une nef pour le public et une petite sacristie ;

la tribune fut destinée aux religieuses ii aux élèves. Un autel fut posé aa millea du sanctuaire; quatre chandeliers de bois doré pour les jours ordinaires et quatre mires argentés pour les grandes fêtes, des Dapi>e$

f garnies de mousseline brodée, desimpies louquets furent toute la décoration qu*oo peut se permettre.

Après trois années d*attente, Mgr donna la permission de prendre imbiiquemeDt le saint habit, et nomma M. l'abbé Pourchon supérieur de l'instiiut. Toutes se pré(«rèrent à cette cérémonie nar une retraite de huit jours ; et par une lerveur tonte nouvelle, un sacrifice complet de lout soi-même, elles appelèrent les oénédictions de Dieu sur elles et sur la maison.

Comme les vêtements avaient été vendus ou employés k l'usage commun, toutes furent obligées de garder, pour la cérémonie, le costume qu^elles portaient; elles y ajoutèrent seulement une collerette de gaie |iour Îiue lo rit du cérémonial pût être exécuté, le fut le 31 septembre qu*eut lieu cette fêture* La petite chapelle avait été ornée du mieux possible; M. Rossan, curé de Saint- Germain, donna le saint habit; cette lérémonila fut simple, mais pieuse et touchante; les assistants en furent très-édiflés, un ser* mon termina cette belle journée. Mlle Anoe- Perrier reçut le nom de sœur Saint-Fraotoii de Sales, Mlle Claire Gibot, supérieure, celui de sainte de Chantai, etc., etc., etc.

A dater de ce jour fortuné, le Seigneurie plut è répandre ses laveurs sur cette oou* velle famille; l'union la plus cordiale unissait tous les cœurs ; le dévouement le plus parfait régnait parmi les membres; une même volonté les portait k la pratique des vertus religieuses. Dès lors l'institat s'assit sur des iMses plus solides. Le public IctU avec des yeux moins hostiles, plusieurs mêmes en devinrent les amis et les dèteoseurs.

Monseigneur, après avoir été oonsollé de nouveau, permit que les six premières fondatrices formassent des vœux perpétoeLs fn raison des vœux simples qu*ellesavaiepi fiits antérieurement, comme nousTavons dit|)lus liaut.

Ce fut le 29 janvier 1823, jour de la ftte du bienheureux saint François de Sales, qu* cette émission de vosux se nt. La supérteurc et deux religieuses de Saint-Thomas de Villeneuve, la supérieure de la Charité h deux autres sœurs accompagnèrent oeiies qui faisaient partie de la céréoflonie, et tin* renl, avec les deux nouvelles novices, qm reçurent le saint habit ce jour-là même, l« drap mortuaire. Un grand concours s>t^it porté dans la chapelle pour être témoin de ces cérémonies.

Tout le clergé de la paroisse y assisuit. M. l'abM Graudmoulin, célèbre i>rédicateu% prononça un discours qui Ût admirer Sito talent et sa profonde iiiété.

Des persécutions s'éleTèreol encorei H* I* maire et d'autres autorités firent naître ue nouveaux troubles, de nouvelles diflkuiit>>

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