DES CADRES BEU(»IEUX
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Flècbe Ifûttfait un grand motif d*entreten4r soD zèle pour la gloire de Dieu. La Hère Cbesoel ne nouTaii souffrir le moindre re- Ikbement son occupation la plus agréable étaitdo traTailler aux ornements de rauteli et toutes ses Filles se faisaient un plaisir de soifreson exemple. Les Teilles, les sacrifices, teut deYCoait agréable à ces saintes religieuses t dès qu'il s'agissait de la gloire de Dieu et de son culte ; aussi vit«on bientôt leur chapelle richement- ornée, et- tout ce qui tenait au service divin , célébré avec beaucoup de pompe et de çiété.
Soo tèle pour la- perfection de ses Filles était admirable ; elle leur procurait des li- Tres spirituels 9 des conférences particulières, sur la vie et sur les vertus religieuses. Elle obligeait celles qui avaient la mémoire la plus heureuse de mettre par écrit les serooos et les entreliens spirituels, dont elle Usait de temps en temps faire la lecture. Ble prenait le même soin des maisons d'Alefl{OQ et de la Ferté, qui étaient ses ouvrages. Ou lui rendait un compte exact de tout tt qui s*/ passait, et elle apprenait avec joie que Dieu jr était servi et honoré. La vigilance, la douceur et la fermeté firent de la Mère Cbesoel une femme forte dans le gouvernement de sa maison. Son exactitude à veiller lor les devoirs des officières et des autres religieuses ne.sentait pointrimportunité; sa rigueur à coninev (es fautes ne diminuait rieu à Tindustrie de sa.charité; elle savait adoucir autant que possible le joug de la reili(iOD.EIle visitait souvent les chambres, n'y tausait rien de superflu^ et aucune ne manquait du nécessaire, fille se possédait parfaitement, et y conservant la paix de son cour, elle la portait partoutr La mortification intérieure était le principe d'une si grande modération; car elle était d'un naturel prompt et srdent. Bile ne souffrait rien de ses filtas qui tint de la vaailé séculière, dans leurs manières ou dans leurs habits. Elle erait soin de les occuper pour éviter Toisi- ^, et de mettre leursouvrages en commun |<our!eur6ter l'esprit de propriété. Elle était eJle-ioéœe un modèle accompli de dévotion et de régularité» .tout respirait en elle le recueillement , la pauvreté, la simplicité religieuse, qu'elle savait accorder avec son au- KM'ité. Sa charité envers les malades était («marquable ; elle se fiiisait leur infirmière et rien n'éuit trop pénible ni trop humiliant pour elle. Ce grand feu de charité se répandait au dehors, surJes pauvres et^les religieux mendiants, par ses soins et ses aumAues; elle ne les retrancha point même pendant les années de disette et de cherté ; eo contraire , elle les augmenta et ordonna qu'on fit faire un plus grand nombre de pains pour les malheureux. La Providence l^nissaitsa charité, en lui rendant le centuple. Dieu voulut que celte digne fille de marie entrât plus avant dans la voie desjus- ^> et que sa patience mit le dernier trait à M sainteté, au milieu des grandes épreuves <r)i lui étaient réservées, et auxquelles la
mort seule mit un terme. Plusieurs de ses
premières associées lui causèrent beaucoup de peine, surtout la plus ancienne , qu'elle fut obligée de renvoyer à Poitiers: la paix se rétablit aussitèt ; mais d'autres aiHictions lui vinrent de la part de quelques religieuses,
3ui animèrent contre elle ses supérieurs, luoiqu'elte s'acquittât dignement de sa charge, les faux rapports, qu'ils écoutèrent trop facilement, leur firent concevoir des sentiments de défiance, auxquels ils cédèrent en s'opposent à ce qu'on la continuât dans la 80i>ériorité. La Mère Chesnel ne souhaitait rien tant que sa déposition ; contente d'avoir contribué pendant douze ans à la fondation et è l'affermissement-deJa maison de la Flèche, elle s'abandonna entièrement à la volonté des autres,' comme si elle n'eûi jamais fait qu'obéir. La Mère Massonneau , qui lui succéda en 163^ lui évita d'autres humiliations» dont cette digne religieuse eût encore.profité pour sa plus grande perfection ;>car.elle ne conaerva jamais le moindre ressentiment de la conduite qu'on tenait k son égard; ne ditaucun mol pour repousser le blâme dont la chargeaient ceux qui ne connaissaient pas son innocence. Dieu la fit passer de cet état sur un lit de douleurs, par un raccourcissement de nerfs et par un tremblement de tout son corps. Elle demeura quatorze mois sur celte croix, avec le seul usage de sa langue, comme le saint homme Job, pour donner k Dieu des louanges. Ou ne saura, dit-elle, ce que je souffre, qu'au jour du jugement.Mais ce qu'on savait déjk, c'était sa conformité è la volonté divine, et sa générosité k s'offrir souvent k Dieu, pour continuer cejsenre de martyre autant de temps qu'il lui -plairait. Notre-Seigneur couronna enfin la patience de sa fervente épouse, le jour de la Pentecôte, 19 mai 1653.
Eu IGSIla communauté élut pour supérieure Marguerite Filloleau. Cette religieuse n'avait encore que trente ans, mais on avait su apprécier son mérite; Mère Chesnel, qu'elle choisit pour mère seconde ou assistante, l'avait elle-même chargée de la direction doses jeunes sœurs,* aussitôt après sa profession. Cet emploi fortifia en elle l'esprit religieux,, qu'elle puisa encore dans les livres de piété, etsurtout dans la lecture de l'Ecriture sainte, et dans les écrits des saints Pères, dont elle savait bon nombre des plus beaux, passages. Elle avait une mémoire si extraordinaire qu'elle savait toute la Bible par cœur, et qu'il lui suffisait d'entendre une rois un sermon pour le répéter littérale* mentk Ellecomprenait parfiiitement le latin. Chaque soir elle commentait d'une manière trèsHntéressante le sujet d'oraison qu'on a coutume de donner pour le lendemain. Son humilité nous a cacné beaucoup de grâces particulières qu'elle a reçues ou Ciel, car elle ne découvrait k ses directeurs mêmes que ses imperfections et ses misères; c'était son langage ordinaire, et le mépris qu'elle faisait d'elle-même lui inspirait ces sentiments.
Consacré dès son enfance k la sainte Vierge, elle s'étudiait k imiter toutes
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DICTIOISi^ÂIRE
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tertus. Elle trouvait dans rexercice d^une oraison très-sublime la grftce intérieure qui animait toutes ses actions, et les lumières
3ui la rendaient si prudente dans la conduite os autres. L*amour dont celte sainte relif^ieuse brûlait pour Dieu, ne pouvait soufirir les moindres offenses contre sa divine majesté, aussi ne laissait-elle aucune occasion de procurer sa gloire. Dans ce dessein elle veillait assidûment au bon ordre de la maison et à ravnncemcnt spirituel de ses filles. F.lle leur fournissait tous les moyens, et tous les secours propres à les faire avancer à grands pas dans la perfection : des exhortations, des conférences, la direction des Pères de la Compagnie de Jésus, entretenaient ce monastère dans une grande ferveur. I/attacbement constant que la cornmnnauté a en pour cette révérende Mère, et les honneurs qu'elle lui a toujours rendus sont de grandes preuves de son rare mérite. Quoique très-jeune encore quand elle fut élue supérieure pour la première fois, elle fut continuée par cinq élections à diverses reprises, et à la sixième il ne lui manqua que deux voix : elle était alors âgée de quatre-vingts ans. Mais il fallait i sa vertu un p<»ds éternel de gloire , elle s*y disposa par nne sainte mort, laissant sa communauté très-ftorissante et composée de quatre-vingts religieuses. Pendant sa su|iériorité et celle des révérendes Mères Marie Pélard, Catherine Bidault de Rochefort, Barbe Pignard et Rousseau, la communauté avait pris beaucoup d'extension. Resserrées dans le local qu'elles occupaient proche les remparts, les reli(<ieuses avaient en 163S, obtenu du roi, de la ville et de Tévèque, la permission d'établir une arcade sur la rue, afin d'utiliser des maisons qu'elles avaient achetées en ihce, pour faire les classes aux enfants. En 1657, elles achetèrent de l'autre côté du rempart, une pièce de terre de vingt-huit journaux, que leur vendit le marquis de la Varenne, gouverneur du château et de la ville de la Flèche. Ce bien ayant appartenu -à la couronne pouvait être racheté d'un jour à Tautre : le roi, è la prière des religieuses, voulut bien renoncer à ce droit, moyennant une rente de six sous six derniers qu'elles payeraient chaque année h la baronnie de la Flèche, et une Messe qu'elles feraient tous les ans célébrer dans leur chapelle pour lui, ses prédécesseurs, ses successeurs et la prospérité de l'Etat. Il les autorisa en même temps h communiquer ce nouveau local par un souterrain qu elles auraient pu établir sous les remparts, le chemin de ronde et la pièce d'eau qui les en séparaient* Ce beau parc entrecoupé aujourd'hui de différentes rues, forme ce qu'on appelle la nouvelle ville. Kn 16S5, Henri Arnault, évéque d'Angers, vint poser la première pierre d'une chapelle plus grande, et en flt la consécration le 28 octobre suivant. Marie Pélard avait fait jeter les fondements des bâiiments destinés à la communauté ; ils furent continués par les supérieures dont nous venons de parler, et
|iar les Mères de Briolay,DacygneetBeiocier de Mony.
Ces révérendes Hères eurent la consoiation de voir un grand nombre de leurs filles se distinguer par une piété éclairée et ud zèle ardent pour la sanctification des jeunes personnes qui leur étaient confiées. Il ne saurait entrer dans nos vues de raconter la conduite édifiante de chacune; qu'il noos suffise de dire que la même édification a ét^ donnée sous les révérendes Mères qui se sont succédé dans la charge de supérieure, et dont nous ne pouvons que mentionner les noms pour la plupart très-connus encore dans la ville de la Flèche; ce sont Jeanne de Sales, Marguerite Ribourg, Elisabeth Gallois, Françoise Ribot, Marthe Decyau; Françoise Corvasrer de Vanrobert, P.Dcnyau, Anne Nail de ta Saintosnière, Catherine Gallois de la Racinays, Agathe Dorvaulx, Modeste Colasseau de la MachefoU lière, et Marie-Thérèse Saullay. Cette dernière exerçait depuis peu les fonctions si CéniUes de Is supériorité, quand l'Âssenilée nationale força les religieuses h sortir de leurs couvents et fit vendce leurs biens, meubles et immeubles. La communauté de Notre-Dame de la Flèche comptait alors une quarantaine de religieuses, dont six converses. Le pensionnat ne se composait que d'un petit nombre d'élèves. Alors, comme aujourd'hui encore en Espagne, les pensionnats de Notre-Dame ne receTaient ordinairement que les jeunes personnes étrangères h la ville, et même plusieurs de celles-ci étaient reçues dans des maisons particulières, et fréqueolaieni les classes gratuites où se présentaient en grand oombre les enfants des riches et despaaircs.
Toutes les religieuses de Notre-Uame furent fidèles à leurs saints engaf^ments, et comme elles ne pouvaient se résigner a rentrer dans le monde, plusieurs se réfugièrent à rhftpital de la Flèche , ou aux en? irons dans certaines congrégations tolérées par le gouvernement. D'autres fiwenl emprisonnées; une d'elles, Catherine Frémoot, fpt déportée à Cayenne, d'où elle revint a^ la révolution, heureuse de pouvoir se réunir à ses sœurs qu'elle, édifia jusque sa sa mort (1830). Ces dignes religieuses ne purent rester longtemps dans les eonuDunautés qui leur avaient donné un asile. Elles se rendirent dans leurs fiimilles dont elles furent l'édification |iar leur verto. ci où elles continuèrent d'instruire les enfants. ,
Les temps étant devenus un pett p*^^ calmes, quelques-unes des religieuses qm avaient survécu se réunirent dans nue d^>; son particulière, rue Vernevelle, où eiM*> tinrent une école privée. Leur nombre ^^ tant successivement élevé à onto, elles éiablirent en 18M, avec \e conseotemeot «.(•$ autorités locales, une école publique, <V^^ fut dès l'origine fort nombreuse et dont i* * proçrès firent sentir l'opportunité de r^ tablir cette intéressante et utile cooiiuunauté.
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DES ORDRES REUGIEUX.
On trarailla à ce rélablissemonl en 1805, et le 31 mars 1806 « un décret impérial autorisa pro?i$oireinent l*insUlut, et permit «as reiigieQses d'admettre de nouvelles associto; mais elles ne purent proGter alors tie cette première laveur.
Pendant plusieurs années des efforts géfléreax furent Inutilement tentés» pour leur procorer une maison convenable. EnGn il. et Mme Devives, riches propriétaires de la Flèche, s'engagèrent dans ce dessein à donner une somme de 10,800 francs, et Mme Darousi, que les religieuses regardaient comme leur supérieure, et chez qui elles demeuraient, étant devenue héritière de Mme Devives, sa sœur, se vit en état d'acquérir les bâtiments de Tancien couvent de h Madeleine, qui étaient en vente : cette communauté avait été dissoute en 1789, par lolorilé épiscopale, après un siècle d'existeoce. Elle se pourvut auprès du gouvernement et se fit autoriser à l'acheter, et è en liire donation légale à sa communauté : cette autorisation fut confirmée de nouveau dans l'ordonnance du 18 septembre 1816 par hqaelle la communauté fut définitivement ipproufée.
Lacie de donation fut accepté au nom de J communauté par Mme Péan-Douasne , Dommée supérieure k cet effet. Les reli- (fieuses étant ainsi devenues propriétaires de oalto nouvelle maison, hâtèrent les trauax et réparations convenables pour y vivre ieloo leurs règles.
EnGn arriva le 26 juin 1817, jour à jamais béni dans cette maison. Toutes ces saintes Ues étaient réunies chez Mme Davoust qu'elles continuaient d'honorer comme leur supérieure. Elles avaient eu la veille la consolation de recevoir une ancienne religieuse de leur maison d'Alençon, déjà DOmmée plus haut. Le clergé, suivi des autorités civiles et judiciaires, vint processioDDellement les chercher, les accoml^gna à Téglise paroissiale, où Ton chanta une Messe solennelle du Saint-Esprit; la chapelle de la communauté étant trop petite |>our contenir les assistants. Après la Messe, ^ procession se remit en marche et conduisit les religieuses dans leur nouvelle luaison. Elles se rendirent de suite à leur chcBUf, pendant que la procession se dirigeait vers letff chapelle, pour y recevoir la bénédiction du Saint-Sacrement et y chanter G[lernativement avec le clergé un Te Dtum d'actions de grAces, qu'elles renouvellent chaque année avec un grand bonheur.
Nous n'essayerons pas de dire les sentiments dont elles furent pénétrées dans cette rentrée solennelle, en se voyant encore une i^is sé|iarées de ce monde au'elles avaient retrouvé si méchant, où s'étaient écoulés pour elles des jours si longs et si malbenreoi.... Dans cette sainte sollicitude^ ces dienes religieuses allaient nouvoir vivre ^lon leurs règles en vraies Filles de Notre- I>ao)e. Plus d'une, au moment de cette inslaltatiun si pieuse, de cet hommage si cordial rendu è la religion dans leurs per-
sonnes, se rappelait ce jour, de si triste mémoire, où, forcées de sortir de leur clottre, elles n'avaient reçu que des marques craintives d'un intérêt inspiré par leur position, à quelques Ames hounètes et compa« tissantes.
Ce jour fut vraiment une iéte pour la Flèche et les environs. Tout se passa dans le plus grand calme ;jan ordre parfait régna pendant la cérémonie.
Le lendemain, M. de la Roche, curé de la Flèche et supérieur de cette cx)mmunauté qui lui doit en grande partie sa restauration, entra dans la maison avec Tautorisation de Mgr Pévéque du Mans, pour la bénir ainsi que le chœur et le cimetière. 11 était a<;sisté, par M. Gournay, aumônier des religieuses.
Rendues à elles-mêmes, ces ferventes épouses de Jésus-Christ s'appliquèrent à faire revivre leur zèle dans tous ses points. Comme elles n'avaient pas encore de supérieure élue canoniqueuient pour les gouverner, elles se réunirent le 18 juillet suivant sous la présidence de M. de la Roche, et choisirent Mme Davoust, oui fut proclamée supérieure, et confirmée dans cette charge par le président délégué par Mgr l'évAque.
Quelques jours après la Mère Perrault,
Î|Ut exerçait depuis plusieurs années les onctions de procureuse, rendit ses comptes devant M. le Supérieur et la Rév. Mère, et aussitôt, chacune des religieuses vint avec la plus grande édification apporter ce qui lui restait, soit en argent, soit en objets do quelque valeur, pour remettre tout en commun, et observer strictement la sainte vertu de pauvreté. Leurs ressources étaient bien modiques, mais elles se reposaient sur la Providence qui venait de mettre le comble h leurs désirs.
L'année suivante, elles perdirent leur révérende Mère et la remplacèrent par la Mère Péan-Douasne, jusqu'en 1827, ou la Mère Piveron fut élue. £n 1833 il restait un petit nombre de ces vénérables Mères qui avaient
fiasse par les dures épreuves de la révoution, et elles s'affaiblissaient de plus en plus; les jeunes n'inspiraient pas encore toute la confiance désirable. Mgr Carron, évoque du Mans, proposa de demander une supérieure à la maison de Poitiers qui possédait plusieurs sujets très-remnrquables, et commecettecomniunauiéavait autrefois fondé celle de la Flèche, la Providence ménagea cette nouvelle circonstance, |)Our renouveler les liens et les bous rapports de ces deux maisons.
L^s religieuses, sous la présidence de Mgr révoque, élurent à Tunanimité Mme Pauline Fradin, religieuse de la communauté de Poitiers. Un double du procèsverbal fut envoyé h la Rév. Mère Ménardiôre, sa supérieure, avec une lettre signée de toutes \%s religieuses de Notre-Dame de la Flèche, pour Ta prier d'accéder à leurs vœux. Leur demande fut favorablement ac« cueillie, et Mère Fradin faisant gén reuse-
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MCTimNAlRB
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nenl le sacrifice qu'on lui deaiandait, arpîfaau milieu de sa nouvelle famille le 31 mai, accompagnée de M. Gronmenault» curé de la Flèche, el de M. raum6oier,qai étaient allés la chercher.
La Flèche a eu le bonheur de conserTer pendant près de vingt-deux ans cette digne supérieure, réélue chaque iriennat à Tunanimité. Sous sa direction si sajje et toute maternelle, la communauté a pris un grand accroissement. Il n*y avait pas encore deux ans (|u'elle dirigeait la maison, et déjà elle faisait poser et bénir la première pierre d*nne nouvelle chapelle que Mgr Bouvier, évoque du Mans, vint consacrer le 1$ no* vembre 1836, assisté de Mgr de Simony, évéque de Soissons et de Laon qui, sur sa demande, voulut bien officier pontiûcalement à l'issue de la cérémonie. Cette chapelle fut dédiée à Tlmmaculée Conception de la sainte Vierge, sous Tinvocation spé* ciale de sainte Véréconde et sdint Clément, martyrs.
Depuis, cette digne Mère a fait aussi construire à neuf un magnifique pensionnat et une belle communauté où elle se faisait un bonheur d'introduire bientôt sa nombreuse famille, mais Dieu avait d'autres desseins sur elle : celle terre promise à sa toif et achetée au prix de la plus laborieuse sollicitude, il lui en a demandé le sacrifice, mais pour la faire entrer dans un monde meilleur, et la mettre en possession d'une demeure plus stable et plus heureuse, où ses vertus devaient trouver une éternelle récompense.
Chaque époque a ses exigences. De nos jours, le cercle de l'instruction donnée aux demoiselles s'est agrandie d'une manière remarquable. Mère Fradin le comprenait parfaitemert, et appréciant topt ce qu'il y a de juste dans ce aue réclament les progrès de notre siècle, elle ne négligea rien pour mettre ses Filles en état de donner une éducation convenable aux jeunes personnes qui leur seraient confiées. Elle ne se bornait pas à exercer ce zèle dans sa maison; son amour pour tout Tordre lui faisait communiquer ses idées si droites aux nombreuses maisons qui s'estimaient heureuses d'être en relation avec elle. Sans cesse son zèle les encourageait è marcher dans cette voie de dévouement, et ii mettre tout en œuvre pour remplir dignement le but de Tinstitut. C'est ainsi qu'elle put prêter de ses filles è plusieurs communautés de l'ordre, tant en France qu'à Rome.
Depuis la mort si édifiante de cette révérende Mère qui eut lieu le 24 août 1853, la communauté continue d'être animée du même esprit; elle a fait Tannée dernière le sacrifice de sa supérieure, réclamée à Bordeaux pour diriger cette maison, première de Tordre ; dans la même circonstance, elle s'est encore privée de quelaues sujets de grande espérance, afin que l'œuvre importante dont il s'agissait, devint plus facile et plus complète.
Aujourd'hui la communauté de Notre-
Dame de la Flèche se compose de dix-buii Mères, dooze sœurs de cheaur, seize somn compagnes, sans comnter les novices, les postulantes et les tourières occupées aa ser* vice du. dehors de la maison. Son pensioi^ nat, un des plus florissants du diocèse, compte soixante-dix élèves; ses classes gratuites sont fréquentées par près de MO petites filles, et une classe d'adultes réomt tous les dimanches, entre les (MBces, une soixantaine de jeunes ouvrières.
NOTRE-DAME DE SAMONTGIE (CoiiGBi- 6^i0!f DBS SœuBS de) , à SamonigU {Loire}^ diocèse de Lyon,
La congrégation de Notre-Dame de Samontgie a commencé h se former ep 1835. Marie Villeneuve, Marie Tholas et Uarie QuatresenSt se réunirent dans la premièrt paroisse de Medeyroles , arrondissem«nl d'Ambert, diocèse de Clermont (Puj-de« Dôme), pour fonder une communaoté. Elles s'adressèrent à la congrégation des reli* gîeuses d'Usson, diocèse de Lyon, départemenL de la Loire, qui sous le nom de Notre-Dame de Chambrias, fait Tornemeat de la contrée et travaille avec beaucoup lie zèle et de succès k l'instruction de la jeunesse, et au soulagement des malades. Les religieuses d'Usson donnèrent une su}rérieure k ces trois pieuses filles, ainsi que leurs saintes règles, qiii ont |)Our bel de procurer la gloire de Dieu et de senrir le prochain, l^esj'ègles et les costumes sont les mêmes que les règles et les costumes des religieuses de Saint-Josepb, dites du Bod< Pasteur. En 1836, Marie Séden, Anne 6ue« rinin et Marie Bruyère fondèrent une se* conde communauté a Aix-la-Fagetle, caoïon de Saint-Germain-L'herm; en 18M, Hsrie- Duprat, Marie-Augier et Marie-JozanDy firent aussi un établissement k Samootgie (canton de Bressac.)
Les supérieurs ecclésiastiques de Lroo ne voulant pas se charger de la dîrectioo de ces trois maisons établies dans le diocèse de Clermont, Mgr Tévéque, témoin des bé* uédictions que Te bon Dieu répandait sur ces établissements et du bien qu'ils &!• saient, fixa la maison mère k Samoolgie, comme la localité la plus centrale. L'ordonnance épiscopale eut lieule ^novembre I8ik Depuis cette époque, la maison mère a envoyé des religieuses aux paroisses de Vod«blés, de la Chapelle sous Marcourse,de grauJ Rif de la Peslières, de laRourlhomme, ei de 8oubeyrat, toutes situées dan^ la montagne où régnait la plus grande ignorance.
Ce qui rend plus précieuse la congréga tion des Sœurs de Noire-Dame de SaaH>m* ie, c'est qu'elles remplissent un vide, quel* es satisfont k un besoin des plus urgents, auxquels n'avaient jamais pourvu les congrégations qui existent depuis de longues années ; se contentant de peu, elles ne 5ont point k charffe aux familles. Ces sesurs fer* ventes et dévouées aux bonnes ouvres, mettent leur gloire k répandre dans les r^iroisses perdues dans les montagnes, rii>s^
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DES ORDRES RELIGIEUX
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traction religieuse, el avec elle ta pratique .le toutes les vertus dont elles oftrent le parfsii modèle. Elles font la classe aux enfants; elles leur apprennent à travailler, à faire de )a dentelle; elles assistent et soignent les malades. Leur dévouement et leur désintére>5ement admirables attirent sur cette congrégation les bénédictions abondantes du
del.
NOTRE-DAME DE LA RETRAITE (Cou- GRéoATioii dk), ou NoiTe^Damt du Cenaeh. [Voy. Retraite.)
L*œofre des retraites, but de cette congrégation, a pris naissance è Lalouvesc, petit Tjllage des montagnes du Vivarais, où Ton féoère le tombeau de saint François. Régis, l'apôtre des Cévennes; Dieu voulant que cette œuvre eût pour protecteur un des grands saints des derniers temps de TEglise, iormé lui-même è \'école des exercices qui servent de base aux retraites, et sanctiflé jiar leur usage. De là le nom des Retraites Saint-Régis donné à Lalouvesc , à la première maison de l'œuvre.
la Congrégation naissante fut autorisée en 1836 par Tévèque diocésain, Mgr Rounel, éfêque de Viviers. Mais c'est àsonsucces- Kor immédiat, Mgr Guibert, qu'elle doit en 18U l'approbation de ses Constitutions et de ses régies sous le nom de Congrégation de Kotre-Dame de la Retraite, ou de Notre- 0ame au Cénacle: le vocable et le patronage de Marie au Cénacle, convenant spécialement au but que se proposent les membres de la congrégation. Ce que nous lisons ^^ce sujet dans les saintes Ecritures suggère idée des Retraites, et en donne le modèle dans la réunion des apôtres et des premiers tiièles, sous les auspices de Marie, la mère de grâce, avec laquelle ils persévéraient dans la prière. De plus, ce nom de bénédiction, en rappelant 1 origine, la fln et les conditions des retraites, offre en même temps dans cette première assemblée de l'Eglise naissante le parfait modèle dMqe commuûauié religieuse.
La Congrégation do Notre-Dame de la Hqtfaite, outre l'approbation de ses constilu- Jjons et de ses règles, doit aussi à Mgr guibert la bénédiction de Sa Sainteté Te "îjw Gréjjoire XVI, et diverses indulgçnces ^" a daigné lui concéder. C'est Mgr Guiûert encore qui a sollicité pour elle auprès dejqoire Très-Sainl-Père le Pape Pie l\, qm a bien voulu les accorder, deux indul- Sences plénières à l'occasion des retraites , 1 une en faveur des retraitantes, l'autre en wcur des religieuses.
t^ coQgréi^ation a pour objet spécial Tinstruciion religieuse des femmes de toutes wndiiions : elle tend à ce but par le moyen «w retraites, son çeuvre principale, et par ^^^\ des catéchismes qui se font dans ces jD^iJOns, individuellement ou en commun, a toutes les personnes adultes qui y vien- •^^"1 dans cette intention. Do plus, elle P^cie son concours à toutes les œuvres qui ^&^ IK)Qr fia le salut et le bien des flmes.
Elle ne s'abstient qc^ de celles qui demand».*nt des soins assidus et perpétuels, imcompatibles avec des retraites continues : comme serait l'éducation des enfants, la tenue des hospices, etc., œuvres auxquelles la charité a du reste suffisamment pourvu.
Outre les retraites et catéchismes, la congrégation ouvre ses maisons, et po.ur le temps nécessaire àceWeffet, aux protestantes ou autres personnes q\xi sont eu voie de conversion.
On peut considérer ces maisons comme des écoles de doctrine chrétienne, ouvertes à toutes les femmes qui seront amenées à l'y chercher, et des asiles de recueille ment, oit celles qui veulent se former h la vie chrétienne trouvent è cet effet toutes les facilités et les divers genres d'assistances désirables.
Les retraites qui réunissent un nombre suffisant de retraitantes sont présidées par un directeur qui leur donne en commun les instructions nécessaires , proportionées h l'importance de la réunion. Les retraites individuelles sont dirigées par le confesseur de chaque retraitante. Parmi les retraites communes on distingue les générales, ou celles qui sont spéciales, selon qu'elles sont données à des personnes de toutes conditions ou à celles d'une profession particulière.
Dans le nombre des œuvres de la congrégation, on peut désigner à Paris l'association des institutrices, l'association en l'honneur de l'Immaculée Conception, pour les jeunes personnes employées dans le commerce, qui leur offre un soutien au milieu des dangers qui les environne. A L^on on peut nommer la congrégation des jeunes ouvrières de Notre-Dame de Fourvières.
La Congrégation de Notre - Dame de la Retraite compte jusqu'à ce moment quatre maisons, toutes soumises à lu même supérieure générale. Une à Lalouvesc, près du tombeau de saint Régis ; cette maison, berceau de l'institut, est dès lors particulièrement chère h ses membres. Une seconde à Tournon sur Rhône. La troisième a été commencée à Lyon en IMO, sur la demande de Son Eminence Mgr le cardinal de Ronald. La quatrième a été fondée à Paris, en 185Q.
Une cinquième maison va être établie à Montpellier, et donnera aux provinces méridionales son asile de prière et de recueillement.
NOTRE-DAME DE SION ( CoHGRàGATioii DES aBLioiBDSKS dk)* maûoA mire à Parié
L'œuvre de Notre-Dame de Sion se rattache k la conversion qui eut lieu à Rome le 20 janvier 1842.
Celui qui fut l'objet de cette grâce se sentit vivement.'pressé, dès les premiers instants où il ouvrit les yeux h la lumière, de faire participer ses anciens coreligionnaires à cette grande miséricorde.
Sous Tinflueuce incessante de cette penséei il se préoccupait déjà des moyens de la
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Dl(rilO?Q(ÂlRE
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ré/iliser pendant sa ^retraite préparatoire du saint baptême.
Il en écrivit à son frère» missionnaire apostolique, qui remplissait les fonctions de sous-directeur de Tarchiconfrérie de Notre- Dame des Victoires, à Paris. Il le conjura défaire Tacquisition d'une maison pour y élever des enfants Israélites, et leur procurer, avec le consentement dn leurs parents, le bienfait de la régénération chrétienne.
Celle pensée parut ex^aordinaire à tous égards Néanmoins on ne voulut point la rejeter sans avoir consulté Dieu; et le missionnaire, se tournant vers la glorieuse Qlle de David, lui dit avec simplicité : « Si c*est vous, ô Mariel qui voulez cette œuvre, et qui avez inspiré celte pensée, faites-le-moi connaître par un signe; envoyez-moi sans retard un enfant, un seul enfant dlsraël ; et ce sera pour moi, à mes yeux, comme une marque de votre approbation I
Le signe ne se Qt pas attendre.
Le même jour, il reçut ,une lettre de M. Tabbé Aladel, supérieur des Lazaristes de Paris qui l'informait qu'une dame israélile, dangereusement malade, désirait, avant de niourir, confier ses deux jeunes filles à des mains chrétiennes. Ce fut avec une émotion
firofonde qu*il se rendit auprès de celte emrae respectable. Il lui montra, par TEcricriture, que Jésus-Christ était le Messie, l'uni-
3ue Rédempteur sans lequel ilVy a point c salut; que le christianisme, loin d'être une autre religion que celle des Juifs, n'était que l'accomplissement des prophéties sacrées; et que la foi chrétienne n'était que la foi d'Israël propagée dans tout l'univers, selon les promesses faites à Abraham et aux patriarches : Toutes les nations de la terre seront bénies en celui qui sortira de vous, {Gen. xxii, 18.)
Le voile tomba des yeux de cette digne fille de Jacob; elle demanda le baptême, et peu de jours après, elle mourut eu bénissant les noms de Jésus et de Marie.
La semaine n'était pas encore écoulée, qu*une dame Israélite, irappée du récit de la conversion qui s'était accomplie h Rome, vint trouver le même prêtre, et è la suite de quelques entretiens, elle lui remit ses enfants pour en faire desClirétiennes : bientôt après, elle voulut elle-même être baptisée; et elle amena successivement aux fonts sacrés ses jeunes fils et la famille tout entière de sa sœur.
Plusieurs autres catéchumènes se présentèrent dans le même temps. Ils s*attiraient les uns les autres en se communiquant les consolations douces que leur procurait l'instruction chrétienne. La plupart des jeunes enfants furent provisoirement placées dans la maisou de la Providence dirigée par les Sœurs de Saint- Vincent de Paul, et composèrent le premier noyau de Tinstitut des néophytes.
Ces prémices se développaient, à vued'œil, sous la protection de la miséricordieuse Mère du Sauveur : le moment était venu d'organiser l'œuvre.de la consolider et de lui donner une vie propre.
Mais alors se présentait une sérieuse ditEculte. On se demandait quelles seraient les servantes de Dieu, les mères spirituelles qui s'intéresseraient spécialement au salut des Juifs; qui prieraient avec persévérance pour ces restes de l'ancien peuplede Dieu; qui se dévoueraient h l'instruction des catéchumènes, h l'éducation des néophytes, aux soins de tant d'enfants nouvellement nos à l'église? Les congrégations religieuses existantes, ayant chacune leur but marqué, leur spjière d'activité propre, et ne pouvant d'ailleurs s'écarter des limites de leurs attributions, ne semblaient pas s'adapter aux conditions de l'œuvre naissante, dont les éléments réelsroaient une culture particulière. Surcepint, l'avenir ne s'était pas encore dévoilé; et aucune lumière, aucune indicalioo n'avait éclairci une question si importante.
C'était à Rome que la première pensée de Tœuvre avait jailli t cest aussi è Rome qu'elle devait recevoir sa consécration.
A cette époque, au mois de juin 18i2, le sous-directeur de l'archiconfrérie se rendit dans la cité sainte, avec le vénérable coré deNotre-Dame des Victoires. Dès sonarrivéts il se mit aux pieds du Souverain Ponlife Grégoire XVI; et après lui avoir exposé ce que la divine Pravidence avait lait, il se sentit encouragé à demander au Saint-Père la mission spécial de travaillera ramener au^ bercail de I Eglise les brebis dispersées du troupeau d'Israël. Le vicaire de Jésus-Chrisl, digne successeur de l'apdtre des Juifs, daigna accueillir ce vœu; et levant ses dcui mains sur la tète du missionnaire, il lui donna, avec une grande effusion de charilé apostolique, la bénédiction qui dut féconder cette œuvre salutaire.
La grAce, émanée du siège de Pierre, produisit immédiatement des eiïets précieoi; les conversions se multiplièrent par des voies admirables; et en mènve temps le cœur do Marie, source de toute tendresse maternelle^ mit au cœur de quelques pieuses Chrétieni^s la pensée de se consacrer spécialement à U régénéralionet au salut des Juifs.
Animées d'une vive conQance,ellesrasseiublent autour d'elles les âmos déjà conqui&e.s; elles en appellent d'autres, et posent les foodéments d'un premier établissement.
C'était au mois de Marie 18i3.
A mesure que les brebis de cette bergerie croissaient en nombre, le Seigneur augmeo* tait aussi les instruments de la grâce divine. De^ Chrétiennes dévouées vinrent seccessivemeni se joindre aux premières fondatrices; et toutes ensemble, unies dans un même esprit et un mémo sentiment, travaillèreni* sous lea auspices de Marie, à raffermissement et à l'extension de leur communauté.
Au commencement do l'année 18U, la première maison ne suffisait déjà plus pour abriter les jeunes néophytes. On nt l'acquisition d'une maison plus vaste, dont le régime intérieur prit graduellement laformc, la règle et les traditions de la vie religi^u^^i et la nouvelle famille se p]a{a tout d^alnrJ ^ous le patronage de Notre-Dame de Sieft
MOT
DES ORDRES RELIGIEUX