‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 140 sur 220 · VI · texte numérisé non relu

VI

De pui:{$ants encouragements vinrent la fortifier. Ugr Affre, le saint arche vfique de Paris, touché da bien qui s*acompli$sait dans la maison de Sion» lui accorda une cha-

Ëtleoù lui-mâme vint administrer plusieurs is les sacrements de baptême et ae contirinaiion. Mgr Sibour , son digne et vénéré successeur, pleia de compassion pour les brebis égarées de la maison d'Israël, ajouta (Je nouyeaux témoignages de bienveillance à ceux du prélat martvr, et daigna exprimer baoïemont ses sympat'hies pour cette œuvre. D*9ulres princes de PEglise, le nonce de Sa Sainteté, Son Eminence le cardinal Fornari, le cardinal Giraud de Cambrai, le cardinal arclieféque de Bordeaux; plus tard le patriarche de Jérusalem, et un grand nombre de nos seigneurs les archevéciues et évé- (mes voulurent visiter et bénir le bercail des néophytes.

, A ces hautes approbations, est venue s'a- 'ouler la plus précieuse de toutes les faveurs; te Souverain Pontife lui même, Pie IX, informé des résultats obtenus par ta communauté de Notre-Dame de Sîon, lui adressa im bref en date du 15 janvier 18t^7, et lui concéda de nombreuses indulgences. Puis, ouvrant derechef les trésors ne TEglise, et donnant cours k sa bienveillance paternelle, ii daigna étendre ces indulgences à tous les OJèles qui apporteraient leur concours à l'iwivre.

La bénédiction du vicaire de Jésus-Christ tomba comme une rosée féconde sur la montagne de Sion , et Qt mûrir des moissons de plus en plus abondantes. On vit des familles entières, touchées de la transformation que le christianisme avait opérée dans mielques-unsde leurs membres, demander rinstructioQ et le baptême; et la sève chrétienne, iirculaat à travers les branches et les rameaux de ces familles nombreuses, remontades petits enfants jusqu'à leurs parents octogénaires. Outre les jeunes enfants, baptisés et élevés dans les établissements de Notre-Dame de Sion, on compte des centaines de néophytes qui vivent chrétiennement dans le monde. Les uns, pour des raisons graves, ne peuvent encore arborer ouvertement la bannière du christianisme; les autres, plus heureux, confeisent leur foi au prix des plus srands sacrifices, et souvent en face des tribulations les plus douloureuses. On remarque parmi eux des personnes de toutes les conditions : des médecins, des avocats, des militaires, des artistes, des littérateurs, des ouvriers; même des vieillards, entre autres, un docte rabbin, ftgé de plus de quatre- vingts ans; quelques-uns ont embrassé la vie religieuse; plusieurs néophytes éprouvées se sont consacrées au Seigneur dans la congrégation des filles de Notre-Dame de Sion.

La grice accordée au zèle apostolique de celle congrégation religieuse ne s'est point frétée aux Juifs; elle s'est répandue également sur des schismatiques et des hérétiques. Ua bon nombre de protestants, parmi lesquels on pourrait citer des noms illustres,

sont rentrés au sein de Tunité catholique dans la chapelle de Notre-Dame de Sion..

Un fait plus remarquable, mais très-peu aperçu de notre époaue, c'est le mouvement général qui se maniieste parmi les Juifs ré-

Eandus dans les diverses contrées du monde, eur contact avec les Chrétiens, depuis que la Providence a permis que les barrières sociales fussent renversées, a eu pour effet de dissoudre les derniers vestiges du leur nationalité, et de les mêler è la vie de la société chrétienne, en sorte qif ils se trouvent enveloppés, et eomnie envahis do tous côtés par l'atmosphère vivifiante du christianisme.

Aujourd'hui, la Synagogue n'est plus ce qu*elle était il y a vingt ou trente ans. Destituée de sa foi antique, et de toute inspiration divine, elle a couvert sa nudité en s'affublant de quelques lambeaux empruntés aux divers cultes chrétiens. Les observances de la Loi sont tombées en désuétude; les traditions thalmudiaues sont inconnues à la génération nouvelle; l'administration du judaïsme, calquée sur celle du proteslantisme« n'est plus qu'une espèce de constitution civile qui varie, et se transforme au gré des gouvernements.

Quand on compare cet étrange mouvement du judaïsme moderne avec l'immobilité où il est demeuré depuis plus de dix-huit siècles, ue peut-on pas constater quelque dessein providentiel sur les restes de Jacob?...

L'Evangile, comme le soleil, a fait le tour du monde. 11 s'est graduellement manifesté h toutes les nations assises dans les ombres de la mort; et, d'un pôle à l'autre, les hérauts apostoliques ont porté les annonces du satut. Jamais le zèle des missionnaires ne se déploya avec plus de puissance et d'universalité.

Et chose merveilleuse, qui ne s'est pas vue dans les siècles passés, aujourd'hui, les femmes elles-iuômes, d'innombrables servantes de Dieu, messagères de la charité, ao répandent sur tous les points du globe, où elles font bénir le nom de Jésus avec le nom de Marie. L Evangile achève la conquête du monde, en même temps que les découvertes de la science rapprochent toutes les distances, et mettent tous les peuples en communication instantanée les uns avec les autres. C'est un nouvel ordre de choses qui commence. Et ne faut-il pas se rappeler, en ces graves conjonctures, la parole sortie de la bouche de Jésus-Christ : Jérusalem iera foulée aux piedsjuiquà ce que le temps de la gentilUé soit accompli? {Luc. xxi, 2i.) Parole commentée par saint Paul lui-même, quand il explique aux Romains de quelle sorte le salut, sorti des Juifs, doit retourner aux Juifs.

Quoi qu'il en soit, la charité catholique, qui s'en va chercher des Ames par toute la terre, passera-l-elle avec indifférence è côté des ruines toujours subsistantes de l'ancien

teuple de Dieu? La charité, qui s'intéres>e toutes les infortunes, et embrasse tous les

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DICTIONNAIRB

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peuples, pourrait-elle oublier les brebis que Jésiis-Christ a si f!|)écialement recommandées aux apôtres : Ile potius ad otcs quœ perierunt domus Israël : « Allez avant tout aux brebis perdues de la maison d* Israël? {tÊalih. Xt 6.) N'est-ce pas elle qui devra remplir la mission dont parle Isaîc : Le Seigneur étendra sa main pour reconquérir les restes de son peuple: il rassemblera des quatre coins de la terre ceux qui avaient été dispersés? {Isa.

XI, 11.) Sans doute, un terrible anathème pèse sur

les Juifs; ils ont méconnu le Sauveur; ils ont blasphémé le saint d'Israël (Isa, i, 4}| comme le prophétisait Isaïe; ils ont demandé que le sang du Juste retombât sur la tête de leurs enfants; et, pendant près de deux mille ans, ils ont traîné à travers le monde le poids d'une visible réprobation. Les prophètes leur avaient prédit cette destinée; mais les mêmes prophètes en prédisent le terme.

Les enfants d'Israël^ dit Tun d'euï, seront longtemps sans rot, sans prince^ sans sacri^ /îce, sans autel ^ sans éphod^ et sans théra^ phins. {Osée m» (h.) Et il ajoute :

Après ce temps, ils reviendront^ et ils cher' cheront le Seigneur leur Dieu et David leur roi: et^ dans les derniers jours^ ils recevront avec une frayeur respectueuse le Seigneur et les grâces qu'il doit leur faire, {Osée ni, k.)

hn ces jours-là^ et en ces temps^ dit un autre prophète^ on cherchera Viniifuité d'Israël^ et elle ne sera plus: parce que je me rendrai fa^ vorable à ceux que j'aurai réservés, {Jerem. L, 20.)

Je répandrai sur eux un esprit de grâce et de prière: ils jetteront les yeux sur moi qu'ils auront percé; ils gémiront avec larmes et soupirs , comme on pleure sur un fils unique ^ et tls seront pénétrés de douleur^ comme on l'est à la mort d'tin fils aîné. {Zach. xii, 10.]

Alors f on demandera au Seigneur : D*ou viennent les plaies que vous avez au milieu des mains? Et il répondra : Tai été percé de ces plaies dans la maison de ceux qui m'aimaient. [Zach. xiii, 6.)

Cependant^ je ne traiterai point ceux qui seront restés de ce peuple comme je les ai traités autrefois f dit le Seigneur des armées ; car il y aura une semence de paix,.,. Et alors^ 6 maison de Juda et maison d'Israël ^ comme vous avez été une malédiction parmi les peu-

Îles^ ainsi je vous sauverai^ et vous serez une énédiction. {Zach. tiii, U.)

Ces textes sacrés, et une foule d*autres prophéties consignées dans rAncien Testament, annoncent avec évidence la conversion des Juifs. Les Livres évangéliques, les enseignements des Pères et des docteurs, et toutes les traditions de TEglise, consacrent les mêmes vérités. L*apôtre saint Paul les résume dans sa divine Eplire aux Romains :

Est-ce que Dieu a rejeté son peuple? Non^ certes: car je suis moi-même Israélite^ de la race tt Abraham, et de la tribu de Benjamin.

Que dirai'je donc? Les Juifs sont-ils tombés de telle sorte que leur chute soit sans remède? A Dieu ne plaise! Mais leur chute est devenue

une occasion de salut aux gentils, a/lu m rexemple des gentils leur donnât de Temiiialion. 0**^ 't '^"'^ chute a été la riches$e du mondCf combien leur plénitude enritkirat-elle le monde encore davantage? Et si Imr perte est devenue la réconciliation du msndt, que sera leur salut^ sinon un relow is (a mort à la vie? Que si les prémices iesJuih ont été saintes^ la masse test aussi: et si la racine est sainte^ les rameaux le sont auui. Or^ si quelques-unes des branches ont Ùé retranchées: et si votii, ^t n'étiez fu*un oti^ vier sauvage, avez été enlé parmi celles gui sont demeurées sur V olivier franc, et avez éU rendu participant de la sève et du suc (fui sort de là racine, n'ayez pas la présomption de vous élever contre tes branches naturelltt: car si vous pensez vous élever au-dessus d'ellet^ sachez que ce n'est pas vous qui j^ortei la racine, mais que c^est la racine qui vous porté.

Mais, direz'vous, ces branches naturellti ont été rompues, afin que je fusse entiàleur place. Cela est vrai : elles ont été rompua à cause de leur incrédulité: et pour tous, tout êtes ferme dans la foi. Cependant, prenez garde de ne vous pas élever, et tenez-tow dans là crainle; car si Dieu n a point épargné les branches naturelles, vous devez craindre qu*il ne vous épargne pas non plus.

Que si eux-mêmes ne demeurent pat dans leur intréduliié, ils seront dé nouveau entét sur leur tige, puisque Dieu est tout-puittant pour les enter encore. Et si vous-même ar«x été coupé de Volivier sauvage, qui était votre tige naturelle, pour être enté contre totre natuft sur Volivier franc, à combien vIm forte raison les branches naturelles de f olivier seront-elles entées sur leur propre tronc!

L'Apôtre continue :

Je veux bien, mes frères, vous découvrir ce mystère et ce secret, afin que vous ne toyn point sages à vos propres yeux : c'est qu une partie des Juifs est tombée dans FateufUment jusqu'à ce que la multitude des nations entrât dans l'Eglise; et qu'ainsi tout Itratl soit sauvé, selon quil est écrit : Il sortira de Sion tin Libérateur qui bannira Fimpiété de Jacob. Et c'est là r alliance que je (troi avec eux, lorsque J aurai effacé leurs péchés. Donc , quant à VÉvangile , ils sont wdnitnant ennemis à cause de vous: mais, qnani à Vélection, ils sont aimés à cause dejeun pères. Car les dons et la vocation de Dieu sont immuables, et il ne s* en repent point.

Ainsi, comme autrefois vous ne croyif»

point en Dieu, et que vous avez ensuits^^ tenu miséricorde^ a cause de V incrédulité i^ Juifs : de même les Juifs n'ont pus cru qui Dieu voulût vous faire miséricorde, ùfinqut la miséricorde qui vous a été faite, leur teru à obtenir miséricorde à leur tour. 0 profondeur des trésors de la sagesse et de lascitnft de Dieu ! Que ses jugements sont imniné' trables et ses voies incompréhensibles t {^os^- XI , i sqq. ]

Sans prétendre computer les temps* oj sonder le mystère des conseils de Dieu «n peut être opportun aujourd'hui de rappel^f ces avertissements d*en haut ; et Ton doit

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DES ORDRES RELIGIEUX

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