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signaler à TaUeDUon chrétienne la situation noorelle du peuple juif. D*un cAté, la dissolution de leurs croyances sous l'action du ralionalisme, et Taltération, sinon Toubli lotal de leurs rites anciens » de leurs traditions, de leurs observances. D'une antre (•art , leur incorporation dans la société chrétienne et les conversions de plus eo plus nombreuses qui éclatent de nos jours : ces changements , ces phénomènes ne seraient-ils i^s les indices d*uno prochaine transformation ? Ne seraient - ils pas les prémices des miséricordes positivement annoncées ?
Et si la Providence choisit ordinairement ce qu'il ^ a de plus faible pour accomplir son OBUvre^ ne faudrait-il pas envisager à ce point de vue et avec une humble espérance» le ministère de N.-D. de Sion? Cette congrégation naissante, consacrée à la Mère idn Sauveur, et placée sous son égide, serail-elie appelée a triompher sur un terrain où, selon l'Ecriture, les forts d'Israël avaient Vux-mèmes cessé de combattre? Ceêsaverunê forUi ffi Israël^ et quieterunt donec* iufge^ Ttt Mater in Israël (Jud. v, 7. ) Auraitelle reçu la bienheureuse mission de faciliter aux cœurs droits la recherche de la Térité, la voie du salut et l'accès du bercail? Serait-elle destinée à consoler des infortnnes qui jusqu'ici repoussaient toute consolation? Le fait seul de son existence et de $à vocation semble se rattacher aux promesses des saintes Ecritures : Youi vous ihtrezy Seigneur^ et vous ferez miséricorde i Sion; car le temps de la miséricorde est «ca», le temps est venu : « Tu exsurgens^ mi^ ufthnis Sion; quia tempus miser endi ejus^ ptiatenii tempus. » {Psal. ci, 11, U.)
Oui , la même charité qui pressait avec tint d'ardeur aaînt Pierre et saint Paul , est loujoars active dans l'Eglise; elle a de nos jours préparé des dévouements nouveaux poar répondre à de nouveaux besoins; et quels qu'en soient les fruits, ces dévouements ne seront pas sans mérite devant Dieu; puîsaue déjà, du vivant de Noire- Seigneur, c était un titre à ses faveurs que d'aimer la nation juive : Diligit enim gen^ fem nostram. ( Lue. vu , 5; )
,La congrégation de Notre-Dame de Sion n est encore qu'une faible plante éclose sur le sol de l'Ectlise; mais, bénie par le Père commun des fidèles , et récemment enrichie ue nouvelles grAces et de nouvelles indulgf^ices , elle a vu ses branches se multipier ï tel point, que déjà elle a dû fonder plusieurs établissements : les uns, devenus des pensionnats Oorissants pour de jeunes Chrétiennes; les autres destinés spécialeloeoi aux catéchumènes, et offrant aux Israélites de tout Age et de toute condition les ^Ofens de s'instruire et d'entrer dans une ère nouvelle.
^Q a PU| lors de la fondation de cette
œuvre, révoquer en doute son utilité, son opportunité ; mais après quatorze années d expériences , et à la vue de sa fécondité, le découragement n'est plus permis. Déjà, quatre cents Israélites ont reçu le baptême; les Ames sauvées attireront d'autres Ames ; désormais l'étincelle vivante qui a réveillé les prémices des enfants d'Israël, ne s'éteindra plus.
Les religieuses de Sion i dont les diverses maisons sont placées sous l'autorité d'une supérieure générale, exerce parmi les Juifs un apostolat qui s'étend de plus en .plus et se uropage partout.
Ce qui a été fondé pour les jeunes filles tend aussi à s'établir pour les garçons: plusieurs ecclésiastiques se sont unis pour seconder l'œuvre de Sion ; prenant pour règle cette parole de Jésus-Cbrf^t : Ite polius ad oves quœ perierunt domus Israël (Matih.
X, 6}, ils n'ont d'autres vœux, d'autres liens que ceux de la charité apostolique ; et partageant leur vie entre le travail et la prière, dans la paix de leur habitation commune, ils poursuivent leur mission principale, tout en remplissant les autres fonctions du ministère ^acré.
Des laïques dévoués et généreux peuvent s'associer, à titre de frères auxiliaires, à cette communauté naissante; et ils suivent \ tous la même règle qui n'est autre que la règle de TEvangile, et qui ne tend qu'à reproduire la vie simple de l'Eglise primitive.
Cette dernière fondation , canoniquement instituée par Mgr l'archevôque de Paris, et encouragée par Ta sainte congrégation de la Propagande de Rome, complète les éléments de I œuvre de Sion ; et, bien qu'elle ne soit encore qu'un germe presque imperceptible, elle renferme une vitalité qui se développera au jour marqué par la Providence.
Rien n'est impossible à Dieu ; et l'on doit beaucoup espérer quand on répète sans cesse avec Jésus - Christ crucifié : Pater^ dimitte illis ! {Luc. xxiii, 3^) quand on redit avec Marie , la céleste reine de Sion : Suscepit Israël puerum sttum, recordatus misericor^ àimsuœl {Luc. i, 6k) quand ou se pénètre des sentiments que le grand Apôtre a ex-
Î ri mes d'une manière si touchante dans son *pUre aux Romains ( ix , 1-5 ) : Ma cons* et ence me rend ce témoignage par le Saint' Esprit t que je suis saisi d'une tristesse pro-* fonde y et que tnoit ccaur est sans cesse pressé d'une violente douleur^ jusque-là que f eusse désiré devenir anathime pour mes frères qui sont d'un même sang que mot, selon la chair ^ les Israélites à qui appartient l'adoption des enfants de Dieu^ sa gloire ^ son alliance ^ sa /et, son culte et ses promesses; de qui les patriarches sont les pires ^ et desquels est sorti ^ selon la chair, Jésus-Christ lui-même ,
Ci est Dieu au-dessus de tout , et béni dans siècles, t
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DICTfONNAmE
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OBLATS (Religieux).
Un oblâty cVst un religieux» qui, sans sVngager par dos vœux, observe une règle monastique, les règles du monastère où il a été admis, en en portant i'tiabit quoique conservant la liberté de quitter cette congrégation. Les Oblats et les Condonnés furent deux espèces de moines, les uns demeurant au voisinage des monastères des religieuses, qui leur fournissaient les choses nécessaires à la vie et auxquelles ils administraient les sacrements; les autres avaient Tadministration des choses temporelles des abbaye^ dans lesquelles ils avaient iait profession. On nommait aussi Oblat Tenfanl que les parents consacraient à Dieu» quoique dans un Age tendre, pour devenir plus tard religieux d'un tel monastère. L'estime particulière .qu'on faisait de l'état religieux dans le moyen Age, la difficulté qu'on trouvait de goûter ailleurs la consolation d'élever chrétiennement les enfants dans le monde, obligeaient les parents de les confier aux monastères pour y être instruits et dirigés dans la piété et dans les sciences. Un grand nombre croyait leur donner la plus grande marque de tendresse on les y consacrant pour toujours. Uii oblat se croyait lié et par son propre choix et par la religion de ses père et mère; il se croyait apostat s'il abandonnait cet état. Cette persuasion était fondée sur l'exemple de Samuel et d'autres enfants offerts à Dieu dès leur naissance pour servir d'abord dans le tabernacle et plus tard dans le temple des Hébreux. Hais ceux-ci n'étaient pas obligés de garder le célibat, ni les autres observances monastiques.
Le concile de Trente, en décidant que la profession religieuse était l'Age de seize ans accomplis et qu'elle ne pouvait avoir lieu qu'après un an de noviciat, a supprimé les oblats. L'examen que font les supérieurs religieux des jeunes gens qui se destinent h la profession religieuse prévient les dan-
f;ers d'une fausse vocation qu'aurait pu eur donner l'éducation qu'ils auraient reçue dans un couvent.
0.1 appelait aussi oblat ou donné, oblats, oblates, ceux ou celles qui se donnent avec leurs biens à un couvent, à la condition d'être nourris et entretenus par les religieux; mais ils devaient rester eux, leurs enfants et leurs descendants au service du couvent. On les recevait en plaçant sur leur cou la corde de la cloche de l'église, et pour marque d'esclavage ils plaçaient sur leur tète quelques pièces de monnaie; d'autres les prenaient ppur les placer sur l'autel. Ces oblats étaient regardés comme des serviteurs de dévotion ; plusieurs cependant portaient l'habit religieux. Quoique, en général, les oblats dont on vient de parler ne portassent pas rhabit religieux, ils portaient, cel^ndanti un costume différent de celui de la
communauté. Quelques-uns enfin donnaient leurs biens au monastère, en gardaient la jouissance pendant toute leur vie, moyennant une petite rente. Les biens ainsi donnés s'appelaient oblates ou choses offertes.
Dans son Histoire de Saint-Jean-Porte- Latine f Cresimi cite des formules d'offrandes des biens^ laites par des oblats, od on fait mention des biens oui ont été donnés. En France on donnait lé nom d'oblat à un moine laïque que le roi plaçait dans les riches abbayes ou dans les prieurés qui étaient en sa domination, afin qu'il y fût nourri, logé, habillé et qu'il y reçût uoe pension ; c'était un moyen de donner une retraite à des soldats Ages, infirmes ou blessés. 11 sonnait la cloche, balayait l'église et rendait d'autres petits services. Tous ces oblats furent transférés par Louis XIV daus rhôtel des Invalides. On raconte que cf^s oblats ont commencé sous la race caftétienne, lorsque les souverains, ayant renoncé au droit d'assister à Télection des abbés, se réservèrent celui de disposer d'ane place de religieux pour un pauvre soldat ou pour une dame dans un monastère de rcii* gieuses. Tout laïque qui obtenait une pension sur un bénéfice était appelé simplement oblat« On parlera en son lieu et sous leurs titres respectifs des autres oblats qui étaient membres d'une congrégation séco* l'ère ou régulière de frères» de moines, des clercs réguliers.
OBLATS DE LA SAINTE VIERGE, de PigneroL
Cette congrégation a été fondée par le R. P. Bruno Sauteri, de Pignerol, en Pié* mont, né en 1759, élevé dans la piété, dnns Tamour de l'étude, dans la dévotion i la sainte Vierge, par son père qui était un médecin distingué. Doué d'un esprit pénétrant, il fit de rapides progrès dans les éludes auiquelles il se livra dans la solitude; de mœurs pqres, et d'une piété fervente il sa sentit appelé^ encore jeune, è l'état religieux; c est pourquoi il embrassa 4a rè^Ie de Saint-Bruno, mais heureusement u bible santé l'avant obligé de quitter les Cbartreux, il se détermina à entrer dans le sacerdoce; il refusa avec fermeté tous les bénéfices qui lui furent offerts, afin de se conserver libre pour se vouer aux œuvres que Dieu lui destinait. D. Sauteri se forma à la science, aux vertus et au zèle d'un vrai ministre de Jésus-Christ par l'exemple, Teobe^ gnement et la direction du célèbre Jésuite P. Diesbach. Il se voua surtout au ministèic de la confession.
Voyant les ravages que produisait la lecture des mauvais livres, il eaaploya lou^v sa vie k foire imprimer les meilleurs ouvrages et è les propager en compagnie du P. I>ie^bach; il travailla sansrelAcbe et avec beau* coup de succès au salut des êiueSf se ser-
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DES ORDRES REIJGIEUX.
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fiol surtout de la méthode si éminemmenl
stiie des exercices de saint Iguace qu'il arait profoodémeni étudiés et médités. Il réanit dans sa maison quelques autres ecclésiastiques pour former une communauté qui prit d*aDord le nom de pieuse union de Siint'Paul. Non-seulement ses membres soccupèrent de leur propre sanctification, mais ils se livraient surtout à la prédication, i la confession ; ils exerçaient leur ministi^re «?fc des fruits merveilleux, dans les hôpitaot, dans les prisons, dans les casernes dos militaires, ainsi que dans la ville et dans la cam^^agûe. Ii>rsque TAllemagne donna des signes évidents d'une réforme, le Pape Pie VI dut se rendre h Vienne, le P. Lanteri el le P. Diesbacb résolurent de Vy précéder (•our réveiller dans cette capitale \a ferveur dans les gens de bien, la foi ()ans les faibles, a la véoéralioo des peuples |iour Sa Sainleié, de peur que les ennemis de r£|$li.se n empêchassent, par la diffusion des livres pestilentiels, les fruits qu'on attendait de ce grand événement.
D. Lanteri, étant de retour k Turin, se sipara du P. Diesbacb; il se voua h la sanc^ li&iation des Allemands et des Français que les évéoemenis politiques avaient conduits i Tarin. 11 se voua avec une plus grande irdeur à rétablir la pieuse union pour les eiercices spirituels; il fit faire une nouvelle éviition d'excellents ouvrages; il convoqua diDS sa propre maison un cours public où il réunit la fleur de la jeunesse et des ecclé* «astiques ; le nombre en fut immense.
En réfutant les fatales objections élevées coQtre la religiou» le P. Lanteri a réuni tou- Us ses fortes, toutes les ressources de son ministère aveo le concours de ses élèves. Cest surtout au milieu des soldats qu'il sentit son zèle se rallumer. Il s'appliqua à dévoiler aux yeux des prélats la conjuration ouverte contre TEglise par ses ennemis et à défendre son chef. Il répandait partout des petites brochures pour la défense du Sonve^ rain Pontife. Quand le ta\ie Fie Vli était retenu en prison, en France, une conduite iidigoe d*éloges provoqua la surveillance <iu ministre des afleires étrangères, il fut obligé de quitter par son ordre Tnrin qui était le principal théAlre de son zèle.
Pie VU ayant recouvré la liberté et étant remonté sur le trône de saint Pierre, le P. Uuteri, attentif à toutes les attaques qui avaient été dirigées contre le dogme et contre la morale de Jésus^Cbrist, témoin des effets funestes qui s'en étaient suivis, la ^rruption des mours, TaSaiblissement de Istoi, les progrès des opinions relâchées; lémoio des plaies que (>roduisaient les systèmes Ibéologiques qui étaient soutenus et ré|»andus en France ei en Flandre, il s*ef* ior(;a de favoriser la piopagation des OëunKS(}« saint Liguori. Ce fut alors que Dieu lui iiispira de iooder une congrégation de prêtres dont le but serait surtout de prêcher les maximes de saint Ignace, de réfuter les principales erreurs des jansénistes et toutes ^iles quon répandait parmi les fidèles, et
DlCTlOTilBI. DBI OrDRBS nBLIO. IV«
pour atteindre ce but, répandre le plo8C|u on pouvait les bons livres dont on ferait on choix selon les besoins du siècle.
Pour obtenir ce résultat, il choisit nombre de prêtres capables de se vouer à cette œuvre, parmi lesquels nous pourrions nommer Jean Reinaud et Joseph S^ggevra, Piémontais, comme les plus distingues. Aussitôt il se rend à Rome, muni de lettres favorables du roi de Sardaigne, Charles-Félix, et des certificats les plus flatteurs de Tévêque de Pi^nerol, qui désirait ardemment cet établissements cause du bien spirituel que son diocèse devait en retirer.
Léon XII qui connaissait les principes, la piété, le zèle et les doctrines du P. Lan* teri, Taccueillit avec une extrême bonté et approuva conséquemment Tinstitution par Si s lettres apostoligues,£/sî Dei Filiuê êuam Ecciesiam du 1*' décembre 1826.
Après avoir fait examiner les statuts par le cardinal PaccV, le titre de la congrégation fut celui d*Oblati d$ la bienheureute vUrge Mariet formée par des prêtres séculiers. Après avoir obtenu la sanction et Papprobation de son institut, le P. Lanteri se dévoua avec le plus grand zèle et la plus vive ardeur à Télabljr solidement à Pignerol, malgré les contradictions et les calomnies que le démon ne manqua pas de susciter contre cette excellente œuvre; il mourut saintement comme il avait vécu, le cinq du mois d*août 1830, a.vant occupé jusque -la la place de recteur-mâjor.
La congrégation des Oblats eut une pieuse réunion de prêtres consacrés è Dieu par Tintermédiaire de la sainte Vierge, pour tendre à leur nropre perfection et à la perfection des fidèles. Ils emploient pour atteindre ce résultat les exercices de saint Ignace; ils remplissent gratuitement les fonctions du saint ministère en public et en particulier toutes les fois qu*ils sont appelés avec la permission de Tordinaire. Ils concourent à former les curés et les ouvriers dans la ville du Seigneur. Ils reçoivent des prêtres pensionnaires pour leur enseigner la théologie, la morale, et les préparer è toutes les autres fonctions du saint ministère ecclésiastique. La congrégation fait une étude partic4ilière des erreurs les plus répandues, alin de pouvoir les réfuter victorieusement et de ne pas s*éloigner de la route de la vérité. Tous les membres professent le plus inviolable attachement, 1 obéissance la plus absolue au Saint-âiége et à tous ses enseignements sans exception; acceptent avec uniformité les opinions de TEglise romaine dans les choses même qui sont laisséesï la libeité de la discussion, et pour cela ils prennent saint Pierre pour leur protecteur particulier. Enfin la congrégation se propose do faire connaître et de répandre les bons livres; car elle savait que, dès Tannée 1525, on avait ré|)andu en France plus de trois millions d'ouvrages infâmes, et qu*oa comptait dans la capitale plus de trois cents cabinets de lecture où la jeunesse moyen-
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NCTfONNAIEE
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nant cinq centimes pooTail aller avaler le fioison qui loi donnait la mort.
Les PP. Oblats font des vomix simples de paaTreté» de chasteté, d'obéissance et dont le Pape ou le recteur- mqeur peut dispenser.
Ils vivent en communauté; ils ont des habits uniformes; ils n'acceptent aucune dignité, ni bénéfices, ni emplois en dehors de la congrégation ; ils sont soumis à l'ordinaire en tout ce qui est compatible avec les .statuts et les règles de la congrégation. Us soiU promus aux ordres sacres avec le litre palnmonial fixé dans chaque diocèse.
Les Oblats n'étant qu*une réunion de prêtres séculiers qui vivent sous une règle adaptée à leur institution et à l'esprit qu^ils
f)roiesseiTl, ils conservent la propriété de éurs biens et jouissent des mêmes droits que les antres ecclésiastiques. Ceux qui sont à la tête de la congrégation y sont à perpétuité, mais les recteurs de chaque maison sont amovibles. Les Pères font un an de noviciat ; les frères êonvers ne font lenrs professions qu'après deux ans d'après la règle. Les PP. Oblats suivent divers exercices de piété pour travailler à leur sanctification; ils apportent un grand soin h l'étude du dogme et de la morale; ils suivent la théologie de saint Thomas. Leur doctrine est celle de TE^Iise romaine, ayant en horreur tout esprit de parti et de nouveauté. Plusieurs fois par semaine ils ont des confé- Fences de morale. Chacun compose un cours d'exertûces selon,la méthode de saint Ignace, et aucun d'eux ne refuse de le présenter quand il y est invilé par le supérieur. C'est le seul genre de prédication qu'ils suivent. Us ont une grande assiduité au tribunal de la pénitence, ils excitent continuellement les fidèles k la fréquentation des sacrements et k la lecture des bons livres.
Cette pieuse congrégation fleurit à Pignerol où elle a été fondée, à Turin, où elle est établie dans l'église de la Consolata
3ui est l'objet d*une dévotion extraordinaire e tous les habitants de cette ville. Les Pères y ont toi^ours été en grande vénération ; ils y jouissent de la confiance générale. Us
Sossèdent deux établissements prospères à [ice, l'un h l'église Saint-Jacques où le concours des fidèles est sans interruption; l'an* tre, k Saint-Pons, qui est à une demi-heure de cette ville.
La congrégation de la Propagation de la foi, ayant proposé au R. P. Oblat de Marie, la mission du royaume de Ava et du Pesue, dans l'empire de Birman (Indes Orientales), Us l'acceptèrent avec empressement; et cette mission produit les plus heureux fruits. (1)
OBLATS DE LIMMACDLÊE CONCEPTION, à Notre-Dame de Sion-Yaudémoni.
Située au midi de l'ancienne Lorraine»
dans le comté de Vaudémont, près des confins de la Heurthe et des Vosses, la montagne de Notre-Dame de Sion s'élève en pente très-rapide, au milieu d'une plaine immense, ayant Lunéville au levant, k l'occident
(1) Voy. il la Un dQ vol., n* ilH.
le château maintenant rainé de Vaudémont, à six lieues au sud de Nancy et k trois au nord de Mireeourt. De son sommet, qui est un plateau très-uni, le regard du pèlerin découvre au loin les montagnes d Alsace
rir-dessus celles des Vosges, et peut compter œil nu plus de cent clochers dans lesdeni départements qui s'étendent ksespieds. C'est Ikque la sainte Vierge a fixé, comme sur un trône digne d'eUe, le plus antique siège de son amour pour les Lorrains. C'est Ik qoe, dans la seconde moitié du x* siècle, un illustre prélat, saint Gérard, évèque de TonI, construisit un sanctuaire en l'honneur de la Mère de Dieu. La tradition rapporte qu'il y fut poussé par une révélation dans laquelle Marie elle-même lui fit connaître le désir qu'elle avait de se faire honorer sur eette montagne. Saint Gérard vint en personne faire la consécration de ce sanctuaire, dont il fit la paroisse de quelques villages sitois aux environs. L'image qu'il y avait placée commença dès lors k se rendre célèbre par de nombreux miracles et par le concours des peuples. Ce furent les pauvres qui tinrent les premiers vénérer l'auguste Vierge dans sa nouvelle demeure, et qui reçoreoi ses premiers bienfaits. Les pauvres s'étaient trouvés au berceau du Sauveur avant les grands du monde, ainsi en arriva-t-il à Notre-Dame de Sion. On ne vit d'abord aoi pieds de la sainte image que le simple peo* pie; il y précéda les princes et les princesses. Aussi fut-il le premier béni par la Mère de Jésus, comme les bergers l'avaient été par Jésus lui-même k Bethléem.
Environ cent ans plus tard, la seigneurie de Vaudémont fut érigée en comté par Tem-
Kreur d'Allemagne Henri IV. Elle devint panage d'une série de prince^, qui, k peu d'exceptions près, ne se sont pas moins distingués par leur piété envers Marie que par leurs vertus guerrières, et donna ainsi k II Vierge de Sion un voisinage propre k l'y faire honorer par les grands, aussi bien ^ue par les peuples. Le miraculeux sanctuaire, voisin de leur ch&teau, devint le but de leurs fréquents pèlerinages et de leurs largesses.
Vers 1072, Gérard d'Alsace, premier comte de Vaudémont, frappé des merTeilles que faisait Notre-Dame ae Sion, et suiTaot le mouvement qui entraînait les populations aux pieds de la sainte image, consacre sa
Çersenne et sa famille k cette puissante ierge, k cette reine des royaumes, qui avait choisi sa demeures! près de la sienne, lui fait hommage de son comté, se iiroclame son serviteur et son vassal, et déclare qa'il souhaite que ses descendants prêtèrent ce titre k tous les autres.
Ce pieux dévouement k Notre-Dame de Sion se transmet k ses successeurs. L'on d'eux, Henri lit, huitième comte de Vaadémont, agrandit le sanctuaire bâti par saint Gérard. Vers la fin du xrv* siècle, le comté de Vaudémont passe k la branche aînée de la maison de Lorraine dans la personne de Ferrv, frère du duc Charles IL Heureuse
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DES ORDRES RELIGIEUX
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époque pour Notre-Dame de SionI Ici se préseole on de ces faits qui honorent sinniièiemeot aoe nation et lui font une bien t)elie place dans la mémoire de Dieu et des hommes. Jusqu'ici nous avons vu la sainte nuage fréquentée surtout par le peuple pau-> m et le souffrant. Voici maintenant les ri-* dtes et les grands qui viennent à leur tour» rmme les mages après les bergers» honorer >otre-Dame de Sion.
Le comte Ferry ne se contenta pas de rboDorer personnellement. Il entreprit d'ériger à sa gloire un ordre de chevalerie» composée des plus ffrands seigneurs des paji qai feraient profession avec lui de se (jéTOuer au service de cette souveraine des inges et des hommes. 11 en fit l'institution )ei6<lécembre 1393. Toutes les personnes <iê la première distinction sollicitèrent avec empressement la bveur d'y être admises. 11 fallait être gentilhomme juré pour y entrer. Les ordonnances de cet ordre portaient que loosles chevaliers admis seraient tenus de porter une image de la sainte Vierge en argent 00 en broderie» sur le modèle de celle de Sioo, huit jours avant la fête de l'Assomp-* lion et huit jours après» de se trouver ce nlffle jour sur la sainte montagne pour lui i-réseoter tous en commun leurs hommages et faquer aux exercices de piété qui leur ^ient prescrits. Pas un ne pouvait y pianquer sans être puni d*uae amende considé* rable portée par les statuts. Il y avait aussi on règlement de prières et de pratiques de chariié dans le cours de l'année. Il leur était irè$-expressément enjoint de vivre en bonne iotelligence et dans une par&ite union de comr... Les dames du plus haut rang, ayant lémoigné qu'elles n'avaient pas moins d'ardeor pour l'honneur de la sainte Vierge» fureot afiiliées à cette illustre association. On vitaiosi les deux sexes s'empresser à l'envi da servir cette auguste reine et de lui rendre leurs respects en la sainte image de Sioo. Cet ordre de la création duc|uel le comte Ferry ressentit une grande joie» dura longtemps après sa mort» et les seisneurs qui s'y engageaient portaient la qualité de chevaliers de Notre-Dame de Sion.
Ce hit tout seul suffirait pour montrer la saiDte popularité que Notre-Dame de Sion sVtait acquise en Lorraine» dès ces temps anciens» ainsi que le courant de confiance et damour qui lui amenaient tous les cœurs lomios. Les successeurs de Ferry ne démentirent pas un si bel exemple. L'histoire de^ Sion rend hommage à la tendre piété qu'ils ont presque tous professée pour la sainte Vierge. Cependant elle consacre une meotion particulière au duc Henri 11» suriiommé le Bon-Duc, qui Jeûnait tous les samedis en l'honneur de Notre-Dame de Sion» qoi allait souvent sur cette sainte montagne poar témoiimer à l'auguste Mère de Dieu combien il l'honorait» et dont l'unique désir teit Que tons ses sujets suivissent son exeoiple et imitassent son zèle. Il y fit une loodation« en 1621» en faveur des religieux iDiiûiBes de Vézelise » à charge par eux
d'y venir dire la Messe aux quatre fêtes priuci|)ales de la sainte Vierge» et d'y tenir deux prêtres depuis les premières vêpres de ces fêles jusqu'aux deuxièmes vêpres, afin d'assister les pèlerins et d'entendre leurs confessions. Il regardait Notre-Dame Je Sion comme le trésor du pays» et en inourant il la recommanda tenarement h la pieuse sollicitude de son épouse» Marguerite de Gonzague, qui depuis fit élever» non loin du miraculeux sanctuaire» une croix ^ue les pèlerins vont encore vénérer au« jourd'bui» quoique la révolution l'ait presque entièrement détruite» et qui |K)rte toujours le nom de Croix de sainte Marguerite.
Tant de piété mettait la sainte Vier(^e dans la douce ooligation de montrer sa puissance et son amour en faveur de la Lorraine» elle n'y manqua pas. Une des marques de sa protection» c'est de l'avoir préservée de l'infection de l'hérésie sur la tin du xvi* siècle et au commencement du xtii*. Pendant que ce fléau s'abattait sur les plus belles provinces de France» traînant h sa suite la guerre civile» le pillage et l'incendie» les Lorrains conservaient intact le dépôt de leur religion et de leur foi. Un historien» dans un chapitre qui a pour titre : Vieioire mémorMe de la sainte Vierge de Stoii» remportée en la per^ Bonne du prtnae d^Orange et de ses troupes^ rapporte que ce prince d'Orange» fougueux hérétique» ayant subitement pénétré dans le comté de Vaudémont, entra avec ses soldats dans l'église de Sion pour la piller et briser la statue miraculeuse» mais la seule vue de cette statue suffit pour arrêter son bras et calmer sa fureur. Dompté par la vertu puissante qui s'en échappait» il fit mettre bas tes armes à ses soldats» et s'ayouant vaincut rentra dans ses quartiers.
Après avoir protégé la Lorraine contre ^hérésie» Notre-Dame de Sion la préserva des dissensions intestines» peut-être même de la guerre civile, en sauvegardant le véritable droit d*hérédité dans la famille ducale. A la mort du bon duc Henri, la couronne revenait de droit à son frère François» comte de Vaudémont ; c'était du moins l'intime persuasion de ce prince» qui s'appuyait sur un testament du duc René II» par lequel les femmes étaient exclues du trône. Mais ce testament» Tunique pièce de conviction» était égaré depuis de longues années, et les recherches les plus actives avaient été inutiles. Cependant la princesse Nicolle» flile aînée du duc Henri, venait d'être solennellement proclamée héritière de tousses Etats. François de Vaudémont confie sa cause à Notre-Dame de Sion » son recours ordinaire. Il va se jeter aux pieds de la sainte image et fait vœu d'établir à Sion un couvent de religieux» si elle daigne lui accorder l'objet de sa demande.
Presque aussitôt ce vœu est exaucé, le précieux testament tomba miraculeusement entre »es mains etsuflit pourfaire prévaloir son droit jusque-là contesté. François se déclare duc de Lorraine; mais pour montrer son désintéressen^ent , il se démet en faveur de
i)UL
DICTIONNAIUK
OliL
it^oS
.<^on fils Chniios, époux de la prinrcsse ISicollo, qui fut le lameux duc Charles IV. Ce fail élait uulrcrois représenté sur un tableau (jui était dans le chœur de régli>c. On y voyait la sainte Vierge recevant la couronne (ie's mains du duc François et la remettant entre celles du duc Charles son lils.
Celui-ci exécuta le vœu de son père, en faisant construire au|)rès du vénéré sanctuaire un monastère dans lequel il plaça des relii^icux du tiers ordre (U^ Sainl-François, ap|»elés en Lorraine Tiercelins. Il en posa lui-même la première pierre le 27 septeml>re 1626, et pourvut généreusement h Ten- Iretlen des religieux. Cette fondation ne contribua pas peu à Taccroissemenl de la gloire de Marie, et de la dévotion des peuples, Marie y reçut plus d'hommages, et les peuples y trouvèrent ce qui leur avait manqué jusqu'alors : des prêtres établis pour les présenter à cette bonne Mère, et favoriser j exercice de leur |)iété par le saint sacrifice de la Messe et Tadministratiou des sacrements.
Ici s'ollVe une touchante preuve du lien qui unissait les princes de Lorraine à Notre- Dame de Sion. Le duc François étant mort en 1633, une partie de son corps, mais surtout son cœur, fat apporté h Sion, selon ses ordres, pour y reposer è l'ombre de l'image de Marie. Viiigt-sept ans }>lus tard, le cœur de son second (ils, Nicolas François, y fut également inhumé. Charles IV lui-même ordonna avant sa mort que son cœur fût enseveli aux pieds de la sainte image, ainsi que celui de son é|)0use Nicolle, morte h Paris. Cela nous montre combien grande élait la part de Notre-Dame de Sion dans les sympathies des Lorrains.
Mais voici qui le montre encore mieux.
C'est le spectacle d'une grande ville, de la capitale même de la Lorraine, allant par deux fois déposer aux pieds de Notre-Dame de Sion les actions de grâces du pays tout entier.
De dures épreuves étaient tombées sur le duché. Charles IV avait été forcé de fuir, et pendant son absence les Suédois avaient Hiis tout à feu et à sang, laissant le peuple en proie à la peste et à une famine tellement horrible, qu'on vit des mères dévorer leurs I^ropres enfants.
Dans celte etTroyable détresse, Dieu paraissant sourd aux f)rières (|ui montaient vers lui de toutes parts, on eut recours à la consolatrice des allligés, à la protectrice de îa Lorraine, à Notre-Dame de Sion. Un conseil de ville fut tenu h Nancy, et il y fut arrêté que la Mère de Dieu serait très-humblement suppliée de vouloir s'intéresser au[)rès de son F'ils pour obtenir le retour do Cliarles IV, et |)ar là mettre fin à celte cruelle guerre et aux malheurs de l'Etat. A cetelfet, toute la ville s'engagea par vœu à se rendre en procession solennelle sur le mont de Sion, aux pieds de la sainte image, pour implorer son assistance, et à suspendre, devant elle, une \am\)e d'argent. Ce fut le 2 octobre 16G3, après la cessation des iléaux, que le peuple de Nancy fut solennellement conduit en pro-
cession sur la sainte montagne. bIM. les conseillers de Tliotel de ville envovèreni \n lam|)e d'argent par deux de leurs nolahies. Vingt et un ans auparavant, le 12 juin 16îii, les bourgeois de la ville de Nancy étaient déjà venus en procession à Notre-Dame de Sion, et y avaient apporté une image de )a sainte Vierge, de bois doré, tenant à la main un lis d'argent, et dans son (>iédestal un reliquaire rempli de reliques données par Mgr de Mailliane, évêque de Toul.
Autant la prière des Lorrains à Notre-Dame de Sion avait été suppliante pour obtenir le retour de leur prince, autant leur reconnaissance fut ardente envers leur libératrice (]uand Charles IV rentra dans ses Etats. On ne vit partout que feux de joie; et les peuples conduits par leurs pasteurs montèrent en foule à Sion pour y remercier Celle qu'ils ap|ielaient la Reine de la paix. Nous n'ignorons pas les graves et justes reprocheî> que l'histoire fait à Charles IV. Il fut en partie la cause, |)ar ses imprudences et son peu de iidélité à garder les traités^ des malheurs qui fondirent de son temps sur la Lorraine. En outre, il affligea souvent ses sujets par le scandale de ses mœurs. Mais dans la circonstance dont nôns parlons, le peuple ne vit en lui que la personnitication d'une nationalité qui lui était plus chère que la vie. Celte nationalité venait de courir de terribles dangers; par le retour du prince, elle parais» sait sortir du milieu des ruines où elle avait failli rester ensevelie. Le peuple le sa)ua avec enthousiasme, et sa vive gratitude en fit hommage à No(re-Daq:)e de Sion comaaed'un bien qui n'avait été conservé que par soo secours.
Le duc lui-même crut devoir y faire son pèlerinage d'actions de grâces. Hfil au sanctuaire de riches présents, notamment d'une branche de la couronne de Noire-Seigneur, à laquelle il v a quatre épines, tirée du trésor des anciens ducs de Lorraine. Cette précieuse relique est restée à Sion jusqu'en 1793, A cette époque un pieux Chrétien de Vézelise la sauva du pillage de Téglise et la donna depuis à sa paroisse» où elle est encore.
Charles IV, voulant favoriser le pèlerinage de Sion pour lui et pour les autres, s'y lit construire un corps de logis destipé à le recevoir,lui et sa cour, quand il y viendrait.
Il ne tarda pas à avoir de nouveau besoin du secours de Marie. Se trouvant pressé par la France, et sans moyen de lui résisterai porta ses yeux et son cœur vers la montagne de Sion, et ne pouvant en personne venir se jeter à ses pieds, il lui écrivit une lettre dont le fond était la prière ordinaire :5u6 tuum prœsidium^ etc., à laquelle il avait ajouté quelques paroles de tendresse d'an hls envers sa mère. L'adresse portait : A la sainte Vierge, glorieuse Mère de Dieo, Notre- Dame de Sion, souveraine de la couronne àts ducs, princes, princesses, de tous les sujets et biens de Lorraine. Celte lettre fut mi^^ aux pieds de la sainte Vierge. Marie y répondit en garantissant le -prince des maini
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DES ORDBES REUGIEUX.
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i'ua corp$ fie Iroopes que le roi de France (vaii eovojé seci ètemeni pour se saisir de sa iersoone.
Trois grandes confréries étaient établies iSioi)»6o l'honneur du Saint-Sacrement, du mi Rosaire et do saint Scapulaire. Elles 'Otretenaient dans le pays la vie publique lopÀleriDage. La première était surtout ce* ebre. Elle fut érigée sous Tinspi ration des iocsqui s'inscrivent successivement sur le vgistre des confrères* ainsi que les princes ifriocesses de leur maison. A leur exemple I noblesse, les secrétaires d*Etat, les matrei des requêtes» les présidents, les conquiers des cours souveraines demandèrent [oe leurs noms y fussent écrits. Le duc iopold 1*' s*y engagea également ainsi que 4anislas, roi de Pologne i quand il vint à ^lOD en 1741,
L'historien de Notre-Dame de Sion a un bapltre spécial pour la piété des derniers •noces de la maison de Lorraine envers .mase miraculeuse. 11 signale en particuîer Léopold 1*' et son épouse Elisabeth- !barloue d'Orléans, qui vinrent è plusieurs irprisessur la sainte montagne, et qui reluarelèrent la protestation de leurs ancêtres, le se mettre, eux et leurs Etats, sous la rotectioQ de Notre-Dame de Sion ; la prin- :c$5e Charlotte, cadette des enfants de Lorsiae; la duchesse de Richelieu et la prin* ts^ed* Armagnac, qui jr firent un pèlerinage et rtnrdièrentdans la confrérie du Très-Saint- ^«^reroent le 28 février 1737; François de liirraioe, grand-duc de Toscane, plus tard ni)>ereur, et Charles de Lorraine, son frère, (on la même année, étant malades en Honpe, pendant la guerre contre les Turcs, ^rifirent à leur mère, douairière de CombcrcT, de faire célébrer pour chacun d*eux iMDeuvaioe de Messes devant Timage mivaleuse de Sion. Cette dernière princesse ra elle-même è Sion en 1736, avec la reine (eSardaigne et la princesse Charlotte, ses teni filles, pour remercier Marie de la gué- !M)n de celle-ci.
11 faadrait un livre entier pour décrire 30S les pèlerinages que les princes lorrains Qt faits sur cette sainte montagne, toutes ^neuvaines que le duc Léopold et Madame totale ont fait fiiiro à Sion, soit par les reliieui da couvent, soit par leurs aumôniers, [suffit de dire qu'ils n'entreprenaient rien 'iQilK)rtaat, q]U*ils n'étaient attaqués d'une ttladie dangereuse, eux ou leurs enfants, s'ils ne recourussent au plus tôt à Notreto^ de Sion*
Je me dispense de parler ici des miracles lisvsoDtopérés.Nouspourrionseuciterun nnd nombre dûment attestés ; mais à quoi Kl. lorsque toute la gloire de Notre-Dame t Sion et rinaltérablé confiance du pa^s kclle reposent uniquement sur la suite nnierroTDpae d*une protection toujours lirTeilleuse?
En 17^9, Mgr Scipion Jérôme Bégon, évèie de Toul, continuant l'œuvre commencée ir saint Gérard, vint consacrer l'église noutficment bâtie par les Tiercelins, et dont
Stanislas était venu poser la première pierre en 1741. C'est celle qui existe encoreaujour* d'hui.
Ici s'arrête. rhistoire écrite; mais on a la continuation vivante de cette histoire dans le témoignage des vieillards de la contrée. Par eux on sait que la gloire du miraculeux sanctuaire ne fit que croître jusqu'en 1793. Il est vrai, on n'y vit plus venir comme au-» trefoisdes princes et des hauts personnages, mais le peuple lorrain qui, de tout temps, avait si bien communiqué à ses souverains sa loi et sa confiance en Marie, se chargea de continuer leurs pieuses traditions Le concours des pèlerins sur la sainte montagne était incessant. Des litanies pleines d'une touchante onction et composées spécialement pour Notre-Dame de Sion, se récitaient dans les familles , ainsi qu'un netit Office composé aussi exprès par les religieux* et tout pénétré d'un délicieux parfum d'à-propos et d'applications locales.
Le nom de Notre-Dame de Sion était prononcé jusqu'au fond des Vosges, C'était Tinvocation habituelle dans toutes les détresses.
Mais cette gloire de la Vierge de Sion était trop saintement populaire pour que 93 la respectAt. La hache révolutionnaire fit là ce qu'elle faisait ailleurs. Les religieux furent chassés, le sanctuaire dévasté, la statue miraculeuse brisée.
Lorsque celte furieuse tempête fut passée, les peuples levèrent de nouveau les yeux vers la sainte montagne, et sentirent encore s'en échapper la même protection , le même amour qu auparavant. Une nouvelle statue y fut placée. Cette statue a pleinement hérité du privilège des miracles, ainsi que de toute la confiance des peuples dont jouissait l'ancienne. Notre-Dame de Sion est touiours restée cette étoile bienfaisante qui brille depuis neuf siècles sur la Lorraine, pour la consolation et le salut de ses habitants. Sans doute l'absence, pendant plus de trente ans, résidant près du sanctuaire, et partant la privation des saintes cérémonies, do la pa* rôle divine, du saint sacrifice et autres secours reUgieux, ont dû rcndre>moins nombreuses les pieuses foules qui autrefois fréquentaient chaque jour les sentiers de la montagne. Mais la douce influence de la Vierge de Sion n'a rien perdu de son empire sur les Ames, alors même que tout semblait conspirer pour dépouiller ce lieu de son suave prestige, et amener la chute du pèlerinage. Notre-Dame de Sion est encore un centre de miséricordieuses attractions pour tous les besoins et pour toutes les tristesses de la contrée.
Témoins ces ailluences de pèlerins qui» à certains jours de Tannée, se comptent par plusieurs milliers, et qui, è une époque peu éloignée, ont parfois dépassé le chiffre de aix mille. Témoins les processions que les environs font annuellement à Notre-Dame de Sion, mais surtout en un temps de cala- .mité, comme naguère à Toccasion du choléra. Un jour six paroisses se trouvèrent à
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la iois sur la sainte nionlagnc sans s*étre donné rendez-vous. Témoin encore l^excellente coutume par laquelle les enfants, dès le lendemain de leur première communion, viennent de plusieurs lieues à la ronde se consacrer à Notre-Dame de Sion et lui demander la persévérance.
C'est dans ce salubre sanctuaire que Mgr révèque de Nancy vient de placer une colonie de missionnaires de la congrégation des^ Oblals de Marie, dont la maison mère est à Marseille, et dont le zèle opère des prodiges nartout où ils ont des établissements, dans Je midi de la France, en Angleterre, en Amérique.
. OBLATS DE MARIE, à YUerbe.
d/acintbe, tille de Marie-Antoine Maritcotti, alors comte de Vignarello et de Octave Orsini, naquit Fan 1585 et reçut à son baptême le nom de Clarisse. Quoique élevée dans la crainte de Dieu et avec une inclina;tion naturelle pour la yertu, elle passa sa jeunesse dans I amour des vanitésdu monde ; une sœur plus jeune qu'elle ayant été reckercbée en mariage, elle éprouva un tel dépit de cette préférence qu'elle tombât dans une profonde mélancolie et devint presque à charge è sa famille. C'est pourquoi son père lui proposa d'embrasser la vie religieuse dans le monastère des Franciscaines Clarisses, dit de Saint-Bernardin h Viterbe, où eMe avait reçu son éducation; elle consentit è s'y rendre, quoiqu'elle ne connôt en elle aucune marque de vocation. Après son année de noviciat, elle ût profession, et aussitôt elle demanda è son père de vivre dans un appartement séparé avec un ameublement magnifique. La sœur Hya* cintbe vécut ainsi pendant dix ans comme une religieuse de nom, sans avoir l*esprit de son état et sans en pratiquer les vertus ; elle obéissait à ses supérieures, comme elle le fiiisait envers ses parents ; on remarquait cependant en elle la modestie, la pudeur, le respect pour les choses saintes. Une maladie grave fut pour elle une circonstance heureuse que le bon Dieu lui ménagea. Ce fut un coup miraculeux de la grflce. Elle abandonna à la Mère abbesse tout ce qu'elle possédait, se dévoua à une austère pénitence, et consacra sa vie h des veilles et à des méditations continuelles.
Pendaht une cruelle é()idémie, qui causa de grands ravages h Viterbe, elle donna des preuves de sa brûlante charité pour le prochain, en instituant deux compagnies, dont Tune s'occupait à se procurer des aumônes pour les convalescents, pour les pauvres honteux et pour les prisonniers; l'autre, è recevoir et à soigner dans un hôpital les malades et les infirmes. Ces deux compagnies uu^elle dirigea elle-même pendant sa vie lurent appelées Oblat» de Marie. Elles subsistent encore aujourd'hui, et elles continuent à fiiire le bien que se proposa leur fondatrice.
Après avoir expié par la pénitence, par
les vertus et tes bonnes CDUvres, la ?ie mondaine et relâchée qu'elle avait mtnh
Cendant quelques années et avoir été ta onne odeur de Jésus-Christ |K)ur toutes les religieuses du monastère, la sœor Hyacinthe mourut saintement le 30juinl6M, âgée de cinquante-cinq ans. Elle fut mise an rsng des bienheureux par Benoit XIII en 1726, et canonisée par Pie VII, le 9h mai de Taonée 1807. En 18^1 le Pape Grégoire XVI allait à Viterbe vénérer ses reliques.
OBLATS DE MABIE IMMACDLËR (Con-
GRÊGATIOlf DBS mSSlOlIllAlRBS), maSIOfl
mire à MarwUe.
I. L'amour des pauvres, une tendre sollicitude pour leur salut; tel est le sentiment 3ui présida è la fondation de la congrégation es inissionnaires Oblats de Marie Immaculée, par M. Tabbé Charles-Joseph-Eugène de Mazeuod, actuellement évëque de Harseille.
C'est en 1811 quMl avait été promu au sacerdoce. Son entrée dans la sainte milice avait été Teffet de la grâce et le fait d'une vocation toute pqovidentielle.
La position oe sa famille et son nom, dont il était le seul héritier, auraient semblé lui indiaoer une toute autre carrière; mais, dès sa plus tendre enfance, toutes ses asiùrations furent pour le sanctuaire.
Dans un temps où la cause de Dieu navait que peu de défenseurs et ne Munit avoir que des défenseurs bien désintéressés il se fit un t)onheur et une gloire de lui sacrifier toutes les espérances du siècle.
A peine avait-it quitté le séminaire de Saint-Sulpice ; dès son arrivée à Aii, sa patrie, les offres les plus avantageuses lut vinrent de différents diocèses de France; il refusa tout. A Mgr Jauffret, qui lui demandait ce qu'il désirait : « Rien, Monseigneur, » répondit-il ; « Yeuillez permettre ({ue je me consacre tout entier au soin de la jeunesse et des pauvres. »
Et aussitôt il se mit à TŒUvre.
Pendant le carême, dans une église de la ville, il adressait une instruction aui classes ouvrières* Il appelait à lui et entourait de ses soins les plus affectueux une jeunesse d*élite, qui, jusque-là, livrée presque entièrement è elle-même, se trouvait eipos^ è toutes les séductions du siècle» et en de* venait trop souvent la malheureuse tIctime.
Bientdt la ville d'Aix put remercier Dieu en voyant surgir au milieu d'elle une association florissante de jeunes gens et dlion)mes pris dans les rangs les plus distingua de la société et donnant reiemple de toutes les vertus.
Les prisons, cependant, et les bôpiiaui prenaient une grande partie de son lenu'^*
Il les visitait assidûment, pénétrait iu^-^ dans les cachots les plus infects, s*y lai>^^*i enfermer avec les malheureux condamnés employant de longues heures k les conso ^r et a les instruire. On le vit plus d*uoe (>i^ après les avoir ramenés è Dieu et pénètres
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DES ORDReS REUGIEUI.
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i» KuUiDf Dis les pitts rit» de la ))énitence, lês aeooiDpagiier lui-même jusqu'à l'échabad.
Afec le mAme zèle» il Tisitaitles peavres milidas, et peu s*eo fallut qu*il ne trouvAi la Gn de ses travaax dans cet exercice d'une charité sublime.
* Eo 18ii, le typbus arail éclaté parmi les prisaDoiers de guerre, entassés dans les prisons de la ville d'Aix.
L*ibbé de Mazenod n'hésite pas è se dé- Tooerittserfice de ces infortunés. De jour, lia Doit» il était lA, les consolant, les instrui* MDt, leur administrant les sacrements, leur procorint tous les secours temporels qui éuieat eu son pouvoir. Il finit par être aiteiol lui-même et d'une manière si grave, que presque aussitôt on désespéra de sa vie;
Ce fut une triste nouvelle pour la ville d Ail.... De toute uart, des larmes et des sopplicatioDS s'élevèrent vers le Ciel, la jeunesse surtout était inconsolable.... Dieu, qui irait des desseins providentiels sur son serriteur,se laissa loucher. Il lui accorda une («érisoD qui fui regardée comme un mincie.
Ainsi rendu à la santé, l'abbé de Mazelod se sentit encore plus obligé de se consKrer tout entier au service de Dieu et de dire qoelque chose pour sa gloire et le ser* Tîce des pauvres.
les béoédictions éclatantes que le Seigoeor répandail sur son ministère avaient de quoi le consoler; mais il était profondé* neotaCDigéde l'élat d'ignorance etd'abandon dans lequel vivaient l\ plupart des populations rurales.
Les plaies qu'avait dites la révolution uigoaieot encore; la tribu sainte, décimée ei dispersée par la persécution, n'avait pu ooffibler les vides que la mort, l'exil et les iicbes apostasies avaient fiiits dans ses nags.
les communautés religieuses n'existaient l'Ias; grand nombre de paroisses étaient &m pasteurs et réclamaient vainement les ûuniers évangéliques, qui, comme les K^is, les Bourdoise, les Bridaine, parcounat les villes, les bourgs et les campagnes, «liaieDi, par d'entraînantes missions, y ravi« ler le flambeau de la foi et faire reOeurir tes Tertus chrétiennes et toutes les saintes observances.
Qaelaues rares pasteurs, échappés an fer ^« la révolution ou formés k la hAte, s'épui- «ient presque sans fruits A un travail qui ^it au*de$sus de leurs forces.
Hélast on ne pouvait pas même espérer de voir reparaître de longtemps les anciens («rdres religieux qui avaient été auparavant \} l'ornement, et le plus ferme appui de
A la vue de tant de maux et de cette exiréffle disette d'ouvriers évangéliques, l'abbé de Mazenod aurait voulu pouvoir se multl* imer lui-mAme, afin de suffire A tout.
Cestdans ces circonstances qu'il songea A wnder sa congrégation.
> Il loi semblait, • écrivait«-il lui* même.
« que s'il pouvait réunir en un corps quelques, prêtres vraiment zélés, d'un désintéressement A toute épreuve, solidement vertueux, des hommes aôostoliques, en un mot, qui, ayant A coBur leut propre sanctification, so donnassent tout entiers A la conversion dea Ames, il remédierait, autant que fiossiblè, aux maux de l'Eglise et procurerait un grand bien. »
C'est l'idéal d'une communauté d'Ouvriers évanjféliques, Dieu lui en fournil bientôt les premiers éléments en lui envoyant quelques compagnons.
• Une maison était préparée pour les recevoir, et l'abbé de Mazenod avait acquis, A cette intention, une partie de l'ancien monastère des Carmélites, situé A l'extrémité du Cours, A Aix.
L'habitation était bien pauvre, bien délabrée; mais ce n'était pas Bethléem, et elle parut très-sufiisante pour ceux qui allaient prendre pour devise : PauperibuM evangeli* Mare miiii me. (£uc, iv, 18.; Là, tous ensemble, ils consacrent quelques jours A se pénétrer de l'importance du ministère auquel ils vont se livrer, et A se nourrir des maximes des saints, A implorer, A attendre l'es* prit que Dieu a promis A ses apôtres; et ensuite, pleins d'ardeur, ils s'élancent au combat.
Plusieurs paroisses rurales furent évan* gélisées, et les fruits de ces premières missions durent, par leur at)ondance,encourager les nouveaux apôtres.
Après leurs travaux, rentrés chez eux, ils reprennent les exercices de la vie commune et poursuivent avec zèle les œuvres com*» mencées par leur fondateur.
La piété des fervents missionnaires, la tendre cnariléqui les unit, leur zèle et les succès dont Dieu cH>uronne leurs efforts, leur ont attiré bientôt de nouveaux compagnons; et alors, chacun, pénétré de l'importance de l'œuvre naissante , demande au fondateur une règle el /es /îsns iacrés de la religion.
C'est dans l'intervalle d'une mission A l'autre que, retiré dans une profonde solitude, M. l'abbé de Mazenod trace les règles et constitutions qui vivifieront son esovre, et que, quelques années après, approuveront sept évoques et enfin le Souverain Pontife lui-môme.
Ce fait est une nouvelle preuve au'au jour où les fondateurs d'ordres dictent des règles A leurs enfiints, Dieu ne les livre pas A euxmêmes ; il est avec eux.
II. Dans ses constitutions , le fondateur assigne pour fin principale A sa congrégation 1 instruction et la conversion des ))aovres.
Les missions, les retraites et les catéchis*' mes, surtout dans les paroisses rurales, telles sont les osuvres auxquelles ils devront spécialement s'appliquer.
Mais comme rien ne coatribue plus à \â sanctification des peuples que la sainteté des pasteurs qui ont charge de les diriger» le fondateur, pour leur pré|iarer des pasteurs selon le cœur de Dieu, veut que ses eufant»
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puissent se charger de la direclion des grands sétnlnaires« et ensuite, pour roaîntenir ces prêtres dans la pureté et la ferveur qui leur sont indispensables, il leur ourro la porte de ses communautés et leur permet de venir s'y renouveler par la retraite aussi souvent que possible.
Il veut que ses disciples donnent un soin particulier à former la jeunesse à la piété.
Il leur prescrit d'aller sauver Tâme du pauvre dans les hôpitaux, dans les pri* sons et jusqu'au pied de Péchafaud.
Tous les membres de la congrégation devront être pénétrés du plus entier dévouement pour la sainte Kglise. Ils se considéreront comme les hommes du Souverain Pontife et des évoques qui lui âont unis. Ils seront, en particulier, obéissants et pleins de respect envers les évêques dans les diocèses desquels ils travailleront, ils se plairont k honorer le sacerdoce de Jésus-Christ dans la personne de tous ses ministres, et ils s'appliqueront k pénétrer les clercs et les fidèles du même esprit.
Tout, dans leur extérieur, devra respirer la simplicité et la modestie religieuse. 11 ne leur assigne aucun costume spécial. La croix qu'ils reçoivent au jour de leur oblation et qu'ils porteront constamment arrêtée devant leur poitrine, sera leur signe distinctif ; et leur rappellera sans cesse auels doivent être et leur sainteté et leur dévouement au salut des Ames.
Ce prévovant législateur a eu soin de leur tracer les règles les plus sages pour les différentes œuvres auxquelles ils doivent s'ap» pliquer.
Il exige, en particulier, que toujours leurs prédications soient simples et à la portée de leur auditoire.
Mafs, comprenant que leurs paroles ne produiront des fruits qu'autant qu'elles seront soutenues par 1 exemple, et vivifiées, en quelque sorte, par leurs prières et la sainteté de leur vie, il s'applique surtout à ranimer leur piété et k faire refieurir parmi eux les observances les plus édifiantes des anciens ordres religieux.
Aussitôt après le lever, ils donneront trois quarts d'heure k l'oraison ; k la fin du jour, ensemble, ils iront, passer demi-heure en adoration devant le Très-Saint Sacrementr qui sera le premier et le principal objet de leur dévotion. Ils nourriront un tendre amour envers leur patronne et leur mère, la Vierge Immaculée. Tous les jours, ils visiteront son autel ; tous les jours, ils réciteront sa couronne, et ils mettront tout en œuvre pour que les peuples servent et honorent aveô ferveur la Mère Immaculée du Sauveur.
Le saint office, par la manière dont il sera récité, deviendra, pour eux et pour l'Eglise, une nouvelle source de bénédictions.
Ils devront lepsalmodierdansl'KglisOytous ensemble et en chœur.
Généralement, on trouvera chez eux
les divers exercices coroDHios de la vie re* ligieuse.
Il semblerait d'abord que cette vie de communauté est peu compatible avec les travaux des missions ; mais, outre qoe tons les membres d'une même communiulé ne sauraient être occupés en même temps, le sa^e fondateur, aussi attentif aux besoins spirituels de ses enfants qu'k ceux deiàtiies qu'il désire ramener k Dieu , ne donne qu'une partie de Tannée aux œuvres eitérieures; durant l'été, réunis dans leurs mai* sons, ils pourront jouir de tous les avantages de la vie commune.
Lk, ils retrouveront le silence, le recoeillement, les pratiques de la mortification, de longues heures pour l'étude, le temps nécessaire k la préparation de leurs instructions et toutes les consolations de la vie de famille.
C'est bien, en effet, la vie de famille qu'a prétendu fonder Mer de Mazenod.
« A ses yeux. Te supérieur général et chaque supérieur local est un père quide** vra regarder sa place moins comme un bonneur oui le distingue des autres, quecomme une enarge oui lui impose les plus grafes obligations, des' soins plus pénibles et de plus grandes vertus. Il gouvernera avec sa* gesse; il supportera les défauts de chacun avec patience, il écoulera tout le monde avec bonté, il corrigera avec douceur, il ai* dera chacun en toute occasion avec charité, il se prêtera avec zèle k tous les besoins temporels et spirituels, se regardant à la fois comme le père pi comme le frère de tous ceux qui sont confiés à se tendre solli* citnde. »
Il ne semble pas connaître de manqeements plus graves que ceux qui sont opposés k lâchante; de ceux-ci, il laut s'accusera genoux en présence de la oommunanté.
Cette grande bonté, cette douceur de com* mandement n'6te rien k la fermeté de la discipline.
Le fondateur veut que la vie entière de ses enfants soit un exercice incessaot de recueillement. Il exige le silence hors letem^ et les lieux de recrutions.
Tous les soirs, chaque religieux dent accuser les fautes contre la règle commises durant la journée.
11 prescrit pour toutes les maisons des assemblées où chacun, obligé de faire connaître ce qu'il aurait remarqué de défectuenx, fournira au supérieur l'occasion de maintenir l'esprit de régularité par de sages avis et de salutaires prescriptions.
Chaque semaine a ses conférenoes tbéolo* giques; chaque mois, son jour de réooIlKtion, et chaque année, dix jours consacré» à une retraite générale.
La vie du missionnaire étant vouée k on travail souvent acrablant* il importait de ménager ses forces et de oe pas lui permettre de les ruiner par des aostérités ascessives.
Le fondateur a soin de modérer, i ^^
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DES ORDRES RBLieiEUX.
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éb'vtJ» Tardeor de ses disciples. A Texemple .le saint Ignace, il ne leur prescrit aucune DortiGcaiion corporelle ; il leur défend méioa de rien se permette en cela d*extraordioaire.sans une permission expresse; mais, eo même temps, il leur rappelle ce qui s'obverre dans les congrégations les plus aus- (très; il veut que leur couche ne soit (ia*un simple grabat^que leur nourrit ure^çiue leurs T^uroents, que leur habitation respirent toujours l'amour de la pauvreté; il les exhorte à farter sur eux-mômes les traces de la mortilicalioa de Jésus-Christ.
L*émission des vœux vient cimenter tout lédifice et lui assurer la perpétuité. Mais le fondateur ne perd point de vue Tépoque à laquelle il établit son œuvre. Son vœu de l^urretéestaccommodéaux temps actuels, et le rœu de persévérance dans Tinstitut, qu'il présent, semble une ancre jetée au milieu <ies tourmentes révolutionnaires. La tempête pourra disperser ses enfants, elle ne les enlerera pas à leur mère; toujours ils la retrooferont; seule, leur inconduite pourrait )e) bire rejeter du sein d'une famille qu'ils derront éternellement chérir.
lu. Sans doute pour ménager leur fai«- Ifiesse, presaue jamais le 8ei)<ueur ne laisse voir tout d'abord à ses serviteurs la (M>rtée immeDse des desseins qu'il leur inspire. C'est ce qui arriva h l'égard de notre fondalear.
Son premier plan était circonscrit dans (les lîtaites assez étroites; il n'y est nullement question des mis&ious étrangères ; force fut bientôt d'en élargir le cadre.
Jusqu'en 18fc1, le fondateur et ses enfants s'étaient bornés à évangéliser les provinces niridionales de la France, et ils l'avaient tut avec des fruits qui devaient les eocou* rainer à prendre leur essor. Or, il arriva, à <<îtte époque que Mgr Bourget, évèque de Montréal, dans le Canada, vint demander au i^lé fondateur quelques*uns de ses enfants, pour Taider k défricher son immense diocèse. C'était une ère nouvelle qui s^annon- ^ii pour la congrégation.
Le Canada, ancienne colonie française et peuplé en partie de français, conserve, maigre le mélange des étrangers et la domination anglaise, notre lansue, nos usages, un véritable amour pour la mère patrie et le plus vif attachement k la foi de ses pères. Imtde la civilisation y 'est parfait; on Ta jostement applé la Nouvelle-France. Mais 1) se trouvent aussi et les diverses sectes <lu protestantisme et plusieurs tribus sauva- Il) Deux de ces maisons ont des noviciats : hn i Nou^Dame de TOsier, dans le diocèse de CrrnoUe (Idère) ; FaiUre à Nancy (Meurihe).
U congrégation possède, en ouire, un noviciat «^0 Angleterre et un^utre dans le Ganad;i.
SffH de ces communautés desservent des pèleri mn célèbres de la sainte Vierge. Cest Notre wcde rOsier, dans le diocèse de Grenoble ; No Ite-Danie de Sion, dans ta Lorraine; Notre-Dame ^ CléfT, dans l« diocèse d^Orléans; Notre-Dame <ie Taleare, à Bordeaex ; Noire-Dame de Bon-Setaors» éiiu le Vivaraia ; Notre-Dame des turoières.
ge». A partir de là,d*autre part, commencent ces immenses forêts, ces vastes urairies , guiy touchant aux deux océanset s étendant Jusqu'au pôle, sont peuplées presque exclusivement par ces pauvres déshérités de la famille humaine.
C'était donc la porte des missions étrangères qui s'ouvrait au zèle des Oblats de Marie.
Mgr de Mazenod voulut laisser à ses disciples le mérite de s'y porter d'eux-mêmes avec toute Tardeur de leur foi et de leur dévouement apostoliques.
Une lettre-circulaire, adressée à toutes tes maisons de la congrégation, demandait, en premier lieu, si Ton devait accepter ce pénible et glorieux ministère, et en second lieu, quels étaient ceux qui désiraient y dévouer leur vie.
Tous les membres dos différentes communautés devaient répondre, chacun en particulier. Il n'y eut qu'une seule réponse, et ce fut celle du prophète : Ecce ego, miUe me, «Me voici, envoyez-moi I... >» (Isa. vi, 8.)
Il semble que le Seigneur avait attendu ce grand acte de dévouement pour répandre sur la congrégation ses plus amples bénédictions.
Grand nombre de diocèses de France et même de l'étranger semblèrent s'être donné le mot pour envoyer des sujets à une société qui, jusque-lè, leur était à peine connue. Il n'y a que quinze ans de cela, et au moment où j'écris, les Oblats de Marie possèdent dix-huit maisons en France (t).
Ils ont des missions en Angleterre, en Irlande, eu Ecosse, dans le haut et bas Canada, aux Etats-Unis, à la baie d'Hudson, dans le Labrador, dans l'Orégon, au Texas, è l'tle de Geyian et en Afrique, tout près du Gap de Bonne-Espérance, à la Terre de Natal.
Cette immense diffusion, ce non veau genre de ministère réclamaient des additions aux règles et constitutions de Tinstitut et la di- Tîsion de la congrégation en provinces et en vicariats de missions, mais, pour cela, l'intervention du Souverain Pontife était indispensable.
En effet, dès 1826,1e pieux fondateur • voulant asseoir son œuvre sur la pierre ferme de l'Eglise, s'était rendu à Rome pour la soumettre è l'approbation du successeur de
saint Pierre. ..«. . ^
La chose présentait de Krandes diflicultés. Depuis longues années déjà, les congrégations romaines s'étaient fait une loi de se lx)rner è demander des encouragements el
dans le dioeèse d* Avignon, et Notre-Dame de la
Garde, à Marseille* .....
Est-ce Marie qui s^est complu k réunir ainsi ses enranis auiour d'elle, ou bien seraiu-ce les enranis qui auraieni été auirés là par le désir de propager le culte de leur Mère?
Enfin, parmi ces maisoni, on doit comprendre cinq grands séminaires dirigés par les OblaU de Marie ; ce que nous faisons remarquer pour menirer que Dieu a voulu remplir toutes les vMs du pi«ui fondateur.
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