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If'il
g'raii aiijouni'liui une assemblée générale «ie Tancien Oratoire ; mais comme, d'an autre côté, nous sommes Irùs-éloignés de vouloir continuer en rien la double aberration (|uia donné à l'ancien Oratoire sa mauvaise couleur; comme nous croyons, au contraire, que ces tendances ont été et sont encore le lléau (le la reli^Mon, nous avons pris dans nos slaluls fondamentaux des mesures tiécisives en ce sens, et nous lof^ avons déposées aux pieds du Souverain Pontife. En <|uoi nous croyons fermement n'avoir rien fait que n'eussent ff)it et que n'approuvent au ciel tous les Pères et tous les grands bommes- do l'Oratoire do Rome et de France.
« Pour ces raisons aussi, nous avons modifié le nom d'Oratoire autrement que ne le modifiaient saint Pbilippe Néri ou le «ardinal de Bérulle ; et avec ra[)[)robation liu Souverain Pontife, au lieu d'Oratoire do Jévus ou d'Orîitoire de Marie, nous avons pris un troisième nom, qui implique à nos yeux les deux autres : TOraloire de l'Immaculée Conception. Nous croyons posséder dans ce nom une lumière et une force, et peut-être essayerons -nous bientôt d'expli(|uer quelle est celte force et cette lumière.
« D'après cela est-il nécessaire d'ajouter que le malheureux antagonisme théologîquo (jui a scandalisé tout un siècle, qui souvent opposait l'Oratoire de Jésus à la Société de Jésus, du moins dans plusieurs de ses membres, ne saurait aujourd'liui renaître. Le fondement doctrinal ne subsiste pas: l'Oratoire, aujourd'hui croit, avec les Jésuites, avec ri gliae entière, que si l'on veut rompre décidément avec ce sombre esprit de religion farouche qui a tant etfrayé les âmes, (jui tient de Calvin, qui maudit la nature, qui maudit la raison, qui nie la liberté, qui méprise Part, la science, l'effort humain; qui ramène la fatalité, qui rend le salut impossible, qui cherche partout la terreur; qui, enfin, oublie l'Evangile et le cœur sacré de Jésus, et ses l)ras toujours étendus pour y api)eler tous les honimes; si l'on veut rompre avec ce fanatisme dangereux, que trop d'esprits confondent encore avec le cIiri.Nlianisme , il faut extirper les dernières libres^ du jansénisme, il en faut signaler jusqu'aux moindres nuances , dans notre XVII* siècle, dans nos plus grands auteurs; et les oratoriens doivent savoir les trouver et les effacer au besoin, môme dans les plus classiques écrivains, et dans son plus sublime sermon. Voilh ce que nous croyons tous. 11 n*y a donc plus de querelle; il n'y a plus entre l'Oratoire, si l'Oratoire est quelque dxosQy et la grande et sainte société des Jésuites, qu'un traternel embrassement. n
L'autre point au sujet duquel beaucoup d'Oraloriens se sont trom[)és, nous semble ^tre aujourd'hui, parmi les Catholiques, une question linie.Qui peut supporter aujour- <rhui ce (ju'écrivait le cardinal de Beausset sur rassend)lée de 1682? Qui ne lui dirait arec M. de iMai.^tre ? ^iCc^l ici, Monsei-
gneur, que nous nous séparons. » Tous nuus voulons l'intime unité intérieure de l'Eglise, libre entin de louie division nationale: tous, nous voulons au dehors la liberté de l'Eglise à l'égard des pouvoirs teniporcls; car tous nous avons sous lesyeui le vertige et la honte des pauvres tiais aveuglés qui opf)riment les consciences.
Nous demandons à notre tour que l'on n'oublie jamais la parole du Sauveur : Repdezà Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui ni à César, {Matlh. xvii, 21.) Et nous disons avec saint Anselme : « Dieu n'aime rien tant en ce monde que la liberté de son E^^lise. » L'Oratoire n'a ni théologie, ni nhilosophie particulières ; l'Oratoire veut se nien [garder de former école, si ce n'est peut-être école de paix, par la charité intellectuelle, parla fuite des extrêmes, par la conciliation de toutes les opinions soulenables, dans k milieu du vrai ; aussi en dehors de la foi et des 0[)inions qui contristenl l'Eglise, nous sommes libres quand Bossuet «de la liberté » de l'Oratoire, dit une grande [»arole à laquelle nous tenons. Or, où s'apjili- (juera la liberté, si ce n'est en philosophie? Les maîtres terrestres sur la parole (lesquels juraient les disciples ont iait leur temps, Qu'il nous soit donc permis de pratiquer la laroledu Sauveur: «N'appelez personne sur a terre votre maître, vous n'avez tous qu'un maître qui est le Christ. » i^Matth. xxni, lO.J Nous ne ferons donc pas vœu de penser plusieurs par un seul, mais aimons-nous les uns les autres, et nos esprits sauront s'unir, et formeront faisceau dans l'uniié du vrai.t
Tel est l'excellent esprit qui anime les membres du nouvel institut de l'Oratoire de l'Immaculée Conception ; les uns se livrent au ministère de la prédication, d autres è la composition d'ouvrages pour soutenir la foi évangélique. Un assez grand nombre de sujets se préparent pour se livrer plustani à la propagation de la vérité, ou sur les chaires chrétiennes, ou par la voie de la presse. Le P. Gratty s'est déjà montré uo écrivain distingué, un philosophe profond ; il a mérité de publics éloges de l'Académie.
Le dimanche de l'Epiphanie de l'année
dernière 1856, une belle cérémonie eut lieu
à l'Oratoire de l'Immaculée-ConceptioD, rue
du Regard; on avait fait élever une chapelle
plus vaste, pour contenir le ûot toujours
grossissant des auditeurs. Avec le secours
de la piété et de la charité, les colonnes et
les voûtes s'étaient élevées vers le ciel, les
travaux avaient reçu une direction habile et
intelligente; il y avait dans le monumeot
une simplicité et une noblesse qui ne sont
guère de mode aujourd'hui.
C'était cette nouvelle chapelle que Ion inaugurait. Lestidèlesremplissaienlàrbeure
des \ ôpres la grande nef. Dans le chœursàgenouiliaient des représentants do presque tous les ordres religieux. L'âme s'inondait de joie h la pensée de cette grande comuiunionde tant de familles diverses: Dominjcains, Carmes, Franciscains, Jésuites, etc.,
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DES ORDRES RELIGIEUX
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cii^, DiéiaieDl leurs Tœai aux yœux de Tordre rf oaisMDl.
Toote It oommanaulé se porta procession* nellamant k la rencontre de Mgr Sibour, qai éeoota M. le supérieur; M. Pétêtot lui adressa Qoe allocation empreinte de l'aménité de soo cŒor. Après une courte réponse de Mgr Tarchevèque, le cortège remonta au cimr, et le prélat s*assit sur le trône qui lui atait été pré|>aré. Un prêtre parut eo chaire; c'était le P. de Rarignan; c'était toujours le même extérieur plein d'humilité, la mérue expression de poansuétude; l'émo* lion fut générale; c'était un disciple de saint igoace, qui venait parler au milieu de TOntoire; on semblait voir se grouper autour de la chaire» les adversaires opiniAtres des rieilles luttes des deux ordres. On les voyait defenosdoax et humbles de cœur, s'incliner 50US le sceptre de Marie immaculée et conleatirà cette grande paix des ordres relitdeux, dont cette cérémonie semblait l'inaugoration.
Le P. de Rayignan* avec cette éloquence (i*i*pro(H>s qui le caractérisait» tira son discours de la ftte même du jour: il prit pour teite ces paroles de l'Evangile : Ouvrant Uurs trénrit tb lui offrirent pour présonii for^ tmem^ /o myrrho. {M<Uth. ii, 11.) 11 mon* in TEglise naissante dan^c cette pauvre crèrbe, à laquelle les bergers, c'est-à-dire» les simples et les ignorants» ont été les premiers appelés» et devant laquelle les mages et les rois vinrent courber leur front à leur tcur, et dans cette circonstance même» apireoant quel est le caractère des œuvres de Dieu, il les trouve faibles et inOrmes dans les commencements» tandis que les œuvres hioaineSy c'est-à-dire» le gouvernement des l^euples» la conduite des armées» les institutions sociales» les merveilles de Tindustne s'entourent en naissant de tout le prestige de la force et de la puissance. Mais que leor 8n est diflérentel... et faisant de ce su* jet one application directe à Tordre des oratoriens, il emprunta ^ l'Ecriture et à la poésie les comparaisons les plus gracieuses » iefleuTe qui sort d'une goutte d'eau» le cM&a» qui a poussé d*un humble gland.
Hiosone péroraison touchante» rap|)elant ^Qe le Père des Jésuites avait connu le Pèi-e <)es Oratoriens» il exprima tous les vodux qa'il taisait pour la prospérité de cette œu- '« sainte.
Mgr Siliour ajouta quelques paroles d*eneooragement à celles du P. de Uavignan ; au selat le P. Hermann chanta VÀde$u, fidtles (le sa voix vibrante qu'il accompagna du modeste harmonium, qui remplace Torgue dans l'Oratoire.
La coasmunauté compte 33 sujets, dont 10 ^<Naes, k prêtres scolastiques et 19 frères.
O^ATORIENHES DE SAINT- PHIUPPE ^ERl (RaueiKUSKs), à Angers (JMatne-ef-
loire).
En l'aDoée 1899» il existait à Angers del ^1» environ quinse ans» un pensionnât de
jeunes demoiselles» tenu par des dames séculières d'un mérite distingué.
Ces dames avaient épuisé leur santé dans le ministère de l'enseignement; c*est pour-
2uoielles songeaient à se retirer. A la même poque une ieune personne de vingt^quatre ans pensait a embrasser la vie religieuse; elle nabitait la ville d'Angers et la môme rue oi^ le pensionnat était situé. On vint lui dire
aue puisqu'elle désirait se faire religieusOt y aurait une excellente œuvre à entreprendre» ce serait de soutenir cet établissement en cherchant ii former une congrégation pour le diriger.
Alors réducation donnée perdes religieuses n'était pas aussi goûtée qu'elle l'est ac« tuellement» et il fut proposé de prendre un costume noir» simple» mais en conservant un chapeau pour ne pas effrayer les familles par un aspect religieux.
A la pensée de londer une communauté»
la jeune )iersoniie» à laquelle on s'adressait, pâlit» pour ainsi dire» de frayeur; elh ne connaissait môme pas les dames qui tenaient le pensionnat» et était dans une ignorance complète des usages d'une maison d'éducation.
Cependant elle fait des démarches» les choses s'engagent» un traité se passe; ces dames promettent de rester encore un an avec cette jeune demoiselle» et cette dernière quitte la maison paternelle» au mois de juin> 1829| et vient se placer à la tète du pensionnat.
C'est bien ici qu'il faut s'écrier ? Oh I que le bon Dieu est incompréhensible dans ses vuesl Choisir un instrument aussi faible pour élever un édifice» pour former une maison religieuse I
Dieu a béni cette démarche qui» dans la simplicité du cœur» avait été faite |iour les intérêts de sa gloire.
Il serait beaucoup trop long de donner ici le détail des dilBcultés qu'il a fallu sur/nonter» des marches et des contre-marches qu'il a fallu faire pour la fondation de la nouvelle congrégation; de 1829 à 1831, plusieurs demoiselles furent se joindre à la jeune personne pour continuer Tœuvre commencée.
La maison» jusqu'alors habitée, était peu convenable pour un pensionnat» et H. le vicaire général» qui s'était occupé d'un règlement» pour la conduite religieuse de la congrégation naissante» avait oit qu*on ne pouvait penser à rien de solide» avant l'ac- (juisitton d'un local : il avait permis seulement de faire de simples promesses religieuses.
Le T février 183i» un local parfaitement convenable fut acheté.
Le premier règlement fut revisé» modifié. Le 14 septembre il fut signé par Mgr Moutauli, évèqne d'Angers.
Deux ans furent employés pour construire une chapelle et faire les réparations nécessaires.
La congrégation portait dès Tors le nom de Dames de l'Oratoire; c'était celui de la
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rue ob elle était située. La nouvelle maison portait le mêine nom, à cause cl*un collège tenu dans ce local, par les Pères de TOratoiro avant 1793.
L*in$tallation dans le nouvel établissement eut lieu le 10 juin 1836. La bénédictioii de la chapelle se fit le 5 juillet 1837.
Mçr Régnier (aujourd'hui archevêque de Cambrai), alors vicaire général, était supérieur de la congrégation. Il décida, en 1837, qu'on devrait s^djoindre des sœurs coadjutrices, ou sœurs converses; sept entrèrent le même jour.
Depuis lors la communauté se gouverne ainsi : sœurs de chœur et sœurs converses; elles sont liées par des vœux et portent un costume tout h lait religieux.
L'œuvre unique est l'éducation des jeunos personnes.
f ji clôture n'est pas commandée ; cependant les sorties ne peuvent avoir lieu que pour les choses nécessaires, pour les promenades utiles è la santé des élèves et des religieuses; ces promenades se font toujours à une petite habitation qui appartient a la communauté, et qui est située à deux kilomètres d'Angers.
Mgr Angebauli, actuellement évéque d'Angers, dès son arrivée dans cette ville, le 10 août 18^2, s'est fait le protecteur et le bienveillant supérieur de ladite congrégation qui, ayant pris pour patron saint Philippe Néri. fondateur des Oratoriens de Rome,
|K)rte aujourd'hui (1857) le nom de itlh gieuses oratoriennes de Saini'Philippt Hhi
Un grand nombre d'élèves sont déjà sorties de cette maison, et portent dao$ le monde et dans leurs familles les ioQuences d'nne éducation chrétienne. Puisse le Seigneur soutenir cette œuvre entreprise pour $a plus grande gloire I
La congrégation des Oratoriennes deSaint- Philippe Néri est soumise à la direction de l'évèque du lieu qu'elle habite; pour le ciril aux magistrats du même lieu.
Elle est gouvernée par une supérieure locale, une assistante, des conseillères qui sont élues è la majorité des voix; elles sont en fonction pour trois ans.
Le postulat est d'un an.
Le noviciat de quinze mois.
Les vœux sont renouvelés tous les cinq ans.
Les sœurs de chœur font les trois ▼(eut ordinaires; de plus un quatrième : r^loi de se consacrer è l'enseignement des jeunes personnes.
Les sœurs converses ne funt aue les (rois vœux ordinaires.
La maison est placée sons la protection d« la très-sainte Vierge; la Présenlalion, 21 novembre, est la fête patronale de la maison.
Saint Philip})e Néri est le patron de la communauté; on en fait la fêle d'une manière solennelle, dans la maison, le 26 mai.
PAIX-DE-JËSUS (Moif^sTÈBB de l^},
à Arroi,
Florencede Verguigneuil obtint,en 16M,de Tévêque Otleinberg, l'autorisation d'établir à Arras un monastère de la réforme de l'ordre de Saint-Benott. Il prit le nom de la Paix-de- Jésus, et fût définitivement érigé en 1612. Celle maison fut supprimée en 1792 et n'a plus été rétablie. Les dames de la Paix se livraient à l'instruction de la jeunesse.
PALLOTI (CONGRÉGÀTIOlf DBS REUGIEUX
DU PArb).
Le serviteur de Dieu Vincent Palloti na-
Îuit le 21 avril 1755, à Rome, de Pierre-Paul alloti et de Madeleine Devosti. il fut baptisé dans Péglise de Saint-Laurent m 2tomaso. Ses parents prirent un grand soin de je faire élever chrétiennement; l'enfant correspondit parfaitement à leurs efforts et à leurs vues. Jeune encore, il fut favorisé de grâces oarticulières, selon le témoignage de toutes les personnes qui le connurent intimement ; il était modeste, obéissant et irèsapjpliqué à Tétude et aux pratiques de la
Ses parents assurent qu'après sa première communion il continua & s'approcher cha-
que jour de la sainte table, allant tons les matins, tantôt h l'église des suffrages, UoMt h celle de Sainte-Marie m foitceUa, qui étaient voisines de la maison paternelle. H prêchait à ses frères; il dressait de peUls autels devant lesquels il adressait à Diea des prières ferventes. Il se donnait ladisci* pline jusqu'au sang, et sa pieuse oière trouvait ses cnemises rougies par le saug <|Qi coulait de son corps déchire. 11 jeAnaii lévèrement, ne se nourrissait que d*berbfs de lésumes, en y mêlaot même de rabstnibe ou aautres substances amères; quoi<]tie encore enfant, il faisait continoelleiutci l'aumâne en distribuant aux pauvres tout rt dont il pouvait disposer; ce qui obligea ^ parents à lui donner de nouveaux babiU^ ments, un nouveau lit, parce qu'il avait dooné par esprit de charité les objets qei 1^ (x>mposaient. Un jour qu'il allait à Fra»a"« un petit pauvre étant venu lut deoiaBder l'aumône, il lui donna ses souliers et en^ déschauasé dans la ville, sans être vrtf^ |)ar le respect humain dont il réprima U (^ volte par esprit de mortification.
Le serviteur de Dieu n'était pas ouvert df son naturel, et quoiqu*!! apportit beioro^ • dapplication à létude» son intelligenoe ^
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DES ORDRE» RELIGIEUX
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sa défeloppali pas; il faisait peu de progrès* nais ayant fait une neuvaliie au Saint-Esml, il sentit aussitôt cette faculté se dére* bpper; il comprit facilement* et il se distingua dans les études comnse le prouvent I«5 rapports de ses maîtres et les documents qo'oo a trouTés dans ses papiers. Il joignait i Fassidaité, h Tétude, une grande modestie sans affectation; aussi ses maîtres avaient ooolume de le proposer pour modèle à ses condisciples, et le P. Riculdi* de la congregsiion de rOratoire« avait coutume de dire : Yo^z Pallotif it iemble affecté dans $a cofir imtt, maii $e$ appartneeê irompent; ioui titnaiitrelen luû
Le pieux enfiinl assistait à toutes les cé« réoonies de la nouvelle Eglise, pénétré du plas (rand respect; et en attendant qu'elles (ommençassent, il se retirait dans la chapelle de Saint-Charles pour faire son oralion, et tandis que ses camarades allaient rkez dom Vincent qui les aidait à préparer leurs devoirs de classe, il était attentif à profiter des leçons qa*il recevait.
AjanI atteint sa quinzième année, il sentit n çrand désir d*embrasser la vie religieuse H a'entrer chez les PP. Capucins; mais il m fut détourné par son confesseur et par les taances de son Père spirituel, Pierre-Paul, i|ui était persuadé qu'il ne pourrait observer m règle si austère, è cause de sa fiiible »iDptexion qu'il avait encore plus ébranlée [v toutes les pénitences qu*il s'était impo- ^. Mais quoiqall eût été empêché d'emirissercft institut austère, il n'en observa |is moins tous les carêmes en se conformot aux règles suivies par les PP. Capum jusqu'en 1830, où il vomit le sang.
Le serviteur de Dieu fit au collège romain oales ses éludes jusqu'à la première année le philosophie, en 1814; il suivit ensuite à iSapieuee, en 1815, les cours de philosoèieetde la langue grecque; il y obtint le mde de mettre le SS juillet 1816; il obtint (bonnet de docteur en philosophie à l'Age ^ vinst et un ans : il commença sa théologie, Me 2S juillet de l'an 1818, il fut couronné acteur en théologie. Il fut ordonné sousuere le mois de septembre 1816 dans la isiliqoe du Vatican par le cardinal de la <^giia ; il reçut le aiaconat dans la même S^ise le 20 février 1817; et le 16 mai 1818, bt proodu au sacerdoce après avoir obtenu ^Qse d'ige de onze mois et cinq jours. Uimars 1819 il fut choisi par le P. Recvr de iUniversité pour remplir les fonc* MU de professeur suppléant ou d'académiea, emploi dont il s'arquitta avec distiuc- 00. MiBcatioD et aveo une satisfaction gé- Irtle, au point ()ue les élèves, en le ren- >o(raQt, le saluaient par respect.
AjaDi été quelquefois l'oljnet de la calom- ^« et exposé k des injures dans cette même ^émie, il ne réserva jamais le moindre isaeatimeDt eonire leurs auteurs; |Mtr es* 'it de mortification il ne s'asseyait jamais, ài$ on le vojrait toujours debout quand il «inait aux cerdes ou réunions littéraires; Qt cessait d'exciter et d'entretenir l'émula-
tion parmi la jeunesse qui fréquentait ses leçons; il distribuait de temps en temps à ses élèves et k ses frais des ouvrages scientifiques. A rUniversité comme dans sa maison, il donnait l'exemple de la plus touchante édification. Il avait I habitude de se retirer dans la solitude des ermites Camaldules.
Il fut inscrit k l'Académie théologique; il fréquentait les conférences qu'on y donnait toutes les fois qu'il n'en était pas empêché par les fonctions du saint ministère, et quoiqu'il n'eût pas encore complété le nombre d'années pour pouvoir devenir censeur, il fut cependant nommé censeur honoraire, è cause de son mérite, par l'Académie. Le bienheureux Palloti exerçait son zèle k donner des exercices spirituels dans la solitude de Mgr Piatti ; il suppléait les prédicateurs absents; faisait lui-même la méditation; allait visiter dans leurs chambres ceux qui suivalent les exercices, les interrogeait sur les divers points de la méditation, les exhortait k en faire le sujet de leurs sérieuses réflexions. Lorsque la nuit était close de|)uis deux heures, il sortait de sa retraite, commençait le saint rosaire, se dirigeait vers son domicile, et s*il avait été appelé pour aller visiter les malades, il partait aussitôt pour aller exercer le saint ministère auprès d'eux. 11 annonçait la parole de Dieu sur les
(Places publiques; il allait régulièrement k 'Oratoire du Ptan^o, de la Scala sancta, etc. ; il entendait les confessiohs k Saint-Nicolas des Incoronati, k l'hospice des Termes, et il donna des preuves d'un zèle ardent pour l'œuvre, dit de Ponte Rotto; aussi Mgr Cbérubini, visiteur apostolique, témoin des fruits abondants que produisait le zèle brûlant du serviteur de Dieu, le nomma coadt'uteur spirituel de cette bonne œuvre de ^onte Rotto, vice-directeur de l'Oratoire, simultanément des jeunes adultes, confesseur et prédicateur pour les exercices spirituels qu'on y donnait.
Une autre excellente œuvre que le serviteur de Dieu avait grandement a cœur, c'était le soin des élèves qui fréquentaient le collège de la Propagande. Il s'y dévoua pendant plusieurs années; Mgr Mal, alors secrétaire de la Propagande, admirant les fruits que les jeunes gens en retiraient, le nomma, le 80 octobre 1835, confesseur ordinaire, en lui assignant des honoraires dont il ne voulut jamais profiter, mais qu'il laissa toujours au profil des missions. Les avantages que les écoles du soir retirèrent des soins qu'il leur prodiguait, lui méritèrent d'être nommé promoteur extraordinaire de ces écoles d'adultes ; il reçut sa nomination le 9 février 1843. lEnfin il remplit les fonctions du saint ministère dans les missions, en donnant des exercices publics aux fidèles et k des communautés en particulier; en se chargeant du soin de l'hûpital militaire et de la direction spirituelle de toute la garnison de Rome.
Le bienheureuxTalIoti était si dévoué k la direction des consciences, au'il était souvent encore au tribunal au milieu de la nuit; il
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lui arrivait quelquefois de faire souper ses pénilenls chez lui, afin qu'ils pussent comraunier, parce que Theure était trop avanc^'^e pour aller prendre leur nourriture avant minuit, et pour être h jeun pour la sainte communion, ce qui lui arrivait aussi hors le temps des missions.
Son sommeil, surtout pendant les exercices des m.ssions, n'était souvent que de deux ou trois heures. Il accordait toujours très-peu de temps au repos. Il faisait un très -léger repas le malin; il se rendait aussitôt au confessionnal, et quoiqu'il fût quelquefois épuisé de fatigue, il n'en continuait pas moins de confesser, de prêcher avec un zèle et une ardeur toujours nouveaux ; et ses instructions étaient à peine terminées qu'il retournait au tribunal de la pénitence, de manière qu'en tout tem()s il consacrait tous ses moments à confesser, prêcher, célébrer les saints mystères, ne donnant que quelques moments aux besoins de son corps, [)0ur prendre du repos et quelques aliments, ce qui l'obligeait, surtout jiendant les missions, de se faire beaucoup de violence [)onr surmonter le sommeil; il en donna à Subliau, à Wonte-Rotondo, et ailleurs, où il était appelé par les évoques des diocèses respectifs.
11 se montrait toujours disposé à donner les exercices Js[)irituels, soit hors de Rome, soit dans la ville, principalement aux cou)munautés religieuses; à faire faire des neuvaines, célébrer des Messes, comme il était toujours prêt à recevoir ceux qui réclamaient sa directmn, ses conseils pour les aflfaires de leur conscience.
Le Seigneur répandit des bénédictions si abondantc<> sur les soins que le serviteur de ])ieu prodiguait aux malades de l'hôpital mililaire, que le lieutenant général de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et le surintendant militaire en furent si satisfaits, qu'ils nommèrentchapelains deccihôpiial don Vincent et ses compagnons, tous prêtres, qui se dévouèrent avec plus d'ardeur que jamais au salut de leurs âmes. Quand l'hôpital militaire fut transféré au Saint-Esprit, ils continuèrent 5 leur donner des preuves du même dévouement; et quoique le serviteur de Dieu ne demeurât pas dans la maison, il s'y ?;vrait à la confession des malades jusqu'à muvLàil, ce qu'il continua de faire jusqu'à ce que d'autres obligations y missent obstacle, mais alors môme il y retournait quelques jours de la semaine, laissant aux autres le soin de s'acquitter ilos autres fonctions du saint ministère.
Il obtint, par ses exhortations, qu'on introduisît dans les casernes, [jendant !e temj>s du carême, lej exercices sj)irituels; il recommandait beaucoup le mois de Marie et d'autres exercices de piété; il redoublait de zèle dans toutes ces occasions pour inspirer une solide |)iété soit dans le tribunal de la pénitence, soit par la [)rédicalion, soit par les conseils, soit par tous les moyens que lui suggérait l'esprit de Dieu dont il était pénétré.
L'œuvre à laquelle il s'appliqua avec une grande ardeur fut radministralion, en qualité de recteur, de léglise royale du Saiiu- E-^prit des Napolitains; ce qui ne l'eniiêdM pas de continuer ses confessions à la Pioj»,v gande. Quand il fut chargé de la place di» recteur do l'église des Napolitains, on l'entendit dire à ses compagnons: < Oh! que celte é;;lise conviendrait bien pour les fonctions de notre société! quel avantage [our nous si nous pouvions nous y établir l»pi,t'n eiïet. Dieu exauça ses désirs; car après qu*«>a lui eut offert l'administration de cette église, sans se lier à son propre jugement, il voulut consulter son directeur pour bien connaître la volonté de Dieu. Après avoir prié Dieu avec ferveur, et avoir bien recommandé cette affaire au Seigneur, il accepta lapUte de recteur de cette église, et dès ce moment il mit en usage tou8 l'es moyens donlili-ui disposer pour introduire la fréquenialioa sainte des sacrements, et pour accroître l'e^ prit de piété dans le peuple. Dans celle vue il faisait expliquer, le dimanche Ja sain;« Ecriture; il établit des triduo et des fréquentes neuvaines; il cul soin que les fidèles pussent entendre régulièrement U iMesse et s'approcher commodément du tribunal de la pénitence; mais tandis que son zèle était couronné d'un grand succès et de consolations, l'esprit du mal vint susciter des persécutions semblables à celles qu'endura saint Philippe Néri les premières années qu'il passa à Sainl-Jérome de l« Charité; mais toujours égal à lui-même et armé du bouclier de la patience, il triompla avec l'aide de Dieu; il continua son œjvre jusqu'en 18i.6, où il fut habiter la soliiu.le (Je Saint-Sauveur in onda^ qui fut la première maison de sa congrégation.
Ce fut pendant qu'il était recteur de là maison du Saint-Esprit des Napolitains que fut fondée la pieuse société de l'ApOïlolai catholique. Le serviteur de Dieu désirant faire imprimer en langue hébraïque les}*tits traités sur les vérités éternelles de «inl Alphonse de Liguori, il chargea une personne pieuse de se procurer des ressources pour faire face aux dépenses; Dieu permit qje, dans quelques heures, elle eût trouvé pltt$ d'une centaine d'écus, qu'elle porta aussiiût au bienheueux Palloti. Celui-ci réfléchissant sérieusement, se convainquit de la uéi:tss\\é de former une union de personnes, qui. nonseulement se chargeraient de réi^ler l'eœpioi de cette somme d'argent, mais aussi de rechercher les moyens de propager, d'étendre, d'accroître la piété et la foi c-diholique d.*iJ> le monde entier. C'est pourquoi il reconimanda à Dieu une affaire si jmporlanie; »" consulta plusieurs personnes, mais suitoui son directeur, pour conoailre la volonté ^^ Dieu, et ce lut celte réunion de plusieurs personnes h laquelle on donna la nom lie pieo^ société de l'Apostolat catholique, parctqu^ la fin qu'elle se proposait éUit uDiverstie. c'est pourquoi on la mit sous la pioietu»' spéciale des saints apôtres et de li SK"j^ Vierge, conçue sans péché, Reine dcs«['-
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DES ORDRES RELIGIEUX
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1res. Dès son berceau» celle œuvre attira les béoédiclioDs de Dieu» car en peu de temps elle se répandit dans les quatre parties du BBoode. Bientôt les cardinaux , les évoques » )es prélats, les princes, les ordres religieux, les communautés religieuses» les collèges, b séminaires, outre la multitude de particuliers de tout grade» de tout sexe» de toute (ondilion, se firent inscrire dans cette assofijiiion. Hais tandis que cette œuvre prospérait (i'ane manière si inattendue et se développait avec un succès si inespéré» le déiDoo, redoutant le grand bien qui devait résalier de cette sainte institulion, souleva uoefarieuse tempête qui faillit la renverser» si Diea ne l'eût soutenue de sa main puissante. Il est bon d'observer que» dès Je prin* d)ie, pour que rien ne se fit que conformément à la volonté de Dieu» le serviteur de Diea avait ot>tenu l'approbation du cardinal-vicaire,» et ensuite celle du SouvenîD Pontife Grégoire XVI. Mais tous oe coooaissaieni pas en quoi consistait cette pieuse société» et son titre n*était pas suffi- Mfooent compris, étant désignée par ces mots Aposlolai catholique , c'est-à-dire universel; elle avait pour but d'exhorter tous lei ûdèies de toutes les classes à contribuer» l^rtous les moyens possibles, h multiplier les ressources s pi rituel les et te m porel les pour n?ifer, ranimer la foi» embraser la cbarité dans les âmes» à étendre le royaume de Dieu (ians toutes les parties du monde.
11 jr eut donc des personnes qui» animées sans doute de zèle pour le Dien » exposèrent au Pape et lui persuadèrent que cette lociété faisait concurrence à la précieuse association de la Propagation de la foi» et que» si elle prenait du développement» ce serait au détriment de celle-ci et diminuerait son intueoce ; elles ajoutaient d'autres raisons de U même nature.
Le Souverain Pontife , frappé de ces considiralions, résolut de supprimer la société; cest |K>orqooi il fit appeler le Bienheureux Palloti, et iui donna ordre d'abandonner cette (BUfre; mais les associés» fortifiés par le bouclier de la foi et de la prière» et pleins de confiance en Dieu» se présentent devant le Pape, ei lui soumettent un tableau qui ren* fermait une notice claire et distincte de la lifi, (tes movens et des œuvres de la pieuse société, et les graves inconvénients qui résolieraieiit si elle était supprimée. Le Saint- Père dit aussitôt : Noi non êupptramo iuUo 9t«s/o, et il permit qu'on continuAt cette œuvre ; il demanda seulement qu'on changeât le titre en Pleine union soueVinvocation ^< /a triê'Sainte Vierge Marie immactUée^ itine des apôtree^ dans la crainte que les mots Àpoeiolal catholique ne fussent interprétés dans un sens défavorable » comme si on Toalait aUribuer à Tœuvre du serviteur (le Dieu cette qualité qui est exclusivement propre au Souirerain Pontife» dans lequel %ul se trouve Tapostolat catholique.
Celle tempête étant apaisée, le serviteur de Dieu continua les œuvres évangéliques iusqu*à l'année 1839» époqae où il vomit le
OiCTIOX!!. DES OnOBES EBLIG. IV.
sang et oik» pour rétablir sa santé» il partit» au mois de juillet de cette année, pour Frascati» et fut demeurer quelque temps chez les ermites Camaldules. Ce fut là que» favorisé d'une inspiration divine» il composa les Règles de la société ainsi que celles pour la maison des pauvres filles abandonnées. Le serviteur de Dieu, voyant que la maison du Saint-Esprit des Napolitains était insulRsanio pour renfermer tant de sujets» et qu'elle n'était pas commode pour une naison religieuse» obtint de Sa Sainteté Grégoire XVI l'église et le couvent de Saint-Sauveur, m ondai qu'il fit restaurer et mettre en état de servir de retraite aux prêtres et aux frères coadjuteurs de la pieuse société.
Le fondateur se livra avec la même ardeur qu'auparavant, dans cette nouvelle église, aux mêmes œuvres du saint ministère. Voici quel était son genre de vie : il se levait avec la communauté» c'est-k-dire k quatre heures du matin; il faisait une heure d'oraison avec les frères ; il célébrait ensuite la sainte Messe» et après son action de grAces il se rendait au tribunal pour écouter les confessions, occupation qu'il n'interrompait que lorsqu'il n'y avait plus de pénitents; il sortait ensuite pour aller visiter les malades ou pour remplir quelque autre fonction du saint ministère ; ce n'était que quelques heures après midi qu'il songeait a prendre quelque réfection, et pendant ce temps il s'occupait de quelque affaire, ou écoutait une lecture spirituelle. Après cela il se reposait un peu» ou il récitait immédiatement l'OiDce divin; puis il allait confesser» ce qu'il continuait bien avant dans la nuit; et bien des tOis» lorsque la communauté prenait déjà son repos» alors il prenait quelque nourriture; il s'occupait d'affaires pendant ce temps-là» pnis u se rendait à l'église» et là» devant le Saint-Sacrement ou la statue de la très-sainte Vierge des Sept-Douleurs» il récitait l'OQice divin et d'autres prières de dévotion. Il lisait quelquefois un livre de piété, faisait quelque lettre pressante» après quoi il donnait seulement quelques heures an sommeil. Tel fut toujours le genre de vie qu'il suivait invariablement» a moins que des affaires trèspressantes l'obligeassent d'y apporter quelque changement. C'était surtout les jours de fête qu'il passait presque tout entiers au confessionnal du matin au soir.
Ce fut dans celte maison que le serviteur de Dieu donna une nouvelle forme à sa oon-
(;régation et à sa pieuse société; il retoucha es règles, il y fit quelque changement» et adapta mieux quelqiies points à la fin de son institut; il fit aussi des règles pour la maison de Charité ou le Coneervatorio pour les pauvres filles abandonnées» bonne œuvre qu'il avait instituée et qu'il propagea depuis 1 année 1838.
La pieuse société avait été érigée en 1835. A peine quelques années s'étaient écoulées que le serviteur de Dieu, déplorant la malheureuse condition de tant de pauvres filles que leurs fiarents abandonnent, et qui sont
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DICTiONNAmE
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exposées sar les places publiques aux plus grands dangers, parce qu'elles ne peuvenl se nourrir que d'aumônes, pensa qu'a?ec le concours des personnes riches gui viendraient en aide à la pieuse société, il serait facile de se procurer des ressources suffisantes pour ouvrir une maison de charité, afin de leur donner asile. Après avoir réfléchi sérieusement sur ce projet et avoir consulté Dieu par de ferventes prières, il commença cette œuvre charitable. A cause des étroites dimensions de la maison, ces filles furent d'abord en petit nombre, et pour plu* sieurs raisons on rut obligé de changer plusieurs fois de domicile; mais en 1837, à l'occasion du terrible fléau du choléra, la maison augmenta de jour en jour, et la nécessité d*en recevoir a autres, à cause du redoublement de cette désastreuse maladie, l'obligea de se procurer une maison plus vaste; on lui céda le collège Fuluoli, situé dans la rue du faubourg de Sainte-Agathe ; il obtint cette autorisation du cardinal Maltei, président des successions, le 25 mars 1838, à l'occasion d'une audience de Sa Sainteté Grégoire XYl.
Ayant obtenu ce local et l'ayant disposé pour recevoir les pauvres filles, elles s'y rendirent en procession, en partant de la rue Dubois, ou elles se trouvaient alors. En entrant dans ce local, elles furent placées sous l'immédiate et spéciale protection de la très-sainte Vierge, Mère de Dieu, Reine des apAtres, de saint François d'Assise, de saint Stanislas Kosika, avec la confiance que la trésorière de tant de grâces obtiendrait que cette sainte institution ressentit les effets de la miséricorde de Dieu et de sa providence.
Après avoir établi cette nouvelle maison, le serviteur de Dieu vit, devant lui, un plus vaste champ pour exercer son zèle envers ces pauvres filles. Avec le secours de quelques personnes généreuses il en réunit plus de quatre-vingts; et afln de les élever dans la piété et de les conserver, il leur dressa un règlement, adapté à leur condition, en recommandant surtout de fuir l'oisiveté et d'observer un sileiîce perpétuel. Elles devaient réciter l'Office comme les laïques de l'ordre du séraphique saint François, c'estè-dire en remplaçant les Matines, Laudes, Petites Heures par des Pater ^ des Ave et des Gloria Palri, Leur habillement devait être le même que celui du tiers ordre de ce saint, couleur de cendre et rouge, ceint d'une corde è laquelle serait suspendu un chapelet : elles devaient être chaussées de sandales. Le bienheureux Palloti avait obtenu, pour l'établissement de cet institut et l'adoption de ces règles, l'autorisation de la congrégation des évoques et des Réguliers, le 29 mai 1828. Pour pénétrer de l'esprit de pénitence et d'une véritable piété les jeunes tilles qui se disposaient à se revêtir de ce saint habit, il faisait précéder le jour de la cérémonie des exercices spirituels, uui duraient trois jours, pendant lesquels chacune devait faire une confession générale des péchés de sa vie.
Quelque temps après l'érection de ce pre-
mier ConservaioriOf le nombre de filles qui se présentèrent fut tellement considérable
2ue le serviteur de Dieu dut s'occuper d'en tablir un second. Il obtint pour ceu un local convenable, situé près de Saint-Onophre; il y transféra dix-huit filles de Sainte-Agathe, afin qu'elles servissent de modèles i toutes celles qui seraient admises dans cette nouvelle maison et qu'elles y établissent la parfaite observance de toutes les règles
au'elles avaient suivies dans la première, ^n lui donna le nom de SolUude du trèt-taiM * Cour de Jéfus; elle fut bientôt habitée par beaucoup de pauvres filles, qui venaient s'y mettre è l'abri de la corruption et y trouver des moyens de se prémunir contre les dangers du monde, en apprenant à travailler f»our gagner honorablement leur vie. Mais e serviteur ne pouvant plus pourvoir aui dépenses, en confia l'administration à J.E. Commandeur, D. Charles Torlonia, ce qui lui fit prendre le nom de Coneervatmo carolino; il ne se réserva que la direclion spirituelle.
Enfin, en 18&9, un bienfaiteur généreui ayant mis è sa disposition une somme considérable pour être consacrée è la gloire de Dieu, M. Vincent crut qu'il serait très-utile d'ouvrir un autre conservatorio dans la ville de Velletri; il obtint, pour rétablissement de cette bonne œuvre, la permission de Terdinaire, le 5 septembre. Il se hAta d'exécuter son projet; il fit plusieurs voyages pour presser les travaui, et quoiqu'il ne dût pas en voir le parfait accomplissement, parce que la mort ne lui en 4aissa pas le temps, il employa tout son zèle pour assurer cette nouvelle fondation.
Le serviteur de Dieu était retourné dans sa solitude en 18U; on vit avec grande édification, pendant le carême de cette oséme année, un grand nombre de fidèles, parmi lesquels beaucoup d'hommes, approcher des sacrements. Il était témoin de ce concours avec une grande joie, parce qu'il lui fournissait l'occasion de se livrer à Fardeurde son zèle; il s'efforçait de ne laisser sortir aucune personne de son église sans qu'elle 5e fût confessée ; il faisait à ses compagnons les plus pressantes recommandations pour qtt*ils exerçassent les fonctions de pasteur, eo cherchant les brebis égarées et s'efforçantde les ramener toutes dans la bergerie par leurs pathétiques exhortations: celles surtout qui auraient été tentées de s'en aller à cause du
f;rand nombre de pénitents qui assaillaient es tribunaux, étaient l'objet de leur zè.'e charitable. Le saint ne négligeait pas cependant de se rendre de temps en temps diei les ermites Camaldules, ou dans le couvent de Saint-François de Paule du liont. Il choisissait ordinairement le mois d'otlobre.
parce que c'était l'époque où il était le moins occupé. Dans ses solitudes il s'altacbatt à embraser toujours davantage son co^r du feu de la divine charité; il passait de longues heures devant le Saint-Sacrement: aogtnt^n* tèit ses mortifications et pratiquait des jeOnés plus sévères. 11 exhortait les autres •
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DES ORDRES RELIGIEUX
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Titre sobrement pendant les exercices spiritaels; mais il leur recommandait aussi de soigner leur sanlé pour le plus grand inen du prochain, après de grandes faiigues, Afio de pouvoir continuer et travailler à la saoctification des tmes. Le serviteur de Dieu gardait la retraite autant que ses occupa-liuosie lui permettaient; i) adressait alors, cooiinaellement à Dieu, de ferventes prières, pour obtenir les vertus quMI voyait pratiquer lox autres. Il ne perdait jamais cfe vue la présence de Dieu.
L'homilitë, la défiance, le mépris de luimême se remarquaient facilement dans toute sacondoite; oo en voit les preuves évidentes et nombreuses dans ses divers ouvrages. Il se regardait comme le plus grand pécheur auH y eAt sur la terre, comme la misère et labomination môme; c'est pourquoi il reroarait sans cesse h Tinlercession et à la pro- (eciioD des saints, et surtoutà sa très-aimante Hère, innamorantissima Madré ^ comme il se plaisait à rappeler, Maria santissima, Eo 1835, pondant qu'il faisait une retraite, il écrivit dans un petit livre à son usage les rrproches qu*il se faisait à lui-même; il les relisait de temps en temps pour s'humilier H se confondre; k chacun des points il avait Deationné quelc|ues*unes des grâces, quelques-uns des bienfaits qu'il avait reçus de Dieu, et il se disait à lui-même : « Comment enas-ta protité? » Corne ne hai profitatof II eibortait les autres à suivre la même méthode, et il en prenait occasion de s'humilier, (le peor que ce ne fût une occasion d*être leoté de vaine gloire en se souvenant des ^kes qu'il avait reçues de Dieu. La preniière fois que se manifestèrent les symplAmes de la maladie de poitrine fut en 1829, quand il vomit le sang. Ce fut le jour de la Aie de Saint-Pierre et de Saint-Paul, après avoir confessé longtemps, avoir fait de longues courses è Rome, En rentrant dans sa chambre il se mit i genoux, selon son babi- (ode, pour réciter le saint Office; ce fut en ce moment que se manifesta la maladie, qui, plus tard, devait le conduire au tombeau. Il ne laissa pas de continuer dans la même posture ; mais épuisé, il dut prendre quelque repos. En 181U, des symptômes de même nature se manifestèrent encore, il fit une longue maladie qu'il supporta avec une patience admirable; en 18U, peu après sa retraite, il souffrit i)endant plusieurs mois de la même maladie.
Pendant ce temps il ne négligeait cependant aucun de ses exercices de piété; il choisissait les moments où il se sentait le plus epétat de prier; il préférait être seul afin dVoirla facilité de conserver la présence deDieo.Pour cela il congédiait honnêtement les personnes qui venaient le visiter, et ne leur adressait que quelques paroles pour ne pes entretenir la conversation. Si la maladie ce l'empêchait pas de se livrer h quelques foDciioDs du saint ministère, il confessait, il récitait le saint Office; il lisait des livres depiété;il célébrait la sainte Messe dans un oratoire particulier, faveur qui lui avait
été accordée en vertu d'un bref apostolique du 22 mai 1822; et quand il ne pouvait la dire lui-même il la faisait célébrer par un autre prêtre.
Il suivait très-exactement, par esprit dV béissance, les ordonnances du médecin : il était empressé de prendre tous les remèdes, quelque répugnance qu'il éprouvât, h souffrir toutes sortes d'Incommodités; il obéissait à tous ceux qui étaient chargés de le soigner, toutes les fois qu'on lui demandait s'il voulait telle chose, telle autre, il répondait toujours : « Ce que vous voudrez: » Corne vuole. Il mettait ainsi en pratique le conseil de l'ÂpAlre : Su^jecli esioie omni humanm creaturœ prôpter Deum. (/ Petr, n, 13.)
Au milieu des plus vives douleurs sa patience ne se démentit jamais; aucune plainte ne sortait de sa bouche. Quand le médecin l'interrogeait, il répondait à ses questions avec simplicité, sans manifester la moindre inquiétude, et si quelquefois on oubliait de lui donner une médecine au temps prescrit, ou à exécuter quelques-uns de ses ordres, il gardait le silence. Il témoignait constamment sa reconnaissance à ceux qui lui rendaient quelques services, il l'exprimait ordinairement par ces mots : «Que Diea récompense votre charité : o Iddio paghi ta tua carita.
Sa résignation, pendant sa maladie, fui des Plus édifiantes. Indifférent sur l'issue qu'elle pouvait avoir, on l'entendait dire souvent : Que la volonté de Dieu s'aecom" plisse : « Si faccia quel che vuole Iddio, » Et quand quelqu'un lui demandaitdes nouvelles desasanté,s il se réjouissait de l'espoir de son rétablissement, il répondait toujours : « Ce que Dieu voudra : » Quel che vuole Iddio.
Âla fin de l'année iVA^ le serviteur de Dieu envoya en Angleterre un prêtre de sa congpré* galion pour propager lecatnolicisme.Deux ans après, il en envoya un autre ; et ces deux prêtres s'étant unis a deux Anglais rendirent de grands services à la religion. Ce succès étant parvenu à la connaissance de notre Saint- Père le Pape, Pie IX, par son rescrit du 8 du mois de juin 1848, qu'il obtint par la médiation de la congrégation de la Propagande, le Saint-Père les chargea de la direction de l'église qu'ils devaient construire, surtout pour donner des soins spirituels aux stations; il en donna la propriété, la direction et l'administration auxprêtresde cette société.
Le serviteur de Dieu manifesta le plus grand zèle pour cette maison de retraite et pour cette mission. Il lui envoya d*abondantes aumônes, la pourvut de vases sacrés et d'or« nements; il ressentait un grand désir de se rendre lui-même dans ce royaume, il en faisait la proposition à un des prêtres de la mission, et il eût exécuté son projet, si la mort ne l'avait prévenu. Le seul mot de mission lui faisait éprouver de fortes émotions, et comme il ne pouvait autrement contribuer au bien qu'elle procurait, il ne cessait d'expédier aux missionnaires tout ce dont ils avaient besoin. Dans sa dernière maladie il manifesta encore un grand désir
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d*aller à ia mission de Ci?ila-Larjnie où il voulait se rendre trois jours après ; et dans l'espérance de réaliser son dessein, il avait ordonné à ses compagnons de préparer la maison où on devrait déposer ia croix et les autres objets nécessaires pour cette mission. Mais, n'ayant pu exécuter son projet h cause des progrès alarmants de la maladie, il fut très-contrarié (iu*è son occasion on eût différé les exercices de cette mission pour la satisfaction des habitants de cette ville.
Le saint fondateur souffrit horriblement nendant le temps que dura le règne de la république romaine. En 18^9, ils avaient la direction spirituelle de Thôpital du Saint- Esprit: le démon ne pouvant souffrir le bien qu ils y opéraient, proflta des circonstances si fG^vorables pour ontenir du gouvernement qu'ils fussent etpulsés de Thôpital. M. Vincent ne répondit rien, ne se permit ni observation ni réclamation; il ordonna à ses compagnons de faire leurs préparatifs, et, entonnant en même temps le Te Deum^ ils retournèrent tous dans leur maison. C'est ainsi qu'il se conduisit dans l'adversité; dans la prospérité, au contraire, il récitait et invitait ses compagnons à dire le Miserere^ ayant en vue de remercier le Seigneur des épreuves qu'il leur avait ménagées. Arrivés dans leur solitude, il recommanda à ses prêtres de ne rien dire de ce qui venait d'arriver, quand même on leur adresserait quelque question, car il ne cessait de se conduire avec la plus grande charité envers ceux dont il recevait des injures, des injustices, et dont il avait h se plaindre.
Etant rentré dans sa chère retraite, il se vit bientôt obligé, par la gravité des circonstances, d'aller se retirer dans le collège des Irlandais, è Sainte-Agathe des Monts, oii il demeura iusqu*au mois de juillet 18i9, époque ou il put enfin retourner dans sa maison. Le règne de la démagogie ayant cessé et force étant restée è la loi et au droit par l'assistance des troupes françaises, Mgr Moristimi, président de la commission des hôpitaux, invita M. Vincent à retourner, avec ses compagnons, à celui du Saint-Esprit, pour confesser et administrer les malades. M. Vincent prit les plus grandes précautions pour qu'ils reçussent les mêmes soins qu'auparavant; et comme la dernière phase de sa maladie ne lui permit plus de rendre lui-même ces services aux malades, il se faisait rendre compte, chaaue jour, de ce qu*on avait fait pour les infirmes, et il prenait la plus grande part è ces récils.
Du mois de juin de cette année jusqu'au mois de novembre, il ne sortit pas Je |sa maison de retraite, passantson temps, comme de coutume, aux œuvres du saint ministère et dansTexorcicede lacharité.ll donna encore les exercices spirituels dans la maison de la mission, depuis le 25 octobre jusqu'au 1*' décembre ; il prépara tout pour la solennité do Toctave de l'Epiphanie qui avait lieu, selon l'usage, à Saint-André de la Valle; il expédia toutes les affaires, se IiAta de faire des visites k un grand nombre de [lersonnes,
et en particulier à la pieuse maison de Charité.
II se trouvait, le 16 janvier, dans la maison d'un bienfaiteur, Saint-Jacques Salvati, où i. avait coutume de se rendre quand il était dans ce quartier, pour prendre un peu d^ nourriture, parce qu'il était trop éloigné de chez lui , lorsqu'il setfitit aussitôt ses forces l'abandonner avant même d'avoir pu prendre le moindre aliment. On dut le porter en voi« ture, à la maison de retraite; il se mit au lit; le médecin crut d'abord que ce ne serait qu'une indisposition, mais la maladie fit des progrès ; pendant la nuit, le malade éprouva une douleur aiguë au cOté ; le docteur voyant le lendemain son étal aggravé, jugea è propos de lui faire une saignée qu il renouvela deux fois dans l'après-midi ; le samedi, 19 janvier, une lueur d'espoir apparut, mais an milieu du jour des symptômes sinistres la dissipèrent. On jugea nécessaire de lui administrer les derniers sacrements. Cette nouvelle causa la plus grande joie au servi* leur de Dieu, qui brûlait du désir de recevoir son divin Sauveur.
Ce ne fut pas seulement en ce momeol
3u'il se livra aux sentiments de l'amour ivin, mais depuis le principe desamala* die, il s'élevait sans cesse vers Dieu par des oraisons jaculatoires les plus ferventes et par des actes d*une brûlante charité; il était continuellement uni è Dieu. On lisait les sentiments de son âme dans les mouvements de son esprit, de ses lèvres, surtout dans l'expression de sa figure et la direction de ses yeux toujours tournés vers le ciel, pour lequel il soupirait et oiï il espérait arriver bientôt, car il était persuadé que c'était m dernière maladie, comme il Tavait manifesté à quelques-uns de ses amis et en particulier à une de ses pénitentes qui avait appris de lui qu'il serait mort avant quinie jours. Avant de tomber malade , il avait dit à la supérieure de la Trinité-du-Mont:t Voici la dernière fois que je vous adresse la parole r » Ecco rultima volta che io ri parh.
Dès l'année 1847, il avait fait son testament; les pauvres et les maisons pieuses étaient ses héritiers. Il avait nommé deut prêtres de sa congrégation pour exécuteur^ testamentaires; il donnait dans ce testament des preuves de sa profonde humilité en prenant le nom de rien , nten/e , de péché, de misérable, de la misère même, d'indigne de vivre dans une congrégation. Dans une lettre adressée aux Pères de sa consrésatioo, il demandait d*ôtre enseveli dans régiisede Saint-Jean-Décollé, au milieu des |«8unei» condamnés à la peine capitale.
Cependant la maladie ne cessait de faire de graves prostrés et de devenir plus dao* gereuse. Il reçut le saint viatique le iO je»vier; il demanda avec instance qu'on lui administrât le sacrement de i*extrémeonction; mais le médecin et les prêtres de la congrégation ne trouvant pas de danger pressant, crurent devoir différer jusqu.^u soir pour lui procurer celte con^otati«»n. Vers les dix heures du soir, il futTÎMi^it béni par l'enianl Jésus do féglise de Tirs*
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tëli: le serviteur de Dieu se livra dans cesbeareux moments à la plus vive démonstratioo de ta dévotion en baisant pieusement, et à pJQsieors reprises, ses pieds sacrés. Anni de recoToir le sacrement de Textrâmeooclioo , H. Vincent se fit apporter dans sa chambre tout près de son lit, la statue de la (rés-sainte Vierge» Reine des apôtres, ce qui lui donna occasion de lui témoigner toute sa dévotion. Environ vers les deux heures après minuit, on commença à réciter les prières de la recommandation de Tâme et aes agonisants. Le serviteur de Dieu béoit tOQs ses compagnons ayec la plus touchante expansion. Quelques heures après, il avait fini sa course; il mourait <le la mort des justes.
On différa trois jours de l'ensevelir; chaaae jour avaient lieu les cérémonies des funérailles, non-seulement de la part des praires de la congrégation • mais de la part de plu>ieurs ordres religieux qui étaient venus simultanément avec le clereé séculier pour lui rendre ses honneurs. 11 y eut un oon€Oors immense du peuple, chacun cherchant à baiser et à se procurer quelque objet (juieût appartenu au serviteur de Dieu. Bien Jes personnes élevées en dignité, môme (bas les grades militaires, et parmi eux des Français, voulurent voir cet homme qui irait laissé sur la terre tant de preuves de sa sainteté. Son corps, après le troisième jour, Vêtait conservé intact et sans marques de corruption ou de dissolution ; il lut renfermé dans un cercueil de plomb et celui-ci dans un antre de bois. On en fit un acte notarié en présence du fiscal, du vicaire et dauires personnes appelées pour témoins et qui y apposèrent leur signature. Il fut enseveli dans Téglise même de Saint-Sau* venr m onda, dans la maison de laquelle il était toort.
Les Souverains Pontifes Grégoire XVI et Pie iX ont accordé beaucoup de privilèges à l'institut , entre lesquels la communication des trésors spirituels des ordres réguliers et des confraternités séculières; des privilèges même des réguliers, entre autres de pouvoir ordonner les élèves de la maison sous le litre de la Mission, titulo miaionii. On avait accordé au serviteur de Dieu Téglise de Saint-Sauveur in onda^ ainsi que la luai- ^0 qui y était contiguë ; elle a été donnée «Q dernier lieu aux prêtres de sa congrégation. On leur a confié la direction de l'hospice ecclésiastique et l'hôpital des prêtres malades, qui est établi dans une partie du local dit des Gent-Prêtres, dî CentcPreli.
Voici le but de la pieuse société en général et de la communauté régulière fondée par Sa serviteur de Dieu André Palloti en 1835.
Àitociaiion à la pieuse société des Missions.
Vna <tl fdes maiiftKm el pîelasa'-
clfdiram. {Oroi. kcd.) El fkl wmm Qoile et mus vasior,
{Joan. X, 16.)
U pieuse société des Missions nationales (t étrangères fut fondée à Rome en 1835 ,
pour ranimer la foi , pour raHumer la charité des catholiques, pour propaser Tune et l'autre parmi les infidèles et les hétérodoxes,
f>our ok>tenir la réunion si désirée de toutes es nations et de teus les peuples de l'univers dans l'unique Eglise de Jésus-Christ, sous Tunique, suprême et légitime pasteur le Pontife romain.
Tous les fidèles de l'un ou de l'autre sexe, de toute nation, de tout grade, de toutes conditions, disposés à contribuer par des avantages spirituels ou temporels qu'ils pourront procurer pour atteindre ce nut , chacun selon sa position, sont invités è faire partie de cette société.
Cette société pieuse se divise en collé-
Siale et en collective. La première est formée 'cclésiastiques séculiers, réunis on communauté sans être liés par des vœux, pour mener une vie commune selon la règle écrite par le serviteur de Dieu, ceux-ci constituent la partie centrale et motrice du pieux institut. La deuxième est composée indistinctement d'ecclésiastiques ou clercs réguliers et séculiers et de laïques des deux sexes, qui s'ofl'rent spontanément et gratuitement pour les œuvres de la pieuse société, de concert avec les prêtres du corps central. Tous les corps moraux des deux sexes» même des orarcs religieux et des vœux solennels, peuvent appartenir à cette partie externe.
Il y a trois moyens principaux pour exciter les cœurs à la pratique des vertus évangéliques : l'exercice du saint ministère , la prière et l'aumône. La pieuse société se divise, dans la partie externe, en trois classes : la première, celle des ouvriers; la deuxième, des coopérateurs spirituels; la troisième, de ceux qui contribuent, en laissant è chacun de choisir la classe qui lui convient. A celle des ouvriers appartiennent, en premier lieu, les clercs séculiers ou réguliers qui se livrent avec les prêtres du corps central aux fonctions du saint ministère; en deuxième lieu, les laïques qui, sous leur direction, remplissent les œuvres de l'apostolat , qui sont compatibles avec leur état et leur condition. La classe des coopérateurs spirituels se com-
f)Ose des associés, qui, comme Moïse sur a montagne, travaillent en priant, et qui, par leurs ferventes et continuelles prières, rendent fécondes les fatigues et les efforts des ouvriers évangéliques de la pieuse société. Or, comme tous les fidèles peuvent prier, tous* sans exception, peuvent appartenir è la classe des coopérateurs spirituels. La classe de ceux qui contribuent est formée des associés qui s'appliquent à pourvoir le pieux institut des moyens matériels nécessaires pour le succès de cette œuvre, c'està-dire : 1* en emplovant les talents, les relations, l'autorité, remploi , la profession, l'art, etc., à la fin que se propose lasociét<^; 2* en donnant pour les missions et pour les églises pauvres des objets sacrés ou de dévotion, comme des calices, des ciboire-^, des ostensoirs, des ornementSi des linges,
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DICTIOxNNAlRE
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