OU
des tableauii des chapelelSy des rosaires» des scapulaires, des livres de piété, des images, etc., etc.; en fournissant de l'argent par des aumônes annuelles ou mensuelles ou semestrielles, des aumônes extraordinaires, des bijoux, ou autres objets précieux, ou des nabillements, ou des comestibles pour l'entretien des ecclésiastiques du corps central de la société. L'associé ne contracte ni lien légal, ni lien moral; il demeure libre de renoncer à tout emploi qu'il aurait accepté et môme de renoncer à la société. Pour qu'il reste uni, il doit rendre le service gratuitement, sans aucun inlérAt propre, pour la seule gloire de Dieu et la sanctification des hommes.
Cette pieuse société tra?aille sous la protection de Marie Immaculée, Reine des apô* très, et sous la dépendance immédiate du Souverain Pontife et la soumission des ordinaires des lieux. L'associé fait un acte très-agréable è Dieu en s'inscrivant dans cette société, car l'Esprit-Saint nous enseigne que la volonté de Dieu est que tous les hommes soient sauvés et éclairés de la lumière de la vérité •(/ Tim. II, 4.) Saint Denis l'Aréopagite observe que parmi toutes les œuvres, la plus divine, la plus sublime, la plus sainte, est celle de coopérer aux desseins de la miséricorde de Dieu pour le salut des ftmes. Saint Grégoire ajoute qu'aucun sacrifice n'est plus agréable à Dieu tout-puissant que le 2èle pour le salut des Ames, et saint Jean- Chrysostome observe que cette œuvre est la plus chère au cœur de Dieu. Elle n'est pas seulement très-agréable è Dieu, elle est trèsutile è l'associé, parce qu'elle l'aide è mettre en pratique le précepte mutuel de la charité : Dihgiie alterutrum; elle nous fait exercer cette partie de l'apostolat que chacun est obligé d'accomplir en procurant autant qu'il le peut le salut de son prochain : Unieuique mandavii Peui de proximo $uo {Eccli, xvii, là) ; empocher son éternel malheur : Récupéra proximum tuum secundum virtutem iuam, {Eccli. xxix, 27.) En troisième lieu, elle mérite la grAce du salut éternel, parce que saint Jacques dit riqu'en procurant le salut de nos frères, nous sauvons notre Ame : Qui eanverli fecerU peceatorem ab errore viœ tuœ^ $alvabU animam ejus et operiet muUitudin'em peecatorum. [fac. v, 20.) Enfin elle rend l'associé participant, eu vertu d'une concession apostolique, de tontes les Messes, Oifices divins, fonctions du saint ministère, prières, méditations, contemplalions, pénitences, mortifications, jeûnes, et de tout autre œuvre de charité et de vertu que pratiquent , en particulier et en commun, les ordres monastiques ou religieux, les clercs réguliers qui sont dans l'Eglise de Dieu, en y comprenant les bonnes œuvres des religieuses qui sont soumises à ces divins ordres , et , outre cela , l'associé participe aux innombrables indulgences des ordres a ai ont reçu du Souverain Pontife la facttlté ue les communiquer.
Cette pieuse sociétéesiétabliek Rome, dans l'église de Saint-Sauveur in onda , rue des
Pettinari, près le pont de Sixte, dans ]r
3uelle est enseveli le serviteur de Dieu for ateur , et qui est la résidence du recteor général , comme aussi dans les retraites ou maisons de charité , dans Rome et hors de Rome, où résident des prêtres du coriis central de cette pieuse société.
PASSIONNISTES ( RsuGuux ).
Notice sur la fondation ^^ eur le développe^ment de la congrégation des Cltrct déchauiiés de la tres-sainte Croix et Pa$$ion de Notre -Seigneur Jésus -Chriêt*
Paul François Daney, surnommé ensaile Paul de la Croix, fut cet homme émineot que Dieu choisit pour fonder la nouvelle coqgrégatioD des Clercs déchaussés de la trèssainte Croix et Passion de Notre - Seigaear Jésus-Christ.
Il était issu d'une famille noble de Mootferrat du diocèse d'Aquî, qui iaisaît alors
{)artie de la république de Gènes et qui fut a patrie fortunée de ce serviteur de Dieo. 11 vint au monde le 3 janvier ieSk; et sa xish» sance fut accompagnée de tels prodiges que dès ce moment on put prévoir quelle serait la sainteté de cet enfant, qui à son berceaa était prévenu des grAces les plus abondantes. L'aïeule de Paul Daney et un grand nombre de personnes qui assistèrent à sa naissance attestèrent qu au moment où il venait au monde, l'appartement brilla d'une lamière subite et extraordinaire. Pour se convaincre comment la vie et les œuvres de cet enCant extraordinaire correspondirent à ce prodigei on n'a qu'à parcourir la rie de ce seryiieor de Dieu écrite par le vénérable Sirambii oo des disciples les plus illustres de ce célèbre serviteur de Dieu.
Ce saint jeune homme se préparaU par Vin* nocence de sa vie et par les rigueurs delap^ uitence à remplir la mission à laquelle la Providence le destinait. Lorsque le moment ûiè dans les desseins de Dieu pour raccomplissèment de cette bonne œuvre, pour la foDuation de. la congrégation de Jatrès-saime Croix et Passion, fut arrivé, un jour qu'il était animé d'une plus grande ferveur, Diendai* gna le ravir en esprit, et pendant ce ravissement il lui montra l'habit dont il voulait que fussent revêtus lui et les coflapa^ gnons qu'il devait appolerauprès de loi.Ceci arriva vers Tan 1790. Le Seigneur lui communiqua en même temps des lumières particulières sur les règles qu'il rédigea dans la suite comme nous le verrons plus bas. Cet humble, serviteur de Dieu, ne voulant agtr dans une affaire d'une si grande importante qu'avec la plus grande pradence et après no examen approfondi, la soumit, avec la franchise et l'ingénuité qui lui étaient naturelie>« au jugement éclairé et au sage discernement de Mgr Gastinara, Barnabite, alors évéque d'Alexandrie en Piémont, que le saint jeune homme avait choisi depuis quelque tew\'^ pour directeur de son Ame. Le savant préliU très-instruit dans la voie de Dieu, avait dvfi compris de combien de dons précieux tt u<
lus
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râceseitraordiuaîres le Seigneur se plaisail faTOriser cette grande âme; après avoir «dressée Dieade ferventes prières et avoir longtemps et sérieusement examiné celte gestion, il déclara que Paul-François avait été choisi par Dieu pour fonder la congref4(ioo de la très- sainte Croix et Passion de Noire -Seigneur Jésus-Christ, etaussilAt, sans le moindre délai, dans la matinée du 22 DOYembre 1820, Sa Grandeur revêtit Paul (Je rbablt que Notre -Seigneur avait daigné lui foire connaître par révélation et qui est le même que celui que portent aujourd'hui les religieux Passionnistes, ce qui remplit le jeune Paul d'ineffables consolations.
Lliabitdes Passionnistes consiste dans une tonique de drap de couleur noire et d*un maoteau de la même étoffe qui est grossière; la robe et le manteau sont semblables à ceux que portent les clercs réguliers , si ce n*est que rétoCTe est plus commune. Ils portent de plus sur leur habit du côté gauche de ia poitrine ei suspendu au cou un cœur brodé en blanc surmonté d'une croix blanche avec l'inscription suivante :
Je$u XPl Pastio;
pour distinguer les laïques des prêtres, reoi-ci les portent sur la tunique et sur le oiaoteau, tandis que les autres ne les portent qnesurla tunique. Cette robe est serrée aiec uoe ceintare de cuir noir. Kntre autres austérités y ils n'ont à leur usaçe que des tamises do laine grossière, l'hiver comme Tété ils ne peuvent avoir que des sandales pour chaussures; ils portent sur la tète un oiauTais chapeau; ils jeûnent babituellemeot trois jours de la semaine outre l'Âvent elle Carême: ils couchent sur la paille tout babilles, et ils ne peuvent quitter leurs vêlements, pour se mettre au lit, que dans le cas 'ie maladie grave; ils se lèvent la nuit pour chanter les Matines, et récitent d'ailleurs en chœur, et au temps fixé parles rubriques, chiaue partie de TOflice canonial. L'amour de la perfection , surtout du recueillement et de la prière, leur fait rechercher la solitude; de là nient que leurs maisons, qui [lortent le nom de retraite ( rUiri ) sont établieiî dans des lieux écartés.
La volonté de Dieu s'étant manifestée d'une mirière encore plus évidente à Paul par la décision de son supérieur qui était en même temps le directeur de sa conscience, ce serviteur de Dieu s'appliqua dès ce moment à exposer les règles que le Seigneur se plaisait à lui inspirer. Il a avoué à son confesseur et à son directeur qu'il écrivait avec tant de rapidité en les rédigeant, qu'il traçait les lignes avec la même célérité que si quelqu'un les lui avait dictées.
Ayant terminé cette œuvre, il fut la son-
I mettre k Msr Gastinara sous la dépendance
I duquel il rétait entièrement placé, ne vou-
I iaot rien entreprendre qu'avec son approba-
I tioo. Hais l'humble pasteur n'osant f^as se
ûer k son jugement, après avoir examiné
altfntiTement ces règles, les soumit à celui
d'autres pieux et savants religieux qui y re-
connurent tous ie doigt de Dieu. Ils se réunirent au saint évêque d'Alexandrie pour engager Paul à se rendre & Rome pour solliciter du Saint-Siège l'approbation de sa congrégation et des règles que Dieu lui avait révélées. Dès lors il quitta sa patrie, se rendit & Rome pour exécuter les desseins du Ciel. Esclave de Tobéissance, Paul craignant de s'opposer è la volonté de Dieu , se bâta d'exécuter le projet que les décisions de ses ministres avaient assuré en être l'expression; il se mit donc en route dès le mois de septembre de l'année 1721; mais comme il arrive aux œuvres que le bon Dieu inspire, celle-ci ne rencontra que contradictions. Le refus qu'on opposa k sa demande l'obligea de retourner aans sa patrie sans que ses démarches eussent obtenu aucun succès.
Paul ne se découragea pas cependant; quelque temps après ilentreprend de nouveau le voyage de Rome en se faisant accompagner d'un de ses frères ; mais alors cette affaire prit une tournure bien plus favorable. Après quelque séjour dans la ville sainte , ils furent l'un et lautre promus au sacerdoce, puis employés h Rome même pendant quelque temps è des exercices dt) charité envers le prochain; ce fut alors qu'ils obtinrent la permission de se retirer sur le mont Argentaro près de la ville d'Orbitello, péninsule qui appartenait alors au royaume de Naples et qui est aujourd'hui sous la domination de la Toscane ; ce fut là et dans un petit ermitage qu'habitèrent d*abord les deux frères, qui étaient avides de mortiflcatiens. Mais ayant obtenu ensuite la permission de réunir des compagnons, et leur nombre augmentant de jour en jour, le serviteur de Dieu mit aussitôt la main à la construction du premier monastère de la congrégation naissante qu'il plaga sur la même montagne Argentaro; on en prit possession le Ifc septembre 1737 avec beaucoup de solennité. Le serviteur de Dieu, ayant heureusement obtenu ce premier résultat de ses démarches et de ses sollicitudes, dirigea tous ses efforts pour obtenir du Saint-Siège la confirmation et l'approbation des règles de la société, afin qu'on s'appliquât à les observer plus exactement dans une autre solitude» qui serait mieux appropriée à l'esprit de l'institut et de la règle. Ce ne fut qu'après des efforts longs et persévérants et plusieurs voyages entrepris dans ce but, que Paul reçut du Seigneur cette consolation et l'objet de ses vœux les plus ardents. Après avoir fait examiner avec maturité ces règles et avoir indiqué les modifications à apportera quel* ques articles, Benoit XIV, d'immortelle mémoire, par un rescrit du 15 mai 1741, les approuva avec joie, et le 28 mars 174611 fit expédier le bref de cette approbation. Clément XIV approuva et confirma ensuite les même rèsles, et fit expédier le bref de cette faveur qir il venait d'accorder le 15 novembre de Tannée 1769,; mais ce Souverain Pontife ne voulut pas se contenter de cette approbation, il voulut bien publier une bulle qui commence par ces mots Supremi apo$(olaiu$,
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datée du 16 noTembre de la uièoie année , pour approuver de la manière la plus formelle et à perpétuité la nouvelle congrégation de la très-sainte Croix et Paision de Notre - Seigneur Jésus - Christ.
L*immortel Pie VI , ayant voulu insérer dans les règles quelques modifications oue l'accroissement du nouvel institut rendait indispensables» et ajouter è la considération et au respect dont les bulles de ses prédécesseurs avaient entouré celte congrégation » accorda aux religieux Passionnistes la bulle Prmclara virlutum tx^mfla^ sous la date du 15 septembre 1T75.
Enfin le Souverain Pontife Pie VU» dont la mémoire ne périra jamais» lors de leur rétablissement après la funeste Révolution» ne se contenta pas de nommer les Passionnistes les premiers pour reprendre leur saint habit» mais il confirma et approuva tout ce que ses glorieux prédécesseurs avaient fait en faveur de la congrégation de la très sainte Croix» ainsi aue les j^riviléges qu'ils lui avaient accordes» mais il en ajouta un grand nombre d'autres.
C'est ainsi que la congrégation des religieux Passionnistes lut placée par l'autorité apostolique sur des bases solides» qu'elle fit des progrès plus rapides. Le vénérable fondateur avait établi sur le môme mont Argen* taro une autre maison» tin altro ritirOf dans un emplacement plus salubre» voisin du premier. Il le destina au noviciat qui s'y trouve encore aujourd'hui.
Le vénérable fondateur» qui avait déjà fondé dans la province du patrimoine de Saint-Pierre plusieurs établissements»
fut heureux de pouvoir en former aussi dans la province maritime et dans la cam-
pagne. Jusqu'alors la congrégation ne possédait dans la ville de Rome qu'un seul hospice» mais le Pape Clément XIV» d'heureuse mémoire» qui la favorisa dans toutes les occasions» leur céda la maison et l'ég)ise de Saint-Jean et de Saint-Paul sur lo mont Celius» où le vénérable fondateur fixa depuis sa résidence et réunit une nombreuse communauté; comme on lo voit encore aujourd'hui» ce fut là que le bienheureux fondateur termina sa carrière et mourut en odeur de sainteté; c'est dans la nef fauche de cette basiliciue qu on voit son tomeau. Peu après fut introduite la cause de sa béatification; il jouit déjà du titre de Vénérable» on espère qu'il sera bientôt permis de l'appeler Bienheureux. Après la mort du saint fondateur la congrégation ne cessa do prendre de l'accroissement» et comme un arbre d'étendre au loin de nombreux rameaux. On fonda des maisons dans laMarched'Ancône» dans rOmbrie»dans le royaume de Naples; dans les derniers temns dans le duché de Lucques» depuis dans la Toscane» dans les Etats de Gènes. On compte aujourd'hui des religieux Passionnistes en Angleterre» en Belgique» en France dans le diocèse d'Arras. La congrégation a trois noviciats, un en Italie» un en Belgique, le troisième en Angleterre. Dans chacune des
maisons les religieux sont très-Dombreux; la plupart s'appliquent à Tétude do la phi* losophie et de la théologie» ils y eoosacrent six années» dont deux à la philosophie» trois à la théologie» une à l'éloquence sacrée, k l'élude de l'Ecriture sainte et des SS. PP. Farces fortes études ils se rendent capables d'atteindre le but de leur institut.
Il est temps maintenant d'exposer rutiliié de cette congrégation des Passionnistes et les services qu'elle rend à la société et h l'Eglise. 11 est hors de doute que le vénérable serviteur de Dieu» le P. Paul de la Croix. en instituant avec tant de peines et de biigués cette congrégation» n'a pas eu seulement en vue le salut de ceux qui voudraieiu devenir membres de cette société, mais
au*il s'est proposé surtout la sanctification es Âmes» puisqu'au commencement de> règles en général et en tète de chaque règle en particulier» il rappelle à ses religieux que la fin de cette congrégation ii'est \m seulement de sauver son &me» mais aussi celle du prochain; c'est pourquoi la vie des Passionnistes est en même temps active et contemplative. Les membres qui la composent montrent dans tous leurs actes celle vie apostolique à laquelle ils s'efforcent de se former chaque jour.
Quant aux devoirs que la première prtie, c'est-è-dire la vie contemplative, lajposo aux religieux de ta eongrégatioo de la Passion» il suffit de lire leurs règles pour les connaître» et» pour ne ^«rler que duo seul point» je me contenterai de dire que les Passionnistes sont tenush rexacteobservaoce des trois voeux de chasteté, de pauvreté ei d*obéissance; ils font de plus un quairièoie vœu qui les distingue des autres religieuii celui de faire tous leurs efforts pour exciier dans les cœurs des fidèles le souvenir de la mort do Notre-Seigneur Jésus-Christ; ei quoique ce quatrième vœu ne soit poioi solennel» puisque le vénérable fonddUur crut devoir se soumettre au désir du Saini* Siège» qui approuva Tinstitut avec des vœui simples; c'est pourquoi on en n'esige i^as rigoureusement Tobscrvance. Les religieux Passionnistes font une heure de médilaiiuu le matin et une heure le soir» et une demi- Heure itcndant la nuit; après la récitau;»» de roilice divin» le silence continuel» i^ ioignement du bruit et de la dissi(>ation iiu monde est la vertu qui esi propre aux Pa>sionnistos» et c'est pour ceJa que le véncrable Paul du la Croix voulut que les iuod&^tères fussent» autant que possible» bâti|dJiu^ les solitudes» afin que les religieux, sé|>arc:> des agiutions du siècle» pussent jouir plu» facilement de la première partie de leur wr cation, et qu'après s'être livrés aux utigu* > du saint ministère pour la sanctification de> âmes» ils eussent l'avantage de se fttircf dans la solitude» de s'y recueillir» de s} fortifier et de se rendre plus capalilesde i« livrer ensuite aux fonctions de la vie acu«e. Enfin» pour me résumer» je dirai que la vi^ d*un Passionniste est une vie consacrée è urrigoureuse pauvreté» à une sévère soliiud<^i
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ce qoi 1m dispose fiarfaiteflient A remplir 1005 les deToirs de la vie ooolemplaiife» qui est ao des buts de Tinslitut. Disons quelques mots de l'autre partie de la fie des re* llgieDX PassioDoistes.
li fie active que le fénérable fondateur de la congrégation de la Très-Sainte Croix et Passion de Notre-Seigoeur Jésns-Christ preserifit à ses enfants consistait de trarail* 1er, autant que leurs forces le leur permetnient, à la sanctiflcation des Ames; c'est poarquoi tous les prêtres de la congrégation qoi étaient jugés capables de se dévouer au sacré ministère devaient se livrer aux missioDSf donner les exercices spirituels au clergé, aux séminaristes» aux monastères, SOI pensions et A toutes les personnes qui TJfeot en communauté. Pour remplir celte (iirtie de leur vocation» ces religieux don- Daleol sans interropliun des exercices spirituels k toutes les personnes qui voulaient tt recueillir et ftire une retraite pour leur afaocement spirituel. Pour correspondre A cette partie spéciale de leur vocation, les prUicateurs évangéliques de la coogréga* UoQ de la Passion s'efforcent de graver dans le cœur de leurs auditeurs Jésus-Christ et Jésas-Christ crucifié : Je$um ChrisiWm ei kune erucifisum (/ Cor. u» 2); c est- à-dire d'imprimer dans la mémoire et dans le cœur des fidèles le souvenir de la très-sainte hs&ioù de Notre-Seigneur Jésus-Cbrist, ce qui fait, comme nous Tavons dit, l'objet du quatrième vœu; pour cela ils traitent ce sujet »uit(iaDsIesmissions,soitdanslesautresexer« cjces qu'ils donnent. Ils enseignent la méthode pratique pour la méditer, et pour retirer de son crucinx ces trésors de science et de sagesse qu'il renferme. Mais comme tous ne se livrent pAsaui fonctions du ministère aoostolique, pvce aue, comme dit l'Apôtre (/ Cor. xii , iseqq.j, tous ne reçoivent pas les mêmes lions de Dieu, ceux qui ne se livrent pas à b prédication s'acquittent des devoirs de la vie active dans le sacré tribunal de la pénitence, et reçoivent tous les jours de l'année la moltitode des pénitents qui fréquentent leurs éi^ises. Le zèle de ces hommes apos* loiiqaes n'a pas été limité par les frontières lie ritalie, de la France, de l'Angleterre, de 1^ Belgique, il s'est étendu jusque chez les iotidètes. La congrégation de la Propagande a confié depuis bien des années aux Passionnistes les missions de la Bulgarie et de la Valacbie; elle entretient un évèque et huit jBissionaaires et couserve ce nombre toujours complet. On peut dire à la louange de la Porte-Ottomane qu'elle respecte la liberté dei cultes, ce qui permet aux missionnaires ^ioonistes, non-seulement de travailler k eotretenir la foi et la piété des catholiques lui habitent ces royaumes; mais ils ne dé- ^pèrent pas de convertir un jour les mu«
iUlutiDS.
Kofio la congrégation de la Passion de Jésus, quoique dans des limites étroites, n'a i^ laisse que de réjouir autrement l'K- Sltse; elle adonné k l'Église plusieurs évalues, entre lesquels nous devons surtout
faire mention do célèbre évAque Strambi, qui fut le troisième supérieur de la congrégation; il naquit k Civitta-Vecchia; il entra dans la compagnie lorsqu'il était déjà revêtu du sacerdoce, il fut reçu par le vénérable fondateur lui-même ; il fut élevé k la dignité épiscopale en 1801 et placé sur le siège' de Macerata et Tolentino, qu'il gou« verna pendant vingt-deux ans ; à foret* de prières et d*instances auprès du Pape, il finit par obtenir de ce Souverain Pontife de renoncer à son évAché : une condition lui fut imposée par le Sainte-Père, qu'il viendrait babiter son propre palais Quirinal, ce qui fut une marque extraordinaire de l'estime
Birticulière qu'il faisait de ce serviteur de ieu. En effet pour avoir une idée de la sagesse, de la prudence, de la science, de la sainteté de cet illustre prélat, il suffit de lire sa Vie écrite par le P. Synagio del Costato de Jésus, religieux de la même congre -
Sation. L'Eglise, en entreprenant la cause e sa béatification et en le déclarant vénérable, nous apprend ce qu'il fallait penser de sa sainteté. Mgr Vincent-Marie Strambi mourut le 1" janvier de Tannée 1824>. On voit son tombeau dans Téglise de Saint-Jean et de Saint-Paul à côté de celui du fondateur de la fKingrégation.
Il est bon d'observer que, quoique les religieux de la congrégation de la très* sainte Croix et Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne soient pas liés par des vœux solennels, ils ne sont pas pour cela libres; car le jour même de leur profession ils font VŒU do persévérance dans la congrégation ; par conséquent, à moins d'un motif réel et grave, approuvé par le supérieur général, les Passiounistes ne peuvent quitter la con^ grégalion, ni la congrégation ne peut les exclure ds son sein. Ce qui pourrait surprendre quelques personnes, parce qu'il semble que cette congrégation n'offre pas, de cette manière, la même stabilité que les autres ordres religieux, mais on doit observer plutôt que c'est là une marque toute particulière de la Providence ; car, par ce moyen» la congrégation a conservé à 1 esprit de I institut la même régularité qu*à Vépoque de son établissement. Car s'il arrive aue quelques-uns se relAcbent et perdeot«l esprit de leur état (comme cela arrive à tous ceux qui ne correspondent pas à la grAce de Dieu), ils quittent Tinstitut, tandis que ceux qui restent, peuvent alors plus facilement servir le Seigneur dans toute la ferveur de leur ccBur.
Le vénérable Paul de la Croix fonda, avant sa mort, un monastère de religieuses de la Passion. Leur vie est en tout semblable à celle des religieux, si oe n'est que la règle admet quelques petites différences dans les choses quioe conviennent pas è leur sexe. La ville de Cornetto eut la faveur d*être cboisie pour recevoir ce monastère (ou retraite) des Filles Passionnislines. La règle leur prescrit de s'appliquer, autant que cela leur est possible, a annoncer h tous Jésus et Jésus crncifié.Quand il ne leur est pasdouné
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dV contribuer autremeot, elles doivent adresser au Seigneur des prières ferventes pour obtenir l*emcacité de la parole de ceux qui vont évangéliser les peuples, et en par* ticulierdes religieux de la très-sainte Croix et Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les Passionnistines portent le même costume que les religieux; elles chantent les Offices aux mêmes heures, consacrent le même lemps à la méditation aux mômes heures du jour et de la nuit; en un mot, les religieuses Passionnistines vivent du môme esprit et sont en tout conformes aux religieux de la môme congrégation.
Tel est en quelques mots Tinstitut que forma et qu'illustra par la pratique des plus sublimes vertus le vénérable Paul de la Croix. Comme on Ta vu, le but de cette so* ciété des Passionnistes est leur propre sanc* tification et celle du prochain. Les élèves de cette congrégation, après un an de noviciat, font Jes trois vœux simples de chasteté, de rmuvreié et d'obéissance, auxquels ils ajoutent le vœu de propager la dévotion de ia Ëassion de Notre -Seigneur Jésus-Christ, ans ce but, ils donnent des missions, des retraites et d'autres exercices où ils déploient un zèle vraiment apostolique tant au dehors que dans les maisons de leur ordre. Dans le môme esprit, ils exhortent les fidèles à réciter la couronne des cinq plaies, et leur supérieur général délègue, môme des prêtres séculiers pour bénir et indulgencier ces sortes de chapelets. Les Passionnistes doivent être disposés à aller prêcher partout, même parmi les infidèles.
Ils possèdent aujourd'hui plus de trente maisons, dont onze dans l'Etat romain, deux sur le mont Argentaro , et une près d'Aquiia, etc.
Pour observer plus strictement la pauvreté, ils n'ont point de revenus, ne vivent que d'aumônes, et ne possèdent absolument rien, si ce n'est en commun.
La maison de retraite de Saint-Jean et de Saint-Paul qu'ils ont à Rome, est située au lieu môme où ces deux saints souffrirent le martyre pour Jésus-Christ. Les Passionnistes jouissent à Rome, comme dans toute l'Italie, de la plus haute estime. Ils ont une grande réputation de régularité. Leur maison est à Rome, au jugement de Grégoire XVI et de Pie IX, actuellement régnant, un des couvents de la ville sainte où règne le plus de ferveur. Le vœu le plus ardent de ces religieux est de voir l'Angleterre revenir à la relision catholique. Ils prient beaucoup à cette fin avec une grande confiance d'être exaucés ; ils ont même è cet égard une prédiction de leur vénérable fondateur, qui leur a annoncé le retour de l'Angleterre à Tunité. Ils dirigent en ce moment leurs efforts dans ce but. Nous avons entendu, il y a queloues années, le P. lord Penser, qui appartient a une des plus nobles familles d'Angleterre, et devenu membre de la congrégation des Passionnistes, nous l'avons entendu, ce ministre anglican converti, dans l'église do Notre-Dame des Victoires, devant un nom-
breux auditoire, former les vœux les p\ns ardents, supplier de la manière la plus pressante, tous les fidèles, de réciter chaque
Jour un Ave Maria pour obtenir cette grâce i ce royaume qui porta si longtemps le nom de llle des Saints. Dans une suite d'instru^ tions qu'il donna pour exposer l'état du protestantisme en Angleterre et l'histoire de sa conversion, ce prêtre, vivement pénétré loi« môme de reconnaissance pour la grkede sa conversion, les terminait par de nouvelles instances, afin que tous fissent violence au Ciel pour dissiper les ténèbres qui iM>aTraieQ( encore sa patrie; ses accents pénétraient ses auditeurs de la plus vive émotion, ei leur communiquaient l'ardeur des vœux si légitimes.
Outre réminente sainteté, qui rend déjà les Passionnistes si recommandables, ce qui les distingue encore, c'est la profondeur de leur science. Ils ont dans leur sein des théologiens du plus grand mérite et des hommes très-habiles dans tontes les scien* ces ecclésiastiques ; et c'est ce qui rend ces fervents missionnaires puissants en paroles et des ouvriers utiles à I Eglise. Aussi voiton beaucoup d'évêques les charger de donner d^s missions, des retraites, ou des prédications ordinaires dans leurs diocèses, et solliciter des sujets propres à y fonder des maisons de leur ordre.
Espérons que le Seigneur donnera de pln^ en plus la bénédiction et raccroissement i cette congrégation; qu'elle remplira toutes les. vues de son vénérable fondateur, et que celui qui a converti les Juifs et les gentils
f»ar la folie de la croix, ramènera encore à ui un grand nombre de frères égarés, d^ catholiques tièdes et indifférents, ))ar le ministère d'hommes dévoués à honorer et à faire honorer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est la résurrection et la vie.
Pie VII a porté depuis longtemps uo décret pour la béatification du vénérable Paul de la Croix et la congrégation des Rii<^^ avait tenu deux séances pour approuver i^'s miracles opérés par son ' intercession; le môme Pape proclama, le 18 février 1831* rbéroîsme des vertus de cet homme a|iostolique. £h 1853, eut lieu la solennité de sa béatification. Tout iait espérer rbeoreuse i.ssue de la procédure comoieucée pour sa canonisation.
On a deux Vies du P. Paul de la Crois, la
Eremière, écrite en 1786, par le P. Vinct nh [arie Strambi, Passionniste, depuis évèqne de Macerata et Tolentino, mort a Rome, eo odeur de sainteté. La deuxième, plus é(eo* due, a été publiée en 1821, par un Père da même ordre.
On peut voir dans le Bullaire, au n* ^ les Constitutions de Clément XIV* Supre»» apostolatuê^ ainsi que les règles de la rongrégation de la Passion au n* 97. On troovera le bref du même Pontife, Sat9êi(»f^ Domini. Au n* 6k la bulle de Pic VI, Ptj* etara viriuium exempta « au u* 2 6ï#, u^
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D£S ORDRES RELIGIEUX
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autre bref da même Pa|)e commençant par en mois : Po$i eonstiiuiionem. (1)
PACL (CORGRiGATlOK DBS RBUOIBUÇBS DR
SAINT), maison mire à Angouléme {Cha-
rtnte).
Mmelrénée-Fanny Rousseau de Hagnac»
bodatrice et première supérieure de la con< grégatioQ des religieuses de Saint-Paul , naquit en 1796, à Lagrange, commune de Torsac, département de Ta Ctiarente. Elle avait reçu du Ciel les plus heureuses disposilioos : imagination orillante, esprit yif et pénétrant, cœur sensible, Ame dévouée et géoérease. Ces précieuses qualités , déreloppées par une éducation intelligente , fareot rehaussées encore par une piété douce et forte puisée dans les leçons et les exemples de sa noble famille. Le désir de se consacrer à Dieu dans la vie religieuse avait grandi avec elle : bien jeune encore elle confia à sa pieuse mère l'attrait irrésistible de son Ame, et lui demanda la permission de suivre ce qu'elle croyait la Toie da ciel. L'humble jeune fille ne pensait (ju'à se dévouer tout entière, mais seule, dans une congrégation déjà florissante : Dieu, qui l'avait prédestinée à devenir la mère doue nouvelle famille religieuse, opposait i Texécution de son projet un obstacle que ia piété filiale de lajeune Fanny devait respecter.
il d\v avait pas, h cette époque, dans la Ti!le d'Angouiëme, de pensionnat dirigé par des religieuses. Mlle de Maçnac partageait mement les regrets des familles chrétienoes à cet égard. Un jour, que, dans ses méditations ferventes , elle présentait à Dieu ses gémissements, et le priait de venir au secours de ce diocèse déshérité, elle fut inspirée de fonder elle-rmôme une associalion religieuse pour l'enseignement. Cette pensée sourit è son zèle, mais elle effrayait son humilité. Une circonstance heureuse, quelle regarda comme une manifestation de !a Providence , mit fin k ses incertitudes. Mlle Haguac n'avait confié son projet qu'A Dieu, pour implorer ses lumières, à des guides éclairés et discrets, pour avoir leurs conseils, quand une jeune protestante, récemment revenue A la foi de ses pères, vint lui ouvrir son Ame , et faire part des désirs qce Dieu lui inspirait pour sa gloire. Mlle Daraaud, c'était le nom de la jeune convertie, joignait A une piété et A une instruction solides, le dévouement le plus généreux et un goût prononcé pour renseignement. Ces deux amies, si bien faites 1 une i'Our l'autre, s'entendirent bientôt et se réunirent dans la maison dite du Doyenné, où est encore la maison mère. C'était au mois d'avril 1822. Mlle de Magnac avait 25 ans et Mlle Darnaud, 21. Une respectable institutrice, Mlle de Laporte, tante de Mlle Harnaud, voulant concourir A cette bonne ^vre, leur céda gratuitement son pensionnat Ed itSkf Mgr Guiçou, oui venait de )>reudre possession du siège d Angouléme, distingua bientôt les deux jeunes iustitu-
(0 y^fi. à la fin du vol., u« 180.
trices , et prit leur établissement sous sa protection. Pendant duux années entières, il voulut étudier et éprouver par lui-même leur vocation. Le 23 avril 1826 le saint prélat, que les religieuses de Saint-Paul regardent comme leur fondateur , daigna luimème donner l'habit religieux A Mlles Fanny de Magnac, Anne Darnaud, et A Anne de Lachaumette^ qui s'était réunie aux deux premières.
L'association nouvelle prit le nom de saint Paul pour lequel la pieuse fondatrice professait la plus haute admiration et la dévotion la plus grande. Elle fut placée sous la protection spéciale de la sainte Vierge, et sous la dépendance de Tévêque d'An-
Î;oulême, qui en est le supérieur. Le but de a petite congrégation est l'instruction et l'éducation des personnes du sexe dans les différentes classes de la société.
La fondatrice voulut que chaque religieuse apportAt A la communauté une dot assez forte, ann que l'excédant des revenus du pensionnat pût être employée* en bonnes œuvres.
Les religieuses de Saint-Paul substituent A leurs noms de famille un nom de religion depuis 1843. Leurs règles et leurs constitutions, calquées sur celles que saint François de fiales donna aux religieuses de la Visitation, sont appropriées a leurs fonctions et tendent A leur en faciliter l'accomplissement. La règle ne prescrit ni austérité particulière, ni récitation de l'Office, pour que les religieuses puissent se dévouer tout entières A leurs élèves, et leur consacrer leur temps et leurs forces. Biles font les trois vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté. .
Les épreuves qui accompagnent d'ordinaire les œuvres |de Dieu ne manquèrent Sas A la nouvelle association • La mère de lagnac, écoutant son zèle plutôt que ses forces, entreprit plusieurs œuvres pour le salut des Ames. Outre son pensionnat elle établit deux externats et une école aratoite pour les enfants de la classe ouvrière. Le dimanche elle réunissait les mendiantes et les pauvres vieillards des deux sexes, et leur adressait une instruction familière toujours précédée de la prière et de deux dizaines de chapelet, et suivie d'une petite aumône, qu'elle leur distribuait elle-même, avec des paroles qui en doublaient le prix. Ces travaux excessife auraient épuisé une santé plus robuste que celle de la mère de Magnac. Mais l'activité de son zèle et l'entraînement de sachante ne lui permettaient pas de se rendre aux supplications de ses compagnes qui, voyant avec anxiété son affaiblissement progressif, la comuraient de prendre du repos. Le 6 avril 1830, A rAi;e de 33 ans cinq mois et quelques jours, elle rendit son Ame A Dieu. En peu d'années elle avait rempli une longue carrière : ses derniers moments furent consolés par tous les secours de la religion que Mgr l'évêque d'Angoulême lui prodigua lui-même : sa mort , sainte comme sa vie, fut précieuse aux yeux de Dieu et des hommes.
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DlCTlONiNAlRE
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La Providence, sons les traits du véné* rable prélat qui avait pris la petite coinraunautô sous sa protection spéciale, soutint le courage des compagnes de Mme Magnac ; malgré celte épreuve, la plus cruelle qu'elles pussent subir, elles ne désespérèrent pas de leur œuvre qui fut confiée à Mme Darnaud, ]»remière et dévouée collaboratrice de la mère de Magnac.
Les religieuses de Saint-Paul ont toujours leur maison mère à Angoulôme, dans l'ancien Doyenné, d'oi^ leur vient le surnom de dames du Doyenné qu'on leur donne quelquefois.
Elles ont fondé, il y a deux ans à La Rochefoucauld , petite ville distante de six lieues d'Angoulôme, un établissement.
PAUL (Congrégation DKs Soeurs de SAINT), dites de Saint-Maurice de Chartres, hospitalières et enseignantes.
Les Sœurs de Saint-PauI, dites ûc Saint- Maurice de Chartres furent fondées, d'abord à Seveville-la-Chenard, du diocèse de Chartres, en 1690, et transférées ensuite 5 Chartres en 1700; elles s(i formèrent de nouveau en congrégation après la grande révolution, et se réunirent de nouveau à Chartres. Reconnues déjh par le gouvernement en 1808, Jeurs statuts furent approuvés |)ar décret impérial du 23 juillet 1811. Elles desservent les hôpitaux, soignent les malades à, domicile, s'occupent de l'instruction des jeunes filles pauvres, sont chargées des Hôpitaux de la marine et iies hôpitaux militaires aux colonies (Antilles françaises), et à la Guyane française. Environ 180 sœurs y occupent quatorze établissements; elles ont en outre 9 maisons en Angleterre, et 1 en Chine h Hongkong.
De[)uis plus de cent pns, les sœurs de Saint- Paul de Chartres prodiguent aux établissements hos|)italiers, fondés en France et dans le Nouveau-Monde, la charité et le dévouement qui les caractérisent. La Guyane en particulier n'a pas oublié qu'au milieu des désastres causés par la révolution de 93, son établissement resta seul debout, grâce à l'inébranlable tidélité des sœurs hospitalières à demeurer à leur [)Oste, et les annales de la maison mère transmettront à la postérité les accents de la reconnaissance des infortunés déportés en vertu du décret du 18 fructidor an V.
Elles ont continué leur œuvre de charité et d'héroïque dévouement. En 1852, quatre des sœurs de Saint-Paul obtinrent chacune une médaille d'or sur laquelle était gravé leur nom è l'occasion de leur conduite admirable pendant l'épidémie de la fièvre jaune, qui avait jeté la désolation dans la ville.
La congrégation compte plus de 800 membres; elle possède trente-huit établissements dans le diocèse de Chartres et soixante -sept dans onze autres. (1)
PAUL (Filles DE Saint-Pai;l) , dites l'au-
tines.
Ces sœurs, étid>lies autrefois dans le diocèse de Trégmer, reconnaissaient |-M3ur leur
(i) Voy, à la fin du vol., ii« 181.
institutrice madame Du Parc de iezerdo, veuve d'un chevalier de Saint-Louis. Ceuo dame, liée avec la célèbre Moie de Maintenon, qui lui donna son portrait, fonda cette société en 1699, dans une belle njaiM)n qu'elle possédait à Tréguier. L'établissement avait pour objet l'instruction des pauvres filles de la campagne, la Yi>ile des [laii* \res h domicile et la tenue des bureaux de charité. Elles suivaient une règle très-sag*», et dont chaque chapitre commeoce par un verset des Epîtres de saint Paul. Cessœur^ firent diverses fondations dans le paw, telles qu'èPonthieux et à Pedernes en liai. En 1783, elles se chargèrent de rhô|)iial de Quintin. N'ayant pu se réunir après la révolution, elles ont eu la douleur de voir.sV teindre leur société. La belle maison (]uelle^ avaient construite à Tréguier el qu on appelait les Paulines neuves est aujourd'hui occupée par les Ursulines.
PENITENTS DU TIERS ORDRE DE SAINT FRANÇOIS (Ordre des).
Un institut étroitement lié h l'ordre principal de Saint - François , qui naquit du môme père, qui fut formé des mômes principes, fondé pour la môme fin, de réiMir le monde dans la perfection de la foi évangélique, fut 1 ordre des Pénitents du tiers ordre île Saint-François. Il fut comme ie complément et la couronne de l'œuvre sablime de saint François.
Ceux qui dans ces derniers temps ont étudié attentivement l'histoire du moyen âge, ont put enfin se convaincre que la créaliHij d'un nouvel ordre religieux fut à cette éiioque pour les esprits un événement beau* coup plus important que la formation d'un nouveau royaume, ou la f>romulgation df quelque législation que ce fût. La fondation (fun nouvel ordre, comme celui des Frères- JMineurs, fut alors une œuvre de bauie sagesse, parce que les saints étaient alors les vrais héros de l'humanité, qui par la force de leurs paroles, par les exemples de leur vie, par la diffusion des manières les plus utiles et les plus sages de la vie religieuse et sociale, s'attirèrent la popularité et l'a*!miration : faire accepter par ropinion universelle des peuples les grands principes de la véritable sagesse fut un grand prodige dans ces siècles ; ce prodige fut opéré pr les trois ordres de saint François d'Assi>e. Cela ne nous paraît pas étonnant , car il ne s'était pas encore rencontré un homme dans lequel l'amour divin, aussi enflauinié, aussi céleste, eût excité un enthousiasme si général, eût été aussi détaché desc[io>e5 de cette misérable vie, qui eût été si firopt» Il opérer une heureuse révolution dans la famille humaine.
En etfet, qui ne se sent pas enlevé au ciel en lisant son cantique au soleil, que saint François appelle son frère et qu'il compo>3 après une extase dans laquelle il reçut l'assurance de son salut éternel î Ce canti'i|«« était à peine épanché de son cœur qu'il a''5 le chanter sur la place publiijuc d'Ai>'*''
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DES ORDRES REMGIEUX.
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où les pariM de Céfèqae el du prince étaient )irés dVo venir aux mains. Mais au son de (Mit l^re divine les ennemis s'embrassèrent m milieu d*un torrent de larmes, la concorde se rétablit dans la ville» grftce à la poésie et k la sainteté de saint François. A U Toe et k la parole de cet homme divin, il j eut un tel ébranlement dans toute l'ita* ii« que Ton vit des maris quitter leurs fem« ae5 et leurs enfants pour se consacrer au Seigneur avec lui« se vouer aux joies de la cbarité et k la prédication de TEvangile ; et on Tîi des é|iouses, qui, ayant recommandé à Dieu leurs maris et leurs enfants, couraient aux fflooaitères des Clarisses.
Le moDde voulait s*identiBer avec Fran- (.ois d^Assise, et lui de sou côté, embrassant lout Tesprit humain dans son amour immeose, désirait s'unir avec lui en Jésus- Christ. D'un autre cdlé, semblable à son divin sMltrcilne voulut pas que les lois générales 'le la société eussent à souffrir de ses réfor- [Des; il désirait au contraire qu'elles y trouva<sent leur souveraine perfection, c*est i^ourquoi il imagina et promit aux popula- \m\if avides de se former à son esprit, une règle de vie qui, sans rompre les liens consacrés par Dieu lui-même, pouvaient par une saiute communion de prières et de bonnes œuvres, s'adonner à la vertu et vivre Lt)(Dme les Frères mineurs au milieu des soucis et des devoirs de la vie domestique. Ce fut dans cet esprit quMl rédigea la règle •lu tiers ordre, auquel tout le monde pouvait appartenir, pourvu qu'il professât la religion Mtbolique»
Il commande dans cette Règle de restituer k bien mal acquis, de se reconcilier avec m prochain, et de vivre constamment en Hiiarec lui ; d'observer lescommandements ^« Dieu, de rJSglise et de la Règle. Les ipoui cependant ne devaient point entrer <)iDs cet ordre sans un consentement mutuel; 1^ défendit d'assister aux fêtes profanes et aux autres spectacles mondains. Il prescri- «il quelques jeûnes; on devait assister à la ^Inte Messe tous les jours, communier aux i^Qdes fêtes de l'année, visiter les confrères malades et se vouer k toutes les bonnes ouvres suivant leur condition.
U tiers ordro fut un institut sublime, Qoique après l'Evangile, qui contient tous les germes de la régénération de la société cuile. En effet, comme chacun |ieut s'en convaincre, la vertu de cbarité est disposée comme une sorte d'organisation de la société cinle; car la pratique des vertus cbrétienoes, non-seulement des préeeptes de la mo« |ale évêngéliaue, mais encore des conseils esjtius élevés de la perfection {chrétienne basés sur la crainte de Dieu et ramour du prochain, est la vraie force de la société : ce&t tout l'esprit du christianisme. Elle établit dans la grande société chrétienne et cinle ce mystérieux instrument dont Dieu |est servi pour opérer dans les cœurs, dans les mœurs privées et publiques et dans les aaectioQs des hommes, cette régénération
qui produisit la plus solide perfection de la vie civile et chrétienne ; et si le monde è cette époque devint fou d'amour, comme on le lit dans les poésies de saint François, on le dut au zèle orôlant du fondateur du tiers ordre qui avait rallumé un si grand feu sur la terre, et le mouvement fut si universel, surtout en Italie, que le célèbre Pierre des Vignes, chancelier de l'empereur Frédéric, en prit ombrage et s'en plaignit è son mettre. Il craignait pour l'autorité de l'empereur si les peuples d'Italie embrassaient les pratiques de cette dévotion. TOutlemonde, hommes et femmes accouraient pour se ranger sous la règle de saint François, riches, pauvres, etc., les faibles comme les puissants, les hommes de toute condition, il n y enavait aucun oui ne voulût marcher sous cette bannière. En regardant comme des tendances politiques l'enthousiasme que le tiers ordre de saint François excitait par le sentiment religieux dans tes masses catholiques, Pierre des vignes se trompait comme tous les hommes qui veulent juger de la religion par la sagesse humaine, et, à bien considérer, cette agitation universelle des esprits était une régénération sociale qui s*opérait : le monde se transformait sous l'influence toute puissante du christianisme. Enfln Tardent amour de la pauvreté qui brûlait le cœur divin de saint François d'Assise, se répandait dans celui de tous ceux qui le voyaient si rempli, et qui étaient saisis d'admiration en voyant ses enflints marcher sur ses traces. François d'Assise était inondé de joie au milieu des souffrances, des humiliations et des tribulations, parce que ce sont là les sources de la gloire et de l'amour pur. Il fut si vif è cette époque, que de Thabitation modeste du peuple, il pénétra dans les palais. Saint Louis, roi de France, n'alla-t-il pas,
gieds nus, recevoir la couronne d'épines du lédempteur? Et deux fois ne fut-il pas en Afrique, sous l'étendard de la croix, pour combattre les infldèles? Enfin cette soif d'une vie meilleure porta d'autres monarques, empereurs et reines, à déposer leurs couronnes, k renoncer à tous leurs plaisirs et à se revêtir d'habits de pénitence. Nous nommerons surtout sainte Elisabeth de Hongrie, dont la vie fut remplie de tant d'héroïques vertus que tous les autres personnages loués dans l'histoire, ne sont auprès d'elle que de pAles figures, comme on peut s'en convaincre par la lecture de sa Vie, publiée par H. le comte de Hontalembert, surtout la partie oh il traite de l'institution du tiers ordre. Voulez-vous donc connaître la grande régénération qui s'opéra alors dans le monde, admirez le mouvement catholique dans les sciences et dans les arts qui se manifesta partout et qui fut une
Rériode glorieuse pour l'histoire des nations, ous ne nommons que Roger-Bacon, le docteur Séraphique, Duns Scott. Le premier ressuscita les sciences naturelles, en les
Surifiant et en les ennoblissant sous l'inuence de l'esprit religieux. Les deux autres rétablirent la philosophie et la sublime
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mCTIONNAIRE
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théologie mère et patronne de toutes les sciences.
La poésie, expression certaine de l'étal moral et civil de la société, af)rès la promulgation du tiers ordre de Saint-François, devint si populaire et si universelle que toute TEurope semblait être devenue une vaste officine où le feu divin de Tamour produisait tous les jours de nouveaux chefs-d'œuvre où Ton chantait toujours raessire Jésus et Mme la sainte Vierge. Cet enthousiasme poétique se répandit en France, en Allemagne et surtout en Italie. Quand ce mouvement d'amour séraphique n'aurait produit que le Dante et Pétrarque, les enfants de ritalie devraient élever un monument de reconnaissance à Tordre de Saint-François.
Que dirons-nous de la peinture, do la sculpture, de l'architecture? Ce fut après la diffusion de l'esprit de saint François dans tous les ordres de la société qu'api»arurent les plus beaux monuments de celte ère de foi et d'amour. Quel délicieux chef-d'œuvre, pour no citer qu'un exemple, que sainte Marie de l'Epine et le Campo Sanclo à Pise, édifice unique en son genre et d'une gloire immortelle, et la nouvelle cathédrale de Pise, qui devail surpasser toutes les autres si elle etll été terminée. Dans ces deux villes on vit alors paraître Nicolas de Pise avec toute sa famille d'artistes qui fonda celle école de sculpture qui donna une âme à la pierre et produisit l'œuvre merveilleuse de Sainte-Croix à Florence. Guinto do Pise, (lui de Sienne, annoncèrent pour la peinture celte école grave qui s'accrut et se perfectionna dans Cimmabué elGiotto. Le premier fut porté en triomphe, à Florence; sa salutation angélique se voit encore aujourd'hui dans l'église des Servîtes. Les Frères mineurs ne se contentèrent pas d'influencer les arts, ils mirent eux-mêmes la main h ces arts sublimes, nés pour représenter sur la terre les beautés insaisissables du ciel. A partir de ce moment les artistes n'eurent plus d'autres inspirations que le Séraphin d'Assise. Ces artistes, comme s'ils avaient trouvé le secret de leur supériorité dans les prodigieux développements de l'amour, s'appliquèrent h l'envi à représenter on toutes manières, en peinture et en sculpture, et la Vie de François d'Assise et de sa Hlle aînée, Claire, auprès do celle de Jésus et de Marie sa divine mère. Aussi tous les [)einlres les plus célèbres de ce siècle et du siècle suivant allèrent payer à saint François d'Assise le tribut de leur admiration, en ornant de leurs peintures la basilique, née en si peu de temps comme par enchantement.
Ce fut là que naquit l'école d'Ombrie, qui dans Perugin et dans Raphaël. Sanzio, loucha à l'apogée de l'esthétique chrétienne, comme si Dieu avait voulu accorder le privilège et la couronne des arts, le plus bel ornement de l'humanité et de ce monde, h celte terre, d'où on lui avait adressé les [»lus ferventes prières et les plus généreux sacrilices.
Par cet exposé, nous avons voulu fenger l'ordre séraphique des injustices el des injo. res <iont il a été souvent l'objet de la part des mondains el des ignorants. Nous voulions rappeler les bienfaits signalés que les Frères mineurs ont apportés au mond»*, afm d'allumer en Europe le désir de vouloir encore expérimenter leur salutaire influence. On ne peut se dissimuler que le besoin en est grand, nous pourrions dire extrême. Les vices qui dominent aujourd'hui la menacent d'une nouvelle catastrophe. Le grand remède et môme l'unique remède à opposera ce torrent nous paraît ôlre, comme dans ile moyen âge, de guérir l'orgueil par Thumilité, la mollesse par l'austérité de la vie, le désir immodéré des richesses et des plaisirs sensuels par l'amour et le spectacle de la pauvreté, le désir ardent de l'amour de Dieu; la révolte de la volonté, l'amour de l'indépendance, par la soumission à une volonté suprême et pleine de sagesse; el enfin l'amour ctfréné du monde, par l'amour, par le désir des biens célestes. Nous sommes persuadé que les enfants de saint François d'Assise sont aussi aptes que tous les autres religieux h remplir cette mission, car ils n'ont pas dégénéré de l'esprit de leur Père et de leurs illustres ancêtres du xm* et du xiv* siècle.
PÈRE-ETERNEL (Religieuses dc).
Celle maison fondée h Vannes, dans la seconde moitié du xvii'siècle, par Mlle Jeanne
de Quéler de Monleville, avait pour objet principal l'adoration perpétuelle du.Saini- Sacrcmenl. Ce ne fut d'abord qu'une communauté séculière à laqueUe M. Dikgouges, évoque de Vannes, donna un règlement en J701. Plus tard elle fut érigée en monastère sous la règle de Saint-Augustin. Ce couvenl était le seul en Bretagne où l'adoration }Mî^ pétuelle du Saint-Sacrement fut établie, el il n'était cependant d'aucun ordre; il ^ subsiste plus. Le local est aujourd'hui occupé par les dames de la Charilé de saint Louis.
PETiTKS-SOFXRS DE MARIE, d ffaurfechard, du diocèse de Beauvais,
La communauté des Peliles-Sœurs deMirie-lmmaculée, fondée depuis peu d'années dans la paroisse de Gaudechard, diocèse de Beauvais, vient d'ôlre reconnue comme congrégation à supérieure générale par un décret impérial en date du 9 janvier 1856, inséré au bulletin des lois. Placée spécialeuient sous le patronage de la Mère de Dieu, immaculée dans sa conception.
Celte congrégation a pour but l*de donner. surtout aux enfants pauvres, une éducalioa chrétienne.
2" De prémunir contre de nombreux dangers, de maintenir daus les principes rejigieux, et de faire vivre par le travail 1^^ jeunes personnes indigentes el les orcholincs, en les recueillant dans un piti^^ asile.
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DES ORDRES RELIGIEUX
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3" D*OQf rir enfin une retraite aux demoiselles ott feoves délaissées et sans fortune.
PETITES-SOEURS DES PAUVRES (Congré- 6iTio?r DBslv maison mère à Rennes,
U$ œoTres de Dieu sont pleines de merveilles; eJies confondent la raison; elles lui iBOQlreot ses faiblesses et révèlent les procédés inconcevables dont use la Providence eo Àveor des desseins qu'elle adopte.
Lliistoire de la fondation des divers instituts de prière et de diarité que TEglise a m éclore est aussi pleine d'enseigne- (oeois qoe d'intérêt : la main de Dieu s'y Quoifeste clairement, on peut suivre son ictioD, travaillant au retours de la sagesse tnunaine, dans la bassesse et l'humilité, et riwisissantt comme le plus solide fonde* Dcntdes CBuyres les plus éclatantes, l'abcetioQ et l'anéantissement. Le bras de la Praridence n'est point raccourci ; notre sièrievoit les mêmes merveilles que les siècles vécédeots. L'œuvre des Petites-Sœurs des «urres, comme toutes les œuvres de Dieu, st Dée petitement ; elle s'est développée et « maintient sans autres ressources que dies qoe lui ménag;c la Providence. Dans Mites ses contradictions et ses nécessités, Ile o'a pas eu d'autre secours que la prière, ivec cet appui, elle trouve à employer suraoQdamment le zèle de charité qu*elle déeloppe parmi ses membres. C'est à Saintrrvan que l'œuvre des Petites-Sœurs 9 (HDmeocé.
Saiot'Servan est une petite ville de fire-
ge, eo face de Saint-M alo, sur le bord de iàûj dont un bras, laissé à sec deux fois irjonr, sépare les deux cités. La popula-
00 des cdtes gagne sa vie et exerce son inustrie sur la mer, et on attribue aux fureurs e cet élément le grand nombre de vieilles iffimes veuves et sans ressources qu'on fficonlre dans la Bretagne. Elles n'ont d'auas iDoyens d'existence que la mendicité, et trtici(>ent à tous les vices qu'elle enfante. MQcoup d'entre elles rappellent ces pau- «sdoDt parlait déjà à saint François de lies la bonne Anne-Jacqueline Coste : ils tncent l'aumône sans savoir que c'est ieoqai la donne; ils vivent dans un état
1 vagabondage déplorable» hantent les irtes des églises sans jamais y entrer SAQs rien connaître des mystères qui s'y lèbreni ; ils s'adonnent à tous les vices, trent et meurent dans une ignorance absoe des choses do salut. Le souci de ces urres âmes qui engageait la lionne tou* ^re du premier monastère de la Visitation Annecy, k parler hardiment au bienheu- 01 éveque de Genève, et à lui indiquer s mesures à prendre pour le bien de cette 'mbreuse portion de son troupeau, le souci ) ces pauvres Âmes délaissées, aveugles, ^^ignées de Dieu et dans un état de misère ligieuse cent fois plus à plaindre que la i^ere physique, qui leur attire au moins saamôaes; ce souci pressait, il y a une ^Qzaine d'années, un vicaire de la paroisse • Saint-Servan. Il ne nous est pas permis
d'entrer dans les détails de la vie de ce prêtre. C'était déjà une vie adonnée à Dieu et aux saints exercices de la charité» une vie dévouée, dont le zèle ne s'arrêtait pas devant les obstacles. Le dénûment des ftmes sur lesquelles il s'apitoyait était complet Saint-Servan ne possédait pas d'hospice, pas môme de ces hospices gouvernés par nos administrations civiles, où les vieillards re* coi veut un asile et sont censés trouver aussi les secours spirituels qui leur sont néces« saires.
Le pauvre vicaire n'avait devant lui aucune des ressources indispensables pour louer un de ces établissements; mais il pouvait communiquer à certaines Ames la compassion dont il était pénétré. La Providence se chargea de lui désigner celles auxquelles il devait s'adresser. Une jeune fille de sa paroisse, qui n'avait pas coutume de s'adresser h lui, se trouva un jour à son confessionnal sans avoir jamais pu expliquer pourquoi et comment elle y était entrée. Le prêtre reconnut tout de suite une Ame propre au dessein qu'il méditait. De son côté, en écoutant les avis du prêtre auquel elle avait été conduite pour ainsi dire malgré elle, cette jeune fille ressentit cette foi et cette consolation que Dieu donne aux Ames soumises à sa direction et h sa volonté. Elle avait depuis lors tout le désir d'être religieuse; elle était ouvrière et n'avait d'autre moyen d'existence que le travail de ses mains. Le prêtre la confirma dans ses inten* tions, et commença à entrevoir à réaliser quelque iour son cfésir de soulager les pauvres vieillards. 11 avait déjà remarqué parmi les Ames qu'il dirigeait une autre jeune fille, orpheline, et de même condition que la première. II les engagea k se lier ensemble, et sans rien leur communiquer encore de son projet, les assura que Dieu les voulait l'une et l'autre entièrement A lui et qu'elles le serviraient dans la vocation religieuse; il les encouragea k se préparera cet honneur et à s'essayer è vaincre en ellesmêmes tous les penchants de la nature. Les deux enfants, on peut leur donner ce nom (l'atnée n'avait pas dix-huit ans, la seconde en avait k peine seize), les deux enfants se mirent généreusement è l'œuvre. L'abbé leur avait dit qu'elles serviraient Dieu dans la même communauté, elles le croyaient sans rechercher autre chose, il avait dit à la plus jeune de considérer l'aînée comme sa supérieures sa mère. Elles travaillaient chacune de leur côté durant la semaine et se réunissaient le dimanche. Avant que l'abbé leur eût recommandé de se lier, elles ne se connaissaient pas. A partir de ce jour, elles se trouvaient unies par un de ces liens puissants et aimables, aue la Providence crée entre les Ames qui lui appartiennent, et dont les frivoles amitiés des hommes du monde ne peuvent faire comprendre la douceur et la lorcé.
Tous les dimanches, après la Messe paroissiale, ces deux enfiints, évitant les compagnies et les distractions, s'en allaient sur
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les bords de la mer. Elles avaient adopté un certain creux de rocher; elles s'y mettaient h Tabri et y passaient leur après-midi à s'entretenir de Dieu et à se rendre compte rnne à Tautre de leur intérieur et des infractions qu'elles pouvaient avoir commises à ce petit règlement de vie que l'abbé leur avait donné. Elles s'entretenaient de la sorte et loul simplement h cet exercice de la vie religieuse qu'on appelle la eonférence spiritueiie. Elles s'entretenaient de leur régie et s'a[)pliquaient h en pénétrer Tesprit. Une phrase les arrêtait, et elles ne pouvaient en pénétrer le sens : « Nous aimerons surtout,» y élait-il dit, «à agir avec douceur et t)onté envers les pauvres vieillards infirmes et malades, nous ne leur refuserons pas nos soins toutefois quand Tocrasion s'en présentera, car nous devons nous donner bien de garde denous ingérer en ce qui ne nous regarde point. » Elles pesaient tous ces mots sans aue rien leur apprît le dessein de celui quon pouvait déjà appeler leur père, il en usait avec elles comme avait fait saint François de Sales à l'égard de sainte Chantai, leur parlant de leur vocation, leur proposant certaines communautés, changeant ensuite d*avi8, les engageant affaire des démarches où il savait qu elles seraient rebutées, exerçant enfin leur i>atience et ployant leur esprit par toutes les manières possibles pendant près de deux ans. Vers les derniers mois de ce temps d'épreuve, il s'était ouvert à elles un peu davantage et leur avait recommandé de prendre soin d'une vieille aveugle de leur voisinage. Les enfants obéirent et employèrent tous leurs loisirs autour de cette pauvre infirme; elles la soulageaient selon leur petit pouvoir, disposant en sa faveur de leurs économies, faisant son ménage, la conduisant à la Messe le dimanche, enfin, remplissant auprès d'elle tous les offices que la charité pouvait leur inspirer. Cependant la Providence accommoda bientôt les choses de manière à ce qu'on pût procédera un petit commencement de 1 œuvre, dont on n'avait encore qu'une si faible esquisse. Elle mit sur le chemin des deux jeunes filles une ancienne servante, dont le nom est aujourd'hui connu de toute la France. Jeanne Jugon avait quarante-huit ans ; elle possédait une petite somme d'environ 600 fr.; elle suffisait par son travail au surplus de ses besoins ; elle vivait seule ; on s'associa avec elle, et Marie-Thérèse, qui était orpheline, s'installa dans sa mansarde. Marie-Augustine vint y passer tout le temps dont elle pouvait disposer, mais elle resta daus sa famille.
On ne voulait pas publier qu'on allait fonder un institut nouveau, et les trois nouvelles sœurs l'ignoraient à peu près encore elles-mêmes. Leur Père leur avait recommandé de se livrer entièrement à la divine Providence, de se confier h elle de toutes choses et de s'inquiéter seulement d'aimer Dieu, de le servir de toute leur Ame et de se dévouer au salut et au soulagement du prochain et des vieillards. Les enfants le fai-
saient joyeusement; elles avaient prié Dieu de bénir leur entreprise et de regarder avec miséricorde leur essai de vie commune.
D'ailleurs, en s'établissant dans la mansarde, Marie-Thérèse n'y vint pas seule; elle amena avec elle Notre-Seigneor, présent et vivant dans la personne de ses pauvres. Le jour de la fête de Sainte-Thérèse, 18M), on installa dans la petite chambre de Jeaime la pauvre aveugle de quatre-vingts ans qu'on soignait depuis plusieurs mois. Mirie-Augustine et Marie-Thérèse apportèreni sur leur bras cette chère infirme, et la bénédiction de Dieu entra avec elle dans le nonveau ménage. Il y avait encore une autre
Eetite place dans le loçement, on j mit ientôt une seconde vieille. La maison se trouva alors complète. Rien n'était changé d'ailleurs aux allures des personnages qui l'habitaient. Jeanne filait, Marie-Angostine et Marie-Thérèse travaillaient à leur coatnre ou à leur lingerie, interrompant leurs travaux pour soigner les deux infirmes et leur rendre tous les devoirs de filles pieuses envers leurs mères, soulageant leurs maui, éclairant leur foi, animant, soutenant et réchauffant leur piété. Le Tîcaire, que nous pouvons bien déjà appeler le fondateur et Je Père , aidait de tout ce qu'il pouvait à la petite communauté, et avec la grâce de Dieu on se sufiisait. Ce n'était pas tout que de suffire, il fallait encore se développer. Une quatrième servante des pauvres s était unie aux trois premières; elle était malade et sur le point de mourir; comme aux anciens jours, elle voulut mourir consacrée ï Dieu et parmi les servantes des pauvres. Elle se fit transporter dans la mansarde et v goénU Elle laissa à Dieu cette vie qu'elle lui aviu offerte et qu'il lui avait rendue, elle se Toua au service des infirmes et des vieillards. Mais le soulagement de deux vieilles iemcDes ne pouvait pas être tout le fruilque VEi^^i» devait tirer pour la gloire de Dieu du dévouement de ces généreuses filles.
On resta dans la mansarde environ dii mois; c'était le temps d'essai; le ternes de noviciat, pour ainsi dire. Peut-être atauoa espéré aue ce dévouement exciterait bientôt un généreux concours et attirerait des rty sources qui permettraient d'étendre raoïro* et d'ouvrir un asile h un plus grand nombre de vieillards. Peut-être aussi n'avait-oo («^ regardé au delà du commencement que nou venons de raconter. Toujours est-il qoe« -^' on attendait un secours humain, on résoloi de s'en passer; et si on avait boîrné sei désirs au spectacle si beau et si ooesolsnl d» ce qui se passait dans la mansarde, on Pf s'en contenta plus désormais. Quand on >« donne à Dieu, il faut se donner tout eotjer; le sacrifice a des saveurs auxquellH l'*^ ftmes oui les ont une fois KoAtées ne ^"^^ vent plus se soustraire; elles veulent ^^i^' jusquau bout, faisant ce qutdé|>enddViir« et laissant aux autres le soin de concoori-» si bon leur semble, aux œuvres qa« I^'^leur a une fois indiquées.
Dans les conseils de U mansarde oo rv^*
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DES ORDRES RELIGIEUX
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itti d)ac de s'agrandir el de faire profiter aa {las grand nombre de fieillards des bientaiu qu'on voulait lear apporter. Quand uau5 parions de conseil, il est juste de s'expiiquar. Peu de délil>ération$ avaient lieu dans la mansarde : le père recommaojatt à ses filles de prier» priait luî-mêaie« et ^«*il croyait avoir reconnu la volonté de Diea, il Tindiquait à ses enfants en leur hissant le mérite de l'obéissance ; Tobéismica, cette vertu d*un prix merveilleux» l'on ressort incalculablej qui reluit dans Mies les grandes œuvres de TEgltsey qui «ssoDtient et les anime, les rend fortes et ricloriausesl On prit à loyer un rez*de- :biussée assez eommode, une salle basse, iofflide, qui avait servi longtemps de cab^tti. On pouvait y installer dou^e lits; ils y furent bientôt tous occupés. Les quatre ser* laolas des pauvres avaient fort a faire auaorde leurs pensionnaires. Il ne pouvait plus 4ire question pour elles de gagner leur rie et celle de leurs protégées en travaillant. C'itaU assez de jrendj*e S leurs bienraimés wiTres tous les services que réclamaient ttor^e et leurs infirmités. Elles pansaient es plains, nettoyaient les ordures, levaient Il couchaient leurs vieilles, les instruisant KDcore et les consolant; il était impossible àe pourvoir aux autres nécessités. Le bureau se bieo{|isance continuait aux vieilles fem- Ms, ainsi réunies par la charité, les se- Doars qu*il leur distribuait isolément; il l<or donnait du pain et leur prêtait du lingue. Pior subvenir au surplqs des besoins (et ila ne manquaient Lias)» celles des vieilles qui K^araient marcner continuaient jeur an- :>eone ioduslrie et sortaient tous les joui*s ^ mendier. Les sœurs préparaient les tpaset partageaient elles-mêmes ce pain de «mendicité; de la sorte, avec les secours fflprivus et impossibles à prévoir qui arri* «eut de temps k autre^ oo parvint à se «&re.
Ca n'était pas cependant assez de partager e pain mendié; |Dieu exigeait un nouveau acfifice et un dernier abaissement ; la rneu* kiié des vieilles femmes avait l'iQconvéfaot de les remettre constamment dans le lAger de leurs mauvaises habitudes, de les ipprocher de Toccasion de s*enivrer, par siople, (fui était le vice dominant de la ti>an de ces malheureuses; les sœurs, ja- IS6S surtout du salut de ' leurs pauvres, ^luretH les éloigner de cette tentation et r épargner aussi l'avilissement de la men- :ité, bien que la plupart v eussent vieilli [n'en ressentissent pas rignominie. Le Ire propose à ses enfants de n'être plus "niement servaiites des pauvres, mais de renir aussi mendiantes par amour pour ES et pour la gloire de Dieu. Le sacrifice m \iàs plutôt indiqué qu'il fut embrassé. ls scrupule, sans hésitation, on se fit faianie. Jeanne, la première, prit un 'ter et sortit immédiatement; elle se préi^ bravement, le c(Bur enflammé de Ta- Jurde Dieu et du prochain, dans toutes i maisons où ses pauvres étaient habituel*
PiCTioan. DES Ordres reuo. IV^
lement secourus. £lle recueillit humblement et avec reconnaissance IfS morceaux de pain et les li^ds qu'on voulut bien lui donner.
La Providence réservait là , pour les Pejtites-SçBurs, une ressource inépuisable. De-
finis ce temps « elles orU ramassé le pain de eurs pauvres dans cette noble et sainte mendicité. Toutes ses compagnes ont imité Jeanne. Elle est cependant res^tée la quêteuse en titre, pour ai^si dire, de l'institut; elle est ij^fatigable et ne se contente pas de parcourir Tes villes où l'œuvre est établie, ^))e va partout, exposer simplement et <iigaei;nettt l'objet de sa démarche, les besoins de ses pauvres^ et parler des misé* ricordes du Seigneur à leur égard. Rien ne la rebute ni ne jîa confond ; elle voit la main de Dieu en tout, elle remercie de ce que cette main dispense, elle espère ce que cette main refuse , et ne doute pas de la générosité ni die la bon^é de ceu^ qui ne peuvent participer à son entreprise. Ce dévouement incroyable n'attire lias seulement les bénédic4ions de Dieu , il conquiert les suffrages des hommes; ceux qui proscrivent la mendicité n'ont pu s'empêcher de reconnaître la yertu de cette noble et intrépide men-* diante ; l'Académie française lui 9 i^ccordé un prix de yertù.
Dès les premiers jours, ce dévouemenjt surprit et toucha : la quête faite par les bœurs fut plus abondante que celle des plcvres vieilles ; on ajouta quelque chose a^ iiard ou au morceau de pain accoutumé.
Des vêtements , des meubles^ des provisions de toutes sortes se trouvèrent à la disposir lion des^s^urs ; les pauyres en furejcit mieu^ traités.
Le linge toutefois manquait : celui du bureau de bieniai^nce était d^à insuffisant, et la détresse devenait extrême , lors- Sue lie bureau, pres.sé d'autre p<irt, se vit ans la nécessité de retirer aux Petites- Sœurs le linge dont il disposait en fayeur de leurs pauvres. Dans cette an^iété^ les Per tites-Sœurs eurent recours à leur ressource ordinaire : elles prièrent et s'adressèrent plus particulièrement à Marie, la ctiargeant de venir à leur aide.
Le jour de la fête de l'Assomption, on dressa un petit autel h la sainte Vierge^. Un gendarme, voisin de l'asile, que le peuple appelait d.éjà l'Asile des bonnes femmes^ touché de ce qu'il voyait journellement dans cette inaison bénie , se chargea d'élever et de décorer le petit autel. Les sœurs étendirent aurdevant tout le pauvre linge de jleurs protégées I cina ou six chemises composaient la richesse de la maison : point de draps. La sainte Vierge se laissa attendrir : ehi qui ne l'eût pas été en présence de cette misère? L'autel fut assez visité les jours suivants, la divine Hère toucha les cœurs^ chacun s'empressa de soulager cette détresse. De pauvres servantes, qui n'avaient rien à donner, ôtaient leurs bagues et les passaient au cou de l'Enfant Jésus que ter nait entre ses bras la Vierge Mère, do.u^
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DiCTlONNAIHE
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nne statue, haute comme la main, dominait l'autel. Par cette industrie et celte miséricorde, les pauvres se trouvaient suffisamment pourvus de chemises, de draps et des autres lin^^es indispensables.
On cercle de ridicule et d'opprobre s'était cependant formé autour d'elles. £Ues eurent h boire toute la honte de leur.mondicité,on les montrait au doigt en les raillant; Thumilité et la confiance en Dieu leur faisaient ^supporter toutes les contradictions et surmonter toutes les difUcultés; c'était une raison pour s'abandonner plus entièrement à la Providence. Pendant les premières années le nombre des membres de cette famille resta le môme, et cependant le nombre des pauvres ne cessait de croître. Quand le rez» de -chaussée fut plein, on acheta (en 1842) une grande maison, ou n'avait rien pour la payer; M. Tabbé le Pailleur vendit sa montre en or et quelques effets; deux des sœurs avaient quelques économies , on en eut assez pour payer les frais du contrat, en chargeant la Providence denayerle surplus. Elle ne tit pas défaut, au bout d'un an la maison, qui avait coûté 22,000 fr. , était entièrement payée, elios reçurent à celte époque l'aiinable nom de Petites-Sœurs des pauvres.
D'après leur constilulion, et selon leur <vœu d'hospitalité, les Petites -Sœurs pourvoient aui besoins de leurs vieillards, et ne prennent pour elles que le surplus des dessertes. Un soir d'hiver, il ne restait plus pour les Sœurs que le quart d'une livre de pain, elles se mirent à table, dirent leur Bencdicilty cl se le renvoyèrent de l'une à l'autre; pendant que le petit débat avait lieu si gracieusement et si joyeusement, on sonna à la porte, malgré l'heure avancée, c'était la Providence qui envoyait du presbytère une abondante aumône de pain et de viande. On pourrait citer d'autres exemples de cette attention constante de Dieu à pourvoir aux besoins de ses enfants. L'histoire de la fondation de divers ordres religieux abondent en traits pareils; on comprend qu'ils ont dû sourtout se renouveler pour 4es Petites- Sœurs des pauvres si confiantes <;n la Providence.
Les Ames des malheureuses créatures qu'elles recueillirent ne résistaient pas à leurs bienfaits ; la charité qu'on exerçait à leur égard leur faisait connaître Dieu , elles apprenaient à goûter, à aimer, à servir la divine Providence qui leur avait envoyé dans leur misère, des sœurs si dévouées el si comfHitissantes.
La maison était pleine, toute pleide : les sœurs, pour assister plus de pauvres, avaient eu beau se loger au grenier; il n'y avait plus de place. Il y avait cependant encore des pauvres dans la ville et ses environs. On avait du terrain, et dans la caisse une pièce de 10 sous. On songea à bâtir. On mit cette pauvre pièce de 50 centimes sous les pieds de la statue de la sainte Vierge, et on commença hardiment. On était habitué déjè aux merveilles do la Providence, et
les faibles mains des Petites-Sœurs, accou* tumées autrefois à la lingerie et k la couture, n'hésitèrent pas à commencer les travaux des bâtiments. Elles savaient bien que c'est le Seigneur qui édifie, et non pas la force des ouvriers. Elles déblayèrent le terrain, creusèrent les fondations, et s'évertuaient h recueillir les matériaux. Knrore une fois, Dieu n'en demandait p&s davantage; il répondit à cet^e audace qui ne reculait devant rien. Les ouvriers de Saint- Servan s'émurent en voyant le dévoucmeni des sœurs. Ils offrirent d'aider à ces traraui bénis. Les charrois furent fait* graluilement , les aumônes d'argent abondèrent. Puis les travaux n'élaient |)as terminés quu le nombre des sœurs commença à s'accmitre ; Dieu récompensait enfîii la constan.*; des fondateurs. Leur audace était allée jusqu'à songer à établir de nouvelles maisons; le^ quatre Sœurs ne suffisaient que par uu miracle constamment renouvelé à toute) les charges de Saint-Servan ; elles élaieiii déterminées cependant à ne pas laisser celle petite ville seule jouir des bénéfices de leur entreprise. Elles ne considéraient pas leur lïiiblesse ; elles ne songeaient qu'au bien à faire. Aussitôt que leur nombre fut accru, Marle-Augusiine partit pour Rennes. AucuMt» ressource n'était préparée; elle allait tenter une seconde fois les merveilles qui s'éialciU déjà opérées devant elle. Son premier soin fut, non pas de recueillir de l'argent, mats de chercher des pauvres. En retouruani à Sainl-Servan la Mère Marie-Au^jusiine troun la maison augmentée, et comprit ce «îuerii.ï voulait dire. 11 y avait là, en effrt, une sorte de dialogue entre les Petiles-Sœnrs ei l' divine Providence, aussi fut-on (lis|'(»^é à accueillir les propositions de Dtnan, cu'imcèse de Saint-Brieui. Là, comme à Reines leur premier soin fut de chercher à soulage: les pauvres vieillards. Elles les insial'.ènt.i dans un local qui avait servi de prison e: qu'on avait abandonné, parce qu'il était humide et infect. La chambre la plus saîoe fut destinée aux vieillards, les sœurs s'acccajmodèrent du reste. C'est une coutume i)« laisser toujours la bonne part à leurs litMes. Jusqu'alors, on s'était contenté de vi^r^ au jour le jour : en répondant aux grJi^ de la Providence et aussi eu la viultui^ii» un peu, selon les préceptes de rEcrilurv, t^ était à la lin de l'année 1846, après avoir int trois maisons. La facnîUe comptait k:^ sœurs, on songeait à une quatrième f -dation. Elles voyaient qu'il y avait tant :.' pauvres à soulager, tant de coeurs à co:i'^" tir : mais que peut une simple fille $^ul^ ^''* dit? Tout, pourvu qu'on soit armé J" ' constance inébranlable , qu^on laisse ï !>• '" la gloire de toutes choses. Elles ne re- f* aèrent donc pas les ouvertures qui leur:> rent faites de venir à Tours; comine i'^ jours elles ne demandaient qu'un i>etit j' pour se lo{jer en arrivant , et la liberté '^' gir. En arrivant dans cette ville, le) r^ miers jours de janvier 1847, il reslait q- * ques centimes dans leur bourde. Au u.--
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de février 18(8 « elles firent , au prix de 80.0CO fr., acquisition d*un local capable de eonteoirde cent à cent cinquante personnes. Commeot tout cela fut-il payé? C'est toujours la même merveille. A cause du petit ooœbrede sœurs (pendant longtemps elles ne furent que trois ), )a fondation de Tours fui irès-pénibie : la fatigue épuisa leur santé, 1a supérieure Félicité mourut deux ans après; la Mère Marie n'a jamais pu rétablir m santé. À mesure que les besoins se faisaient sentir, la Providence s'empressait toujours d'y satisfaire, nous parlons des besom urgents et indispensables, car pour Tagréable et le superflu on n'y songeait pas. Par une conséquence du vœu d^hospitalité, quand un pauvre se présente dans une des maisons, et qu'il n'y d pas de lit, une sœur «lonoe le sien, et s'accommode ensuite comme «lie peut. Le lit des sœurs, d'ailleurs, ne £sit pas grande envie et se compose en tout (l'une paillasse. Un jour qu'elles manquaient de draps, elles allaient couper en deux le >eul qui leur restait pour en donner la moitié à une femme qui arrivait, lorsqu'on entend frapper à une porte, c'était un jeune Ijoujme qui apportait six paires de draps. Quand la sœur les porta à ses deux compagnes, elles se mirent toutes à genoux en pleurant pour remercier Dieu. Voilà des traits de la Providence comme on pourrait en citer mille arrivés dans chacune des mai- >ons. C'est de Tours, au milieu des merleiiies dont nous parlons, que l'œuvre deîail prendre son extension; une douzaine (le postulantes se présentèrent. On songea à faire une fondation à Paris. Ce fut vers le printemps, 18&9, que la Mère générale et la ilère Marie y arrivèrent ; la maison de Nazareth leur donna l'hospitalité; les bonnes religieuses de la Visitation, Ëdèles à l'esprit do saint François de Sales, envoyèrent <Je leur couvent Quelques provisions aux (ieux fondatrices. Elles furent souvent obli- Ké^sd^alier aux fourneaux desservis par les Filles de la Cliarité chercher la soupe et des l^^umes qu'on y distribue aux mendiants «B échange de bons dont la valeur est de uo ou deux sous. Inconnues et* perdues au milieu de tant de personnes déguenillées it déj^oûlantes de saleté, elles attendaient leur tour, tendaient leur écuelle au guichat «i {)ortaient ensuite, moyennant ses deux MKis, le dîner de la communauté tout entitre. Au t>out de cinq mois d'attisnie elles trouvèrent entin, rue Saint-Jacques, n" 277, uoe maison qui, successivement agrandie, contient ceiU cinquante pauvres. Pendant qu'on avait tant de peine à s'établir à Paris, UIH9 autre fondation se faisait à Nantes, où le P« Le Pailleur avait été appelé par les cuuférences de Saint-Vincent de Paul. Le Ikju Père laissa à ses Filles, ou plutôt la ProviUence, le soin de fournir à toutes les charges de la maison, il y laissa la môme assistante Marie-Thèrcse avec 20 fr.; il ne leor restait q^ue k fr. quand arriva la |)ermtssion de l'autorité ecclésiastique; trois inois après une maison était bien montée
et pourvue de tout ce qui était nécessaire. La même année on fonda une autre maison à Besançon. En 1850, de nouveaux établissements furent fondés à Angers, à Bordeaul, à Nancy, à Rouen. La première fois que les Petites - Sœurs parurent sur le marché a Rouen , elles firent presque une émeute ; chacun les ap()e1ait, se précipitait vers elles et voulait leur apporter son offrande; ta police fut obligée d'intervenir, en réglant que les bonnes sœurs feraient le tQur du marché, afin que chacun pût leur remettre à son tour l'aumdne qu'il avait préparée, et un iour des marchands se plaignirent à la supérieure de la quêteuse qui ne venait pas vers eux aussi souvent que vers les autres. Dans une ville où tous leurs efforts et ceux de leurs amis les plus dévoués restaient à peu près stériles pour les faire connaître, le bon Père ne se rendant pas compte de l'obstacle, réQéchi, pria, consulta Dieu, et prit enfin sa résolution. Je vais prendre, dit-il, le plus de pauvres que je pourrai : d'après ses ordres, la supérieure en prit trente en quinze jours, dès ce nK)ment les ressources abondèrent. Avant de propager davantage l'institut, le bon P. Le Railleur aurait voulu travailler à fortifier l'esprit des sujets aptes à maintenir partout la discipline ardente et dévouée des premières Mères; c'était prudent, mais la Providence a des raisonnements qui ne sont pas pires que ceux des hommes; on voyait se former et se développer rapidement les sœurs destinées à conduire les maisons. Los postU" lantes étaient toujours en grand nombre > les novices avançaient rapidement dans la vie religieuse et parmi les anciennes sœurs> celles qui devaient devenir les Mères se distinguaient à mesure que les sollicitations devenaient plus pressantes.
Le 15 janvier 1850, deux religieuses de cette nouvelle famille qui manquait aux innombrables œuvres do charité, soutenues par l'inépuisable trésor de leur foi, furent fonder une maison de !enr ordre à Bordeaux. Leur ressource temporelle se composait d*une pièce de 5 fr., que chacune d'elles possédait. A peine arrivées^ ces deux saintes filles, deux anges de la terre, se mettent à la recherche d'un local ; il le leur faut spacieux, aéré; elles parcourent les divers quartiers sans succès; elles arrivent devant le chAteau du Diable ; on aurait dit une maison vouée à une démolition prochaine. Cet abandon avait été provoqué par une terreur panique; le vulgaire le croyait habité par des fantômes effrayants. Les Petites-Sœurs qui apprennent ces rumeurs épouvantables n'en sont pas effrayées; elles sont habituées à combattre le démon sous toutes les formes et à le vaincre; elles passent un bail; des réparations urgentes sont immédiatement faites et une humble croix, symbole d'intarissable charité et d'amour infini, apprit aux passants que ce lieu jadis de terreur imaginaire, était devenu un refuge as* sure de paix et de repos.
La fondation d*uu hôpital est toujours une
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œuvre considérable. Que de sommes importantes qu'elle exige 1 que d'obslacles à surmonter! que de dilTicullés à vaincre 1 La Providence qui les avait j^uidées n'abandonna pas les Petites-Sœurs. La ville, éminemment généreuse, leur fournit tout cequi était nécessaire. Peu h peu le modeste ameublement fut complet; la lingerie fut garnie pour pourvoir à tous les besoins; d'abondantes aumônes permirent de remplir tous les engagements qui avaient été contractés, et bientôt soixante-quinze vieillards des deux sexes recevaient les soins que réclamaient leur état. Une petite église contiguë dans la maison permet aux intirmes de ven. r remercier Dieu chaque jour des bienfaits qu'ils en reçoivent.
Fondé par des «Jons et des aumônes, l'aumône et les dons le soutiennent. Chaque malin, un cheval altelé è une petite charrette part de l'hospice pour aller chercher les provisions, une sœur accom[)agne le modeste attelage, et partout sur son passage les offrandes de toutes sortes ]irécèdent les demandes. Au marché, les marchandes, excitées par une ins[»iration miséricordieuse, rivalisent d'empressement et d'ardeur, c'est à uui donnera le plus tôt et le plus; celle-ci donne un poisson, celle-là de la viande, une outre des fruits, les légumes de toute espèce pleuvent en abondance dans la petite voiture cl l'ont bientôt encombrée. Tout le monde veut donner et donne dans la mesure de ses movens. La générosité de la population bordelaise, h laquelle on ne fait jamais en vain appel, n'est pas moins inépuisable que le dévouement des bonnes sœurs appelées à les servir et dont les mains sont toujours prêtes ou à panser une plaie ou à essuyer une larme.
Le 2 novembre 1851, deux religieuses arrivent de Paris, ellesallaient jeter les fondements d'un hospice à Lyon pour les vieillards des deux sexes; elles ne portaient qu'une bonne volonté à toute épreuve et une confiance illimitée en la divine Providence. La ville des aumônes ne pouvait pas être privée ))lus longtemps de ces bons exemples et d'un si merveilleux concours. Elles n'ont aucune ressource, il n'existe aucune fondation en leur faveur, elles n'ont d'autre capital que la pauvreté, leurs revenus sont nulle part et partout : nulle part, parce qu'elles n'ont rien d'assuré, partout parce que riches et pauvres vont concourir à pourvoir à leurs iicsoins; des ruisseaux sortis de tous les rangs de la société, suivant la môme pente, vont bientôt s'y jeter, non pour s'y perdre mais pour s'v grossir dans l'océan de la charité. Les deux Petites-Sœurs furent reçues dans une pieuse famille; elles n'ont rien, elles font cei)cndant le choix d'une vaste et commode maison, parce que la charité ne calcule pas et qu'elles sont habituées h tirer sur.'a Providence des lettres de change qui sont toujours exactement payées. Le 1" décembre elles en prennent [)Ossession accompagnées de deux ])auvres vieilles femmes. L'inuuguration se ût le 2 février 1852,
par Son Eminenco Mgr !e cardinal-archevêque de Lyon, qui y prononça une admirable allocution; cette solennité fut honorée de la présence de M. le maire, de messieurs et de dames en grand nombre. La pierre lui posée, les Lyonnais se chargèrent de coniinuer l'édifice. Ce jour-là il y eut trenie-huii réceptions ; à la fin du mois il y en eut cinquante-trois, fin mars soixante-quinze, tin avril quatre-vingt-quatorze.
Comment les ressources affluèrent-elles chez les Petites-Sœurs à Lyon? de la rnônie manière que dans tous les autres'éiablisscments. Les Petites-Sœurs reçoivent tout, parce que leur industrieuse charité leur fait tirer parti de tout : vieilles bardes, vieui linges, meubles antiques, fauteuils mai)chois, chaises boiteuses, et quelquefois auisi du neuf; de même qu'à Rouen et dans quelques autres grandes villes elles se font suivre par un âne, qui est aussi un doo de la charité, et qui porte dans des iraniens les diverses offrandes récollées sur la rouie. Les sœurs quêteuses s'arrêtent aux portes des établissements publics et sur les nnrchés aux légumes; la synapathie générale les accompagne presque partout.
L'esprit de pauvreté est toujours admirablement conservé chez les Petites-Sœurs; elles ont unc^ toute petite chapelle que les dons {particuliers enrichissent chaque jour de quelques ornements sinaples. Ce qui domine même cet admirable amour de la pauvreté, c'est leur confiance sans borne, sans exclure cependant les règles de la prudeore elle se traduit au dehors par toutes leurs paroles, dans tous leurs actes, dans leurs plus pressants besoins. Elles De sont ni découragées, ni impatientes ; elles prient avec ferveur, elles s adressent directemeut à Dieu, elles s'efforcent d'arriver è lui («r le cœur de ceux qui leur sont chers. C'e.vi surtout la sainte Vierge qui est leurioter* médiaire auprès de son divin Fils; après elle, les patrons de finstituiion Saint-Josepli et Saint-Augustin. Pour l'admission dans leur maison, elles n'ont pas égard aux recommandations ni au tour d'inscription, elles réservent les droits aux plus graudes misères, au plus entier abandon; leurs premiers soins sont pour les pauvres soulTrauts et les plus délaissés.
En 1852, les Petites-Sœurs des pauvres achetaient une maison très-vaste, bien bâtie, bien distribuée pour un hospice (>uuvaut contenir plus de quairH cents i^aurres' plus de deux cents étaient installés. Nulle part qu'à Lyon, cette œuvre ne fut mieux comprise. Les hautes classes ont donné largement, le commerce s'est signalé avec ceiio générosité qui lui est habituelle, les ouvriers même leur ont apporté leurs offra/ides, plusieurs corporations leurapporlèreol eur utile concours; Son Eminence le cardinal-archevêque avait donné l'exemple ['Sf l'olfrande d'une somme considérable, l^ niets de la charité furent jetés» et la pêd^^^ généralement abondante , fut quelquefoii merveilleuse ; les militaires ne furent \^
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lesdermers à aller leur porter leurs offrandes; elle devint régulière et journalière tant que le 42* tint garnison dans cette ville. Rien n'est attendrissant et édifiant comme te détail de ces actes de générosité et de dé- Touement qu'elles reçoivent journellement. Un fondeur, connu par la beauté de ses œunes, donna une cloche ; son frère, fAché de se laisser devancer» envoy^ un billet de 900 fr., les menuisiers fournirent les bancs, les boulangers s'engagèrent à donner quelques livres de pain par semaine» un excellent plâtrier At réparer les dortoirs* laissés par les militaires qui les avaient habités, dans un triste état, et envoya son compte acquitté.
D*où peut venir une si grande sympathie? sinon de ce qiue les Petites-Sœurs des pauvres sont réellement petites par Thumilité, [âr la modestie, par le zèle, la charité^ la douceur, le dévouement et la don entier d>tles-m6mes. Cette puissance de la douceur, qui fait ainsi réussir les Petites-Sœurs au dehors, fait sentir son heureuse influence »ar les vieillards qu'elles adoptent comme des frères dont Jésas-Cbrist leur confie la
S de et Tentretien. Les hospices des Petitesurs ne cherchent pas à thésauriser; quand les besoins du lendemain sont assurés, les quêteuses interrompent les courses pour recommencer le jour suivant. Sous le toit tulélaire des Petites-Sœurs, une surveillance mielligeote procure Taisanceaux vieillards. L*ordre et la propreté remplacent le luxe; les aliments sont préparés avec un soin minutieux; leur nourriture est saine et suffisante. L'attentive prévoyance des bonnes vBurs a trouvé divers moyens ingénieux de créer pour les vieillards valides un travail qui leur sert de distraction et oui est en oiéme temps utile et profitable h rhospice.
Pour se conformer à la volonté de Dieu, $1 clairement manifestée par le nombre toujours croissants de sujets et par leurs rapides progrès dansTacouisition des vertus et des qualités propres èleur vocation, le P. Le PaiU leur consentit à fonder un deuxième établissement à Paris, sur les sollicitations de la IC" légion, en faveur des vieillards du 10' arrondissement. Les offres furent acceptées, et on s'installa à la rue du Regard, et le P. supérieur apporta pour tout mobilier une statue de la sainte Vierge, «ne image de saint Joseph et une autre de saint Augustin ; il plaça la statue sur la cheminée, attacha les srarures à la muraille, se mit h genoux, récita un Pmter et un Ave avec les sœurs et leur «dressa quelques paroles d'encouragement.
^pt mois après, 150 vieillards habitaient cette oMison.
Mjk Ton traitait d*uiie nouvelle fondation bors de France; le cardinal Wiseman demandait des sœurs avec instance, mais aucune des sœurs ne savait lire, n'entendait • anglais; on n'osa refuser cependant, le langage de la charité ne s'entena-il pas nartouC On (tartit, on s'installa dans un lau-
liourg, pois dans le centre de Londres, où
Ou les appela les filles du Papc^ ce qui
n'empêche pas les sœurs d'être aimées etr respectées. Les |)etits enfants surtout se laissent aller à l'attrait de leur bonne grêce; ils subissent naïvement l'influence de cette vertu qui rayonne autour des Ames du Sei-
Î;neur. Ils courent après les Petites-Sœurs, es entourent et leur baisent les mains. Elles accueillent les vieillards sans distinction de relision. Le cardinal-archevêque est plein de Bonté pour elles et les visite souvent. Elles suivent la même manière de vivre qu'à Saint-Servan. La Quatorzième maison fut établie h Laval, ou les Petites-Sœurs des pauvres furent appelées par l'administration hospitalière. Sans renoncer cependant au glorieux privilège d'édifier sur les seules promesses de la Providence, elles arrivèrent quelque temps après à Lyon oit rien n'avait été préparé d'avance. Comme h Tours et à Rennes, un ami dévoué s'était trouvé heureux de leur donner asile pour quelques jours. Dans la ville des aumônes, au milieu des ouvriers et des fabricants, leur établissement prit un accroissement rapide et obtint des résultats aussi prompts qu'à Rouen et Bordeaux.
La congrégation des Petites-Sœurs des pauvresse compose aujourd'hui de près de trois cents filles : Qui pense à s'occuper de ce que font trois cents filles, destinées par leur naissance et leur éducation à être des servantes dans nos maisons oa de simples ouvrières en broderie ou en couture? La sagesse humaine ne saurait trouver à employer de si chetifs et de si fragiles instruments. La providence de Dieu ne les dédaigne pas; elle éclate au milieu de cette faiblesse, et semble, de nos jours surtout, prendre plaisir è sy manifester. Ce Dieu aimable et tout-puissant se complaît aveo les humbles et les petits; et tandis qu'on propose, (ju'on discute et qu^on essaye à grands frais des projets insensés et ridicules de soulagement des pauvres, ii charge ses trois cents filles de nourrir à elles seules, de consoler et de soulager plus eiHcacement que ne sauraient le faire toutes les lois et toutes les administrations du monde, quinze cents vieillards en France. Toute la merveille est là : les autres détails sont superflus.
Voilà ce que peut produire dans une ime sacerdotale une seule étincelle de la charité divine. Rechauffées et unies sous ses rayonnements, (es Petit«s-Sœurs ne s'emploient pas seulement au service des hommes, si misérables qu'ils soient, c'est Dieu lui-même qu'elles servent; elles lui donnent, dans la personne de ses pauvres, le soulagement que, selon la tradition, la sainte Véronique lui rendit autrefois sur le chemin du Calvaire. Il était alors l'opprobre des hommes, un objet de dégoût et de honte pour la na* ture entière ; conspué, couvert de sueur el de crachat, la sainte lui essuya le visage avec un linge. On sait comment son action fut merveilleusement récompensée, et aucun Chrétien n'a jamais pu songer sans admiration et sans envie à cette gloire do Véroni-
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que. Ce que cette sainte femme accomplissait sur le chemin du Calvaire pour Jésus fléchissant sous sa croix, les Petites-Sœurs des pauvres l'accomplissent aujoud'hui, et l'Admiration ne devrait pas être moindre. Elles s'approchftnt du visage de Jésus-Christ souffrant, de Jésus pauvre, dépouîlléj outragé, insulté, rebuté et méprisé; elles essuient cette face divine avec une grande miséricorde et un grand amour. La sainte, autrefois, pour accomplir son acte d'amour à l'égard du divin Maître, eut tout è braver, les huées de la foule, les violences des soldats, et ce mépris universel dans lequel s'était changé le triomphe du jour des Rameaux; ce mépris si puissant et si fort, qu'il avait forcé les disciples à fuir, et saint Pierre à renier son Maître. Les Petitos-Sœurs des pauvres ont à vaincre aujourd'hui la sagesse du monde et les désirs de la nature; elles lui font violence et marchent au rebours de ses inclinations. Ce n'est pas tout que de vaincre la répugnance pour ces vieillards çordides et repoussants, couverts d'infirmités dégoûtantes, il faut soi-même, en dehors ries soins h donner à ces pauvres créatures, où la foi des sœurs leur fait démêler les traits divins du Sauveur, il faut s'abreuver d'humiliation et de pauvreté, d'une pauvreté $i extrême, que tout ce que nous en avons dit n'en peut donner une idée à ceux qui n'ont pas été admis è en pénétrer le mystère.
Tout manque en effet, tout manque à la fois dans les maisons des Petites-Sœurs; après avoir triomphé d'une délicatesse légitime à l'égard du cette nourriture composée de débris ramassc^s de toutes parts, il faut ^ chaque instant manquer encore des meubles les plus usuels et les plus nécessaires à la vie. Ce ne ."^ont pas seulement les lits, les paillasses, les draps, dont on peut être privé un laps de temps plus ou moins lofig au commencement des fondations. Des maisons établies depuis longtemps, et pour lesçiaelles la charité publique, quoique toujours active, n'a peut-être plus ces empressements de premiers jours, quand personne n'ignorait la pénurie de toutes choî>es où se trouvaient les pauvres sœurs; des maisons établies depuis longtemps sont encore aujourd'hui entièrement dépourvues de chaires, par exemple; les vieillards en ont chacun une, mais les sœurs doivent s*en
I casser. Celte absence est a-sez générale dans curs maisons pour qu'elles aient partout pris l'habitude de M^asseoir sur leuts talons. C'est volontiers daiis celte posture humiliée, et avec des cœurs plus rabaissés enrore, quelles écoutent les instructions du Père et les avis de leur Mère dans la falle de communauté. Un jour, un Jésuite visitait une de^leurs maisons, il entra dans le réfectoire au moment où la communauté allait se mettre è table. Au lieu de verres, les sœurs avaient des tasses de toute dimension, des
f^ots à contUures, des pois à moutarde, le out ébréché, easst^; et dans un tel état, que le bon Père invita le premier de ses péui*
tents qui lui tomba sous la main, h faire porter immédiatement une douzaine de verres à l'asile des vieillards. Nous entrons dans ces détails ; ils indiquent tout un ordre de faits que nous n'avons fait qu enlreToIr. Car.il faut découvrir ou deviner ces besoins; les Petites-Sœurs se gardent de les avouer,elles quêtent et reçoivent avec reconnaissance, mais elles ne demandent rien pour elles-mêmes; elles craignent d'abuser de la bienveillance qu'on lenr témoigne et trouvent toujours qu'on fait trop pour elles et beaucoup) plus qu'elles ne méritent.
Au milieu de ce dénûment, qu'il faut imaginer aussi grand et aussi complet que possible, nous avons déjà insiste sur le bonheur et la joie innocente des Petiles- Sœurs. La joie vient de T&me, elle naît dans les replis de la conscience. Qui peut dire de quelle ivresse sublime et tranquille fut éclairée et transportée sainte Véronique, lorsqu'elle reconnut sur le linge l'empreinie du visage du SauveurI Nos sœurs éprouTent Ja même allégresse, lorsqu'elles voient reparaître cette divine empreinte dans te> âmes confiées à leurs soins. Elles ne s? blasent pas sur cette émotion; chaque vieillard qui retourne à Dieu est pour ces grands cœurs l'occasion d'une fête. Cette fête se renouvelle souvent, et rien n'est négligé
Eour qu'elle soit tout à fait légitime. D iiaitude, dans les maisons nouvellement fondées, lorsqu^il y a déjà un petit nombre de pauvres, on prêche une retraite. Ses fruit* suffisent à former un noyau de bonnes geD< bien dévoués au bon Dieu, et qui etercent ensuite à leur tour une sorte de propagande sur les compagnes que la providence de Dieu leur adresse. Rien n'égale la joie de ie>
Iiauvres créatures réconciliées; elles eifl- )rassenl les sœurs en pleurant et en dansant, et ne savent comment exprimer leur bonheur et leur reconnaissance. Il J « soixante et quinze ans que je ne me suis approchée de Dieu, disait l'une, etjev^i* le recevoir demain I
Pas un des hôtes de ces maisons bénir* ne saurait résister à cette grâce de lâchante que Dieu leur réservait au bout de toutes les épreuves deleur triste carrière. Ils comprennent bien cette miséricorde, et ils ^ rélèbrent. Après sa confession, un pauvre barbier, qu'un rhumatisme sur les doigt* avait réduit à la misère, en le rendant incapable d'exercer son état, regardait ses pieuvres mains infirmes; et comme on lui demandait ce qu'il considérait si attenti\e« ment : Je regarde le doigt de Dieu, réj^n* dit-ill
N'est-ce fias un miracle qpe de voir un^ de malheureux, tant de vieillards ponJu^^^' vices, heureux, contents et consolé>îLaX'^'" de Dieu est là en etfet, rien de triste (î>^<'^ SCS pieux asiles; partout, au milieu d'u')^ propreté charmante, la paix et la joie ri^«iî«'i»i en ces lieux. Ixîs pauvres créatures s'Ij''' * tuent à aimer et à goûter Dieu: elles prc*^" rent leur kicnheureuse éternité, et oile$'* regardent approcher avec une inaliérol^.
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(fonceur. Une de ces pnuvres vieilles venait (j être adoriniâirée, on lui demanda comment elle se trouvait : Bienheureuse, bienheureuse, répondit-elle; j'espère que Dieu me lioonerfl une place dans son paradis» et que j'y serai bientôt. Elle demanda qu'on priât [•ôureile; elle était dans son lit blanc, les D^jas jointes et le chapelet entre les doigts, d'uo air si vénérable et si reposé, qu*on rouvait envier la grâce d'une pareille mort. h:ie avait été recueillie à Fasile au moment où elle venait d*être chassée par ses enfants qui ne voulaient plus la nourrir; elle ne loulait pas leur pardonner celte cruauté, mais avec les Petites-Sœurs, elle s*élail insiruite aux leçons du divin Maître; elle mourait ie pardon dans la cœur, la joie et Tes- [éraDre sur les lèvre$, douce, calme; et, comme elle le disait avec un admirable accent : bienheureuse I
Nous n*en finirions pas si nous voulions raconter tous les traits édifiants et charmants qoi se passent dans les maisons des Petites- SBors.
Le 9 janvier 1852, trois religieuses venant de Paris, arrivaient h Lille, et se dirigeaient vers rbospice Gantois, où elles devaient re-^ ceroir Thospitalité chez les sœurs de cette maison. Qui aurait remarqué ces honorables femmes? A leur costume, à leur pauvre baga^e, on ne se serait guère douté, qu'à peine arrivées, elles allaient voir se presser autour d'elles les svmpatbies les plus vives de la religion et dfe la charité, recevoir des dons de quatre genres : argent, vêlement, meubles, literies, et. enfin nrendre possession d'une vasie maison où elles pourraient rendre au centuple Tbospitaliié qu'elles ont re^ue.
Le 2 révrier, jour de la Purification de la 5<)tnte Vierge, une douzaine de pauvres ueiilards furent immédiatement inscrits et adoptés. Bientôt deux nouvelles sœurs vinrent s'adjoindre aux deux premières; elles furent bientôt au nombre de quinze, et recueillirent cent cinquante vieillards auxquels elles prodiguaient, comme partout, les Noins de la plus affectueuse charité. Elles se filèrent au centre de la paroisse la plus pauvre; foyer de misères morales et physiques, elles en sont devenues la providence, i^or vie, leur exemple, leurs consolations sunt devenus un nouvel et puissant encouragement de régénération pour cette partie mdlheureuse de la population.
En 1852, d'autres fondations eurent lieu à Marseille, à Bourges, Vannes, Colmar, la Rochelle, Dijon, Biois, Saint-Omer et Brest. En 1853, les Petites- Sœurs s'établirent à Chartres, h Liège, à Bolbec. Dans celte dernière vi.lc, uu grand pharmacien voulut inonter la pharmacie h lui tout seul, et déismlit h la bonne Hère de s'adresser à d'autres ^u*k lui. Elles fondèrent, à Paris, leur troisième maison avec le concours et sous ^5 auspices de Sa Majesté rirapérairice Eugénie. Cette maison eut son berceau rue ues Postes; elle se développa depuis rue
Faubourg Saint-Antoine, au delà des autres maisons de Paris.
£n 1855, eurent lieu de nouvelles fonnations à Toulouse, à Saint-Dizier, an Havre, h Blois, à Bruxelles, au Mans, à Tarare, h Paris, rue Boyer-Collard. Comme toutes ces fondations se développèrent subitement à travers les difficultés des circonstances, elles absorbèrent les vocations, et on ne put établir, en 1855, que la seule maison d'Orléans. On a commencé cette année 1856, par Touverture de la maison de Strasbourg, de Laon ; bientôt elles vont prendre possession de celle qu'on leur prépare à Mayenne, à Louvain. On les demande jusqu'aux conflns de la Pologne, d*où il est venu des novices pour la famille.
Toutes les maisons qui furent fondées, il y a quelques années, se sont développées; celle de Rennes a reçu jusqu'à trois cents pauvres; elle a été transférée à un vasta établissement qui servait autrefois de ma*nufacture de toiles pour l'Etat. Après diverses acquisitions de terre et de grandes constructions exécutées durant ces dernières années, ce nouvel établissement est de nouveau trop étroit. La maison de Laval, qui n*était destinée qu'à vinçt-cinq vieillards, en a cent vingt aujourd'hui. Vous trouveriez à peine un asile occupé par les Petites- Sœurs où l'on n'ait b&tit largement, et où les nouveaux bâtiments ne soient remplis au point d'appeler de nouveaux agrandissements, et cependant les vieillards recueillis dans ces asiles n'ont point senti la disette de ces années.
Des détails analogues k ceux qui ont été publiés sur quelques-unes de ces maisons se sont reproduits dans chacune d'elles dès leur début, et souvent pendant le cours de leur existence, et chaque jour amène quelques nouveaux bienfaits comme les enfants qui s'abandonnent à ses soins.
La règle, le mode d'existence, la simplicité des fondations sont restés ce qu'ils étaient aux premiers jours de la famille.
L'approbation solennelle du Saint-Siège^, qui intervint le 9 juillet 185b, consolida. 1 institution et fautorité de l'abbé Le Pailleur, dont Dieu s'est servi pour fonder et. conduire cette nouvelle famille, qui semblait manquer aux bonnes œuvres que lo Saint-Esprit inspire et que la charité enfante chaque jour.
La reconnaissance par l'Etat qui a eu lieu le 9 janvier de cette année 1856, a régularisé la situation temporelle des Petites-Sœurs des pauvres. Qui pourrait douter aujourd'hui que la main de la Providence a dirigé ce mouvement, et qu'on doit à elle seule ces bénédictions auxquelles les fondateurs de l'œuvre n'eurent osé prétendre? C'est ainsi que l'expérience porte toujours des nouvelles preuves de la fécondité et de la sainteté de l'Eglise, qui sont les marques de sa céleste origine. Ces pieux asiles qui offrent tant de ressources pour les besoins et pour les inlirmités corporels, deviennent les portes de la bienheureuse éternité
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