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PRÉMONTRÉS (Ordre des).
VfïQ intéressante solennité a eu lieu le
vendredi G juin, dans rancien couvent des Prémontrés. Mgr Tévêque de Soissons, dans le but de conserver à son diocèse ce qui reste de cette illustre abbaye, s'en est rendn Pacquéreur, et y a établi on orphelioaU Mais là ne s*est pas bornée la pensée dn pieux prélat. Poursuivant son oeurre de restauration, il avait voulu confier !a direction de cet orphelinat à des religieux allemands de Tordre des Prémontrés, dont il méditait le rétablissement en France. CeUe tentative n*a pas réussi. Mais heureusemeot il s'est rencontré un vertueux et défooé prêtre Cistercien, religieux Je la Trappe do Briquebec (Manche), qui, de l'avis de ses supérieurs, et avec leur autorisation, a quitté l'ordre de Citeaux, pour se mettre h la disposition do Mgr l'évoque de Soissons.
Le rév. P. Edmond, entre les mains de qui commence la restauration de l'ordre de Prémontré, a été revêtu par le prélat de l'habit de cet ordre, le 6 juin, fêle de Sainl- Norbert, qui en fut le premier fondateur, en
I)résence d'un nombre considérable de fidies, accourus à cette cérémonie. Mgr de Soissons a confirmé dans un mandement la joie que lui inspirait un semblable événement.
Nous avons éprouvé aujourd'hui, s'écriet-iî, de bien douces, de bien profondes émotions : notre cœur surabondait de joie eo célébrant pour la première fois, à Prémontré môme, la fête de saint Norbert, fondéleur des chanoines réguliers de Prémonlré, et en revêlant de l'habit de cet ordre si célèbre, celui auquel la Providence, par noire entremise, a confié le soin de former, pour la religion comme pour la société, noschen orphelins. Il nous semblait que cette solennité, célébrée au milieu d'un grand concours de nosbien-aimés coopérateurs et de Miles de tout rang, consacrait plus que jamais la résurrection encore si récente de celte ougnifique abbaye, et assurait à ces ruines imposantes une vie que les souvenirs da passé, les impressions du présont et les espérances de l'avenir concouraient à rendie plus parlante encore.
Nous écrivons ces lignes le 21 juin : p'si^ à Dieu que de nombreuses vocations Tiennent couronner les vœux de Sa GraDdeor,e| faire renaître de ses cendres un ordre 401 édiûa le monde par ses vertus, et gui rendu d'éminents services à l'Eglise. Poisse fteo donner l'accroissement à ce grain de sent- Yé, jeté sur cette terre bénite,
PRÉSENTATION (Rkligiecsks db Vfim- Dame db la). Maison mir$ à MoMiqn^ {diocèse de Digne).
La communauté de Notre-Dame de to Pï|*" senlation, approuvée le 6 décembre 18», par Mgr Miollis, évêque de Digne, comme congrégation religieuse, et reconnue lég«^ ment par ordonnance royale du 7 juin 18»t doit son existence aii zèle et aux travaux u« plusieurs prêtres vénérables , qui oni jow plus ou moins contribué à sa direclion-Bic reconnaît cependant pour son principal w***
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DES ORDRES REUGIEUX.
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diiior If. Kabbé Proal, mort à Digne (1831)» chinoiae et sapérieur du grand séminaire. Ce fut lui, en effet» qui, après avoir dirigé peodant plusieurs années la société des f«rsuDDes pieuses d*où est sortie la congre^ gilioo, réaoil ooelques-uns de ses membres eo coDmonauté» dans la irille de Manosque (diocèse de Digne) » le 6 janvier 1818.
Voici quels lurent les commencements de celle pieuse association. En Tannée 1797»
00 prêtre vénérable, et plein de Tesprit de Diea t M. Coufbon» que la révolution avait MDporté» comme tant d'autres prêtres, eo i3N, sur la terre étrangère, revini couragfusemeat dans ïmi patrie , pour y travailler • la gloire de Dieu et au salut des âmes. II te fixa à Manosque» où il vécut cacbé dans U maison d'une famille cbrétieane. La retraite forcée qu*il était obligé de garder, à eiuse des malbeurs du temps, ne rempècfaa pas de doooer à son zèle toute l'extension que permettait une sage prudence. Nonseulement il administra les sacrements aux Catholiques qui venaient réclamer les secours de la religion» mais il diercba de plus Hormer des Ames intérieures exercées à la
1 raiique de toutes les vertus, et destinées, )ir leur ferveur, è dédommager un peu le niea-Sauveur des outrages sanglants qu'il recevait des impies, dans ce temps de désolation. Le 6 janvier 1797 , il organisa dans ce but, au moven de quelques personnes vertaeoses, qu il avait rencontrées dans ce pa vs, uoe petite société qu'il avait le dessein d attacher lIus tard è Dieu par des liens plus intimes. Il considérait cette association comme le germe d'une nouvelle communauté, dans laquelle se continuerait le bien opéré autrefois par les ordres religieux , que Tim- Hété avait dispersés quelques années aupararant« Le temps lui manqua pour la réali- Mlion de ce dernier projet. Mgr Yves Des- Mlies, premier évéque de Digne» après le coocordat, Ini confia la cure de Sénez (1802)» «t il fat plus tard nommé par Mgr Miotlu, chanoine et supérieur du grand séminaire de Digne (1806). Par suite de ce cbangemeot» iidnt laisser la direction de ces pieuses files à M. rabbé Arbaud , alors curé de YilleoeoTe » plus tard directeur du séminaire de l>ig)e, et en dernier lieu évéque de Gap.
H. J*abbé Arbaud aida cette petite société de ses conseils, jusqu'en 1813. A cette époque» U. Tabbé Joseph Proal» a^ant été nom- ^ vicaire à la paroisse de Saint-Sauveur, à liaoosque, M. Courbon, qui connaissait > esprit intérieur de ce jeune prêtre, le pria de diriger cette association naissante. M. rroal remplit cette ticbe avec un zèle digne <le sa rare piété. Son s^our, fixé è Manosque, pendant onze ans, lui permit de donner les soins les plus suivis et les plus fruclueax k ces vertueuses filles , dont la con- <i<iite continua d*édiQer toute la ville. Quelques-unes d*entre elles, appelées è une vie plus parfaite, se consumaient du désir de t<OQVoir servir Dieu» dans la solitude du "olire. C'est pourquoi le jeune vicaire» «eureux do seconder par ses conseils les
opérations de la grâce dans ces âmes d'élite, songea sérieusement k exécuter le prqjet, autrefois conçu par M. Courbon, de doter le diocèse de Digne d'une communauté religieuse.
Le démon, prévoyant tout le bien que pouvait réaliser une telle œuvre, ne manqua pas de susciter mille obstacles pour en empêcher Texécution. Le zèle et la prudence de M. Proal» joints h la force de ses prières, vinrent à bout de triompher de toutes les difiicultés» de telle sorte que le 6 janvier 1818» il put réunir en communauté six personnes faisant partie de la fervente société. Neuf mois plus tard» plusieurs autres, demoiselles» aune vertu éprouvée» vinrent grossir cette colonie naissante, qui vécut sous l'observance d'un règlement provisoire, donné par M. Proal, en attendant qu'il eût rédigé des constitutions plus étendues.
Les premières années qui suivirent leur réunion en communauté furent, pour ces pieuses filles» des années d*éi)reuves. Leur dénAment était complet, et des contradictions sans nombre vinrent se joindre aux privations de toute nature qui accompagnent
Ïresque toujours une fondation nouvelle, butes ces croix servirent d*aliment i ces âmes généreuses» bien loin de diminuer leur piété et leur confiance en Dieu. Elles expérimentèrent bientôt que la Providence divine veille d'une manière spéciale sur les âmes de bonne volonté qui » ne cherchant que le Seigneur, lui abandonnent le soin de tout ce gui les intéresse. Contre toutes les prévisions humaines» Dieu bénit l'œuvre de M. Proal. Ce prêtre, plein de vertus et de mérites , appelé h Digne en 1823 , par Mgr Miollis, fut nommé quelques mois plus tard supérieur du grand séminaire de cette ville. Sa nouvelle position Téloisnant de la communauté qu'il venait de fonder, il continua cependant à la diriger, comme Pèro spirituel» par sa correspondance et par stiS visites annuelles.
En quittant Manosque, M. Proal confia sa chère communauté aux soins de M. l'abbé ]. J. Fouque, natif de Manosque , et vicaire h la paroisse de Saint-Sauveur. Une pouvait la laisser en de meilleures mains, puisque M. l'abbé Fouque partageait déjà la sollicitude du Père pour cette maison. Ce digne {>râtre, doué aun cœur dont rien ne lassa e dévouement, se livra tout entier à cette œuvre. Pendant vingt ans, il lui consacra son temps, ses labeurs» ses veilles, ses soins incessants; en un mot» il se sacrifia \ïO\xt en assurer la prospérité et l'asseoir sur des bases solides et durables. Ce Ait M. Fouquo ^ qui obtint Tordonnance royale par laquelle " la communauté des religieuses de Notre- Dame de la Présentation de Manosque fut approuvée par le ^gouvernement. Ce fut lui encore qui sollicita de la libéralité de Mgr Miollis une partie des ressources néces* saires pour l'achat et l'agrandissement du couvent qu*elles occupent; ce fut lui enfin qui contribua d'une manière spéciale à organiser, développer et faire fleurir le peu*
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sJonnal qirellos dirigent. M. Tabbé Fouque a été appelé à Digne, en 18W, pour y occuper la place de chanoine titulaire, que son mérite distingué lui a si justement acquise.
La population de Lorgnes (VarJ, ville du diocèse de Fréjus, ayant sollieite avec les plus vives instances la fondation d'une maison de riustitut, des religieuses leur furent envoyées du couvent de Manosque; elles sy établirent en septembre 1837, à la satisfaction des habitants. Cet établissement se fit sous Tautorité toute bienveillante de Mgr Miollis, évoque de Digne et supérieur de k congrégation, et avec l'approbation de Mgr Michel, évèque de Fréjus.
En septembre 1853, la congrégation de Notre-Dame de la Présentation a fondé un nouvel établissement à Lunel (Hérault), diocèse de Montpellier. Cette fondation, vivement sollicitée par les autorités de celle Tîlle, s'est faite sous les auspices de Mgr Meirieu, supérieur de la congrégation, et sous la haute protection de Mgr de Montpellier.
La congrégation de Notre-Dame de la Présentation est gouvernée et présidée sous i*autorité spéciale deMgrl'évèque de Digne, par une supérieure générale résidant è Manosque. Les religieuses qui vont s'étabPir dans des diocèses étrangers sont soumises , conformément à la discipline de TEgiise, h l'ordinaire des lieux oiï se trouvent leurs maisons; elles restent néanmoins toujours sous la dépendance des supérieurs généraux.
La fin de cet institut est : !• d'ouvrir un asile aux jeunes personnes qui désirent imiter dans la vie religieuse les vertus de Jésus et de Marie, et de ^eur fournir les moyens d'atteindre è la perfection de leur saint état; St* d'établir des pensionnats , des externats et des écoles gratuites, pour donner aux demoiselles de toutes les conditions une éducation essentiellement chrétienne.
Les religieuses de Notre-Dame de la Présentation gardent la clôture: elles font deux années de noviciat dans la maison mère, arant de prononcer les vœux ordinaires de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et de clôture, selon les règles de Saint-Augustin, et les constitutions particulières que M. Proal leur a données. Elles ne font d'abord ces yœux que pour trois ans. Elles passent encore ces trois années au noviciat , et ce n est qu'après dnq ans d'épreuve qu'elles font des vœux perpétuels et reçoivent la croix pectorale, comme marque de leur profession.
Pour s'entretenir dans la piété, et avancer chaque jour davantage dans la voie étroite de la perfection chrétienne, les religieuses de Notre-Dame de la Présentation font tous les jours deux heures d'oraison, deux examens de conscience, une demi -heure de lecture spirituelle, et récitent en chœur le chapelet et le petit Oflice de la sainte Vierge. Sans gêner leur attrait pour la pénit^^nce , leur sainte règle ne leur j)re5crit que l'absli-
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nence pour le mercredi, et le jeûne pour tous les vendredis de l'année. Le silence, li prière et l'oubli de soi-même doiTeni être pratiqués d'une manière spéciale par les religieuses de cet institut.
Ces mots, Dieu seul^qae M. Proal a donnés pour devise à cette congrégation, résument parfaitement l'esprit de sacrifice qui la dirige dans Taccomplissemenl de l'œuTre qu'elle tâche d'accomplir pour la gloire de Dieu et le salut des Ames.
Notice hitioriaue êur M. Vabbé J.^J. frad, fondateur de la eongrégation de N(^r§- Dame de la Prùentaiian de Jfoiiaifiii IBoêêes-Alpee); et eur Mlle Maddeint Jauêsaudj en religion Mire Sainte-Tkériêt, première supérieure générale de cent cm- (jrégatiùn.
M. l'abbé J.-J. Proal, que les religieuses de Notre-Dame de la Présenution regardent comme le principal fondateur de leur institut, naquit le 5 mai 1788 dans la patrie de Saint-Jean-de-Matha, à Faucon, petit village de la haute Provence, actuellement comprii^ dans le département des Basses-Alpes. Li famille honorable à laquelle il appartenait le destinait à gérer le notariat dont elle était en possession depuis longtemps, lui tit fairo de fortes études pour le mettre en état de remplir s^^ intentions. Il était sur le point de se rendre aux désirs de ses parents lorsque Dieu, qui avait d'autres desseins sur lui, l'arracha subitement par un coup de la grAce aux séductions et aux embarras du monde. Poussé par un de ces mouvements surnaturels qui changent les destinées des hommes et font les saints, il renonça tout & coup à l'avenir temporel qu'on lui offrait et tourna ses espérances et ses affections fers le bien infini dont la possession était seule capable de satisfaire la noble ambitioo do son cœur.
M. Proal venait de reconnaître que le sacerdoce était la voie par laquelle Dieu l'appelait k lui; c'est pourquoi il partit pour Itf séminaire. Il j entra avec cet élan de cœur et cette soif de perfection qui sont un présage infaillible de sainteté, il eut le bonheur de trouver dans cette sainte noaison an di« recteur aussi pieux qu'éclairé dans la per^ sonne de M. l'abbé Augier, prôtre dune éminente vertu, très-versé dans l'art difficile de conduire les Ames dans les voies intérieures. Le jeune abbé qui voulait iM tout à Dieu ne put que faire de rapides pr(^
f^rès sous la conduite d*un tel gutde. Aussi e vit-on bientôt commencer k pratiquer avec ardeur toutes les vertus sacerdotales; il s'adonna surtout à la mortiQcation. Pare»*
f)rit de pénitence et d'abnégation il s'imposa e plus rigoureux silence pendant une tanée entière et il se livra è des privations telles que sa santé en fut gravement altérée. Ses supérieurs s'en apercnrenl et le forcèrent a modérer son attrait pour la mortification; mais la ferveur de son âme, loind'fQ être affaiblie, ne Qt que s*aocrottre de f^* en phis. La générosité de ce cœur toaturA*
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DES ORDRES RELIGIEUX
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kul de l'amour de Dieu seul fut largement réeompeusée, et Jésus, qui aime à se don-* met i aous à proportion des sacrifices que noos faisons pour lui, combla son fidèle senriteur d'une telle abondance de grAces» qiie H. Augier parlant des dispositions de ce ferrent séminariste, ne craignit pas d*affinoer qu*il serait un jour un directeur
Son coarsi de théologie terminé, H. Proal fat ordonné prêtre. En 1812 il fut placé à lUnosqne avec le titre de vicaire è la paraisse Saint-Sauveur. Ses talents et ses fdftas lui attirèrent en peu de temps la confiiDca de la population religieuse de cette ville où il opéra un bien immense. Dieu semblait ao reste s'être plu è le douer de toutes les qualités qui peuvent rendre le ministëre du prêtre fructueux au milieu du iDonde. Les dons naturels répondaient en loi â ceux de la grAce. 11 avait un esprit pénétrant, uo jugement solide, des idées lirges un coeur généreux et dévoué, une éJttcation brillante. Ses manières polies et son air grave^ rehaussés par une modestie asgéliuue, lui gagnaient tous les cœurs. Ibturellemenl éloquent il traitait les vérités de la religion avec tant de profondeur, de dignité et de conviction que sa parole deleoait pour ainsi dire irrésistible. Ceux oaèmes oui ne venaient l'entendre que pour jouir de la pureté et de la grAce de sa diction, éuient souvent entraînés dans le bien après TaToir entendu. Homme de prière, grand contemplatif, théologien profond, il avait reçtt le don spécial do former des Ames intérieures et de leur inspirer l'amour de la virginité. Aussi comptait-on parmi les persoDoes qu'il dirigeait plusieurs Ames d'élite.
i cette époque il y avait à Manosque une issociation de personnes pieuses fondée en 1797 par M. l'abbé Courbout qui était secrètement revenu de l'exil pour se dévouer au salât des Ames. Devenu plus tard supérieur du grand séminaire, ce non prêtre chargea da soin de ceue société H. Proal. Celui-ci ne tarda pas k distinguer parmi les personnes qui en faisaient partie, un certain nombre d'entre elles appelées k une plus i^ale perfection. Pour leur faciliter les moyens de correspondre k leur vocation, il entreprit de fonder une communauté relipense où ces chastes épouses de Jésus pussent trouver un abri contre les dangers du i&onde. Ce projet était d'autant plus difficile à réaliser, qu'une certaine partie du clergé piraissait être peu favorablement disposée pour la création de ce nouvel institut. Persuadé cependant que Dieu voulait qu'il entreprit celte œuvre, M. Tabbé Proal poursuivit son pieux dessein avec une constance inébranlable, et, en 1818, il vint k bout de réunir en couaunanté six des membres de la petite société. Il leur donna un sage règlement k suivre, en attendant qu'il pût rédiger des constitutions plus étendues. Les eDorts de MD tële furent bénis par Dieu, et il eut la <^<>fisolation de voir prospérer cotte commu-
nauté malgré les contradictions que l'ennemi de tout bien fit naître de toutes parts pour arrêter son développement. Au mois d'avril 1823, H. Proal fut nommé directeur du grand séminaire de Digne. Le vénérable supérieur de cet établissement, H.Courbon, avait demandé è I avoir auprès de lui dans la persuasion où il était que Dieu destinait ce digne prêtre h lui succéder. A peine M. Courbon Tavait-il initié k ses importantes fonctions qu'il fut atteint de la maladie qui le conduisit au tombeau, le 29 juin 1^3. Mais avant de se séparer pour jamais de ses enfants, il désigna M. Proal, k Mgr Miollis comme Tbomme le plus capaMe delo remplacer auprfes d'eux. £tt consé(|uence M. Proal eut k recueillir la succession de M, Courbon. Dans ce [)Oste important son zèle pour ia gloire de Dieu, ses talents pour la direction des Ames, ses vertus éminentes éclatèrent plus que jamais. Son union ayec le divin Sauveur était continuelle: elle se décelait dans sa conduite, dans ses paroles, dans ses regards, son maintien, ses mouvements, dans tout son extérieur enfin, auquel elle imprimait un air de dignité qui inspi^^ rait la confiance et le respect. Sa charité était sans bornes : comme Jésus, le modèle des prêtres, il se faisait tout è tous, et Touction de ses croies, empreintes de Tesprilde Dieu, portaient toujours le baume de la consolation dans les Ames. La soif des humiliations et des souffrances, qui était déjk si grande dans son cœur augmenta encore au milieu des épreuves auxquelles il fut en proie k partir de cette époque. Une des grAces qu'il avait sollicitées du Ciel avec plus d'instances était celle d*être méprité de tous les homme». Il priait et il avait fait prier pendant longtemps les personnes pieuses qu'il dirigeait pour obtenir celte faveur. Il eut lo bonheur de voir les désirs de son cœur généreux largement satisfaits : les dernières années de sa vie ne furent guère qu'un tissu de croix de toute espèce. qu*il supporta avec une constance etuneiuiix inaltérables. ...
Dans sa nouvelle charge, kl. Proal devint le modèle du clergé et le conseil d*un grand nombre de personnes de tout rang, do tout état, qui recouraient k lui comme i la lumière du diocèse, ainsi que s'était quelquefois plu k l'apijeler son saint évêque, Mgr Mioilis. Il eut alors non - seulement le bonheur de former un grand nombre d'ex* cellents prêtres, dont Dieu s'est servi pour renouveler l'esprit de foi dans les Alpes, maisencore il prêta son concours k plusieurs autres œuvres capitales qu'on voit encore
Srospérer dans ces contrées. Qu'il nous surse de nommer le noviciat des sœurs institutrices connues dans le uavs sous le nom de sœurs de l'Instruction chrétienne k la fondation duquel il a eflicacement contribué en
septembre 1836. . ,., . ..
Les peines et les soucis qu il rencontrait dans la direction d'un grand séminaire ne l'empêchèrent pas de continuer k s'occupert soit par ses lettres soit par ses visites an
fin