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le temps de son émigration une yuo surna-, turelle de la société qu'il fonda plus tard à Gap et de Pesprit propre qui devait la caractériser ; il lui donna aussi quelques vues f)articu1ières sur notre congrégation» dans aquelle il devait former à la vertu parfaite la personne destinée à en être la première supérieure générale, Mlle Jaussaud. C*est au I^us où il faisait de pieux pèlerinages que la divine Providence permit que M. Augier connût Mlle Madeleine Jaussaud, plus tard fondatrice de l'institut des religieuses de Notre-Dame de la Présentation de Manosque. Cette pieuse demoiselle se mit dès lors sous la direction de M. Augier. Jusqu'à la mort de ce guide éclairé qui, en cessant de pouvoir l*aiderde ses conseils, la confia a M. l'abbé Proal, notre Père et fondateur. C'est aussi M. Augier gui avait formé notre disne Père à la vie intérieure, ainsi que nous Pavons déjà indiqué, c'est lui dont Dieu s'était servi pour lui inspirer cet es« prit d'abnégation, de prière et ce grand amour pour la croix, dont il nous a laissé de ai loucnants exemples. Les progrès aue fit ce fervent disciple dans les voies intérieures, portèrent M. Augier à dire k Mlle Jaussaud que ce prêtre, alors Agé de 26 ans environ„deviendrait un directeur divin,
M. Augier fut un prêtre éminent en vertu, fort intérieur , très-versé dans la spiritualité et d'une fidélité h toute épreuve è suivre les voies de la grftce. La mortification et l'oraison faisaient ses délices. Il jeûnait à peu près tonte Tannée et accordait à peine cina neuresausommeil; maisen revanche il ne donnait pas moins de 7 à 8 heures par jour à l'oraison. Tout le temps qu'il demeura au séminaire, il se fitremarauer par robservatioQ des règles, jusque dans les plus petits points et par le soin uu il mit à y veiller au maintien de la régularité. Cependant quoique sévère jusqu à la dureté envers lui-môme, il était doux et même très-compatissant envers les autres. On reconnaisssait ses progrès dans la vertu à oeux qu'il faisait chaque jour dans la douceur et la charité. Toujours en la présence de Dieu, il savait néanmoins dans le temps des récréations, prendre le ton et les manières d'une innocente gaieté. Les instructions qu'il donnait aux jeunes ecclésiastiques avait souvent pour objet la médisance et l'oraison : la première, afin d'en inspirer do la haine etd*en faire éviter jusqu'à l'ap- |>arence; et la seconde, parcequ elle est l'Ame de la vie sacerdotale et qu'il la regardait avec les saints, comme l'arme la plus puissante des prêtres, comme leur reiuge dans leurs besoins et la sauvegarde de leur vertu. Il était si délicat sur l'article de la charité qu'on ne lui a jamais ouï dire la moindre parole contre le prochain. — Pendant les vacances des séminaristes il parcourait à pied les diverses parties du diocèse de Digne et de Gap, prêchant des mois presque entiers, évangélisant les peuples de la camf»agne avec un zèle tout apostolique, et aoonant de sages avis aux personnes pieu-
ses qui le consultaient. Il avait étaUi IGap en l'année 1813, une sodété de personnes du sexe qu'il avait placées sous la direction de Mlle Madeleine Jaussaud. (Celte pieuse sociétéfutapprouvéeparHgrMiolUseniftU.) Le rèzlement qu'il leur avait tracé renfermait Ses pratiques tout à fait earap^tort aiee celles qui sont en usage dans les oommanautés religieuses, l'oraison, l'abnégation, et la charité y étaient recommandées d'une manière toute particulière. Bien qoe M. Augier ne pût voir ses filles spirituelles qu'une seule fois l'année pour leur dooner une retraite spéciale, la ferveur se soutenait cependant toujours dans la société, par les soins et le zèle de sa digne coopératrice, Mlle Jaussaud. Il avait avec elle une correspondance suivie, au moyen de laquelle rien ne se faisait que par son ordre ou son autorisation. Entièrement mort au monde il ne s'entretenait qii'i regret des affaires et des choses de ce monde, et par le pur motif 4e la charité, il faisait toujours tout rapporter au bien des Ames. Il ne vivait que pour Dieu. Son recueillement était si profond, son union avec Dieu si intime, surtoat les dernières années de sa vie,' que lor$qu*U voyageait, il était obligé de faire marcher un guide devant lui, pour lui indiquer le chemin. (On se souvient qu*il voyageait toujours a pied.) On raconte au'un jour avant donné contre un arbre et s éiant écorcné le visage, il ne le sentit pas, tant il était absorbe, et parut ensuite tout étonné lorsque arrivé au lieu où il se rendait on lui aemanda comment il s'était ainsi blessé. Sa vertu caractéristique était une profonde humilité qui le portait à se regarder comme incapable de faire le moindre nien. Ualgri l'extrême pureté de sa vie, il s'estiooait ei s'appelait le plus grand péchenr du monde, exagérait ses fautes et recherchait aves empressement l'occasion d'être méprisé et humilié. — Sa voie intérieure était si cachée, qu'il avait cherché en vain un directeurqoi sût l'entendre. Ce n'était point cependant
Ear des extases et des faveurs sensibles que ieu se communiquait à son Ame, car il avouait humblement avoir peu reçu de ces sortes de grftces, mais les ulcérations divines en son Ame n'en étaient que plus intimes ti plus difficiles par conséquent à discerner )«r ceux qui n'étaient pas conduits parune Tue si étrangère aux sens et h la nature.
M. Augier fut nommé chanoine par Uff HiolKs le t*' juillet 1817, mais W vécut fort peu de temps encore ; il s'endormit du sommeil des justes le S% octobre de la même année, entre les bras de ses élèves qoil* chérissaient et le regardaient comme aa saint. Ceux qui sont entrés dans sa chami»^ après son décès assurent tous avoir seou une odeur très-suave, semblable l celle <in bois de cèdre. Dn digne prêtre qui rafi»t bien connu, en parlant de sa mort,di^^^
3u'il était convaincu que M. Augier consoro* 'amour pour Dieu avait terminé sa vit r^ un dernier effort de cette charild divine <1^ embrasait son cœur.
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DES ORDRES REUGIEIIX.
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Les religfeosea de ta Présentation de Xanosque suivent la règle de Saint-Aagus^ tin. Pour dresser leurs constitutions on a eœpronté è celles des Bénédictines, du Carne), de la Visitation , de la Compagnie de 'Jésus et entre antres pratiaues , elles rendent un hommage continuel anx cœurs sacrés de Jésus et de Marie, en consacrant mccessiTement une heure chacune à cette dévotion, dans le double but de témoigner leur amour et de ftire réparation è ces diîers cœurs de leurs infidélités et de celles de tous les hommes.
Pour stimuler la piété de leurs élèves dies ont établi dans lear pensionnat trois conffrégations ; une en Thonneurde la sainte Vierge, une aatre en l'honneur des saints inges, une troisième en Thonneur du saint Eouot Jésus. Toutes les élèves font partie de la nouvelle association établie pour le rachat des enfants chinois. Elles ont remarqué que ce moyen et cette bonne œuvre obtiennent les plus heureux résultats sur itar esprit et sur leur cœur; ils augmentent bor ferveur eo dévelopfwnt en elles les doox et pieux sentiments de la foi et de la charité.
La communauté de Hanosque se compose d'aoe cinquantafne de religieuses et d'enviroQ quatre- Tîngts pensionnaires. Celle de Lorgues ( Var ) , compte une trentaine de religieusesi cent pensionnaires et autant d externes. Dans celle de Lunel,le nombre des rett^euses est de vingt, celui des élèves de soixanle-dix environ. (1)