PRÉSENTATION DE LA SAINTE VIERGE
[ SOBURS DB CBABITB DB LA ) , à ToUfS ,
(Indre^i'Loire ).
Notice iur la communauté dts Sœurs de Charité et de la Préêenlation de la sainte fisrge.
La communauté des sœurs de Charité de la Présentation de la sainte Vierge a été fondée en 1684 , par la rénéraDie Mère Marie POQSsepin.
Marie Poossepin, non moins recommandable par ses qualités ilaturelles que par ses rares vertus, naquit en Tannée 1654, d*une bmille riche et honorable de Dourdan , petite ville du diocèse de Versailles.
Quoique jeune encore, elle ne pouvait voir sans gémir l'ignorance profonde, et par suite, l'irréligion et la corruption où étaient pioogées les contrées qui renvironnaieiit. Elle résolut d*y remédier, autant du moins qa'il serait en son pouvoir. Ce fut dans ee pieux dessein, quAgée seulement dedixbuitans, suivant une pieuse tradition , elle Qoitta la maison paternelle et vint d*abord à iogenille qu'elle abandonna au bout de quel(|aes années pour se fixer à Saiuville,
eroisse du diocèse de Chartres» qui devint berceau de sa communauté.
Secondée dans son entreprise par quelques persoDnes animées des mêmes senti ments, (lie ouvrit une école pour Téducation des eofanis de son sexe. Elle en confia le soin h 3Qe maîtresse remplie de zèle et de moyens,
fi) Voj. à la fin du vol., n» 185.
sans toutefois cesser de la surveiller, n! môme d*y consacrer les moments libres que lui laissait le soin des malades et des pau* Très qu'elle allait visiter dans leurs maisons, et auxquels elle prodiguait tous les secours que réclamait leur état.
Son zèle ne resta pas inaperçu : qnelaues jeunes personnes aussi distineaées par leur piété que par leur condition, irappées de sa charité, de son abnégation, de son dérouement sans bornes et de ses autres vertus, lui demandèrent comme une faveur de s'adjoindre à elle, de partager ses bonnes œuvres , et de suivre son genre de vie.
L'exemple des unes en attira d'autres : et le nombre s'augmentent tous les jours, Marie sentit le besoin d'établir parmi elles une forme régulière. C'est pourquoi , avec la pratique des divines règles que le Sauveur a tracées dans rBvangile pour tons les Chrétiens en général, elfe introduisit dans sa maison celles qui sont en usage dans les communautés , sans toutefois se distinguer il l'extérieur des personnes séculières, autrement que parleur simplicité et par leur modestie ; car leur habit même, qui a toujours été et qui est encore le costume de la communauté, ne différait point de celui qu'on portait communément alors.
Marie , qui jusque-là n*avait été regardée des siennes que comme une bienfaitrice, une directrice, fut dès lors considérée par ses Filles comme une mère qu'elles aimèrent et comme une supérieure qu'elles honorèrent et h laquelle elles rendirent obéissance.
Le bien que ces saintes Filles faisaient à Saiuville sous sa conduite, les services qu'elles rendaient à toutes sortes de per^* sonnes, firent bientôt envier à d'autres paroisses et à d'autres diocèses les mêmes avantages, et les portèrent h demandera la Mère Poussepin des Filles formées à son école, pour faire au milieu d'eux le bien qui s'opérait si admirablement k Sainville. C'est ainsi qu'outre les établissements qui existaient déjà dans le diocèse de Chartres , on en vit s'élever dans ceux d*Arras,de Paris, deMeaux, d*Orléans, de Blois, de Sens... Les évéauesde ces différents diocèses furent si satisfaits de la manière dont les enfants étaient formés, les malades soignés, les pauvres assistés, qu'ils auraient voutu voir des sœurs dans toutes les paroisses sans exception. Bossuet visita la maison mère de Sainville et installa lui-môme des sœurs dans plu* sieurs paroisses de son diocèse. Louis XIV, Mme de Maintenon, Mgr de Noai lies, archevêque de Paris et autres personnages éminents témoignèrent le plus vif nitérèt è cette communauté naissante et lui firent éprouver plus d'une fols les effets de leur bienveillance.
L'heureuse impression que produisit le bîen opéré par les Filles de la Présentation, engagea les prélats des diocèses sur lesquels elles travaillaient, h solliciter Louis XlV de reconnaître |)ar des lettres patentes cet établissement comme communauté religieuse.
A cet effet, MHgrs de Chartres, de Meauxy
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d'Orléans Jui adressèreat, de concert ayec la Mère PoussepiDy UDe demande dalée du mois de juin 1712, et motivée sur les services que rendaient les sœurs de Sainville.
Cette affaire qui resta pendante durant douze ans, à cause des enquêtes qu'il fallait faire, et plus encore à cau<^ des lenteurs interminables des bureaux par lesquels devaient passer les pièces avant d'arriver à Tantoriié première, eut enfin une heureuse issue. Louis XV, en 172b, donna des lettres patentes en vertu desquelles il reconnaissait comme communauté religieuse l'institut de Mme Marie Poussepin, pourvu que les autorités ecclésiastique et civile fussent consentantes. Elles furent en effet consultées : elles donnèrent leur assentiment, et les lettres patentes furent enregistrées à Paris le 31 juillet de Tannée 1724; au greffe civil dubailliage et siège présidial d'Orléans, le h juillet 1725; et au greffe du bailliage et chAtellenie du Plaissis Saint-Benoit; A uthon et Sainville, le 24 des mêmes mois et année.
La vénérée Mère Poussepin, ayant obtenu ce point si longtemps attendu, et voyant s'augmenter le nombre de ses établissements, sentit la nécessité de réunir en un même corps les règles non écrites, d'après lesquelles les sœurs s'étaient jusque-là conduites, el les pratiçiues de piété qui avaient été en usage parmi elles, afin d'établir dans son ordre et dans les maisons qui en dépendaient, Tuniformité el la stabilité. Elle fut puissamment aidée dans cette œuvre si im- |)ortante par les pieux et savants Dominicains. Lorsqu'elle eut composé, ou plutôt écrit les saintes règles qu'elles suivaient de-
t»uis si longtemps, elle réunit ses sœurs, eur en donna connaissance, et, après avoir obtenu leur libre approbation et acceptation, elle les présenta à 1 ordinaire pour qu'il les approuvât et sanctionnAt : ce qui eut lieu le 5 mars 17%. Cette règle n'a subi aucun changement jusqu'aujourd'hui.
Cette femme admirable n'ayant plus rien i désirer sur la terre, termina sa carrière et s'endormit dans le Seigneur pleine de jours, de mérites et de vertus. Elle avait quatrevingt-dix ans lorsque la mort la ravit à la vénération et à la tendresse de ses filles, le 24 janvier 1744. Ses précieux restes furent déposés dans la chapelle de la communauté..
Après la mort de la vénérable fondatrice, la communauté fut successivement gouvernée par différentes supérieures générales qui continuèrent et augmentèrent I œuvre si Lien commencée. Elle s'accrut en peu de temps au point de fournir non-seulement les sujets demandés en France, mais encore d'en envoyer dans les pays étrangers. Elle en était A ce degré do prospérité, lorsque la révolution vint tout détruire. Le monastère,, avec tout ce qui en dépendait, fut aliéné et
Cssa aux mains de plusieurs acquéreurs.
is archives furent livrées aux Qammes el réduites en cendres. Les sœurs furent dis- )>ersées de tous côtés; plusieurs eurent à souffrir un long et véritable martyre, pas yne ne fut iuQ'Jèle.
Lorsque la tonrmente révolutionnaire fut apaisée, et qu'il fut permis aux ordres nligieux de se reconstituer, les meoibres épars de la Présentation se réoDireot, noo pas A Sainville oik rien ne leur restait de leur chère communauté, mais d'abord k Jtnville, gros bourg du dé()artement dlùire^ît- Loir, sous l'autorité spirituelle de Mgr TévAque de Versailles* qui, par le chan^emeot de circonscriptions diocésaines, atait succédé A la juridiction de Mgr réYA(|ue de Chartres, premier et principal supérieur de la communauté.
C'est lA Ique se trouvait la maison mère, lorsque l'institut fut de nouveau recooou comme ordre religieux, par un acte du gouvernement du 19 janvier 1811.
Depuis, et pour de graves raisons, la su» périeure générale, ayant été autorisée, fit l'acquisition d'une maison plus spacieuse à Tours. Le chef-liea de la communauté y fut transféré au mois de novembre 1812, translation que le gouvernement confirma le U août 1813.
La communauté, peu nombreuse A la suite de la révolution, s'est conaidérableroent accrue depuis. Elle compte aujourd'hui un grand nombre d'établissements dissémioés sur toute la France, et desservis par douze cents sœurs environ qui y exercent la charité sous toutes les formes. Les unes sout livrées au soin des malades dans les hospices et dans les maisons privées où elles Toot les visiter; au soulagement des pauvres dans les dépôts de mendicité, dans les maisons alimentaires, dans les bureaux de charité, ou A domicile, iiortant les secours que la honte ou l'infirmité empêche d'aller chercher... Les autres sont occupées A l'instruction des jeunes filles dans les écoles communales ou dans les pensionnats... Cellesci sont employées A tenir les crèches, les salles d'asile, les orphelinats, les oovroirs... Celles-IA sont chargées des économau, des dépenses, des infirmeries, des pharmacies, etc., dans les institutions ecclésiastiques et laïques. En un mot, il n'est point d'ceavres de charité , spirituelles ou corporelles • qu'elles n'embrassent : tous les maux, toutes les misères, toutes les infortunes, toutes les maladies, les infirmités, les besoins, eicitent leur compassion et leur zèle, et deviennent l'objet de leurs soins les plus empressés et les plus dévoués.
Cette communauté, précieuse A tant de titres A l'Eglise et A la société par les services qu'elle a rendus et qu'elle continue d« rendre, a conservé dans sa purvté ses constitutions et ses règles* et par là mAme son esprit primitif, esprit de charité et d'union, i^prit de zèle et de dévouement, esprit de modestie et de simplicité.
PRÉSENTATION DE MARIE (Sosums oi ul
Maison mire à Bourg-Saini-Amdéol^ àr
ciie d$ Viviers (Ardiehe).
Mile Rivier naquit A Montoexat, paroU<«
du diocèse de Viviers, le 10 décembre IM
de parents religieux mais pou fbrtoJiés. i
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DES ORDRKS RELIGIEUX.
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soB biplêiM» eii« recul le nom de Marie, «oqttel elle ajouta celui d^Anne quand elle fonu sa coQgrégaiioo» Elle annonça d'aborU 00 lempéraineDl robuste et vigoureui, mais une cbate qu'elle fit h Page de seize «. ...it. ^ oonslitttitony an point que
BKNS
depuis cette époque jusqu'à m mort, elle fooffrit presque toujours. Depuis cet accideott elle ne put plus se tenir debouti mAme avec des appuis, ni se mouvoir autrement qu'en se traînant sur le dos à l'aide de ses nains. Elle arriva ainsi à l'âge de six ans. Alors, cette pauvre enfant,déji pleine de foi et de piM f conçut une ferme confiance d'être guérie par la protection de la sainte Vierge, M patronne, et demanda h sa mère d'être portée tous les matins devant une statue de Marie qui se trouvait dans une église voi-
Sa mère n*eut garde de contrarier de si pieux sentiments, et, la preaant dans ses bras, elle la portait chaque jour devant l'image de Hane, et l'y laissait seule, assise par terre, prier k son gré. Uenfant. contente d*être aux pieds de sa patronne, fui parlait avec la simplicité de son âge et la foi d'un ifft plus avancé : Sainie Vierpe^ disait-elle, guins^moi^ je /'en prie, auéns-moif je fap* porterai de$ bouquets el des couronnes ; je is ftraiiowMTune belle robe par nm mère. Et elle répétait ces prières enfantines pendant des heures entières. Le lendemain, il fallait la rapporter encore devant la statue de Ma* rie, ou elle recommençait la même prière, el toujours avec la même foi et la même confiance d'être guérie par la sainte Vierge.
ht retour à la maison, elle se récréait gai* méat avec tous les enfants du voisinage qui se rassemblaient autour d'elle. Elle les divertissait par l'enjouement de son esprit, I*hilarité de son caractère, et se faisait aimer de tous. Cliaque jour ils revenaient la trouver avec un nouvel empressement, et elle, de son cAté, les revoyait chaque jour aiac un nouveau plaisir. Ressentant dès lors les prémices de sa vocation, elle éprou- Tait un grand désir de pouvoir leur iaire la classe, et, préoccupée de cette pensée au milieu de ses jeux, elle eût voulu savoir lire pour instruire tous ces enfants; elle s^appalait toujours la Jf^e, et se faisait obéir en conâéquence. C'était elle qui présidait à tous les amusements, et quand quelqu'ooe faisait une faute et n'entendait pas bien le badinage, elle la réprimandait et la corrigeait ouelquefois sévèrement, sans que cependant Tes enfants s'en ofiTensassent, tant elle savait dès lors, si l'on peut le dire» se bire respecter et aimer tout à la fois.
Celte idée première de sa Tocation fut comme un g^rme qui se dévelopiMi promplement. Un jour que, par oubli de sa mère, slle se trouvait délaissée au lit, dont elle , teit par elle-même incapable de descendre, ' ^le conçut la pensée de consacrer sa vie à instruire l'enfiince, et cette pnsée, qui s'offrait pour la première fois a son esprit, la cbirài, déjà si lui semblait se voir entourée
d'une troupe d'enfhnts, auxquels elle ensei« gnait le catéchisme, et elle était heureuse. A dater de ce moment, la vocation des écoles occupa toute son âme. Hais, pour pouvoir se dévouer irrévocablement k cette œuvre, il fallait que Dieu la guérit de son infirmité. C'est pourquoi elle continua ses instances chaque jour auprès de la sainte Vierge avec plus de ferveur encore qu'auparavant, et avec plus de confiance de réussir, puisque, si elle demandait la santé» ce n'était que pour la consacrer k la plus grande gloire de Dieu.
Enfin, le jour de la Nativité de la trèssainie Vierge, ITTfc, elle fut exaucée au moins en partie ; elle demanda les béquilles que sa mère lui avait fait faire autrefois, mais dont elle n'avait pu se servir, et à Taido de ces appuis, elle marcha tont è coup avec ilicilitéi et fit plusieurs fois le tour de la maison toute transportée de joie.
La jeune Rivier , quoique marchant à l'aide de béquilles, ne cessait de demander k sa chère patronne une guérison plus complète. La sainte Vierge l'exauça enfin, après trois ans do prières; et pour rendre le miracle plus éclatant. Dieu permit qu'en courant avec ses t)équilles, l'eniant Ot une chute qui lui rompit la cuisse, de sorte qu'on désespérait de sa guérison. Sa mère, désolée, ne trouvant point d'espoir sur la terre, s'adressa à celle que TEglise appelle la consolation des affligés, et que sa fille invoquait depuis si longtemps. Il y avait k Pradelles, petite ville du voisinage, une statue de la sainte Vierge en grande vénération, devant laquelle une lampe était allumée jour et nuit; la mèt*eafiligée prit de l'huile de cette lampe, en oignit, avec foi et confiance, la partie malade du corps de sa fille, et le
S|uinzième jour, fête de l'Assomption, Tenant se lève avec assurance, marche seule et sans béquilles, et transportée de joie, se rend k l'église pour remercier Dieu et glorifier la sainte Vierge.
La jeune Rivier était alors dans sa neuvième année, et pensant qu*elle n*avait recouvré Tusage de %^% membres que pour travailler k la gloire de Dieu, elle ne songea plus qu*k se donner tout entière k la piété, afin de correspondre aux vues de la ProTidence. Avant souvent entendu lire la rie des saints, efle pensait souvent k leurs grandes Tortus. Les travaux des apôtres et des hommes apostoliques provoquaient en elle un désir immense de faire aussi quelque chose pour la gloire de Dieu et le salut des Ames : mais ce
Îui la ravissait par-dessus tout, c'était la vie es Pères du désert; elle enviait leur bonheur d'avoir vécu loin du monde, uniquement occupés de la pratique de l'oraison et de la pénitence j elle forma le dessein de se retirer elle aussi dans un désert pour j vivre dans une plus parfaite union avec Dieu.Déjk même elle s'en était ouverte è une personne dont elle roulait Caire sa compagne, lors-
Î|ue sa mère, instruite du projet, lui fit déense d'j penser. Obligée de vivre dans le mondei elle ne s'en consola que par la peu-
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DICTIONSUIRB
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séo qu'elle pourrait y travailler à la gloire do Dieu en instruisant Fenfance. Elle était surtout remarquable par son amour pour les pauvres : elle ne pouvait les voir sans se se sentir émue de compassion et d*un vif désir de les soulager ; elle leur donnait tout ce dont elle pouvait disposer, et ne recevait jamais la moindre pièce de monnaie sans penser à Tinstant à quel pauvre elle pourrait en faire TaumôncUn jour qu'elle avait reçu de son parrain une somme un peu plus forte, elle se mit aussitôt à la recherche d'un pauvre pour la lui donner; mais n'en trouvant pas assez tôt au gré de son impatiente charité, elle demande à une femme qu'elle rencontre si elle est pauvre, et sur la réponse de celle-ci qu'elle n'est pas riche : « Eh bien, lui dit-elle, si vous voulez cette somme, la voilà, net elle lui donne à l'instant tout son petit trésor. Elle aimait tant les pauvres que c'était un bonheur pour elle de leur donner non-seulement tout son arsent, sans jamais en rien réserver |iour le ))raisir ou la vanité à l'exemple des autres enfants ; mais encore ses robes et ses vêlements, autant que sa môre le lui permettait : elle ne gardait que ce qu'elle avait sur le corps, et si elle avait deux jupes, elle en quittait souvent une pour vôlir une enfant [)auvre. Aux aumônes, elle aimait h joindre les bons oflices: souvent on a vu cette toute petite enfant conduire par la main, dans les rues do Monlpézat, une pauvre aveugle qui était le jouet des autres enfants, et la mener parlout où elle voulait, sans se mettre en peine des railleries qui lui en reviendraient.
Préparée par tant de vertus et de bonnes œuvres, la jeune Rivier fit sa première communion h onze ans, et, l'année suivante on la plaça chez les religieuses de Notre-Dame, à Pradelles, pour y fairo son éducation. Ello y entra avec bonheur, car depuis longtemps elle aimait la vie des monastères. Dans cette nouvelle demeure, sa conduite édlQante, son application, ses succès, sa sagesse» son bon caractère, lui eurent bientôt gagné l'estime et l'affection de toutes les religieuses. Au bout de peu de temps, on la jugea capable d'être maîtresse elle-même, et on lui confia les enfants de la première communion, avec un certain nombre de grandes filles, pour leur enseigner le catéchisme et les former à la Diété ; elle leur apprenait à faire l'oraison, et les animait à la vertu. Son gouvernement était si remarquable, que, malgré sa petite taille, qui l'eût fait prendre pour une enfant de sept ans^ tout le pensionnat la respectait, lui obéissait, plus même quelquefois qu'aux religieuses. On Taimait en proportion, parce que dans les récréations on la trouvait bonne, complaisante, aimable, condescendante jusqu'à l'excès; elle se prêtait alors à tout ce qu'on voulait, n'ayant aucune volonté que celle de plaire et d'obéir à ses com[)agncs en tout ce qui leur était agréable; et elle profitait de cette amitié, que toutes lui témoignaient, pour les porter à la piété et les exciter à la ftrveur. Après un séjour de seize mois au couvent de Pradolles, sa mère
l'en retira, et la fit revenir à la malsoo paternelle.
Dieu qui avait de grands desseins sur la jeune Rivier, avait voulu l'y préparer par de grandes croix intérieures. Son âme était troublée ; toutes ses pensées, ses paroles et ses actions devenaient pour elles aes sujets d'inquiétude. Ces peines prenaient leur source dans l'ardeur même qui la transportait de plaire à Dieu en tout, et qui loi fit croire qu'elle était obligée de suivre toutes les bonnes pensées qui lui venaient dans l'esprit ; la seule idée de faire un vœu lai paraissait un vœu, en sorte qu'ayant pensé un jour qu'il serait très-agréable à Dieu qu*eo s'engageant par vœu à tout recevoir des maios de la Providence, sans rien demander, ni rien refuser, elle prit cette pensée pour rengagement même, et se crut liée à ne demander quoi que ce fût sous peine de péché mortel. Pleine de cette idée, elle ne mangeait i table que ce qu'on lui présentait; mais si on ne lui offrait rien, elle ne mangeait rien, et comme dans la maison de sa mère l'usage était, au lieud'offrir les plats qui étaient sur la table de laisser chacun se servir et manger à son gré, elle se levait souvent de table sans avoir rien pris, et avec une faim qui la faisait horriblement souffrir. Bientôt elle dépérit; elle devint d'une maigreur exlrême, au grand chasrin de sa mère, qui n'attribuait la conduite de sa fille qu'à un dégoût maladif de toute nourriture, et était loin d'en soupçonner la vraie cause. Mais la perte de ses forces no la faisait pas changerdc résolution ; elle était décidée à mourir plutôt que de manquera son engagement prétendu, lorsaud Dieu, enfin, permit qu'elle fût tiréede cet état par une femme simple et sans instruction à qui elle s'en ouvrit, et qui eut assez de sens pour lui faire comprendre son illusion, assez de prudence pour en avertir sa mère.
Au milieu de toutes ces peines d'esprit, Mlle Rivier ne perdit rien de toutes $es qualités aimables. Elle était toujours gaie comme si elle n'eût rien souffert, toujours affable et obligeante; sa bonne cdtiduîie et sa modestie édifiaient tout le monde, et pénétraient d'admiration et de resuect tous ceux qui la voyaient. Sa louange était dans toutes les bouches, on se recommandait à ses prières, comme aux prières d'une sainte; et cependant elle ne s'enflait point de ces témoignages d'estime: au lieu de croire le monde qui la louait; elle rentrait en ellemême [>our voir ce qu'elle était devant Dieu, et y trouvait toujours de quoi s'bupiilier et se confondre.
Mlle Rivier passa ainsi trois ou quatre ans dans la maison paternellOt après quoi sa mère iugea à propos de la replacer au couvent de Pradelles pour y achever son éducation. Elle y resta huit mois, et pendant ce temps elle édifia, comme autrefois, toute ia communauté. Comme autrefois aussi elle y fut entourée de l'estime et de la considéra* tion des religieuses qui lui confièrent les mêmes emplois o\x elle s'était rendue si utile aux pensionnaires. La paix et la joie
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DES ORDRES REUGtEUX.
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ijuérieura dont elle jouissait dans c^tta maifOfl, lui inspirèrent le désir de s*y fixer coomereligiease; oiais la faiblesse de sa sMiéet le désir que ses parents avaient de la coosenrer» furent des obstacles insnr* aïonubles» qui, bien loin de la rebuter» ne fireol «u contraire que rendre pVus vi?e son ardeur pour la fie religieuse. Ce fut dans ces dispositions qu'elle sortit du couvent de Pradelles pour revenir à Hontpézat, au sein de sà famille,
A peine fut-elle de retour» qu'elle s'occupa avec ardeur des moyens d'élever une écoleoù elle pût instruire et former à la piété l'enboee abandonnée. Elle chercha un local convenable, qui lui fut cMépàr les filles du tiers ordre de Saint-Dominique» et ouvrit » classe» qui fut très-nombreuse en peu de jours; toutes les personnes de bien s'emcessèrent de }ui confier leurs enfants. On tii 1780 admiration cette jeune personne de dji-buit ans, maintenant dans son école Tordre le plus luirfait» respectée de tous les enfants, honorée des parents eux-mêmes»
tar lesquels elle avait su prendre tant d'autorité, qu'ils ne lui parlaient jamais qu'avec respect.
Frappées du bien qu'elle faisait dans son école, les filles du tiers ordre lui proposèrent de se charger en même temps de leur noTiciat. Mlle Hivier qui ne savait reculer devsnt aucune es{)èce de bien, qui d'ailleurs arait de grandes obligations h ces pieuses filles pour la cession qu'elles lui avaient &ite de leur maison» et qui, enOn» avait été eile-mème agrégée au tiers ordre» accéda volontiers à cette proposition. Sous une telle maîtresse, le noviciat prit une face nouvelle et on accroissement inespéré. Bile mettait tout en œuvre pour former à la vertu les oorices confiées k sts soins.
Mais ce n'était pas encore assez j^ur le zèle de la jeune institutrice. Inquiète du danger auquel sont exposées les jeunes filles du monde jusqu'à l'époque de leur mariage» elle conçut le projet de les réunir chaque jour, et d'en faire une espèce de communauté, autant que la position de chacune le Crniettrait. Une de ses amies» Mlle Chamn, lui ayant offert sa maison et sa personne pour l'exécution de ce pieux dessein» elle communiqua aussitôt sa pensée aux jeunes personnes de la paroisse ; et tel fut son ascendant sur elles» que bientôt la nouvelle communauté se trouva composée de tout ce quMl y avait de filles vertueuses dans Montpézat. Mlle Rivier» heureuse de cecoDcours» organisa ces pieuses réunions» nomma une supérieure et une assistante» et traça les règles k suivre. U lallait» pour être ^mise, faire une retraite, une confession générale ou au moins extraordinaire; on ne devait assister i aucune noce» ou è aucun ueptème» sans la permission de la directrice. ' Dte te matin» toutes celles qui n'étaient pas ^pAchées par leurs parents ou leurs occultions, devaient se rendre chaque jour»
<vec leur ouvrage» chez Mlle Chambon; le» 00 faisait la orière et la méditation en com-
mun, puis commençait le travail» pendant lequel» chacune à son tour» fiiisait une lec* ture édifiante. Celles qui n'avaient que des travaux manuels compatibles avec leur séjour dans cette pieuse réunion, y demeuraient la plus grande partie de la journée; et Mlle Rivier et Mlle Chambon les récréaient par des histoires, des cantiques, des conversations gaies et instructives à ta fois. Ainsi se passait la joufnée dans une sainte joie; et le soir» toutes sf rassemblaient pour veiller en commun; on disait le chapelet» on faisait la lecture et la prièrOf on se récréait» et quand l'heure était venue, chacune se retirait tranquillement chez soi.
Jalouses de profiter aussi des avis et des lumières de Mlle Rivier» les femmes vinrent k leur tour la prier de les réunir clia(|ue dimanche cour les instruire de la religion et des devoirs de leur état; quoique accablée d'occupations» elle s'y prêta de bonne grâce» et ses instructions furent tellement goâtées» que ces femmes mirent en elle toute leur confiance.
Qu'on juge» d'après cela» combien étaient grands les travaux de Mile Rivier pour la {(loire de Dieu et le salut des âmes. Chaque jour» elle avait à diriger sa classe» le noviciat du tiers ordre, l'assemblée de ses jeunes filles, et h répondre à tous les avis qu'on lui demandait; cependant» tel était son dévouement et son ardeur pourle bien, qu'elle trouvait encore le moyen de vaquer è d'autres œuvres de zèle : elle s'occupait de tous les pauvres de la paroisse» étudiait en détail les besoins de chacun, et donnait» selon les circonstances, du linse, des babils on de l'argent» quelquefois même une partie de son repas; elle recueillait les orphelines abandonnées, et les plaçait ensuite dans des maisons honnêtes» recevait avec bonté tous les malheureux qui se présentaient k sa porte» faisait l'aumône de tout ce qu'elle avait, et quand elle n'avait plus rien» elle empruntait pour tes secourir.
A ces sollicitudes s'en joignaient d'autres bien plus graves encore. M. le curé de Mont-
fiézat lui envoya tous les enfants de Kun et 'autre sexe» et se déchargea sur elle des soins de les préparer k la première communion» décolérant publiquement qu'il abandonnait tout k ses soins» et que, sans autre examen ou informations, il admettrait ou rejetterait tous ceux qu'elle aurait admis on rejetés. Elle s'acquitta de celte nouvelle charge avec son zèle ordinaire» et elle réussit parfaitement dans le but que M. le curé s'était proposé, en la chargeant de tous ces enfants; ils écoutèrent ses instructions avec le plus grand intérêt, et la sagesse de leur conduite» leur docibté, leur retenue» ne tardèrent pas k montrer combien ils en profitaient.
Au milieu des succès dont Dieu bénissait ses travaux» Mlle Rivier souflrait de n'en pas faire encore assez pour répandre partout la connaissance et Tamour de Jésus- Chri.st. U y avait» k quelque distance de
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Montpëzaly une grande paroisse, nommée Saint-Martin-de-Valamasy où la jeunesse, délaissée sans inslruction, allait se perdant tous les jours de plus en plus, et la religion dépérissait d*une manière eiïrayante. Le nouveau curé de cette paroisse qui connaissait le zèle immense do Mile Rivier, lui proposa de venir se fixer à Saint-Martin, en lui exposant combien ce théâtre serait plus digne de son zèle, et combien la gloire do Dieu et la religion y gagneraient davantage. A un tel langage, le cœur de Mlle Rivier n avait rien h opposer; elle accepta la proposition, surmonta tous les obstacles qui s*opposaient & son dé()art, et se rendit à Saint- Martin, où elle commença aussitôt les mêmes œuvres de zèle et de charité qui Toccupaient tout entière à Montpézat. £lle ouvrit sà classe qui fut bientôt très-nombreuse; elle se fit la mère des pauvres, leur distribuant soit son argent à mesure qu'elle le recevait de ses élèves, soit une partie de son linge ou île ses habits, et reprit, comme à Montpézat, les dimanches et fêtes ses instructions aux femmes et aux jeunes personnes. On ne saurait dire les grands biens qui furent les fruits de ces instructions; on y accourait en foule, et plus on entendait la pieuse institutrice, plus on voulait Tcntendre; elle sut par son afl'abilité, son esprit, sa douce gaieté, s'attacher tous les cœurs. Après vingt mois de travaux à Saint-Martin» elle crut sa mission remplie dans cette paroisse, et revint à Montpézat, où ses bonnes œuvres près de déchoir la rappelaient et nécessitaient sa présence. Là elle reprit, avec le même zèle qu'autrefois, sa classe, la direction du noviciat, ses assemblées, et toutes les saintes occupations dont nous avons parlé. Cependant au milieu de ses travaux habituels, elle ne négligeait aucune des bonnes œuvres particulières qui se présentaient. Avertie qu*il y avait à Montpézat une fille scandaleuse plongée dans la plus profonde misère, ainsi que plusieurs enfants, fruits de ses désordres, elle surmonta la répugnance naturelle que devait lui inspirer une telle compagnie, pour n'écouter que son zèle et sa chanté, et recueillit dans sa propre maison cette pécheresse malheureuse avec deux de ses petites filles qui étaient estropiées. Elle s'appliqua à l'instruire, à lui faire sentir Thorreur de sa conduite, le danger qu'elle courait de perdre son Âme; et celle-ci* docile à ses leçons se convertit sincèrement, fit une confession générale et se réconcilia avec Dieu. Heureuse d'un retour si consolant, Mlle Rivier pourvoyait à tous ses besoins, lui procurait du travail au dehors pour suppléer par l'argent
S|u'elle gagnerait h ce qu'elle ne pouvait aire elle-même, et pendant son absence, elle soignait les petits enfants, les lavait et les couchait, les tenait toujours propres et leur donnait à manger. Un si bel acte de charité trouva des critiques; mais la servante de Dieu, sans se mettre en peine des hommes, n'en continua pas moins sa bonne œuvre, toute disposée à recommencer si
l'occasion s*en présentait. L'occasion, m effet, ne tarda pas ; une étrangère qui pas. sait par Montpézat étant accouchée dans ee lieu, et ayant eu la barbarie d'y abaudonner son enfant nouveau-né, Mlle Rivier vola m secours de cette innocente créature, lai procura une nourrice à ses propres frais, et le soigna comme une mère jusqu'à sa mortqoi arriva peu après.
Cependant tant d'œuvres de zèle et in charité accablaient la pieuse institutrice, et sa santé ne pouvait plus tenir au travail pénible dont elle était surchargée: d'un antre côté, une pensée l'afiligeait et lai venait continuellement à l'esprit : « Tout va bien dans cette paroisse,» se disait-elle, « mais \n autres paroisses 1 0 comme elles sont abandonnées! qui y fait l'école et le catéchisme? qui y montre aux filles et aux femmes le chemin du ciel? n A cette pensée elle eût voulu se multiplier, se répandre partout, pour travailler partout à faire connaître et aimer Dieu ; et au lieu de cela, elle ne poovait pas même suffire au travail de la 5eu)e paroisse où elle était : que faire donc? Ce fut alors qu'elle conçut la pensée de s'associer quelques personnes pieuses pour l'aider à Montpézat, et d'aller ensuite, quand elles seraient bien formées, ouvrir des écoles dans d'autres paroisses. Pleine de celle idée, elle accepta avec joie et sans examea la première personne qui se présenta poar cette bonne œuvre; mais l'essai fut des plas malheureux : au lieu de lui être utile, cette personne ne servait que d'exercice k sa patience, et ne lui parlait jamais que du tonte plus grossier et le plus injurieux; Mlle Rivier supporta tout avec une douceur inaltérable, et au lieu de la renvoyer, elle attendit sans se plaindre qu'elle se retirât d'ellemême; elle ne fut pas plus heureuse avec la seconde personne qui se présenta; ona maladie dangereuse obligea celle-ci de retourner dans sa famille; de sorte que Ulle Rivier continua de porter seule le poids de ses travaux. Elle le porta courageusement, et ne craignit pas même d*y ajouter de nouvelles occupations en acceptant la mission que lui confia alors M. le curé de sarveiller les garçons et les filles de la paroisse à qui elle avait fait faire la première communiooi afin de les maintenir dans la bonne voie, en éloignant d'eux les occasions et les compagnies dangereuses.
Peu de temps après éclata la révolution, les prêtres qui ne voulurent pas prêter serment furent persécutés et obligés de se cacher. Mlle Rivier, au moment des épreuves, ne fit que redoubler de zèle; elle encourageait tout le monde, l'exhortait k se maintenir dans la foi : et h plutôt perdre li vie que de renoncer à son Dieu. Ce 'ut peut-être dans ces moments si critiques qu'elle fit le plus srand bien; elle connaissait les maisons où les bons prêtres se tenaient cachés, et les appelait piartont oililon avait besoin de leur saint ministère. Ce fut dans ce temps-là qu'elle eut la douleur rie perdre sa mère; k cette croix s'en joign»
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DES ORDlUilS HEUGIEUI.
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oM «otra Ivra seisible à sob cœur; le gou* reroeaeBl #éi«lotiûiMiaire s*enipara de la BiiUoi deê Dominicaines qu*4)ile otxupait, et \â tendit coiume bien national . Dès lors plaide aaoyenê de Aire la classe ai d'ensei-» l^ier la religion i la jeunesse. Mme Rivier eo ftit êi affligée, qu'Ole en fut malade penlisat ^eiqufl temfis.
Il y avait dans le v<»isinage une petite riUe Domroée Tbueyts» dont les principaux htbiunts coonaissaient le roérile de rinsiittttrioe de Montpézal; ils avaient plusieurs Ibis ea Tidée de TMlirer au milieu d'eux; ils crurent que le moment était venu de rMiMr leur prcyet, et ils envoyèrent un eiprès fioor «lier chercher Mme Rivier qui se rendit à leurs désirs. Elle s'empressa d^OBvrir une école, «t dès les firemiers jours elle y mit ua tel ordre, sut si bien gagner lâSectien de ses éièves et TesLime des pa- Kois, que ceux-là même qui s'étaient le ^us hautement déclarés coaire elle n'hési« ièrent pas è lui confier leurs euiants, et 4eriflreot ses plus fibauds partisans.
Elle Ée ooBcilia encore plus l'admiration ée tout le monde, par sa «éuérosité et sa fores d*lfiie« dans une épidémie qui alQigea Tbueyts en 179ih, et fit mourir un grand uofflbVe de personnes. C'était, disaient tes ttédedas, une fièvre typhoïde ; sans penser u daeger ^u*elle courait, Mme Rivier se tiéTOoa spécialement aux soins d'une malade utdittie itu fléau dévastateur, et passa planeurs nuits au[M*ès d'elle. Pour iruii de sa ckarilé» elle contracta elle-même Ia maladie; elle en néglîigea d'abord les premiers sjmptémes, et bravant la Aèvre dont elle ne soQpcoQoait pas encore la nature dangereuse, elle se rendit chez ses parents àMontpéttt, où queifiues affaires J'appelaient. A
Siae lime Rivier élait-eJle privée, qu'il iut se mettre au lit. Le mal fit 4es progrès si rapides, si effrayants, qu'on Uu aduûiistra les sacrement^ des mourants. La lUMivelle de sa maladie arrivée à Tbueyts y ré})andit la consternation; on en fut affligé comme d'une grande calamité; on fit des inèrss et des neu vaines pour sa guérison, et, si la distance des lieux, ni le péril do la coaUj^ioa, ne purent empêcher uu'on allAt Mksveot la visiter; on voulait même, si les isMsciiis ne l'eussent défendu, la rapporter à Thae^is sur un matelas, afin de ne se sépirer d elle, ni jour ni nuit, et de l'entourer te tous les soins que réclamait son état. Ploi sflligées encore que tous les autres, stg AlèTes montrèrent, dans celte circonstance, une affection et un 4évouement Inooo^arables; (elles allaient eu troupes à Montpézat» H éiaieiU inquiètes comme de la maladie dune mère. Enfin le ciel la rendit à tant de ^(feuiet de prières; et après six semaines te maladie, Mme llivier revint à Tbueyts, <^lgré ré|iidémie qui j régnait encore, et y [e^il avec un grand succès ses occupations toiudles.
Il y avait bien des années que Mme Rivier te MîDlait pressée par la gr&ce de fonder une ^mmunauté d'institutrices vertueuses et
Bicrma. DBS Ordres relio. IV.
zélées, qui allassent dans les paroisses inspirer aux enfants et aux grandes personnes oe leur sexe, les principes de la religion si universellement oubliés dans ces jours de désordre. Elle eut aussi voulu fonder un asUe pour recueillir les orpbelines abandonnées, les élever cbrétiennement et les placer ensuite dans des maisons vertueuses* où elles pussent pratiquer les bons enseigaeroents qu'on leur aurait doo»és. Uais, comment exécuter de si beaux projets sans aucune ressource pour subvenir aux dépenses, sans personne pour seconder l'cntre- Eise, et dans un tempts surtout où toutes s maisons religieuses venaient d'être renversées, où les plus baineuses précautions contre tout ce q^ui offrait l'apparence de communauté, avaient envabi presque tous les esprits? La difllcuUé sans doute était
Ëande, mais elle n'arrêta pas le zèle de me Rivier, qui mit toute sa confiance dans le SeigoeAir; elle se rappela que douze pauvres nommes, sans naissance, ignorants, avaient conquis presque Tunivers à Dieu» Pleine de ces pensées de foi, elle se choisit
e)ur premières compagnes cinq pauvres les très-pieuses, mais sans éducation, dont trois ne savaient rien autre chose que le ciitéchisme, et les deux autres ne pouvaient qu'apprendre à lire aux enfants, car elles ne savaient pas m&me écrire. Aucune d'elles n*avaU de costume religieux, et elles conservaient toutes les vêtements grossiers de leur ancienne condition. Le monda qui juge tout avec des jeux charnels, fit beaucoup de railleries au sujet de la communauté naissante : on disait que Mme Rivier devait avoir perdu la tète. Mais la servante de Dieu laissait parler le monde, priait beaucoup, instruisait et formait ses compagnes, et songeait à acheter une maison pour loger sa communauté; il se uré^enla tant d*eniraves^ qu'elle fut obligée de temporiser encore.
Cependant la ferveur et la générosité de ses soeurs la consolaient et lui donnaient chaque jour plus d'espoir. Elle eut une preuve non suspecte de la solidité de leur vertu, dans la grande disette qui termina Tannée 1796. Alors elles n'avaient pour vivre que du pain fait avec du son de farine de seigle, et les restes de la table du pensionnat, qui était loin de suflire pour les nourrir, en sorte qu'elles souffraient beaucoup de la faim. Elles étaient même réduites a aller chercher sur leurs épaules, à la montagne voisine, le bois nécessaire et quêter chez les paysans quelques poignées d'herbes pour en faire le souper de la communauté. Mais ces généreuses filles ne se laissèrent pas abattre par les croix dont la Providence les chargeait; elles souffraient, mais c'était avec joie, et leurs souffrances ne faisaient qu'accroître en elles la ferveur et l'amour.
Mme Rivier jouissait avec bonheur de ce spectacle, sans néanmoins cesser d'implorer le secours du ciel par des prières ferventes; et quand le pain man(]uait, elle allait se jeter aux pieds de la sainte Vierge, et l'appelait à son aide avec la simplicité d*uu
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DICTIONNAÏKR
puï:
enfant qui s'adresso à sa mère. Uti jour où la détresse allait toujours croissant, Mme Kivier recourut à sa protectrice ordinaire, et lui écrivit une lettre touchante, oii après avoir exposé sa pénible situation, elle la conjurait de lui venir en aide, et protestait de son abandon entier enirc ses bras maternels. Elle envoya celte lettre par une fille vertueuse à Notre-Dame deBon-Secours,avec mission de la déposer sur son autel. La sainte Vierge sembla l'avoir entendue : quelques secours arrivèrent; mais ce qu'elle estimait bien davantage, une ancienne religieuse du couvent de S.iint-Jose[)h de Monislrol, femme de mérite et de piété, s'associa à la communauté naissante, dont elle admirait la ferveur et donna elle-même du crédit et de Taugmentation au pensionnat. M. Vernel, grand vicaire du diocèse et son directeur, lui permit enfin de poursuivre son œuvre sur le plan sur lequel elle Tavait conçu. Alors elle se hâta d'acheter un local convenable, dont elle prit possession le 17 novembre 1797. Le 21 du même mois, fôte de la Présentation, dont la congrégation naissante prit Je nom, Mme Uivier etses huit compagnes prononcèrent Pacte par lequel, sous la protection de la sainle Vierge, elles «e consacraient à l'éducation de la jeunesse. Pour chercher des sujets propres a seconder ses vues et partager ses travaux, Mme Rivier fil le voyage de la ville du Puy, pour tâcher d'y gagner quelques débris de l'ancienne congrégation de Y instruction -Chrétienne^ \ouée, comme sa société, à Tinstruction (Jes t;nfants et des grandes personnes de leur sexe. Elie y gagna Mlle Sénicroze, qui cependant fut empêchée par son directeur de rester à Thueyts el retourna au Puy. Cette contradictron éprouvée par Mme Rivier, qui Toulait faire de cette nouvelle compagne la supérieuredeTinstitutnaissant, la renditgravement malade. Dès qu'ellefut relevée de sa maladie, elle alla chercher une ancienne religieuse du couvent de Pradelles, Mme Dubès, qui avait été sa maltresse, qui consentit à raccompagner el à prendre sa place; mais les sœurs ne purent se risquera cette substitution arrangée pa- l'humilité de Mme Rivier, qui fut ainsi forcée è garder la supériorité. Mme Dubès se relira, emportant une nouvelle estime pour la pieuse fondatrice. Celleci eut à peine repris sa position, qu'elle en sentit le poids d'une manière bien cruelle pour son cœur. Une de ses religieuses, ennuyée de la vie de communauté, et animée du plus mauvais esprit, chercha à dégoûler les pensionnaires du couvent et à les emmener avec elle pour fonder ailleurs un autre pensionnat, leur promettant plus de bien-être et plus de liberté. Mme Rivier, avertie de ses intrigues, lui fit les reproches qu'elle méritait, mais la coupable n'en profita point el osa traiter sa supérieure d'orgueilleuse et d'ambitieuse. Mme Rivier, après avoir consulté Dieu, chassa l'indigne religieuse, qui alors, devenue plus furieuse, ne mit plus de bornes à sa malignité, décria ses anciennes compagnes \ l'éducation et la
nourriture qu'on donnait aux ieunes fK^rsonnes, et ne négligea rien pour faire loml)er le pensionnai. Cet orage fiasse, il sVn éleva un plus terrible. Le comité révolutionnaire envoya cent soldats en garnison à Thueyts, avec l'ordre de détruire le nouveau couvent et d'en disperser toutes les religieuses. Mme Rivier pria le Seigneur, espéra contre toute espérance, el le maire de i^ commune obtint grâce pour le cooven(.
Nouvelle persécution; on voulut, peu aprè^ que Mme Rivier et toute la communauté, ainsi que les pensionnaires, assistassenl i Tassemlilée de la Décade^ par laquelle on avait rem[)lacé le saint jour du dimancife Mme Rivier déclara au capilairre que ni elle, ni personne de sa maison, ne se soumeitraient à un pareil ordre tout à fait contraire à ses principes. Par sa prudence el le crédit de ses amis, elle parvint à dissiper ce nouvel orage. Toutes ces peines sont cruelles; mais les plus dures pour les personnes de communautés, sont celles qui vienneùl de leurs associés ou de leurs disciples. Ces peines, Mme Rivier l«s éprouva de nouveau de la part de la première maîtresse méroe du pensionnat, c'esl-è-dire la personne de laquelle elle s'y fût moins attendue, et quifiar son <^go, sa qualité d'ancienne religieuse, semblait lui promettre un continuel appui. Cette dame ne pouvait souffrir les représentations qu'on lui faisait sur son eicès de délicatesse; elle se vantait aussi aux parents et aux étrangers d'être la seule capable dans la maison, et surtout elle s'était iamiliarisée avec les grandes pensionnaires, el spécialement avec une d'une manière scandaleuse.
11 fallut retrancher le mal.
Ces deux personnes, avant de partir, cherchèrent à tout perdre et à tout désorganiser dans la maison par leurs mauvais discours; au moment de leur départ, Thueyls se rassembla dans la rue du couvent, et de toutes parts retentirent des paroles de blâme contre la supérieure. Plusieurs parents trompés retirèrent leurs enfants. Plus tard cette religieuse rebelle eut beau solliciter son pardon, Mme Rivier montra une sageff^rmeié, el refusa toujours de l'admettre de nouveau. Aux [)eines Dieu mettait des corapensalions; les enfants sortis rentrèrent, une ancienne religieuse de Saint-Joseph remplaça celle qu'on avait éconduite. La communauté, <ti milieu de ces troubles, ne perdait rien de^^on esprit. Elle vivait sans se [ilaindre, dans une pauvreté extrême, fasanl les œuvres de service les plus bas, en apparence, et lor^ qu'en 1799 on bAtit le premier réfectoire e( les premiers dortoirs, ce furent encore !«-* sœurs qui firent l'oiBce de manœuvre, {triant Toau, le mortier el les pierres. A ^'^* épreuves, disons-nous. Dieu apportait ^f* compensations, et à celles que nous venuii? de mentionner nous ajouterons, conuoe une fortune immense pour la nouvelle société, les rapports que la fondatrice commeoç' avec Mgr d'Aviau, alors adminislrateiirti*' diocèse de Viviers, et surtout avecM.l*'''* Vernei,,vicaire général/qui devint leprotec-
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DES ORDRES RELICIEUX.
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leur et lo supérieur de la Congrégation. Deai sujets distingués entrèrent dans l*instiioi, mais la joie qu*ils apportèrent fut 10551, plus lard, oiodiQée par les peines qu*ili causèrent à MmeRivier. De nouveaux membres entrèrent ; on créa un noviciat en rifle. L*évêque du diocèse et le préfet du (Mf^ftemenl visiièrenl et félicitèrent la mai- 500. Ifane Rivier fui de nouveau créée par le prélat supérieure k vie, comme elle l'avait été |)tr Mgr D*Aviau. Le premier établisse- Oient qui se fit au dehors de la maison mère fui celui de Verooui qui éprouva aussi et vil aplanir de graves diflicultés. L'établissement de Tbuejts était toujours dans la gène, et Déacmoina, il ne put laisser passer Toc- 015100 d*une acquisition tout h fait oportune, puisqu'il s'agissait d*uQ domaine voisin de rétablissement, occasion qui ne se serait plus présentée si on l'eût laissé paster; la Providence vint encore sensiblement tu secours do la maison. La supérieure oourrissait toujours Tidée de se démettre de la supériorité et chercha de nouveau, mais inutilement, à l'exécuter. Aux travaux ordinaires de l'administration de son institut, elle joignit un nouvel apostolat en allant dans plusieurs localités» ou, avec Tautorisalioa des curés, elle faisait une sorte de mission pour les personnes de son sexe, et eela avec le plus grand fruit. Aux épreuves eilérieuresdontj*ai parlé, Dieu joignit aussi, poor Mme Rivier, le mérite des épreuves intérieures, dont le poids, comme on sait, est bien pjus lourd q^ue celui des maux cor- |x>rels, qui Taccablaient néanmoins dans le (iièuie temps; elle se croyait délaissée de Dieu, et destinée à éprouver toute la rigueur d9 ses îugeraents ; elle ne pouvait se distraire des plus horribles tentations de désespoir; elle les combattait néanmoins et priait, mais la paix et le bonheur fuyaient toujours loin d'elle. Les communions ne se faisaient que par obéissance. Autres chagrios : les ennemis de la religion prirent occasion des retraites qu'elle donnait et de ses antres œuvres de zèle pour indi$poser le gouvernement contre la maison de Tbueyts, et en demander la suppression. I^ fondatrice sut intéresser les maires, le préfet, et assura l'existence de sa maison, qui bientôt prit le nom de maison ou communauté de la PréêenUUian^ à la place de celui de maison de Vimirueiion qu'elle portait ao|iaravant. Il fut arrêté qu'on donnerait à Unie Rivier le nom de Hère. Ceci se passa le iO mai 18M. La fondatrice, et c*est là le principal, au milieu de tant de travaux, no i«rdau |N>int de vue sa propre sanctification, et était soigneuse surtout de faire régulièrement la retraite annuelle, surtout dans quelque lien de dévotion dédié à la sainte Vierge. La providence visible pour la congrégation naissante, fut M. l'abbé Vernet qui, obligé à quitter le séminaire dont il était supérieur, vint se fixer k Tbueyts, h la fin de 1 époque de Tempire, et là rédigea des constitutions définitives ; ee qui prouve qu*on avait eu la sagesse de ne pas se hiier de donner des
règles, autres que provisoires. Demeurant dans la maison même, M. Vernet, qu'on peut regarder comme cofondateur, aidait Mme Rivier dans l'administration de la communauté, et relevait le courage des religieuses dans ces mois d'épreuves et de guerres. C'était l'époque où le retour des Bourbons allait bientôt donner à la religion des es)>érances, hélas! si illusoires 1 Le SI novembre 18U, Mme Rivier commença i^œuvre des orphelines délaissées, qui rnt continuée après elle, elle en fit un des statuts de sa congrégation. Après de nouvelles épreu/es personnelles, elle eut la satisfaction d'acquérir à Bours-Saint-Andéol un ancien couvent dont elle fit le cheMieu de son institut. En l'année 1819, Hçr Démons, administrateur du diocèse de Viviers, vint visiter cet établissement, continua M. Vernet dans sa charge de sof^erieurde la communauté et de la congrégation. Celui-c; donna alors une forme et une organisation définitive à la communauté, dressa le tableau des Electricet d'après le scrutin des ilnctennea , fit quelque changement au costume régulier |)0ur l'éloigner le plus possible des usages des personnes séculières. A la fin, il bénit tout le nouveau couvent, ce que révèque n'avait pas eu le temps de faire. A cette cérémonie, les sœurs [K)rtaient leur nouveau costume et les musiciens de la ville chantèrent le Te Deutn. La. congrégation nouvelle se fortifiait de plus en plus; elle était consacrée à Saint-Régis; Mme Rivier désira aller à la Louvesc vénérer les reliques du saint patron , et visita, chemin faisant, plusieurs oe ses établissements, et après avoir fait un petit séjour à Thueyts, elle rentra à la maison mère, où de nouveaux sujets de peine allaient bient6t se présenter. Le ministre de l'intérieur avait ordonné de soumettre les maltresses et soosmaltresses des pensionnats à Tiiispection et à la surveillance d'un bureau de dames du monde. Le préfet de l'Ardècbe annonça à Mme Rivier la ferme volonté oà il était de mettre cet arrêt à exécution. On couçoit la contrariété qu'éprouva Mme Rivier de voir ses filles formées par un long noviciat, soumises à la censure de dames du monde qui, le plus souvent, n*entendent pas la tenue des écoles, pas même le aouvernement des enfants. Elle eut recours a la prière et espéra. Elle eut raison, car les préfets des départements où elle avait des établissemenis la rassurèrent, et farrèté du ministre de l'intérieur ne fut point exécuté. Ce fut dans ce temps qu'elle fit approuver par révèque de Mende les règles de la congrégation et les livra à Timpression, après une expérience de vingt anuées. Bientêt de nouveaux établissements vinrent ajouter à sa satisfaction, mais toujours avec compen* sation d'amertume, tantôt d'un genre, tan-* t6t de Tautre. Une joie sans trouble vint dans ce temps la consoler. Ce fut celle que lui causa le rétablissement du siège de Viviers. Peu de temps après, elle établit ce tiers ordre, dit de la SainU-FamilU .
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Dneordonnancerojaledu29mail830»donnée par CbarlesX, af|prouva la congrégation de la Présenlation, mais doux mois plus tard, Ja fu* neste révolution de Juillet, vint la faire trembler pour la France entière, pour la religion, pour sa congrégation surtout. Comme je le répète à chacune de ses épreuves, lime Rivier eut encore recours à la prière. La sainte fondatrice désirait depuis longtemps voir sa sociétô établie en Savoie ; elle eut cette consolation en 1832. Un saint prêtre du pays, M. Picolet, lui demanda nine colonie pour la paroisse de Saint-Julien, son lieu natal. Cette nouvelle communauté se forma en effet avec la permission des deux évéques respectifs, et depuis, d'autres établissements se K)rmèren4 dans le même pays, où elle fut aussi légalement reconnue. La congrésation s*étendait aussi en France, mais tout 1 institut ressentit bientôt une affliction générale, lorsque des symptômes d*bydropisie se déclarèrent dans Mme Rivier. Sa dernière et longue maladie eut lieu en 1837, et se prolongea jusqu'à Tannée suivante. Après avoir été comme toujours un modèle de patience et de résignation au milieu des souffrances, après avoir reçu souvent la sainte Eucharistie dans les sentiments de la plus grande piété, elle mourut le samedi 3 février 1838, rendant son Ame h Dieu dans un sommeil paisible et sans la moindre convulsion. L'histoire de sa vie donnée par H. l'abbé Hamon, en parlant avec un grand talent de ses vertus et de ses établissements, ne dit malheureusement rien des constitutions de l'Institut, ce qui, en effet, n'entrait point dans sa tAche. Les religieuses sont vêtues de noir; l'on
f>eut se laire une idée de leur costume dans e portrait de Mme Rivier. B. d. e.
Stalud de cette congrégation^
V Les Sœurs de la Présentation de Marie se consacrent à l'éducation de la jeunesse de leur sexe dans les cam|)agnes comme dans les villes.
2* La congrégation est gouvernée par une supérieure générale qui est inamoviule jusquà l'Age de soixante ans. C'est elle qui nomme aux divers emplois de la maison mère et des divers établissements qui en dépendent.
3* La supérieure est éclairée et soula^^e oans son gouvernement par un conseil permanent, et par l'assemtilée générale composée de sœurs anciennes élues à cet effet par la même assemblée qui représente la congrégation. C'est cette même assemblée qui nomme la supérieure générale.
4' Pour la validité des actes administratifs, il suffit qu'ils soient signés par la supérieure ou celle qui tient sa place en cas d'absence ou de maladie, et par deux de ses conseillères.
K* Les écoles publiques sont la principale occupation des sœurs. Elles forment le vœu qu'il puisse en être établi partout do t^ratuites. Jusque-là| elles reçoivent gratuite-
ment autant d'élèves indigentes qa*il leur est possible.
6* Le principal soin des sœurs en detor« mer leurs élèves aux bonnes mœurs, k la religion, h l'amour du travail, h l'esprit d'o^ dre, au respect pour leurs parents et pour les supérieurs ecclésiastiques et civils.
7"* La supérieure fait tous les ans, \w eTte-méme, ou par des sœurs commises k cet effet, la visite aes écoles.
8* Il n'y a qu'un seul noviciat attaché ) la maison mère. On exige deux ans an moins de noviciat, dont une partie est passée dans une école poor y faire ses premiers essais.
9* A leur réception, les sorars assurenU la maison mère, une dot, dont le maximum est de trois mille francs.
10* Pour le surplus de leurs biens el^esen conservent la propriété, ainsi que de ceui qui peuvent leur survenir par succession ou autrement, et elles peuvent en disposer con* formément aux lois. Quant à l'usufruit, si elles en jouissent, la supérieure veiile seulement h ce qu'elles en fassent un usage convenable à leur état.
11* La congrégation s'engage, dès le jour de leur réception, à les nourrir, à les entretenir, et à en prendre soin tant en santé qu'en maladie le reste de leurs jours.
12* Les profits que les sœurs peuvent fa'^re par leur travail ou dans leurs écoles on pensionnat, appartiennent à la congrégation, et elles en rendent compte à la supéneure.
13* Les sœurs ne se lient k l'association par aucun vœu. Elles sont toujours libres de sortir, comme aussi la congrégation peut les en exclure si elles le mérit«.nt par leur inconduite.
Ik* Lorsqu'une sœur meurt dan^ç la con; grégation, sa dot, ainsi que son trousseau, et autres effets dans la maison, sont irrrévocablement acquis & la maison mère.
15* Si elle sort volontairement de la congrégation ou si elle en est exclue, sa dot lui est rendue en entier en trois payements égaux de six en six mois, le premier six mois après sa sortie.
Mais la congrégation h le droit de retenir la pension qu'elle pourrait n>voir pas payée
f)endant son temps d'épreuve*, ou le mimant des fournitures k elle faites, ou les dépenses qu'elle aurait occasionnées hors df l'ordre commun; le tout en conformité des règles pour le régime intérieur.
Afin d'éviter toute discussion, il est fonvenu entre la congrégation d'un cAlé et les sœurs avec leurs parents de l'autre, qu^ea cas de mésaccord, on s'en rapportera toujours, sans appel, k la décision deîigrVé* vëque ou du supérieur par lui nommé.
16* Les épargnes que peut faire la congrf" gation sont consacrées au soulagement des pauvres et surtout des jeunes orphelines qu'elle adopte pour ses enfants.
17^ Ponr tout ce qui tient au régime intf* rieur de la congrégation, les soeurs se conforment.aux règles approuvées parlficrr^ vôque.
18* Elles sont soumises, pour le sptnioel»
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DES OilDBES RELIGIEUX.
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iréréqae diocésain, et pour .e civil, aux DoatinMrats des lieux qu'elles habitent.
19* On ft joinl h la congrégation des sœurs eon?prses, ou «n tiers ordre, dont la fin est leserricede la maison mère et des plus grands établissements, des œuvres de charité auxquelles la congrégation se livre et fioorra se livrer par la suite, de faire les écoles dans des paroisses délaissées de la cam(i8^oe on des écoles gratuites quand on Je5 eo juge capables.
Elles sont sous Tentière dépendance de la supérieure générale, et assujetties au ré<gtine et à toutes les règles communes de la congrégation.
La plnpart de ces sœurs converses sont reçues sans payer aucune dot. Le maximum de celles qai peuvent en pajer une est de fttiiue eeniê francs.
Les présents statuts ont été souscrits par taules les sœurs de la congrégation qui s'y soflt soumises avec joie.
PRÉSENTATION DE MARIE (Soeurs de la), A Sainte-Marie de Monnoir.
Le CaBada, pour avoir cessé depuis bientM cent années d*a^partenir à la France, n'a |«s cessé d*étre uni à nous par les liens de Id fui, que les vicissitudes de la guerre ne réussissent pas à briser comme ceux de la Ditionalilé. Aussi la dernière communauté par ordre de date, établie dans cette partie privilégiée de TAmériq^ue, a-t-elle été fouroie par une de nos provinces, comme la pre- Hiière Tavaît été en 1639 par la ville de Dieppe.
A la demande de Mgr Jean-Charles Prince, évèque de Saint-Hyacinthe, six sœurs de la Présentation de Marie ont quitté, le 21 septembre 1853, leur maison de Bourg-Saint- Aodéol, diocèse de Viviers, pour venir fon- <ipr une maison de lenr ordre à Sainte-Marie de Monnoir. Ce furent Rosalie Borgel, sœur Marie Saint- Maurice, supérieure; Antoinette Saint-Etoile, sœur Marie Saint-Marc, assistante; Elisabeth-Joséphine Roman, sœur Marie du Bon-Pasteur; Louise -Sophie- Kmilie Daotan, sonir Marie Sainte-Clarisse; Marie-Rosalie Hoars, sœur Marie Saint- Gaiberl, Pélronilfe Depi^njr; sœur Marte ^llanges; ces trois dernières n'étaient que IKHtolantes. Elles étaient conduites parleur «^opérieure, Mme Rosalie Borgel, sœur Uarie-Saiot-Maorice , et dans un de nos voyages en Amérique nous avons eu la bonne fortune de fiiire la traversée du Hftvre k New-York dana TédiBante compagnie de ces pieuses sœurs. En les voyant affronter courageusement les dangers de TOcéan, s'exposer aux io&ulles d'hommes grossiers, ennemis de leur foi, q«itter sans regrets iauille et pairie, sans autre mobile que l'awonr de Dieu et la charité pour le prochaia, noua pensions que, plus de deux siècles au()êravaat, les Hospitalières, les Drsulines et Mme de la Peiirie naviguaient péoibleueut sur les mêmes Ools, soutenues par un ^mblable dévoilement, et nous admirions notre sainte religion qui, seule inspire ces
vocations angéliques, en apprenant que le bonheur se trouve dans le sacrifice. Les religieuses ne sont plus exposées comme autrefois au scalpel ou au bûcher des Iroquois; mais en venant au Canada, elles livrent leur réputation sans tache è la calomnie du fanatisme protestant qui les accuse de crimes abominables dans Lonue^ ou la Religieuet canadienne; les terriblee réoélatians de Maria Monk^ ou dans les discours cyniques d'un Gavazzî.
Les i)onnes sœurs de la Présentation n'eurent pas la peste à soigner k bord do JTumboldt(\\x\ les portait, comme l'avaient souvent eu lenrs devancières du xvii* siècle. La brièveté de la traversée, le confortable relatif d'un beau iieamer^ forment un contraste avec les navires pesants et infects qui met** talent tant de mois autrefois k franchir la distance de Dieppe à Québec. Mais à voir l'intrépidité avec laquelle ces saintes filles se maintenaient sur le pont par les plus gros temps, s'y trouvant alors mieux isolées pour y chanter ensemble des hymnes et des cantiques, on comprenait qu'elles auraient de grand cœur commencé leur mission charitable en assistant dans leurs maladies l'équipage et les passagers.
Lorsque le pont était déserté de tous, nous nous plaisions à nous approcher du groupe des jeunes religieuses, pnessées l'une contre l'autre au pied du mftt, comme en un nid d'oiseau, entrelacées dans les bras les unes des autres, cramponnées aux cordages el recevant sans sourciller les raffales d*eau de mer. Dans les ennuis et tes anxiétés du voyage, leur inaltérable saieté était pour noiis un phénomène, et elle prouvait combien le cœur de ces vertueuses filles était L la hauteur de leur sublime mission!
Aujourd'hui les sosurs de la Présentation sont installées dans le diocèse de Saint-Hy»cinthe. En outre d'une école qui coropie cent élèves, elles ont ouvert une école nommle pour l'éducation des maîtresses d'école; eHes ont déjà six postulantes, et elles ont établi, dans le courant de 18K5, des missions de leur ordre k Saint^Hughes et à Saint-Aimé, dans le m4me diocèse.
L'Instiiution de France remonte h l'année 1796, et c'est à l'époque même oà la terreur avait banni toutes les communautés reitgieuses, et oâ le culte catholique était proscrit, c'est en ce temps que Mme Marie-Anne Rivier résolut de fonder un nouvel institut pour remplacer, autant que possible, tant d'instituts détruits par la démagogie triomphante. Sa première maison était située h Tbueyts, et la maison mère fut transférée, en lSt9, au Bourg-Saint-Andéol, dans un ancien monastère de la Visitation. L'approbation canonique du Pa^ie Grégoire XVl est de 1836. Mme Rivier, née k Montpézat, diocèse de Viviers, le 19 décembre 1768, est morte le 3 février 1888 : elle a été déclarée Vénérable par le Saint-Siège, et son procès en béatification se poursuit activement k Rome.
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SAINT-JOSKPH DE CLUNY , (congrégation