DES SŒURS DB
Suite. — (Voir Ia l'* partie de cette notice, col. 681 et suivaotes).
Sa fin. La congrégation, qui est placée sous le vocable et le patronage de saint Jo* sepby et dédiée au Sacré-Cœur de Jésus et au saint et immaculé Cœur de Marie, a une dou* ble fin.
La première, qui lui est commune avec toutes les congrégations religieuses^ a pour objet la sanctification personnelle de ses membres, par Tobservance des devoirs et pratiques de la vie religieuse et régulière ; la seconde a pour objet le salut du prochain, soît au moyen de l'éducation, soit par celui des œuvres de charité corporelles, telles que le soin, le soulagement des pauvres et des malades. Dans son œuvre d'éducation, l'institut embrasse les diverses classes de la société, depuis la classe pauvre jusqu'à la classe la plus élevée, et les aivers âges, depuis l'eniance jusqu'à l'Age adulte. Quant aux œuvresde charité, elles s'étendent particulièrement au service des aliénés, des. vieillards dans les hospices, et des malades dans les hôpitaui«
Ainsi qu'il a été facile de le voir dans la partie qui précède, il exerce son zèle, sous ce double rapport, non-seulementdanslaPrance,
Îui a été son poinl'de dépari» naais encore en sie, en Afrique, Amérique et Océanie, et il va, cette année même» 1859, essayer de se Ihire jour dans la grande terre de Madagascar, afin de servir d'humble auxiliaire aux missionnaires, pour tenter de faire pénétrer dans cette lie la lumière de l'Evangile et la foi catholique.
Pour parvenir à letir première fin, c'est-àdire leur sanctification personaelle, lés sœurs de Saint-Joseph, après deux années d'épreuve qui forment le temps du noviciat, se consaerent à Dieu et se lient à l'institut par les vœux simples, soit temporaires, ^oit perpétuels, de pauvreté, de chasteté et d obéissance. C'est là la première base fondamentale de la société.
Ces vœux ne se font d*abord que pour trois ans, à l'expiration desquels a heu rémission des vœux de cinq ans ou des vœux perpétuels, suivant la décision des supérieures et la demande des siqets. Quoique les vœux perpétuels ne soient pas obligatoires, on n'admettrait cependant pas à la profession une personne qui n'aurait point l'intention formelle de- persévérer dans l'institut.
Le vœux de l'obéissance exige une srande docilité, un grand abandon de volonté, l'oubli de soi-même, de ses intérêts propres, pour aller, au moment le plus inattenou, partout où il plûra aux supérieures d'envoyer, soit en France, en Europe, ou dans les pays les plus éloignés ; pour accepter tous les emplois, en changer suivant les intérêts de l'institut.
Quant au vœu de pauvreté, qui varie d'étendue dans les instituts relif^eux, il con-
siste, pour la congrégation de Saint-Joseph, I n'avoir rien en propre, soit aident, soitotget quelconque, à ne disposer de quoi que ce soit, n'ayant que l'usage des choses iouniie$ par la communauté ; mais il pennetàcbicuo de conserver ses biens de famille, de receroii ceux qui arrivent par voie de soccessioD; toutefois, les revenus reviennent à la congrégation , à qui seule il appartient d'en disposer.
Les exercices de piété adoptés dans la société, pour l'avancement spirituel de ses membres non moins que pour la sanctificatioa du prochain, sont : la méditation, rexamea
Earticulier et général, la lecture spirituelle, i récitation du petit Office de la sainte Vierge, du chapelet et de quelques autresnrières vocales, sans parler de la reddition de conscience et du chapitre des coulpes. Tous ces exercices se font en commun ; car ce qui lait la seconde base constitutive de la sodélé, c'est lavie commune, qui oblige ses membres à vivre en communauté, et à ne poufoir demeurer seuls dans un établissement.
La règle ne prescrit aucune austérité, i(tendu la vie active et de dévouement à ia-
Îuelle se livrent les membres de l'iostitut. es fatigues, les souffrances journalière», dans des emplois qui épuisent fiicilement les forces, leur tiennent heu de pénitences plus rigoureuses. Ce qui doit particuhèremeot faire leur vie à eux, c'est 1 esprit de sacri-t fice et de renoncement, le dépôuiHemenl du jugement et de la volonté propre.
Cet institut, dont la fin vient d*être exeosée ainsi que les moyens à l'aide desquels fl Tmcomplit, se compose, outre les postulantes et les novices, de sœurs dites de chœur, et de sœurs converses. Celles-ci font les mêmes vœux que les premières : elles, sont soumises à la même rèsle, suivent les'mêmeseierci* ces, sauf la réciUtion de rOflSce, qui est rése^ vée aux sœurs de chœur. Elles sont particu* lièrement employées aux travaux matériels qu'exige le service des communautés.
Les unes et les autres ont un costume différent qui les fait facilement reconnaître : celui des premières comprend une robe de \èm bleue à manches larjses et relevées en forme de parement, une ceinture, un grand scapu* laire d'étamine noire ; un chapelet à grt» grains avec un crucifix suspendu au cùié gauche ; une croix portée sur la pottrina et suspendue par une torsade Ueue. iQles portent, de plus,, un anneau au doigt anoulaiiv de la main gauche, comme marque distsoctîTtt de leur alliance avec l'Spouz ctieste qu'elle^ ont choisi pour leur partage.
Le costume des secondes se compcae d*u9« robe également bleue, d*un tabuer al duo mouchoir en laine noire» d*iine petite cor* nette blanche couverte d'ua petit voile mur . et d'un crucifix suspendu au cou par un cordon noir. Les sœurs converses ont aussi on anneau à la main gauche.
Son arganiMOêian. La eoû^tég0!6M est àvisée en provinces, et subdivisée en ceoui'--' nautés. Son gouvememeni esl celui-d :
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DES ORDRES RELIGIEUX
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1* Une supérieure géuérale qui administre rîDstitut et^ui nomme, pour trois ans, après avoir pris avis de son conseil, les supérieures provinciales et locales, auxquelles elle donne une mesure plus ou moins grande d*autorité, salon qu'il est expédient pour le bien des provinces et des communautés. Elle est aidée dans son administration par deux assistantes, qui forment comme son conseil privé, mais avec voix consultative seulement,, et qui s*occufient avec elle^ de la direction des affaires ordinaives et coûtâmes.
2* Un conseil appelé conseil g,énéral, composé de six membres, élus, comme la supérieure générale, par les suffrages de la congrégation, et décidant, avec voix délibérative, ie toutes les affaires importantes de la société. C*est au sein de ce conseil que sont choisies les deux assistantes de la Mère générale.
3* Un chapitre général formé des représentantes de toutes les parties de Tinstitut. A ce chapitre sont portées, pour y être résolues, les affaires tout à ftiit majeures, celles Er exemple qui regardent Tinterprétation, pplication des règles, la confection ou la modiGcation des règlements du coutumier. Il appartient aussi au chapitre d'élire la supérieure générale et les conseillères.
Considérée dans son ensemble, et à cause de son caractère d'universalité, la congrégation, ainsi qu'il a déjà été marqué dans I aperçu historique, est sous la dépendance immédiate du Saint-Siège, par l'intermédiaire d'un cardinal-protecteur, à qui, de temps en temps, et périodiquement, sont adresses des comptes rendus relatifs à sa situation. Néanmoins, pour ce qui concerne les établissements pariicuKers, chacun d'eux est soumis aux orainaires respectifs.
Ses éiablisiementi. La congrégation, qui compte présentement un personnel de 1 ,323 religieuses, tant de chœur aue converses, po^wde 135 établissements, repartis, comme en l'a déjà vu, dans toutes les parties du inonde.
En Europe, Le principal établissement est celui de la maison mère située à Paris, au faubourg Saint-Jacques, 57, résidence de la supérieure générale et du conseil. Par suite de cette destination. Ht a toujours un personnel flottant plus ou moins considérable, puisque c'est }à que s'opèrent tous les mouvements de la société, en fait de départs, de rentrées^ de mutations. Il comprend» en outre, un noviciat, qui se compose d'ordinaire de 80 h 100 personnes, tant postulantes que novices.
Cette maison est dirigée par les Pères de la congrégation du Saint-Esprit et du Saint- Cœur *de Marie, qui donnent également leurs soins aux maisons des pays d'ouCre-mer dans les(iuels ils possèdent eux-mêmes des établissements. La presque identité de finet d'œuvresdes deux sociétés, tant en France que dansSies colonies, a établi entreelles des relations particulières, une sorte d'union que la révérende Mère fbndalrice avait vivement dési-
rée, et même commencée, de concert avec le R. P. Liberroann , de sainte mémoire, fondateur et premier supérieur général de cette pieuse congrégation du Saint-Esprit et du Saint- Cœur de Marie. La mort, en les enlevant presque en même temps l'un et l'autre, laissa è leurs successeurs immédiats le soin de la réaliser d'une manière plus intime, et sur une échelle plus étendue pour le plus grand bien de l'institut, qui puise à cette source, avec l'unité de direction, les vrais principes et la sève de la vie religieuse.
La congrégation possède encore à Cluny, au diocèse d'Autun, un autre noviciat» alimenlé d'ordinaire par un grand nombre de novices et de postulantes venues du centre et du midi de la France.
Cette maison» si utile à l'institut, lui est chère aussi par ses souvenii*s, car elle est en quelque sorte le berceau de la congrégation, qui» en 1810, vit s'y établir, auprès des restes de la célèbre abbaye bénédictine, le premier noviciat important qu'elle eût encore eu jus* que-là.
Outre ces deux maisons de recrutement et de formation pour les sujets, la société possède un grana nombre d'autres maisons établies sur divers points de la France, soit pour l'œuvre de l'éducation , soit pour le soin des malades, conformément au but soécial de rinslilut.
Les principaux établissements d'éducation sont ceux : de Paris annexé, à la maison mère» mais dans un local distinct de la communauté ; de Maisons-Alfort, au diocèse de Paris ; de Fontainebleau, Meaux et Lagny, au diosèse de Meaux ; de Senlis» Chantilly» Compiègne, Beauvais et Breteuil, au diocèse de Beauvais; de Quevilly et Dieppedalle, près de Rouen ; d'Alençon,au diocèse de Séez; de Cluny» dans une partie de la maison consacrée au noviciat ; de Saint-Affrioue» diocèse de Rodez ; et de Limoux, diocèse de Carcassonne, tous occupés par des pensionnats florissants auxquels sont attachés des écoles» salles d'asile et ouvroirs orphelinats.
Autour de plusieurs de ces établissements, en particulier de ceux de Paris, Senlis, Beauvais, Fontainebleau» Cluny et Limoui» so groupent, dans un rayon qui ne dépasse pas vingt à vingt-cinq lieues, un certain nombre d'autres maisons d'éducation, pavtioulièrement destinées à l'enseignement d'enfants appmtenant aux classes ouvrières et pauvres, et parmi lesquelles il y a liea deciter, k cause de leur importance, celle du Creuzot, au diocèse d'Autun, et isolée d'autres établissements, celle de Brest, au diocèse de Quimper. Chacune de ces deux maisons, en effet, comprend diverses œuvres, telles qu'externats, écoles goatuites, salles d'asile et ouvtoirs, firéquentés, dans lune comme dans l'autre» par cinq ou six cents enfants ou jeunes personnes qui y trouvent, avec une éducation chrétienne, une instruction en rapport' avec leur position sociale, et même» pour certain nombre, une profession.
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L'institut a encore, en Europe, une maison en Italie, c'est celle de Home, fondée, en 1854, ainsi qu'il a déjà été marqué.
Elle offre un intérêt particulier à la société, à cause de la bienveillance dont elle est l'objet de la part du gouvernement pontifical, qui lui a confié l'œuvre des orpneîines du choléra. Elle compte aujourd'hui près de 80 enfants et se trouve parfaitement consolidée.
En Amérique, il y a lieu de distinguer, parmi les élaulissemcnts :
Aux Antilles françaises, à la Martinique , la maison de Saint-Pierre, située dans la ville de ce nom qui est le siège de l'évôché de la colonie. Elle comprend plusieurs œuvres impi^rtantes, telles (jue : un pensionnat pour les enfants des meilleures familles du pays, une succursale pour les classes moyennes, deux externats, deux écoles gratuites sur deux points différents de la ville, lune et l'autre iréjjuentées par trois à quatre cents enfants. Cet établissement sert aus^i de maison princif)ale aux seiz.e établissements fondés dans Ja plupart des quartiers de l'île, et où les religieuses tiennent des écoles, enseignent le catéchisme aux femmes adultes, dirigent des associations de persévérance dues h leur initiative et h leur zèle, et exercent, en un mol, un véritable apostolat religieux, au sein de populations que les institutions sociales ont laissées si longtemps sans aucune culture de r/lme et de l'intelligence. Sans parler de l'éducation donnée à l'enfance, environ 4,000 personnes adultes sont l'objet de leurs soins et de leur dévouement, et c'est peut-être, de toutes leurs œuvres, celle qui est la plus fructueuse, et h lacjuelle Dieu attache le plus de bénédictions.
A la Guadeloune, la maison de la Basse- Terre, chef-lieu de Ja colonie, et siège d'un évêché. Cet établissement, qui occupe un très-beau et vaste local placé dans une situation magnifique, renferme un pensionnat des plus prospères auquel sont annexés une école gratuite et un ouvroir. Il donne, en outre, à titre de maison principale, l'impulsion et la direction à dix-huit établissements répartis sur ditférents points de l'ile, et dont les œuvres ont pour but l'éducation et l'instruction élémentaire des enfants, aussi bien que des jeunes filles appartenant à la classe noire et h celle de couleur. Là se trouvent la même émulation dtî la part de ces communautés, le même zèle et la même charité qu'on a observés à la Martiniaue, pour la régénération religieuse et morale (ie ces classes nouvellement émancipées, et les efforts des sœurs y sont couronnés d^s mômes succès.
Atix Antilles anglaises, à l'île de la Trinidad, la maison de Porl-d'Espagne, qui a sous sa dépendance celles de Saint-Vincent et de Sainte-Lucie. Ces trois établissements ont à lutter principalement contre le protestantisme et ses diverses sectes, particulièrement dans les deux premières îles. Sous ce rapport, ils rendent surtout de précieux services aux iamilles catholiques qui, sans ce secours, ver-
raient la foi de leurs enfants bien exposée au contact de l'hérésie.
A la Guyane française, la maison de Garenne, au chef-lieu de la colonie, qui sert de centre à trois ou quatre établissements doul les œuvres sont plus variées qu'aux Antilles, en ce sens que la congrégation ne s'occupe pas seulement d^éducation, d'enseignement et de moralisation, mais encore tfoeurres touchantes de charité. Il était impossible qu'il en fût autrement, dans les lieux où sexcrça pendant plusieurs années le zèle si entreprenant, si actif, si plein de compassion, de la révérende Mère londatrice. Elle y laissa d'ailleurs le résultat de ses nombreux travaux, surtout :
l** A Mana, qui est le quartier le plus peuplé et le plus moral de la Guyane, et où ses ailes continuent ses traditions, parleur bonté, par leurs sollicitudes envers les noirs;
2" A l'Acarouany, oii elle fonda un hôpital pour les lépreux, desservi par l«s sœurs, qm, s'inspirent des vertus de leur Mère,.sy mootrent généreusement dévouées;
3" A Sinamarj-, où elles s'y occupant de toutes les œuvres déjà énumérées aux Antilles.
H y a lieu d'ajouter à ces élabWss^m^'niS déjà fondés depuis longtemps h la Guyane, une autre œuvre nouvelle à laquelle la congrégation est appelée à prendre part, au moyen du concours de ses membres. C'est celle du pénitencier de femmes qui va être établi sur le Maroni, h quelques lieues de Mana, et qui reçoit, en ce moment, un cofl>meneement d'exécution, par le départ d'un premier convoi de 40 femmes parties s«r ia Loire, le 28 décembre 1858, lesquelles sont accompagnées de quatre reirgieuses dunt la mission|avait commencé, un mois auparavant, au port de Brest.
Aiéx iUs de Saint^Pierre et Miqttdo»^ dans le golfe de Saint-Laurent, la maison de Saint* Pierre, dans l'île de ce nom^ qui comprond deux œuvres principales, ua hôpital et des écoles.gratuiles, et à laquelle se rattache un autre petit établissement, situé à HiqueioQ. Un pensionnat s'y fonde actuellement» sous le patronage du gouvernement français, à qui appartient cette colonie.
£n Afrique, les principaux établissements à mentionner sont :
A Vile de la Réuni<m (mer det Indts)^ la maison de Saint-lDenis, au chef-lieu de II colonie, qui est aussi le siège d'un érécW. Cette maison est la plus considérable de celles que possède l'institut dans les pays d'ouinîmer, si l'on envisage le nombre de religieuses qu'elle emploie, oui est de 100 à 120, ainst que l'importance des établissemesis auxquels elle sert de maison principale. Elle est k centre d'une véritable province quicooiprend 1 5 ou 16 établissements à la Réunion, et trois autres à Mayotte, Nossi-Bé, Sainie-Marie de Madagascar. Outre les pensionnatSrtes^^ctJes qu'y dirige la congrégation, les œuvws de zèle auxquelles, comme dans toutes les colonies, se consacrent les religieuses en feveur
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DES ORDRES RELIGIEUI.
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descbasts Mires ^ et de couYetir, Finstitut cûBDle encore dewL hôpitaux à laAéunioo, «lia qoe trois antires élablisseaients dans les petites lies, près de Madagascar. L'insalubrité au cJiaiat de osa derniers pays, placés sous iiD saldl hrOtasA, les priraiions de tous «en* m, rien n*arréie le courage des sœurs char- £^ de ces Pénibles missions qui ont pour Ml, DOD-seuleineiit de procurer aux malades les soins qu'exige leur état, mais particulièrement encore de travailler à la conversion desiodigènes, dont on recueille les enfants dffns ées <cales« afin de tteher d'en faire des Chrétiens. Pour fiM^iliter le succès de cette dernière œofre,on obtient des parents que leurs eofurts soient emoyés à l'Ile de la Réuuioa pour être élefés dans l'établissement dit de Hsaretb.teim également par la congrégation, f li s'occope anree une sorKcttude toute spécule de cette entreprise intéressante au point de Tue de la relipien et de la civilisation. En Î95S, OD complaît à la maison de Nazareth,
r' est placée, fNMir ainsi dire, sous le regard la maison prîAcqiale de Saint-Denis» dont rtle reçoit les enconnigements, une soixan-» taine de jeunes Biles malgaches recrutées diBs les ties ci-dessus désignées, aussi qu'à fisistare, capitale de la- gran^ tie de Hada-
Altte de Saint'Louis ou Sénégal et k Corée, dans Ut partie occidentale des cOtes rAfrique, les maisons de Saint-Louis'etde Tlle J: Tioréc, qui ont chacune les mêmes œuvres, uvoir, le soin des malades dans les hôpitaux, tt ta tenue d'écoles pour l'enseignement priiiaire et religieux des enfants appartenant, presaue tous, a la population indigene,*à peu près là seule dont se compose le pays, qui compte peu «TEuropéens. A Saint-Louis, on L de plus, établi une sorte de salle d'asfie, ^ur y recueillir les enfants les plus abantoûQes, les plus privés de secours, et les irracher ainsi aux effets de la mîsère et du uaavaia exemple.
K% iiie, la congrégation possède les mai- ^m de Pondichéry et de Karikal. dans la x^squ'Ue orientale de l'Inde. La première umpcead un pensionnat» un hôpital et des xulês: dans la seconde, les religieuses se utteal entièrement à 1 éducation des liala- 4re$ses et autres indigènes du pays. Elles )OQi qu*un soin unique, celui de convertir ^ Imes, de contribuer, du moins, par leur« ravaui, k arraeher au paganisme^ pour en ^ire des Chrétiennes, les jeunes filles qu'elles Hiuvent attirer auprès d'elles.
En Océamie, la msisDn de T«iti fondée en Ih4, comprend un hôpital et des classes. Les ^li^euses y ont moins k redouter la résislance que leur oppose le paganisme, que les ^tforls faits par les sectes protestantes pour irrtTer à dominer ces populations, diez le»pielles elles remplacent l'ignorance par 1 incrédulité.
. fous ces établissements d*outre-mer, qui nenncnl d'être éntrmérés, occupent actuelie- [pentun personnel de 439 religieuses de ' WKtrtut, toutes sorties de France, a quelques
exceptions près ; car quelques colonies, particulièrement celles de la Réunion, de la Martinique et de la Trinidad, fournissent un certain nombre de vocations qui ont donné lieu à rétablissement d'un noviciat dans chacune des maisons principales que possèdent ces trois lies.
PRINCIPAUTÉS DE HOHENZOLLERN (OamiB DUS cBBVAaiBRs des).
La maison princiëre de Hohenzollarn a créé, le 7 d<^cembre 18M, une croix d'honneur. Elle se divise en deux classes dont la première est avec une couronne et la deuxième sans cette couronne. Les princes ont en outre créé deux médailles d'honneur, Tune en or, Tautre en argent, qui portent sur leurs empreintes au revers et h la face les mêmes désignations que celles de la croix ; seulement la médaille d*or est décorée d'une couronne. La médaille d'ar{;enl doit toujours accompagner le ruban qur ne peut être porté seuF.
Les insignes do la première classe consistent en une croix d*or h huit rayons émaillés blancs et bordés de noir; le centre de la croix est occupé par on écussonrond,émaillé en blanc sur lequel on lit les lettres F.-<j, surmonté d'une couronne d*ôr; le cercle qui entoure cet écusson est bleu, avec Fa lé-
Sinde suivante en or Fur treue und vn^ enst (ponr la fidélité et le mérite). Cette croix repose sur une couronne de laurier. Au revers est un écusson semblable, contenant les armes de Hohenzollern ; la croix est surmontée d'une couronne en or.
La croix d'honneur de deuxième classe est absolument semblable, mais sans couronne*. Les insignes se portent au côté gauche de la poitrine, suspendues à un nitian Mane moiré, partagé de trois raies noires.
La croix d'honneur de première ctosse n'est ac(;ordée qu'aux charges de l'Etat et de la cour les plus élevées; celle de deuxième classe est accordée aux serviteurs de l'Etat et de la cour qui ont rang de membre de collégial.
Indépendamment des deux classes de l'ordre les princes régnants ont fondé une décoration, sous la dénomination d'insignes du Mérite pour les officiers des deux principautés, qui réunissent vin^^-cinq ans de service. Cette décoration consiste en one croix oà se trouve d'un côté le chiffre XX V, en chiffres romains, et de l'autre, Técosson des armes de Hohenzollern; cette décoration se porte à un ruban moiré noir ayant de chaque côté une raie blanche.
PR0YIDI<:NCE (CosmuNAUTi dbs
SOBUBS DB la).
La communauté des sœurs de la Providence de Rttillé-sur-Loir a eu po«r fondateur M.Jacques Dujarié. Il naquit à âaiiite- Marie-ilu-Rois, dans le département de la Mayenne, le 9 décembre 1761. Il ressentit, dès son enfance, de l'attrait pour l'élat ecclésiastique, et ses parents c|ui étaient remplis de foi et de piété, ne mirent aucunobs-'
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tacle k sa Tocation. Il fit ses humanités au collège de Domrront» et ses études théologiques au séminaire d*Angers; et, dans ces deux maisons, il se distingua teltement par sa piété, qu'on rappelait communément le petti taint»
Ce fut en 1790, lorsque Torage révolutionnaire grondait de toutes parts, qu'il reçut le sous-diaconat, ety peu ae temps après, le diaconat. Il fut obligé de quitter le séminaire avant que d'avoir reçu la prêtrise, et de se cacher pour se soustraire aux fureurs de la révolution. Il demeura pendant une année entière enseveli dans la cave d'un tisserand, faisant de la toile avec lui ; et ensuite, sous un habit de berger, il garda un nombreux troupeau, sanctifiant les loisirs de celte vie si simple, par la méditation et la prière.
La chute de Robespierre ayant rendu à la France un peu de liberté, il en profita pour aller voir un des grands vicaires du Mans qui l'envoya continuer ses éludes théologiques sous la direction de M. Lahaie, prôlre remarquable par sa science et sa piété, et qui exerça clandestinement le saint ministère h Ruilfé-sur-Loir et dans les paroisses environnâmes. Il arriva auprès de H. Lahaie, le S2 juillet 1795 et vers la fin de la même année il reçut, de ses supérieurs, l'ordre de se rendre è Paris où il reçut le caractère sacerdotal, le jour de la Saint-Etienne, des mains de Mçr de Saîni-Papoul qui y faisait des ordinations en secret.
Il revint aussitôt à Ruillé, célébra sa pre-> mière Messe dans une grange; et, plus touché des besoins des peuples que des intérêts de sa propre vie, il se mit à parcourir de nuit, les paroisses de la contrée, baptisant les enfants, consolant et administrant les malades, entendant les confessions, et encourageant les fidèles à ne pas particit)er au schisme.
La paix ayant été enfin rendue à l'Eglise, et le culte catholiqiie rétabli par le concordat de 1802, M. Oujarié fut nommé curé de Ruillé. 11 ne négligea rien pour réparer son église, qui avait été dévastée par la révolution, et pour conduire au salut le iroupeau confié à s^es soins. Il ressentait une profonde douleur en voyant qu'un srand nombre des enfants de sa paroisse dfemeuraient privés des bienfaits de l'instruction à cause de leur éloignement du bourg (1) ; et que plusieurs malades se trouvaient délaissés dans leurs infirmités manquant des secours lés plus nécessaires.
Voulant apporter remède è ces maux» il commença par s'assurer de la bonne volonté de deux filles pleines de foi et de dévouement, qui lui promirent do faire tout ce qui serait en leur pouvoir pour caléchiser les enfants et soigner les malades pauvres; puis il leur fit bAtir,à quatre kilomètres du bourg, une maison. On rapporte que pour faire élever cette maison qui fut nommée la petite Providence, M. Dujarié, se mettant à la tftte
des enfants de cette contrée de la paroisse, leur faisait ramasser et ramassait lDi«iDèm« les pierres qui a'étatent point trop difficiles h détacher, les meltail par petits moneMnii et les faisait enssite conduire è place, pir des voiturîers de bonne Tolooté. Toot en ramassant ses pierres avec ses petits enfaDis il les catéchisait.
Ce fut en ISOft que, sa maison étant achevée, il y plaça les deux filles deni noos venons de fuirler. 11 n'avait aucune tatre intention que celle d'être utile aux eoliaïf et aux malades de celte contrée de sa piroisse, et il ne songeait nullement à devenir le fondateur d'une congrégation de sœurs
a ni se répandraient dans un grand naoïhrt e paroisses et de diocèses pour y travailler à la sanctification des âmes; mais la divine Providence en avait arrêté aotremeni et elle allait le constituer le père d'une famille sur laquelle il ne comptait pas.
Les deux filles qu'il avait placées dans sa maison pour iaireFécole aux enfants du voisinage et pour visiter les malades, remplirent leurs fonctions avec beaucoup de zèle, d'inteiligence et de fruit, et le bien qu'elles firent, inspira k d'autres personnes pleines de foi le désir de s'associer à leur bonne œuvre. Elles ne tardèrent pas à se troufer au nombre de neuf, vivant ensemble dans une grande union, et partageant leur temps entre la prière, le travail et les services qu'elles rendaient aux enfants et aux malades.
M. Dujarié comprit bienlôt que cette rénnion de plusieurs personnes, pour rendre tous ies services qu'on pouvait attendre d'elles, demandait une parfaite unité de vues et de direction : c'est ce qui lui lit concevoir l'idée de confier quelques-unes de ses filles à Mme de la (iirouaraière, fonda» trice de la maison des Incurables, i Beaogé, diocèse d'Angers, afin qu'elle les formli ï la vie religieuse et leur apprît à soigner lef malades avec une charité intelligenie. Mme de la Girouardière se prêta volontiers aui désirs qui lui furent exprimés è ce siqei, reçut sous sa direction sept de ces bonnes filles, et leur fit faire un noviciat aussi kmg qu'elle le jugea nécessaire |>our s'assurerde leurs dispositions. Les jeunes novices prirent ensuite l'habit religieux et revinrent sa petit établissement de Huilié, sous l'obéu^ sance du fondateur.
Les curés du voisinage* désireux de pro* curer aussi i leurs paroissiens le biew't d'une éducation chrétienne» prièrent II.IHh jarié de leur accorder quelques-unes de ^ filles pour former chex eux des éooleSf et d commença è fonder quelques étaUi^»^ ments.
De 180B h 1817, la petite assnoialiso ot reçut que dix-huit sujets* et ne iDroa q^e sept petites écoles de deux sours chacune» mais è cette époque, il plut à Dieu de révéler aux hommes cette bunible société et ^ répandre sur elle quelque éclat eo îosptfiA^
M) D*un des côtés do bourg, la paroisse s*c(6U(l jusqu^à 10 kilomètres.
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iMIle da Rosooat de teniri du'^fond de la Breligiie, 8*y consacrer è Dieu. Depuis ioDglemps celle âme d'élite ne respirait que rbufflilité, ramoor de la pau?reté et Tabnéution d'elle-mèiDe : elle ressentait surtout M désir tris-ardent de se déf ouer à Tédudiioo des enfants de la campagne dont TigDOfsore et le délaissement Iniiaisaient une eitrèine com|>assion. Dès qu'elle connut la palile association de Ruillé» elle jugea qu'elle sesnirait trou?er un lieu plus en rapport •fec l'aurait que lui donnait la grâce. Klie Tint donc trouver H. Duiarié qui la coudoisit aossitAt à sa petite Protidence.
ToDt ce qu'il y a de plus propre è effrayer OM personne élevée dans l'opuience comme rafiit été Mlle du Roscoat» tint se présenter à ses regards : la maison était eitrémemot pauvre; le local, très-petit (1); son éloignement du bourg et le mauvais état des tb«ruiDsajoutaient encore aux autres incom«
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A celte vue» cette âme vraiment grande, bénit le Seigneur de l'avoir conduite à Tétible de Betuléem pour la rendre conforme i celui qui n'avait pas où reposer la tète : ellefàt la plus bumbiCt la plus fervente des novices, prit le saint habit è la fin de 1818 et fut agrégée en 1820. Vers cette époque» la paite association ayant nommé, pour la première fois, une supérieure générale, ce fut elle qui fut élue.
Soas sa direction tout prit de la vie. L'eiemple Qu'elle avait donné en venant du fond de la Bretagne fut suivi par un bon nombre de jeunes filles de cette religieuse cooirée ; et, è mesure que les sujets deve* Nient plus nombreux 1 on voyait aussi surgir de tous côtés des demandes pour de DODYeaux établissements. La maison do la Petite-Providence devenait absolument insuffisante et Tiocommodité provenant de 100 éloignement de l'église se faisait sentir plus îivement k mesure que le personnel aogmeotaiU Alors M. Dujarié vendit quelques biens patrimoniaux qu'il possédait; liria quelques personnes charitables de venir à son aide ; acheta un terrain, k l'entrée do bourç de Ruillé, et y fit construire cne belle maison. Tout annonçait que Tassociation qui. Jusqu'à l'arrivée de Mlle du Rosfoit, n avait eu gue des accroissement! tris-lents, allait enfin prendre son essor. Mais quand Dieu veut faire voir qu'une
(I) La maison de la Pétile-Providence se compotait d*aii mnie-cbaussée et d*an grenier. Au rezi^-chiQssée se ut>uval<'iit une cuisine et deai pe- ^^ classes. Tune pour les postulantes, Paatre poir les enfants de la paroisse. tJne partie du greaier» de la grandeur oe 10 pieds carrés, avait été C(«vertie en mansarde; Tautre n*éuit qu'un simple peaier : c'étaient cette petite mansarde ci ce groaier ^ servaleni Ue dortoirs aux sœurs ei aux aofices.
CUes ataient du pala à discrétion ; mais, pour ie reste, leur nourriture était aussi maigre et plus peot-ètre que celte de la plupart des pauvres. Le dimaache, elles se levaient h quatre heures du matin pour K reitdre au boitfg et assister à ta première
œuvre est tout entière de sa main, il réduit tout k l'impuissance et au désespoir. Mlle du Roscoat qui paraissait l'âme de la congrégation fut enlevée par une mort préma^ turée, le S2 juin 1822, à Fâge de quarantedeux ans.
.On ne saurait dire la consternation et l'abattement où cette mort jeta la petite société: on se lamentait, on croyait tout « perdu. M. Dujarié qui avait su apprécier la vertu et le rare mérite de cette femme et qui fondait sur elle les plus grandes espérances pour le développement de son couvre la regretta plus que tout autre : cependant il travailla à relever le courage de ses sœurs, et les engagea à mettre leur confiance en Dieu. Il les fit venir dans la maison plus spacieuse qu'il venait de leur faire construire dans le bourg; et, au mois d'août, toutes les sœurs des établissements se trouvant réunies pour la retraite annuelle, il les fit |)rocéder à l'élection d'une nouvelle supérieure générale.
Il y avait alors dans la société |une jeune sœur, nommée Marie Lecor, qui était venue des environs de Saint-Brieuc. Mlle du Roscoat avait remarqué en elle une grande ap« titude pour les affaires, et, au moment où la mort vint l'enlever, elle se proposait de la demander pour son assistante : mais cette jeune sœur n'était encore que novice. Malgré son âge, elle fut nommée supérieure générale : c'élait elle qui, dans les desseins de Dieu, était appelée à rétablir sur des bases solides, la société naissante. Quoique jeune dans la congrégation, elle prit, d'une maia sage et ferme, les rênes du gouvernement; et, sous sa direction, l'élan imprimé à l'association par Mlle du Roscoàt, ne fit que s'accroître (2). Le 19 novembre 1826, la congrégation des sœurs de Ruillé fut régulièrement approuvée par une ordonnance royale, et le pieux fondateur lui fit la donation de la maison chef-lieu et de quelques autres immeubles situés dans les environs de Ruillé.
M. Dujarié, dont le zèle était infatigable, voyant le bien que faisait auprès des petites filles sa congrégation de sœurs, voulut procurer le même avantage aux petits garçons* en fondant une communauté de Frères. Il transforma son presbytère en un noviciat pour les jeunes gens qui voudraient embras^ ser cette vocation : ils se présentèrent en si
Mesae, à lanuelle elles communiaient. Il y avals à rentrée de la cour du presbytère un fournil : c*est là qu*elles prenaient leurs repas et se retiraient entre les Offices. Après les Tépres , quelque temps qu*il fit, elles se remetuiem en route pour leur Petile-Provl.leuce, emportant leurs provisions pour la semaine.
\^ Bien que Mme Marie Lecor soit gétiéralement considérée comme la principale fondauico de I» coogréntlon qu'elle a gouvernée à dîfireiitea reprises peodani trente ans. Je ne crois pas devoir vous en parler plus longuemeot, parce qu'elle vil encore et aue c>st elle qui est actnellemeni supé« rieure générale.
PRO
DIGTIONNAIKE
PRO
il»
graud ooiuDre qu*il fat obligé d*acheler une maison où l'on compta jusqu'à quatre-vingts novices à la fois.
Il s'était réservé radministration temporelle de ses deux congrégations, et il mettait en commun leurs ressources respectives.
Il surgit bientôt de là de grandes diliiculiés. La révolution de 1830 étant venue ieter la perturbation dans les esprits et réveiller des idées hostiles à la religion» les frères de M. Dujarié reçurent, dans bien des localités, <ie mauvais traitements de la part des particuliers et se virent placés, par les autorités» sons une espèce de haute surveillance. Un grand nombre d*cntre eux n*eurent pas la force de supporter celte épreuve et rentrèrent dans le monde; et cette congrégation qui, dans l'espace de douze ans, avait fondé plus de quatre-vingts établissements, n*en avait plus qu*une trentaine en 1833.
L'état de dépérissement où se trouvait alors la coni^régation des frères, réagissait sur celle des sœurs, à raison de la communauté de biens qu'avait établie M. Dujarié entre ses deux maisons.
Les sœurs voyant leur congrégation menacée dans son existence, réclamèrent la séparation de biens entre les deux communautés. Mgr Carron, alors évoque du Mans, vint sur les lieux; et, après avoir tout examiné, tout pesé avec une grande maturité, fl jugea nécessaire la séparation qu'on réclamait; remit entre les mains de la supérieure générale l'administration des biens de sa communauté, et laissa à M. Dujarié la gestion des affaires de ses frères. Peu de tem|»s après, ce bon vieillard, usé par Page, par les ?nQrmités, par les trarvaux d'un laborieux ministère, parles veilles et les sollicitndes
Sue lui avait occasionnées l'établissement e ses deux communautés, sentit la nécessité de se décnarger de la conduite des frères, comme il rétait déjà de celle des sodurs. H remit sa supériorité sur eux entre les mains de M. Tabbé Moreau, qui les tranféra de Ruilléà Sainte-Croix-les-le-Mans. Quelques mois plus lard , il se démit aussi de sa cure, se rendit à Sainle-f.roix au milieu de ses frères qu'il continua d'édifier par sa grande piété, et le 17 février 1838 il lit une mort précieuse devant Dieu, laissant aussi sa mémoire en grande bénédiction parmi les bommes.
Les sœurs de la Providence n'avaient pas eu d'at)ord de constitutions et de règles écrites. A mesure que leur société avait pris de raccroîssement , leur pieux fondateur leur avait donné de vive voix des instructions propres à lc?s diriger vers le but de leurvocaiion ; il leur avait aussi laissé, à cet effet, quelques notes par écrit.
Kn 1834, elles prièrent Mgr Bouvier, qui venait d*6tre promu sur le siège épiscopal du Mans, de vouloir bien leur donner un corps complet de eonstitulioas et de règles propres à les cMduire sûrement vers la perfection de leur saint état. Il le fit avec cette haute sagesse qui le caractérisait; et pour leur montrer l'intérêt qu'il leur ror^a^^ îl
voulut, jusqu'à îa fia de. son épiscopal, l'oe* cuper Iui-m6me da gouvernement de leur congrégation sans leur dooaer d'attiré su* périeur.
Diaprés les constitutions que leur a doonées réminent prélat, la confsrégation est régie par une supérieure générale aidée de deux assistantes, d'une mattresse des ne» vices, d'une économe el d'une secrétaire.
Il ^ a en outre un conseil général, <|ai, réuni sous la présidence de Mgr l'évèqueen de son délégué, représente toute la consré* galion , fait Tes élections, prononce sur iid* mission des sœurs à la profession, et doit être consulté quand il s'agit de dépenses ex*» traordinaires.
Les sœurs doivent être dis))0$ées à aller partout où l'obéissance les appelle. soU poat se dévouer à l'éducation des jeunes Glles, soit pour vaquer au soulagemeoldesptafres et des malades.
£lles se consacrent à Dieu |»ar les vobui de pauvreté, de cbastelé, d'obéissance, et par le vœu spécial de se dévouer à Tios* truction des jeunes filles et au service des malades pauvres. Elles émettent ces fciax pour cinq ans.
La profession est précédée d'un noviciit de trois ans. Le> novices passent leur |)remière année de probation en babit séculier. Si, après cette première année, elles paraissent avoir de l'aptitude pour la vie religieuse et les emplois de la conjgréftalioD, elles sont admises à prendre le saint uabit.
Comme les sœurs, pour remplir avec dévouement leurs emplois auprès des sofaots et des malades, ont besoin de réchauffer leur zèle dans la pratique de l'oraison, la règle leur prescrit ne faire chaque jour une heure d'oraison ou de lecture spirituelle; d'entendre la sainte Messe, de faire l'eu* men particulier et l'examen général, de réciter le petit Office de la sainte Vierge et le chapelet.
La robe que portent les sœurs e^l ue aUi6 noire; elle monte à deux doigts du cou, de>cend à un pouce de terre» par devant,^ un demi pouce par derrière* La taille e't moyenne, et les manches ont dix-neuf pou* ces de largeur.
Leur mouchoir de cou est en cdicot Uaoc. de trois quarts et demi carrés.
Chaque sœur porte au cou un crucifix ei os blanc, de deux ponces et demi de long; et la supérieure un de trois ixiuO'es arec cette inscription : Supérieure générale.
Elles ont tontes» pendant au c6té drot un chapelet à gros grains, avec une croii^^ quatre pouces.
Leurs bonnets sont en percale, garnie «le mousseline épaisse.
L'habit de toutes les sœurs doU éiresoiforme pour la couleur et la qvatité t!e l'étotfe.
La congrégation compte aujourd'hui p^^ de six cents sœurs, ré(>arties en ceM vii^f^ établissements, soit écoles» soit bApii^uL bureaux de bienfaisance, ouvroirs, ^}*^^ d'asilei pensionnats. Elle va de jour en jour
PRO
DE3^ ORDRES RELIGIEUX
PRO
Util
aa-
'beureux
'esprit
(fèuarililé, de zèle el de dé^oueineDi que 100 pieux fondateur lui a imprimé.
Le local actael de ia maison chef-lieu est fort beau; il est situé à l'entrée du bourg de Boillé* et contient près de cinq hectares entourés d^u/i mur de trois à quatre mètres d*éIévAtiou. Non loin d« principal corps de 14timent« occupé par îes sœurs 9t tes nofj(%s, se trouve un beau pensionnai où les enfants appartenant aux familles aisées du
S)'i viennent recevoir le bienfait d'une ucition chrétienne.
On avait taii bfttir* en 1836, une chapelle qai paraissait devoir suffire aux besoins présents et futurs de la congrégation; mais la divine Providence ayant accru cette petite bmille au delà de ses espérances, elle se trouve dans la nécessité de iaire élever une église plus spacieuse : cette église, dans le <4|le gothique du xîW siècle» est maintenant eu construction.
La C4>iumunaiité de Ruillé a donné naisitoce k celle de Sainte-Marie*des-Bois, dans le diocèse de Vincennes, en Amérique. (IndUoa, EtaU-Unis). Mgr de ia Hélandière étant venu, en iBSStt h Ruillé, pria Mgr Bouvier et la supérieure générale de lui accorder qoe^quesscBurs pour lormer dans son diocèse one communauté sur le modèle de celle de Ruillé. On lui donna trois soeurs professes etbxiis novices, qui toutes brûlaient du désir anlent d'aller travailler à la gloire de Dieu sur cette terre étrangère.
Cette pieuse colonie eut d'abord bien des difficultés à vaincre et des contradictions à essuyer : ainsi, en 1843, le feu fut mis, par tuaiveiliance, è leur établissement, qui fut firesque entièremeiU détruit. Aujourd'hui celle communauté se trouve dans un état pru^père. £lle c<)mpte quatre-vingt-quatre sœurs, dont soixante-cinq professes et dixneuf novices : elle a, dans le diocèse de Vincennes douze établissements où treize eenis eniants reçoivent le bienfait d'une éducation chrétienne. (1 j
PROVIDENCE ( CoNGRieiTioïc des Fiixbs os LA ) élablie à CkurlevilU.
tfo/iee iur la 9te de Mme Morelf leur fondatrice.
La maison de la Providence date du 9 octobre 1679; elle a toujours été sous la 'l^pendance spéciale des archevêques de Beims, qui leur avaient donné leur approbation, ses constitutions, et ses règlements. Hlle eut pour fin l'instruction gratuite des jeaoes filles d'V<^^^ ^^ de Charleville sans distinction de pauvres et de riches. Elle avait taasi un pensionnat de jeunes demoiselles, qui recevaient une éducation plus soignée iusqu*à l'époque du concordat de 1803. Klle fut instituée par Mme Morel, qui, touchée des dan^erx que couraient les jeunes filles qui vivaient sans instruction religieuse» et qui fréquentaient les écoles des garçons,
0) Fpy. à la On du vol., n*> 188, 191.
dota sa patrie de cet inappréciable héritage.
Jeanne Ideiette Morel, née à Charleville le 8 octobre 16^9, eut pour père Claude MoretI, vicomte de Morei, premier président du conseil souverain d'Arches et de Charleville, et pour mère Jeanne Guérin qui mourut à l'Age de M ans, après avoir mis au monde onze enfants. Jeanne, la plus jeune, fut d'abord conliée à Mme de Salabery, aa sœur aînée, mais cette enfant doaoant des signes évideats de son esprit précoce et de ses grandes dispositions (tour la vertUtdout elle semblait avoir apporté le germe en naissant, en bomoie pieux, prudent et sage, son père la miteu pension dans ratrfwyedeJuvigny, où étaient entrées deux de ses sœurs, Claire Eugénie et Suzanne de Morel, et elle devint bientôt ou modèle de vertu. Non^seulement elle répondait aux soins qu'on avait de son éducation, maiselle dépassait les espérances qu'on peut nourrir d'une enfant de son Age. La gaieté qu'elle conservait dans les exercices de piété la rendait aimable A ses couipagnes, qu'elle édifiait par son ardent amonr pour Dieu.
Ses heureuses et précieuses dispositions firent devancer pour elle l'époque de la première communion. Les fruits qu'elle en retira, les progrès qu'elle faisait dans ia vertu auraient lait désirer aux religieuses de l'attacher A la communauté, mais Jeanne avait d'autres vues. Après l'avoir laissée quelque tempss'affermir dans la piété,M. de Morel la fit venir A Sedan, où il était alors intendant des frontières de Champagne et lieutenant général du bailliagedecelteville«filleeutle malheur de le perdre en 1665, lorsqu'ayant céiié sa haute position A son fils, ils'était retiré du monde pour ne s'occuperque de son éternité.
Uetirée A Charleville auprès de la comtesse de Salabery, sa sœur, Jeanne consacrait tout son temps aux bonnes œuvres ; elle recherchait les pauvres et il y en eut peu qui purent échapper A son active charité ; elle ne faisait que marcher sur les traces de sa sœur; elle était aussi puissamment secondée par sa cousine Marie Petit. C'est alors qu'elle forma le projet d'un établissement où elle réunirait un grand nombre de jeunes personnes pour leur donner les secours dont elles auraient lyesoin, leur apprendre A travailler, les instruire des vérités et des devoirs du christianisme, afin de leur donner les mojrens de se sanctifier dans le mondeet d'échapper anxdangersqa'y court leur innocence. £lie crnt devoir communiquer son dessein A sa cousine dans laquelle elle reconnaissait les,talents et les qualités nécessaires pour le succès de cette œuvre. £iles entrevirent tieaucoup d'obstacles A son exécution, soi (delà partde leur famillei-soit de la partdu monde, maiselles mirent toute leur confiance dans la Prpvidence. En vain la comtesse sa SGBor pour la détourner de son proi'et et la disposer A contracter une union vrillante , la décida-t-elle A aller A Paris auprès de son frère, conseiller d'Etat, en vain celui-ci s'efforoa-t-il, pendant dix-huit mois, de lui procurer toutes les distractions propres A changer ses intentionsi et lui faire