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quelles auraient été les suites funestes do Pour rage si un homme dévoué et courageux ne fût parvenu à les arrêter et à les calmer. Après une scène si scandaleuse, et qui retentit au loin, les parents des élèves vinrent successivement retirer leurs enfants.
On se pressait alors de mettre 2i exécution le décret qui ordonnait la confiscation et la vente des biens ecclésiastiques; les services que cette communauté, comme tant d'autres, rendait au puhlio, ni aucune considération ne furent capables d'adoucir celte inique mesure. Le gouvernement s'empara de tous les biens, soit ceux provenant des dots des sœurs comme ceux qui étaient le produit de leurs économies, tout fut vendu et conûsqué, et on 6t l'inventaire du mobilier de la maison et de la sacristie.
On continua cependant l'œuvre des écoles gratuites externes pour les jeunes filles de Ja vUie. Mais bientôt la communauté fut requise par Tautoriié civile de prêter, comme corps «nseignantsermentyde fidélité à 1d constitution civile du clergé constitution condamnée far Pie VI comi£i« schismatique» iiérétiqu« et impie. £lle refusa unanimenvent et avec indignation ce serment, et dès ce jour \gs révolutionnaires cherchèrent à confier les classes 5 des institutrices de leur parti mais n'en ayant point trouvé, ils furent contraints de les laisser entre ses mains. On ne saurait décrire ce qu'elle eut à souffrir pendant les sept ou huit mois qu'elle continua son œuvre Jusqu'au moment diî son exil.
Ce fut le 22 mars 1792 que le peuple £meuté, et armé de pavés» de hacnes et d'autres instruments de destruction, fondit 5ur la maison, s'ouvrit un passage, pénétra jusque dans l'intérieur de la communauté; alors arrivent les magistrats de la ville, qui, reconnaissant leur impuissance à contenir cette lie du peuple, iniiment à la comiHUnauté l'ordre de sortirde la maison. Mme Jacquemart, la supérieure, prie alors M. le maire de lui donner cet ordre par écrit pour avoir une preuve authentique qu'elles nabandonnaiènt pas volontairement la maison ni l'œuvre de l'enseignement, mais quelles cédaient à la force; cet ordre signé du maire et de plusieurs autres olliciers, fut remis à Mme la supérieure. Abliuées dans la plus profonde douleur, toutes les religieuses ^'arrachèrent à ce saint asile, et se dirigèrent vers des parents et des amis qui voulaient bien les rec4ieillir.
La communauté avait prévu la mesure extrême qu'on venait de prendre contre elle et avait décidé que ses membres resteraient toujours réunis, et qu'eiks iraient s'établir à l'étranger. C'est pourquoi elles partirent bien tiût pour la Belgique; elles étaient au nombre de dix-huit, y compris quatre sœurs converses. La première station fut Chima y ; de là elles se rendirent è Bruxelles, mais elles en furent chassées ainsi que tous les émigrés français par rariuée que commandait le général Dumouriez. La Hollande seule s'offrait à leurs regards, mais tous leurs compatriotes prenaient la même direc-
tion et il ne leur restait pour traverser fts. caut qu'un tout petit canot sur lequel elles turent obligées de chercher leur salot avec pi usieurs autres personnes entassées les aoes «•ur les autres; ce ne fut qu'a)>rbs trois joun cle navigation qu'elles purent arriver à Rotterdam oii elles furent accueillies avtsc tous les égards imaginables, non-seulemeot par )es Catholiques, mais encore par des protestants et des Juifs. Pendant serze mois, elles ressentirent les effets d'une généreuse hos- ][)itaiité. Des amis dévoués voulant leurjirocurer un établissement pour rendre leur existenc*e moins préraire et iear fouroir le inoyen de faire du bien, elles revinreotefi Belf^ique, où elles ouvrirent une Biaison qui fui bientôt fréquentée par un granl nonaibre d'élèves; mais hélas, cette (Tos|)érité ne fut qu'éphémère. Les bruits ie^ plus sinistres répandaient partout lalarme, on fait le siège de Charlenïjr;ie|wy< allait ^treenvahi dans peu de jours, il ieur fallut prendre de nouveau ia fuite, après aïoir renvoyé les élèves et fermé leurs classeï, sans savoir où trouver un asile. La Pro?idence qui opéra tant de prodiges visibles dans ces jours de calamité en faveur de iso: de martyrs de la persécution, dirigea leurs pas vers le llhin et après plusieurs stations elles s'établirent à Essen/en Westplialio,(m elles vécurent de la charité et du frait de 'eurs travaux pendant huit ans.
Mgr de Périgord, archevêque de Reims, avait chargé M. Bausson, curé de Beveror, des soins de celle communauté; il s'acqoilU jusqu'à la fin de cette mission avec bewcoap de dévouement. Ce fut pendant leur séjour à Essen, qu'en 1802, les principaux habitant^ de Charleville adressaient à Mme la sofii' rieure une invitation pressante de venir rtprendre l'enseignement public dans lenraacienne maison. C'était depuis dix ans I' bonheur après lequel cette sainte coojinonauté soupirait, et pour lequel tous 5*i membres avaient enduré les souffraD»t$ de la persécution et de l'exil. Pour réi»ircf leur maison délabrée, tous les ouvriers coicoururent à crédit avec un zèle et un ilf vouement qui ne se ralentirent pas, ce qui f)ermit à la communauté de rouvrir leu^ classes le k août de la même année, IW La digne supérieure qui l'avait conduiteen pays étrangers avait alors quatre vingt» «»•
Le pensionnat, qui ne se comf»osa tooi d'abord que de six "élèves venues de Belgique avec les religieuses, prit un telaccn»^; sèment qu'en peu de mois il en conM*'* plus de soixante; il ne cessa de prosf^rer. de manière qu'en 1807, lors de la première visite de Mgr Jauffret, évèque de Mctz,50U5 la juridiction duquel se trouvait Cbarlev.lle. l'établissement était des plus florissants, t-f^ religieuses reprirent aussi avec lèle Icor^ premières fonctions, elles s'occupèrenUTec fruit de l'œuvre des écoles gratuites qui était le but principal qu'elles tétaient louiours proposé.
Pour obéir à l'évoque de Metz, dont cf::^
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DES ORDRES RELIGIEUX
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dépeodii eocoro quelque temps, les reli-
Sieases de la ProTidence durent cbanger e ooo et prendre celui de sœurs de Sainte- Sophie, recevoir d'autres constitutions et QB aaire costume; Sa Grandeur appela tûèmt î Metz quelques-unes d'elles pour V iboder une maison. Il en fonda aussi dans le Laxefflbourg, qui dépendait également de réréché de Metz. Hais après la déchéance de Sonaptrte le gouvernement de Guillanme, loi des Pajs^Bas, ne voulut pas les reconoaltre comme appartenant à une coDgrégalioo religieuse, et leur défendit de recevoir des DOYices et même de porter Thabit religieux. Cet établissement ne put se soutenir par défaut de sujets; la supérieure, qui avait éié mise à la tète de celte maison, mourut pleine de mérites et de vertus.
Après la mort de Mgr Jauffret, en 1823, les religieuses de Sainte-Sophie de Metz, sollicitèrent la faveur d*être réunies à Tordre du Sacré-Cœur, dont la maison mère esté Paris.
La maison de Cbarleville restait la seule que possédât la Providence. La mesure qu'arait prise Mgr de Metz en substituant 10 titre de la Providence celui de Sainte- Sophie avait diminué le nombre des sujets, ce qui détermina les religieuses de Charte* Tille t suivre Texemple des sœursde Sainte- Sophie de Metz, et h demander d'entrer au Sacré-Cœur» ce oui eut lieu en 1834, après BToir rempli les tormalités requises auprès des supérieurs ecclésiastiques et des auturl- Mi ciTilcs.
lime la supérieure générale du Sacré- Csur envoya quelques religieuses à Charlefille pour étaiDlir cette maison selon les CoQsHtutions et les Règles de la société d^ Sacré^kBur; elles prirent Tbabit de Tordre, trent leurs vœux après avoir terminé leur ooTicial.CefulMgr I évèque de Numidie, adifiinistraleur du diocèse de Reims pour Son Effl. le cardinal Taleyrand de Périgord, qui reçut leurs vœux. Cette maisoo subsi^ste toujours sous le nom de Sacré-Cœur.
Quelques-unes des religieuses qui avaient émigré ont existé encore longtemps; une seule, Mme Justine de Gerlacho, a survécu à ses sœurs et n*a jamais quitté la maison de Charieville. Elle y avait été d*abord pensionnaire avant la révolution de 93, elle devint eosuite novice ; elle voulut suivre ces danjes en émigration où elle partagea leurs Moffrances et leurs travaux. Jeune» courageuse, vouée k sa vocation, elle leur fut très-utile k une époque oit elles étaient obligées de travailler pour vivre. Oe retour en Fraoce, elle Qt profession. Comme ce dames étaient peu nombreuses, Mme de Ger lâche se trouva surchargée d'occupations; elle fut ensuite, jpiendant quinze ans, supé- ^eure de cette maison et succéda k tfmeCol- Itrdeaa, femme de mérite, qui avait exercé ces foQctîons pendant les trei2;e ans d*exil
|t) On la perle Ums les éimanches à la ehsHla pour euMdre U saieic Masaa, et toas les Jours de >> MODhie pcNir aller faire une dévoilon au Salm- Sacremani. Toutes les religieuses oot pour elle ud vif aUMhemcnt; malgré ses infirmiiés et ses souf-
IhcnosiN. DBS Ordres rklig. IV,
et Jusqu'alors. C'était une femme ce grand caractère, d'éminente vertu et de rare discernement; elle était sœur de M. Jacquemart, grand vicaire de Reims. Mme de Ger lâche est Agée de qqatre-vingt-cinq ans; quoique accablée d*inQrmités, elle est un sujet d'édification pour toute la communauté (1). Mme Zonard avait été mattressb des novices depuis leur retour en France; elle eut un erand amour pour la vie intérieure et cachée; elle vivait dans une union parfaite avec Dieu. Elle conserva au moins pendant sept è huit ans la présence habituelle avec Dieu dont rien ne pouvait la distraire. On distinguait encore plusieurs autres religieuses cTéminente vertu, qui avaient fait partie de la Providence de Charieville : telles que Mme Poullans, morte il y a huit ans; Mme d'Eserlange, religieuse dun grand mérite.
Les religieuses de la Providence ne faisaient \}às le VŒU de pauvreté et n'observaient pas la clôture; ellBs pouvaient disposer de leurs biens; elles pouvaient sortir avec la |)ermission de la supérieure, et cependant jamais le moindre anus ne se glissa dans cette édifiante communautii. Pej)dant le temps de l'émigration elles étaient au nombre de di:^-neuf ; elles eurent le bonheur do ne perdre que deux ;mets, malgré les privations et les fatigues oe ce dur et long exil. (2)
PROVIDENCE (CoNORÉoATioif ras rbu- GiEusBS DB hA],à la Pommefaye ( Jfatne- • ehLoire j.
Uexistence de la congrégation de U Pro« vidence, établie k la Pommeraye, département de Maine-et-Loire , arrondissemem de Beaupréau, remoate k l'année 18U. Co fut la fille d*un pauvre tailleur d^celte cooh mune, appelée Marie Moreau, qui en fut le premier membre* Elle éleva une école dans cette localité, et bientôt, désireuse de roei^ une vie commune, elle s'adjoignit quelquef compagnes. Elle prit le nom de scsur Jkfarte- Jo$ephf voulant se mettre, elle et ses sceurs, sous la protection spéciale de laMèredeDieu ^t de celui qui veilla sur l'eniance de Jésus.
Mgr Montault, évéque d'Angers, faisant une visite épisco^ale, le SO juin 1816 1 vit rétablissement naissant de la Providence, et permit au'oo y suivtt, pour la conduite spirituelle et les veaux , ta Règle du tiers ordre de Notre-DaQ^e du mont CarmeL En 1823, M. l'abbé Grimault , curé de la Pommeraye, et nommé supérieur des religieuses, y ajouta un Règlement supplémentaire qui détermina d'une manière plus précise le but da l'œuvre, et fixa l'ordre des exercices de la journée. On y dit simplement que les sœurs se livreront è Tinstruction des enfants et au soulagement des pauvres malades. Ce règlement fut approuvé et signé par M.
fronces, elia conserve, bd caraciéra aiaaMe qvi lui aiiire le respect el radeotloB de loetcs t«s soiurs. Sa mémoire heMreuse lui a pi^ipî» i% dooner uua inriie des détails de celte poUce.
(?) Voy. à la Rn du vol., n« 192.
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