‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 158 sur 220 · PM · texte numérisé non relu

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or fêle» qoi ne saraleniit jamais» leur fit Jncre tous les obstacles ; c'est ce qu'on pul marquer daas une circonstance qui semlii ruiner toutes leurs espérances, quoique core au berceau. Cette institution excita ijemeot les nnirmures que Mgr Tévèque 3t dcTOir défendre sa pro|KBgatîou ; il au* risa seulement celles aui existaient déjà à otiouer leur œuvre. Cette mesure trouva Uoye résigné » mais il éprouva une peine Soie i cause des avantages spirituels qu'il promettait de ces établissements; il eât f moins affligé, si on Teût dépouillé de tous t biens» s*iT eût perdu la santé et la vie. mme il le disait lui-même» ce sacrifice coûta beaucoup» mais après avoir fait s actes sénéreux de renoncement avec Grâce, ilparvint à rétablir le calme dans icœur, et quoiqu'on apparence il n'existât CQD rayon d*«apérance» persuadé aue Dieu oMede quelquefois le sacrifice de notre, iouté et des desseins qu'il nous a ins* <s, il le renouvela devant un autel de la u*rge, et il remit entre ses mains et celles i Enfant-Jésus l'avenir de son projet. 11 opressa de donner celte triste nouvelle à ^amis et à celles de ces pieuses filles qui ieot remplies d'ardeur pour l'établissent de ces écoles » afiu de les engager à se. imeUro aux ordres de l'autorité ecclésiasae; Tune d'elles» Mlle Fresne, lui ré- )dii : « Mon Père, ce n'est qu'une épreuve.» (le ses amis» H. JoImiI» lui dit : « Les ars qui restent sont des pierres d'at- •le. B

Les consolations que M. Moye goûtait à la le des sentiments d'almégation dont il rUii pénétré» augmentèrent en entendant ^paroles; il eut aussi le pressentiment' e ses espérances se réaliseraient pour se liGer dans aa résignation ; il rappela ce le dit sainte Thérèse de ta manière admibie avec laquelle ses fondations s'établiot, non-seulement sans secours humains»

ai5 souvent malgré toutes sortes de eon- Kiictions de la part des hommes; comeol, dans les difficultés qui se présenieot, on s'apercevait que peu è peu* et lelqaefois dans un moment» tous les obscles s'évanouissaient ; comment ces étaissements» dans les circonstances où on V attendait le moins* et souvent auand les ^ies («laissaient désespérées» la Provi- 'nee faisait naître des ressources auxquelis personne ne s'était attendu. C'est ce oui Yive dans les ouvrages de Dieu; il les fait iussir par les voies qu'il trouve les plus n)pre$ à ses desseins; il les soutient par ■^ iDovens tout contraires à ceux de la pru- (tice humaine» au lieu que les établisse*-- ^n\s qui ne sont fondés que sur des moyens . Qmains , tombent souvent par l'endroit lêmeoù ils paraissaient les mieux affermis.. % révèqoe de Metz se relâcha de sa dé- ^nse; il permit d'abord d'établir une de ces 2 <'oles à Poli^y, puis il favorisa lui-même «Ue institution, en invitant MM. les curés '>ns les s^rnodes à former de ces écoles dans tm paroisses. Après avoir rencontré beau-

coup de contradictions dans son établissement en général» cette institution en éprou. va encore davantage dans l'application; près, que partout où l'on formait des écoles, Te^ sœurs subissaient de profondes humiliationsles létablissements soulevaient des oppositions et suscitaient des ennemis. Quelquesunes de ces écoles ne durèrent que quelques années, d'autres que quelques mois ; mais rien ne rebuta l'homme de Dieu, et il fol puissamment secondé par le zèle des saintes filles qui se dévouèrent è cette bonne œuvre, il les soutenait» il augmentait leur ardeur par ses exemples et perses conseils; il leur disait avec raison qu'une mission ne

[>roduit pas des fruits aussi solides, et ne aisse pas de traces plus profondes dans les cœurs» que les instructions qu'elles donneraient aux jeunes enfants et les sentiments qu'elles leur inspireraient» et qui ne s'effaceraient jamais de leurs coanirs. « Soyez disposées, » leur disait-il, « comme des mis* sionnaires» k aller de village en village, de hameau en hameau, ainsi que faisait Notre- Seigneur» quand il était sur la terre. » Quelques-uns de ces établissements prospérèrent, et Dieu bénit les efforts des sœurs de la Providence; les enfants, et même les grandes personnes profitèrent et de lenrjs soins et des instructions que leur adressait leur fondateur.

M. Mo^e cependant n'était pas h bout des humiliations et des contradictions» mais il observa toujours que les hommes môme dans leurs intrigues ne sont oue les exécuteurs des desseins de Dieu, k 1 égard de ceux 3 ni s'abandonnent sincèrement à la Provience et qui en suivent les dispositions. Il fut tellement voué au mépris» à la calomnie.; les filles de la Providence rencontrèrent tant de difficultés et furent livrées k tant d'abjec* tion (]ue les parents mêmes de M. Moye lui en faisaient des reproches amers» parce qu'ils ne pouvaient supjiorter l'odieux qui r^aillissait sur sa famille. Sa confiance en Dieu augmentait en proportion des injustices du monde; si les hommes me rejettent, disaitil, j'espère que le Seigneur me recevra dans sa miséricorde. Le nombre des sœurs augmentait chaque jour, et comme il était iuw portant d'établir la discipline dans cette congrégation naissante» Dieu» pour seconder son zèle» suscita une femme forte» qui, avide de gagner des âmes k Notre-Seigneur Jesus- Christ» entra dans toutes les vues du saint

Grêtre et fut nommée supérieure générale, [me Morel» avec laquelle il avait contracté k Dieuze une liaison toute spirituelle, l'aida puissamment; elle avait consacré k Dieu sa virginité; elie se livra avec ardeur k toutes sortes de bonnes œuvres ; elle commença plusieurs écoles» d'abord k Cutting» quelques années après k Condrexange, k Assenancourt, et ensuite dans les environs de Saint-Dié. Elle eut partoui bien des contra* dictions, bien des humiliations k supporter» mais son zèle et son courage lui faisaient surmonter tous les obstacles; ses bons exemples répandaient partout la bonne

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(uleur (le Jésus-Christ. A Gondrexange, où révoque lui avait permis (i*allcr, on sonna la cloche à son arrivée dans Tintention de réunir les habitants pour la chasser. Elle va se jeter aux pieds de M. le curé, lui demande ta permission d'ouvrir une école et sa bénédiction. Quoique peu disposé en sa faveur, M. le curé ne put retenir ses larmes; son cœur fut si touché, si attendri qu*il pouvait à peine articuler les paroles qu'il lui adressait en lui donnant sa bénédiction. La sœur demeura et fit Técole.

La sœur Morel forma des sœurs qu'elle aidait et soutenait par ses exemples et ses discours; elle pourvoyait à tous leurs besoins spirituels et temporels, elle leur apprenait à pratiçiuer Thumilité et la mortification. Ses soins s'étendaient à tout, lîlle plaçait les sœurs; elle exerçait sa charité envers les iudigents, elle les soulageait par tous les moyens; Dieu bénissait toutes ses entreprises; elle faisait beaucoup avec peu de chose ; elle était si sobre qu'elle vivait presque.de rien. Telle fut la première supérieure qui mourut en odeur de sainteté.

A|)rès avoir exercé le saint ministère dans plusieurs autres paroisses, en qualité de vicaire, M. Moye fut appelé à Saint-Dié, par Mgr Marcille, alors évèaue de Sion et grand prévôt du chapitre, à l'effet de commencer son séminaire. C'est là qu'il fit la connaissance de M. Baulin, qui fut l'instrument dont la Providence voulait se servir pour donner plus d'étendue à l'exécution de son projet, et ce fut M. Moye lui-même qui le lui annonça, ce qui fut vérifié par les événements. Cet abbé Baulin éiait un pieux ecclésiastique qui ne respirait que la gloire de Dieu. Son âme était embrasée des feux de la plus ardente charité. L'œuvre de M. Moye lui parut si importante et si utile à la religion qu'il s'y dévoua tout entier. Sa fortune et son titre de chanoine lui donnaient assez de crédit pour protéger cette congrégation et pour lui donner beaucoup d'extension; il réunit tous ses efforts pour placer des sœurs dans les villages des Vosges. Cependant les humiliations et les contradictions ne manquèrent jamais d'entraver les commencements des divers établissements qu'ils formèrent ; mais persuadés que ces épreuves sont communes aux œuvres de Dieu, les difficultés ne faisaient qu'augmenter leur zèle et fournir desaliments è leur patience. Après un an environ de résidence a Saint-Dié, le saint fondateur se rendit h Paris, pour faire des missions, et il laissa entre les mains de M. Baulin le soin de son institution naissante. 11 revint au printemps dans la Lorraine et il se livra pendant dix-huit mois aux mêmes exercices dans grand nombre de paroisses où ses prédications et ses bons exemples produisirent les fruits les plus abondants. Ce fut pendant cet intervalle que l'œuvre de la Providence obtint le plus grand succès; plus de trente nouvelles localités virent se former des écoles où s'instruisait et se sanctifiait la jeunesse. MM. Moye et Baulin voyaient les bénédictions du Ciel se

répandre sur ces écoles ; ils en remerciaient le Seigneur et ils s'efforçaient de suivre \ti vues de la Providence qui les avait choisis pour être ses instruments. M. Baulin sa voyant appelé par elle à remplacer M. Move, quand il rut parti pour la Chine, il redouW de zèle et d'efforts; rien ne lui paraissait pénible; il allait lui-même dans Tes villages, exhorter les habitants à profiter des avaotages que procure une sœur. Ses paroles pleines d'onction passaient dans tous les cœurs, et jetaient les semences du bien que devait opérer la sœur au'il installait.

Ces pieuses filles n'étaient encore ré()andues que dans les diocèses de Metz, de Nancy et de Saint-Dié, mais bientôt les diocèses voisins voulurent en OTOir et deinao* dèrent avec instance à H. Baulin de leur m envoyer. Sous sa conduite, les sœurs se multiplièrent d'une manière étonnante; chaque année il établissait un grand nombre d'écoles qu*il visitait exactement. Cette congrégation fondée par M. Moye, soutinoe par MM. Jobal, Lacombe, Gai land, et dirigée par M. Baulin, donnait les plus belles espérances.

Ces quelques amis de M. Moye coneoo* rurent aussi à cette excellente œuvre, M. Jobal soutenait les établissements dans Irs environs de Metz, M. Galland, curédeCbarmes-sur-Moselle, fit construire une maison de Noviciat à Esseigney, pour les sœurs françaises. C'était un homme d'un zèle ardent, d'une piété solide, d'une charité sans bornes. M. Lacombe en établit un pour les sœurs allemandesàHaut-Clocber,il fut transféré ensuite à Siestdl. Les sœurs y vivaieoi en communauté comme des religieuses sons les ordres d'une supérieure, et celles qui dirigeaient les écoles dans les diverses cooh munes y venaient tous les ans pour se re* cueillir et pour ranimer leur ferveur. Quand M. Lacombe faisait bAtir sa maison du po> viciât, on tenait les propos les plus injo* rieux, mais il les souffrait avec sa patience et sa douceur ordinaire, et n'en cootinoi pas moins son OEuvre; aussi fut-elle béoii par la Providence. Ce fut admirable de foir i'ailluence des novices, l'ordre et la piété qui régnèrent dans cette maison.

A Marlin, une sœur faisait des prodiges. Quoique souvent malade, son zèle lui faisait oublier ses infirmités. Elle faisait aux p^u* vres des lectures; elle les formait k la verec par des exercices de piété, sans distinction d'âge ni de sexe; elle inspirait à tous des sentiments d'amour pour Dieu et de lè/e pour leur salut ; des vieillards de soixaoï'f soixante-dix et quatre-vingts ans, ne pouvaient retenir leurs larmes, aussi M. Moye ayant donné une mission dans une paroisse voisine à Bobin,'on venait en foule deMirlin pour y faire des confessions générales. A Bobin, village allemand, une autre lœor •d'une piété éminente et qui avait le m d'oraison, sut communiquer k la population l'esprit de prière qui ranimait; les pères et mères étaient si touchés du changeaient qiu s'opérait dans leurs enfants qu'ils cobudcb*

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DES 0IIDRE8 BCLIUBUX.

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cèreBi à paoïer sérieasemeDi I leur salai. BrAlaol d'ardeur pour éCoDdre la gloire de

Diea et poar rendre particl|>aDle8 des précknii fruits de la Rédemption les nations qttieo étaient privées, M. Moye, ayant obteoa la permission de ses supérieurs» se reodit i Paris eo 1769; il y demeura un an» Dais 0 ay^toi Pàs trouvé une oecasiou favorable pour s'embarquer pour la Chine, il rerini en Lorraine» où il se livra avec beau* coup de zèle aux missions dans les campagnes; il retourna ensuite dans la capitale» arriva è Port-Louis le 90 novembre 1T71 et partit pour la Chine le 30 décembre suivant» lorle vaisseau le Ptnthièwre^ laissant entre les mains de la Providence la bonne œuvre 40*11 avait commencée.

Elle prospéra d'une manière étonnante arec les soins de H, ftaulin que Dieu avait toscité pour en être le continuateur» jusque son retour» qui eut lieu seize ans après» eol787.

Transporté dans l'empire céleste» M. Moye ne perdant jamais de vue le moyen de salut qtti lai avait si bien réussi en Europe» te

Kposa à M. Gleyo sous lequel il exerçail tint ministère. Ce digne prélat entrevit laot de difficttllés qu'il le jugea d'abord im« (Khsibie ; il étail cependant persuadé qu'on pottfait obtenir les plus beureui résultats » luais rebuté par les ODstacles» il différait toujoars de l'entreprendre ; un jour qu'il récitait une prière à la sainte Vieroe» il lui sembia eotendre la voix qui lui disait : « C'est DOD ouvrage» » et aussitôt il se mit à l*œuvre.

Diea, qui leur avait inspiré cet heureux projet» suscita au milieu de cette nation in- §<iéle des sujets dignes de les seconder. Les premières qai furent appelées k diriger ces fcoles se distinguèrent par leurs vertus et ^ortottt par leur héroïque patience; car, xHDiDe toujours, les commencements de Toavrage du Seigneur furent souvent enrafés; il éprouva et il purifia ces Tases l'élection ; il les humilia avant de les ezaler. Parmi elles se distingua surtout une ille de onze à douze ans, qui était un proli[;e d*inteUiKence et de piété ; elle compreiait et expliquait les livres chinois les plus itlEciles» et aile ne parlait» elle ne s*entreeosit que de Dieu. Elle fut ((uérie miracaensement d'une maladie qui lui occasion- «it des douleurs atroces ; elle convertît teaocoup de païens; elle fut chargée d'insroire en particulier les filles et les femmes.

Dans tous les districts on établit de ces «oies et partout elles opéraient le plus ;rand bien : les grandes filles, les femmes» es prosélytes ne craignaient pas de s'y renire. On eut la consolation de voir les fruits bondants qui résultaient de ces utiles éta- 'lissements. Les enfants, qui apprenaient es vérités de la religion» des prières » des 'ratiqoes de piété, les enseignaient à leurs "ère et mère ; ils faisaient chez eux la prière Publique et une partie des exercices qu'on Cliquait ITécole. Partout on les entendait ^banter les petits cantiques qu'on leur avait weignés. Un jour que M. Moye établissait

une de ces écoie* è Kioutbéon » son hôte malade se trouvait en danger de mort» sa fille était promise en mariage, et il lui semhlait que Dieu la destinait à rester vierge et i devenir un vase d'élection ; il dit au ^re : Promettez è Dieu que vous lui consacrerez votre fille et ie le prierai de vous guérir ; il le promit et if fut guéri. Cette jeune fille sa donna à Dieu sans réserve ; elle jeûna tous les jours pendant trois ans; sa nourriture était un peu de riz cuit à l'eau et quelques herbes salées. Jamais de viande ni de liqueurs du pays. Elle avaitdans la physionomie une douceur, une candeur et une modestie qui la rendaient admirable; toutes les vertus étaient peintes sur son visage. Elle portait la baire» se donnait la discipline» passait presque tous les jours en prière, en méditation et souvent les bras en croix; elle avait le don de faire passer se» rertus dans le cœur des enfants et de toutes les personnes qu'elle enseignait. Tous les membres de sa famille» sa mère, sa sœur, sa tante, consacraient tout leur temps aux bonnes œuvres ; elles recevaient même dans leur maison» les pauvrea femmes» les nourrissaient» les instruisaient et les formaient à la piété. Dieu favorisa et multiplia tellement ces établissements qu'ils obtinrent bientôt un assentiment universel. Tout le monde comprit que c'était le moyen le plus efficace pour répandre la bonne nouvelle de l'E- Tangile» et de la faire parvenir par la jeunesse aux oreilles des parents.

Lorsque M. Moye boitait la France, il était TAme de ses eommutiautés et de tous les membres qui travaillaient è l'instruction et è la sanctification de la jeunesse dans les diverses communes; les avis qu'il ne cessait de leur donner de vive voix leur servaient de restes ; mais quand il quitta sa patrie pour aller évangéliser des peuples encore assis dans l'ombre de la mort, ayant grandement à cœur la conservation et la propagation de son institution et de la maintenir dans le bon esprit qui en dominait tous les membres» il entretint avec les sœurs de la Providence une correspondance régulière» il leur adressa constamment des letures oii il les entretenait des devoirs de leur état.» et des rertus qui le constituent essentiellement. Aussi la réunion de ces lettres forme un corps d'instructions qui doivent diriger leur conduite. Nous voudrions pouvoir inscrire ici quelques-unes de c^s lettres; quoique écrites dans un style simple et négi igé,elles n'en feraient que mieux connaître l'esprit d'humilité et d'abnégation de cet homme de Dieu, et Punique désir qu'il avait de propager sa gloire, de le faire connaître et aimer par les pauvres surtout et par les ignorants. 11 devint ainsi nar ses exemples et par ses préceptes le modèle de ces admirables filles qui» renongant à tous les biens du monde, a toutes les douceurs de la vie, se vouent à une œuvre si pénible et si méritoire.

A son retour de la Chine, M. Moj[e trouva singulièrement accrue lA congrégation qu'il

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ayaibfandee ; il en bénîl la Providence» et «le concertavec M. Bautin» il travailla à maltiplier encore tes écoles, mais surtout à renouveler dans Tesprit de leur état ses pieuses filtes éparses dans les baroeaui et sur les montages; comme TApôtre des naiions, il pouvait compter ses courses, ses vejifes, ses naufrages et les supplices quMI avait endurés pour conserver et établir la for ; accablé a*intlrmités, couvert de glorieuses cicatrices des persécutions qu'il avait essuyées en Chine, ri ne crut pas avoir encore le droit (io se reposer; lise plaisait h donner desmis*

aionsdansles hameaux abandonnés r il allait dans la chaumière du pauvre, le consolait et lui apprenait à souffrir avec résignation. Il continua ses travaux apostoliques jusqu'à Tépoque funestede la révolution. Alors il fut oblige de sortir de France, il se retira à Trêves où il nomma pourson successeur M. Feys, curé de Portieux, il recommanda ide réunir ses efforts à ceux de M. Baulin pour maintenir l'œuvre qu'il avait entreprise ; ses jours étaient rem plis, la courotme de justice l'attendait; il mourut entre les bras de sonsuccesseur et. fit la mort d'un prédestiné, le samedi ik mai de l'année 1793.

L*oeuvre des écoles avait été interrompue en France par sa désastreuse révolution. Les sœurs avaient disparu avec tous les ordres religieux; tout exercice de piété avait cessé, on voyait l'abomination de ta désolation jusque dans le lieu saint, mais la Providence veillait au maintien de l'institution qui avait coûté tant de peines à son fondateur. Plusieurs sœurs étaient sorties de France, n'ayant emporté avec elles que la confiance qu'elles avaient en la divine Providence dont elles étaient les enfants, et rien ne leur manqua. Ellesformèrentlenoyau d'ouest sorti cegrand arbre qui étend aujourd'hui si loin ses rameaux. H. Baulin rentra d'abord avec quelques sœurs h la faveur du sénatus-consultedu26avril 1802; il les établit dans des paroisses avec un grand nombred'autres sœurs qui s'étaient retirées dans leurs familles et qui se remirent sous sa direction. M. Feys que H. Moye, en mourant, avait nommé pour lui succéder en plaça d'abord deux à Portieux, dont il fut nommé curé, dans l'évôché de Nancy , et d.'après le conseil de M. Baulin on forma un noviciat dans cette paroisse et une congrégation de toutes celles qui existaient. On élut une Supérieure générale , sœur Cécile Calart , que couQrma Mgr d'Osmond. Sa Grandeur déléçua M. Feys pour être supérieur ecclésiastique de celte communauté naissante.

Dieu bénit ses travaux; les sœurs se muU tî plièrent d'une manière prodigieuse, car 27 us après leur nombre s'élevait à 1,200 ; une ordonnance royale du 2 août 1816 avait donné une existence légale à cette congregatioa et confirmé ses statuts, et en 182^, dans le seul département des Vosges , on comptait 89 établissements.

PROVIDENCE (CoNORéGATioif db la), maison mire à Langret {Haule-JUarne).

Celte congrégation fut établie à I^ogres

(Haute-Marne) en 1809, an mois de iaovîer. Elle eut pour fondateur M. l'abbé Lecterc, ancien directeur du grand séminaire, et rj. Caire général de Mgr fe cardinal de la Luzerne, évoque de Langres.

Retiré en Suisse avec ce prélat, pendant la tourmente révolutionnaire, il forma, de concert avec lui, le projet de fonder k leur rentrée en France une communauté de filles dévouées à l'éducation des enflants pauvres et au soin des malades dans les villes et les campagnes. De retour ett France, M. l'abbé Leclerc se hAa de réaliser son pieux dessein. Il fat secondé par Mlle Roger de Lan-

Sres , dont la maison fut eorome le bereeaa e la nouvelle coiigrégationyetil vonlotqae ses filles portassent le nom de Sedurs de la Providence. Il établit comme règle fdodamentaie qu'elles n'iraient Jamais moins de deux dans les établissements qui leur seraient confiés : 1» Seigneur ne tarda pas à bénir la cong^ré^ation naissante : les vocations se multiplièrent ; des maisons nom^ breuses se formèrent dans les diocèses de Langres et de Dijon. Ce ne fut qu'au bout de onze ans que le pieux fondateur traça définitivement les règles et constitutions de son institut, il mourut en 1817, avec la consolation de voir en pleine prospérité Toeavre qu'il avait établie. Sa mémoire est en fémration dans le diocèse de Langres, et la réputation de sainteté qu*il y a laissée est justifiée par une vie entière de pauvreté» de moptification , de dévouement à la gloire de Dieu et au safui des Ames.

La congrégation des sœurs de la Proiidence de Langres, distincte* sous tous les rapports, de celles qui portent en France le môme nom, compte actuellement près de cinq cent<i sœurs et cent cinquante i deux cents établissements» relevant tous de la maison mère établie dans la ville de Lan^ grès.

Conformémetti au bot de leur institut, lef sœurs dirigent des classes externes, des pensionnats, des ouvroirs et des asiles; elles soignent les malades à domicile t ou dtos les hôpitaux qui leur sont confiés.

Depuis leur fondation, elles n*ont pav cessé de montrer un dévouement à toute épreuve dans raccomplissement des devoirs

3ue leur impose leur vocation. Au nuliea es épidénùes qui ont ravagé le pavs, elles ont fait preuve d'un courage sarLumaio.

Plusieurs ont succombé Ticlimes de leur zèle, heureuses de mourir dans Texercrce de leur charité.

La congrégation» dirigée par une so;*^* rieure générale, a été reconnue légaleo^^t par le gouvernement» en I^S. Depuis ^ mort de son vénérable fondateur, elleeM restée sous la conduite immédiate de I évéque diocésain, qui se fait remplacer par an <ii* recteur qu'il nomme luinnème. Mgr Partes pendant les dix*sept ans qu^l occupa te siège de Langres, porta le plus vif intérêt ^ cette congrégation, et elle prospéra beau* coup sous sa haute et sage direction.

En 1852, Ugr Porisis, transféré à Térlii^

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d'Arras» demanda des sœors è la maîsôii mère de Langres, pour fonder dans sou nou** fcau dîocàse uue eongrégation du mèaie ordre.

Conformément k son désir, des sœurs îinreni de Langres pour établir è Arras une maison mère. L'ouverture s*en fit la k mai 1g32, dans Tancien Hôtel-Dieu en cité. De iè le nom que prirent tes nouvelles sœnrs, de Sœurs de la Providence de i'Hôtel-Dieu / ) Arras.

H. Tabbé de la Tour - d'An vergpne »

ficaire général » nommé , par Mgr Parisis, directeur de la communauté naissante , sefonda puissamment les vues du prélat, par son zèle et son dévouement infatigables 8UI intérêts tant spirituels que temporels de la congrégation. La dignité d*auditeur de Rote, rayant appelé h Rome, lui fit quitter^ iQ oommenceiiient de Tannée 1856, une direction qui avait été si heureuse pour les sœors : son départ laissa dans les cœurs les plus vifs regrets.

La congrégation d'Arras, reconnue légalement en 18S!^, a le même but que celle de Langres, c'est-à-dire Téducation des enfants ei le soin des malades ; elle est aussi dirigée par une supérieure générale. Quoiqu'elle ne compte encore que trois ou quatre ans d'exisleoce, elle a déjà dix-huit établissements , on noviciat d*une quarantaine de sujets , et quarante-deux religieuses professes. L'HÔtet-Dieu» qu'elles occupaient en location, a été acjquis par Mgr Parisis, comme propriété diocésaine.

L*heureux début de cette congrégation naissante fait espérer aue Dieu la bénira comme il a béni celle de Langres. Les sœurs, qooiqae jeunes encore pour la plupart, et oorices dans l'exercice de leur vocation, ont imité avec un courage admirable celles de Langres, dans les soins donnés aux cholériques de t855. Demandées par l'autorité ciTîle, elles ont été envoyées par leurs supérieurs dans plusieurs paroisses alBigées par Tépidémie, et elles se sont constamment montrées à la hauteur de la mission de chanté qui leur était confiée.'(l)

PR0VlDENCR(CoilOEi64TIO!f DBS SOBUBSDK

iA)f àAnnanaj/f dioei$€ de Vivierê (Ar^ diche).

La maison de la Providence a été établie <lans la ville d'Annonay, par les soins de H.Tabbé Dnret, ancien chanoine de la eoUéf^ale et archiprètre, de concert avec H, LéorauPicansel, curé et vicaire général du diocèse. Les sœurs Marie et Thérèse Liood ont ^té les premières à s'engager par le vœu de [^biliié , en 1819. Le règlement tracé par les fondateurs fut, en grande partie, tiré de celui que Bossuet avait dressé pour le séminaire des Filles de la Propagation de la Foi» ♦^Wies à Metz.

Le but que se proposent les Sœurs de la l^vidence, est de donner un asile à de pau- ^[es enfants de leur sexe , orphelines ou ^oandonnées de leurs parents, ou dont les n\i£ars Seraient exposées.

(') 1^09. & la fia da vol.. n* 196.

Pour atteindre cel)ut, on exige des sœurs un dévouement entier, un détachement complot.

Elles reçoivent un nombre d*enfants aussi grand que leurs facultés peuvent le ))ermettre« de sorte que leur maison ne puisse iamais s*enricbir. L*Age exigé est de sept à aix ans. On suit avec ces enfants un régime maternel» de sorte que l'esprit de famille est proprement celui de la petite communauté.

On leur apprend à lire et à écrire; les principes du calcul, la couture, le raccommodage, le repassage du linge, et en général tout ce qui est nécessaire à une femme de chambre. Quand elles ont atteint l'Age de vingt et un ans, on les place dans des maisons chrétiennes et sûres, après leur avoir donné un trousseau convenable. Dans le monde, elles continuent encore à être l'objet des soins de leurs anciennes maîtresses, autant que la position de celles-ci et les circonstances peuvent le permettre.

Les personnes qui ont fondé cet établissement avaient un double but : celui d'être utiles à la classe pauvre, en recueillant ces enfants, et celui de urocurer aux familles riches des femmes oe chambre et des do« mestiques bien formées sous tous les rapports.

Les SoBfurs de la Providence ne sont pas cloîtrées ; mais l'esprit de recueillement et de retraite leur est spécialement recommandé. Elles doivent aussi faire une profession particulière de la simplicité évansélique : leur digne fondatrice et première supérieure, décedée Tannée 1856, à l'Age de

3uatre-vingt-six ans , leur a légué cet esprit e simplicité et d'humilité dont sa conduite offrait un type admirable comme un précieux héritage. Son bonheur était de vivre inaperçue avec sa petite communauté. « Mes sœurs , » disait^elle souvent , « sovons petites, restons dans la simplicité, et Dieu sera avec nous. Il se retirera, si nous en sor« tons. »

Depuis quelque temps « les supérieurs oui jugé a propos , dans l'intérêt de Tœuvre, de faire quelques modifications aux premier» règlements. Les sœurs ont ajouté auvœa unique de stabilité^ auquel elles se born naient dans le principe, ceux de pauvreté , de chasteté et d*obéissanoe. En continuant à pratiquer ces vertus religieuses avec l4 même perfection, elles le leront avec plus, de mérite.

La communauté est sous le patronage du saint nom de Marie el de saint Vincent de Paul. Elle honore aussi d'une dévotion particulière le Sacré-Cœur et la Sainte-Enfance do Jésus, ainsi que le glorieux saintJosepfa.

Elle dépend de Mgr l'évAque du diocèse. C'est lui qui nomme le supérieur, ou Père spirituel.

Les sœurs font tous les cinq ans une nouvelle élection do la supérieure et de son assistante ; les mêmes peuvent être réélues.^ Cette élection doit toujours être approuvé* par rOrdinaire.

L*économe el les conseillères sont nommées par la supérieure. ^ • i n

JLe costume des sœurs est fort simple : Il consiste dans une robe de laine noire, à manches larges, tablier el châle de môme couleur. — Coiffure blanche avec bord plisse sur les côtés, recouverte d'une calèche en créponoif. Les sœurs professes portent suspendu au cou un cœur en argent, sur lequel est gravé d'un côté le saint nom de Jé$uSf et de Tautre celui de Marie.

Les f^œurs converses ont, à peu de chose près, le môme costume. Les unes et les autres portent un manteau long pendant Thiver. (I)

Les Sœurs de la Providence d'Annonay ont ert ce moment , dans leur maison t soixante - deux enfants, qu'elles élèyent» nourrissent et entretiennent à leurs frais, comme le porient leurs Règlements.— Elles ont éprouvé en bien des circonstances que Dieu veille sur leur œuvre d'une manière qui doit les engager à la continuer, avec une confiance sans bornes et le plus religieux dévouement.

PROVIDENCE ( COKGRÉQATION DBS SOBURS

DB la}» maùofi mère à Troyes {Aube).

La congrégation des Sœurs de la Providence de Troyes a été fondée en 1819, à Pargues« canton de Chaource» arrondissement de Bar-sur-Seine. Elle eut pour fon* dateur M. l'abbé Boigegrain , alors curé de la petite paroisse de Pargues, décédé en 18b5 chanoine de la cathédrale. Les constitutions qu'il lui donna ont été approurées le 9 juillet 18W par Hgr Debelay, aiiyoïird'hui arche* TÔque d*Avignon.

Depuis longtemps M. l'abiié Boigegrain»

curé de Pargues^ était préoccupé de la pensée de procurer à sa paroisse un établissement de sœurs pour la visite des pauvres» le soin des malades et l'éducation des jeunes filles. Cette couvre lui paraissait d'autant plus nécessaire qu'à son retour de l'exil , après dix années d'absence» il avait trouvé bien des mines k réparer. Sa chère paroisse, autrefois si attachée aux pratiques de la piété chrétienne» n'était plus telle qu'il l'avait laissée en partant pour la terre étrangère. Et f^nmlNen d'autres étaient, sous ce rapport» dans une situation incomparablement plus déplorable 1

Le vénérable curé de Par^^oes ayant appris tout le bien que les religieuses, vouées à l'instruction de l'enfance et au soulagement des pauvres et des malades» opéraient en d'autres contrées» son grand désir fut d'en obtenir deux seulement pour sa paroisse. Il était persuadé que la coopération de ces saintes tilles, utile dans tous les temps» de« venait en ces circonstances, où l'action du

1>asteur snr le troupeau n'était plus le même» e complément, pour ainsi dire» nécessaire du ministère pastoral.

Du projet à l'exécvlicMi il y avait loin. Les ressovrees les frins indispensables manquaient; il n'y amt rien a attendre de la municipalité qui était dans l'impuissance de

(1) Voy. k la fin du vol., n* 197.

IHCtIONNAmK PHO im

fgiîre aucnn sacrifiée; el puiscomaiemliir« apprécier une œuvre jusqu'alors à peo près inconnue dans les campagnes? Les plui

Srandes difficultés étaient à vaincre. Ce|)eDant le zélé pasteur ne désespéra nas : dm la simplicité de sa foi et dans Tardeardesa charité» il osa croire qu'une entreprise, aai avait pour objet la gloire de Dieu et le salut des Ames» devait nécessairement réa$sir;il en recommanda le succès aux soins de U divine Providence, et il fut exaucé au delà de ses modestes désirs.

Son pieux dessein fut approuvé de tootet les personnes auxquelles il s*en ouvrit; tout le monde entrait dans ses vues. Ses vertus, que les épreuves de la persécution et plus de trente années d'un ministère fidèlemeat rempli avaient fait briller du plus vif éclat, exercèrent une haute inQuence sur les ftœes généreuses. L'homme de Dieu obtint pour ses projets la plus entière confiance, et la confiance amena bieniftt les ressources.

Ses plus puissants coopérateurs fureut, son vertueux ami» M. l'abbé Andriot, curé de Lanlages» et le pieux auteur du Mémarid de la vie eacerdotale^ M. l'abbé Arvisenet, chanoine» vicaire général du diocèse. Ce fut spécialement d'après leurs conseils et leurs pressantes sollicitations qu'il se vit obligé de donner d'autres proportions à son pisa primitif» et qu'au heu d'un établissement particulier il eut à jeter les fondements d'uoe congrégation.

Aidé de leurs libéralités» autantqu^il TéUit de leurs lumières» soutenu et encouragé par le concours d'antres eccJésiastiques Clément dévoués et de plusieurs personnes charitables, il se détermina enfin à commencer son héroïque entreprise. Le début fui nn souvenirde l'établecle Bethléem: une pauvre chaumière avait été choisie pour être le t)e^ ceau de la congrégation naissante» et le pe^ sonnel se composait de trois jeunes postu* lantes qui n'eurent à otTrir pour toute dot que le dévouement de leur bonne volonté.

Cependant l'œuvre bénie de Dieu grandit» et, malgré l'opposition des hommes ennemis et les contradictions des hommes de ()eu de foi, ou plutôt» k l'aide de ces deux obstacles qu'elle ne tarda pas de rencontrer, eoomia on devait s'y attendre» elle jeta de profondes racines.

Il fallutbient6tsonger à remplacer rhumble ehaumière par une habitation, sinon plus riche» du moins plus en rapport avec te nombre toi:gours croissant dea vocations. De nouvelles ressources étaient nécessaires; mais comme les filles de la divine ProvUeons ne cherchaient que le royaume de Dieu el sa justice, le reste ne leur manqua jamais;. d'autres offrandes» d'autres aumônes» et pu» le travail et les privations des bonnes soors pourvurent à tout.

L'institut continua de prospérer, et las nouveaux développements ((o*il prit née^* siièrent sa translation à la Tiile episcopala» où il devait trouver, sous les yeux de l'autorité première, un appui oui lui était deveno indispensable. C est en 1835» seixe ans ar^

PRO

DES ORDRES RELIGIEUX

PRP

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0 fondation, qQ*il fui établi â Troyes par le looble concours de raulorîté spirituelle et la pouvoir ciril. II comptait déjà à cette ïpoqae plusieurs maisons de dépendance, ani dans le diocèse qne dans les diocèses roisins ; et depuis le nombre s'en est accru tans les mêmes proportions.

Tels furent Torlgine et les progrès de cette )OQgrégation. Elleest Yérilablement Tœuvre le Dieu, et c*est ajuste tilre qu'elle a reçu e nom de Fiilei de la Providence.

Lts soccis otMenus et le changement de xttition n'ont dérogé en rien aux nabitudes le simplicité et de dévouement des reli- ;îeu$es; aussi la bénédiction de Dieu ne s'est MÎQt retirée d'elles. Leurs services sont de >las en plus appréciés des populations; elles >ot Testime ei l'affection des paroisses dans lesquelles elles sontappelées à remplir leurs importantes fonctions; la reconnaissance des pereols égale le tendre attachement que leur forteut les enfants élevées par leurs soins; tes pauvres et les malades bénissent la reli-

Eon pour les consolations que leur procure charité de sœurst non moins occupées des besoins de l'âme que de ceux du corps; les l^asiears les regardent comme de puissantes aoxiliaires pour le salut de bien des Ames, <|tti, sans la coopération de ces saintes filles, «cbapperaient k leur zèle et h leur sollicilude. En un mol, la congrégation remplit aujourd'hui les vues et les espérances de ses fondateurs.

La congrégation a été approuvée par ordonnance royale en date du 13 décembre 1835, M>us la dénomination de Semrs de la Prmdenee de Troyee.

Les sours s'occupent généralement des œufresde charité chrétienne; elles s'appli-

Îoent k rinstruction et k l'éducation des lies, k la visite et au soin des malades: elles dirigent des pensionnats, des ouvroirs et des Mlles d*asile.

La congrégation est gouvernée par une ktipérieure générale qui réside k Troyes. La >u|)érieure est élue pour trois ans, et k l'ezpiralion de ce terme, elle est rééligible. On n*a Toii pour élire qu'après un an de profession: l'élection n'a son effet qu'après qo^elle a été confirmée par l'évêque.

La supérieure a un conseil composé d'une Assistante et de deux autres sœurs pour l'aider dans le gouvernement de la conxréga- |ioQ. Il appartient k la supérieure de cnoisir Tassistaute et les sœurs du conseil, comme sossi de nommer k tous les emplois et o(D<^s, tant de la maison mère que de celles lui en dépendent, et de faire au besoin, pour <«s choix, tous les changements qu'elle juge i^^c«s$aires ou utiles.

l4 noriciat est de deux ans, non compris ^ postulai. Les sœurs font k leur profession 1m vous ordinaires de religion qu'elles re- ^vellentchaque année. Les sœurs professes IJ^PHTent jamais être renvoyées que pour des eaoses très^graves et avec l'autorisation ^ Ugr i'évèque. Celles qui ne pourraient

0) V«9. i h fin du vol, D«* 198, 499.

Blus travailler, k raison de Tâge ou des inrmitéSy ont le droit de rentrer dans la maison mère et d'v être entretenues et soignées jusgu'k la fin de leurs jours.

Mgr I'évèque de Troyes est le premier et principal supérieur de toute la conj^régation: un ecclésiastique délégué par lut s'occuiie spécialement, sous son autoritét de la direction générale tant de la maison mère que des maisons de dépendance. Cet ecclésiastique a le titre de supérieur ou père spirituel : son approbation ou son ans sont requis peur tous les actes importants.

Les sœurs ne vont jamais moins de deux ensemble. Il y a tous les ans k la maison mère une retraite générale k laquelle toutes les sœurs des maisons de dépendance doivent assister. Elles n'en sont uispensées que pour de graves motifs.

Outre les personnes destinées k rinstruction des enfants et au soin des malades, on peut en recevoir quelques-unes s^iécialement destinées pour les gros ouvrages. Elles sont désignées sous le titre général de sœurs converses. Elles ont un costume |>articulier mis en rapport avec leur genre d'occupation. Elles n'ont point de dot k fournir.

La congrégation compteaujourd'hui trentetrois maisons de dépendance. (1)

PROVIDENCE ( CoMRteATton nxs SoBcaa DB LA ) , éiabUee a» Plan de VUrollee. die* tiêe de Gap,

Les Sœurs de la Provideneot dont la maison mère est k Portieox, furent appelées, en 1823, dans le diocèse de Gap, avec Taatorisation de Mgr Arbaud.

Grâce k la pieuse munifieence de la famille de Vitrolles, qui fit bâtir une maison pour les sœurs et qui assura une somme fixe pour Tentretien de l'école, le Plan de Vitrolles fut la première k jouir de ce bienfait. Dana le cours de Tannée suivante , les paroisses de Saint-Bonnet, de la Sanlée, de Gallard, du Poet, demandèrent et otHinrent aussi des siBurs de la Providence pour institutrices; mais de tous ces établissements, celai de Saint-Eonnet, qui devint comme un second noviciat , au sein duquel un grand nombre de jeunes personnes vinrent se former k la vertu sous l'habile direction de la sœur Constance , religieuse aussi pieuse qu'instruite , et aoi a laissé dans Ions les cœurs les plus précieux souvenirs. Cependant des raisons particulières firent transporter le noviciat de Saint-Bonnet au Plan de Vitrolles ; mais un grand obstacle au dévelop- Iiement de l'œuvre , c'est que chaque postnante devait aller faire quelques mois de noviciat dans la maison mère , d'oii naissaient nue foule de difficultés pour le spirituel commepour le temporel de cet éiablissement, difficultés qui 1 auraient dit infailliblement avorter si la Providence ne lui avait envoyé un puissant protecteur.

Ce fut Mer de la Croix d'Azolette, nommé k révèché de Gap, qui, comprenant, dès son arrivée, tout le t»en que procurerait une

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Semblable insiitution, $i, derenant diocésaine* il pouvari lui dooiier tout laccroîs- •eroenl qu'il désirait » travailla de toule Tardeur de son Ame à la réalisation de son nieui désir. Après avoir écrit plusieurs lettres pressantes à Mgr Jépharinon , alors évé(]ue de Sainl-Dié, il 6t lui-même un! voyage en Lorraine, et peu de temps après la séparation fut décidée, et du consente*ment des autorités respectives, les religieuses de Portieux rentrèrent dans la maison d'où elles étaient venues, et le novi* ciat de Gap fut institué pour celles des Alpes. En parcourant ces monts , on rencontre souvent dans les fentes des rochers et sur les flancs des coteaux des plantes odorantes qui embaument les lieux d*aIentour et qui renferment dans leur sein la vertu la plus salutaire. Comment sont-elles venues là, et quelles mains les a plantées 7 Secouées par 1 orase et battues par la tempête , les graines qui leur ont donné naissance se seraient perdues dans les pierres; mais si humbles qu'elles soient, Dieu leur a donné des ailes, et poussées par le vent, elles ont été déposées dans un terrain propice; là les pluies fécondes du ciel les ont arrosées : elles se sont multipliées et ont donné cent pour un.

Ainsi en est-il desFilles de laProvidence : la plupart d'entre ces Glles qui se consacrent h la vie religieuse vé{;éteraieQt dans d'obscures vallées, inconnues dans ce monde, et sans produire aucun bien ; mais Dieu leur donne les ailes de la foi et du dévouement : le vent de la grâce les pousse, et les voilà qu'elles s'en vont, fleurs célestes, embellir et parfumer le jardin de TEpous ; c'est ce qui s'accomplit pour la millième fois dans ce diocèse.

Mgr de la Croix trouva un digne coopéraleur dans M. l'abbé Lagier, pour le développement de Tinstitutioa de la Providence.

Supérieur da grand séminaire, cet homme de foi et de bonnes œuvres donna tout ce qu'il avait de force et de santé. Après lui , i abbé Verd in, prêtre distingué par ses vertus, lui succéda; son dévouement et son zèle furent des plus actifs pour la communauté naissante. Sa charité industrieuse sut toujours encourager et soutenir cette enivre chancelante. Plus d'une fois, dans des moments de détresse, sa main fut l'instrument par lequel la Providence envoya à ses enfonts le nain de chaque jour.

Huit religieuses entrèrent au noviciat le S juin 1838. Le lendemain, on procéda à réfection d'une supérieure générale; la majorité des voix nomma sœur Elisabeth, native de Montbrand. Pour les distinguer des religieases de la maison de Portieux, un voile noir remplaça le voile blanc. Jusqu'en 18U, il ne leur avait pas été accordé de se vouer à Dieu par les trois vœux de pauvreté, de charité et d'obéissance. Une requête fut adressée de la pa rt des sœurs à Mgr Rossat,successeur deM gr de la Croix,pour obtenir cette autorisation. Le pieux évêque, comprenant toute la gravité ii\kts^ pareille demande, voulut auparavant

consulter toutes les sœurs professes et rellei

8ui avaient le saint habit depuis trois ans. m vola au scrutin secret, et la dépouille donna quarante -deux boules blaoclies et deux boules noires. Heureux de lOir U presque totalité des sœurs réunies daoâ le même sentiment et dans le même désir, le vénéré Pontife s'empressa d'autoriser les vœux çonr cinq ans à celles qui feraient profession, et pour toujours à celles qui, étant dans la congrégation depuis dix ans, en témoigneraient un grand désir; ce fut l'objet diine ordonnance épiscopale da 2& septembre i6hS; et dès le lendemain, vingt-quatre religieuses prononcèrent, an pied des saints autels, les vœux de pau« vreté« de charité et d'obéissance. Dieu favorisa d'une manière surprenante cette institution. Dès lors, sa prospérité fut toujours croissante, et Je k mai 1846 la première pierre d'une chapelle fut posée, et elle fut consacrée, le 22 septembre 1847, par Mgr Louis Rossât.

Mgr de la Croix , transféré K rarcbevèché d'Auch, brûlait du désir de fiiire jouir la Gascogne du bienfait dontiS avait doté le diocèse de Gap par l'institution de la Providence. Il écrivit à ce sujet une lettre tou* chante à son successeur; elle finissait par ces mots : « Vous ne me refuserez pas qael*

Sues rejetons de la Tigne que j'ai plantée ans les Aines. » Sa Grandeur fut elle-même, à la fin de l'automne, faire choix de guatre religieuses qu'il établit à l'ancien séminaire de Leetoure, où la petite colonie rivalise activement de zèle et de succès avec la maison mère.

Cultivée par des mains paternelles et habiles, échauffée par le soleil de la gr&ce, fertilisée par la rosée céleste, cette vigoe poussa de profondes racines, étendit ses rameaux féconds ei produisit comme elle

Eroduit chaque jour le vin généreux qui lit germer les vierges.

Dans le Mandement qui accompagnait l'ordonnance du 2b septembre 18^, Ugr Louis Rossât donne à tous les membres de cette congrégation d'excellents avis sur la nécessité de l'union , sur la Udélité à leurs vŒuXf à l'observation de leurs nouvelles règles, qui sont la force, la gloire et Toroement de tous les ordres religieux.

' « On vous l'a dit souvent, mes chères filles, » leur dit-il : « Séparé de la souche qui lui communiquait la sève et la vie, la sarment languit, se dessèche et n'est M qu'à être jeté au feu; évitez donc un seevniable malheur, et pour cela, bien que;^ parées par ià distance, que la mère et la à'i^ soient toujours unies par les liens de ^ charité chrétienne et fraternelle. Que la (b^ prodigue à la fille protection ; que la filto ait pour Ta mère , obéissance , reapeci et véoération. C'est cet esprit d'union qua votre saint fondateur vous recooinsandait dès U naissance de l'institut, quand il disait : U moyen dont u $ert le démon pourdétmirf If antvrfs de Dieu^ c'eal la division fu^Uernj^ parmi les pereonnee qui irarmllem i fv<'*

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DES OKDRfiS ReLIGiCUI.

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ma bonnet (tuvrei; alorf il arrive et que dit jhtrt'Siigneur f Que toute maison aivisée tombi m ruine. Si cet ennemi » qui sème rifraie dans le champ da père de famille t fieol k 7 jeter entre vous quelque semence de discorde, priez le Dieu de la paix <iu*il écraiebien vile Satan sous ses pieds. Aimez lâpaarreté, tous êtes les enfants de la ProTJdence; vous devez^ par conhéqueui, mettre toute votre conGance en elle. Rap*

Ïlez-Tous ces paroles adressées du fond de chaire par le P. Moje aux religieuses de la Prof idence de tous les temps et de tous les lieu 1 : Je n'ai que deux chemises que je porU depuis environ trois ans; vous pouvez vous imaginer dans auel état elles sont au milieu des sueurs , des voyages continuels , dans un pays chaud et sur des montagnes tune hauteur prodigieuse: foi encore un mouchoir et un drap: quant à F habitation ^ lt$ plus pauvres varmi vous en ont une cent fois plus commode Lorsque je puis avoir dn fain de sarrcuin cuit sous la cendre^ c'est là ma bonne chère. Dieu soit béni en tout et partout.

t Aimez la chasteté; avec elfe, sans cesser d'être vierges, vous serez mères de tous les enfants et de tous les malheureux contiés à Tos soins; veillez avec la ()lus grande atten* tion sur une fleur si précieuse, si fraîche, si belle; le moindre souille peut la ternir, le niomdre vent peut la briser, car si la pureté a l'éclat du cristal, elle en a aussi toute ia fragilité.

i Aimez Tobéissance , le maître sur les Irtces duquel nous devons tous marcher t*est fait obéissant jusqu'à la mort, et è la iDort de la croix; aimez Tobéissance : en la pratiquant , vous n*aurez que des victoires a raconter.

«Aimez, en outre, Thumble simplicité, compagne de cette candeur que notre divin Maître se plaisait 3i caresser dans les enfants. 1^ simplicité est la droiture d*uueftmequi Mtiterdit tout retour sur elle-même et sur ses actions; la simplicité est Tignorance de son propre mérite; c*cst elle qui vous a soutenues dans les laborieuses épreuves des premières années de votre établissement.

Dans nos montagnes, c*est elle encore qui TOUS gardera des écarts de la propriété et liu relâchement qu'apportent trop souvent l'aisance et le bien-être. Aimez votre règle,, aimez-la comme la loi de Dieu, de tout Toirecœur, de toute Votre Ame , de toutes vos forces. Afin de vous mettre dans Theureuse impossibilité de l'oublier jamais , qu'elle soit comme un miroir très-pur, dans lequel vous vous verrez telles que vous i>evez être , pauvres, chastes et obéissantes, c/rnéos de toutes les vertus qui forment la religieuse ctlaconserventdanslaferveur.))(l)

PROVIDSNCB ( CoNORiOATioif des Sobvas dbla), à Nice {Etats-Sardes).

Coe congrégation de filles sous le titre de Sœurs de Ta Providence, a été fondée à Nice depuis environ vingt ans. Elle a été instituée Doar la direction d'une maison établie

(t) Voff. à la tbi du vol., n« iOO.

depuis quarante ans potM* servir d*asile à de» jeunes tilles pauvres, orphelines, oi> aban* données oa exposées aux dangers de la corruption, sous le titre û*Bospice de la Providence, On y accueille les jeunes personnes de dix à seize ans, de toutes ]ps nations, qui se trouvent exposées dans la ville de Nice ; elles doivent demeurer dans l*hospice jusqu'à i*àge de 18 ans au moins, et ne peuvent en sortir qu'après k ans de résidence. On ne les force point à quitter la maison, et elles n'en sor* tent que (>our être placées, ou à la demande de parents qui puissent les prendre avec eux.

Les Sœurs de la Providence ont pour première et principale occupation le devoir d'élever, instruire et soigner les filles de l'hospice ; elles ne font point de fœnx, mais se consacrent par une cérémonie religieuse à Dieu pour le service des pauvres protestant de vouloir vivre idans ia pratiaue de ia pauvreté, de la chasteté et de l'obéissance.

Par suite de cette consécration, elles font, lorsque l'occasion s'en présente, Técole et le catéchisme è de pauvres filles, soignent les cholériques dans les épidémies, veillent les malades au profit de la maison, et se prêtent à toute œuvre de charité selon les circonstances; elles sont sous la direction d'une supérieure qu'elles élisent parmi elles, choisissant trois sujets qu'elles présentent ao supérieur de la maison, qui aonne la préférence à celle des trois qui lui parait plus propre à être supérieure. Jusqu'à ce jour ce supérieur est le fondateur de la maison, qui vit encore.

Elles ont une Règle qui leur a été donnée par ce fondadeur, mais qui n'a pas encore été soumise aux autorités ni séculière ni religieuse. (2)

raOVIDENCE (Institut des Filles db la)»

à Modine {Italie).

L'Eglise catholique, dans son admirable fécondité, ne cesse de produire des instituts religieux qui répondent aux besoins particuliers de chaque époque, et viennent au secours de quelque infirmité humaine Juaqu'alori délaissée.

Depuis nomlire d'années il s'est formé à Modène, sous le nom d'Institut des Filles de là ProvidencCf une congrégation de femmes qui se dévouent spécialement à rédu«)atiaa des sourdes-muettes. Comme la pitH)art des fondations les plus saintes et les plus utiles à rhumanité, elle n*a eu qu'une origine obscure et d'humbles commencements. Ce ne fut d*abord qu'une école particulière, ouverte en 1822 par les soins de Mgr de Baroldi, évêque de Modène, qui a laissé de gtorieux souvenirs dans son diocèse. Son digne successeur, Mgr Reggianini, accepta avec empressement et entoura de sa plus tendre solHcitude ce précieux héritage de la charité épiscopale. Bientôt le jeune et géuél'eux souverain prit sous sa protection les saintes tilles qui se consacraient à ceUe belle œuvre» et il fit de leur modeste école un établissement public. Le 16 août iSU, il les approuva var

(2) Voy, \ la. fin du vol.é D"" SOI.

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un décret, sous le nom d'ImiUui des fUUi de la 'Protidenee pour F éducation des i ourd^$*muBtU$; il les dota lui-même avec la générosi lé d'un souverai n, et cha rgea l'éTèque de Modène de solliciter l'approbation du Saiot-Siége.

Le 20 décembre de la înôrae année, la congrégation des évèçiues et réguliers, sur le rapport de Son Eminence le cardinal Ostini, (ce qui est peut-être sans exemple), rendit un décret portant approbation du nouvel institut. Cette glorieuse eiception fut remarquée par le cardinal préfet, qui youlut se charger lui-même du rapport de celte demande. « La congrégation, « dit Son Eminence, « n'approuve jamais un institut que bien des années après sa fondation, et lorsque les maisons du nouvel ordre se sont multipliées; jus* que-li elle se borne à les louer, mais trois circonstances ont déterminé la congrégation

titut si manifestement recommandable ; 3* le nom et la piété de l'auguste souverain qui la érigé, qui l'a entretenu jnsqu'ici et qui se propose de le doter: 3* enfin les progrès merveilleuxqu'il a faits dans le court espace de 32 années.»

Ce décret de la congrégation des Evêques et Réguliers reçut I approbation du Pape Grégoire XVI, le 9 janvier 1845. Outre les trois VŒUX simples d'ok>éissance, de chasteté et de pouvreté, les filles de la Providence font Je vœu particulier de se consacrer à l'éducation des filles sourdes-muettes; le bien

Stt'elles ont déjà fait et celui qu'elles prooisent tons les jours est immense; leur maison de Modène peut servir de modèle à tous les établissements qui sont destinés à ces malheureuses et si intéressantes jeunes filles. (1}

PROVIDENCE (Maison dks orfhblihbs db NoTRB-DiUBB DB UL^^à Saint-Brituc {fiàttê^ du'Nord).

But et naiêianee de rétablinemeni.

Mlle Julie Bagot observait depuis plusieurs années que des jeunes filles, orphelines ou abandonnées de leurs parents, demeuraient sans ressources et sans asile»

exposées k la séduction do vice. Leur triste sort la toucha. Elle essaya d*en soulager quelques-unes : mais elle n'y réussit qu'im- ))arfaitement. Elle passa l'année 1815 et une l»artie de 1816 au fond d'une pauvre campagne. Lk elle vil de plus près la misère, l'ignoranoe et l'abandon des pauvres. Mais elle comprit en même temps qu'un effet constant et un effet suivi pouvait seul y apporter un remède.

ni le résolu! de se fixer h la campanie dans le but de visiter les malades et de s occuper de rinstruction des enfants. Ce fut k Longueux, près de Saint-Brieuc. Elle y 'p^ssa quelque temps. Mais la pensée d'un établissement pour les orphelines abandonnées demeurait toujours dans son esprit. Elle avait sollicité pour plusieurs l'enlrce de Tbô-

<i| Foy. à la ta di vol., a* ÎM.

pital sans pouvoir Tobtenir. Voyant eeli, elle se proposa de former une association do charité pour leur ouvrir un asile. Elle reiiat à Saint-Brieuc et tomba malade; trois de ses amies étant venues la voir, elle leur communiqua son dessein. Elles y entrèrent unanimement; et M. de Lamennais, alors ficaire général du diocèse de Saint-Brieuc, institua cette association sous le titre de Notre-Dam^ de la Providence le 13 décembre 1817, et la nomma directrice. Il paya lui-môme la [pension des premières petites filles qui devaient commencer l'établissement. La cérémonie s'était faite au milieu de la chapelle de la congrégation de la Sainte-Vierge. Cette congrégation était présidée |>Ar une des amies de la Mère Julie, car c'est ainsi qu'elle sera désormais désignée, et cette pieuse société lui fournit un logement dans lequel elle entra avec cinq ou six petites filles.

Huit jours après ces trois compagnes entreprirent d'autres œuvres qui absorbèrent tout leur temps ; et la Mère Julie resta seule. Au bout d*un an il fallut chercher un autre logement. Là, seule avec ces en£in(s, elle les forma de son mieux. Quand elle les vit sorties de leur profonde ignorance, elle leur prescrivit parmi leurs principaux devoirs la dévotion envers Jésus-Christ au Saint-Saere* ment de Tautel. Elle était frappée de l'eut de solitude et d'abandon où elle avait va pluf sieurs églises. Elle tichait donc de leorios* pirer assez de zèle et de charité pour en faire dans les paroisses des adoratrices de Notre-Seigneur et des servantes des pauvres. Dans celte vue, elle s'appliqua à les former à une vie humble et laborieuse.

Dans l'intervalle, ses amies qui s'étaient séparées d'elle, fondèrent une maison d'école qui prit le même nom, ce qui forma une ficheuse rivalité, surtout pour les secours et les aumônes. Heureusement, elle avait appris à se contenter de peu. En outre elle travaillait jour et nuit. Elle éUit obli^ . d'apprendre mot à mot k ses enfants les prié* res et le catéchisme. En 18I8,rétablissemeot comptait une vingtaine d'élèves. Bientôt il eut a subir de nouvelles épreuves. Il survint des déceptions et des contrariétés, des îdgratitudes de la part des personnes que rétablissement avait comblées de bienCaits* des manifestations de méi)ris de la part du monde. 11 eut aussi à souffrir du cOté de la mortalité. La Mère Julie éprouva ensuite une perte douloureuse dans sa famille : elle

Eerdit une tante bien-aimée. Elle eut enssî ien des peines et des contradictions daei la direction môme de sa maison. En iw* après vingt ans de malaise et de trivaoi continuels, elle acquit la maison de sa tinte. En 1828, cette maison devint troo étroite i cause du nombre des enfants.

Le 9 septembre 18U, il survint nn évéoe^ ment qui fut comme un iH-ésage de ce <{^^ devait bientôt arriver. Elle vint un jour, cétait celui de la Nativité de la sainte Vierge, se reposer avec ses enfants sur les mines de la chapelle de Notre-Dame de la Foounie; chapelle détruite |)ar la révolution de U.

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li 00 se mit è éycKjQer les anciens sou?enirs de ce lieu. Ensuite on disait qu'on rien* drait un jour sV établir : qu'on rebâtirait la chapelle; ce n'était qu'un rôre* un jeu d'imaginationé Ce qui cependant s'accomplit pUis lard.

Vers cette époque elle mit I eiécution ndée qo*elle avait déjà eue d'envoyer des filles dans les campagnes pour soulager les pauvres et instruire les petites Allés. Elle Aabiit ainsi trois maisons, l'une à Langueux» Taulre à Plouvara, la troisième à (Tesson. Après cela survinrent encore des tribulations iotérienres et ettérieures qui furent pour elle une sensible épreuve. De plus le typhus fisiia sa maison, et du dehors elle eut à essayer des tracasseries.

Eo 1836, Mgr l'évêque Pautorisa h former daas son établissement nn i>etit oratoire où pourraient se confesser ses élèves, et leur éviter ainsi la {>einede courir les rues pour rem plir ce devoir. A la suite survinrent denou ?elles tribulations ; et le 15 octobre de cette année, l'institution de Nazareth vint lui bire une redoutable concurrence. Il y eut des désertions parmi -ses élèves. EHe ne se découragea pas.

A cette époque la Hère Julie porta ses Yaes sur le terrain et les ruines ae Notre* Dame de la Fontaine. Dans le vi* siècle, ce lot Ift que saint Brieuc vint s'établir; et^ selon la tradition, c'est là qu'il bAtit sa première église. Elle fut dédiée à la sainte Vierge; et comme elle était sur le bord d une fontaine, elle prit le nom de Notre- Daine de la Fontaine. Au xv* siède, elle fut rebfttie dans le beau style de l'époque par Marguerite de Clisson, duchesse de Pentbièvre. A l'époque de la révolution de 93, elle fut fermée et abandonnée, et démolie en 1799. Autrefois les abords en étaient couverts d'arbres. Mais dans le temps où la Mère Julie en poursuivit l'acquisition, ce D*était qu'un tertre nu et couvert d'immondices. On ne saurait dire combien de difficohéselle ent à vaincre pour venir k bout de son dessein. Ce ne fut que par une conduite tonte merveilleuse de la Providence, et une protection sensible de la sainte Vierge. Le 19 mai 1888, on lui permit de disposer du terrain. I<e lendemain se (tassa en actions de grftees. C'était un dimanche. Le jour suivant, tous ses. enfants se rendirent sur remplacement pour en retirer les débris et les ordures. Car la procession des Rogations devait y passer le lendemain; et elle avait ooutome de s'arrêter devant tes ruines pour

tcliaDter une Antienne à la sainte Vierge, is orphelines profitèrent de cette occasion pour prendre possession du terrain. Dès cinq heures du matin, elles y établirent un reposoir où elles placèrent une statue de la Mmte Vierge qu'on avait fait mouler précédemment. Elle fut bénie solennellement; es qui causa une grande joie dans toute la Procession. On ne pouvait retenir ses larnas, en voyant Marie reparaître dans sou Ancien domaine. Une vieille ftamme de quaire-f ingts ans, qui avait tu l'ancien état de (I) % 4 la An du vol., n^* 103, SOI

choses, demeura le une demi-heure è genoux et fondant en larmes. L'on continua de déblayer remplacement, et en mAme temps on faisait des économies; on recueillait des aumônes; on redoublait d'ardeur jpour letra- Tail, afin d'amasser des fonds. Car il fallait ensemble construire une grande maison et relever une chapelle.

Le 9 septembre 1838, on bénit la première pierre de l'édifice religieux. On j mit cette inscription sur une plaque de cuivre : CtopetU de Notre-Dame de la Fontaine. — Au v^ êiietef orcUoire de Sainî^Brieuc.^ Au xv% rebâtie par Marguerite de Cliseon. — JOémolie en décembre 1799. — Reconstruite en 1838 eoue Cépiecopat de Mgr Le Groing de la Ro^ magère. Ensuite les travaux furent interrompus jusqu'en 18(0. Ils furent repris le SS mars de cette année; et la chapelle fût bénite le 7 septembre 18US.

Dans l'intervalle, la Mère Iulie fit fermer entièrement le terrain, et jeta les fondements de son établissement. La construction était considérable, mais la Providence vint à son secours. Quelques dames se montrèrent généreuses ; ses orphelines redoublèrent de zèle et de travail; et les ressources auffmentèrent progressivement I mesura qu elle en avait besoin.

Les bâtiments furent en état de recevoir la petite communauté le 1" février 1840. Ce Alt là pour elle comme une ère nouvelle.

Cet institut, sous ta protection de la Sainte- Famille, a quatre buts principaux :

1* Empêcner le vice, en tarissant la source du vagabondage des petites filles ;

2* Soulager les pauvres dans l'abandon ou le délaissement ;

8* Honorer Notre-Seigneur, oublié dans un grand nombre d'églises presque toi;\joura désertes;

k* Implorer la divine miséricorde pour les pécheurs les plus délaissé.

Les Sœurs de la Sainte-Famille ne sont obligées è aucun oflice particulier de reli* gion; mais elles font ensemble les exercices communs de la vie chrétienne. Elles s'eneagent cependant au service des pauvres, è la pratique de Tobéissance et de la pauvreté religieuses.

L institut reçoit des élèves externes; miais elles sont séparées des orphelines.

Mgr l'évêque do Saint-Brieuc s'est réserve la direction de l'établissement des |)anvres orphelines. Ce n'est que le 26 mars 18SS qu'il a re{u publiquement, dans la cha|ielle de Notre-Dame, les promesses reli-

fieuses de la Hère Julie et de deux de w% lèves. Trois ans auparavant, il leur avait donné le nom de Sœurs de la Sainte-Famille, en leur prescrivant un habit simple de couleur bleue. (1)

PROVIDENCE (SoBoaa db la), A Btreux.

Un des caractères propres aux omvres de Dieu dans Tordre de la grÀce est d'avoir de faibles commeocementSt et d'être, pour ainsi dire, fondées sur la faiblesse et le néant. C'est ainsi qu'est né le christianisme : pour

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