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A{»puyé sur les faits et tant d'autres services rendus parla congrégation, M^de Narbonne, évoque d'Evreux, présenla une nouvelle requête au roi pour obtenir les lettres f)atenles si longtemps attendues. Ces lettres, datées du mois d'août 1778 et eoregistrées au mois de janvier 1779 au parleujent de Rouen, rcnlerment le plus graii^ élo^e de la congrégation» et rendent un témoignage solennel aux services imiiôrteuts
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DES ORDRES REUGIEOI.
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u'elle rend h la religion et à l'Etat. C*est e le que data Texistence légnle d*ane des jnslitutions les plas saintes et les plus uti* les du xTin* siècle ; c*est de là aussi que date le nouyeau fiom qu'elle prit de Sœun de (a Protndtnce qu'elle porte aujourd'hui^ et à juste titre, car il ne lallait rien moins qu*uoe suite continuelle de secours de la divine Providence pour la faire subsister depuis 1702 jusqu'à 1779 sans titre légal et $âns appui temporel, sans fonds, sans rêveuus appartenant à la communauté* sans red«TaQce de la part des parents que celle des luinces et chétives fondations de campagne à peine suffisantes aux besoins les plus jre^siints de la vie, et tout cela au milieu des obstacles et des contradictions,
La congrégation, approuvée par les évoques et reconnue par l'Etal, semblait ôtre désormais établie sur des bases solides et o*avoir plus qu'à se livrer en paix aux saintes tuQclinns auxquelles elle était vouée; aussi |Tit-etIe en peu de temps de nouveaux accroissements, s'étendit au delà du diocèse, et était dans une pleine prospérité, lorsque parurent les premiers signes avant-coureurs (iela révolution qui devait tout dévaster et tout détruire. Les Sœurs de la Providence, détouées à Vinstruclion des enfants, et au serTice des pauvres malades, [)araissaient devoir être épargnées, il n'en fut pas ainsi: enveloppées dans le tourbillon oui emportîii tout, elles se virent obligées de fuir, dérouillées de toutes choses, et de disparaîtra couiaïc les autres pour échapper à la prison OQ à la mort. Les révolutionnaires s'emparèrent de leur maison de communauté et de toutes les propriétés qui en dépendaient, meubles et immeubles; ils saisirent jus-* qu'aux constitutions et aux règles de la con- Krégation, qui furent déposées dans les triiMiuaox révolutionnaires d'Evreux.
La divine Providence Teillait sur une œuvre qui lui était chère, et qu'elle destinait à reprendre un jour une nouvelle vie; elle ne permit pas que le dépAt des eonatilulions fût perdu saus ressource, et pour les conser- ]^er, elle suseita une des sœurs, nommée Cbarlotte Rouville. Cette généreuse fille» >oi(Dée d'un saint zèle pour son institutt entreprit de sauver ces donstitutions et de les arracher aux ravisseurs, s'il le fallait, >ox(16|)eiis de sa vie. Elle se présenta hardiment devant les agents de la révolution. On raccueillit d'abord par des injures, elle insista; aux injures succédèrent les mauvais traiteoaeots et même les coups ; l'intrépide '^r les reçut sans s'émouvoir, résolue qu'elle était d'obtenir à tout prix ce qu'elle rMaouiil. Tant de courage étonna, puis dé- ^n<;erta ces hommes féroces : soit par honte ^ leur emportement, soit pour se débarras- I^Ne sa présence, ils lui abandonnèrent ^.écrits dont ils s'étaient emparés, au ^iQs pour la plus grande partie. Charlotte ^OQTîlle les emporta, doublement heureuse J^ les avoir achetés au péril de ses jours. tule comprit qu'après une telle victoire elle Q était pas en sûreté dans Evreux; elle s'en-
fuit avec son trésor, et alla se cacher dans un village voisin d'Angers, où n'étant con<» nue de personne, elle attendit la fip de la persécution. On ignorerait entièrement à quoi elle s'occupa dans son exil, si des mémoires écrits de sa main, et trouvés après sa mort, ne nous apprenaient qu'elle passa tout ce temps, qui fut de dix années au moins, dans les jeûnes et les austérités, s'offrant sans cesse en holocauste pour obtenir de Dieu le rétablissement de sa chère communauté. Dans cette vue elle s'était imposé des prières et des pénitences réglées, et s'était engagée par vceu à ne cesser jamais qu'elle n'eût été exaucée.
Dieu enfin combla les désirs de son héroïque servante, en lui donnant les moyens d'opérer ce rétablissement. Charlotte Rouville partit en 1803 du lieu de sa retraite, et entra dans Evreux le lendemain de l'Ascension avec une novice et trois pensionnaires, sans autre ressource que 50 fr. Arrivées sur la place de la Cathédrale, elle laissa à [la garde de Dieu sa petite colonie, et a^lla chercher un k)j;fs. Elle fut d'abord accueillie par une fille pieuse et indigente, nommée Charlotte Duhamel ; mais comme celle-ci n'avait Sas de place pour coucher tant de monde, il illut cnercher et trouver avant la auit un autre logement. La bourse commune ne fui pas longtemps à s'épuiser, et les pauvres étrangères, soutenues par leur généreuse mère, ne s'efl'ravèrent pas de cet extrômo* dénûment. Mais fa divine Providence veillait sur ses filles; elle mit bientôt fin à cetteépreuve. M. l'abbé de Maillé, ancien chanoine d'Evreux, revenant d'Angleterre sur ces entrefaites, rentra dans sa patrie, et prit chez la sœur Rouville un ap()artement, où, durant plusieurs années, il servit de père spirituel à la communauté renaissante, 0n même temps que ses bienfaits l'aidaient à subsister. Bientôt on loua sur la paroisse de Saint-Taurin un local pour ouvrir une école, ce aui attira peu à peu un assez grand nombre d'élèves pour procurer quelque moyen d existence à la petite communauté.
Ce faible noyau ne tarda |ias A s'accroître. La sœur Louise de Laporle, à la nouvelle de ce que la divine Providence faisait à Kvreux, y accourut, et se joignit à la sœur Rouville pour la seconder dans sa pieuse et difficile entreprise. Les autres anciennes professes, à mesure qu'elles apprenaient la renaissance de leur bien- aimée congrégation, se bAtaient de s^ réunir, et regaraaient dès lors la restauratrice comme leur supérieure et leur mère. Un tel empressement, après un s^our de dix à douze ans dans un monde tel que Tavait fait la révolution, est nne preuve manifeste que la congrégation avait toujours conservé son esprit primitif, Tesprit de Dieu, et qu'elle était digfle de renaître de ses cendres jetées au vent par la révolution, mais recueillies par celui qui lui préparait une seconde vie plus féconde et plus glorieuse que la première.
Le 34 août 1806> la sœur Charlotte Rott*
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?ille, déjà supériettre oatorelle d*une (bu? re qui lui uerait la Tie» le deirlnt de droit par une élection régulière, qui fut conûrmée i>ar H. Jeau-RapUste Bourlier» évèque d*£yreuXt depuis le concordat de 1803. 11 serait impossible de donner une juste idée de tout ce que le zèle de cette admirable fille lui fit entreprendre de traraux et affronter de
t>eines; ayant chaque jour à lutter contre es inconvénients d'une extréipe pauvreté, contre Timpossibilité de réunir et de former les novices sous ses yeux, contre les embarras suscités et renouvelés continuellement dans un temps orageux, où une défiance inquiète planait sur tout ce qui tenait à la religion, enfin contre la difficulté de remettre en vigueur les anciennes constitutions ou de suppléer k ce qu'elles ne disaient pas. Aidée des conseils de M. de Maillé et de M. Leroussiel, supérieur tout h la fois du séminaire et de la communauté, puissam* ment soutenue de Tautorité épiscooale, elle surmonta tous les obstacles; elle obtint même, en 1812, par le crédit de 11. Bourlier» un décret impérial qui approuvait l'institut, et lui donnait une existence légale. On ne peut dire combien ce digne évèque se montra affectionné k la congrégation, et tous les services qu'il lui rendit. Ce fut lui qui fil h toutes les sœurs un point de règle essen« tiel de se trouver chaque année au mois d'août à la maison d'Evreux, pour y vaquer ensemble aux exercices spirituels f et s'affermir de plus eB';plus daiia leur vocation.
Ce fut aussi au milieu des bénédictions que le Seigneur répandait sur la congrégation, sous le gouvernement paternel de Mgr Bourlier, qu'elle se vit frappée par uo coup bien sensible en la personne de la soDiir Rouville. Ses fatigues, ses peines et ses austérités usèrent sa vie longtemps avant l'époque ordinaire; k peine Agée de ciiiauante et un ans, une apoplexie foudroyante remporta le 15 septembre 1813. Seconde jfondalrice de l'institut, sa mémoire y sera toujours en bénédiction, le souvenir de ses vertus y vivra aussi longtemps que vivra l'instilui lui-même. Les sœurs qui l'ont coimue se font un bonheur de raconter k celles qui les suivent, sa patience dans les travaux, sa constance dans les épreuves, sa fermeté dans les revers, son détachement dans les besoins de la vie, S9^ confiance en Dieu dans le maniement des affaires les plus difficiles, sa lionté maternelle toujours égale pour toutes ses filles, son impitoyable sévé^ rite pour elle-même; enfin sa ponctuante k remplir la première tous les devoirs que u charge Tobligeait d'imposer aux autres.
La sesur Louise de Laporte qui avait concouru si puissamment avec la sœur Rouville k la fondation de la congrégation, qui en était la principale colonie, qui en fut toujours la bienfiitriee, comme elle en a été le {ilus t>eau modèle par ses vertus éminentes, lit appelée k son tour pour remplir les fonctions de supérieure générale. Jamais choix
(1) Vcy. k t« 4a du vol., n» t05
ne fut mieux justifié. Sa réputation alfirt do toutes parts Je nouveaux sujets k la communauté qu'elle gouverna pendant dii-sept années avec autant de douceur que de pro» dence. Comblée d'années et de mérites, elle mourut en 1844, laissant dans tous lesoœors de ses enfants les resrets les plus proibod^ et les souvenirs les plus doux.
La congrégation trouva dans Mgr de Silmon-Ducbâtellier et le protecteor le pins zélé et le père le plus tendre. Le 18 avril 1823, il donna une nouvelle approbaiion, dans iaguelle il enchérit encore sur tous les éloges ae ses prédécesseurs. Sous son goavernement et sa conduite, sous rioflueooe des vertus de la sœur de Laporte, la cosgrégation pleine d'une nouvelle vie, se répandit rapidement dans le diocèse et dans quelques provinces voisines; Mgr de Salmon comprit alors que les Statuts, les Règles, les Coûtâmes anciennes étant de plusieurs mains, laissaient quelque chose k désirer sous le rapport de la rédaction ; d'ailleurs on jr remarquait des points k éclaircir, des lacunes k remplir, des améliorations k faire defeooei indispensables dans un ordre social toatdir férent de ce qu'il était autrefois. Le digne prélat, témoin des services éminenis que cette congrégation ne cessait de rendre dans toutes les parties de son diocèset et du bien immense qui en résultait pour les fidèles confiés k sa sollicitude uastorale, s'intéressait vivement aux succès d une œuvre si propre k ranimer la foi et la piété. C'est dans cette vue qu'il chargea un prêtre qu'il honorait de sa confiance de revoir, de toucher et de rédiger non-seulement les Statuts, mais tons les autres écrlU qui avaient rapport k Tins* titut, et qui n'étaient pas encore munis de l'approbation épiscopale.
L'ecclésiastique chargé de ce travail non moins important que délicat, eut reeoors,
r>ur se procurer les documents nécessaires, la supérieure ffénérale, qui fit Ikire M recherches dans Tes archives de la maison; on découvrit par ee moyen des pièces tré»* anciennes toutes propres k faire de plus en plus connaître le véritable esprit de la congrégation. Enfin, le zèle aussi actif qu'éclairé du vénérable M. Lambert, supérieur de la communauté, contribua puissamment à réa* nir en un seul corps, et k mettre en ordre les parties précieuses, mais jusque-lk énarses et confuses des constitucious. D*ailieors pendant tout le cours du travail, on ne M rien sans prendre l'avis de Mgr révéqne; H lorsqu'il lut terminé, on le soumit de noo* veau k Sa Grandeur, qui» y reooooaissani l'exacte exécution de sas intentions, coalr* ma par un acte anthentique, daté du 1* jour de mars 18S9, les constitutions et tout ce qoi s'y rapporte d'après la nouvelle rédaction, et imprima ainsi a la collection complète ce caractère religieux qui en assure l'oltffrva* tion dans une société toute dévouée à nn prélat en <(ui elle reconnatl tout k ta fu» son supérieur, son bienfaiteur cl aon père. (Ij
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DES ORDRES RELIGIEUX
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PROVIDENCE (SoEUBS de la}» à Montréal.
Cesl en iSSS que Mme Emilie Tavernier, leore de M. J.-B. Gamelin, commença avec
Quelques compagnes k (irendre soin des ^flimes âgées el infirmes, et è^ risiter les malades à dooiicile, el particulièrement les paafres. L'œuvre de la pieuse veuve s'étant* accrue et consolidée, Mgr Ignace Bourget ^gea canoniuuement la communauté en Ifli» et la fondatrice en fut la première supérieure. Six sœurs de la Providence : Agathe Senejv Justine liichon, Madeleine Durand, Marguerite Thibodeau, Victoire Lh Roqoe et Emilie Caron, secondaient Mmes Gamelin et Emilie Tavernier. On y comptait aiors six sœurs de la Providence» pour seooDder Mme Gamelin; et depuis ce temps» la ebarité des sœurs les a portées k se char- ^ do soin des orphelins et des aliénés» de cdui des prêtres âj{és et infirmes» et de Imsifuctton des petites filles pauvres. Elles reçotfent en pension les personnes de leur %tir^ elles enseignent les sourdes-muettes; eofio elles ne reculent devant aucune œuvre •le ebarité. Celte communauté» si nouvelle •lu'ella soft» compte déjk trois maisons en vtlle» et sept missions ré^iandues dans les famiiagnes des diocèses de Montréal et de Saint- Hyacinthe. Les Sœurs de la Providence y sont au nombre de soixante-trois professes rt fintft-buit novices ou postulantes ; elles reeariitent cent quatorze infirmes et ceçt quioie orphelins» et elles font Téducatioa k bail cent vingt-deux petites filles.
Elles ont en ontre fondé deux établissemenU, Tun au Chili» l'autre aux Etats-Unis. Dans rété de 1852, Mgr Magloire Blanchet» éTéque de Nes(|ualy (Orégon)» invita les Sœurs de la Providence k ouvrir une maison ile leur ordre dans son diocèse. En coiiformaédece désir, cinq religieuses, sous la direction spirituelle de M. Huberdeault, partirent de Montréal, et elles arrivèrent k OregOQ-City le 1'' décembre 1852. Mais les cbaugements rapides qui venaient de s'opérer dans ces pays nouveaux» par suite du déplacement de la uopulation vers la Californie, firent Juger a ces religieuses qu'un établissement n'était (Ms encore possible en Oréjon. Elleis se remirent en mer le 1" février 1853; et après une courte relAcbe k San Francisco» elles arrivèrent k Valparaiso le 17 juin. L*arcbevéque de Santiago ayant appris leur venue dans sou pays» regarda cet événement comme tout providentiel. Il les pressa donc de se fixer au Chili; et de concert avec le gouvernement de la républiqiie,'je prélat confia aux sœurs Canadiennes le aoin des orphelins des deux sexes k Santiago. Le 30 octobre 1853» les religieuses ont <té intronisées dans leur nouvel établissetoeot, au milieu de la plus grande pompe religieuse et civile. Le prélat, avant de célébrer lu i*méme. la Messe dans leur chapelle» ><lre$sa aux intrépides Canadiennes une chaleureuse allocution : « Oui» mes chères veurs, » leur dit Tarchevéque, « oui vous ^es f raioient les Sœurs de la Providence ;
OicTioaif. DES Ordres rbug. IV.
car c*est certainement la divine Providence qui vous a conduites ici, où )*on soupirait après vous sans vous connaître. Depuis longtemps nous désirions vivement une institution de charité, pour prendre soin des pauvres et des orphelins de cette grande ville» et voilà que tout k coup nos vœux sont exaucés d'une manière vraiment miraculeuse, et nue les deux extrémités du Nouveau-Monde vont se tronver rapprochées et unies par les doux et forts liens de la rharilé. »
Depuis lors Mgr Bourget a autorisé les Sœurs de la Providence a maintenir leurs engagements avec Tautorité ecclésiastique du Chili, et ky fonder une maison dépendante de celle de Montréal, mais avec la faculté d'ouvrir un noviciat. Au mois de juin 185^, elles avalent quatre-vingts enfants orphelins sous leurs soins. Le 29 octobre» le gouvernement de la république signait un contrat d*acquisitiou pour une propriété de T2,W0 piastres, afin d'y installer les sœurs de Montréal, et il employait ainsi un fonds provenant de legs pour les orphelins. Le 26 novembre» la translation des sœurs et de leurs enfants avait lieu de leur établissement provisoire k leur établissement définitif; et ce petit voyage donnait lieu k une fête charmante. Les plus riches dames de Santiago avaient tenu k honneur de venir dans leurs carrosses pour transporter elles-mêmes les Sœurs de la Providence et leurs protégés. Les rues où passait le cortège étaient déco-rées de Uipis et de drapeaux. Des musiques militaires précédaient la procession, et les régiments présentaient les armes aux humbles servantes des pauvres.
Le Chili contient de nombreuses commn* nautés religieuses indigènes; mais toutes sont consacrées k la vie contemplative» et font les vœux solennels de clôture. Les sœurs de Picpus» de Paris et les dames du Sacré Cœur sont les seules qui se livrent k l'enseignement. Les sœurs de Charité de France» installées- récemment k Santiago» prennent soin des hôpitaux» pendant que les sœurs du Canada ont la charge de I orphelinat; et ainsi les communautés de Pancienne comme de la nouvelle France se retrouvent ensemble au Chili, rivaHsant do zèle pour Taccomplissement des œuvres de miséricorde» et travaillant k Tenvi k la régénération des anciennes colonies espagnoles.
Les Sœurs de la Providence ont encore envoyé une colonie aux Etats-Unis, dans la ville de Burlington» k la prière de Mgr Goësbriand, évêque de cette ville. C'est le premier établissement de charité que [lossède le nouveau diocèse» et le jeune évoque s'est imposé de lourdes charges» afin de pouvoir recueillir les orphelins catholiques» et de les enlever au pro.sélytisme protestant. Le couvent de Saint*Joseph» qu'elles occupent» est un ancien hôtel garni» acheté par Mgr Louis de Goôsbriand pour y recevoir les sœurs et les orphelins. Trois religieuses arrivèrent le 1*' mai 185ik» et aujourd'hui elles sont au nombre de huit» soignant quA-
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rante orphelins» el faisant fécole b cent soixanle enfants. Elles visitent les malades à domicile, et en reçoivent quelques-uns dans leur maison; aussi rétablissement des sœurs de la Providence » dans ses modestes proportions, a-t-il transformé le diocèse de Burlington»4jusque-lk si délaissé pour les bonnes œuvres. C'est quelques mois à peine après son installation que Mgr de Goësbriand ne reculait devant aucun sacrifice pour procurer è sa ville épiscopale le bien* fait de sœurs de la Charité» et le prélat est aujourd'hui en France, afin de recueillir des secours, et de consolider son œuvre en la développant. A Burlington, les sœurs de la Providence trouvent les privations et la pauvreté : elles sont exposées, dans une ville protestante, aux insultes et aux persécutions des Know'Hothinqs, A Santiago, leurs compagnes sont l'objet d'ovations et d^honneurs qui alarment leur modestie. De même, leur divin Maître faisait son entrée triomphale à Jérusalem, et peu après il com inençai4 les douleurs et les humiliations de sa passion.
Au mois de mai 1845, un grand incendie dévora à Québec, avec beaucoup d'autres édifices, la maison ou une société de dames charitables de cett«3 ville recueillait et éle* vait trente orphelines. Ne sachant où placer ces pauvres enfants, la pieuse association de Québec les confia aux Sœurs de la Providence de Montréal, qui les gardèrent pendant deux ans moyennant une modique psnsion. A la fin d'avril 18M, les orphelines retournèrent à la capitale où elles retrouvé» r^ni la protection et les soins de leurs généreuses nienfailrices.
Lors du typhus de 184^7, les sœurs Grises de Montréal perdirent sept de leurs compagnes au service des pestiférés. Lesdeux autres communautés d'Hospitalières de Montréal ne se portèrent pas avec moins de zèle au soin des mourants, dans les Shtdi ou ambulances qu'on leur avait improvisées. Mgr Bourget leva momentanément la clôture des sœurs de l'Hôiel-Dieu, pour permettre à ces saintes filles de courir au chevet des malades; trois d'entre ellesdonnèrent leur vieen holocauste pour le soulagement de leur prochain. Trois sœurs de la Providence succombèrent également aux atteintes du fléau, et Dieu accepta ainsi le sacrifice de treize religieuses , se dévouant pour arracher à la mort ceux que d'autres auraient appelés des étrangers, des inconnus, des indigents, mais ceux qu'elles considéraient comme les membres souffrants Je Jésua-Cbrist.
Tout ces malheureux qu'enlevait l'épidémie laissaient un grand nombre d'orphelins. Au mois de Juillet, une maison du faubourg Saint-Laurent fut disposée pour recueillir les garçons, et reçut le nom de Saint- Camille. Les Sœurs de la Providence prirent la direction de cet asile, et dans les commen céments les enfants leur étaient apportés dans l'état le plus affligeant, il en mourait dans le transport; il en mourait en les dépo-
sant sur la paille, car, durant riolensllé di la contagion, les sœurs, trop occupées lu milieu des 5Aed«, ne pouvaient être p&rioal è la fois. Dans les premiers jours, oo couvrait de pail[je les planchers de Saidi-Cimille, et les pauvres innocents y étaient placés déguenillés et quelques-uns totalemeot dos Mais bientôt les admirables sœurs mirenid^ l'ordre dans cette triste demeure, et elles purent entourer des plus tendres soins leurs enfants d'adoption. Au mois d'octobre, ou réunit dans la maison Saint-Jérùme, au faubourg de Québec, trois cent dix*huil orphelins pris à Saint-Camille, et quatre-vingts or^ phelines dont la plupart avaient élé recueiilies depuis trois mois par les dames du Bon- Pasteur, et le tout demeura confia pendaui six mois aux Sœurs de la Providence.
Mgr Bourget craignant que le typhos ne reparût en IStô, avec le retour des vaisseaux et n'exerçAi ses ravages dans le diocèse de Québec , offrit des Sœurs de la Providence à l'archevêque de Québec, pour le serYioe de la 6ro$ie He^ où les passagers arrivés d'Europe étaient retenus en quarantaine. EUes furent acceptées. Parmi le grand nombre de celles qui s'offrirent généreusement, se(i sœurs furent choisies par la commonaoïé pour ce service ; elles se tinrent prèles à partir pour Québec, mais Ton put heureusement se passer de leurs soins : il n'v eut pis de typhus en 1848. Ce fut un grand cba^n pour ces filles dévouées d'être privées doN frir ce sacrifice, qu'elles avaient fait avec tant d'abnégation dans leur cœur.
Il y a eu ce moment dans la maison mère vingt^cinq professes, vingt-huit novices ou postulantes, vingt-quatre dames pensionnaires, soixante-quinze infirmes. On coffl|4e trente-quatre professes dans les missions; elles donnent l'éducation gratuite à cent huit pensionnaires, à six mille exieroes;}! y a outre cela cent vingt pensionnaires payantes.
PROVIDENCE DE LA PIOCHE f Coaivr- RAUTÉ DB LA ), diocisû (tu âtons (Sorfàff).
Mlle Françoise Jamin, fondatrice de li communauté de la Providence de la Flèi tic. vint au monde en cette ville le 1*' tb»n 1773. Elle eut pour père et mère Marie-Joseph Jamin , fils d'un riche commerçant, d Françoise Perrine Léon, fille unique dunutaire de Loué, diocèse du Mans. Vextrèmc délicatesse du tempérament de Mlle Jam^r, è sa naissance, avait laissé peu d'es|)Oir i ses parents de lui faire traverser beurensement les dan|(ers qui entourent la prenu^ âge ; néanmoins les soins dont ils eniart* rent son berceau lui cooservèrent nae ne que Dieu réservait pour sa gloire et le soa* lagement des malheureux, kû effet, la jeiu« fille avait profité de bonna heure des i^ti^ cipes de religion qu'avaient semés dans s«>o âme innocente de pieux et respecuMei (** rents. A peine âgée d*un an, son i^lt tenait entre ses bras sur le seuil de la wi^* son; un pauvre se présenta, l^enÎEuit imptef* aussitôt par ses caresses la charité pîicr*
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nellê. en re{oil une aumône è la condition de I aller remettre elle-même è Tinforluné; elle marche alors pour la première fois vers le premier de tous les malheureux qu*elle oerait secourir. Dès ]*âge de sept ans, elle rrrevait de son père, de l'argent, de la nourriture et du linge, qu*elle s'empressait do (iisiribuer è de ()auvres voisins. Elle leur reniait de plus tous les bons offices que lui l^rmetiait son enfance, et déjà elle eût voulu ronvertir en asile pour les malheureux la nitison paternelle. Ils la surprirent un jour dressant des plans, et marquant avec un couteau la place des lits qu'elle voulait destiner aux malades? A l'âge de onze ans elle entra, pour y recevoir une instruction et ane éducation chrétienne, ou couvent de la Visitation de la Flèche. A sa sortie de ce Donastère, des maîtres habiles vinrent chez ses parents compléter ses premières connaissances, llile Jamin n'avait que Quatorze BM lorsque sa mère la conduisit a Tours, {•our jT voir une tante, veuve, sans enfants et jouissant d'une très-belle fortune. Cette dame, remplie d'affection pour sa nièce, »'empressaae loi procurer, avec une toilette brillante, tous les autres innocents plaisirs iropres k rattacher au monde. Ce fut en vaio; la jeune Françoise, loin de (Mer aux vanités du siècle , redoubla <ie ferveur dans la prière, et d'exactitude dans Tobservalion de ses devoirs Ce fut â cette époque que la divine Providence lui ménagea dans sa Camille des ennuis cmels, les peines les plus poignantes. Elle trouvait alors son unique consolation dans la piété et les conseils de son directeur V. Michel Chapeau, né k Angers, et plus urd noyé k Nantes par les ordres do trop tameux Carrier. Le prAtre vénérable et d^une msiraction solide était alors prieur-curé de Sainte-Colombe -lès- la-Flèche. Il cultivait •vec un tendre soin cette plante précieuse dont Dieu avait orné le champ confié k ses M)ins. Aurès avoir admiré dans l'enfance oe Mlle iamin son goût prononcé pour la f'iété et le service du prochain, la solidité de $00 esprit et sa pénétration l'étonnèrent. Il pe pat s'empêcher de voir que Dieu n'a- ^&it uni tant de moyens naturels k un aussi S^aud désir du bien, que parce qu'il destii^it la jeune fille k des œuvres de charité ^extraordinaires,' il se fit donc un plaisir de l^mplacer près d'elle tous les maîtres, et il lui donna successivement k lire les ouvrages Pi'opres k lui iaire goûter de plus en pTus u beauté de la religion , et k donner k son intelligence toute Factivité dont elle était <iu€6pttble. Le vieillard conversait souvent a^ec elle, répondait k ses nombreuses questions, éclaircissait ses doutes et iuiinculjoiii des idées saines et solides sur les iiOKomes et les choses.
Aq milieu de ces occupations, Mlle Jamin ^e connaissait d'autres délassements que ^es visites chez les pauvres et les soins con- ||ouels qu'elle leur rendait avec un plaisir ^ujours nouveau ; elle pansait leurs ulcères, ives&ait leurs lits, mettait en ordre leur rné*
nage, leur proenrall des remèdes et des aliments. Pour se rendre plus utile aux malades, Mlle jamin voulut, dès l'âge de quinze ans, suivre les leçons de M. Pierre-Augustin le Boucher, natif de Montbason (Indre et Loire). Ce vieux médecin de TKcole militaire de la Flèche était maître es arts, correspondant de Tancicnne académie royale de chirurgie de Paris, auteur de plusieurs ouvrages de médecine, et exerça sa profession k la Flèche, pendant plus de trente années. Les hommes savants aiment k communiquer leurs lumières. Le docteur ravi de rintelligence de sa jeune élève, lui donna chez lui régulièrement des leçons pendant environ sept années. Il la conduisait assidûment chez ses malades, s'en faisait aider dans les opérations de son art, et la présentait dans les assemblées de ses confrères. Après ses études médicales, Mlle Jamin, renonçant aux distinctions honorables qui eussent pu devenir la récompense de son savoir et de son expérience, se livra exclusivement au service de Dieu et des pauvres jusqu'k la révolution de 1790.
Celte époque désastreuse, loin d'abattre son courage pour la gloire divine et le soulagement de ses frères malheureux, l'enflamma davantage; elle sentait son zèle se rallumer k la vue de Timpiété abolissant le culte catholique en France et détruisant tous les établissements de charité. Au commencement des troubles révolutionnaires, elle recueillit le clergé de sa paroisse dans la maison de ses parents; elle s'efforça de préserver toutes.les personnes qu'elle fréquentait, du scandale de l'élise schismatlque établie par la révolution. Lorsque la France fut en proie k toutes les horreurs de Tanarchie, la crainte retenait au fdnd de leurs demeures les médecins et autres gens de Tan fixés k la Flèche et dans les environs. Mlle Jamin offrait k Dieu, chaque matin, le sacrifice de sa vie, puis elle ))arcourait avee joie la ville et toutes les communes de l'ar-» rondissement de la Flèche. Partie dès l'aurore avec un peu de pain et de vin, presque toujours bientôt distribués aux premiers nécessiteux. Mile Jamin ne vivait tout la jour qu'avec un peu de la nourriture gros* sière des gens de la campagne, et rentrait souvent le soir en sa maison uour y prendre son premier repas du jour. Une grande so« briété, un continuel exercice avaient fortifié son tempérament naturellement délicat.
Pendant quelques années, elle put, dans les visites des malades, faire k cheval dix et quinze lieues par jour. Si l'excès de la fatiffue l'obligeait k prendre quelque repos, elle descendait de* son cheval, l'attachait k un arbre et dormait quelque temps entre deux sillons, sous la garde d'un gros dogue, qui la suivait ordinairement. Les souffrances physiques du prochain étaient loin d'épuiser un |>areil dévouement. Les forces de Mlle Jamin semblaient au contraire se ranimer toutes les fois qu'il s'agissait de pro<curer aux fidèles, en ces temps de [tetêé^ cutions, les moyens de participer aux
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DICTlOiNiN AlUK
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sacrements île i*Gglise. Los Caliioliques trouvaient alors dans sa maison les secours spirituels, les consolations, les avis si nécessaires k celle époque lamenlablo. Mlle Jainin recueillit chez elle tous les ecclésiastiques que la Providence contia à sa sollicitude. Elle en compla, au fort de la terreur, I'usqu*à treize à sa table. Jour et nuit ces lommes dévoués entendaient les confessions des fidèles, bénissaient les mariages, conféraient le baptême aux enfants, instruisaient les adultes et offraient le saint sacrifice en expiation des crimes et des scandales de la France. Mlle Jamin les aidait avec ardeur dans leur pénible ministère. Non contente de les dérober en sa maison aux poursuites des impies, de pourvoir à tous leurs besoins, elle leur ménageait en outre les moyens de se rendre la nuit chez les malades de la ville et de la campagne, en les précédant dans ces courses périlleuses sou!$ prétexte de soins temporels h donner aux malades; elle écartait avec aiiresse les personnes ct^ les objets qui eussent pu compromettre Tecclésiasiique, lui procurait des vêtements nécessaires à son déguisement, des guides pour diriger sa marche; enfin elle protégeait son retour au milieu des gardes nationaux, des patrouilles républicaines, et des per>onnes malinlentionnées. Tant d*actes d*une héroïque charité devaient attirer, sur leur auteur, les regards des farouches persécuteurs. Les révolutionnaires influents de la Flèche, les principaux adhérents au schisme constitutionnel, les furieux agents du pouvoir s'unirent pour perdre celle dont la conduite accusait la leur. Aux dénonciations succédaient assez rapidement des visites domiciliaires. Mais les recherches les plus actives et les plus minutieuses ne purent découvrir, chez Mlle Jamin, les prêires ou les objets pieux dont la découverte lui eût valu la prison et la mort. Au reste, ces misères, ces menaces, ces dangers n'affaiblirent jamais l'égalité et renjouement de son caractère. Elle soutenait le coarage des prêtres et dea fidèles par les ressources ingénieuses que toujours elle savait trouver dans les moments les plus critiques; puis, en face des persécuteurs, elle les déconcertait par le calme et l'assurance de son langage.
Après dix ans de terreur et d anarchie, la France religieuse commença à respirer au commencement du xix* siècle. Toutefois, pendant quelques années encore, Mlle Jamin fournit le logement et la nourriture au clergé paroissial. EUeipourvut, après le concordat de 1801, aux premières nécessités du culte catholique.
En détruisant les communautés, la révolution de 1790 avait empêché Mlle Jamin de suivre son aurait pour la vie religieuse. Le rétablissement de la tranquillité publiuue et la liberté rendue à l'exercice de la religion lui permirent enfin de suivre la vocation à laquelle elle se sentaii appelée depuis son enfance.
Tous les maux, suites du'bouleversemcnt de la France, uesaicut alors cruellement sur
)a ville et ses environs. La jeunesse iu\i privée de conseils et de toute inslrucliou; les vieillards et les malades languissaient sans consolation, sans aucun souiagemeni; un grand nombre d'infortunés privés parla révolution de leur étal ou de leur fortune ne trouvaient plus ni pain ni asile. Mlle Jamin conçut le projet d'un établissement où toutes ces misères, qu'elle soulageait chaque jour, le fussent encore après elle. Sa confiance dans la divine Providence, Tempêcha de reculer devant les difiicultés nombreuses que lui opposaient» son peu de ressources, le malheur des temps et plusieurs embarras de famille. Par le conseil de son directeur, elle se présenta en qualité de (postulante à la communauté des incurables de Beaugé, y & un noviciat, afin d*examiner sa vocation aTec maturité, et se former aux vertus religieuses. Elle profita de l'expérience et des lumières do plusieurs vénérables prêtres qui s'y trou* vaient, tous confesseurs de la foi aux jours d'épreuve qui venaient de s'écouler. ReTenue h la Flèche, Mlle Jamin, en commençant son œuvre, fut puissamment aidée par le concours el le dévouement de M. Pierre Uoche, nommé à la cure de la Flèche, par Mgr de Pidoll, évêque du Mans. Ce prêtre, puissant en vertus et en œuvres» était destiné par la bonté divine à être en cette ville l'instrument de ses miséricordes. £a effet, outre les secours abondants qu'il ne ne cessa d'accorder à la Providence pour subvenir h ses besoins et ses efforts \H)ur établir cette congrégation sur des bases solides, l'homme apostolique rétablit encore, à force de zèle et de courage, la communauté des hospitalières de la Flèche, celle de la congrégation de Notre-Dame; il fonda U maison des frères de la Doctrine chrétienne. Il mourut en odeur de sainteté après un ministère de trente années. Vénéré de tous ses paroissiens, Tobjet des regrets el des éloges même des indifférents et des impies.
Avant de commencer son établissemem, Mlle Jamin avait voulu de nouveau aUirer les grâces du Tout-Puissant sur une au^M grande entreprise. Elle fil, sur la Qn de !80'k une retraite do dix jours dans la communauté de Saint-Joseph de la Flèche. Referme ensuite à sa maison, elle commença è rtcueillir gratuitement et moyennant de faibles rétributions, des femmes infirmer, quelques personnes de piété avancées eo â.'e et voulant se retirer du monde. Peu deteiL^s aprèSj Mlle Jamin obtint de Mgr de Pi«lo'i li permission d'établir, dans son établissemem, un oratoire, el d'y conserver raugu>te 5a* crement de nos autels. Ia fondatrice ne i^rdi pas h réunir au personnel de sa mai^^s (juel |uos orphelines ptai^ées |3ar le bureau de charité et que les grandes pensionaaires formaient à divers ouvrages manuels. Vert 1806, quelques demoiselles pieu^^es <J(*^^* rèrent partager les travaux de Mlle Jau'.n. fi commencer avec elle une associatu^a rt gieusc. Celle-ci, do concert avec le l-^ ' M. de la Roche, dressa un règlement i' les Qlles pieuses qui voulaient s y pn^i'i^t:
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DES ORDRES RELIGIEUI.
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5 VéiM relii^îeux, en se dévouant au serTice ûcs enfants fl des pauvres. Les aunaône^ des (^rsonoes bienfaisantes permirent alors è.la f indalrice de faire bAtir une chapelle et un rhœur i l*usa^e des sœurs et des jeunes ti:;es de rétablissement; ce qui, isur la demande de Tordinaire, fut autorisé par décret (Je reio{»creur Napoléon, du 25 janvier 1807. Depnis celle époque jusqu'à Tannée 1812, MUe Jamia» surchargée de travail et de sollicitude, (»ortait tout le poids des divers offres de \n maison, parce que la jeunesse des sœurs, leur inexpérience les empêchaient do nen faire sans l'assistance de leur supérieure.
Outre les dépenses extraordinaires dans une maison renfermant alors quarante personnes, la supérieure avait acheté six maisons voisines pour agrandir la sienne et élevé diverses constructions d'une valeur de plus de 30,000 fr. Ce fut alors que la famine, dont tuiile la France et une partie de TEurope ressentirent les suites funestes» vint désoler les populations, et consommer h ruine de la Providence. Abandonnée des j^urs d(^4*ouragées par une misère extrême» oes orphelines qu'elles ne pouvaient plus nourrir, des f)ensionnaires effrayées d'un tel état de choses, Mlle Jnmin se trouva seule, sans ressources, sans secours aucun, atteinte d'une maladie grave causée par un travail excessif, par les angoisses de la paurrelé, par les chagrins et par les privations de toute espèce.
Dans une semblable position, le respectable M. de la Roche vint lui-même passer plusieurs nuits au chevet de la fondatrice expirante. Les supérieurs ecclésiastiques et ciriK, tous les gens de bien, convaincus du lèle de la pureté d'intention de Mlle Jamin, s'empressèrent de la consoler, de l'encoura:;erà supporter toutes les douleurs qui lui éiâiept encore réservées. Loin de perdre C()Qrage. Mile Jamin, seule, chargée d'une mère oclogéuaire, de trois orphelins, de ses r.eveux et nièce, reçut de nouveau, dans sa niai<son, quelque^ infirmes aussi pauvres qu'elle. Tous vécurent de l'aumône des personnes bienfaisantes et du produit du travail des personnes valides de la maison. Bieniêi les ressources augmentèrent par l'arrivée de quelques pensionnaires. Mlle Jamin put s'aider de deux filles à gage dans les travaux multipliés qui l'accablaient. Peu h {^u, Dieu envoya h la fondatrice quelques jeunps personnes, qui, loin d'être rebutées l-ar Pextrême pénurie do la communauté, voulurent en raire partie, et s'y préparer à l'étal religieux. A partir de ce moment, et l'cndant plusieurs années, Mlle Jamin et ses compagnes eurent h supporter toutes les primions de la plus extrême pauvreté. Sans nabils, sans couvertures, manquant souvent ^e pain, elles continuaient avec le m^me saline leurs travaux et leurs soins auprès ^worphelines, des malades de leur maison •^V!^^ campagnes voisines. Enfln, plusieurs yîeiliards des deux sexes vinrent finir leurs jours è la Providence» v laissèrent leur mo-
bilier et quelque argent. Un ou deux legs en argent et en immeubles, la présence de quelques pensionnaires, des aumônes que la Providence leur ménageait, firent i)resque cesser l'état précaire où se trouvait cette maison depuis tant d'années. On put, ef> 182&, acquérir quelques maisons et les jar* dins nécessaires k l'extension de l'établisse» ment. Ce fut cette année, 1826, que sévit, à la Flèche, ce fléau si terrible, que pendant cinq mois, les prêtres et les médecins de la ville ne pouvaient plus suffire au soulagement du grand nombre des victimes que la mort enlevait chaque jour. Les sœurs de la Providence se livrèrent toutes i l'assistance des malades et des mourants avec un courage que la religion seule inspire et peut soutenir. Elles les veillaient toutes plusieurs nuits de suite, assistaient les pauvres et prodiguaient à tous les soins les plus atfe^tueux, avec les consolations de la piété chrétienne. Un pareil dévouement acquit, aux sœurs de la Providenre, l'estime et le respect ninanimes da toute la ville. Les autorités civiles et judiciaires appuyèrent de tous leurs pouvoirs, dans leurs vœux exprimés au gouver-^ nement d'alors, les efforts de M. de la Roche»^ pour obtenir l'autorisation légale de la maison de la Providence.
En effet depuis vin^t-deux ans, ce prêtre infatigable poursuivait ardemment le succès de cette affaire importante pour l'institut dont il est le père.Mémoires déiaiilés,soincitations verbales et par écrit auprès des personnes influentes de la ville, de la préfecture ou de la capitale; pétitions aux divers gouvernements qui avaient régi la France depuis Vingt ans, H. de la Roche avait tout tenté^ pour assurer k la Providence la base nécessaire à sa perpétuité. EnÛo une ordonnance du 23 mars 1828 couronna son zèle et s» persévérance.
Les sœurs autorisées k foire des vœax publics, les prononcèrent au nombre de
auatorze, le 16 octobre de la même année ans l'éçlise paroissiale de la Fièehe. Le cérémonie fut des plus solennelles et rehaussée par le concours bienveillant de la majeure partie de la ville.
Pendant les douze années qui s'écoulèrent depuis cette heureuse journée jusau'au 16 novembre 1840, époque du décès e la vénérable fondatrice de la Providence, cette maison s'accrut peu à peu, malgré les difficultés de toute espèce, qui presque toujours s'opposèrent a son 'développement comme h sa prospérité. Mais à peine 1» Mère Jamin ful-ï»Ile allée rerevoir au ciel le rix de seç vertus et de ses travaux, que )ieu voulut aussitôt .récompenser chez ses filles les humiliations et le long dénûmeni dans lesquels il les avait éprouvées pendant trente-quatre ans. La profession de plusieurs sujets précieux k rinstitut, nombre toujours croissant de pensionnaires des deux sexes ^ offrant à la maison de nouvelles ressonrces» les dons fréquents de la génërosilé chrétienne fournirent autant de moyens dook
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Dieu sa seri aujourd'hui pour soutenir cet «^lablisfemcnt et le faire seryiraux desseins de sà miséricorde sur les pauvres et les orphelines qu'il y nourrit, et sur les reli* gieuses qui y sont appelées è la pratique des «kOnseils evangéliques.
De^juis quelques années. la maison de la Providence a pu ajouter aux nombreuses maisons acquises par la fondatrice plusieurs iiAtimentSy jardins et pièces de terre indisjiensables au plan eénéral de l'établissement ot de ses vastes dei endances.
Des bâtiments spacieux et commodes pour les pensionnaires, les salles des hommes el des femmes, le chqpur des religieuses sont disposés autour d'une magnifique chapelle (style du xfi* siècle } accompagnée d'un clocher en pierre de la môme époque et du plus bel effet. Les cuisines et leurs accese soires, les lieux réguliers, les pièces propres aux orphelines et jeunes pensionnaires sont établis avec symétrie devant un enclos assez étendu, traversé par un fort courant d'eau vive. Tout rétablissement aq surplus ^st borné au midi et au couchant par les riantes cappagnes qui bordent la rivière du toir.
Il contient de terminer cette notice en disant quelques mots sur les fins que s'est proposée la fondatrice de la Providence et les œuvres de piété et de miséricorde auxquelles se livrent les religieuses de cette maison.
L'institut est établi pour trois fins principales :
La première, qui regarde Dieu, consiste k ThoQorer par un culte spécial au sacré oŒur de Jésus, par l'adoration continuelle, pendant le jour, du très-saint Sacrement de l'autel , par la récitation quotidienne de l'Office du très-saint cœur de JMarie, fête principale de l'institut et titre religieux de la congrégation des sœurs de la Providence.
ç Cet OQice d'une grande brièveté, à cause des travaux multipliés des sœurs, est récité chaque jour depuis la seconde moitié du xvui* siècle, avec l'approbation des évoques d'Angers par les religieuses des Incurables de Beaugé. Il est un abrégé du grand Office du très-saint cœur de Marie autrefois composé sous la direction du P. 4ean Kudes, fondateur des missionnaires de Jésus et de Marie en Normandie et l'un des premiers propagateurs en France de la dévotion au saint et immaculé cœur de Marie. »
La deuxième Un qui a rapport aux sœurs de la Providence tend à procurer un lieu de retraitei où certaines ftmes choisies, désireuses de leur salut et de la perfection, puissent se mettre è l'abri de la séduction du siècle et pratiquer les conseils evangéliques.
La troisième fin qui se rapporte au prochain soit dans la communauté, soit au dehors, a pour but toutes les œuvres de miséricorde auxquelles les sœurs se consacrent, comme le soin des vieillards des deux sexes, infirmes et incurables, Téducation chrétienne des orphelines et jeunes peu*
(I) Fay. à la fin 4u vol, &<" 206.
sionnaires ; l'admission d*anci6nnei personnes Agées des. deux sexes, qui veulent finir leurs jours dans la retraite et dans li piété ; l'école aux petites filles du voisinage et des campagnes environnantes; la visite à domicile des malades de la ville et des environs. Des ecclésiastiques, vieux ou infirmes et obligés de renoncer aux travaux du saint ministère, sont aussi reçus dans la maison et entourés des soins les plus attentifs. Tels sont les travaux des sœurs de l'institut que son utilité fait appréner chaque jour davantage dans le pavs oii il est établi.
Depuis quelques années, une commanautedecet institut s'est formée dans la villa de Vendôme, diocèse de Blois, par suive d'arrangements conclus entre Mgr révéqoe de Blois, le riche et libéral propriétaire de Vendôme, fondateur du nouvel établisse* ment et la communauté de la Providence de la Flèche qui y a envoyé quatre religieu* ses professes pour cette fondation. Tout porte h croire que la diffusion de rinstitut des filles du très-saint cœur de Marie s'éieoira encore dans la seconde moitié du siècle qui Ta yu naître.
Outré les trois vœux ordinaires, ces religieuses font celui de soigner les malades. Ces vœux sont annuels et après dix vu de profession ils sont perpétuels.
Elles sont velues a une robe de laine . noire, d'une coitfe plate et d'un moncboir de mousseline blancne, avec an tabVier de laine noire h bavette, sur la coiffe uo voile noire et ieté sur les épaules. Le costume est complété par une croix plate en argent arec un christ. Au bas de la cruix se trouve un cœur en argent sur lequel est gravé le ctBor de Marie et ces deux mots pour légende : Humilité, Charité. Elles portent extérieurement au côté un chapelet noir à gros forains, orné d'un christ et de deux médaues en cuivre. (1)
La maison mère est aujourd'hui composée de trente religieuses et de cent quarante pensionnaires.
PROVIDENCK DD CANADA (Sosi;m m u),
au CkilL
Ce fut l'année 1853 que les dignes Sa irs de la Providence de Montréal doublèrent la cap Horn et arrivèrent au Chili. Parties da bas Canada, elles allèrent jusque dans ie< lointaines contrées de l'Orégon chercher des misères è secourir et des larmes i essuyer. Elles arrivèrent sans être attendues, sans avoir été demandées» conduites uniquement par la main de la Providence poor soigner et recueillir des orphelins pnv^ des soins maternels. L'hospice des Enfants trouvés des deux sexes, que ces sœars dirigent avec tant d'habileté, est une preuve de leur ardente charité. BientAt cet eui!:s* sèment prendra des proportions p'us coo> dérables, attendu que les édifices qui étaieM en voie de construction vont Atre tennii:<^^ Ces augmentations que réclament des nécessités impérieuses, permettront d« ^"^
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DES ORJMIBS
ooarrir les cotants k domicile et flimioueroDi la mortalité qui était de 70 pour 0|0; elles promettent aussi de conserver assez loQ^emps ces pauvres déiaissés pour les lubituer aux travaux de l'agriculture et leur dûoner uo état. Ce résultat est bien plus iiuporlant pour le pays que fémigratioa Arangère. Pour achever cette bonne œuvre* il ioporie de trouver un moyen pour fonder QD riOYÎciat, afin que cet ordre précieux poisse se recruter dans le p^ys et fournir des racines de plus en plus étendues.
Le 20 octobre 1855, douze des mômes soBors de la Providence, venant de Montréal s'éiaieot embarquées à New-York pour aller rejoindre les cinq religieuses de leur ordre QQi ont soin de rorimelinat de Santiaso. Quoiaue, grâce à des legs considérables, Tes ombelins du Chili soient assez riches, jusque Tarrivée des sœurs Canadiennes, ces ressources n'avaient pas pu procurer aux |ièu?res enfants privés de famille le bienéire et la bonne éducation dont ils avaient tous besoin et qu'ils reçoivent aujourd'hui. Voici Us nouvelles authentiques que donne i'ium6i)ier m4me de leur maison, M. Cba- Itoi: t Noos sommes arrivés depuis quelque temps à notre destination , et nous n'avons •u pendant le voyage que deux religieuses DiNes. Elles ont eu les fièvres dites de hoama et elles ont beaucoup souffert à bord des vapeurs, ou on n*avait ni médecin si tomèdes convenables... Inutile de vous (lire avec guelle impatience nous étions attendue... Nos eœurs étaient gros ; nos larmes coulaieBi em abondance. Après les premières émotions sati5faites, nous avons été 00 ne peut plus surpris de Tétat prospère ^e rétablissement. Il consiste en bAtisses eoDsidérables, qui^ èependant, ne suffisent pu au très-grand nombre d'or{)helios qui ioat présentés chaque jour. Des plans de nourelles bAtisses capables d'en contenir mille, sont soumia au gouvernement, qui H sur le point d'en ordonner l'exécution. ToQies ces constructions nouvelles , de uièine que les anciennes, sont assises sur 00 immense bien fonds qui- a coûté 'ZîvOOO fr. Celle propriété appartient, aux or» helins qui ont un revenu annuel de34,0Q0 fr. Elle conlieotde magnitiques jardins, dont un exclusivement consacre à la culture des fleurs etua «utre irès-vaste aux denrées de toutes sor- ^< H y a en outre un vignoble de 26,000 pieds de vignes, une olivette, une figuerie coolenant coacun plusieurs milliers de pieds d*arbres, de noyers de toutes qualités, des pêchers et d'autres arbres fruitiers dont les noms ne nous sont point connus. D'immenses ^lées recouvertes par les vignes, dont les l^ftocbes sont entrelacées au-dessus, circur ^oi à travers ces plantations. C'est là que ics enfants et les sœurs vont respirer un air ^ttjours frais. Le reste de la propriété est l^f^gée ea cinq parties pour la culture et ^ animaux. On se propose d'avoir des vacbes et des moutons et de les mettre en l^<'«ge en attendant que les orphelins gran- ^l&Hnt. Us pourront plus tard se former à
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l'agriculture. On ne peut se figurer cembien de dignes confrères se donnent de peines et de fatigues pour l'avance des œuvres des orphelins ; aussi jouit-elle d'une belle réputation auprès de toutes les autorités chilien^ nés, qui ont mis en elle une confiance illimitée. »
PURIFICATION (Rblioibcses db la] ou VICTIMES DU SACRÉ-COEUR DE JÉSUS, à Toun Indre-et-Loire.
Un saint prêtre, feu M. l'abbé Jean-Baf»tiste Pasquier, chanoine titulaire de l'église métropolitaine de la ville de Tours, consîtdérant la multitude des outrages que reçoit sans cesse l'infinie majesté de Dieu, et le nombre infini d'Ames que le péché ravit au Rédempteur, conçut le dessein de former une congrégation d'Ames dévouées, qui», s'unissam au sacrifice de Jésus, la grande, la seule victime digne de Dieu, s^offrissent avec lui, et par lui comme victimes pour réparer l'outrage fait à cette suprême majesté et obtenir la conversion de tant de pauvres coupables.
11 fit part de son projet è notre pieux archevêque feu Mgr Louis-Augustin de Moutblanc, qui l'accueillit avec la satisfaction que lui causait cette œuvre propre è procurer la gloire de Dieu et le salut des Ames. Ainsi muni de l'autorisation de son premier pas-^ teur, le jour de la Visitation de la très-sainte Vierge, 3 juillet 18U, le saint sacrifice fut offert en cette maison ; le'très-bonoré Pèro fondateur donna la clôture aux quatre premières agrégées, sous le titre de Religieuses de la Purification.
Comme tout ce qui est planté de la main de Dieu, ce nouvel arbre fut souvent et long- . temps battu uar la tempête. Après la mort . du respectable fondateur, arrivée le 21 juin 18^2, la personne qu'il s'était associée pour travailler avec lui à l'érection de cette nour xelle société, ayant introduit certaines in-novations». cette petite barque, qui di^jà vo«^ guait k pleines voiles, se trouva arrêtée dans sa course. Mais, vers la fin^de 18^, Notre- Seigneur, par une marque sf*éciale de sa protection, dissipa les incertitudes et les oppositions.
Après avoir remis en vigueur les pcemièpea constitutions el les avoir enrichies do son. approbation, S. Em. le cardinal archevêqpe. voulut bien a|)prouver de nouveau cette congrégation; joignant au premier titre celui dertc/jmef du Sacré-Cœur d€ Jésus. A. toutes tes marques de bonté dont Son Eminence ne cesse de les combler, elle lyouta ceUe qui met le comble k toutes en se déclarant leur père supérieur. Cette con«^ grégation soumise k l'ordinaire n'a point de générale; elle suit la règle de Saint-Augustin, elle a des constitutions et des usages qui lui sont propres.
Cette congrégation religieuse est fondée en l'honneur du mystère de la Purification, dans l'esprit et suivant les fins de ce mystère.
Elle est appelée ta congrégation de la4*u^