‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 163 sur 220 · IÎ5I · texte numérisé non relu

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galion âislingoée du commun des Ohréliens ^r la perfeaiOQ et rédification particulière /]u*elle se propose.

M Si nous nous appelons mutuellement frire$ et jcsûrt , c'est que, k Timitation des premiers Chrétiens, qui se nommaient ainsi , nous afons tout quitté pour Jésus -Gbrisi. Poar être parraitement a lui, nous avons, comme les anciens solitaires, renoncé aux bieDs de la terre, à notre pays, à nos inclioatioQS naturelles, et même à notre volonté propre, faisant, i^uoiqne toujours libres, une {iroJession publique de pauvreté, chasteté et obéissance, n'ayant qu un cœur et qu'une Ime, ne formant qu'une même famille sous uoe mèmu direction, et ne connaissant plus d1 (lère, ni mère, ni frères ni sœurs, que selon l'esprit de grflce qui nous a retirés du Djoode, pour servir Dieu uniquement et plus sûrement dans cette retraite.

t La richesse de cette retraite est la pauvreté de Jésus-Christ. Sans celte ressource, tout y serait bientôt perdu. C'est dans ce détachement et cet éloignement de toutes les ressources mondaines que nous 5on( assurés toutes les ressources et tous les appuis de la divine Providence.

< On ne soutTre chez nous aucune provision d'argent ni de blé, sous aucun prétexte, l«s même sous prétexte de la bâtisse, ou des rénarations indispensables.

« Défendu de mendier et de chercher des auQcftoes.

< Pour une sainte humiliation en faveur de toute la congrégation, une personne seulement, chaque année (avec les permissions requises), fait des quêtes pour aider à l'eniretien de^ enfants pauvres. Elle rend compte dtt produit à sà rentrée.

« Tous les fonds appartenant au premier ibodatear ne contiennent pas vingt journaux de terre. L'on n'en accepte pas davantage, ai aucun revenu fixe.

< Aucun des solitaires ne possède rien, ne doit garder rien en propre, ni meuble, ni argent, ni cellule, ni babillemenl.»

Personne n'est reçu parmi eux qu'il n'ait mis ordre k toutes ses affaires dans le monde, el qu'il n'ait renoncé, de cœur et en effet, à tout ce qu'il possédait. Les pauvres sont reçus de préférence.

Si les riches apportent quelque chose, cela est tout de suite, avant leur entrée, mime en leur présence, distribué en bonnes œuvres, selon les plus pressants besoins de la maison.

Le travail des mains est habituel chez eui, excepté i* les jeurs de dimanches et desffties chômées; 2* le temps de leurs exercices spirituels journaliers, 3* et une grande partie des deux récréations. Par ce moyen, et à Taide des sacrifices qu'ils s'imposent, comme aussi des offrandes que leur fait la charité des Ames généreuses, non-seulement il^ évitent de fatiguer le prochain par des degiandes de secours, mais encore ils pourvoient à leurs besoins et è ceux des enfants pauvres qu'ils élèvent, surtout ils ont le précieux avantage^ d'imiter Ttotre-Seigneur

Jésus-ChrisI travaillant de ses mains à Naïareth; aussi n'ont-ils laissé de dettes nulle part. O miséricordieuse et toujours plus admirable Providence de Dieu, sur ceux qui veulent croire ces paroles de notre divin Sauveur : - Quœrite primum regnum Dat.

{Matth. VI, 33.)

Sept fois par jour, ils font des exercices de piété à la chapelle, et, sept fois |)ar jour, ils récitent des prières tout eu travaillant.

Éxereiee$ de ta chapelle. — 1* Prière du matin (k 4 ou 5 heures, selon la saison), et demi -heure de méditation, terminée par VÂngelui ou Regina cœli: 2" sainte Messe tous les jours, k 6 h. 1;4. Les dimanches et fêtes chômées, on assiste k deux, et la seconde est chantée. Les Vêpres se chantent h 3 heures, et sont suivies d'une instruction. De même, il j a le matin des avis de méditation; 3"" examen de conscience, k 11 h. 1/4; k' Angélus après le dtner; 5* adoration de la Croix, k 3 heures. Cet exercice consiste k réciter cinq Paierei Ave^ les bras en croix, demandant k Jésus mourant la contrition de nos péchés et la conversion des pécheurs ; après quoi chacun fait quelques instants d'adoration du Saint- Sacrement; 6' Angélus après le souper, et, 7* k 8 heures, la lecture spirituelle, ou une instruction (laquelle se fait par un prêtre, la veille des dimanches et des fêtes, et tient lieu de la lecture spirituelle), et la prière du soir.

Prières de la salle. — Tout en travaillant , on récite k la salle, k deux chœurs et k di- Yétses heures, 1" le petit Office de la divine Providence; 2* celui de l'immaculée Conception de la très-sainte Vierge; 3* les Litanies de sainte Thérèjie,delad;vineProvidence,des saints Anges, de saint Joseph; i* le Chapelet; S"" quatorze Paierei Ave en mémoire des quatorze EpUres de saint Paul , et pour demander le zèle f)our la gloire de Dieu. Plus, il se fait cbague jour un catéchisme d'une heure.

C est ainsi que se trouve réalisé un désir de l'intime ami de saint François de Sales, qu'il exprimait eu ces termes {Esprit de saint François de Sales^ part, xviii, chap. 31) : « Que. je serais consolé, si, avant que de mourir, je pouvais voir en l'église de Dieu une société de filles et de femmes où l'on ne poftât d'autre dot qu'une lionne volonté, et l'industrie de gagner sa vie du travail de ses mains, et qui, pour cela, n'eût point d'autre chœur que la salle du travail, où toutes ensemble participassent k la félicité dont parle le Prophète : Vous serez bien" heureux f si vous mangez le fruit de vos travaux. (PsaL ex XVII, a.) C'est en cela que consiste proprement la pauvreté évangéliqoe telle que l'a pratiquée notre Sauveur, et, k son imitation, la sainte Vierge, saint Joseph et les apôtres, quiUant tout pour vivre de

leur travail spirituel ou corporel Voici

comme notre Bienheureux parie du travail en l'une de ses lettres : // faut vivre d'une vie exposée au travail ^ puisque nous sommes enfants du travail et de la mort de notre Sauveur. Amefll AmenI »

Les peusipnnaires se lèvent k six heures»

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et font leurs prières du malin pendant la sainte Messe. Elles ne sont yohii astreintes aux prières de la salle; on leur donne tout le temps nécessaire pour leurs études.

Les solitaires de la Retraite ont une dévotion spéciale è la Croix, au sacré cœur de Jésus, au très-saint Sacrement, à la divine Providence, à la très-sainte vierge Marie, aux saints Anges gardiens, à saint Joseph, aux glorieux apôtres saint Pierre et saint Paul, saint Ignace de Loyola, sainte Thérèse, saint François de Sales, saint François d'Assise, saint François Xavier.

L*exHllation de la Sainle-Croix est leur fête patronnate, celle de Tlmmaculée Conception de la très-sainte Vierge est la fête principale

fiarmi celles de Tauguste Reine aescieux; eur pratique souveraine de dévotion pour réussir, en tout, c*est la méditation des vérités éternelles.

Ils cherchent leur force dans la digne et fréquente réceplion des divins sacrements, et ils renverraient de leur société ceux qui passeraient les mois entiers sans se mettre en état de les recevoir.

Chaque année, les solitaires font une retraite de dix jours, et, chaque mois, une d'un jour.

Ils gardent un silence habituel, excepté pendant les deux récréations qui suivent le dîner et le souper.

Ils ont Tadoration perpétuelle du trèssaint Sacrement le jour et la nuit, et ils la font deux à deux.

La nourriture consistait, autrefois, aux Fontenelles, en un pain d'orge, de froment ou de mélanee, selon l'éducation, la condition, ou les besoins de chacun. On y ajoutait, une fois par jour, quelques légumes Iiauvrement assaisonnés, et un peu de vin )»our les personnes qui y étaient accoutumées. Jamais de viande, hormis les jours des exercices spirituels pour les peuples, et le temps de la maladie, ou à moins que la

charité des fidèles n'en eût offert Plus

tard, M. Receveur crut devoir diminuer ces privations. « Nos austérités, quant à la nourriture, » dit*il, c se réduisentà peu près à ne rien prendre sans permission, liors le temps et le lieu marqués par la Règle, et è nous contenter de pauvres assaisonnements. » Il ajoute : « Les jeûnes et les autres austérités ne doivent point s'exercer indiscrètement, et OD n'entreprend rien k cet égard sans ravis des supérieurs. » Le règlement de la retraite ne prescrit point d'autres jeûnes que ceux de l'Ëglise, et, chaque jour, il y a trois repas, le déjeuner, le dîner et le souper. Les personnes bien portantes se privent du déjeuner les mercredi, vendredi et samedi; mais elles soupent. On y fait usage de la viande plusieurs fois la semaine.

On fait une lecture spirituelle pendant les repas, et chacun doit s attendre a en rendre compte. Les malades ont en tout, les secours spirituels et corporels : ils doivent bien craindre lies consolations humaines, et avoir en horreur les soulagements que le monde voudrait leur apporter, car les con-

solations humaines éloignent les consbialions divines. Le monde a taé Jésac Christ.

La grande pénitence et celle oh Ion réussit le plus diflicilement, c est la mortification de la volonté propre, c'est le renoncement è la liberté mondaine, è son propre cœur et à ses capricieuses inclinations, cesi l'obéissance, c'est la pratique d'un règlement, c'est l'assujettissement habiloel ^ l'ordre et à la règle. C'est aussi le jrand touif pour attirer les plus amples bénédictions du ciel sur une communauté, et pour répandre au dedans et au dehors la plus grande édification. Hors de TaccompUssement de la règle, c'est le monde avec ses scandales , c'est le dérèglement, c'est le service des passions; hors de là les plus beiies œuvres ne sont pas d'un grand prix.

Ils entretiennent parmi eux une étroite charité et union en se supportant les uns les autres, et en s*assistant mutuellement. En un mot, ils s'efforcent de reproduire dans ces temps calamitenx, et comme ils le peuvent, la vie et les vertus des premiers solitaires du désert : tel est du moins le bot constant de leurs efforts, pour leur propre sanctification; tels sont les sprincipaui moyens employés pour l'atteindre.

Leur bul en faveur du prochain. — 1* Elever chrétiennement les enfants pauvres .de l'un et de lautre sexe, dans des classes et des maisons séparées. 2* Ouvrir des écoles gratuites attenantes k leur habitation ref-

Ïective, toujours chaque sexe est séparé. .es solitaires 8*appliquent k rendre leurs écoles remarquables, non par la variété des sciences, que cependant ils ne négligent pas, mais |)ar une instruction solide sur tes aogmes et les préceptes de la religion catholique, apostolique et romaine, et en fonuant leurs élèves k la pratique des vertus.

3* Procurer aux peuples l'avantage immense de venir dans les maisons de la Aetraite vaquer aux exercices spirituels, le» hommes aans la maison des hommes, et les femmes dans celle des femmes.

Tel étant le but do la société, il j faut nécessairement des solitaires de Tun et de l'autre sexe et dès lors des prêtres qui es soient membres. Il est k propos de remar* quer, k l'honneurdela grâce de Jésos-Cbrot, que c'est principalement au zèledes personnes du sexe faible, k leur dévouement, à leurs sacrifices que l'on est redevable de Ij naissance, de la conservation et des soft^$ de la société ; aussi les avantages qo>^'^

1 présente, tournent*ifs plus spécialemesi o eur faveur.

M. Receveur, plus connu sous le poffid^ R. Père Antoine, ne jouit pas longi«0|<^ paix du fruit de ses travaux. La leni|^« révolutionnaire vint é«:later sur lui, ^ comme il était spécialement recherché par les ennemis de la religion* il fut obhg<^ ^^ s'exiler pour éviter la mort ; il se retira en Suisse, d'où plusieuri fuis, au i^éril de m vie, il repassa en Vrauco pout eonsolert^^ courager les solitaires, po<ii soutenir '^

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latres fidèles dans la foi et dans l'attacbe* 0enlà ri^lise romaîne.

licofloposa alors, fit imprimer h ses frais, puis répandre en Franche-Comté, un opus* eole intitulé Confidencei de piétés suivies (le deux lettres. Lel ouvrajze était destiné à préserver du schisme les Qdèles , ou à en retirer ceux qui avaient eu le malheur d'^ lomber. G*e&t aussi pendant Texil , qu'il arhova un autre opuscule, divisé en deux (isrdes. La première est intitulée : Expositm simple d'un élablissemeni de piété com^ wtneé aux Fonieneileif diocèse de Beeançon^ dès lan 1787; Tautre : Mémoire en faveur de laSoeiété de la sainte Retraite. Ce dernier opuscule imprimé en français, en allemand H en italien, fut en 1800 examiné h Venise, \^r les ordres de Pie VU, qui auréa Thom* tuage de quelques exemplaires de ce livre, fieii \mmi la propagation.

Le â3 octobre 1793, la maison des sœurs lie la Retraite fut envahie par une i)ande de soldats indisciplinés et de malfaiteurs, qui usèrent de toutes sortes de violences, pour obtenir que les pauvres sœurs de la Retraite abaodonnassenl leur habit et leur saint état; mis elles opposèrent une résistance inviniible. Traînées par les salles et les escaliers, arrachées de leur saint asile, chargées de loops de plats de sabres, réunies enfin sur 006 portion du lerrain communal , elles furent cernées par ces forcenés et menacées d*étre fasiilées sur-le-champ, si elles ne rentraient l<a$ sous le toit paternel. De leur côté leurs {tarents accourus sur le lieu de la scène, coDjuraient, les larmes aux yeux, leurs filles de se résigner aux injonctions qui leur étaient faites, et de ne pas les rendre témoins forcés de, leur mort. Ces jeunes héroioes, ni attendries par les larmes de leurs parents, ni iniimidées par les menaces des soldats, se mirent toutes à genoux pour receioir le coup de la mort. Tant de coura^^e disarma ces furieux^ et les décida è s'éloigner. Les généreuses filles laissèrent écouler la multitude, et ne pouvant plus regagner leurs cellules fermées, elles s*achemioèrent vers la Suisse, en chantant le Te l^tum. Elles eurent ainsi Thouneur et le bonheur d'endurer toutes sortes de mauvais traitements pour la bonne catise, et se vouèrent avec joie aux angoisses de l'exil pour rtsier inséparablement unies à la sainte Eglise romaine. Aucune d'elles, ni des autres solitaires de la Retraite n'eurent le malheur de prendre part au schisme.

Ce serait trop long de suivre la Société, composée alors de cent vingjt membres, dans ses diverses courses et stations sur la terre étrangère pendant plus de dix ans d'exil. Seulement il suffit de remarquer qu'elle y conserva son habitet son règlement; qu'elle eut lavaniage de répandre la bonne odeur de Jesus-Ghrist sur son passage, que quoique éprouvée par toutes sortes de privations^ }iar \vs maladies, par les décès fréquents, ce^iendant elle se recruu de sujets généreux, que ses sacrifices héroïquement supportés cuutribuèrent, avec la grAce de Dieu, à lui

DiCTiONN. DKS Ordres rblig. IV.

attirer. Elle recueillit partout les plus honorables témoignages de la part des autorités ecclésiastiques et civiles. En 1800, elle eut le bonheur d*ètre admise au baisement des pieds apostoliques à Lorette. Pie VU donna à son fondateur des marques firécieuses de sa bienveillance et de son approbation, et permit rétablissement de plusieurs communautés de la Retraite h Rome et dans les environs. Son Euiinence Mgr le cardinal d'Espuich se déclara le protecteur et le bienfaiteur infatigable de la petite société.

En 1802, la France commençant è respirer, après les longues et épouvantables secousses de la révolution, le fondateur de la Re« traite crut que sa société pourrait s'y rendre utile, et pensa à Vy ramener, il demanda et obtint la bénédiction du Saint-Père, gui voulut bien y ajouter des secours pécuniaires, et mit deux colonies de ses enfants en marche vers le nord do l'Italie, pour se rendre en France, l'une par Test, I autre par le midi.

Rentrée en France, la Société fut favoraip blement accueillie par Mgr de Cicé, archevêque d*Aix. Ce prélat fonda quatre communautés de la Retraite dans son diocèse, deux i Aix, et deux à Marseille.

L'une des deux maisons établies à Aix est destinée à l'éducation des jeunes gens, k préparer des prêtres k la société; ello subsiste encore. Elle a formé un nombre considérable de prêtres qui ont honoré le sacerdoce. Mgr Imbert, mort martyr en Corée; Mgr Ferréol, évêque de Belline, vicaire attostolique, mort en Corée; Mgr Alphonse Vial, prêtre martyrisé; et Mgr Cuénot, évê-^ que de Métellopolis, et actuellement vicaire apostolique en Cochinchine, ont été membres de la Retraite chrétienne.

En 180b le 7 août, M. Receveur mourut i Cercy la Tour, dans le Nivernais, des ef* forts inouïs qu'il fit pour évangéliser les habitants de ce pays. Ses restes transportés à Autun, où quelques mois auparavant il avait

Crêché une mission admirable par le nombre des conversions opérées, y reçurent les plus grands honneurs de la part da peuple et du clergé de la ville, qui fil graver sur la

Eierre tumulaire de sa tombe, ces paroles : [ort en odeur de sainteté.

Depuis, la Société s'est considérablement accrue sous la direction du T.-R. P. Charles Bretenière, prêtre du diocèse de Besançon» successeur immédiat du fondateur, homme puissant par son éloquence mâle et entraînante; prédicateur infatigable de. la parole de Dieu, doué d'une foi vive et d'un zèle aussi ardent que compatissant k réveiller les peuples de leur assoupissement léthargique; il seconda efficacement les évê- 3ues de France, qui l'appelèrent dans leurs iocèses, k ramener leurs ouailles k l'unité catholique, ou k les y conserver, et ensuite k les porter aux pratiaues d'une piété solide.

Consumé de fatigues et d'iofirmttés,^ il est mort plein de jours et de mérites le S juillet

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