‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 165 sur 220 · BET · texte numérisé non relu

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DICTION.NAIUE

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grâce aussi au gouvernement prudeiil et déroué de la révérende Mère Sainte-Marie, appelée par quatre élections successives aux fonctions de supérieure générale, la congre gation de la Retraite- Société de Marie s est do plus en plus affermie sur ses bases, et a pris une extension satisfaisante. Trois nouvelles fondations ont eu lieu dans Tespace de neuf années, et le pensionnat de la maison mère s'élant considérablement augmenté, de vastes et beaux corps de bâtiments ont été ajoutés aux anciens.

Les religieuses de la Retraite-Société de Marie font des vœux simples, qu'elles |)rononcent solennellement sous la formule suivante :

Dieu tout-puissant et éternel, moi N. iV., au nom de votre divin Fils, par son précieux fang et son cœur sacré, en présence de la trèsglorieuse Vierge Marie et de toute la cour céleste, je voue et promets à votre divine majesté pauvreté, chasteté et obéissance dans la société de Marie ; je fais vœu en outre d^ employer toute ma vie au salut du prochain^ entendant toutes choses selon les Règles et les Constitutions de notre institut.

Daignez, ô mon Dieu ! avoir pour agréable cet holocauste: et, comme vous me faites la grâce de vous l'offrir, faites-moi encore celle a y être fidèle, etcejusquà la mort,

L^s sœurs converses retranchent de celle formule ce qui concerne le vœu du salut des âme.s, qu'elles ne font pas.

La Société estgouvernée par une supérieure générale, dont Tautorités^Hendà louslesélablissements et aux sujets qui les composent. Elle est aidée dans son administration par un conseil composé de quatre religieuses, parmi lesquelles elle choisit son assistante. L'élection de la supérieure générale et des conseillères a lieu tous les six ans; elles sont toujours rééligibles. La supérieure générale nomme elle-même la maîtresse des novices, l'économe, la préfète générale des éludes, les supérieures locales, et généralement toutes celles qui doivent exercer quelques fonctions dans la congrégation, après avoir consulté le supérieur et les conseillères.

Mgr l'évoque d'Angers est le supérieur né de la congrégation de la Retraite-Sociélé de Marie. Il la gouverne par lui-môiiie ou par un ecclésiastique qu'il nomme et qu'il délègue pour la régir à sa place,

L{is œuvres auxquelles s'applique la congrégation sont :

1* Les retraites pour les personnes séculières. Ces retraites se donnent tous les ans è des époques fixes ; elles sont spécialement dirigées, [)our tout ce qui regarde les exercices spirituels, par un ecclésiastique, que l'évoque nomme, et dont il règle les attributions. L^.s religieuses y concourent aussi par les soins qu'elles donnent aux personnes qui font la retraite.

2* Les religieuses s'appliquent à donner

aux jeunes personnes qui leur sont contiées,

une éducation chrétienne, et dont l'étendue

réponde ^ la position (prello*? Hoivenl occu-

(1) Vct/ k la ftn du vol., n«« 3tl, 214.

per dans la société. Elles ont au.ssi des école> gratuites pour les pauvres.

1 Mais les œuvres de zèle auxquelles les religieuses.de la Société de Marie se coosacrent, bien loin de leur faire perdre de vue leur [)ropre sanctification, les y rappellent consiaramenl, puisqu'elles s'y rattachent de la manière la plus intime.

Celte congrégation fait une profession -^ particulière d'honorer la très-sainte Vierge. Les religieuses qui la composent se font un ---^ devoir d'adresser fréquemment à Dieu des -^ prières pour la conversion des pécheurs et • l'exaltation de la sainte Eglise.

La Société de Marie compte aujourd'hui -cinq maisons, savoir : trois dans les princi- . pales villes du diocèse d'Angers, département de Maine-et-Loire; à Chelet et à Sau- - , mur; une à Redon, berceau de l'insiilui, , dont nous avons parlé , et une autre i) , Thouars, dans le diocèse de Poitiers, dé|>arlement des Deux-Sèvres. La bénédiction de .' Dieu s'est répandue sur ces divers étai)liss^ments.

Le noviciat se fait & Angers dans la maison mère : il est de deux années; mais la vèture a lieu pour les novices, après uQaii d'épreuve. (1)

ROSE (Ordre de chevalerie de la).

Le fondateur de cet ordre, dont la création , remonte au 17 octobre 1825, est l'empereur , don Pedro 1*'. Sa création est due au mariage de ce monarque avec la princesse Amélie de [.euchiemberg. Le but de son institution fut de récompenser les civils et militaires. L'empereur en est le grand-maître; le prince impérial est à la fois grand'croix et grand dignitaire; tous les autres membres de la famille sont graod'-croix.

L'ordre est composé ainsi qu'il suit : huit grands effectifs et huit honoraires, seize grands dignitaires , trente dignitaires; le nombre des commandeurs, des officiers, dei chevaliers est illimité.

Pour être admis dignitaire, il faut porter le titre de venhoria; il faut avoir le rang de colonel pour être créé officier, et de capitaine pour obtenir la croix de chevalier.

Les insignes de Tordre consistent eo une étoile à six rayons émaillés blanc, arec hordure en or, accompagnée de boules è chaque pointe et portée sur une riche couronne du roses épanouies. L'écusson de l'étoile est blanc; il porte sur émail le chiffre d'or P. A. [Pedro tt Amelia) ; le large cercle d'or qui entoure cetécusson porte pour devise :in^ et fidelitas.

Les grand'-croix et les grands dignitaires portent la même étoile, mais d'une dimension plus grande et surmontée de la couronne d'or; les dignitaires, les commandeurs et les officiers ne peuvent la porter sans cette couronne.

Le ruban est rose avec filets blancs et bordure rose.

Les grand'-croi-x portent la décoration allachée au cordon en écharpe de droite à gauche ; les grands dignitaires et les dignitaire»

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DES ORDRES RELIGIEUX

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le sospondeni au cou aveo un cordon plus étroit ; les commandeurs, les officiers et les chevaliers avec un simple ruban et sur le eôté gauche de la poitrine. Un collier en or,

représentant des rofcs émailiéeSt peut seul Atre porté par les huit grand*-croix effectil's (\u\ ne font usage de celte marque distinctive que dans les grandes cérémonies.

SACRÉ-COEUR (Dambs du), datif h Miêiouri.

Les religieuses du Sacré-Cœur de Jésus* dites communément Dame$ du Saeré^Cmur^ ont été fondées en France en Tannée 1800 par le R. P. Joseph Varin, alors prêtre du Sacré-Cœur de Jésus, et qui se fit Jésuite en 1814, k la réorganisation de la compagnie.

En 18iT, les Dames du Sacré-Cœur s'établirent à Florissant dans le Missouri; et elles comptent en ce moment aux Etats- Unis douze pensionnats avec âOO religieuses. L'une des dames qui ont le plus contribué à développer Tœuyre en Amérique est Mme Elisabetn Galiitzin, cousine-germaine du P. Démétrius Gallitzin, Tapdtre de la Pensylvanie pendant quarante-cinq ans, et sœur du prince Alexandre Gallitzin dont la conversion k Saint-Pétersbourg en 1814, k l'Age de quinze ans, fut une des causes des persécutions que les Jésuites éprouvèrent en Russie. Mme Gallitzin est morte de la fièvre jaune en 1843 en Louisiane, où cette noble princesse avait préféré les pauvretés des missions aux grandeurs de la cour impériale.

L'établissement ou Sacré-Cœur en Canada datait de Tannée précédente, et quatre religieuses y arrivèrent le 27 décembre 1842, désignées par leur maison de Paris pour cette fondation; ce furent Mme Bastide Sallien, supérieure; Mme Evélina Lévèque»

Mme Henriette de Kersaint, sœur Anne Ba tardier, coadjutrice. Elle eut lieu k Saint Jacques de l'Achigan, près de Montréal, grAce aux libéralités du curé du lieu, Messire Jean-Romuald Paré. En 1846 elles formèrent une seconde maison k Saint-Vincent de Paul des Ecores, dans Tite Jésus, séparée (le rt!e de Montréal par un des bras de l'Ottawa (rivière des Prairies). Ce second établissement fut en partie l'œuvre du curé des lîcores, M. F-X.-Romuald Mercier. Le 23 août 1853, les Dames du Sacré-Cœur ont cédé aux tilles de Sainte-Anne leur établissement de Saint-Jacques de l'Achigan, pour se concentrer aux Ecores. Elles y étaient, il y a un an, au nombre de trente-trois professes et dix novices, et leur pensionnat suivi par quatre-vingt-dix internes et quatre-vingts externes se soutient k la hauteur des maisons les plus distinguées de cette éminente société.

La communauté des Ecores dépend, comme toutes les autres maisons de Tordre» de la maison mère établie k Paris. La société tlu Sacré-Cœur est gouvernée par une sul^érieure générale a vie, et c'est elle qui

nomme les supérieures particulières. Une visitrice est même allée inspecter les maisons de Tordre du Canada.

Un autre couvent du Sacré-Cœur a été fondé en 1852 k Sandwich, dans le diocèse de Toronto, oit cette communauté a été appelée par le R. P. Point, S. J., çrand vicaire de Mgr de Charbonnel. Parmi les quatre fondatrices se trouvait Mme Henriette de Kersaint, qui avait d^k travaillé k la fondation du couvent de Saint-Jacques de l'Achigan en 1842, et qui, dévouée depuis plus de vingt ans aux missions d'Amérique, se complaît surtout k coopérer aux œuvres nouvelles, Ik où il y a des difficultés k vaincre et de la pauvreté k surmonter. Les Dames du Sacré-Cœur, arrivées k Sandwich le 30 avril 1852, allèrent d'abord loger chez Mme Charles Bab^, qui leur donna une généreuse hos|3iialité. Puis, quand le local aii'on leur destinait fut prêt k les recevoir, elles prirent possession de Tancien presbytère de Téglise de TAssomption, paroisse qui parait dater de 1742, et qui a été successivement desservie par des Récollets, des Jésuites,, et des prêtres séculiers. Aujourd'hui les Dames du Sacré-Cœur sont au nombre de neuf k Sandwich. Elles donnent des retraites religieuses pour les personnes du monde, comme celles de Saint-Vinceutde Paul, et leur pensionnat contient cinquante-deux élèves et cent vingt externes. Elles ont de plus adopté dix pauvres orphelines, et cette communauté si distinguée, dont les pensionnats en France sont fréquentés par les personnes les plus élevées de la société, 'se piatt en Amérique k se mettre k la portée des classes pauvres et k instruire gratuitement les enfants du peuple.

Cette maison se compose de trente-trois professes, de dix novices ou postulantes, quatre-vingt-dix élèves pensionnaires, quatre-vingts externes.

L*établissemeat de Sandwich, fondé par la Mère Thérèse Trincano, supérieure au détroit (Michigan), eut pour premières fondatrices : Mme iienriette de Kersaint, Glle d*un amiral au service de Franco ; Mme Sarah Limoges, nièce du curé de Sorel; Mme Marjr Cornelly, de Montréal; sœur Mercure, coadjutrice.

SACRÉ-CQEUK (FaàRBS iiu],(fan< U Yivaraiê.

Ces religieux forment dans le Vivarais une congrégation consacrée k renseignement des enfants. Ces frères ont des établissements k Pradelles, k Montfoucon, k Maristrol-sur-Loire, le Monestier, Saugues et

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liIGTIONNAmE

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Bleslo. Nous n*avons aucun rensoignement sur cette société. B-d-b.

SACUÊ-COEUR (FBànES du), au Piiyen-

Velay.

Cette société a été établie en 1826, par un ecclésiastique du Lyonnais , lois^ionnaire instruit et zélé, M. I^abbé Coindre, mort subitement dans ses courses apostoliques. Les religieux du Sacré-Cœur sont destinés à l'enseignement primaire et ont des écoles cH des établissements dans plusieurs départements méridionaux, par exemple dans la Lozère, le Cantal, la Haute-Loire, la Loire, le Rhône, etc. Leurs écoles sont payées ou jiar la commune, ou par les parents des olèves, ou sont entretenues par des Amçs pieuses. Le chef-lieu de Tinslilut est au Puy-en-Velay, ils suivent une Règle basée sur celle de saint Ignace. Chaque jour ils lécilent rOfBce du Sacré-Cœur, en français. Ils ne font d^ibord que des vœux temporaires; ensuite, ils sont admis à prononcer des vœux perpétuels. Leur costume consiste en une robe noire, un ruban blanc, uni cordon, un chapelet à la ceinture et un crucifix sur ]a poitrine, mais ce cruci&x n*est parlé que j>ar ceux qui ont des vœux perpétuels. Les novices n'ont point le chapelet au côté. Outre les écoles tenues pour les jeunes exter* lies, les Frères du Sacré-Cœur ont aussi des pensionnats.

Renteignementê fournis par M. Louis Bonnet. B-d-e.

»ACRË-COEUR DE MARIE ( Communauté DES Religieuses du ), d Baugé (Maine-et"

Loire ).

La communauté des Religieuses hospitalières du Sacré-Cœur de Marie et l'hospice qu'elle dessert, ont été fonJés presque la veille de la révolution française, et ils ont ]»ris un développement déjà considérable pendant Torage révolutionnaire qui emporta tant d*établissemeuts riches et anciens* M. Braull, prieur de Baugé, et Mlle de la Girouardière furent les iiK^^truments dont la Providence se servit pour la fondation de ce double établissement.

M. Brault, prêtre aussi remarquable par sa vertu que par ses talents, se distinguait .surtout par son zèle ^ soulager tes pauvres, ]es vieillards et les infirmes. Nommé prieur de Baugé, Tannée 1755, il trouva un magnifique hôpital, desservi par les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, où les malades recevaient tous les secours dont ils . avaient besoin, et une école où les Sœurs de la Providence se consacraient à Téducation de Tenfance. Mais les pauvres , mais les înQrmes et les vieillards n'avaient point <rasile où ils pussent passer en paix leurs dernières années; ils n avaient que la charité individuelle, toujours insuffisante dans une population nombreuse.

Dès Tannée 1760, il avait essayé de fonder un petit établissement pour les vieillards et les infirmes; mais les personnes i^ui devaient le seconder lui firent défaut,

et il se vit obligé de renoncer h son projet, ou du moins de Tajourner indéOniment.

En 1772, une pauvre fille, Anne LangWs, recueillit chez elle une jeune personne in* firme, et lui prodigua les soins les plus assidus, tels que la religion ou Vaffectioo maternelle savent seules les inspirer.

Anne Langlais était pauvre, âgée déjk de quarante ans; ce n*était aux y^ux de ceux qui étaient témoins de sa conduite qu'on acte de charité isolé; ce fut aux yeux de M. Brault la réalisation de son vœu dechaque jour, le fondement d*un hospice pour ses infirmes et pour ses vieillards.

Il est sûr qu'Anne Langlats se dévouera jour et nuit à soigner les infirmes et les vieillards dont il lui confiera la garde. Bientôt la petite maison d*Anne ne peut phis contenir les infirmes que lui envoie M. Brault, et celui-ci en loue une plus vaste, intéresse à son œuvre les personnes chari* tables de Baugé, et il a la consolation de Toir vingt lits où autant d'infirmes ou de viei I la»rds recevaient les soins les plusempresses d'Anne Lnnglais et de quatre autres filles qui étaient venues s'associer k sa vie de charilé et de dévouemenl.

Cependant M. Brault comprenait que son oeuvre n'était qu'ébauchée.

Mlle de la Girouardière, issue d'une des familles les plus remarquables de TAnjoa et du Maine, avait depius longtemps le projet de partager la vie de dévouement d*Anne Langlais et de ses compagnes; elle s'en ouvrit à M. le prieur, qui éprouva longtemps cette vocation extraordinaire , et ensuite l'accueillit comme providentielle. Après bien des diflicultés de la part de ses parents dont elle était Tidole, Mlle Anne-Benéo- Félix-Hardouin de la Girouardière obtint le consentement de sa famille, et vint, eu 1785, s'associer h Anne Langlais. Ce jour-là Thospice de Baugé fut fondé. La pension aanuelle que lui donnent ses parents est consacrée à l'agrandissement de Ttjeuvre qu'elle a prise sous sa protection et dont Anne Langlais lui confie avec t>ODheur la direction; l^s personnes charitables lui viennent

en aide, et surtout les divers membres de sa famille, uni, elle aussi, adopte la maison qui devient 1 asile de la vieillesse pauvre et mfirine. Bientôt il faut une maison plus vaste, à laquelle on adjoint les maisons voisines; chaque iour {'établissement s'accroît, lenom^ bre des lits et celui des infirmes, des orplu^ lii)s, des pauvres, des vieillards, augmente, en môme temps que Texeœple d'Anne Langlais et Mlle de la Girouardière trouve de$ imitatrices, qui viennent partager leurs trh vaux et leurs veilles*

Ces développements considérables fool comprendre à M. Brault et à Mlle de la Ci* rouardière qu'il est temps de faire appro^i' ver la communauté naissante. Des lettres aïeules sont demandées et obtenues dao!> e mois de juillet 1786, mais ils ne les firent enregistrer que le 1" juillet 1789.

Mlle de la Girouardière avait fait jHtrtts fondements d'une cba|ieiic en 1786; c<ti«

DES ORDRES REfilGIEUX.

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chapelle tut sicrée le 3ft février 1788. Kn 1789, le jour de Ia Peniec6te, les compagnes de Mlle de la Girouardiàre, au nocubre de onie, firent les trois vœux de religion, auxquels elles ajoutèr-ent celui de servir les paufres. Les religieuses les renouvellent tous les ans h la même époque. Par l'avis de II. Brauk, Mlle de la Giroaardière ne it l^iM le v<Ba de pauvreté*

Ce fut à cette e|H>que que les religieuses (noos leur donnerons désormais ce nom) prirent un habit particulier. G^était pour les religieuses de chœar, le jupon noiv^ une robe noire, plisséeà la taille ( quatre plis, du Gol è la ceinture )> tratnante de quatre doigte, au chœur, et^qu-An relevait pour le lemps du travail, avec de grandes manches par dessus celle du jupon» ensuite un mouchoir blanc et une coitTe plate. Les sœurs converses et les tourtères n'avaient point la robe de ehœar.

Les Religieuses du Sacré-Cœur de Marie je est le nom qu'elles avaient pris et sous lequel elles ont été reconnues par l'autorité civile) donnaient, leurs soins à cinquante ousoiîtnte pauvres infirmes quafld la tempête révolutionnaire se déchaîna sur la France. Anne Langlais allais chaque jonr demander le pain quoli^lien* nécessaire à leur subsistance, et elle trouvait toujours de quoi subvenir à tou$ les besoins. Mais elle était déjà bien avancéeen âge ; la Providence Tavait remplacée d'avance, en envoyant* à Mile de laGirouardière une fille d*un bourg voisin, qui fut- reçue sous le nom de sœur Marguerite; elle était entrée à la communauté de Mlle de la Girouardière en 1-788. Pendant la période révolutionnaire comme après la tepreur, avaiH comme après la mort de Mlle de la Girouardière, cette sioeur, qui j'ignaiti des talents remarquables une aotiviié au-dessus de son sexe, soutiendra par ses quêtes les dépenses nécessitées par les coostructions de Mlle de la Girouardière et |*ar Tentretien du grand nomt)re d*innrme6 e( de vieillards auxouels les religieuses ont tionné un asile. (Elle mourut en 1848, à ) àKe de qoatre-vingtH^uatre ansv )

La révolution marchaJtà pas de géant dans sa roule de proscription et de massacre. M. lo prieur fut emprisonné à Angers ponr avoir refusé le serment à la constitution civile^ du clergé ; mais délivré par l'armée vendéenne, il la swvit jusqu'à Baugé, où il se cacha. Mlle de la Girooafdière, avertie de son arrivée» aUa le voir, et ils terminèrent ensemble les règles pour la maison naissante, auxquelles ils avaient déjà travaillé longtemps. M. Brault mourut peu de temps après son arrivée è Baugé, épuisé par les tortures de sa prison.

Les communautés riches et anciennes étaient proscrites, détruites, et les religieui et les religieuses massacrés ou disper«»é$; celle du Sacré-Cœur de Marie, à part quelques vexations quand quelques colonnes mobiles étrangères venaient à travers Baugév put continuer son œuvre de diarité pendant la tourmente révolution-

naire; qu*avait-elte qui pûl tenter la cupidité révolutionnaire? elle n*avait que ses infirmes et ses vieillards pour toute richesse» et celle-lè, on était bien loin alors de ta lui envier. Elle pot donc soigner ses pauvres, en recevoir de nouveaux ; c'était^ tout ce u'elle demandait pour elle. Les Religieuses u Sacré-Cœur de Marie purent donner asile è un assez grand nombre de religieuses moins heureuses qu'elle, chassées de leurs maisons, et laissées dans le déniS mentale plus absolu.

Une abbaye de Bernardins ( La Butssière ), située dans la commune de Dénezé, arrondissement de Baugé, avait été détruite comme tant d'autres. Elle possédait la plus belle portion peut-être de la vraie croix qui existe; c'est une croix à deux traverses, enrichie de diamants et de perles fines montés sur or, avec un christ en or de chaque côté ; chaque christ a neuf centimètres de hauteur. Le bois en est tout entier de la vraie croix. La tige a vingt-sept centimètres de hauteur, deux de largeur, un centimètre trois millimètres d'épaisseur. I>es traverses ont la môme dimension, sur une longueur, l'une de onze centimètres et l'autre de nuit. Cette croix apportée de la Terre-Sainte par un chevalier, seigneur de Dénezé, etc., avait été donnée à l'abbaye de la Buissière avec les authentiques, prouvant que c'était celle que les empereurs de Constantinople s'étaientréservée pour eux. L'empereur Comnène la donna èGervais, patriarche de Constantinople, qui l'avait lui-même donnée à l'archevêque dHycrapytres, ville de l'îl'e de Candiei Celui-ci la donna au chevalier Jean d*Alleya» par qui elle fht remise à Saux, religieux de La Buissière. Cette croix, remise aux membres du district de Baugé, fut achetée de lui par Mlle de la Girouardière pour ia communauté, mojennant la somme de 400fr., et l'engagement d'avoir à perpétuité deux pauvres de la commune de Dénezé.

Lorsque la liberté de faire le bien eut succédé à la liberté de faire le mal, Mlle de la Girouardière et les religieuses de la maison eu profitèrent pour donner un plus vaste essort à leur esprit de charité et de dévouement. De nouveaux bâtiments furent ajoutés aux bâtiments déjà existants, et un plus grand nombre d'infirmes put être reçu dans la maison.

La communauté des Religieuses du Sacré- Cœur de Marie et Phospice qu'elles avaient fondé ne possi^daient rien au dehors.En 1810, Mlle de la Girouardière put acheter un magtiifirpie enclos, séi>aré de la maison par une rue.

Elle le fit d*accord avec les membres de sa famille, à^laqueHe elle abandonna le prix de ses biens quelle vendit; seulement, ils lui laissèrent sur le prix une somme de 50,000 francs, et lui servirent l'intérêt du reste pendant la vie. Tous, ils se prêtaient de bonne grAce à la fondation qu'ils regardaient el qu*iis reffardent enc4>re comme une fondation de famille, destinée h éterniser la

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DICTIONIUtRE

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nom de la Girouardière. Lo noavcl enclos fut relié ai ec IVlablissement par une galerie élevée au-dessus de la rue, et dont Nafioléon autorisa la construction par un décret daté de Moscou, le 21 septembre 1812.

Mlle de la Girouardière avait jeté avec M. firault /es bases des règles et constitutions des religieuses du Sacré-Cœur de Marie. Ce sont les règles de saint Augustin, appropriées au but de son établissement, qui était de recueillir les enfants orphelins, les vieillards, les pauvres et les infirmes. La supérieure y avait une autorité absolue; il y avait des sœurs de chœur, des converses et des sœurs tourières. Elles règlent les soins à donner aux malades et aux infirmes, et les vertus qui doivent animer le cœur de ses religieuses, pour se soutenir au milieu des occupations extérieures de leur vocation. Dans une maison nouvelle, avec mille rapports avec les personnes du dehors, où de nouvelles constructions succédaient sans cesse à celles qui étaient terminées, il fallait un moyen qui soutint la ferveur de religieuses qui n'avaient point d*enceinte cloSiréo où se recueillir ; elle adopta Tadoration per(>étuelle, de concert avec M. Brault. Klle fît imprimer ces Règles en 1822, et Tannée suivante elle fît imprimer le Coutumier ou Supplément aux Règles et Constitutions.

Elle lé^ua en mourant son établissement aux religieuses et aux pauvres, et termina sa glorieuse carrière le 10 décembre 1827, h Vhxe de quatre-vingt sept ans.

Elle laissait trente-trois religieuses et cent vingt -un pauvres, les uns et les autres n'ayant presaue aucune ressource pour vivre. Les administrateurs adoptèrent huit de ces pauvres, comme étant le nombre dont Ja maison pouvait se charger. Les religieuses demandèrent avec instance qu*on ne les séparAt pas de leurs vieillards et de leurs infirmes; elles comptaient sur la Providence, et la Providence ne leur fit pas défaut. Elles ont pu, avec les secours qu'elles ont reçus de la charité chrétienne, et surtout des membres de la famille de Mlle de la Girouardière, leurs protecteurs-nés, subvenir à tout, et poursuivent encore leur mission de charité, faisant un bien immense dans un établissement dont presque toute la richesse est le dévouement tt la vertu des religieuses qui riisbitent et leur confiance dans la Providence (1).

En 1834, les religieuses demandèrent à Mgr révoque d*Angers qu'il voulût bien les i:lottrer, afin d'être plus séparées du monde nuquel ell(3S avaient renoncé dans leur profession. Après quelques difficultés fondées sur le genre de leurs occupations, il leur |)ermit de garder la clôture dans le lieu réservé pour elles; elles l'observent comme si elle leur était commandée; on les conbidère partout comme des religieuses rigoureusement cloîtrées. C*cst alors qu'elles

changèreni de costume > à l'exeeptiOD des sœurs tourières. Les sœurs de cbcDtiretles sœurs converses remidacèreiit le moaelioir blano et la coiffe blanche plate, par la guimpe de toile, le bandeau de toile elle voile noir; les rolies restèrent les mêmes. En 18^7, Mçr l'évéque visiUnt l'établissement, s'enquit des règles et des usages de la maison. Il trouva que ces r^les bonnes sous une fondatrice et |M)or une communauté naissante avaient \moin de quelques changements et de quelques développements. Comme il vit qu on était prèl à souscrire à tout ce qu'il jugerait à pro|)Os, il composa et fit imprimer une nouvelle rédaction intitulée : Rêglei et eaniiUutioniàts religieuses ho$piialiere$ du Saeré^Caur ût Marie^ $ou$ ta règle de saint Augustin^ Angers, Barassé frères,... 181^7. Les princiftaui changements sont : 1* Tadoration per|)é- (uelle supprimée comme n'ayant plus aujourd'hui le but que s'étaient pro|K)sé les fondateurs, et comme en dehors du but que se propose l'établissement. Elle est remplacée, i>our les infirmes, par quatre visites qui se doivent faire chaque nuit; 3* l'autorité ne la supérieure est restreinte et partagée afec le chapitre; 3* de bien plus grands développements sont donnés pour le gouverneiuest de la maison, dans laquelle cinquante religieuses sont réunies aujourd'hui. Il fit en même temps réimprimer le Coutumier ou Supplément aux Règles, et imprimer un Cérémonial (lour régler les oflQces du cœur, et un Directoire, ou moyen de sanctilier ses actions et ses emplois. Ces travaux furent reçus avec reconnaissance.

SACltÉ -COEUR DE JÉSUS (CoHeaifiATios nu )» du diocèse de Coutancts,

Cette société, qui n'est encore connue que dans la Normandie et dans les provinces voisines, fut établie au dernier siècle | «r le zèle des Eudistes, en la paroisse de Marigny, où le chef-lieu de Tinstitut était jusqu à ces derniers temps; on Ta depuis trauv féré h la maison de Coutances. Les sceurs de cette congrégation s'emploient k l'instruction de la jeunesse, au service des b6pitaui« des infirmeries de collégesou de séminaires et aussi à la tenue des salles d'asile. Oo lui adonné une nouvelle activité depuis quelques années* et même comiue une re>ur* rection réelle et lui a fait des règleoier.ts nouveaux, que M^r Robiou« évèque de Cv\\* tances, a approuvés le 15 octobre 18^; ^^ ont (^té imprimés la même année. Les praciimles dispositions do ce règlement, qui^^^ contenu en trois cent onze articles, lenbi sufixsammentconnaltrel'instiluidessuNtf^^lu Sacré*Cœur. Je vais les exposer ici:

La société est composée de sœurs de chœur et de sœurs rx)n verses. Les unes ti les autres font les trois vœux simple» ^}'' béissauce, de pauvreté el de chasteté, te^

(1) Les pétitionnaires qui se retirent à b uuison et les dons de la charité dirotîeftne, sanikmf' 4Îpates ressources.

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DES ORimES RELIGIEUX.

vaux loni renooTolés les deux premières années de profession, mais k la troisième aaoée ils sont fiiits poar tonjours. à eette condition néanmoins que, pendant les deui premières années, depuis qu'ils ont été ainsi prononcés, la communauté se réserve encore le droit rie renvoyer les sujets qui lui pa* nltraient ne pas convenir. Le temps du postulât est de trois mois, le noviciat de oeuz ans, et vient ensuite la profession aux conditions que je viens aexposer, et qui ne peatse fiiire avant TAge de dix-huit ans. On exij^, sauf les cas d'exception pour un sujet qui présenterait personnellement des avantages particuliers à la communauté, un trousseau, et une somme do mille Irancs ou de cent francs de rente viagère ou de cinquante franca de rente perpétuelle; la pension du noviciat, les dépenses de ce temps d'épreuve sont en plus, et le prix de cette pension est de 300 francs. Si après sà profession, une religieuse sort ou est renvoyée de rinstitut pour une cause quelconque, elle oe reprend rien de ce qu'elle a apporté. Seulement si elle pajail sa dot en rente, à partir de sa sortie, elle ne payerait plus. Relativement au vœu de pauvreté, des dispositions particulières sont prises pour Tintérèt spirituel de la religieuse et la sûreté temporelle de la communauté, ces dispositions particulières sont une conséquence de Tétat actuel de la législation civile.

L'institut, soumise i'évèque de Coutances, etdirigé en son nom par un supérieur ecclésiastique, est gouverné par une supérieure générale élue pour trois ans, et par un conseil composé de l'assistante, de la maltresse des novices, de l'économe et de deux conseillères élues pour cette Gn. Pour être élue su- )*érieure générale, il faut avoir quarante ans (l'âge et nuit ans de profession. Pour être vocale, c'est-à-dire pour avoir droit de voter au chapitre, il faut avoir au moins trois ans de proression. Avec la permission spéciale <de révèque, on pourrait néanmoins élire supérieure générale une sœur qui n'aurait que trente ans et trois ans de profession. Au reste l'élection se fait, comme presque partout ailleurs, au scrutin et à la majorité absolue. La déposition d'une supérieure ainsi élne ne peut se faire que dans des cas extraordinairement graves et par l'évèque seulement. Les membres de l'administration et du conseil sont élus de la môme manière que la supérieure et aussi |K)ur trois ans. Ces élections se font ordinairement i la suite de la retraite que les religieuses des établissements divers font au chef-lieu de l'institut pendant leurs vacances. Il y a en outre des fonctions sut)aUernes pour la direction des classes et des établissements, des obédiences à la nomination de la supérieure. On appelle Poêlti les divers établissements forinés des colonies envoyées par la maison mère, et la supérieure générale visite tous les trois ans ces postes ou maisons particulières. Les sœurs, comme on voit par le régime de leur institut, ne sont pointastrciutes a la fiAtore, mais elles ne peuvent voyager

0) V09. à la On du vol., n« 215.

sans permission de la supérieure générale, et ne peuvent aller visiter leurs parents que tous les quatre ans, et ce de l'autorisation du conseil qui en tient note exacte. Les religieuses choristes récitent l'Office de la sainte Vierge, qui, le dimanche, est rem-

6 lacé, pour Vêpres, par l'Olfice paroissial, ans la journée, on suit les autres exercices spirituels usités dans les communautés. Le lever est i cinq heures, le coucher à huit heures trois quarts. Voici, pour le lit, l'article qui le concerne dans le Règlement» n* 226 ! S* Un lit complet, savoir, avec le bois de lit, une paillasse, un lit de plume, un matelas, un traversin, un oreiller, deux couvertures, dont une en laine et l'autre en indienne, doublée et piquée; des rideaux en mousseline ou futaine blanche, de douze aunes; deux donzaines.de dra^ts de toile convenable. Les sœurs n'ont point d'austérités ni de jeûnes particuliers, et ne font abstinence des aliments gras, si ce n est aux jours où l'Eglise le prescrit; leur Règlement, au reste, ne s'explique point è cet égard. Elles sont vêtues d'une robe noire, ceinte par une ceinture de cuir noir vernissé, è laquelle est attaché sur la poitrine un christ en cuivre sur une croix de bois. Leur coiffure, leur voile, quoique plus petit, et l'ensemble de leur costume leur donnent beaucoup de rapports extérieurs avec les Dames de la congrégation de saint Thomas do Villeneuve. Cet institut du Sacré-Cœur de Jésus a un grand nombre d'établissements dans le diocèse de Coutances. 11 s'est même introduit dans le diocèse de Rennes, è Louvigné du désert, où il occupe la maison des religieuses du tiers ordre de N.-D. de la Trappe, établies en cette ville en 1825, envoyées par dom Augustin de Leslrange, abbé des religieux et religieuses de la Trappe. La supérieure de l'établissement de Louvigné du désert, voyant apparemment qu*elle n'était point en état de voir multiplier d'une manière fructueuse les professes de son couvent, fit« è l'insu des ecclésiastiques à qui appartenait la maison et qui l'avaient fondée, appel aux sœurs du Sacré-Cœur de Coutances (Tans la congrégation desquelles elle est entrée, avec les religieuses de Louvigné, et depuis cette fusion, laite sans doute sous Tinlluence ou de l'agrément d'une direction ecclésiastique plus désireuse du bien qu'intelligente à le faire, la maison de Louvigné du désert a été approuvée par le gouvernement comme membre de l'institut des sœurs du SHCré-Cœpr de Jésus,ditesdeMontignv.(l) Renseignementg fournis par Mgr Hobiou^ évéque de Coutanceâ.

Constitutions et Règles de ta Congrégation du Sacré- Cœur de Jésus. Coutances, J. V. Voisin et Comp. ; 1844. B-d-b.

SACRÉ- COEUR ( Pbêtres ou), ou PRÊTRES DU BON -PASTEUR.

On trouve dans la Vie de M. l'abbé Allemand, fondateur de l'œuvre de la jeunesse, k Marseille, des détails sur une société de prêtres qui fut appelée djLt nom de prêtres

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DiCTlOiNNAIRE

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du 8acré*Cœar. La statistique du départe* ment des Bouches-du-RbAne parle aussi de îa maison occupée par cette société et qu'on nommait Maison du Bon-Paiteur, En 1729, dit cet opuscule, quelques prêtres séculiers s'associèrent dans Tintenlion de donner des retraites aux jeunes gens. Mgr de Beizunce (alors évoque de Marseille) les autorisa à vivre en communauté, et leur assigna la chapelle du Bon-Pasleur, au faubourg Saint- Lazare. En 17^7, le même prélat érigea cette communauté en séminaire du Sacré-Cœur, sans préjudice de celui de la M4ssion-de- France, qui porte exclusivenn^nt le titre de ixrand séminaire. Cet établissement fut confirmé par lettres patentes de 1762. On n*j professait d*abord que- la philosophie. Quelques années après, les prêtres du Sacré- Tœur furent autorisés h enseigner la Ihéolo- Ç1P, et lors de Texpulsîon des Jésuites, on joignit è ces deux études celle de la littérature et de la /angue latine.

Larommunantédes Prêtres duSaoré-Cceur avait pour but principal la sanctification de la jeunesse, au elle airigeait avec un^art admirable dans les sentiers de la vertu. Le nom seul de Prêtres du Sacré-Cœur, qui lui fut donné providentiellementdésignait son pieux dessein. La constitution de cette précieuse société était simple comme Ifes œuvres de Dieu. Douze prêtres s'étaient répartis le trésor immense de charité, et avec ce nombre qui ne pouvait être dépassé ni restreint, etqui rappelait le collège apostoiiaue, rien ne paraissait impossible à leur zèle. Quand nous disons avec notre auteur que ce nombre ne pouvait être dépassé ni restreint , nous comprenons qu'il ne dépendait pas des associés qu'il fût restreint, puisque l'augmentation du nombre était subordonnée à Ta vocation, seulement ils ne voulaient pas dépasser te chiffre de douze. Ces associés ne faisaient point de vœux. Outre la sanctification et la direction de la jeunesse, les Prêtres du Sacré-Cœur avaient aussi pour objet la persévérance des justes, la conversion des

fiécbeurs, le retour des protestants et le saut des juifs. Ih étaient autorisés à recevoir, dans la chapelle de leur communauté, l'abjuration des protestants ; mais le baptême des juifs était réservé à l'autorité ordinaire du diocèse. Cette dernière œuvre était connue sous le nom de Propagande.

Les deux fondateurs de cette communauté étaient MM. Thuillard et Dandrade. Nous regrettons de ne pouvoir donner que quelques traits de leur vie édifiante. Tous deux avaient pris l'engagement ré -iproque de faire transporter h l'hopilal le premier d'entre eux qui tomberait dangereusement malade, afin qu'il pût j mourir en vrai pauvre de Jésust^hrist. Bientôt se présenta pour M. Dandrade de tenir sa promesse. M. Thuillard, atteint d'une maladie mortelle, en proie aux plus vives douleurs, se mourait. Au milieu de ses défaillances, il rappelle sa pieuse promesse k son confrère, qui ne quittait pas le chevet de soti lit: « Vous savez, » lui dit-il, c ce que vous ro*avez promis i mes forces di-

minuent, je me sens mourir, et eependaDi vous ne parlez pas de me faire transportera l'hôpiial r Qu'atlendez-vous donc pour tenir votre engagement? » M. Dandrade fot bd moment emt>arrassé. La maladie de sod confrère avait fait des progrès sr rapides, qa'il devenait impossible de le faire transporter à rhêpitsl sans s'exposer h le voireipirer dans le trajet. Il se recueille un instant, et montrant du doigt une chaise, la seule qui omlllt pauvre chambre du moribond. «Cette chaise,! lui demanda-t-il,« est-elle è voas?— Non.i répondit le malade, « elle m'a été prêtée parnn rongréganiste.— Et cette table? —Je la dois h la chnrité de l'un de nos jeunes gens. - Votre lit, du moins, vous appartient?— Non, des personnes charitables me l'ont bit apporter en remplacement du mien qui était hors de service. — Cher confrère, »^ dit alors M. Dandrade, « puisque-la chaise, la table, ie lit même, rien n'est à vous dans cette chambre, je vous prie de consentira mourir ici : Voos ne seriez pas logé plus pauvrement kl'Mpital. » Ainsi vivaient et mouraient les prêtres du Sacré-Gceur,. dit Tauteur de la vie de M. Allemand.

Le collège gue tenaient les Prêtres do Sacré-Cœur attirait des élèves même des pars étrangers, et ils formaient lèmèinelesjeunt*s séminaristes, selon l'autorisation que leur en avait donnée M. de Belloy, alors éfêqoe de Marseille, et mort cardinal-archevéqoe de Paris. Pour former les Ames è la Terto et les maintenir dans la bonne voie, le; pieai directeurs avaient établi trois congrégations; l'une dite du Très*Saint*Enfant-Jésu$, recevait l'enfance depuis 7 jusqu'à 18 ans, Ccst du sein de cette congrégation que sortirent les premiers prêtres qui complétèrent le nombre de douze, nécessaire è l'apostolat da Ron-Pasteur. La congrégation de Saint-Jean- Baptiste recevait à dix-huit ans ceui qni avaient été formés par celle de l'Enfant Jésus; c'était, si l'on veut, la même œavre divisée en deux camps, comme pourdooner à la jeunesse la satisfaction de la sé|)arerda l'enfance, eties associés fréquentaient, quel* ques-uns du moins, les réunions yisqnk rage avancé. La troisième congrégation était pour les hommes de la classe ouvrière, et réunissait ses membres sous le vocable de Saint-Joseph. Elle eut pour directeur, le P. Donnadieu, fusillé à Marseille au moK de septembre 1797, refusant de faire un inensonge qui aurait pu le sauver. Quelquefois les trois congrégations faisaient ensemble une procession solennelle, dont les rangs étaient grossis par les anciens confrèrei. Pour peu qu'on considère avec intérêt les divers genres de travaux embrassés i^arretu maison, on se persuade aisément, dit l'aoteur de la Vie de M. Allemand, que son pieot dessein était de remplacer dans UarM*- !? l'institut des Jésuites, qu'un édit récent ve* nait de supprimer en France. La maison du Bon-Pasleur a été démolie, et Ton foule aojourd*huiau pied le sol où s'élevaient soo sanctuaire et son collège.

L'auteur où «oua avons puisé cesd^*^

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DES ORDRES RELIGIEUX

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o*<raitè parier qu'incioemment de la société du Sacré-Cœur» et ne parle point des colo* oies qa*e]Ie a pu former. Or, nous savons qaelle s'était établie è Agde» par M. de Cbarlerait éréane de celte Tille. Ce prélat, mécontent de resprit qui régnail chez les Oraiorieus, chargés du séoainaire, résolut de cooûer cet état>lissemeBt è la société formée réif oiioent à Marseille» et cinq membres de («tte société» dont deux prAtres» entrèrent dans Ia séminaire d*Agde» en 1742, sous la uirerllon de M. Nicolas, qui fut nommé su- |<éf leur. Ces deux eeclésiastîques établirent I Agde les mêmes œuvres de zèle que celles qu'on faisait k Marseille. M. Nicolas donnait des missions et des retraites dans le diocèse, ainsi que son confrère, et plusieurs fois dans raoDée, ils encourageaient Té véquek)rsqu*il allait dans quelques-^ines des dix-neuf villes 00 bourgades qui composaient le diocèse y faire des missions. Pendant les dix-neuf années que dura Tépiscopat de M. de Charletal, les Pères du Sacré-Cœur continuèrent • e faire le même bien etd'obtenir le même frail de leur zèle. Ils contribuèrent surtout ï étendre la dévotion au Sacré-Cœur dans la uile épiscopale, et célébraient sa fête avec Boe solennité ei une procession éclatantes. Les curés, mus par des principes qu'on peut apprécier, virent cette solennité avec omi>rage, et allèrent même jusqu'à rédiger un Mémoire sur les prétenoues atteintes por^ tées à leurs droits, etèce Mémoire è consulter répondirent plusieurs avocats de Paris «t de Toulouse, que cette fêie devait être loià!e et réserver ses pompes pour Tinlérieur <^ la maison. Cette démarche déplut à M. de liharleval, mais ce vénérable prélat mouriU i-t,au mois d'août 1759, il eut pour successeur M. de Saint-Simon, qui, favorable au l^rti janséniste, n'eut garde de traiter favorabieiueni la colonie des Pères du Sacré- ( œur et les obligea è renfermer dans Tintélieurde leurs établissements la solennité (^ooi nous avons imrlé. 11 les vexa ensuite sotts le prétexte du peu de capacité des prolesseùrs de leur collège, mais ces vexations oe rompaient point encore l'union et l'accord qui semblaient être à l'extérieur entre lui et tes Pères. Après plusieurs années, il Qt un traité avec eux, les supérieurs furent reml'iacés par d'autres, et la maison continua Kohablement son existence jusqu'à la suppression générale des maisons religieuses, î TépoQue de la révolution française.

Vie au gerviUur de Dieu Jean-Joieph Al» ^enand, fondateur de laieuneete^ par F. Bru- ^llo.préire, directeur de VOEuvre, in-8, 1852.

Nouvellee eecléeioitiquee,*. Siaiitiique du ^pertement de$ Bouches-du Rhône. B-d-b.

SACRES COEURS DE JÉSUS £T DE MARIE (CoRORteATioif DBS), ct ADORATION PER- PÉTUELLE DU T.-S. SACREMENT DE L'ADTEL ( dile de Picpus ).

Cette congrégation a été fondée à Poitiers ^0 Tannée 1800, par M. P.-J. Coudrin et par Mme H. Ajmer de la Cbevallerie, tous les

deux originaires du Poitou, et dont nous allons raconter la vie.

'. JP.-J. Coudrin i fondateur de tacongrigationdee SS.Cœursde JéiUB et Jfarte, etc.

^* Pierre-Joseph Coudrin naquit le 1" mars 1768, i Coussav-Ies-Bois, diocèse de Poitiers (aujourd'hui de l'arrondissement de ChAteflerault, département de la Vienne). Sa famille, vénérée dans la contrée pour ses vertus, était de celles qui» contentes de l'humble sort que leur avait fait \bl Providence, vivaient alors heureuses en cultivant le modeste héritage de leurs pères et en donnant l'exemple d'un profond respect pour îes choses saintes uni à la stricte observation desloiseldes préceptes de la religion.

Son père se nommait Abraham Coudrin , sa mère Marie Riom. Celle-ci était sœur de M. l'abbé Riom, vicaire de Saint-Fête de Maillé, qui eut plus tard l'honneur de mourir pour sa foi sur les vaisseaux de la déportation inventée par un gouvernement persécuteur et sanguinaire.

Ce saint prêtre se chargea de donner à son neveu les premiers soins qu'exigeait son éducation, et il confla la direction de sa conscience à M. Fournet , alors curé de Saint-Pierre de Maillé, qui depuis fut le fondateur de l'institut vénérable des filles de ta Croix, dites Sœurs de Saint-Andr6(l). Ainsi le maître et l'élève dans la science de la vie religieuse devaient, après une laborieuse carrière, léguer au monde chacun une famillenombreusevouéekia prière etaux pieuses pratiques de la perfection chrétienne.

M. Coudrin sut mettre à profit les ensei-

Snements et les exemples qu'il puisait près es guides sûrs que lui avait donnés la Providence, et, après avoir reçu de son oncle les premiers éléments de la science, il alla continuer ses études au collège de Chatellerault. Ses succès y furent marqués, et, ce qui n'étonnera personne, à cause des principes solides qu'il avait reçus avant de quitter la maison paternelle, ces succès ne lui firent point oublier une vocation presque innée pour l'état ecclésiastique.

Il vint à Poitiers faire sa philosophie, qu'il termina k la fin de 1786, étant Agé de 18 ans. Trop jeune pour entrer au séminaire, il parut assez prudent et assez grave néanmoins pour qu'un magistrat respectable du présidini de Poitiers lui conltAt l'éducation de ses enfants, et bientôt après la direction matérielle de sa maison.

Depuis trois ans il remplissait ce rôle, qui n'eût pas été peut-être sans dang^er pour une vocation moins sûre que la sienne, lorsque, résolu à donner suite aux premières inspirations de la grêce, il se présenta pour subir les épreuves auxquelles étaient alors astreints les sujets qui désiraient entrer au

f;rand séminaire. Après des examens qui ui firent honneur, il fut admis et s'attira t par sa pieuse régularité, Testime et l'amitié de ses directeurs et de ses condisciples»

|t) Voff. Tartide consacré à cette congrégation.

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DlCTIONiNAinK

Lorsqu'il s\ng.it d'entrer dans les ordres sacrés, une diincullé sérieuse et loule matérielle parut devoir lui fermer Taccès de celte carrière. On exigeait alors des jeunes aspirants au sacerdoce, coramo on l'a exigé depuis, dans d'autres temps, de ceux qui se destinaient à la magistrature, qu'ils justifiassent de la possession d'un litre de rente. Il semblait que ce titre , en constatant que le sujet était au-dessus du besoin et n'aurait point à se préoccuper du soin matériel de 50n existence suffisamment assurée d'avance, fût pour le prêtre une caraniie de dignité, et aussi pour la société ecclésiastique une preuve que la vocation et non jias le calcul avait présidé au choix du saint étal. Un procès malheureux, qui avait compromis pour un temps la fortune paternelle deM.Coudrin, rail obstacle à la proiluclion du tilre de rente exigé. Néanmoins, et i)ar une exception honorable pour le jeune séminariste, il en fut dispensé et reçut le sous-diaconat, ï)uis plus tnrd le diaconat.

On était alors aux mauvais jours de la révolution suscitée contre la vieille sociéle, el surtout contre le catholicisme; la persécution qui alteignait ses minisires dispersa les élèves du grand séminaire de Poitiers, <.»t M. Coudrin, pour recevoir Tordre de la ))rôlrise, fut obligé de se rendre à Paris, où se trouvait encore Mgr de Donnai, évêquo do Clermont. La cérémonie eut lieu le l" mars 1792 , dans la bibliothèque du séminaire des Irlandais. Les prières de Ja consécration durent être dites à voix basses, car tout près de là , dans la chapelle môme du pieux établissement, les démocrates tenaient leurs clubs sanguinaires, et une indiscrétion, un acte (fimprudenco pouvaient entraîner la mort du ronsécraleur et du consacré.

llevêlu du saint caractère qui en faisail un soldat de Jésus-Christ au moment même où le nom de Jésus-Christ était proscrit, M. Coudrin revint h Coussay-les-Bois ; il y seconda le curé légitime, qu'il remplaça même après l'expulsion de celui-ci jusqu'au mo<» itient où l'arrivée d'un |)asleur intrus lui fournil l'occasion publique de protester contre lui, et d'ex|.oser par cet acte do courage une vie qu'il dut soustraire à la fureur des impies.

Pour ne pas perdre de vue ses brebis fidèles, M. Coudrin, qui avait reçu de M. de Bruneval, administrateur du diocèse de Poitiers, les pouvoirs les [)lus étendus, se cacha dans le cliâteau de la Molle d'Usseau, près Châtellerault, appartenant à Mme de Viard , qui devint plus lard supérieure générale de J'ordre fondé par M. toudrin.

Les craintes de recherches devenant plus sérieuses, le fugitif dut se soustraire môuje aux regards des habitants el des domestiques, et, pour y parvenir sans donner de soupçons, il se réfugia dans une sorte de grenier dépendant d'un bâtiment isolé, où il pouvait 5 |)eine se tenir debout el faire quelques pas. Des perquisitions furent faites néanmoins ; mais il échappa d'une façon

merveilleuse au moment lîiême où 1rs recherches allaient être couronnées de succès.

Ce fut au milieu des pratiques pieuses el surtout des méditations profondes auxquelles se prêtaient si bien et sa situation et l'état de son esprit, que M. Coudrin conçut comme un vague projet de l'œuvre qu'il réalisa plus tard. Du haut de son grenier, dominant une vaste campagne, il aperçut un jour de nombreux ouvriers qui se livraient aux travaux des champs: c'était au mois de septembre. Des femmes mêlées aui hommes payaient à la terre le tribut commun de leurs sueurs. A celle vue, l'imagination du confesseur de la foi s'exalta puissamment el lui fit comprendre que ses nommes n'étaient autres que des ouvriers érangéliques auxquels il donnerait un jour naiv sance, el qui recevraient des mains des religieuses d'un ordre nouveau le concours énergique rendu nécessaire pour les besoins d'une société minée dans ses fondements par l'impiété.

L'inaction parut dès lors impossible l M. Coudrin; il abandonna sa retr8ite,el,f()isant d'avance le sacrifice de sa vie, il dirigea ses courses apostoliques vers les paroisses voisines de Poitiers. Au milieu de ses saintes imprudences, il était difficile qu'il ne fût pas découvert; un gendarme reconnut le prêtre sous l'habit du laïque déguisé; mais la noble franchise el le courage du confes>eur lou( lièrent le cœur du soldat, qui, loin de le livrer au bourreau, lui offrit un asile et attribua plus lard à cet acte de niéié rare in protection providentielle qui le couvrit et le rendit sain et sauf à sa famille, alors que presque tous ses camarades avaient succombé dans des campagnes meurtrières.

Les infatigables courses auxquelles se livrait M. Coudrin, au travers de mille dangers, donnèrent lieu à des scènes dont le récit serait plein d'intérêt si nous pouTions les raconter toutes; bornons-nous à en redire quelques-unes. Un jour, aux environs de Migné, M. Coudrin, fatigué par la marche, et couvert d'habits pauvres, est invué à monter dans une charrette que condui5.)il un partisan des idées révolutionnaires. Refuser, c'était faire naître des soupçons; il accepte. Mais la blancheur de ses mains coti- Irastanl avec son costume d'ouvrier, le conducteur défiant lui en fait Tobservalion, el lui demande le nom du maître sous lequel il travaille. « 11 s'appelle Rabbif » répond M. Coudrin. « Je ne le connais pas. «réplique le paysan. « Je vous plains bien,» répond à son tour avec calme le scrvilen: de Dieu; et, trompé par son ignorance, l'incrédule dépose bientôt le précieux fardeau qu'il eût sans doute livré s'il Wi connu pour ce qu'il élail.

Plus lard, dans un chemin peu fr^je, M. Coudrin rencontre un de ses anciens coudisciples du séminaire, dévenu prêtre àSitrmenlé; ils se reconnaissent; le père du transfuge veut arrêter le urètre fidèle; nwis

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DES ORDRES RELIGIEUX

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son fils $*j oppose* malgré les reproches sanglants qae lui adressait la vue seule du pasteur du rrai troupeau, et, cette fois eucore, M. Coudrio est sauvé.

Aprto avoir déposé dans plusieurs pa* roisses les germes de foi que les persécutions semblaient rendre plus féconds, H. Coudrin se hasarda, au péril de sa vie, à pénétrer dans la ville de Poitiers, où rappelaient de grands besoins religieux. 11 ^e fit alors appeler Marche-d'ierre; mais ce somom ne le protégeant bientôt plus suffi** samment, parce que son zèle le mettait trop en relief, il dut y substituer celui de Jérôme.

De ces deux noms cependant, le premier est resté le plus historique, et il nous souvient que dans notre jeunesse, alors que nous recevions des pieux disciples de 11. Coudrin les soins qu ils donnaient à Tenbnce, c'était le seul qui eût cours, et encore bien qu*an quart de siècle nous séparât à peine des tristes événements dont il rappelait le cruel souvenir, il était pour nous sans signification.

Au OBilieu des actes de zdle et de dévouement que U. Coudrin n'épargnait ni par crainte de la mort ni par calcul pour le soin de sa santé, il fut souvent sur le point de tomber dans des embûches et d*être pris ; tuais la Providence, qui veillait sur lui, le préserva toujours, et par des voies souvent merveilleuses, contre les recherches les plus •ctivea et contre les conséquences terribles qu'elles auraient nécessairement entraînées. Il |)Oussa même le mépris de la mort jusqu'à pénétrer dans les prisons pour y otTrir aux malheureuses victimes de ces temps d'anarchie les secours de son ministère et les consolations saintes de la religion. Nous aimons à dire qu'il ne fut pas le seul à payer le tribut de sa courageuse charité, et,*parmi les hommes qui s'honoraient alors en honorant le sacerdoce poitevin, nous ne pouvons oublier Mgr Soyer, que la religieuse Vendée vit plus tard s'asseoir sur le siège épiscopal ie LuQOn.

Ce fui au milieu de ces travaux et des peines qui furent pendant longtemps sa seule récompense que M. Coudrin songea sérieusement à réaliser le projet d'association pieuse dont il avait entrevu le germe du naut de son réduit hospitalier du château de la Motte. Une réunion de dames chrétiennes lui fournit le premier novau de la société qui se voua des Torigine a la dévotion aux sacrés cœurs de Jésus et de Marie. Hais des difficulté surgirent bientôt; elles avaient pour cause, outre la réserve qti'eitgeait encore la rigueur des temps, l'impossibilité d'établir un lien religieux entre les associés et le principe d'obéissance qui constitue surtout 1 essence d'une congrégation. Le xèle et la persévérance de M. Coudrin eussent échoué peut-être contre cet écueil, s'il n'eût été providentiellement secondé par une sainte allé appelée comme lui à l'accomplissement des desseins du Seigneur.

Ç0 fut alors en effet que Mlle Henriette

Aymer de la Chevallerie, dont nous dirons bientôt la vie et les vertus, entra dans l'association, après avoir été refusée une première fois. Sa piété éminente et son entière soumission à la direction qne lui imprimait M. Coudrin en flrent bientôt après un instrument sûr de l'œuvre méditée, et lorsque, avec les fonds personnels dont elle pouvait disposer, on eut acquis, dans la rue des Hautes-Treilles k Poitiers, le logement appelé alors comme aujourd'hui ia GranJC' Maison, on put dire que, n'étant plus soumise aux vicissitudes uu'entralne l'incertittide môme de la stabilité, l'œuvre était consommée.

D'accord sur tous les points avec son saint directeur, Mlle Henriette l'aiiia è surmonter des difficultés sur lesquelles nous donnerons des détails en disant l'immense part qu'elle prit au succès, et elle fut bientôt mise a la tète de l'institut, dont le but était d'assurer la vénération des sacrés cœurs de Jésus et de Marie, l'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement et l'instruction gratuite des jeunes filles.

Les bases de cet institut ainsi jetées d'une main ferme, et les constitutions approuvées par l'autorité compétente (17 octobre 1800), on le vit s'étendre, se développer par des moyens si faibles, aue la main de Dieu s'y manifestait d'une laçon incontestable, et bientôt il compta plusieurs maisons répandues sur le sol français.

Le concordat venait de signaler la paix donnée à l'Eglise de Jésus-Christ, et il était permis à ses enfants d'espérer de longs jours (la bonheur pour elle qui avait tant souffert. Les confesseurs de la loi étaient rappelés au sein de la patrie, les anciens évoques retrouvaient sinon leurs sièges, du moins les honneurs dus à leur caractère et à leur inébranlable fermeté. L'un d'eux, oncle do Mlle Henriette de la Chevallerie, vint alors à Poitiers, et apprit è connaître H. Coudrin : c'était M^r de Chabot, ancien évAque de Saint-Claude. Nommé évoque de Mende, il crut ne pouvoir trouver mieux que choz M. Coudrin les vertus au'exigeait le titre de grand vicaire, et il se rattacha en cette qualité. Le séjour de Mende fut pour Tévèque et pour son grand vicaire marqué par de douces consolations mélangées de cruelles amertumes : la vie de l'homme, la vie des saints surtout, est composée de ces alternatives nécessaires pour rappeler à la pensée ce qu'un bonheur trop constant pourrait faire oublier. Parmi ses joies pieuses, M. Coudrin put compter la fondation d'une maison de son institut à Mende, laquelle, après de bien humbles débuts, devint bientôt florissante et féconde.

Mgr de Chabot, ayant cru devoir laisser au temps le soin tde calmer de lâcheoses impressions produites dans son diocèse par les actes violents du pouvoir è son égara, était venu à Paris avec son grand vicaire en 180^, M. Coudrin mit à la disposition du clergé de la capitale les talents naturels qti'il avait déjà montrés pour la préiUcation, et les sue-

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ces les plus éclatants cooronoèrent ses iiieuses inleDtioas et ses généreux efforts. Son ministère « /comblé de bénédictions, reçut une {glorieuse sanction de Tiionncur qui fut fait au prédicateur de donner le sermon au jour solennel où le Saint-Père le Pane Pie VU vint officier pontificalement h Saint-Roch : c'était le 30 décembre 18M. M. Coudrin fut, en cette occasion, le digne interprète du clergé français près du cbel suprême de TEglise, et il ne lut point audessous de la noble mission qui lui était confiée.

Les difficultés existant entre le ^uvemement et Mgr de Chabot n'ayant point été levées, les ministres et Tempereur lui-même tentèrent d'obtenir du prélat une demi-satisfaction en lui demandant de sacrifier son grand Yicaire; mais le digne évêque, n'ayant rien k reprocher k M. Coudrin» refusa noblement celte Iflche concession» et préféra résigner son propre titre. Il donna en 1805 sa dûmission, et se retira près de son ancien grand vicaire. Ce fut alors que l'institut des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie fut établi à Picpus» dans les bâtiments d'une ancienne communauté dont les jardins avaient reçu pendant la terreur les dépouilles mortelles de plus de treize cents victimes immolées aux fureurs révolutionnaires. Une chapelle expiatoire avait été» dès 1800» élevée a la mémoire de ces martyrs du devoir. M. Coudrin» en achetant ces terrains consacrés par le sang, y joignit quelques acquisitions voisines» et y fonda un collège et un séminaire qui devinrent bientôt le siège principal de la congrégation.

Les maisons du Mans et de Séez furent établies peu après» et ce fut pour obtenir quelques damas de l'institut que Mgr de Bois-Chollet» évêque de Séez» renoua avec M. Coudrin les liens d'une ancienne amitié on lui envoyant en mai 1805 des lettres de grand vicaire.

Ce fut alors que M. Coudrin reçut de la piété d'une sainte dame (Mme Coipel)» le don de la statue miraculeuse de Notre-Dame de la PaiXf qui» après avoir appartenu» pendant de nombreuses Kénérations» à la famille de Joyeuse» avait écnapné» au travers d'une succession de fortunes diverses» aux profanations révolutionnaires» et venait recevoir» dans le saint asile de Piopus» les honneurs publics dont elle était digne. La renommée de ce précieux monument de la piété de nos pères augmenta encore l'importance de l'établissement de Picpus» dont le collège et le séminaire, malgré les embarras du fondateur et la pénurie des ressources» fournirent bientôt au sacerdoce et à la société des membres capables d'honorer Tun et de servir Tautre. Pendant que la maison mère prenait ces développements» de nouvelles maisons se fondaient en diverses provinces et y jetaient les semences fécondes d'une bonne éducation. Les années de malheur» de disette et de guerre, se passèrent sans que Picpus, réduit pourtant quelquefois k manquer de pain» souffrit des maux que pouvait

entraîner cette situation précaire; Tiovasion étrangère respecta sa clôture. La Restaoralion, qui devait plus tard lui porter un coup bien cruel, parut lui être favorable eo permettant» sous un régime k ses débats plu$ bienveillant pour relise* que la congrégation nouvelle fournil un de ses membres (le P. Hilarion) pour accompagner) Roue, en qualité de tnéologien, le prélat qci devait représenter la France près du Satot-Siége.

Ce choix avait quelque chose de provi* dentiel , car, lorsque M. Coudrin soamit à l'approbation du Pontife suprême les Coostitutions de son ordre» le P. Hilarion, aui avait pris part aux difficiles épreuves des premiers temps de la fondation, put fournir tous les renseignements, éclaircir les dooles. Aussi, après un mûr examen, après SToir consulté les prélats qui possédaient , dans leurs diocèses, des maisons de la congréga* tion et en avoir reçu les plus honorables témoignages de satisfaction, le Saint-Père accordait-il» le 10 ianvier 1817» la bulle \M)ttant autorisation de la société de Picpus et de ses constitutions.

Au moment où l'institut recevait du chef de r£glise ce témoignage de haute estime qui paraissait devoir assurer ses dévelo(»pements» il semblait au contraire menacé de défections fâcheuses provoquées perdes mesures qui n'avaient pourtant rien qae de très-naturel et de très -honorable poor le fondateur.

Parmi ces mesures, on a cité la partqoe l'affection de M. Coudrin avait faite aux sujets d'origine irlandaise; mais depuis que la charité de H. Coudrin avait offert un a>i1e aux jeunes gens appartenant à cette terre catholique, et qui ne trouvaient plus, en France, l'hospitalité qu'elle leur donnait autrefois» le nombre des pieux lévites de l'Irlande augmentait chaque année h Picpus. 11 était donc juste de faire aux sujets quelle fournissait une part plus large, et celte i^an était justifiée» puisque Tépiscopat d'Irlande iui-mème devait bientôt se féliciter d'avoir emprunté l'un de ses membres (MgrBigg)o>/ aux élèves de Picpus.

Pendant que l'institut éprouvait ces tiraillements intérieurs contre lesquels les tristes imnerfectious de notre nature ne iieutert dérendre les meilleures instituiioDs, il fai* sait» en la personne de Mer de Chabot» soa

Erotecteur» mort le S2 avril 1819, une pêne ien sensible.

Ce fut au mots de septembre suivant qo( se tint, conformément aux Statuts ap}iroQvef par le Saint-Siège, le premier cbapure g^ néral, dont une déclaration solennellaet unanime nomma M. Coadrin supérieur g^ néral è perpétuité de la congrégation.

Le 24 octobre 1819» la maison de Saint- Martin de Tours fut fondée. En faO,ligrd< Boulogne, évèque de Troyes, prélat reol» célèbre par son talent et par la résisuoee oourageuse qu'il avait opposée aux entre>'r>* ses de Napoléon contre la lit^erté del'Eglt^* appela près de lui M. Coudrin» qu'il oomoi son grand vicaire, el le chargea de ^^^

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DES ORDUES RELIGIEUX.

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tfee gaelques-ans des pr6lres.de Picpos, lies iDisâions dans son diocèse. Pendant dix ans» leor ministère fut comblé de bénédictions, et l*éloquenl évêque de Boulogne leur donna souvent des témoignages de la satisbetion que lui causaient leur zèle et leurs succès.

11. Coudrin était d^è grand vicaire de l'arcbeTèque de Tours» et le séminaire de celte ville, ainsi que celui de Boulogne, étaient dirigés par des prêtres de la congrégation de Picpus.

Après la mort de Mgr de Boulogne, M. Coudrin Dt un voyage à Rome, d*où il revint le 8 août 1825, le cœur plein des bénédictions qu*un fils respectueux et soumis de PEglise puise toujours au sein du pèrecommundes tiJèles. Le fondateur et Pœuvre avaient été appréciés, el la Propagande avaii demandé à M. Coudrin des missionnaires de son institut pour les Iles Sandwich. Ces nouveaux soldâfis du Cbrist furent rapidement organisés, et, au commencement de 1826, ils partirent sous la conduite de M. Alexis Bachelot, nommé vicaire apostolique. Tout avait été préparé par les soins et aux frais de la congrégation.

Plus tard, en 1832, c'était encore parmi les prêtres de Picpus que le Pane Grégoire XVI choisissait un évoque de Baoylone, Mgr Bonamie, dont il sera question d'une façon i>Ias détaillée en sa qualité de successeur de U. Coudrin.

Le fondateur avait été confirmé par le successeur de Mgr de Boulogne dans son titre de grand vicaire; mais ayant été appelé en là luême qualité près de S. E. le cardinal prince de Crol, auquel ses doubles fonctions (Je grand aumônier et d*archevêque de Rouen disaient désirer vivement un aide sur lequel il pût compter pour l'administration de son diocèse t il se rendit au vœu de Témineot prélat (1825). La maison de Picpus fournit alors des missionnaires à ce nouveau champ ouvert au zèle apostolique de ses membres, et des prêtres au grand séminaire, dont la direction lui fut confiée.

Ce fut alors que les fatales ordonnances deiffî8, arracbées à la faiblesse d'un roi vraiment pieui, et qui ne sauvèrent rien de r« qu'on espérait sauver par elles, vinrent fermer les établissements d'instruction nombreux et florissants que l'institut de Picpus avait ouverts aux familles religieuses et aux pauvres, et Qu'il ne pouvait plus tenir en présence de l'université triomphante, parce qu'il était lui-même une congrégation non approuvée par l'Etat. Ce fut une source d'amers chagrins pour M. Coudrin, qui, s'il eut plus tard la consolation d'entrevoir l'aurore <i*UQe plus généreuse liberté, ne put pas du moins voir briller le jour des complètes satis-

(1) Tetle était du moins t*opînion reçue sur la dUiiartiioii du Marie-Jouph ei des vénérables pass^i^ qui le montaient, lorsque tout récefiimeiit la <lécouTerte d*un anoeau épiscopai entre les mains ^ ttu oatorei de rOcéanic a provoqué une enquête àt laquelle il semblerait résulter que le Marie-Jo- «pA esisie ; qu*it a dû être débarrassé de ses pas-

factions. Celles-ci, du reste, ne seront peutêtre jamais en France garanties contre de déplorables retours. .

En 1829, le cardinal de Croï, appelé à prendre part aux travaux du conclave réuni pour nommer le successeur de Léon XII , emmena avec lui son grand vicaire en qualité de conclaviste. M. Coudrin, déjà apprécié à Rome tors de son premier voyage, reçut des témoignages non equivoaues dessentimenls dont il était l'objet, et le Pape nouvellement élu, Pie VIII, de sainte mémoire, voulant lui donner une preuve de l'intérêt personnel qu^il prenait à Tinstitut de Picpus, accorda la faveur d'un autel privilégié dans toutes les maisons de la congrégation, et honora le fondateur lui-même du litre de prélat (18 septembre 1829).

Les jours mauvais s'étaient levés pour la France et la religion. Pendant les journées de juillet 1830 , qu'une appréciation plus juste et plus saine des choses n'oserait plus aujourdTiui appeler glorieuses, mais déplorables, la communauté de Picpus reçut la visite d«s émeutiers, qui venaient y chercher des armes au'on disait être déposées dans cet arsenal du despotisme. Nuls excès regrettables ne souillèrent les mains du peuple vainqueur de la royauté; mais plus tard, lors du sac de Saint-Germain-l'Auxerrois, de l'archevêché et de Conflans, Picpus eut k subir de tristes déprédations. Les habitants de ces lieux dévastes se dispersèrent, et plusieurs allèrent chercher un refuge au sein des maisons de l'ordre et près de H. Coudrin, dont la place était marquée près de son archevêque privé de son titre de cour par la révolution triomphante , mais demeuré fidèle et dévoué au peuple rouennais.

Peu k peu néanmoins les anciens hôtes de Picpus regagnaient sans bruit leur demeure saccagée; mais ils ne purent y reparaître

[publiquement qu'au moment où H^r de Quéen, proscrit lut aussi comme ami du pouvoir tombé, vint offrir à ses brebis égarées et punies par Tborrible fléau du choléramorbus les soins, le dévouement du bon pasteur ei lessecourscharitablesdeses pieux coopérateurs.

Ce fut peu après que, sur la demande du Souverain Pontife, de nouveaux missionnaires furent envoyés par M. Coudrin dans l'Océanie méridionale, et que Mgr Etienne Roucbouse, Tun d'eux,sacréà Rome évêque de Nilop'tlis, fut chargé de gouverner toute la Polynésie orientale (S2 décembre 1833). Plus tard, ce digne ministre de Dieu périssait englouti par les flots avec les missionnaires et les religieuses qu'il était venu chercher en France et qu'il conduisait dans l'Océanie (1).

Le 7 novembre 1833, M. Coudrin, sentant

sagers dans un bot facile à expliquer, et que. loin^ bés au pouvoir de quelque iribu sauvage, les malheureux ont péri misérableineiu. Las déclara tiens du possesseur de l*anneau épiscopai autorisent à croire que Hgr Rouchouse a subi le sort de ses compagnons, et qu*ii a été dévoré comme eux.

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que ses forces rabandonnaieDty avait quitté ]« Yille de Rouen |[)Our se retirer k Picpus, où il voulait mourir; mais, avant que Dieu lui donnét la récompense de ses longs tra* vaux, il devait le faire passer encore par de rudes épreuves semées de douces consolations.

Au nombre de ces dernières, nous devons signaler la fondation d*un établissement à Chàteaudun (11 novembre 183«), et surtout celle de Coussay-les-Bois (5 janvier 1835), aux lieux mêmes où M. Coudrin avait vu le jour, aux lieux qu*il avait édifiés par ses vertus, et qui gardaient le souvenir de la piété d» son vieux père et des membres de sa famille justement honorée. Nous ne pouvons oublier de dire aussi le bonheur qu'il éprouva en voyant le vertueux M. Gossin confier aux Prêtres de Picpus l'enseignement des pauvres, dont s'occupe TOCuvre de Saint-François-Régis, cette ŒSuvre sociale e* réparatrice, dont le but est de réhabiliter la famille en faisant disparaître les unions illé

f;itimes et en faisant bénir par la religion es époux qui dvaient repoussé sa bénédic tion.

Au moment où il fournissait les moyens d'évangéliser les pauvres de la capitale du royaume de France, M. Coudrin n'oubliait pas la terre lointaine sur laquelle ses enfants avaient planté la croix du Christ, et le 25 octobre 1836, il avait la consolation de faire embarquer de nouveaux apôtres pour les missions de TOcéanie. — Moins d un mois après, un établissement de son ordre était fondé h Laverpillère (20 novembre 1836) : c'était le dernierauquel ildutmettre la main. £n effet, la mort de Mme Henriette Aymer de la Chevallerie, sa noble et sainte coopératrice (23 novembre 1834], celle de l'une des plus anciennes associées, celle de Mme Charles Coudrin, sa belle-sœur, suivie le lendemain par sa fille Henriette (24 août 1836) , avaient préparé M. Coudrin par de bien amères douleurs au sacrifice d'une vit vouée tout entière an service du Seigneur. Après avoir fait une visite à Coussaye-les- Bois, lieu de sa naissance, où s'élevait un établissement cher à son cœur, après avoir accordé quelques heures à celui de Châteaudun, M. coudrin revint à Paris et put recevoir, le premier jour de l'an 1837, le renou« vellement des vœux des cent quarante-cinq religieuses de Picpus et les résolutions de seize novices. Le 8 février, une profession eut encore lieu. Peu après, une maladie mortelle, cachée sous les apparences d'une légère indisposition , le frappa au commencement du darèroe. Malgré les recommandalions de son médecin, il voulut adresser, selon la coutume, la pvole à ses filles chéries à la Messe de chaque dimanche; mais un

F ressentiment secret semblait l'avertir que heure était proche. Au troisième dimanche de Carême, sa voix atfaiblie faisait entendre ces paroles prophétiques : « Cette sainte quarantaine est liien avancée; néanmoins noiu ne serons pas tous à la PAque... Non^ nous n'y serons pas tous ; peut-être moi le

premier. » Il disait vrai. Le quatrième ven« dredi du Carême, il prêcha pour un exercice en l'honneur de Ja Passion ; ses forces IV bandonnaient chaque jour. Le dimanche de la Passion, 11 ne put célébrer le saint sacri* fice; le mal empirant avec rapidité, il reçdt, le vendredi saint, les sacrements de TEgiise avec la sérénité d'une âme prête è baraltre devant son juge, et le 27 mars 1837 il rendit le dernier soupir an milieu des larmes eides regrets de la communauté, qui perdait eo lui un père, un modèle.

A près avoir été exposé pendant deux jours, il fut enterré à côté de Mgr de Chabot et de Mme Aymer de la Chevallerie, dans \e caveau creusé dans le cimetière de Picpus. Mgr de Janson voulut, en célébrant luimême la triste solennité des funérailles, donner au serviteur de Dieu un témoignage ^de sa profonde vénération pour lui.

Ainsi mourut k Tâge de 69 ans et 27 jours, M. Pierre -Joseph Coudrin, en rtligioa F. Marie-Joseph, fondateur et premier supérieur général de la congrégation des Sacrés- Cœurs de Jésus et de Marie et du TAdorstion perpétuelle du très-saint Sacrement de l'autel.

La vie de M. Coudrin sVst écoulée humble et pure, sans que les vertus douces qui faisaient le jfond du caractère de cet homme de bien aient produit de ces effets extraordinaires qui étonnent les contem|H)raiQS d'abord, et laissent aux générations suivantes un long souvenir; mais cette vie fui pleine d'œuvres qui ne sauraient avoir moins de mérite aux veux de Dieu, et il suffit de se reporter au récit bien imparfait que nous venons de faire des travaux modestes de ce prêtre dévoué, pour qu'aux yeux même du monde il occupe parmi les serviteurs de Dieu la place dont il est digne.

Lorsque le vénérable fondateur de la société des Sacrés-Cœurs fut mort, ses enfants cherchèrent à lui donner un successeur capable de continuer Tœuvre commenrie et n'achever ce que le bon père^ accablé d*intirmités pendant ses dernières années, laissait imparfait. Us jetèrent les }eux ^ur Mgr Bonamie, membre de la société, éW^é depuis quelques années sur le siège ircbié piscopal de Smyme.

BoNAMiB Pierre^Dominique-Harcetlin ;eo religion Raphaël), fils de Dominique Bonamie et de Victoire Pagès-Labouisette, e^toe le 26 mars 1798 à Albas (Lot), diocè>eoe Cahors. Le soin de son éducation fut confié aux RR. PP. de la société de Picpus, qui di* figeaient à Cahors un établis>emeDt coona alors comme aujourd'hui sous I e nom déco* \é^e des Petits-Carmes. M. Bonamie trait è

fieine terminé ses études lorsqu'il solttni^ a faveur d*6tre admis dans la société de5re> ligieux qui avaient guidé son enfance. Le bon père Coudrin accueillit avec bcobeur la demande du jeune postulant, lequel* ipc^^ le noviciat ordinaire, fol admis, le SI novembre 1816, i prononcer des voeox i^n^ tuels sous le nom de F. KaphafiK Le jeune profès suivit les cours dê^hilo-

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Sophie et de théolosie dans le séminaire de Piepus. La rectîtade de son jugement , les talents dont il était doné le firent bientôt distinguer entre les étudiants; aussi, quoiqu'il ne fût encore que diacre, le bon père le dé$içna*t-il mur aller aider les pères missionnaires de la société de Piepus qui évan- ^lisaient alors avec le plus grand succès le diocèse de Troyes. Elevé à la prêtrise, le P. Raphaël dut k son mérite et i sa piété d*étre l^acé à la tète des missionnaires en qualité de supérieur.

Les souvenirs qu'il a laissés dans le diocèse de Trojes sont loin d^étre effacés, et les habitants de ta Champagne n'ont point encore oublié le zèle de celui qui les ëvangélîsa jadis avec tant de dévouement.

Le vénérable fondateur avait reconnu dans le P. Raphaël non-seulement un Kélé missionnaire, mais encore un excellent religieux et un bon administrateur. Aussi, souvent obligé de s'absenter de la maison prin* cîpale , il crut pouvoir trouver en lui un digne remplaçant, et il le choisit pour prieur de Piepus. Le P. Raphaël exerça cette charge pendant quelques années , et il justifia la confiance dont il avait été l'objet. Il fut ensuite nommé professeur de théologie è Picpus, puis h Tours ; lorsqu'on demanda i la Société un homme capable d'exercer en Orient la charge de consul (1832), le P. Raphaël fut désigné, et il partit pour Bagdad, «près avoir été sacré évéque de Babylone. Il n était pas encore arrive à sa destination lorsqu'il reçut un contre-ordre avec sa nomination è l'archevêché de Sm^rne. Mgr Bo« namie était déjà cpnnu, aimé et vénéré de son troupeau (l837), quand les suffrages du chapitre général l'appelèrent au gouvernement de sà congrégation. Le souverain pontife Grégoire XVI, ayant accédé au vœu des membres du chapitre, agréa que Mgr Bonamie se démtt de son archevêché de Smyrne, iui donna le titre d'archevêque de Chalcédoîne et le confirma supérieur générai de la Congrégation des Sacrés Cœurs. Aussitôt Mgr deChalcédoine se dirigea vers la France et vers Piepus» où il fut accueilli avec bonheur.

Les chapitres généraux avaient été interrompus, pour diverses raisons, depuis 1824. Désirant se mettre au courant de la congré- {pition, 4;onnattre parfaitement l'esprit qui I animait, et lui procurer le moyen de faire toutes les améliorations qu'elle jugerait nécessaires, Mgr Bonamie s empressa de con- ▼oquer un chapitre général pour l'année 1838. Ce chapitre fut composé du supérieur général, des huit membres de son conseil, de dix-huit supérieurs des maisons de France, et de quatre pères appelés par le supérieur général. On ^'7 occupa immédiatement du soûl de compléter la règle des frères et d'y apporter divers changements, pour la mettre en rapport avec les besoins actuels de la Congrégation; on expliqua ce qui était obscur, on régla ce qui n'avait point été prévu. Les Constitutions, ainsi modifiées et réformées, furent envoyées à Rome

Diction?!, pbs Obdrbs BBua. IV.

pour recevoir la sanction du Saint-Si^e. Sur un rapport favorable présenté k Sa Sainteté au nom de la sacrée congrégation des Evéques et des Réguliers, Ie2â août 1839^ lesConstitulionsfurentapprouvéesle24^mar$ 18^0 par un bref apostolique de Sa Sainteté Grégoire XVl. Mgr Bonamie, qui s'était rendu lui-même k Kome et qui avait été accueilli avec bienveillance, obtint alors de précieuses faveurs cour sa congrégation. De retour en France, il s'occupa d'assurer la stricte observance de la règle, et il s'efforça d''atteindre le but que se proposait la congrégation. Il envoya des professeurs dans les anciens colléses pour donner l'enseignement primaire; il forma deux établissements en Belgique; et comme des difficulti^s sérieuses s'opposaient k ce que la congrégation se livrAt en France k l'instruction secondaire, les ouvriers évangéliques dispo- ^nibles furent envoyés pour exercer leur zèle au delà des mrrs. — Déjà Valparaiso dans le Chili possédait un commencement d'établissement; lestles Gambiers étaient converties. Sandwich après avoir expulsé et maU traité les missionnaires, consentait k les recevoir, malgré les méthodistes (1837). Sur ces entrefaites arrive en France un zélé missionnaire de rOcéanie, connu dans les Annales de la propagation de la foi, le R. P. Caret; il se rend a Rome, où il réjouit le cœur du Saint-Père en lui racontant les merveilles opérées parmi les sauvages. Piepus revit le missionnaire des Gambiers, et un grand nombre de membres de la congrégation se présentèrent pour l'accompagner en Océanie. Les nouveaux missionnaires, vêtus de l'habit de l'ordre (l'habit blanc], re- Surent avec attendrissement la bénédiction e leur supérieur général et partirent joyeux et pleins de zèle pour la conversion des sauvages (18^0). Sandwich reçut bientôt du renfort, et l'établissement de valparaiso fut consolidé. Ces premiersmissionnaires étaient k peine arrivés, qu'en janvier 18bl,. quarante-deux membres de la société s'embarquaient k Bordeaux.

En 18b2, Mgr Rouchouse, évèque de Nilopolis, revenu en France pour chercher des missionnaires, partit de Saint-Malo sur le Marie-Joieph avec vingt-cinq membres de la société, qui malheureusement ne sont

Joint arrivés k leur destination. La perte du farie-Joêeph ne ralentit point l'ardeur pour les missions. En t8<k3, le ^uvernement réclamait et emmenait aux lies Marquises six nouveaux missionnaires. En 18ÛI, vingtdeux nouveaux ouvriers évangéliques s'embarquaient au Havre pour le Chili et l'Océanie, et reconduisaient dans sa patrie un jeane Sandwichois^ En 18M, le Havre vit encore une nouvelle colonie se diriger vers Sandwick. En 18&8, un nouveau départ trèsnombreux eut lieu au Havre. En 1849 et en 1850, de nouveaux essaims de missionnaires partirent pour aider en Océanie ceux oui succombaient k la fatigue, ou pour aller fonder les collèges de San-lago et de Copiai po au Chili, rétablissement de Lima au Pi-

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rou, de Sun -Francisco en Californie. Partout ces missionnaires, malgré une opposition puissante des méthodistes , obtinrent des succès surprenants. Au bout de trois ans de jirédication. Sandwich comptait douze mille catholiques; et aujourd'hui les mêmes lies comptent trente mille catholiques, sept églises en pierre» cent cinquante chapelles»

cent cinquante écoles catholiques, deux collèges. Depuis la mort de Mgr de Nilopolis, Sandwich est confié à Hgr Maigret, qui |K>rte le titre d'évèque d'Arathie et de vicaire npostolique. Plusieurs lies de TOcéanie centrale, Taïti, les Marquises, Paoumolou, etc., etc., sont défrichées non sans peine, mais avec succès, par Mgr d*Axieri et ses dévoués coopérateurs.

Pendant que le catholicisme faisait ces progrès dans TOcéanie, il lui était permis, en France, de rouvrir ses collèges et ses établissements religieux, si déplorablement fermés en 1828. Mgr Bonamie profita de cotte heureuse liberté pour rétablir les collèges de la Grand'Maison à Poitiers , des Petits-Carmes è Cahors, de TAdoration à Meode, de Graves près Villefranche (Aveyron), de Sarzeau (Morbihan).

Cet acte important a terminé Tadministrntion de Mgr Bonamie, qui crut devoir en 1851 résigner entre les mains du Saint-Père la haute dignité dont il était investi. Le Souverain Pontife, en acceprant sa démission, le nomma chanoine de Saint Jean de Latran, avec privilège de n*ètre pas obligé à la résidence. Le prélat a usé de cette liberté, et il s'est retiré dans la maison des Petits-Car^ mes k Cabors, où il avait fait ses premières études.

Le chapitre chargé de lui donner un successeur, se réunitau mois de décembre 1851. Tous les suffrases se portèrent sur le R. P. Kuthyme Roucnouse, directeur au noviciat d*Jssy, cousin de Mgr Tévèque de Nilopolis, lequel gouverne actuellement la congrégation.

Mme n, Aymer de la Chevalleriey fondatrice de la Congrégation de$ Sacrée Cœure de Jésus et de Marie^ etc.

Henriette Aymer de la Chevallerie naquit au château de la Chevallerie, en Poitou, le S6 août 1767. Sa famille, illustre entre celles que le Poitou compte au nombre de ses plus anciennes maisons, est originaire des environs de Saint-Maiient et a fourni une longue série de services 'militaires, depuis Aymer de Hortagne, tué en défendant la ville de Poitiers sous le règne de Charles VI. Elle était même titrée du titre de marquis pour les honneurs de la cour. Il n*est donc pas étonnant qu'après avoir reçu une éducation conformée sa naissance, Mlle de la Chevallerie, que nous appellerons désormais Mme Ucnriette, ait obtenu, dès 1778, Tbonneur, alors fort recherché, d*6tre admise comme chanoinesse de Tordre religieux, militaire et souverain de Malte.

Les principes que Mme Henriette avait {lUisés au sein de sa famille la guidèrent

dans la voie sûre aux jours dt rëfojotioo qui flrent surgir pour tant d'autres de dangereux écueils : elle resta fidèle à soncaUe et à sa foi. Elle eut bientôt rhonneor d*ttrr emprisonnée avec sa mère (179i].Soo crime, c'était d'avoir caché un prêtre, crime panissable alors, et que le code sanglaot des apôtres de la tolérance religieuse permettait (te réprimer par la peine de mort. Mme Benriette ne dut son salut qu'aux soîos touchants qu'elle prodigua dans sa prison i une malheureuse femme repoussée par tontes ses compagnes d'infortune. Délivrée de ses fers, la prisonnière sauva, par les habiles lenteurs qu'elle sut ménager, la vie de sa bienfaitrice et celle de sa mère. En effet, avant que les difficultés soulevées eosseot été aplanies, Robespierre porta lui-même sa tète sur récbafaud, et la cnute de celte tête coupable fut le signal du salut de Mme Henriette, de sa mère et de tant d'autres victimes promises au bourreau.

Cependant le séjour de la prison, la pensée d'un danger permanent et la néc^ité de se tenir toujours prête à eomparaltre devant le juçe du ciel, qui devait prononcer après les juges de la terre une plus redoutable sentence, tout avait dévelopiié chez la captive une tendance innée déjà vers les idées religieuses. Lors donc qu elle lot libre, elle s empressa de se faire affilier (mai 1795} à une association de pieuses damM de Poitiers, que la pratique de bonnes œuvres avait réunies, et qui, au milieu des persécutions dignes des siècles de Néron et de Domitien, donnaient aussi Texemple de la ferveur des temps primitib.

Au mois de mars 1797, elle manifesta I son directeur le projet de l'Œuvre qo*eIie préparait depuis longtemps par une vie plus retirée, et elle fit à cet efTet l'aeqaîsition d'une maison dite la Grand^MaUM^ situft rue des Hautes-Treilles, à Poitiers.

Parmi les dames associées, quelques-unes avaient le désir de s'isoler d'un monde dont les soins exigeaient d'elles moins de sacrifices; on les appela les Soliiairtê: et comme Mme Henriette se distinguait entre elles par sa fervente piété, elles la choisirent pour marcher à leur tète (iuillel 1797).

Après le 18 fructidor, la réaction politî*

Sue fut pour elles un motif de plus de se érober aux regards d'un oioode qui pounit encore redevenir persécuteur, et que se^ tendances poussaient trop oatorelleoieoi au mal pour qu'il ne s'y laissât pas aller, U Grand'Maison devint alors un asile pieos. retiré loin du bruit et des événements toujours plus menaçants.

Bientôt la piété de la nouvelle supérieure lui valut les suffrages des associées de ^tv térieur, et le nom de èosma wUn qu'elle reçut, et qu'elle garda toujours depuis, témoigna du respect qu'elle inspirait délia par une incontestable vertu.

Dès 1800, la société intérieure dtj« Grand'Maison reçut une or^Disati<« *r* ciale, et sous cette forino elle fut appmi^ par les vicaires généraux du diocèse de

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DESORDRES RELIGIEUX

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Poiiierf« qui, le 17 octobre, confirmèrent réiectton de Mme Henriette cooune supérieure générale à perpétuité de son institut.

Mme Henriette, mue |)ar cette pensée que Dieu, ayant été surtout outragé pendant les fureurs révolutionnaires dans le sacrement ao^te de nos autels, réclamait une ré^iaration éclalanie par une adoration plus profonde ei qui fût de tous les instants, voua sa nouvelle société à Tadoration perpétuelle du très-saint Sacrement et aux sacrés cœurs de Jésus et de Marie.

Mais, persuadée qu'une vie purement contemplative ne paraîtrait pas devoir suffisamment rendre au monde les services que h société actuelle, dans son ignorance des rboses d'ordre purement divin , demande à 00 plus grand nombre d*établissements religieux, elle voulut que sa fondation frap- {iftt les yeux par son utilité en apparence

£lus positive , et par conséçiuent plus en irmonie avec un siècle qui se dit positif avant tout. Elle appela donc sa congrégation h propager les bienfaits de l'éducation, dODt les orages révolutionnaires avaient privé une génération tout entière.

La première obligation du nouvel établissement, après celle de la sainte prière et de l'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement, fut donc d'instruire la jeunesse , et plus spécialement la jeunesse des classes pauvres; mais, pour assurer irrévocablement l'enseignement sratuit de ces classes déshéritées des biens au monde, Mme Henriette songea qu'elle devait faire de son institut une congrégation enseignante k laquelle les enfants des riches pussent venir apporter des moyens d'existence en échange des bienfaits inappréciables d'une éducation solide et religieuse.

I/Œuvre ainsi comprise , ses développemeois ainsi assurés par le concours intéressé des classes riches , grandit bientdt malgré les difficultés sérieuses qui Tassaillirent, comme nous l'avons dit k l'article du P. Coudrin. C'était en eJBTet ce digne prêtre dont les conseils- avaient guidé la londatrice du nouvel institut dès son début dans une carrière difGcile et hérissée d'écueils.

On appui sur lequel on ne pouvait compter se présenta bientôt. Ce fut Mgr de Chabot, oncle de Mme Henriette, qui, peu après sa nomination à l'évéché de Menue, invita M nièce à le suivre et nomma M. Coudrin sen grand vicaire.

Une deuxième maison fut fondée h Mende (IMâ), et une troisième h Cahors (1803).

Après la démission de Mgr l'évoque de Ueude, Mme Henriette suivit ce protecteur de TŒovre k Paris (septembre 18(M},oii elle prit k bail pour vingt-neuf années les bâtiments de Picpus , qu'un esprit d'expiation f vait élevés aux cendres des rictimes révolutionnaires. Elle 3r fixa le centre de ses établisieioents religieux.

une impulsion nouvelle fut le résultat de ^Ue eentralisation; des maisons furent éta*

blies k LavaJ (18(M^-1805), au Mans (S Juin 1805J, et à Séez (90 mai 1807).

La possession d'une statue miraculeuse de la sainte Vierge fut pour l'établissement de Picpus, ainsi que nous l'avons dit, ufie source de prospérité qui ne fit qu'augmenter avec la confiance des fidèles.

Mais bientôt Mme Henriette eut l'occasion de montrer toute l'énergie de son caractère, i Napoléon, qui avait voulu se faire de la religion un instrument politique « avait essayé de briser le chef de l'Eglise le jour où ce chef, pénétré de ses devoirs, s'était refusé de sanctionner des mesures anticatholiques. Le noble vieillard avait reçu drs chaînes de celui-lk même sur le front duquel il était venu poser lacouronne impériale; tout tremblait sous sa main de fer. Mme Henriette ne recula point, dans ces graves circonstances, devant une manifestation qui avait assurément alors ses dangers ; elle ordonna dans toutes les maisons de son institut la récitation des sept psaumes de la pénitence k toutes les heures de la nuit, pour obtenir la délivrance du chef visible de l'Eglise.

On sait comment la puissance du vainqueur des rois fut vaincue par la patiente résignation du pauvre et faible vieillard... Ce vieillard était le représentant, le vicaire de Jésus-Christ sur la terre , yoilk le secret de son triomphe.

Plus tard l'empereur fut encore vaincu, mais par les puissances européennes contre lui; Paris fut assiégé; les armées innombrables des alliés 1 investirent; Picpus, ce pieux asile de la retraite , touchait {)resque au champ de bataille; mais ces exercices intérieurs ne furent jamais troublés, et le flot des armées étrangères s*écoula sans que l'étciblissement eût souffert. Les prières ardentes de la fondatrice ne furent pas sans iuQuence sur un résultat aussi prodigieux qu'inattendu.

La Restauration ne fit rien pour l'Œuvre de Mme Henriette, et cette pieuse femme ne demanda rien pour elle, ne voulant point ajouter un prétexte de déclamations aux visionnaires qui croyaient trouver, on plutôt feignaient de trouver partout le i^arti prêtre et les congrégations. Elle dut déplorer plus tard cette honorable réserve.

Son institut n'obtint donc pas les droits d'une congrégation reconnue par la loi , et Mme Henriette préféra, comme nous l'a si bien dit l'auteur auuuel nous empruntons les éléments de ce récit, « laisser ses compagnes trouver dans leur conscience la loi de leurs obligations , sans qu'elle leur fût imposée par des liens légaux. »

Mais si elle dédaigna rapprobation civile, qui fait toujours payer du reste sa protection oIBcielIe , Mme Henriette s'empressa au contraire de réclamer celle du chef de l'Eglise, qui l'accorda par un décret apostolique du 10 janvier lot? et par une bullu datée du 17 novembre suivant.

Dix établissements nouveaux furent formés : k Sarlat (juillet 1815), k Rennes (oc« tobre 1818)9 k Tours (octobre 1819), k Troyee

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SAC

DICTIONNAIRt:

SAC

péreiir local nomme pour irois ans par .e supérieur gc^néral, qui conserve toujours la faculié, d'accord avec la majorité du conseil de la maison principale, de le rappeler })lus tôt, s'ille juge convenable , do mc^mu qu*il peut le continuer lacilement ou formellement dans ses fondions , à Texpiraiion dus trois années. Chaque supérieur local c^sl assisté d'un conseil composé du prieur, du maître des novices, du procureur et d'un autre père à son choix. Il doit réunir 00 conseil au moins deux fois par mois, ne rien faire sans son avis , qu'il n'est cependant tenu de suivre que dans les cas où il y aurait unanimité.

Toutes les dispositions qui précèdent s'appliquent également au\ maisons des sœurs, à regard desquelles la supérieure générale exerce les droits attribués par ces dispositions au supérieur général.

Chaque année, le supérieur général envoie des Pères visiteurs dans les maisons de frères et de sœurs de la congrégation qu'i I n*a ])as visitées lui-même dans le cours de Tannée. Les fonctions de ces délégués consistent à examiner avec le plus grand soin, si les observances régulières y sont en vigueur, si tous ceux qui sont en charge s'acquittent exactement de leurs devoirs, si l'esprit de l'institut est religieusement conservé, si le noviciat , si le séminaire, le collège ou les maisons d'éducation sont dirigés avec soin, si l'administration du temporel est dans un état inquiétant ou prospère. Les visiteurs rédigent , de toutes leurs observations et inquisitions, un procès-verbal auauel ils joignent les pièces h l'appui, et ils adressent le tout au supérieur général, auquel ils ne doivent rien cacher, sous les peines les plus graves.

Le supérieur général doit faire lui-même tous les ans, la visite de la maison principale des sœurs.

Le pouvoir d'admettre les postulants n'appartient qu'au supérieur général ou à ses délégués spéciaux. La durée du noviciat est de dix-huit mois ; le supérieur général peut donner, après avis du conseil, dispense des six derniers mois. Le temps du noviciat expiré, le novice est proposé, après consentement du supérieur général ou du supérieur local, à la profession dans un chapitre tenu par le supérieur local, si la maison a été désignée par le chapitre général pour recevoir les vœux. Le chapitre d'admission se compose des prêtres profès, et c'est après examen des litres du novice que celui-ci est admis; le scrutin est secret, et le novice doit réunir les deux tiers des sulfrages. Les vœux doivent être faits dans les deux mois, suus peine de déchéance.

Les dispositions qui précèdent s'appliquent également aux «^œurs (1).

L'instruction do la jeunesse et les écoles gratuites étant une des principales obligagalions de la congrégation , les Statuts rè-

glent d'une manière très-sage h quels men»« bres sont conliés le soin de présider aux classes gratuites ou au pensionnat, et les précautions que les supérieurs ou supérieures doivent prendre, dans l'intérêt de l'éducation littéraire etj'eligionse des écoles.

L'adoration perpétuelle dn Irès-saini Sacrement de l'autel étant aussi un des principaux devoirs de la congrégation, elle a lieu de nuit et de jour, dans toute maison composée de trente-six jiersonnes, s'il s'agit d'une maison de frères, et de dix-huit personnes, s'il s'agit d'une maison de sœurs. Les adorations sont successives autant que possible, et eu égard au nombre et aux occupations des membres de la maison.

Au moment de l'adoration, les frères et les sœurs portent toujours le long manteau d'écarlate.

Les Missions étrangères, qui sont une des œuvres principales de la Congrégation, sont mises sous la protection spéciale de la très-sainte Vierge, de l'archange saint Michel, et de saint Joseph. Elles sont soumises h des supérieurs particuliers, qui relèvent du supérieur général, auquel ils rendent compte chaque année de leur mission. Les missionnaires doivent se conformer en tout aux règles tracées par le Sainl- Siége apostolique, pour les missions oii ils pourraient être employés.

Les membres de la Congrégation, devant rappeler la vie de Jésus-Christ crucifn^. ajoutent aux prescriptions de l'Eglise certaines pratiques particulières, concernant les jeûnes. Ainsi, tous ceux qui ont alleini l'âge de vingt et un ans accomplis jeûnent le premier vendredi de chaque moi>, la veillo des fêtes du Sacré-Cœur de Jésus, du Sacré- Cœur de Marie , de saint Joseph, de saint Benoit, de saint Pacôme, de saint Augustin, de saint Jean-François Kégis, de saint Dominique, de saint Bernard, et la veilledos six fêles suivantes de la très-sainte Vierge, savoir : la Purification, l'Annonciation, la Nativité, la Conception, la Présentation, et Notre-Dame de Paix. Cette dernière fête se célèbre le 9 juillet, et Sa Sainteté Pie Ml y a attaché des indulgences. Les Jeûnes de règle sont toujours accompagnés de l'abstinence.

11 y a toutes les semaines un chapitre de coulpe pour les frères (deux pour les sœurs), dans lesquels les membres de fa Congrégation s'accusent publiquement des fautes exiérieures qu'ils ont pu commettre contre la Règle, suivant ce qui s'obserre ordinairement dans cette pratique commune à presque toutes les Règles des ordres religieux.

Les fêtes du Sacré-Cœur de Jésus, du SacTé-Cœur de Marie, et du patronage de Saint-Joseph (3* dimanche après Pâque>j,5onl

célébrées avec solennité dans toutes les maisons de la congrégation, comme étant les principales fêtes propres à l'institut.

M) L«« Si'iluls imprimés à Tro)cS en lS-2!i iiV^xig^nt cepcndaiH , pour l'j iiniî»5ioii aux vœui, 'lu^»^ nv'?Ui*^(le$ suaiaji;(s du ihaiilre.

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DESORDRES RELIGIEUX

SAC

Les sœurs portent en santd des chemises el des bas de laine. Les draps sont aussi de bioe; elles se couchent vêtues.

Elles se lèTent en tout temps à cinq heures du matin , et se couchent à neuf neures Ja soir» dans un dortoir commun. Les traîiux et les occupations des frères entratnaot beaucoup de fatigues , le gras et le maigre leur sont permis ; ils font trois repas; une collation peut être permise par les »opéf ieurs aux frères jeunes ou fatigués.

Les sœurs font aussi trois repas : le déjeuner à sept heures du roatin« le dîner h onze heures, le souper à six heures et demie.

Là$ soaursêgéesde vingt et uu ans accom- ())is et en bonne santé font toujours maigre» «aof dispense des supérieurs pour cause de maladie» faiblesse ou travaux pénibles. Dans ces cas-là» une collation peut être permisiie» (le même que pour des causes opposées tes sapérieurs peuvent permettre aux sœurs d^ées de moins de vingt et un ans accomplis tie iaire maigre; mais les sœurs ne peuvent ^'imposer d^Iies-mèmes aucune mortification on privation en dehors de la régie.

La nourriture des sœurs comme celle des frères doit être saine» mais commune et conforme aux productions du pays, sans rediercbe ni superfluicés.

Coitume de la Congrégation des Sacrés Cœun

de JéiùM el Marie,

Le costume tel qu'il est porté déjà dans rAroérique et TOcéanie, et tel qu il sera porté en Europe par les frères profès» lors-^ qu'un chapitre général Taura décidé, est ainsi (iéierminé par les Statuts : la soutane blanche, une pèlerine de couleur blanche » te niauteau blanc» le cordon blanc» les bas htaocs» le scapulaire des Sacrés Cœurs» le chapeau ecclésiastique. La pèlerine ne devra descendre que de quatre pouces au-dessus du coude ; elle ne sera attachée que par ikox boutons placés au haut de la pèlerifie, à partir du cou, et il n'y aura qu*ua doigt de (listaoce entre les deux boutons^ Le scapulaire» aussi de couleur blanche» descendra jii$qu*aux genoux el sera d'une égaie longueur des deux côtés. Les extrémités en seront carrées. La largeur sera de dix à douze (louces. Les sacrés cœurs brodés sur le scapulnire auront trois pouces de hauteur à (partir de la croix ou des flammes ; ils seront entourés d'une couronne d^épines de trois l^raoches entrelacées. La circonférence de la couronne sera de quinze pouces. Le manteau blanc sera assez long pour couvrir tout le corps» sans col et sans pèlerine.

En attendant qu*un porte cet habit religieux, tous les membres de la Congrégation» qui sont dans les ordres sacrés» portent la soutane ordinaire» le chapeau ecclésiastique, le cordon au lieu de ceinture» et la barrette <Uns l'intérieur de la maison. Ils la portent aussi à l'église avec le rochet à manches, S4ns broderies et sans garnitures. L'hiver, Ils portent sur leur soutane une houppelande de couleur noire.

Le costume adopté et porté par les sœurs (1) V09. à la fin du vol.. n*t itO, 217.

professes est une robe de laine blanche, an voile clair de laine, blanc» un cordon blanc, un scapulaire de couleur blanche» où est brodée en laine de couleur rouge Timagedes sacrés cœurs de Jésus et de Marie. La coiffure estde percaleel deinousseiine blanches; un manteau long de laine blanche pour les sœurs de chœur» et un manteau long de laine é«^4rlate pour le moment où les sœurs soit de chœur» soit converses» font Kheura d'adoration devant le très-saint Sacrement, complètent ce costume. Les glands du cordon de la supérieure générale sont en laino écarlate; son manteau est bordé d'un v*lours écarlate; le scapulaire est brodé en soie or et argent.

Le costume des novices est semblable à celui des sœurs professes » à l'exception qu'elles n'ont ni scapulaire, ni cordon, ni manteau, et que leur voile est de mousseline blanche, petit et attaché sur le devant do la coiffure. (1)

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