‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 166 sur 220 · SACRÉS CŒURS DE JÉSUS ET DE MARIE · texte numérisé non relu

SACRÉS CŒURS DE JÉSUS ET DE MARIE

iCoNOAÉGATio?! DBs), maison mire aux frouzils ( Vendée).

M. P. Mounereaii^ fondateur de la Congrégation des religieuses des Sacrés Cosurs de Jésus et de Marie.

M. Pierre Mounereau naquit à Saint-Martin des Novers (diocèse de Luçon), le 23 juillet 1787. Il fut baptisé |[»ar le vénérable curé de la paroisse» M. Ciuillet» qui se tint caché chez les parents de M. Mounereau pendant tout le temps que dura la révolU'tionde 1793, et qui lui lit faire sa première communion à l'âge de douze ans. M. Mounereau resta dans le monde jusqu'à l'Age de dixhuUans. A ceUe époque» ayant eu une maladie grave, il fit des réflexions sérieuses sur la vanité des choses de la terre, et résolut d'embrasser l'état ecclésiastique. Il entra le 2 novembre 180S au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers (YeBdée)^ éiabli et dirigé par le R. P. Baudoin, fondateur de la congrégation dps Enfants de Marie immaculée» Obiats de Saint-Hilaire« et de la société des Ursulines de Jésus. H sut apprécier le bonheur qu'il avait d'être sous la direction de cet homme de Dieu. Après avoir fait rapidemeut ses études» il fut ordonné prêtre à l'Age de 25 ans» dans la chapelle du petit séminaire de Chavagnes» par Mgr Gabriel -Laurent Paillon» qui gouvernait alors les diocèses réunis de la Rochelle et de Luçon. 11 remplit successivement les fonctionsrde vicaire aux Sablosd'Olonne» à Fontenay-le-Comte, à la tiarnache et à Aizenay. Enfin» en 18t^» il fut liommé curé de la paroisse de Notre-Dame des Brouzils» où il se rendit la veille de TAssomption. Dans l'instruction qu'il fit le lendemain à la Messe paroissiale, il conjura ardemment Marie de le bénir avec le troupeau qui lui était confié. Depuis cette époque» il ne cessa point de mettre sa cou-* fiance en la Mère de Dieu et de gouverner sa fiaroisse avec beaucoup de zèle et «le

pieté. M. Mounereau est décodé le 26 avril

DICTÏONNAIUE

SAC

1S5C. Sa mort sainte a dignement couronné SI} vie édifiante.

£n arrivant aux Brouzils, M. Mounercau y avait trouvé une excellente institutrice, Mme Macé (Angélique-Urbaine Jourdain), native de Châleau-Gontier. Quelque zélée que'le fût pour Tinstruclion de la jeunesse, le saj^e [)astcur, persuadé que des |)ersonnes spécialement consacrées à Dieu feraient encore plus do bien, pria le R. P. Baudoin de )ui envoyer quelques religieuses de la Conj;régalion qu'il avait fondée. Ses d.sirs trayant pu être satisfaits, l'institutrice et deux jeunes personnes, devant lesquelles il avait parlé de la braulé et des avantages do )a vie religieuse, conçurent le désir d'enïbrasser ce saint état. Elles le firent connaître au pieux pasteur, qui en éprouva une vive satisfaction et se chargea de les diriger «innslavoie des conseils évangéliqnes. En 1818, elles se réunirent dans une maison particulière, et s'assujettirent à un règlement que leur donna leur vénéré père.

Mme Macé, qui avait reçu le nom de sœur de l'Ascension, conserva l'autorité sur ses jeunes associées jusqu'à sa mort, qui arriva en 182^. Elle fut remplacée par la sœur Marie de Jésus , née aux Brouzils, et appelée dans le monde Marie-Anne-Charlolte Payraudeau. Quoiqu'elle ne fût Agée que de 23 ans, elle était bien digne de la confiance qu'on lui témoignait. Elle donna l'exemple de toutes les vertus à ses sœurs, dont le nombre s'augmenta bientôt. Ce qui la distinguait surtout, c'était sa dévotion envers la sainte Eucharistie. Quand elle était devant le saint Sacrement elle ne pouvait contenir les élans de son amour; on l'entendait souvent s'écrier: « 0 mon divin époux 1 ô cher objet de mon amour l » Trèssouvent, a[)rès qu'elle s'était approchée do la table sainte, elle versait des larmes do bonheur et de reconnaissance. Les jours où elle était privée de la sainte communion, elle ressentait une tristesse qu'elle ne pou- Tait pas dissimuler, quoiqu'elle eût un caractère très-gai. L'amour dont elle était embrasée pour Dieu la fnisait sans cesse soupirer après le moment où il lui serait donné de jouir dais le ciel de sa douce présence. Aussi, quand elle fut atteinte de la maladie qui l'emporta, le vénérable fondateur de la Congrégation dont elle était supérieure, perdant toute espérance de la conserver, lui dit que ses vœux allaient enfin être accomplis; qu'elle allait voir Notre- Seigneur Jésus-Christ et les merveilles du paradis. A ces mots elle sourit et poussa un cri de joie. Un quart d'heure après elle rendit le dernier soupir, le 7 novembre 1835. On élut nour lui succéder sa sœur, Adèle- Emmanuelle-Perpétue Payraudeau, appelée en religion Marie du Sacré-Cœur, qui marcha sur ses traces et fit une mort édifiante le 2 avril 1851. La Congrégation a grandi au milieu des épreuves, sous la haute protection de Mgr Soyer et par les soins paternels de Mgr Baillés, son successeur. Elle comf»te aujourd'hui 200 religieuses, et \ï (I) Voy. à la On du vol., n^ ilS.

établissemenls réjiartis dans trois diocèses.

Staluts de la Congréoation de$ reliyieutes

des Sacres Cœurs.

Le premier but que se proposent les religieuses des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie est de s'unir au divin cœur de Jésus par un culte d'adoration, d'amour et d'imitation ; elles se proposent aussi de faire amende honorable à ce divin cœur pour les outrages qu'il a reçus et qu'il reçoit dans le sacrement de son amour.

Le second but est d'honorer et d'imiter d'une manière toute spéciale le très-saint et immaculé cœur de Marie, leur tendre mère.

Leur troisième but enfin est rinstruciion des petites filles de la campagne, et principalement des pauvres; elles instruisent gratuitement ces dernières.

La Congrégation des religieuses des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie se compose : 1* des religieuses institutrices ou de chœur; 2" des sœurs de travail.

Elle est régie et gouvernée par un conseil composé decinq membres, c'est-è-dire d'une supérieure, d'une assistante et de trois conseillères. Ce conseil doit être renouvelé tous les trois ans, à la majorité des voix, par scrutin secret.

Les novices font une année ou deui de noviciat avant d'être admises à Ténaission des vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance pour cinq ans. Ce temps écoulé, elles font un second noviciat d'une année, ou pour le moins de six mois, après lequel on les admet aux vœux perpétuels.

En vertu de leur vœu d'obéissance, les religieuses des Sacrés Cœurs sont tenues d'obéir : !•* à Notre Saint-Père le Pape; 2* à Mgr l'évoque du diocèse où se trouve la maison mère; 3" au supérieur élu ou a|»prouvé par le seigneur évèque; k' à la supérieure générale et à ses assistantes.

Costume des religieuses des Sacrés Cœurs,

La robe est en grosse étoffe de couleur noire avec pèlerine semblable. La coiffure, de forme conique, est blanche et se termine en pointe vers le front; le bandeau est de même couleur; le cou est couvert d'one guimpe blanche. Un voile noir tombant sur les épaules couvre la télé. Un cœur d'argent surmonté d'une croix est suspendu par une ganse* noire et fixé sur la poitrine j)ar une épingle.

Les religieuses portent un cordon DOif qui touche presque la terre. Les extrémités se terminent par plusieurs glands. A ce cordon est attaché, du côté gauche, un chapelet d'assez grande dimension, dont le crucifix a dix ou douze centimètres de longueur.(l)

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