‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 168 sur 220 · IS3S · texte numérisé non relu

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maîtres; mais ayant reconnu plus tard son erreur^ il s*enipressa de témoigner hante» ment son aitacnement à TEglise et sa soumission ani décrets des Souverains Pontifes. Celte démarche dictée par une foi vive et une grande droiture de cœur, fut mal interprétée, et provoqua contre M. Agut des rigueurs qui eussent abattn une Ame moins foKe que la aienne. Victime pendant guelqnes mois des reproches les moins mérités et du méprts le plus accablanti il ne lui fut

Ks mémo permis de puiser dans la céléitton des saints mystères un adoucissement k ses maux. Pour calmer la douleur dont il était oppressé il entreprit le voyage de Rome.

A son retour, les Carmélites de Mflcnn aai avaient eu Toccasion d*apprécier ses éminentes q«aiités^ souhaitèrent de l'avoir pour gnide dans les voies du salut. Les supérieurs ecclésiastiques ne voulurent point d*abord qa*îl exerçAt dans le monastère d'autres fonctions que celles de chapelain ; mais ils lui rendirent enfin Justice » et lui ionOèrent la direction des religieuses. Sui- ?aot alors aans obstacles Timpulsion d'un xèle ardeni que modérait une piété solide et éclairée, il fit de rapides progrès dans la vertu et acquit de grandes lumières pour la conduite des Ames.

Dès les premières années de son sacerdoce, on Tavait vu se réunir au célèbre P. BrydainOt pour donner une mission dans la l«roisse de Matour; plus tard, il exerça seul son zèle î Tourous et h Bagé en Bresse. Les fonctions de secrétaire du chapitre noble de la eoll^ale qui lui furent confiées, semblaient incompatitiles avec une vie tout apostolique; il sut néanmoins s'acquitter avec ponctualité de tous les devoirs de sa nouvelle charge, sans cesser de travailler k la conversion des pécheurs. Il établit même dans régi Isa des Carmélites des conférences, où régulièrement, les dimanches et fêles, les arandes vérités de la religion étaient traitées à fond. Dans la suite, il substitua h ce^enra d'instruction des discours simples, ma» pleins d'onction. Plus d'une fois son lèle fut béni au delà de ses espérances, et les soins qu'il donnait aux pécheurs re|)entants, achevèrent d'assurer en eux le triomphe de la grAce. On raconte qu*il eut le Mnheur de ramener dans le sein de l'f^lise plusieurs protestants dont il reçut l'abiiuration solennelle.

M. Agut ne négligeait rien de tout ce qui pouvait contribuer a honorer la religion. A certains jours, il disposait lui-même les apprêts nécessaires pour donner de Téclat aux grandes solennités. D'autres fois il employait ses courts instants de loisir à dessiner et h graver des images propres k nourrir la piété. Chaque jour il avait un temps marqué pendant lequel il étudiait les langues anciennes, s'exerçait aux mathématiques et «imposait des ouvrages. La zèle dont M. Agut <loQaa tant de preuves prenait sa source dans une ardente charité; ce saint ^)rètre, qui <*efferça pendant toute sa vie d étendre le

royaume de Jésus-Christ, s'apoliquait en même temps k soulager les misères corporelles de ses membres souffrants.

Les pauvres qui habitaient en grand nombre leiaubourgde la Barre, étaient souvent trivés des secours tem|)orel$ et spirituels, 'éloignement de la paroisse de Charnay les empAcnait de recevoir les sacrement^, et quelquefois le genre de leurs maladies mettait obstacle k leur admission k l'HAtel-Dieu. M. Agut, que tant de maux affligeaient profondément, conçut le dessein de fonder un f)etit hôpital pour le soulagement des maades abandonnés. Il communiqua son projet k plusieurs personnes qui applaudirent è ses vues. Encouragé par leurs suffrages et par l'espérance de leur concours, il n'nésita pas de présenter une requête an vicaire général de Mgr de Valras, évêque de MAcon. Cet acte fut appointé et homologué le 15 mars 1733. Les chanoines de Saint-Pierre, hauts justiciers de cette partie de la ville, et le cnre de Charnay, dont la paroisse comprenait le faubourg de la Barre, s'empressèrent de consentir k tout ce qui était nécessaire pour Id réussite d'une aussi bonne œuvre. M. Agut loua d'abord une petite maison et y reçut trois ou quatre incurables. les aumônes du chapitre de la collégiale l'aidèrent k soutenir cet établissement naissant; mais bientôt 11 fallut une maison plus spacieuse et des secours plus abonaants. La charité du saint prêtre pourvut k tout. Il fit des quêtes k MAcon, intéressa plusieurs évoques k son œuvre, et (larvint k construire un bAtiment pour le logement des jMiuvres, et une chapelle qu'il dédia k Saint-Jean de Dieu. La première pierre fut posée en 1748.

Ce nouvel hospice ne s'établit pas néanmoins sans de grandes difficultés; mais le fondateur supporta toujours avec calme les contradictions qui lui furent suscitées. « Si cette entreprise, » disait-il, « doit contribuer k la gloire de Dieu, les hommes les plus puissants et les plus malintentionnés ne pourront la détruire. » Tant de dévouement, de persévérance et de résignation ne pouvaient manquer de triompher de tous les obstacles. En Tannée 1770, des lettres |)a« tentes furent expédiées pour l'érection de l'hospice de la Providence. Le soin des malades avait été confié dès le principe k quel* mies personnes dévouées. Leur nombre s^accrut, et elles répondirent si bien k ce qu*on avait attendu d'elles, que M. Agut résolut de former une société de pieuses filles qui, sous le nom de Sœurs du Saint-Sacrement, s'appliqueraient k soulager les infir* mes et k instruire les enfants. Cet homme de Dieu voyaitavec effk*oi les progrès toujours croissants de l'impiété; il avait compris les éminenls services que pouvait rendre k la religion une congrégation sagement dirigée. Dès Tannée 1751, les Sœurs du 8aint«Sacrenient avaient des établissements hors de Mâcon.

M. Agut écrivait k quelques-unes dVntre elles, dont le zèle excitait la haine des* mé** cliants : Soutenez généreusemeni une p^sTêé^

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cution que Vcnfcr ne nous suscite que parce quil voit cette sainte association comme un petit corps d'armée^ toujours prêt à combattre U vice et à soutenir la vertu. Quel bonheur de vous trouver associées aux apôtres^ ces premières colonnes de r Eglise!

Quand cette OEuvre, qui couronnait toutes les autres, eut fait assez de progrès pour être dc^sormais suffisamment établie, il no resta plus au saint prêlre que d'achever sa propre perfection. Il reçut alors une de ces grâces dont les âmes privilégiées connaissenl seules le prix. Vers l'année 1770 il devint infirme; son corps se couvrit de plaies; il eut à supporter de cruelles douleurs. On put admirer dans cette circonstance la force de son humilité et de sa confiance en Dieu. Cet état pénible doni il sut protUer pour acquérir de nombreux mérites, dura près de huit ans. Enfin le 19 juin 1778, M. Agut fui appelé à recevoir la récompense due à tant de généreuï travaux. On déposa son corps dans une chapelle de la Providence.

Ce fut en 17^8 que fut fondé l'hospice des Incurables ou la Providence qui fut comme le noyau et le berceau de Tinslilut. L'intention de M. Agut n'avait pas éié de fonder une congrégation religieuse; il n'avait en vue que son seul hospice des Incurables de Mâcon; mais la bonne odeur des vertus de ses premières Filles se répandant au loin, plusieurs évoques lui en demandèrent avec instance, de sorte qu'il se vil comme forcé de donner à son OEuvre une extension qui faisait souffrir sa profonde humilité ;car il put avant sa mort voir déjà de ses yeux un certain nouibre de ses maisons établies dans différentes provinces : la Chaise-Dieu, Sainliîengoux, Saint-Amour, Condrieux, Ferreux, etc.

Comme l'esprit d'irréligion faisait alors de grands ravages, M. Agut voulut, dans les intérêts de la gloire de Dieu et du salut des ûmes, que sa congrégation joignit au soin des incurables, des vieillards et des malades, l'éducation des enfants; ainsi on la vit 5 son berceau et sous les yeux du saint fondateur présentera la fois des hospices, des charités, des classes et même des pensionnats, et la Congrégation du Saint-Sacrement fut autorisée par lettres patentes, sous le double but du soin des malades et de Téducation des enfants. La grande dévotion que iL Agut eut dès sa plus tendre enfance pour le très-saint Sacrement, lit qu'il voulut que ses lilles fussent spécialement consacrées à «et aij;;:usle mystère et qu'elles en portassent Je nom. Tous* les jouis elles en récitent le Pelit-OfDce, et le saint fondateur voulut môme que l'aioration perpétuelle du jour et de la nuit fût pratiquée dans son institut; mais dans la maison mère seulement. Cette pieuse coutume que la première révolution a vue disparaître, n'est pas un point de règle, car celte congrégation ne doit pas être confondue avec les sœurs du même nom qui pratiquent la clôture, et où a lieu l'adoration perpétuelle du saint Sacrement.

L'hospice de* Incurables de Mâcon ou la

Providence, ayant été la première maison, en fut aussi la maison chef-lieu jusqu'en 1836. A cette époque îe noviciat afec le cheflieu d'ordre fut transféré deMâcon à Autun, sous Mgr d'Héricourl, dans l'ancienne al>ba3'e royale de Saint-Andoche, et une ordonnance royale, en date du SOjuillet 1857, a autorisé cette translation. Mais l'hospice dfs Incurables de Mâcon, dans l'église duquel repose le corps du vénéré fondateur, n'en est pas moins regardé par ses heureuses Filles comme la preo^ière maiscadeson institut.

M. Agui fonda lui-même plusieurs maisons de son vivant, celle de la Chaise-Dieu, diocèse du Puy, fut une des premières Filles de la Providence de Mâcon ; bientôt le faible institut commença h se répandre» des établissements s'élevèrent dans le Uouergue, le Languedoc, l'Auvergne et autres provinces.

Cependant, dix ans h peine après la mort du vénérable fondateur, les orages de la révolution vinrent s'abattre sur son OEuvre; l'arbre perdit quelques rameaux, mais il conserva la sève et la vie ; si plusieurs établissements disparurent dans la tourmente, toutes les sœurs restèrent ûdèles à l'Eglise et à leur sainte Règle; aucune ne prêta le serment ; la supérieure générale fut mise en prison et ensuite gardée à vue dans l'hospice des Incurables à Mâcon; on força partout les religieuses h quitter le costume, mais en général, on respecta leurs maisons dont on se contenta de prendre les biens. « Renvoyez vos pauvres, mettez vos malades dehors, leur disait-on. » Elles n*en firent rien, et comptant sur )a Providence, elles les conservèrent tous, quoique privées de toute ressource. Elles firent, pour leur venir en aide, des actions d'un héroïsme digne du motif qui les produisait. Pour secourir leurs pauvres et leurs malades* les unes s'adressaient à leurs parents, qui en général étaient tous riches, et remployaient les pensions annuelles gu^elles en recevaient, les autres vendaient au profit de leurs chers incurables les objets précieui qu'elles tenaient de leurs familles : linge, argenterie, etc. Celleg-ci travaillaient le jour et la nuit à divers ouvrages; celles-là plus robustes, quoique élevées dans la délicatesse, se livraient aux travaux les plus pénibles. Qu'il me soit permis de citer qnelques faits :

A Sennecey le Grand, diocèse d'Autun, la supérieure de rhos{)ice, femme d'un mérite très-distingué, nourrit pendant les années les plus difficiles de la révolution ses paovres et ses malades, presque uniquement par le produit d'un vaste jardin qu'elle cultivait elle-même de ses propres mains, se levant pour cela à une heure ou à deux hea res du matin, et faisant è elle seule l'onvrage de deux domestiques. Il n'est poini de genre de travail que ces saintes Mères, si dignes de leur saint fondateur, n'aient entrepris; point de privations qu'elles no se soient imposées, pour conserver les ninu

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bres soaffranis de Jésus-Chrisf, soil dans les hospices, soit dans les charités.

Ces privations étaient grandes cependant : |)lus d une fois» après avoir servi leurs pauires» il ne leur restait rien pour ellescutaies : < Souvent» > nous a dit une pauvre femme qui était attachée à In maison de M&con en qualité de fille de ()eine» « quand nos pauvres étaient servis» il ne restait rien poar le diner des sœurs» pas même du pain. » La Hère de Ligoj, religieuse de la même maison» qui avait eu le bonheur de voir H. Agttt et d*étre guérie par lui, touchée des besoins de ses incurableSf avait le courage ii*aller à pied dans la mauvaise saison, solliciter la pitié d'un de ses parents qui demeurait dans une campagne voisine. Un jour» k peine fut-elle rentrée qu'une fluxion de jjoitrine se déclara ; il ne restait dans la maison qu'une fiole de sirop» on la destinait i la fénérable Mère» mais elle protesta qu'elle n'y toucherait qu'autant qu un des l^avres, qui était malade en ce moment» la IJtrtagerait avec elle.

Dieu bénit l'abnégation» le zè'e et la tendre charité de ses fidèles servantes ; la maison mère de MAcon fiit un asile où se réfu{^iaieni TéTèque du diocèse et plusieurs religieuses chassées de leurs cloîtres. Mgr Gabriel - Fraoçois Moreau y passa dans le secret tous les jours mauvais de la révolution. Ce prélat fut assez heureux pour rester ainsi constamment au milieu même de son troupeau, et il put y faire quelques ordinations. C^est flans cette retraite que la voix du chef de TEglise vint le chercher» pour renouer la chaîne si tristement interrompue de nos érèques d'Auiun. Ko 1803, immédiatement après le concordat» le Souverain Pontife Pie VII le nomma à TévAché d'Autun dont il prit possession te 30 mai de la même année. Il vint dans sa nouvelle ville épiscopale ao mois de juillet, se rendit peu de temps sKès k Mâcon elv mourut le 8 septembre 1802 k rage de 82 ans. Ce doux et pieux }K>ntife avait connu pendant quinze ans le vénérable fondateur de la congrégation; il avaitsu apprécier ses vertus apostoliques et sa lainteté; il avait voulu honorer de .sa pré- Keoee les obsèoues du serviteur de Dieu, qoi» en fondant la maison de MAcon, préparait providentiellement un asile à son évoque pour le temps de la persécution, conservait dans ces jours diiBciles le pasteur à 8on troupeau et resserrait de plus en plus les liens qui unissaient ses Filles de la Congrégation du Saint-Sacrement è l'évèque de MAcon leur supérieur général. C'est au milieu d'elles que Mgr Moreau avait passé les années de sa vieiltosse et de ses épreuves; ce fut au milieu d'elles, qu'il voulut rendre ^D âme k Dieu. Elles reçurent sa dernière bénédiction, son dernier soupir» et déposèrent s^$ restes vénérés auprès de leur pieux fondateur, et de M. deSigorne un de leurs supérieurs ecclésiastiques.

Cependant Thumble Congrégation conserva

Tesprii de son fondateur. Mgr d'Héricourt»

heureux de {losséder dans son diocèse un

institutappeléàseconder sa charité et son zèle apostolique» voulut avoir dans sa ville épiscopale la maison mère qu'il y transporta» comme nous l'avons dit, en 1836» et jugea h propos de coordonner les règles du vénérable M. Agut. Ellei ne vou$ soni point in-connueif noi chirei Fillè»^ disait-il auxsœurs dans le Mandement qu'il leur adressa à cette fin» ce n\êt pa$ un joug nouveau que noue vouê impoiom : déjà depuii longtemps^ voue aimex à incliner votre cœur à leur o6servanca. Ce Mont pretque en entier celles que voue donna voire pieux fondateur. Par la lecture asêidue que nous en avoM faite^ nous avons cherché à les reprodiUre autant qu'il était possible. Le Seigneur avait béni son œuvre et répandu sur elle ses grâces spéciales aux âmes dont la piété ne se ralentit pas. La congrégation avait vu s'accroître ses établisse • ments et ses membfest de là quelaues légères modifications étaient devenues indispensables ^ nous avons cherché à les régler sur les 6fsojns généraux de Vordre.... Notre intention a donc été de rendre V édition plus complète et le plan plus régulier... Après avoir recommandé aux Sœurs du Saint-Sacrement, ca Recueil de leurs saintes Règles qu'il leur donne» et dont elles graveront affectueusement les préceptes et les conseils» au plus intime de leurs cœurs : A Dieu ne plaise^ ajoute-t-il, que nous ayons la crainte de ne pas voir celles-ci affectueusement observées! te passé nous est garant de l'avenir.

En effet» il portait à sa chère Congrégation le plus tendre intérêt, et ses filles aiment k regarder comme leur second Père ce saint évêque, de si pieuse mémoire; il avait voulu avoir constamment près de lui dans sa dernière maladie une oe nos Mères assistantes» morte plus tard en odeur de sainteté. Dieu permit qu'il confirma, avant de quitter la terre» cette parole adressée k ses rilles : le passé nous est un garant de l'avenir , Autour de son lit de mort étaient agenouillés la révérende Mère générale et (quatre prêtres. Ordeux d'entre eux» le supérieur et l'aumênier étaient les témoins de ce ()assé» les deux autres qui ignoraient les desseins de Dieu, étaient ceux que la Providence destinait k l'être de revenir.

Mgr Moreau avait béni la Congrégation en mourant. Mgr d'Héricourt en cette circonstance solennelle la bénit encore dans la personne de la révérende Mère générale et dans la personne des ecclésiastiques appelés k seconder son zèle.

L'institutse développa de plus en plus; il continue k se dilater, soutenu comme ill'est par notre vénéré pontife» Mgr de Marguerye, qui a reçu la Congrégation comme l'héritage particulièrement aimé de son saint prédécesseur. Le nombre actuel des établissements dépasse cinquante; ils sont répandus dans le diocèse de Lyon, de Grenoble» du Puy, de Rodez» do Ne vers» de Saint-Claude« de Saint- Flour» de Clermont» etc.; celui d'Autun en compte k lui seul plus de trente. Chaque maison doit renfermer au moins trois ou

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(luatre religieuses. Elles sont au nombre d'environ cinq cents pour tout Tinslitut.

Les sœurs se dévouent au soin des malades, des pauvres cl des enfants. Hospitalières, elles dirigent des providences, des hospices, des maisons de charité. Elles ambitionnent avant tout le soin des incurables: ce fut la première pensée de leur saint fondateur, et la jiremière maison, la Providence deMAconestun hospice d'incurables. Depuis la translation du chef-lieu d*ordre à Autun, elles appelaient de tous leurs vœux le temps où il leur serait donné de former en cette ville un établissement destiné à cette fin. C'est pour y parvenir qu'elles construisent en ce moment une vastemaison où Dieu leur permettra bienlôit, elles Tespèrenl, de voir leurs désirs se réaliser. Institutrices, elles ontdes externats gratuitsel|)ayants;elles dirigent des salles d'asile, des pensionnats.

Le noviciat dure au moins dix-huit mois sanscomjUer le temps du postulat. Il est élabli dans la maison mère à Autun. C'est là que doivent se rendre toutes les prétendantes pour s^y formera l'esprit religieux que \q vénérable fondateur a cherché à inspirer à ses Filles.

Les religieuses se divisent en sœurs de chœur et en sœurs converses. Les prétendantes qui auraient été au service, ne peuvent point être admises parmi les sœurs de chœur.

Les sœurs s'engagent par les trois vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. En vertu du vœu de pauvreté, elles ne se dépouillent pas de la propriété de leurs. capitaux ou de leurs rentes, mais elles ne doivent pas eu user comme leur étant propre et n'en disposent qu'avec l'autorisation de leur supérieure. Ces vœux ne sont qu'anauels. Ils doivent être renouvelés chaque année. Quand les sœurs ont atteint l'âge do trente ans, après dix ansde profession, elles peuvent être admises à émettre les mêmes vœux à perpétuité. La Congrégation se compose doui: de sœurs de deux degrés, de celles dos vœux annuels et de celles des vœux jjerpétuels.

Les supérieures locales peuvent être choisies indistinctement parmi les unes et les autres; mais les charges supérieures établies pour veiller aux intérêts généraux de l'insiitul doivent être remplies pardessœurs du second degré.

Le premier supérieur de la Congrégation est Mgr l'évêque d'Autun, qui la gouverne par lui-même ou parson délégué. Les sœurs, soumises du reste en lout, comme les autres fidèles aux ordinaires des diocèses qu'elles habileni,et vivant comme religieuses sous leur dépendance spéciale, reconnaissent sa juridiction.

Une supérieure générale régit l'institut selon les Règles et les Constitutions; elle nomme à tous les emplois ; toutes les sœurs lui ont promis pleine et entière soumission. Elle doit être réélue tous les six ans à la plura-

(1) Voij. à la lin (lu vol., !!«• 11\, 3^2.

lité de% suffrages par toutes les supérieures locales et par toutes les sœurs des vœux perpétuels; car ces deux sortes de religieuses composent son grand conseil , ou le chapitre général. La supérieure générale le réunit tousies trois ans dans la maison mère u Autun, où elle-même est tenue de résider. Elle a en outre pour Taider dans son administration son conseil» corn posé de (fe«x assistantes, de la Mère des novices, de la proruratrice générale et de quelques conseillères. Le gouvernement de la sujiérieure générale peut se prolonger indénniment.

Seulement il doit être soumis aux éleclioas voulues par les Règles.

Le costume des sœurs sera suSsammenl indiqué par les modèles dont l'un présente une religieuse de chœur et l'autre une sœur converse. Il consiste en une robe d'escot noir et tablier de même étoffe, une guimpe blanche de calicot en façon de |>èlerine, et un voile noir en étamine. Uneçanse noire soutient sur la poitrine une croix de cuivre doré. Le costume des novicesest absolument le même que celui des reli{[ieuses, sauf la croix qu'elles reçoivent le jour de leur profession, et le voile noir qui est remplacé par le voile blanc. (1)

Les Règles et Constitutions des sowirs du Très- Saint-Sacrement sont en général les mêmes que celles des autres instituts voués comme elles au soin des nauvres et des enfants. Toutefois, nous observerons que le vénérable M. Agut, qui fut jusqu'à ses dernières années aumônier et directeur des Carmélites de Mûcon, étant profondémenl imbu de l'esprit de sainte Thérèse, imprima à son OEuvre un caractère spécial d'énergie et de simplicité; il s'efforça de commonitpjer à l'institut naissant l'esprit intérieur qui animait sa chère communaaié du mont Carrael. L'impulsion du pieux directeur et la vraie affection qui unissait entre elles les Filles de sainte Thérèse et celles de M. Agut contribuèrent puissamment à le soutenir et à le développer. Chaque point de ses Règles, et plus encore chaque ligne (\qs instructions qu'il a laissées, prouvent jusqu'à révidence que son intention étaitque son institut fût comme un eorp«Mtjr^equioffrft

tout à ia fois dans chacun de ses membres, l'activité de Marthe et le repos de Marie, il voulut que ses Filles joignissent aux Iravaoi si multipliés de la charité la perfection des vertus du clottre.

SACREMENT (Religieuses iNSXiTtTBicJS bt

HOSPITALIÈRES DE LA CONaR^GATlOX if^

TRÈS-SAINT-) diloman* (Dr^me).

mais aveuglée par l'hérésie, il avait de bonne heure conçu le dessein de se consacrer tôt pénibles travaux de l'apostolat, el ses»*' renls lui avaient ménagé un accueil »^®'

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nUe auprès d« «eux qui devaient TinUier aax secreis de la parole de Dieu*

Honlé sur un cheval , il traversait les frooiières du royaume quand tout à coup il «perçoit» fc auelqueit pas de lui| un praire qui portait le saint viatique à un malade de la eampague. Sa première pensée fut un sarcssoie, son premier sijjne un mouvement tl« pitié. Il s'avance hardiment comme pour braver la présence des saints mystères ; on le prie de s*arr6ter, il sourit; on insiste , il s'irrite; aussitôt son cheval s*abbat et le jeane calviniste étendu par terre est subi- (enieot frappé de terreur. Nouveau Seul, il entend la voix de la grAce » une transformation générale s*opère dans toutes ses idées» il ne se reconnaît plus. Revenu è lui peu à peu» il remonte a cheval, rentre en France et se dirige vers le séminaire de Viviers o&qaelque temps après il abjure ses erreurs, et commence ses études ecclésias* tiqaes, malgré ses parents qui font de vains eacrts pour l'en détourner.

Une fiareille vocation présageait un heureux sacerdoce. M. Vi((ne» c'était le nom du néophyte, n'y fut point infidèle. A peine ses cours de théologie furent-ils achevés qu'il se consacra avec un zèle sans bornes, au salut des Ames. Dieu bénit ses efforts et donna en sa personne un infatigable et saint missionnaire à l'Eglise de France.

Noire dessain n'est pas de raconter ici les travaux de H. Vigne. Sa vie nous offrirait sans doute bien des détails intéressants ; mais nous les renvoyons A l'histoire du diocèse de Valence auquel ce vénérable prélat a appartenu par son cœur et son aposlolat. Nous voulons seulement parler de sa Con^gation dont il est le fondateur et qui mérite de trouver place dans l'histoire de celles qui honorent le xix' siècle.

Avant de se livrer aux missions , H. Vigne retiré pendant quelque temps à Boussieuzie-Roi» i^etit village du Vivarais, y avait trouvé plusieurs (personnes vertueuses et libres qui ne soupiraient qu'après le moment de filtre quelque chose de glorieux à Dieu et d'utile au prochain. Instruit de leur dessein et heureux de pouvoir le seconder, il les réunit dans une maison qu'il fil construire à ses frais, leur prodigua ses conseils €i ses encouragements, et eut bientôt la con- Mtaiion de les voir familiarisées avec la pratique de toutes les vertus. Jaloux alors d'assurer leur persévérance, il leur traça un règlement de vie et en forma une congregsiion è laquelle il donna le nom de Jle- Ugieuiti du Triê'SaitU-SQcremeni.

Ce fut le 30 novembre de l'année 1715 que l'habit de religion fut donné aux premières soeurs qui» sous la conduite de M. 2 l^ne, jetèrent les fondements de ce pieux édifice. Biles n'étaient encore au'au nombre ^^.sapt. Elles n'avaient point cl'oratoire puplie dans leur communauté et se rendaient Al église paroissiale les jours d'opuvre et le dimanche. Mais en 1722 le fondateur bénit Koe chapelle oui leur fut destinée. Bient6t ^n grand nombre de personnes pieuses, at«

tirées par la nonne odeur de leurs vertus, se joignirent à elles et furent reçues dans la nouvelle Congrégation. M. Vigne ne voulu! pas cju'ellesfussent cloîtrées, parce qu'il les destinait à l'éducation des jeunes filles de Boussieux et des villages voisins.

Telle fut leur unique occupation dans le principe. Plus lard, elles y ajoutèrent le service des pauvres malades dans les hôpitaux que Ton s'empressa de leur confier.

Soutenues par le zèle de leur pieux fondateur et encouragées par l'heureux succès de leurs efforts, les Religieuses du Saint- Sacrement virent se mulliplier peu à peu leurs établissements dans le Vivaraiset les pays limitrophes. Elles furent autorisées par lettres patentes de Louis XVI, en 1787, pour le service des hospices et l'instruction des jeunes personnes.

Mais la révolution française, en détruisant toutes les corporations religieuses, n^épar* gna pas celle du Très-Saint-Sacrement. Iab. Filles de M. Vigne furent bientôt dispersées^ on vendit leurs biens, on les chassa de Boussieux et des différentes maisons qu'elles diriseaient avec tant de dévouement; on leur suDslilua des mercenaires qui, en leur succédant, ne purent jamais les remplacer.

Quelques-unes d'entre elles seulement furent maintenues dans un petit nombre d'hospices, où elles eurent à subir mille avanies qui n'eurent d'autre résultat que d'activer leur zèle et de rendre plus méritoire leur pieux dévouement. Ce fut è l'aide de ces premiers débris que l'édifice put être relevé après la tempête. Il ne fallait que les réunir et former de nouveau les nœuds qui les avaient liés jusqu'alors. Un respectable magistrat conçut ce dessein et fut assez heureux pour le réaliser. Nous devons dire son nom avec reconnaissance. Ce fut M. Marie Descorches , préfet du déparlement de la Drôme.

Sensible au malheur d'un grand nombre de pauvres qui souffraient et gémissaient sans conjolalions dans toute l'étendue du département, il résolut de rétablir è leur faveur la congrégation fondée par M. Vigne, communiqua ce projet à l'empereur et en poursuivit la réalisalion avec autant de zèle que de persévérance. Enfin ses vœux furent entendus et exaucés par un décret impérial du 11 thermidor, an XII de la république.

La maison de Saint-Jubl, à Romans, an«> ^cienne abbaye des religieuses de ce nom avant les troubles révolutionnaires, était le seul édifice national propre h celle destination, qui restAl disponible dans le déparlement. Ce décret ralTecta aux religieuses du Saint-Sacrement, qui s'y réunirent en 18M. Le zèle et le courage de ces vertueuses filles firent tout le reste. La Providence les en récompensa, leur confiance en Dieu soutient leur bonne volonté, et il en fallait beaucoup pour surmonter toutes les difficultés d'un

Eremier établissement dans une maison elle, vastet mais entièrement délabrée, et qui , depuis un certain temps , n'avait servi que de caserne de secours. Bientôt elle

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fiit réparée et offrit dans tous ses détails te tableau le plus satisfaisant comme le pins agréable d^ordre, de bonne tenue» en un mol, (Je communauté organisée de manière è justifier toutes les esnerances et è garantir tous les succès qu'on oevait en attendre.

La supérieure, femme de grand mérite et d*une vertu éprouvée, eut bientôt rallié auprès d*el!e toutes les sœurs qui restaient encore et qui se bâtèrent de venir partager ses travaux. Elle jugea avec raison que la tète et le cœur de la Congrégation devant être h Saint-Just, de leur vigueur et de leur santé dépendaient le sort de la Congrégation tout entière et tous leurs intérêts unis aux siens. File crut donc sagement devoir subordonner toutes les considérations à la plus essentielle de toutes, qui était de bien constituer avant tout la maiion mire. C*est pourquoi elle mît è contribution toutes les ressources dont il lui fut possible de disposer. Plusieurs classes furent ouvertes, les jeunes sœurs s'y exercèrent è renseignement, et toutes les dispositions furent prises pour préparer aux écoles et aux hôpitaux du département des maîtresses instruites et des directrices dévouées.

Aussitôt M. Descorches en donna avis, par une lettre circulaire, aux sous-préfets, aux maires et aux membres descommissions administratives des hospices et des bureaux de charité de la Drôme. Cette lettre est datée du 27 juillet 1806. Il avait différé jusqu'alors de leur notifier le rétablissement de la congrégation, parce qu'il voulut attendre qu'elle eût pris assez de consistance pour leur annoncer le bien qu'elle était en état de faire et leur en montrer l'utilité, non comme un projet en perspective, mais comme une réalité dont il ne s'agissait plus que de favoriser le développement.

Après quelques détails historiques sur l'origine de la Congrégation et la manière dont elle s'est fixée à Romans, le préfet exposa le but que l'empereur s*était proposé en approuvant son rétablissement. Ce but était, ait-il, la formation de sujets pour le service des hôpitaux, pour Tadministration de secours à domicile et pour la tenue des petites écoles.

Voici comment il s'exprime sur le premier article: Chacun sait combien les ioins de$ femmes sont précieux pour les malades^ les infirmes et les enfants; combien il y a de consolations, pour celui qui souffre^ dans l(h douceur de leur langage et de leurs manières, dans Padresse de leurs mouvements^ dans la sensibilité prompte, active de leur âme naturellement bienfaisante : combien ces soins repoussés par tant de dégoûts gagnent encore à être inspirés par les sentiments religieux, par la ferveur d*une vocation vraiment chré' tienne, par le témoignage d'une conscience bien pénétrée de cette vérité que Dieu présent partout, juge supérieur de toutes les actions des hommes, mime de leurs plus secrètes petisées, pèse sans cesse dans les balances de sa Justice leurs œuvres et leurs intentions, et ré- Serve des récompenses éternelles à celles qui

auroni été méritoires devant lui et eon/bmei à son précepte: c Aimex-i^aus les tmi /eian* ires. {Joan. xiii, 3&, etaiibi.)9LaehariUfutt est et sera toujours et partout Aiimaiii«miii/, moralement et chrétiennement regardée tfnmt la première de toutes les vertus.

Nous applaudissons à ce noble langap, il honore autant le souvenir de celai qui Ta fait entendre que la religion qui Ta inspiré.

M. Descorches justifie ensuite l'établissement de la maison mère dans l'ancienne abbaye de Saint-Just par diverses considérations pleines de sens et d'k-propos; elles regardent principalement la formation du noviciat, l'esprit général de la congrégation et Tinstrurtion théorique et pratique des jeunes hospitalières. Parlant ensuite des secours à domicile, il dit qiie Temperear a voulu que la maison de Saint-Just devint comme une succursale de celle des tours dites de la Charité, ti qu'il Ta chargée, en conséquence, de combiner son organisation de manière à rendre l'instruction des religieuses appropriée è ce genre de service.

Enfin il insiste, en particulier, sor les avantages que recueillera le département de la création des petites écoles pour les filles, et il termine en disant; « Puissions-nous voir bientôt une de ces écoles , attachée k chaque bureau central , établie dans chaque bourg et village. C'est un vœu dont notre cœur ne peut se défendre. »

Il exhorte ensuite les sous-préfets, maires et administrateurs de toutes les communes à encourager l'institution des Sœurî< du Saint-Sacrement, è la faire connaître, k Useconder dans sa marche et ses progrès, et leur recommande de procurer des novices h la maison mère, en s'associant pour cette bonne œuvre tous les prêtres de leur connaissance qui, sans doute, prêteront è leurs efforts un concours empressé.

Cette circulaire fut accueillie partout avec un plaisir et réhabilita pleinement ITïumWe Congrégation du Saint-Sacrement. Mme Kfnott, qui en était alors supérieure, vit amver an près d'elle de nombreuses prétendantes et favorisa de tout son pouvoir les généreui désirs de M, le préfet. Celui-ci, k son tour. fut secondé par Mgr Bécherel, évêque de Valence, qui, en 1807, adressa de pressantes recommandations au clergé de «^D fiiocese^ En, " ' ■ . -. -'-^

accroissements,

où l'avait fixé»» .^ .-*.^.^- .

partie de l'ancienne abbaye avait étéaner|<* au logement de gendarmerie.^Elle futreoet aux religieuses par ordonnance de l^'* XVIll, le 13 mars 1816.

Le gouvernement avait approuté, !">'' ans auparavant, les Statuts de ta Coogré^'^" tion présentés |mr M. Bécherel. Ces sw*«« modifiaient, en quelques points, l«r-' donnée par M. Vigne, mais ils ne \^^^^' saient pas, car elle avait para ipB"'"*^; sage à tous ceux qui l'avaient examinée, i^ changements qu'on luiavaitfaitsobira»»'^donc uniquement pour objet divers o^^î

Rcommandations au clergé de son diocèse. :n peu d'années, la Congrégation prit de le» ccrolssemenls, qu'il fallut agrandir le »y" ù l'avait fixée le décret deTanXIlln*

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DES ORDRES RELIGIEUX

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intfoduils par les supérieurs et surtout les ttOUTeaox eraplois actoptés par la Congrégation. Mgr Bécnerel, après ravoir ainsi tnoiltfiée« la rendil obligatoire en 1813, et Mgr de la Toarelte l'approuva et la confirma de nouveau en 18S3y ordonnant h toutes les sœurs de s*jr conformer, oorome étant k Ta venir le

Crincif)al objet de leur vœu d*obéissance. II \ur permit, en outre, de la faire imprimer afin que foutes pussent la lire et Tétudier plus facilement.

Ce Recueil des Règles et Constitutions des Religieuses du Saint-Sacrement n*a pas été réimprimé depuis 1823. Le respect que ces pieuses hospitalières ont conservé pour la mémoire de leur vénérable fondateur, a suffi pour les préserver de l'inconstance et les rendre fidèles à tous leurs devoirs. Un seul changement a été ordonné, en 18il5, par Mgr Chatrousse, évéque de Valence; jus* qiralors les sœurs n'avaient fait, en entrant dans la Congrégation, aue les trois vœux simples de chasteté, d'obéissance et de stabilité. Mgr a cru devoir y ajouler ct*lui de pauvreté. C'est un surcroît de mérites pour ces pieuses Filles, qui l'ont accueilli avec d'autant plus d'empressement que déjà elles pratiquaient cette vertu si nécessaire à l'état religieux, sans y être astreintes )iar aucun engagement. Il va sans dire gue la Congrégation est entièrement soumise pour le spirituel et le temporel à l'autorité de l'évèque de Valence, qui la gouverne par luî-mème ou par nn de ses vicaires généraux.

La première partie du Recueil a pour objet les motifs et les moyens de sanctifier les diverses actions de la journée. On y traite do réveil, du lever, de la méditation, de la sainte Messe, du travail, des repas, des récréations, de rOffice et autres exercices de piété. Dans la seconde partie on pro^>ose des pratiques pour chaque jour de la semaine et des exercices pour le mois et pour l'année. La troisième partie renferme les constitutions proprement dites. Elle se divise en trois sections : la première règle les rapports des religieuses entre elles et le rang que chacun doit occuper. Dans la seconde on indique les qualités nécessaires pour ôtre reçu dans la Congrégation. Les prétendantes doivent être nées d'un mariage légitime et de parents honnêtes, avoir toujours vécu d'une manière édifiante, jouir d'une bonne santé et posséder un jugement droit et de l'aptitade pour les fonctions de Tétat religieux. On ne reçoit point les personnes qui seraient encore nécessaires kleurlamilleouqui n'ont pas atteint Tâge de seize ans. Le noviciat dore une année sans interruption. Six mois après la réception des prétendantes dans l'établissement, la supérieure assemble le chapitre et prend des informations sur les novices qui sont renvoyées si on les juge incapables, et continuent leurs épreuves si elles réunissent en leur faveur au moins la moitié des voix. Le chapitre se réunit encore un jDois avant la On du noviciat et décide sur leur admission définitive qui est suivie de la

profession religieuse entre les mains de l'évèque ou de son délégué.

La troisième section prescrit des règles particulières pour les omcières de la congrégation.

La supérieure doit donner à ses sœurs l'exemple de toutes les vertus, elle doit réunir son conseil nne fois par semaine iiour traiter de tout ce qui se passe dans l'établissement. Les délibérations importantes sont précédées de la prière et d'un quart d'heure de méditation.

L'oaiiflonie doit aider la supérieure dans tout ce qui concerne la conduite extérieure de la communauté.

La maUresie de$ navicee est chargée de la conduite spirituelle des prétendantes.

L'économe administre les biens temporels de la congrégation sous la surveillance de la supérieure à qui elle doit soumettre ses comptes tous les trois mois.

Vadmonitrice est établie pour avertir la su|[>érieure de ses défauts et recevoir les plaintes de la communautés

Les canaet//èref doivent délibérer avec la supérieure de tout ce qui a rapport à l'administration de la maison mère et des établissements qui en dépendent.

Les maUresseêdespenaionnairet sonlchar-

!;ées de Tinstruction des jeunes filles et de a direction des classes.

Enfin, l'infirmière, la sacristine, la portière, etc., ont chacune des devoirs respectifs qu'elles doivent connaître en détail et remplir avec édiQcation.

Les élections peuvent se faire en tout temps, selon le bon plaisir de l'évèque et les besoins de la Congrégation. Elles ont lieu, d'ordinaire, tous les trois ans.

Cinq jours avant l'élection de la supérieure, révèque ou le Père spirituel de l'établissement réunit toutes les sœurs professes dans la chapelle. Il s'assied devant lautcl, les sœurs demeurent debout adroite etè gauche, et la supérieure se met à genoux au milieu d'elles et se démet de .^es fonc* tions en s'accusantdes fautes qu'elle a commises depuis son élection. La démission est acceptée, le Père spirituel remet la conduite de sa communauté à l'assistante et la 8U|)érieure prend le rang de sa profession. La cérémonie se termine par le Yenif Creaiar^ afin d*implorer les lumières du Saint-Esprit pour l'élection prochaine d'une nouvelle supé* rieure.

Au jour fixé, le chapitre se réunit, il est formé de toutes les sœurs en grade de la maison mère, et de toutes les supérieures locales des établissements qui dépendent de la Congrégation, et qui ont au muins trois sœurs. Une secrétaire est nommée pour recevoir les scrutins qui sont dépouillés par le Père spirituel, et celle qui a recueilli le plus de voix est proclamée supérieure. Aussitét, elle se met a senoux devant l'autel , fait sa profession de foi et accepte humblement sa charge qui lui est dévolue, sans qu'il lui soit permis ni de refuser , ni de s'excuser pour aucune raison. Ensuite elle va s'asseoir

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OICTIOMNAIRB

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h sà place t el louies les sœurs viennent , Tune après Tautre, lui baiser la Diaiu en s*aeenodillant devant elle

On ne peut élire pour supérieure que celle qui a au moins huit ans de profession et qui a d4jà atteint sa trentième année.

C*est à elle k proposer ensuite son assistante et ses conseillères qui doivent être agréées par le chapitre k la pluralité des voix; pour les autres officières» la supérieure les nomme et les révoque à son gré.

Les Religieuses du Saint-Sacrement sont vêtues d*un habit d'étoffé commun, sans taille, à manches simples, d'une largeur médiocre et dont la longueur s'étend jusqu'au bout des doiçts; elles portent sur la tète un voile d*étamine de même couleur, et sur la poitrine une guimpe blanche dont les deux bouts sont attachés aerrière les épauler; un cruciflx est suspendu à leur cou et un chapelet noir à leur ceinture. (1)

La Congrégation est composée actuellement de deux cent cinquante-quatre religieuses , tant professes que converses. Elle possède Quarante-trois établissements répandus dans les diocèses de Valence, de Viviers, d'Avignon et de Nimes.

Mémoirti envoyée de Romans , par M.

Vabbi *»*. B-D-E.

SACREMENT (Soctir* du TRÈS SAINT).

S L — Son origine,

La Société du Très-Sainl-Sacrement , encouragée d'abord par Sa Sainteté Pie IX le 27 août 1855, a été fondée à Paris, rue d'Enfer, lit, avec l'approbation de Mgr Sibour, archevêque de Paris, le 13 mai 1856, et a fait sa première exposition le 6 janvier 1857» fête de l'Epiphanie.

S IL — Son but.

La Société se consacre et se dévoue tout entière par les trois vœux : 1* au service et au culte de Notre-Sei^neur Jésus^Christ dans la sainte Eucharistie et exposé solennellement sur l'autel , dans l'exercice perpétuel de l'adoration, de l'action de grâce, de la réparation et de la supplication pour la conversion du monde et le règne eucharistique de Jésus-Christ. S* La Société unit la vie active k la vie contemplative; son apostolat se borne k la sainte Eucharistie, k nourrir la foi, la dévotion et l'amour des fidèles envers le très-saint Sacrement; ses œuvres principales sont : 1* les retraites intérieures en faveur des prêtres surtout, les retraites de première communion, des associations d'adoration établies dans les paroisses, les retraites ecclésiastiques et religieuses ; 3* l'œuvre des premières communions des adultes , dont le but est de rechercher les hommes qui n'ont pas encore fait leur première communion, de les instruire de la doctrine catholique» de les préparer k recevoir ce grand sacrement; 3* la prédication des quarante heures dans les paroisses. A ces œuvres de zèle eucharistique, la Société joint une œuvre de travail, rcjEuvre di'S tabernacles. Ses membres ar-

tistes, chacun selon son talent , travaillent aux objets nécessaires au culte dit in , tels que tableaux, statues, autels, chandelien, etc., en faveur des églises pauvres. La devise de la société est celle-ci : Tout pour l'amour et la gloire de Notre-Seigoeur Jésus -Christ au très -saint Sacremeot de l'autel.

S m. — Dei memftref.

La Société admet dans son sein deux sones de membres : les prêtres et les laïques, vivant tous sous la même Règle et avec les exercices communs.

Les membres se divisent en trois classes : les religieux contemplatifs, les religieux contemplatifs et actifs , les agrégés

1* Les religieux contemplatifs sont exclusivement consacrés au service eucharistique de l'exposition du très-saint Sacremeot; 2* les religieux contemplatifs et actifs joignent k la contemplation le saint ministère eucharistique; 3* les agrégés sont les membres prêtres ou laïques, qui, ne pouvant suivre toute la Règle, forment le tiers ordre du Très-Saiut-Sacrement.

§ IV. -— ZHi noviciat ei des tmux.

V Le noviciat est de dix-huit mois ; les six premiers mois forment le temps du pos* tulat ou de la première probation; S* les vœux sont d'abord temporaires» de trois ans, avant d'être perpétuels.

(V. — De la vie commune.

1* Les exercices spirituels de la journée se font en commun et devant le très-iaint Sacrement; 3* l'Office divin est récité ea chœur; 3* chaque religieux a sa cellule; V les adorateurs, outre l'adoration du jour» font encore une heure d'adoi'atioii dans la nuit.

S VL — De resprit de la Soaété,

L'esprit propre qui doit distinguer la So« ciété du Très-Saint-Sacrement et devenir la règle et former le caractère de la sainteté de ses eufants doit être comme celui de soa divin Maître.

1* Un esprit d'amour tout dévoué au service etk la gloire de Notre -Seigneur Jésos- Christ au très-saint Sacrement. — U sar< vice eucharistique de Jésus-Christ doit être la fin de tous leurs travaux, de leur piété, de leurs vertus et des plus grands sacrificH; car ce n'est que pour le servir iiar Tbouimage et le sacrifice de tout leur être qu'iU ont été reçus dans la religion ;

9* Un esprit de vérité. — La vérité doit être la loi souveraine de leur parole, la règle invariable de leur couduîte. Us reoon* ceront volontiers k tout avantage leoperelt k toute œuvre , quelque boane qu'elle paraisse, mais qui ne seraient pas selon la vérité. Us éviteront donc comme un op* probre toute conduite dissimulée ou servife, inditfne d'un serviteur de JésA-ChrisI, rar il a dit : Je suis la vérité, je suis veau dans le monde pour lui rendre témoignage.

3* Uu esjTit de liberté en Jésus-Cbrbt-

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DES ORDRES RELIGIEUX

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Us religieux da Très-Saint-Sacrement mettront leur gloire dans la vie simple et corotDOoe avec leur divin Maître; c*est pourquoi ils ne solliciteront aucun privilège, ni ne jooiroDt d'aucun. Ils ne demanderont aucune faveur des supérieurs ecclésiastiques 00 civils. Ils ne rechercheront aucune proteciioo humaine dans toutes leurs entreprises ou dans leurs besoins, mais ils se confieront en la bonté de Jésus-Christ qui ne learfera jamais défaut, s'ils mettent en loi seul toute leur confiance. Jésus-Christ a dit : c Celui qui me sert , mon Père Thonoffra. »

SAGESSE (CONGBfiOATIOH DES FiLLBS DE LA),

maiion mère à Saint-Laureni iur Sivret.

(Vtniée)

Le premier et principal instrument que la Providence mit entre les mains du vénérable Montforl pour établir cette Œuvre UV bord bien petite, mais qui devait plus tard prendre un si merveilleux développement, fut une demoiselle de Poitiers» Marie-Louise Tricbet, dont nous allons raconter la vie.

MBrie-Lomii de Jéêui^ (ondatriee de la Congrégaiion de la Sagene.

La sœur Marie- Louise de Jésus était la troisième ttl le de M. Julien Tricbet, pro* coreur au siège présidial de Poitiers , et de Mme FranQûiiie Lecocq. £lle nai^uit en la l^aroisse de Saint-Etienne de Poitiers, le 7 mai 16U. Cétait le i" dimanche après PAqaas, jour auquel on lit à la Messe ces pa* rôles de TapAire saint Jacques, qui furent comme un pronostic heureux de la vocation (le la jeune tille : « La relision pure et sans tlche devant Dieu, notre père, est celle-ci : Tisiter les veuves et les orphelins dans leur affliction et se préserver de la souillure de ceMècle. m {Eptt. Catk., i, 37.)

Elle re^at au baptême les noms de Marie* Louise, et l'on remarquera sans doute aue ces noms étaient aussi ceux du vénérable Grignoa de Monlfort, avec lequel la Providence la mit en rapport pour Tœuvre aaioie dont ib devaient être les fondateurs.

Marie-Louise Tricbet, instruite dans la pratique des vertus chrétiennes dont elle iroavail au sein même de sa famille les meilleurs modèles, montra dès sa première enfance uue piété tout à fait extraordinaire. Cachant on esprit juste et solide sous un air modeste et réservé, elle semblait si peu soucieuse de i^arattre» aue sa mère, un peu trop prévenue contre elle, disait amèrement à son mari : « Que ferons-nous de cette fille? elle est stupide^— Non, non, lui répliquait le bon père, vous vous trompex, et Dieu fera par elle de grandes choses. »

A peine Agée de neui ans, elle s*adoniiait k 1 oraison et exerçait sur elle-même de Kraodes mortificatious. Elle touchait k sa quinzième année, lorsque le P. Montfort en* tra comme aumônier i J*b6pilal général de Poitiers. Elle se mit bientôt sous la directioD du saint prêtre, et ûl dans la perfection

chrétienne des progrès si rajiides, qu'elle

ne songea plus qu*k quitter le mon/le pour se retirer dans le cloître. Mais ses tentative.^ échouèrent devant des causes qui semblaient devoir enchaîner aussi ravenir. Et pourtant Montfort, inspiré d'en haut, l'assurait toujours qu'elle serait religieuse.

Enfin, il la m entrer k rhA|)ital, oi^ il venait de réunir, ainsi que nous l'avons raconté , une petite société composée d'une vingtaine de fliles de la maison, riches en vertus, mais toutes infirmes et disgraciées de la nature. C'est dans celte école d'humilité, de souffrances et de pauvreté, qu'il voulait former k la perfection celle sur qui plus tard tant d'antres devaient prendre modèle. Les moyens énergiques qu'il employa pour détruire en Marie-Louise tout amour de soi-même et du monde, prouvent l'estime quMI faisait d'elle. Cne vertu ordinaire n'eût pas tenu contre de semblables épreuves.

« Ma fille, » lui dit-il un jour, après l'avoir entendue en confession, « il m'est venu dans la pensée de vous faire changer d'habit. J'ai reçu dix écus d'aumênes d'une personne de piété; je veux les employer k cet usage. » Mlle Trichet comprit , par la dépense qu'on voulait fnire, que l'étoffe du nouvel habit n'était guère précieuse et aue la forme n'en serait pas non plus fort élégante; elle réfiondit avec humilité: « Je le veux bien, mais il faut que ma mère y consente. » Ce consentement obtenu, Montforl fit acheter une grosse étoffe de couleur gris cendré, et cet habit , confectionné tel qu'il se porte encore aujourd'hui, fut bénit et donné k la fervente novice avec cette pieuse exhortation : « Tenez, ma fille, prenez cet habit ; il vous gardera et vous sera d*ufi grand secours contre toutes sortes de tentations. » C'était le 2 février 1703, au jour de la fête de la Purification de la sainte Vierge. A cette livrée qu'elle ne devait plus quitter, Mlle Tricbet ajouta un nouveau témoignage de son renoncement au monde > en ak)andonnant son nom de famille

Eour prendre celui de Marie-Louise de Jésus. Ile avait alors 19 ans et demi. Mais peu k près son saint directeur, forcé d'abandonner l'bêpiul de Poitiers, laissait la pieuse file seule , k 90 ans, sans appui, exposée aux railleries de l'impiété et aux reproches de sa propre mère, qui avait tenté plusieurs fois de la détourner de sa vocation, et qui n'avait pas craint d'invoquer l'autorité épiscopale, dans les intérêts de ses vues mondaines. Et Moutfort ne léguait k celle dont il voulait faire l'instrument de ses vastes projets que cette parole presque désespérante : « Ma fille, ne sortez point de cet hôpital avant dix ans; quand rétablissement des Filles de la Sagesse ne se ferait qu au bout de ce terme. Dieu serait satisfait, et ses desseins sur vous seraient accomplis. »

En 1713, Montfort eut la consolation de la revoir un instant, et de la retrouver avec le même habit, avec les mêmes dispositions. Elle avait eu k lutter pourtant contre bien des difficultés ; les persécutions, les amertumes lie lui avaient Doint été éi*argné€S9 et

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OICTIONMIRE

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plus d*une fois il n*avait fallu rien moins que rintervention du saint évèque de Poitiers, Mgr (je la Poype de Vertrieu, pour les modérer. Muntforl profita de son passage pour affermir la pieuse Glle dans cette constance si étonnante, et pour lui donner dans la personne de Catherine Brunet, de Poitiers, une compagne qui reçut le nom de iœur de la Conception.

Depuis 1711, Montfort était Qié à la Rochelle. Ce fut alors que, trouvant dans Tamilié du prélat qui lui accordait une entière confiance tous les éléments de succès qu'exigeait son œuvre , il s'ounrit k Mgr de Cham** flour, et Pentretint du vif désir qu'il avait depuis longtemps d'établir une société de religieuses pourifu/rutre la jeunette et mêitter let pauvret. Il lui fit connaître aussi ce qu'il avait déjà commencé dans cette vue lorsqu'il hal>itait Poitiers. L'évéque, appré* ciant les eicellents résultats que pouvait

i)roduire une œuvre si sainte, engagea Montbrt h suivre ses idées, et le pressa même d'appeler h la Rochelle, pour y faire l'école aux petites filles, les deux sœurs qui étaient à Poitiers, s'offrant lui-même à faire tous les frais de l'établissement.

On lira avec plaisir la lettre que le fondateur écrivait à ce sujet :

Met chères fillet en Jétut-Chritt ^ Marie Trichet et Catherine Brunet , vive Jétut , vive la croix I

Vout n'avez pat répondu à ma dernière ; je nen tait pat la raiton. Monteigneur de la Rochelle, à qui fai plutieurt foxt parlé de vout et de not detteint^ trouve à propot que vout veniez ici pour commencer l'ouvrage tant défiré. Il a fait louer une maiton pour cet effet, en attendant l'achat et l'établittement parfait d^une autre maiton, Vout faitet^ il est vrai, de grands biens dans votre paye; mait vout en ferez de bien plut grandit dant un payt étranger, et nout remarquant que deputt Abraham jutqu'à Jétut-Chritt, et depuis Jésus-Christ jusqu'à nous^ Dieu a re* tiré de leur payt tet plut grandt tervileurt, parce que^ comme dit Notre^Seigneur méme^ personne n'ett prophète en ton payt. Je tait (fue vout aurez des difficultés à vaincre: mais tt faut qu'une entreprise aussi glorieuse à Dieu et aussi salutaire au prochain soit parsemée d'épines et de croix l Et ti on ne Aatarde quelque ehote pour Dieu , on ne fait rien de grand pour lui. Cett de la part de Monteigneur que je vout écrit.,. Tout à vout^ en Dieu teul , teul Dieu.

Les diflicultés prévues par Montfort furent grandes; en effet, il y eut d'abord opposition de la part de la mère de Marie-Louise de Jésus, puis de son directeur et du bureau de rhêpital général, dont elle était, depuis près do dix ans, l'économe habile et sûre; mais la grâce de Dieu fit disparaître successivement tous ces empêchements, et la sœur Marie-Louise de Jésus sut , avec sa corn* pagne, s'arracher aux lieux témoins de ses vertus et de \Bes oombata. Elles arrivèrent à la Rochelle en mars 1716. Il y avait juste dix ans que Montfort lui avait dit en la quit-

tant pour se rendre h Paris : • Ma fille, ne sortez point de cet hôpital avant dix ans. Quand 1 établissement des Filles delà Sagesse ne se ferait qu'au bout de ce terme. Dieu serait satisfait, et ses desseins sur vous seraient accomplis. »

A leur arrivée à la Rochelle » les deux saintes filles éprouvèrent bien des déboires: Montfort était absent; il prêchait une mission, et rien n'avait été préparé pour rece* voir celles qui accouraient à son ordre, soumises, ouéissantes; ell«^s durent loger dans une chambre offerte par une hospitalité presçiue forcée, et souffrir bientêl après de la misère et de la faim. Quand le fondateur les vit pour la première fois, il s'occupa peu de ces détails terrestres et secondaires à s^^s veux , car il ne désespéra jaoïais de la Providence. Il adressa la parole à la sœur Marie-Louise de Jésus : « C'est vous, n^a fille, » lui dit-il, «que Dieu a choisie pour être à la tête de la petite communauté qui ne fait encore que de naître... Il vous bot avoir beaucoup de fermeté ; mais la douceur doit l'emporter sur tout le reste. Vovez, ma fille, voyez cette poule qui a sous ses ailes des petits poussins; avec quelle attention elle en prend soin, avec quelle bontéella les affectionne. Eh bien l c'est ainsi que vous devez faire et vous comporter avec toutes les filles dont vous allez désormais être la mère. »

Dans celte première année, la petite société s'accrut de trois nouveaux membres, et Montfort profita du peu de loisir que lui laissaient les missions pour mettre la dernière main à la règle qu'il leur avait donnée, et surtout pour leur inculquer profonde» ment par ses discours lesprit religieui qu'elles devaient elles-mêmes transmettre è tant d'autres. C'est dans un de ces entretiens que, s'arrêtent tout i coup comme hors de lui-même et le visage tout en feu, il s'écria : « Mes filles. Dieu me fait en ce moment connaître des choses admirables : yt Tois dans les secrets dinns une pépinière de Filles de la Sagesse,» L'événement, comme on le verra, ne tarda point à vérifier cette prédiction au deik de toute espérance. Au mois d'août 1715, Montfort quitta sts ve^ tueuses filles pour ne plus les revoir; ma» il continua jusqu'à sa mort, et au milieu des fatigues de sa vie apostolique, à les diriger par d'admirables lettres où respire tout son amour pour la rraie sagesse, la »gesse de la croix. Quand il mourut, en avril 1716, cinq sœurs formaient toute la congrégation. . ,

La perte qu'elle Tenait defalrejeuu sœur Marie de Jésus dans la consternation; elle sentait mieux aue personne tout ce qm allait lui manquer désormais ; cependant ^es regrets furent adoucis par la protection pw* paternelle que Tévêque de la Rochelle éteadit sur les saintes filles , et par les preum qu'il leur en donna en achetant de ses |irOj près deniers une maison plus vaste et pi»» commode pour recevoir les bonnes religie«' ses et les enfants qui venaient à leur écve

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DES OHDRES REUGIEUX

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U nombre des jeuues ftlles qui leur étaient eoDfiies s'élevait alors à plus de (00.

Celle école» tenue arec on soin maternel, sobsislait avec un grand suceès depuis près de trois ans, quand Mme Tricbet, mère de la sœor Marie-Louise de Jésus, envovée par les administrateurs de ThApital et 1 éféque mèoie de Poitiers, arriva tout à coup k la Rochelle, et fit si bien qu'elle entraîna sa fille arec elle.

Deux dessoBors suivirent leur sapérienre ; les deux antres se retirèrent provisoirement dios leor lamille, incertaines qa*elles étaient da sort réservé h leur petite société. Tout semblait perdu, car la rentrée de sœur Ma* rie-Looise de Jésus à Tbôpital de Poitiers était bien loin de la rassurer elle-même, et de ftforiser le développement de sa congrégation, malgré les offres séduisantes qui lui étaient faites par les administrateurs de l*hospice, afin qu'elle en fit le chef-lieu de toas les autres établissements. Elle passa |Jas d'un an dans les perplexités les plus cruelles , jusqu'à ce au'nn bomme simple deoQBur,mais inspiré de Dieu, vint lui conseiller de SA fixer à Saint-Laurent-sur^Sèvre»aux lieux mêmes oik reposait le vénérable fondateur Montfort, et près de cette tombe que signalaient déjà tant de merveilles. Une visite du P. Vatel, missionnaire iissistent du P. Mulot, successeur de Mont* jbrt, acheva de déterminer la pieuse fille. U Providence se chargea de lui ménager le mojen de se transporter avec ses compagnes dans l'asile ouvert k leur saint institut, mais ce ne fut pas sans avoir à surmonter de grandes diflicultés. L'évéque de Poitiers se roouira d'abord opposé à ce projet ; puis lorsque, sor les instances réitérées des plus saints personnages, il comprit que telle était la volonté de Dieu, il donna son autorisation ; mais la bmille de la soeur Marie-Louise de Jésus, les administrateurs de l'hApital, l'Intendant même de la province, suscitèrent de uombreux obstacles qu'il fallut surmonter k force de résignation et de persévérance. En* 60, dans le oours de juin 1720, la sœur Marie-Louise de Jésus put aller occuper à Saint-Laurent une petite maison qu*y avaient achetée Mme la marquise de Bouille et M. le marquis de Magnane.

On se ferait difficilement une idée de ce qu'eurent k souffrir, au commencement, les pieuses Filles de Montfort. D*abord elles trouvèrent pour tout logement des saletas et des masures; pour tous meubles, des pliants attachés avec des sangles, sur lesquelles on jetait un chétif matelas, un drap et une couverture faite en plusieurs morceaux d'étoffes rapportés et cousus au hasard ; ces lits n'avaient pas même de rideaux; les sièges étaient de petits bancs faits en forme de tréteaux arec (M mauvaises planches et des bois de fagots fendus eu deux; des écuelles et assiettes de grosse terre, des cuillers et des fourcheUes de bois composaient le mobilier de la cuisine. La l'Iiandelie, objet de luxe apimremmeot, était remplacée nardes lamuions; un oeu d'huile

et une mèche garnissaient ces lampes grossières; quant au linge et aux provisions, il n*7 en avait point. Le cœur de Marie-Louise de Jésus se serra k la rue de tant de misère, non pas pour elle-même, mais pour les compagnes qui allaient partager ses travaux et sa Tte mortifiée; cependant elle offrit au Seigneur le sacrifice des répugnances qu'elle éprouvait, et, négligeant les soins de sa personne, elle s'occupa d'établir un petit oratoire pour la communauté. Une chambre lui offrit un humble réduit dans lequel quelques images de papier, placées avec symétrie , indignèrent seules , pendant longtemps, la destination de ces lieux consacrés a la prière. Comme si ce n'était assez des amertumes que devaient causer à la sœur Marie- Louise de Jésus la détresse et les humiliations auxquelles elle était condamnée, elle eut à éprouver dos peines plus sensibles à son cœur. Le curé doyen de Saint- Laurent, qui avait été d'abord très-favorable à ta congrégation, se laissa circonvenir par d'odieuses menées, et, malgré son caractère pieux, il derint pour la Congrégation une cause de difficultés sans cesse renaissantes que l'intervention de l'autorité épiscopale, toute bienveillante, ne parvint pas toujours h faire disparaître. Les bonnes intentions de Mme de Bouille furent aussi quelquefois la source de vives contrariétés , précisément parce qu'elles partaient d'un cœur dévoué h l'œuvre, mais qui ne pesait pas avec assez de réflexion les démarches dangereuses qu'il conseillait.

Cependant la patience et la douceur de Marie-Louise de Jésus triomphèrent de tant d'obstacles, et lorsaue, avec la permission de l'évéque de la Rochelle , elle |)ut se placer^ elle et sa communauté naissante, sous la direction du P. Mulot, le successeur et l'héritier des traditions du vénérable Montfort, elle regarda son œuvre comme agréée de Dieu et comme assurée contre les chances de l'avenir. Et pourtant ta maison sainte éprouvait encore souvent les tristes angoisses que font naître le manque de ressources et les préoccupations nécessaires de la vie matérielle. Il lui arriva même de manquer du pain de chaque jour... Mais, au milieu de ces tribulations, ta petite Congrégation se fortifiait à l'intérieur et croissait aussi au dehors. Quatre ans après son établissement à Saint-Laurent, elle comptait déjà vingt membres, et à mesure qu'elle devenait plus nombreuse, elle étendait aussi ses travaux, que Dieu bénissait |)artoul d'une façon mer* veilleuse. C*est ainsi que se succédèrent les établissements dont voici les noms : ta maison de Rennes (18 février 172i); l'hApitai Saint-Louis de la Rochelle (13 juin 1725); la maison de la Flotte, à l'Iie de Ré (SS août 1725); celles d'Bsnandes, urès de la Rochelle, de Saint-Xandre, de Doix, de la Guerche, de Rochefort, au diocèse de Vannes; l'hôpital de Niort (1729); la maison de Maubernage à Poitiers, fondée par l'initiative de Mme de Bouille et de M. de Magnani), au lieu mèmeoù le P. Montfort avait urèché^

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27 Ans auparavant, avec tant de consolations (1733); ThApital militaire d*01eron (1733); l'hdpUal de Coron (173^); la maison de THer* menaud, fondée par Mçr de Menou, évAque de la Rochelle, qui réalisait ainsi une œuvre préparée par son prédécesseur, Mgr de Branras (173!^) ; la maison d*Airvauit, de Saint- Loup, de Saint-Jean derYvcrsay: la maison de Poitiers (aux Pénitentes) (1739): la 2« maison d*Oleron; ThApital fcénéral de Poitiers (I7tô). iJi soour Marie-Louise de Jésus avait tellement compté sur cette dernière maison , lors même qu*il paraissait moins possible de se laisser aller h Fespérance» que, dans une maladie regardée comme mortelle par les médecins, elle disait : « Nod» je iren mourrai pas, car nous n*avons pas encore rhdpital de Poitiers à gouverner, et notre Père de Montfort m'a prédit qu*il me serait confié. » Ajoutons, à ce propos , que ce ne fut pas sans une vive op|>osition de la part de certains personnages élevés en dignité, ce qui permet de faire cette remarque singulière qu*en 1720 on plaçait des gardes aux portes de Thôpital pour empêcher la sœur Marie-Louise de Jésus d'en sortir» et qu*en 17U on mettait tout en mouvement pour l'empêcher d'y entrer.

Ces établissements furent suivis de ceux de Dinan , d'Ançouléme , d'Ouvillé , de la Cu^^ille (h Poitiers), de Cognac, d'Aigrefeuille.des hôpitaux de Saint- L6, de Valo-

fnes, de Carantari (1758); des lncurab>s de oitiers (15 avril 1758); c'était le cinquième dans cette ville, berceau des filles de la Sagesse. L*année suivante, les pieuses filles furent appelées h THÔtel-Dieu ae Lorient ( 3 juillet 1759).

Pour expliquer, en dehors même de Taclion providentielle de Dieu, les progrès du saint institut, il suffira de faire remarquer les soins que prenait la sœur Marie-Louise de Jésus toutes les fois qu'il s'agissait de fonder un nouvel établissement. Elle choisissait d'abord, pour les y placer, celles de ces compafçnes qui s'étaient fait distinguer par leur piété» leur exactitude et leur capacité; et, non contente de cette précaution, elle allait elle-même les installer, habitait avec elles des mois, des années entières, jusqu*k ce que, bien pénétrées de leurs devoirs, habituées à les remplir dans toute la rigueur de la Règle, elles se fussent faites au genre de vie que leur imposait leur mission sainte. Aussi n*est-il pas étonnant que la plupart des supérieures particulières qu'elle

I préposa au çouvernementdes établissements es plus éloignés se soient signalées par une aptitude rare et unie à une sainteté si grande, qu'en mourant avant leur Mêre^ elles ont glorifié son administration et proclamé sa propre sainteté.

Ce résultat si important, surtout au début d*une œuvre de cette nature, fut en ivirtie dû, il faut bien le reconnaître, aux bons exemples donués par la sœur Marie-Louise de

Jésus et à la vigilance avec laquelle le noviciat fut dirigé suivant les Règlements, sans jamais s'écarter de leurs prescriptions les plus minutieuses.

Sur ce point, la supérieure générale, si bonne, si douce et si humble, n'admettait pas qu'il fût possible de fléchir, et sa fermeté lut loulou rs inébranlable. Ainsi, quand il s*agit de diminuer de quelques instants les heures de sommeil , lorsqu'un sentiment louable de piété inspira la ^)ensée d'aiouter aux devoirs des Filles de la Sagesse l'obligation, qui eût été si douce à leur cœur, d'nonorer par l'adoration (lerpétuelle le trèssaint Sacrement des autels, la sœur Marie- Louise de Jésus opposa k son inflexible volonté de s'en tenir h la Règle dans tonte sa pureté primitive» sans en altérer le texte ou resprit.

La scBur Marie^Louise de Jésus éprouva bien quelquefois ramertume que cause h une bonne mère l'abandon de ses enfants. Au début de son établissement h Saint-Lao* rent-sur-Sèvre, elle eut bien la douleur de voir la sainte famille menacée d*on schisme; mais sa prudence , sa circonspection et si douceur arrètèreni bientôt le mal, et elle ent la consolation de voir rentrer au bercail commun les brebis momentanément égarées.

Les progrès de la Coneréjsatioo excitèrent aussi les jalousies et les naines; des dénonciations furent dirigées contre les saintes filles, qui, pouvant a peine trouver le pain quotidien, se virent néanmoins menacées de taxes ruineuses. Plus tard c'était le doc de Villeroi, seigneur de la contrée, auquel l'esprit du mal suggérait Tidée d'exiger une indemnité pécuniaire considérable; enfin c'étaient les seigneurs de Mortagne, auxquels la malice des enneonis de l'institut persuadait qu'il nuisait et attentait à leurs droits. Mais toutes ces persécotions forent vaines; la sœur Marie- Louise de Jésus? opposa son arme habituelle, la prière, et aussitôt toutes les dilRcullés disparurent ; il j eut même cela de remarquable que ces per» sécutions aboutirent k placer aoes la pro« tection spéciale du roi Louis XV l'institat des Filles de la Sagesse, qui fut afiproové par les lettres ()atente8 du ST octobre 1793(t). La douleur que ces persécutions causaient à la sœur Marie-Louise de Jésus n'était pa» la seule qui menaçât d'altérer la placidité de son âme ; elle eut k souifrir, eomaie tous les saints, des épreuves personnelles plu^ cruel les encore. Deux sœurs^ d'ua esprit difficile et pointilleux» s'imaginèreiil de persuader au supérieur général que la Msor Marie-Louise de Jésus avait fieran la pl^oi* tude de ses facultés intellectuelles, et^^ son âge la rendait impropre au rftie (rn>n< avait si dignement et si habilemenl reoi** jusqu'alors; interprétant dans an sensteajours fâcheux ses démarches les plus natorelies , ses ex|)ressions les plus simpi^^*

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(I) Les lettres patentes posiérieiires, do mars 1775, sont appuyées sur les moiifii let pKit boMn^-^ ^tir rinstitut.

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DES ORDRES RELIGIEUX

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elles étaient parvenues k produire une partie de l'effet qu'elles attendaient; mais Dieu (lermit qu'après aroir supporté avec une patience anffélique ces accusations imméritées, h sœur Marie-Louise de Jésus fût complètement justifiée aui yeux du supérieur, qui punit les coupables et regretta vivement d*iivair prêté l'oreille k leurs perfides insi* Battions.

La sœur Marier-Louise de Jésus se complaisait danscescroix, et, desquelles vinrent liai manquer, elle y pourvut en demandant à sou directeur de lui désigner iHirmi les sours une supérieure personnelle à qui elle obéirait comme À Dieu lui-même ; il lui en indiqua une en effet, et il eut soin de la choisir d'une humeur brusque, bizarre, inquiète, scrupuleuse» la plus propre eu un moi à lui faire souffrir, même involontairemeot, une sorte de martyre continuel.

Ces épreuves journalières, dont sa vertu piriaite la firent triompher sans f)eine, ne firent que mettre en relief sa résignation, soo égalité d'humeur, sa mansuétude et sa charité. Mais Dieu lui en réservait de plus pénibles, quoiqu'elles fussent moins personnelles, en lui enlevant successivement les guides sur lesquels elle avait dû compter pour la diriger dans l'ar^omplisseipent (le sou œuvre, et qui devaient supporter aiec elle le poids et les fatigues d'une vaste administration. C'est ainsi qu'elle eut î pleurer sur la tombe du P. Mulot, successeur du vénérable Montfort, et sur celle du P. Âudubon, qui avaient rempli avec zèle et •^gesse la naission si bien commencée par leur saint modèle.

D*autres tribulations l'assaillirent en même temps : elle perdit un grand nombre de ses filles en différents établissements; et si leur mort édifiante fit l'éloge de la mère qui les airaii initiées aux vertus de leur état, elle i)*en fut pas moins douloureuse pour son lœur.

Au milieu de ses douleurs, la sœur Marie- Louise de Jésus ne perdait pas de vue les nombreuses maisons confiées à ses soins, H, pour y noaintenir l'esprit qui les avait si i>ien dirigées jusqu'alors, elle résolut d'en faire une visite générale, avec l'approbation lie P. Audubon, qui vivait encore à cette époque.

fille partit au mois d'avril 1750, et visita avec de grandes fatigues tous les établissements du Poitou, de l'Aunis et de la Saintonge« au nombre de quinze. Partout elle éditia ses filles par Teiemple de sa piété si vive et si aipansive; partout elle les raffermit dans leur sainte vocation, et les ratta- ( ha plus que jamais à la Bègle dont elle proclamait les bienfaits religieux par ses exemples plus encore que par ses paroles.

On ne saurait dire tout ce que la sœur Marie-Louise de Jésus éprouva dans ce >(>yage de deux mois , fait à cheval, è traders des chemins difficiles, et qui fut pour

elle, affaiblie par l'Age, un véritable martyre.

Elle était à peine remise de ses souffrances, lorsqu'une chute fAcheuse produisit un déboîtement de l'épaule qui ne put être guéri. A dater de ce jour, lik décembre 17S8 ), la sœur Marie-Louise ae Jésus comprit que le temps de son pèlerinage ici-bas était fini, et elle se prépara par un redoublement de ferveur à la mort dont elle sentait les approches. Enfin, le 21 avril 1759, elle fut saisie d'un violent frisson et d'une fièvre dont rien ne put arrêter les progrès , et, après huit jours de souffrances, supportées avec une héroïque résignation, elle expira doucement dans les bras du Seigneur, Ju'elle avait servi sous l'habit religieux epuis cinquante-siX' ans ; elle en avait alors près ae soixante-quinze.

Cette mort arriva le 28 avril 1759, sur les huit heures du soir, quarante-huit ans après celle du vénérable de Monifort, au même mois, h la même date, à la même heure, au même lieu et dans les mêmes sentiments que son père et son modèle.

Avant de mourir, la sœur Marie-Louise de Jésus voulut transmettre à ses pieuses filles l'expression de ses dernières volontés. Voici ce testament tel qu'il fut dicté par la mourante et signé de sa main :

Teitament de la $œur Marit'-Louiêt de

Jéêui.

Au nom de Noire-Seigneur Jésus Chrisi.

Etant sur le point de rendre compte à mon Créateur de la manière dont je me suis conduite à regard des Filles de la Sagesse^ dont fai eu le bonheur de porter la première Vhabitf et vapant se vérifier clairement tout (t) ce 9ue m. de Montfort m'avait dit : que je serais un jour à la tête d'une nombreuse communauté^ et qu'on verrait dans la suite des temps une pépinière de Filles de la Sagesse^ je me crois obligée de leur reeomman^ aer à toutes^ présentes et à venir ^ de ne iicarter jamais de l'esprit primitif de notre saint fondateur^ qui est un esprit d'humilité^ de pauvreté^ de détachement^ de charité, d'union les unes avec les autres.

Je leur recommande en outre^ au nom de Nôtre-Seigneur Jésus^Christ^ d'avoir toujours . une dépendance sans réserve da la communauté établie à Scûnt-Laurent-sur-Sèvre^ de la regarder comme le chef-lieu de toute la congrégation^ ien regarder la supérieure et toutes celles qui lui succéderont en cette charge comme leur supérieure générale ;

De respecter et obéir au supérieur des Missionnaires du Saint-Esprit^ aussi fondés par M, de Montfortf et à ses successeurs dans la même placer comme celui qui leur a été donné par lui pour y gouverner généralement et maintenir la vigueur de la règle dans toute ta congrégation ; d'avoir du respect et de ta reconnaissance pour celui des missionnaires qui aura la charité de tenir la place de con^-

\l) A répoque de la monde la sœur Marie-Louise de Jésus, la Congrégation de la Sagesse deestrvalt oéjà 59 éiablisscnieiits.

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DICTIONNAIHK

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festeur aux Filles de la Sage$$e. Ce faisant , elles seconderont mes désirs ; elles feront ce que Dieu nCa fait la grâce de pratiquer pendant que fai été sur la terre^ et elles accompliront la dernière volonté d'une mère qui les a toujours aimées^ qui les aime encore et les aimera et ne les oubliera point après sa mort. Ne pouvant écrire moi-même tout au long mes susdites présentes volontés ^ à raison de ma grande faiblesse ^ je les ai fait mettre sur le papier par la scsur Honorée^ maîtresse des novices, et les ai signées de ma main. A Saint-Laurent , le 25* jour davril 1759. Marib-Louisb de Jésus I supérieure gêné" raie.

Suivant le vœu de la mourante, son confesseur donna lecture à haute voix des prefsrriptions touchantes qu*e1te laissait k ses chères filles, puis elles furent ratifiées et signées par les sœurs présentes au nom de toule la Congrégation. On peut dire que nul de ses membres n'a oublié depuis les engagements que, dans cet acte solennel, d'autres avaient pris pour eux.

Après le décès de la sainte fille, on pensa

3ue ceux qui avaient été si intimement unis ans le Seigneur pendant leur vie ne devaient point être sé[)arés par la mort; c'est ponrauoi le corps de la sœur Marie-Louise de Jésus fut placé pr^s de celui du vénérable Montfort, au milieu de la chapelle de la Sainte-Vierge.

Le concours des fidèles qui assistèrent en larmes aux funérailles de la vénérable fondatrice, l'empressement que l'on mit à se procurer quelques fragments des objets qui lui avaient appartenu, tout prouva le respect et la confiance qu'avaient inspirés ses rertus.

A la Mère Marie-Louise de Jésus , fondatrice et première supérieure de la Congrégation de la Sagesse , succéda , en 1759, la sœur Anastasie , originaire de Niort , au diocèse de Poitiers. Elle avait alors vingthuit ans de profession. Son généralat fut traversé par de nouvelles tracasseries de Ja part des ofllciers du seigneur de Mortagne ; mais elle eut la consolation de voir les affaires se terminer k l'avantage de la communauté. Ce fut de son temps, en mai 1760, que les novices commencèrent à porter le chapelet blanc. Elle fonda onze maisons nouvelles, et mourut le 31 mars 1773.

Dès 1768, c'est-è-dire au bout de ses neuf ans de généralat, elle avait été remplacée par la sœur Sainte-Claire. Celle-ci comptait alors vingt ans de religion , et, par conséquent, en avait passé neuf sous la fondatrice. Elle était précédemment supérieure à l'hôpital de Saint-L6. Elle retourna le gouverner à sa sortie de charge , et y mourut en 1800. La Congrégation obtint, sous cette supérieure (mars 1773], les lettres patentes qui lui assuraient une existence civile. Onze

(1) Loin de chercher ailleurs sa propre sûreté durant la dévasuUon et rinceadie de h coinuia* naiitét la supérieure générale ne sortit pas même de renclos, et, découverte dans son réJuil par des

nouvelles maisons furent acceptées , entre autres l'hôpital maritime de Brest et la petite maison de Château-Larcher.

La sœur Marie de Saint-Bernard avait déjt trente-huit ans de profession , dont vingt ans passés sous la Mère Marie de Jésus, quand elle succéda, en 1777, à la sceor Sainte-Claire. Elle ne gouverna la congrégation que trois ans, étant morte en 1780. Cest durant le cours de ce triennat que commença la construction de la maison actuelle de la Saeesse. Dans ce même temps, les Filles de la Sagesse furent appelées 11 Ibèpiial de Châtillon-sur-Sèvre et dans trois autres maisons.

La cinquième supérieure générale fut sœur Saint-Prançois-Réjçis. Dès la deuxième année de son généralat, elle vit bénir )itr Mgr de Crussol , évèque de la Rochelle, la cliapelie de la maison mère. Sous ceuesn)4rieure , onze nouvelles maisons furent encore confiées aux sœurs, et entre autres l'Hôtel -Dieu de Poitiers. En sortant de charge , la sœur Saint-François-Régis alla gouverner l'hôpital Saint-Louis à la Rochelle, et c*estde Ik que la révolution Tarracha avec les procédés les plus indignes, ainsi que toutes ses compagnes des hôpitaux de Saint-Louis et d'Auffrédy, pour les jeter dans les prisons de Brouage. Le récit de tout ce qu'elles eurent à souffrir déf>asserait de beaucoup les bornes de cette notice; U nous suffira de dire que rien ne put altérer ni leur confiance en Dieu « ni leur charité pour le prochain, ni môme la sainte gaieté de lenrvertu.il y avait Ik d'autres religieuses qui n'étaient pas disposées à partager leurs amusements et leurs joies ; mais elles disaient agréablement à leurs plus jeunes compagnes : « Allez, nos sœurs, allez vous réjouir avec les chères sœurs de Saint-Laurent ; maintenant la folie est k la Sagesse. i

A la sœur Saint-François-Régis succéda, en 1789, la sœur Flavie. Elle avait (ait profession en 1750, et, par ronsé<iuent, elle avait connu la Mère Marie- Louise de Jésus durant neuf ans.

La Congrégation comptai! plusieurs centaines de religieuses, distribuées en près de quatre-vingts maisons, quand éclata l'orage révolutionnaire. La maison mère se tronvait au foyer de la ffuerre de la Vendée; elle devint un hôpital où tous les blessés, san^ distinction de camp» étaient assurés de trouver près des sœurs tous les secours de la charité la plus tendre. Tant de dévoo^ ment ne put la préserver du meurtre et de la dévastation. Le 31 janvier 17M,la oaiseo fut envahie, pillée, incendiée (1); plosieofs religieuses lurent hachées par morceaet; vingt-sii, liées deux k deux, furent traînées sans pitié devant le tribunal révolatioQQe!>i de Cholet, où, après bien d*autrts questions accompagnées d'injures de tout geore. oa

soldats républicains qui lui demamléreiit ce |«*f^ faisait là, elle leur réponOil lraiM|iiiUcMit : ( ^ regarde brûler ma maison. »

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DES ORDRES RELIGIEUX

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ftait par ectte demande dérisoire : « Voulez- Toas vivre et mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine ?» A ces mots, toutes se lèvent et répondent avec respect : «Oui, moyennant la grAce de Dieu. » Après cette réponse sublime de simplicité et de résignation « elles furent conduites en prison» où Pexcès de la misère en fit périr quelques-unes; d'autres furent transportées è Nantes et y furent guillotinées. Sur tous les points, c^étaient les mêmes vertus , le iDême rourage» et aussi la même guerre, les niémes traitements. Douze autres filles de la Sagesse périrent en différents lieux par ie fer ou la misère. Presque toutes eurent à confesser leur foi avec plus ou moins de daoger, et pas une ne manqua à son devoir : plusieurs subirent des interrogations qui rappellent ce qu*îl y a de plus beau dans les actes des martyrs.

Sans attendre que le calme se rétablit, les FillesdelaSat|^esses*empressèrentde se réunir sur les ruines encore fumantes de leurs maisons, ou de rentrer, souvent aux plus pénibles conditions, dans les établissements Je charité dont la violence seule avait pu les arracher. L*hApital maritime de Brest était Tunique maison où elles fussent toujours restées au nombre de près de soisante*dix, parce qu'uno épidémie avait rendu leurs serTices indispensables. Elles avaient dû renoncer, pour gagner cet honorable privilège, à lenr habit religieux; mais rien n'avait pu faire obtenir d elles aucune autre concession.

La sœur Sainte-Praxède remplaça sœur Sainte-Flavie en 1198; elle avait eu elle aussi Tavantage de vivre deux ans sous la Uère Marie-Louise de Jésus. Durant tous les désastres de la communauté, elle était restée dans les environs de Saint-Laurent, i portée d*en sauver quelques débris, ou 'iu moins de saisir le moment d*en relever les ruines. Dès 1800, elle solliciu du ùreinier constti Booaparte la liberié légale a'ba- ;.Uer celte sainte et chère maison» ou platAt Mie masure sous Tabri de laquelle s'étaient <léjà réunies , avec ua admirable empressements ses anciennes habitantes un instant disfiersées par la violence de Torage. Elle n*eut pas le temns de recevoir la réponse , ^ant été enlevée h Taffection de toute <a Congrégation dès le mois d*aoât de cette Bftme année 1800 (!}.

On compte la sœur Avé pour huitième supérieure générale, quoiqu'elle ait obtenu d'échapper h la supériorité, mais au bout de cfuelques mois seulement. Elle gouvernait 1 hospice des Incurables de Poitiers quand éclata la grande révolution. Elle montra dann <^«s temps de déplorable mémoire une fern^eté d*âme que la religion seule peut inspirer. Dans les fers et sur Téchafaud même,

(t) Le décret qui rendit à la cengrég^ition ses ^^ce légale, fut signé le 27 février 1811. La Plapan des andenoes maisons se rouvrirent, et beaucoup d*étaUl8aements nouveaux furent conAés ^ux FiUet de la Sagesse, qui purent répondre de

i)tCTI0RII. DES OlU>RES AKLIG. IV.

elle conserva le calme et la dignité d*one conscience noble et pure. Attachée au carcan, qui, pour une criminelle ordinaire, eât été une punition infamante, elie travaillait tranquillement à son tricot, sans s*occuper ni de ce qui se passait autour d*ellc, ni du sort qui pouvait Tattendre. Dès qu'elle eut été rendue h ses chers pauvres, et jus(]u*k sa mort arrivée en 1614 , son active et industrieuse charité lui attira do la part de Ions les hommes et de tous les partis un respeci et une confiance dont on trouve peu d*exemples.

M. de Beanregard , depuis évèque d'Orléans et alors curé de l'église cathédrale de Saint-Pierre de Poitiers, montra en cette circonstance toute Testime qu'il lui portait; les administrateurs des hospices de Poitiers voulurent aussi témoigner leur reconeissance, en lui élevant aux Incurables, oi^ on peut la visiter, une tombe avec une épitaphe destinée k perpétuer le souvenir de ses services.

Cédant aux instances si humbles^ si charitables et si touchantes de la sœur Avé, la congrégation la remplaga, en noai 1801, par la sœur Saint-Méen. Ce généralat est peutêtre celui qui a été le plus rempli de sollicitudes : il y avait partout tant de ruines à relever, tant de plaies k guérir 1 Non-seulement les sœurs rentrèrent alors dans presque toutes leurs maisons anciennes, mais elles lurent appelées dans vingt-trois nouveaux établissements.

La sœur Saint-Valère succéda, en 1810, k la sœur Saint-Héen. Elle accepta seize nouvelles maisons, entre autres rhdnital de Confolens (Charente) et la maison d instruction de ChAtelleraud ; mais combien d'autres elle fut obligée de refuser faute de sujets t Et cependant les novices arrivaient en si grand nombre, qu'on futalorsobligédebAtir un nouveau noviciat. Sous ce zénéralat, c'estk-dire en 1616, se fit la cérémonie du centième anniversaire de la mort do^nérable Grignon de Montfort^ fondateur des Fillee de Ta Sagesse et des prêtres missionnaires de la Compagnie de Jésus. Elle fut accompagnée de guérisons tout -au moins très-surprenantes.

En mai 18111, la sœur Saint- Valère fut remplacée par sa propre sœur Saint-Calixte.

Celle-ci , après être sortie des prisons da Brouage, était rentrée k la Rochelle, k l'hôpital d'Auffrédy, avec U vénérable sœur Eugénie, dont la Rochelle conservera le souvenir k jamais. De Ik elle fut envoyée, en 1813, dans la ville d'Anvers, où l'exemple de son courage et l'amabilité de son caractère soutinrent puissamment ses sœurs dans leur admirable conduite au milieu des horreurs, des privations et des dangers de la guerre. Même après la pacification , la sœur

Mite à rappel de la religion et de la peQtique. En échange de leurs services, Napoléon les sida à relever les raines de leur maison de Saint-Laurcntsur-Sèvre.

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OICTIONNAIUE

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Sainte- Calixie resta jusqu'en septembre 18H» avr^c dix-neuf sœur», auprès des blessés que leur état ne permettait pas de ramencr en France. Nommée supérieure générale, elle vit les congréj$ations s'accroître de quinze nouvelles maisons , quarante-six autres furent refusées, h cause de l'impuissance où Ton était de fournir des sujets. La communauté s'augmentait pourtant d'année en année, au point qu'on dut alors agrandir considérablement la chapelle.

La nomination de la douzième supérieure générale, sœur Saint-Lin, avait fait concevoir les f)lus belles espérances; mais elle mourut au bout de dix-huit mois. Sous ce trop court (fénéralat commencèrent, par autorité de l'ordinaire, les procédures pour la béatification du P. l^lontfort.

La sœur de la Késurrection fut élue supérieure en mai 1830, et, durant les neuf années de sa supériorité^ quinze maisons nouvelles furent acceptées., tandis qu^on en refusa cinquante-cinq. En 1832, la communauté fut, à deux fois' différentes, cernée et envahie par plusieurs centaines de soldats dont les chefs mêmes , cela est triste à dire, ne remplirent pas leur pénible mission avec toute la délicatesse que Ton eût été en droit d'atleudro d'eux. On venait chercher à Saint- Laurent nous ne savons quels personnages politiques et proscrits; mais toutes les investigations de la police la plus sévère ne <lécouvrirent rien là où il n'y avait rien à découvrir. A la deuxième visite domiciliaire, il était trois heures de l'après-midi, et le sœurs, rigoureusement gardées à vue, n'avaient pris aucune nourriture depuis le souper de la veille. Enfin on leur donne quelque liberté, et la supérieure en profite pour faire sonner le dîner. Le général entre avec son état-major dans le réfectoire; mais ^a présence ne change rien aux habitudes d ordre de la communauté : la lectrice poursuit sa lecture, les sœurs restent assises, et, «ans levecJes yeux, continuent leur modeste sepas ; du bœuf bouilli et des pommes de terr<e cuites à l'eau en faisaient tous les frais. Les officiers firent en silence le tour des tables et sa retirèrent en disant « qu'ils avaient trouvé dans la communauté de Saint- Laurejit plus de dévotion que de conspira* lion. »

A la sœur de la Résurrection succéda la sœur Saint-Flavien, sous laquelle la congrégation prit encore un plus merveilleux développement. J)e ceut dix-buit maisons nouvelles qui furent proposées» on en accepta trente-cinq; le noviciat dépassa le chiffre de cent. Cest sous ce généralal que s'instruisit, par ordre du Pape Grégoire XVI, le procès apostolique tendant à la béatification du vénérable P. de Montfort.

La sQBur Saint-Flavien vit encore; c'en esl assez pour nous obliger è nous taire sur les

(1) Voici les diocèses oà te trouvent actuellement réparties les maisons de Tinstilut : Amiens, Angers, Aiigo]a|jftme, Ikauvais, Ulois, Bordeaux, Cambrai, (Toutances, Fréjus, Limons Luçon, ^an|e8, Orléans, Paris, Poilien, Qiiimpcr, Ken-

utiles et grandes choses qui se sont faites sous son administration.

La supérieure actuellement en charge, c'est-è-dire la quinzième en comptant la vénérable fondatrice, est la sœur Sainlt- Vitaline. Elle n'était en 18tô qu'au commencement de sa septième année, et déjà vingt-huit maisons nouvelles avaient éié fondées; et les novices, quoiqu'elles soient au nombre de près de deux cents , sufL^ent à peine au quart des demandes. Mais l'approbation apostolique de la Congrégation sera le grand événement de ce généraiat, et à elle seule elle suflirait pour le rendre mémorable.

La Société de la Sagesse continue de prendre un développement de jour en jour nias heureux. En 185&, elle comptait déjà deux mille cent cinquante membres, formant deux «?ents maisons en vin>;t-neuf diocèses de France et de Belgique (1). Chacune de ces maisons comprend plusieurs œuvres» souvent tout à fait distinctes, mais dirigées cependant par une même supérieure locale.

Voici le tableau de ces différentes œuvres: en même temps qu*il indiquera les occupations des Filles de la Sagesse, il pourra faire apprécier rimponauce de la congrégation pour Tinstruction des enfants, le soin des malades et le soulagement de toutes les misères humaines ; soixante a.siies de renfonce, deux cents écoles primaires, vingt pensionnats, neuf écoles normales ou classes d*adultes, sept écoles de sourdes-umetles ou d*aveugles, quarante ouvroirs ou orubclinats, six maisons de retraites spirituelles, cinq maisons de grandes pensionnaires* quatre crèches, trois maisons de maternité, soixante-dix-huit hôpitaux civils, maritimes ou militaires, quinze bagnes, maisons centrales ou maisons d*arrèt, huit asiles (publies d'aliénés, trente bureaux de liienfaisaoce. A soixante autres maisons sont attachées des sœurs chargées de secourir les pauvns h domicile.

Règles de la Congrégation de la Sagesse.

La Congrégation des Filles de la Sagesse a été solennellement approuvée, eo roêoïc temps que la Compagnie de Marie, par un bref en date du 16 décembre 1853, et leurs vœux sont désormais entre les maios du Souverain Pontife.

Leur Règle les oblige k un très-graoJ éloignement nour le monde, à Tobservatioo même de la clôture, autant qu'elle est rO0patible avec le service du procbaiOi et, ea général, à se rapprocher en tout de la ti^ religieuse proprement dite. Elles ne ^<Q vent sortir, même pour aller visiter les i^ovres, que revêtues d*un ample manii'^ Doir qui les couvre de la tête aux pu^^- Les vœux de pauvreté et d'obéissance r soU entendus et pratiqués dans toute la rigueur

nés, la Roclielle, Saint-Brieuc. Soi sons. Tsitt»* Toulouse, Tours, Tournay, Vannes et VfnaittH. La ville de Poitiers seule compte, poar kri ib^^ étal^lissements coiiliot aux Filles de la Sa|C»K, ^ personnel de plus de cent rt ligieuscs.

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DES ORDRES RBUGIEUX.

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