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3,000 francs d'une [lersonne dévouée, d*aamônes obtenues de la charité des fidèles, un enclos fut acheté en 184^2, près de la croix dite du Miracle^ è cause d*un miracle opéré en ce lieu par saint Fraiaat)ault; vers la fin de la même année, la chapelle bâtie est dé« diée à la très-sainte Vierge sous lie titre de rimmaeulée Conception et des Sept Douleurs; la maison conventuelle et Thôpital adjicent furent ensuite construits, et à la fête de Saint-François i9M, de pieuses filles, dont une portait déjà Thabit gris du tiers ordre, vinrent l'habiter, pour soigner les malades, et pour faire Técoie aux jeunes filles de la paroisse.
M. Huygnard a été secondé très-eflicacement par un laïcjue pieux et dévoué, M. Félix Beucher, qui a quitté une position assez agréable qu'il occupait aux Harpes, paroisse voisine, pour se sacrifier k cette œuvre de charité, a laquelle il consacre encore tout son temps et toute sa sollicitude.
En ce moment même, un ecclésiastique zélé, dépositaire des intentions de M. Huygnard, décédé il 7 a plusieurs années, s'occupe de cette maison, pour en régulariser la situation, avec l'autorisation de Mgr l'évoque de Heaax. Mgr Bouvier voulut bien approuver les Constitutions après les avoir examinées. Cette fondation n'est donc pas encore complète sous le rapport de sa constitution religieuse, mais il y a lieu d'espérer qu'elle le sera prochainement. (1)
SAINTE-ANNE (Congrégation des Sobcrs db), itrvanUi des pauvres.
fie de Jeanne de La Nouè\ fondatrice de cette Congrégation et de l'hospice de la Providence^ à Saumur.
Jeanne de La Noue, fille de Pierre de La Noue et de Françoise Bureau , marchands, naquit à Saumur, diocèse d'Angers, en 1666« ai fut élevée dans des sentiments et des habitudes de piété. Douée d'une imagination ardente, elle fut longtemps attaçiuée de tentations violentes qu'elle eut toujours le bonheur de vaincre, mais Qu'elle combattit avec force, et tomba même dans un inconvénient qui ajoutait à ses peines celui du scrupule que lui laissait toujours l'incertitude de l'état de grice , et la portait k des précautions et des pratiques exagérées. Sa mère» qui ainsi qu elle s'adressait k un des Oratoriens
Sui desservaient le pèlerinage et l'église de lolre-Dame des Ardilliers, pria leur confesseur commun d'appuyer de son autorité les défenses de jeûnes quelle faisait è sa fille. Elle fut donc obligée k se modérer. Néanmoins elle crut dès lors que la volonté de Dieu était qu'elle changeât de confesseur. Toutefois elle n'exécuta cette pensée qu'après la mort de sa mère, pour ne la pas contiister, et peut-être aussi dans la crainte
Sue le confesseur ne remarquAl son absence. Ile compta cette faiblesse parmi ses fautes, et disait depuis s*6tre confessée pendant six ans aux PP. de l'Oratoire par rapect humain. Agée de vingt-quatre ans elle perdit sa mère; dès ses premières années elle avait perdu
(I) F^. à h fln du vol., n* 331.
son père Libre de suivre ses inclinations et les inspirations du ciel, elle se livra k toute sa ferveur; mais le tentateur profita de sa nouvelle position pour lui livrer unassant, dans lequel il eut quelques avantages. Héritière de la demeure paternelle, Jeanne continua le commerce de ses parents, qui consistait, k ce qu'on recueille de quelques indications, k vendre de la toile et de la petite mercerie, et elle sentit quelque attrait pour les conseils de l'avarice; faibles attaques, sans doute, qui dans beaucoup d'autres n'auraient paru aue des dispositions à l'économie, mais quune flme comme la sienne reconnut enfin pour dangereuses et opposées aux vues que Dieu avait sur elle. Là Providence, pour la porter k des dispositions d'une charité étrange et généreuse, se servit d'une voie extraordinaire que je \i\s indiquer ici, du moins en abrégé.
Françoise Souchet, femme pauvreet veuve, vivait k Rennes, en Bretagne, dans une chambre nue, où des personnes riches snb- Tenaient k ses besoins, car elles étaient édifiées de ses vertus. La pieuse veuve donnait k d'autres indigents les aumônes qu'elle recevait. Une partie de sa vie était passée à de saints pèlerinages, dont le but ordinaire était Sainte Aniie-d'Auray et Notre-Dame de Reaon. Elle alla aussi pendant dix ans è Notre-Dame des Ardilliers, chapelle aélèba dans la ville de Saumur. Si les pèlerin; étaient trop nombreux* pour les hètellerie! de Saumur, les habitants du faubourg de Fenet se faisaient un mérite de les loger. Dans une circonstance pareille, la pieuse veuve de Rennes fut reçue par Jeanne de La Noue; c'était la veille de l'Epiphanie 1693. Il ne se passa rien de remarquable I cette première entrevue; Françoise SoucSk dit en parlant que Dieu ne l'avait envoyée que pour apprendre les chemins; cette parole lut prise par son hôtesse r^r une pro* messe de revenir, et en effet , la veille de \è Pentecôte de la même année , la voilà revi» nue C'était un peu I6t« et Jeanne, eu k voyant, craignit, si elle la logeait, de perdre le profit que lui procurerait quelque pèleric aisé. Elle ne voulut point céder a ses offref de payer, ou môme de coucher sur le ca^ reau, et la renvojra. Toute la nuit la pieuse bretonne se sentit pressée de retourner chez Jeanne de La Noue» et y alla en effet, le lendemain de bonne heure, et ne trouvi
Sue la nièce de Jeanne à la maison, car eaune était à la Messe. Elle dit des choses extraordinaires qui frappèrent la nièce et U tante k son retour de l'église. Jeanne, $«1^ posant que c'était une diêeuse dé bontu «f«*ture^ se proposait bien de l'envover à d'autres faire ses contes, et la fit parler. La |«o* vre veuve ne pouvait ni s'expliquer, ot expliquer aux autres les choses éloquente et touchantes qui lui sortaient de la boiK|)^ Jeanne en fut si touchée qu'elle regirdt cette étrangère comoie un ange de Di«^;^ la pria de paaser quelques jours cbei e)i<* Le fruit de ce fait, qui a quelque cboM' |^ singulier, fut sur le cœur de Jeaooe de u
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DES ORDRKS HËLIGIF.UX.
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Noué un déiaohement abiolu des biens de la terre; dès ce moment elle prend un genre de vie digne d*imitation en général» mais qui a uQ côté (^u'on ne peut qiTadrairor. Elle ronout que Dieu voulait d*elle une abnégalioo eoiière de toutes choses, et Qu'elle défait la pratiquer dans Texercice d^ine charité sans bornes. Sur Tindicailon de iPrançoise Souchet, Jeanne alla porter des secours à une famille dénuée de tout et qui demeurait h Saint-Florent, petit bourg situé à une lieue de Saumur. Elle commença alors uoe suite d'actes de dévouement héroïque que je ne puis indiquer qu'en généra), et
Îui furent précédés d un état extraordinaire ans sa personne, et cela pendant trois jours que je rappelle seulement comme une de ces ureurs que personne ne doit envier, qui ne sont point nécessaires à la sainteté» mais que le Seigneur accorde quelquefois aux âmes qu'il appelle à des sacriflces extraordinaires.
£q vertu d'un contrat, elle avait des intérêts comoiuns avec sa nièce» qui» voj^ant s'en aller ainsi en aumônes continues tout ce qui était dans la maison» dit à sa tante c Vous vouiez donc tout donner? Oui^ répondit la tante , je suis résolue à tout donner» josqu'À ma dernière chemise» ainsi vous ))Ouvez prendre votre parti » car, pour moi, c'en est fait. C'était avenir la nièce ou de retirer sa part ou de suivre la même voie, car sans cela c'eût été une injustice» et elle n'avait point le droit de donner ce qui appartenait k la nièce. La pauvre eniant ne pouvait se déterminer ni a quitter sa tante» ni è se livrer è une si grande profession de pauvreté. Elle pleurait en voyant la persévérance de sm tante» et Dieu lui envoya bieniAt une autre peine» en l'affligeant d'un accès de frénésie qui obligea è la lier» et cet état dura plusieurs mois; Sa pieuse tante, qui seuifl pouvait la contenir» la veilla iour el nuit, essuyant ses injures» et vit» au bout de quatre mois, cette crise suivie d'une seconde. Au milieu de ces occupations pénibles, Jeanne n'oublia point ses ehers pauvres, et en vintk contracter des dettes considérables pour continuer ses bonnes œuvres. La Providence vintii son secours par la charité d'autres marchands qui lui donnèrent de quoi satisfaire» car ils étaient édifiés de son dévouement; en cela elle est è admirer irius qu'k suivre dans les exercices ordinaires de l'aumône. A tant de dévouement pour les autres» Jeanne de La Noue joignait pour elle-même l'habitude d'une vie plus que luortifiée» qu'on en juge en se rappelant qu'elle prenait aux pauvres les morceaux tâmussés par-ci par-la, pour en faire sa propre .nourriture» et qu'elle mangea ainsi le pain trouvé dans la poche d'un pauvre npyé au(]uel elle avait rendu les derniers aevoirs.
La nature souffrait et beaucoup» des violences que la générosité de Jeanne lui demandait» et l'amour-propre lui-même était sans cesse dans la dureté du sacrifice» mais ces sacriBces, le bras rie Jeanne de la Noue
DlCTlONN. DES OrDIIES RBUG. IV.
sut les faire et les continuer. Elle ne pon,sait h autre chose qu'îi continuer ses œuvres de bienfaisance, et n'avait point Tidée d'une fondation religieuse; elle n'attachait même qu'une importance médiocre» peut-être aucune foi à la parole de la veuve bretonne qui lui avait prédit que sa maison deviendrait un hôpital général, qu'elle y recevrait les étrangers et qu'il y aurait une croix sur sa
forte. Quand ellexommença i recevoir dV ord quelques petites orphelines» puis jusqu'à douze de ces enfants » elle n'avait |)as encore le projet d'un institut. C'était au commencement du xvui* siècle. Elle logea ces petites pauvres dans une de ces caves
3ue l^on voit en cette contrée, creusées ans le rocher aspectant» offrant une demeure agréable et saine » à bon marché. En 1702» un éboulement de rocher écrasa onze maisons entre lesquelles était celle de Jeanne de ta Noué, qui, comiheles autres habitants, eut le temps de se sauver» ainsi que sa nièce, mais les pauvres petites furent ensevelies sous l'éboulement, et on les crut mortes. Après le déblaiement, on trouva qu'une seule avait succombé» et les onze autres étaient iaines et sauves. Cette épreuve ne la déconcerta |)as; bien quo tous» et même son directeur, lui dissent que Dieu se contentait de sa bonne volonté et ne voulait pas qu'elle continuât son entreprise, elle pensa au contraire que» par cet accident» Dieu avait voulu l'amener a louer une plus grande maison pour ses pauvres. Les voisins» victimes du désastre» se logèrent comme ils purent» et il restait près de Tô*
8 lise» des écuries où elle voulait abriter ses Iles; mais les Pères de l'Oratoire ne voulaient pasles lui laisser occuper» quoiqu'elle offrit une forte somme d'argent. « Vous ne voulez pas que mes chers* pauvres occupent des écuries» leur dit-elle» un jour noua occuperons les plus belles chambres;» cette
(»rédiction» plaisanterie ou menace» se réaisacinq ans plus tard» mais dans cet espace de temps» il lui fallut payer successivement ries loyers fort chers» sans trouver k se loger convenablement. Cependant l'œuvre (prenait de l'extension. Ce n'était plus seuemeUt les enfants qu'elle admettait chex elle; des indigents, des infirmes de tout ftge demandaient k y entrer» et elle n'en refusait aucun. Elle aimait surtout k y recevoir les filles. abandonnées au désordre ou exposées k y tomber; elle allait même les chercher et ne se rebutait point des critiques et des railleries qu'on faisait sur ce genre d'entreprise et son inutilité pour quelques-unes des brebis égarées. La crainte cependant d'infecter son troupeau, malgré sa vigilance» lui fit depuis abandonner celte spécialité dans sa charité. Elle exécuta avec une personne pieuse i«n voyage méritoire» qui lui fit apprécier le prix de l'aumône et la peine de la mendicité pour les paavres qui n'en font pas métier, car Jeanne n'avait pas de goût pour ces gens-lk. Elle partit donc et s'éloignantde Saumur» où elle était connue» s'avança par Candes dans la Tou-
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raine, ayant de Targent dfins sa poche, niais demandant un morceau de pain, pour l'amour de Dieu. Presque tous les riches la refusèrent. Elle n'était assistée que par des gens auxquels elle faisait elle-même une aumône par compensation. Elle répéta souvent que dans ce voyage elle avait appris au*il est plus facile de faire Taumône que de la demander. Elle avait eu peine souvent à trouver un gtte; cela la déteraiina à ajouter l'hospitalilé à ses autres bonnes œuvres; elle donnait k ceux quVlle ne pouvait recevoir, de Vargent pour pyer leur coucher. Elle joignit a tout cela la visite et le secours aux prisonniers, qu'elle édifiait par de bons avis« et qui, sous le rapport matériel, n'étaient pas alors dans les conditions qu'ils trouvent aujourd*hui, conditions qu'on pourrait dire être trop avantageuses en certains lieux, car elle établit les coupables dans un bien-être qui ne leur imprime guère Thorreur d'une rechute et d'un retour dans ces lieui où ils se trouvent si bien.
Pour consolider ses œuvres en 170^, elle songea è fonder une société pour la perpétuer. Elle avait, depuis quelques années une sorte de pressentiment que des Giles viendraient se ranger sous sa conduite, et son imagination leur dressait déjà des Règlements, mais elle rejetait ces pensées comme de vaines distractions. Cependant ieSââseptembre IlOS, une fllle de saint -Nicolas de Bourguell, nommée Jeanne Bruneau, vint lui demander % à vivre sous sa direction, pour servir Je- •us-Christ dans la personne des pauvres. » C'était précisément la fin que Jeanne proposa toujours à sa Congrégation. Elle dit donc à cette première postulante qu'elle pouvait entrer, si elle était disposée à supporter toutes sortes d'humiliations et de mépris. Le 25 avril 17M, Anne-Marguerite Tennien, de la paroisse de Chouzé , vint encore se joindre k la sœur de la Noue. Quoique cette fille n'ait pas persévéré , la pensée de fonder une congrégation ne parut plusk Jeanne de la Noue être une illusion. Elle résolut de prendre un habit conforme à celte vocation, et dit à ses associées qu'elle désirait qu'il fût de grosse serge grise. Elles eurent d'abord une grande répugnance k prendre un habit si extraordinaire t qui les exposerait k toutes les railleries du monde, au milieu duquel leur vocation les ramènerait k chaque instant. Après les avoir exhortées k souffrir patiemment, Jeanne disposa tout, et le 26 jui I let 170i, jour de Sainte- Anne, qu'elle choisissait pour patronne de sa congrégation, elle prit avec sa nièce et ses deax associées l'habit des sœurs de la Providence, peu différent de celui qu'elles ont porté jusqu'k ces dernières années; car depuis peu, on a songé k le modifier. La
(i) Sainl'LaMre étaîl un prieuré dont le patron fontlaleur, M. de La Bédoyère, procureur générai ail parlement de Bretagne, obtint la suppression (Ml 1755, et donna le% revenus aux sœurs de la rroi'iJeiico do Siiuoiur, à condition quVIIes élc-
nouvelle communauté s*intitula : Lei Saurs de Sainte- Anne ^ servaniee des pauvret de la Providence de Saumur. Le nom de premikt iertHinte fut affecté k la sœur supérieure. Elle prit en religion le nom de Saur de la Croix , mais on continua de l'appeler de son nom de famille. Bientôt de nouvelles filles se joignirent aux premières, et Jeanne put fixer les heures de la prière, des rejtas, du travail, et jeta ainsi les fondements des Constitutions qui, peu d'années après, furent revêtues de la sanction épiscopale. Dès que Jeanne de la Noue reconnut que Dieu rappelait k fonder une communauté religieuse, elle voulut disposer l'intérieur desa maison conformément k ce dessein, et réserva un appartement pour les exercices dont j*ai parlé, et pour les entretiens qu'elle avait ï faire k ses sœurs. Un petit autel de papier fut d'abord le seul ornement qui ut rappeler qu'un tel lieu était une chapelle; uoe pieuse demoiselle en donna on plus convenable. Jeanne voulait y faire placer des confessionnaux pour éviter Tinconvéni^nt des sorties continuelles et surtout de la multiplicité des confesseurs. Son établissement était encore trop peu connu k Angers pour qu'on lui accordAt cette grAce ; elle robiini plus lard k la suite d'une visite que fit on ecclésiastique aux communautés de Saumur par l'ordre de Mgr Poucet de la Rivière, nouvellement élevé sur le siège épiscopal. Là pieuse veuve de Renne.^ avait prédit è Jeanne de la Noué que des personnes de Bretagne viendraient établir l'ordre et les premiers Règlements dans cette maison. Le P. Grignon de Monlfort , fondateur des Filles de la Sagesse, vint k Notre-Dame des Ardilliers en 1706, prêcha plusieurs fois à l'oratoire des sœurs de la Providence , mit la supérieure k une grande épreuve d*homiliation , et on tient [)ar tradition que Jeanne le consulta sur le gouvernement de sa communauté et sur les Règles dont elle faisait alors l'essai. Les Filles de la Provi* dencede Saumur conservèrent toujours une vénération profonde pour la mémoire de ce grand homme, et le dernier auteur desa Vie (M. N., supérieur de Saint-Laurent-sur-Sèvre) attribue k ce sentiment la fondation qu*elle$ firent un demi-siècle plus tani, dans la maison de Saint-Lazare de Montfort, que le vénérable missionnaire avait choisie pour retraitekune demi-lieue de la ville, et où il avait placé cette statue de la sainte Vierge qu'il honorait sous le nom de Notre-Dame de la Sagesse (1). Je viens de dire que le P* de Montfort avait mis la sœur de la Nouêi une grande épreuve d'humiliation, il TaTail taxée d'illusion en présence de toute la communauté sur les voies extraordinaires oà Dieu la mettait et sur le Mnre de vie eice}»* tionnel qu'elle suivait. Il rengagea k Tenir
veraient une école et prendraient soin d^ ^rrm des trois paroisses dont il éuîi seigitenr. M ^^ vaux, dans son Hinoirs d4 CEnhêe é* l^eit'^ n a point mis au rang des auti^ celle MisoM^ lui était proi)ahU»uiciil incootioe.
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DES OUDRES RELIGIEUX.
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à )a Vesse qu*ii allait dire et d'y demander la Juoiière du Seigneur. Aprè*s la Messe, son opinion fut tellement modifiée qu'il lui dit de continuer.
Plusieurs autres ecclésiastiques consultés ooodiQàrent également la leur sur les foies de cette ûlle qu'ils avaient condamnée d'abord* Ces voies, nous ne les indiquerons qu*en passant; il faut les regarder comme une exception, une récompense» ou un moyen; admirer celle sur qui Dieu agit ainsi, et n'en rien désirer pour soi, si ce n*est Tesprit d*bumilité et d obéissance qui les accompagne toujours ; sans cela elles ne Tiendraient pas de Dieu. Jeanne eut de dores épreuves à subir d'un c6lé plus sensible, et dont les effets pouvaient avoir des suites terribles. Elle se vil critiquée par son directeur, M. Genneteau, par ses religieuses, qui attaquèrent les Règles, les pratiques, le gouvernement de la fondatrice. Ces Règles n'étaient qu'un es.^ai, et Jeanne de la Noué ne les donnait que pour en faire l'expérieoce. H. Genneteau voulut mettre une pieuse fille du monde à la place d'assistante, Sens embrasser la vie religieuse; cette persorioe, Mlle Marthe Rousseau, s'y refusa absolumenl. Le directeur en fut donc pour son zèle,qui procédait, sans doute, d'un bon désir, mais qui était peut-être une imprudence. On mit à cette place une sœur que le directeur estimait, mais qui était incapable, et donna ombrage et jalousie aux soeurs ; mais Jeanne soutint cette humble fille, qui garda la fonction d'assistante tout le temps que sa santé lui permit de l'exercer. En 1709, le S septembre, M. Martineau de Prince réunit la communauté, composée alors de neuf religieuses j compris la supérieure, et présenta, de la part ae Mgr l'évéque d'Angers, les Rèjgles demandées par les sœurs pour la conduite spirituelle et temporelle de la iBsison, leur enjoignant de les recevoir et de s y conformer. Les sœurs s'y obligèrent, et à 1 instant M. Martineau mit les Uègle$,signées du prélat et scellées de son sceau, entre les mains de la supérieure. L'année suivante le môme supérieur revint à Saumur, et apporta la permission de faire célébrer la Messe dans la chapelle de l'établissement, mais seulement les jours de la semaine, et im« médialement lui-même y dit la Messe le premier et y fit faire la première communion aux petites pauvres qu'on y avait préparées. Le 9 mai 1710, il dressa le premier acte d'association , et reçut les engagements des premières sœurs de la Congrégation.
Elles faisaient les trois vœux ordinaires de religion , mais en particulier au confesseur. Pour former le lien extérieur, on établit un acte dans lequel l'associée déclare son engagement et promet la stabilité. Jeanne de la Noue voyait avec bonheur et consolation le succès de la maison, mais Dieo lui réservait de nouvelles croix ; elle en eut d'abord à Tor^sion du désir qu'elle témoigna d'avoir le saint Sacrement dans sa chapelle, et le curé de Saumur lui fit une (urte opposition ; il alla jusqu'à la menacer
de faire renverser la maison de la Providence. Il se réconcilia dans la suite, k la prière de Tévêque, bénit même le saint ciboire qui devait servir à porter, après la Messe, la communion aux maladies. de In maison ; néanmoins tant qu'il vécut, Jeanne ne put obtenir la faveur de garder le saint Sacrement dans son tabernacle. Elle l'obtint depuis et même celle de l'exposer à certaines fêles de l'année. Au milieu de toutes ses difficultés et de ses peines, Jeanne de la Noue se sentait conduite uar des .voies particulières, comme je l'ai deJk fait remarquer, et elle semblait favorisée du don de [irophétie, d'inspiration et de vues intimes. Son humilité n'en perdit rien, et de concert avec son directeur, elle choisit une de ses Filles, la sœur Marie Laigle, pour lui servir de supérieure et de moniteur. Par ce moven elle se donna, dans sa position, le mérite de l'obéissance. C'ost par le moyen des notes que prenait celte sœur Marie que nous est parvenue la connaissance de quantité de
Îarticularilés sur la vie privée de sœur eanne, car Jeanne de la Noue avait obtenu de faire toujours usage d aliments maigres, découcher plusaustèremcnt et de pratiquer plusieurs autres mortifications auxquelles la Règle n'astreignait point ta communauté.
En 1716, Jeanne de la Noue et ses compa-
Înes quittèrent la maison dite le logiê de la ^ 'ontaine^ que lui louaient les Oratoriens, pour s'établir avec leurs pauvres dans la maison des Trois angei que le chevalier de Vallière avait achetée pour elles en 1713. Ce bienfait eut une compensation; M. Genneteau ne tarda pas à renoncer aux soins ?u'il donnait à Jeanne et h sa communauté, endant vingt -cinq ans ce confesseur et bienfaiteur zélé consacra à la Providence, aux sœurs et aux pauvres, ses soins, son argent, sa santé; mais quand la Congrégation naissante eut des Règles approuvées, le bon vieillard eut peine à se défaire de ses pieuses habitudes du pouvoir absolu qu'il avait de gouverner la communauté à sa dis« crétion ; il en sentit de la peine et du dégoût; il y avait quelque temps qu'il ne venait plus à la maison, lorsqu'il mourut en 172^. Ce bon prêtre était natil de Brézé. La reconnaissance de la nouvelle Congrégation n'en fut pas moins grande pour cet ecclésiastique vénérable, à qui elle a donné, un peu gratuitement, le titre de fondateur. Cette abstention de M. Genneteau mit la communauté dans l'embarras, d'abord pour le chanKement de directeur, ensuite pour le choix drun autre, car Jeanne de la Noue, fidèle et simple dans son obéissance à !*£• glise, n'avait voulu avoir aucune communication avec les ecclésiastiques savants, austères en apparence, qui suivaient, è Saumur, le parti janséniste, et avaient déjà gagné et fasciné^ une communauté; elle refusa donc l'offre avantageuse que lui présentait, sous le rapport matériel, un prêtre aux nouvelles idées, qui se proposait, si on l'acceptait pou( directeur, de venir loger dans la maison, et d'y laisser sa fortune. La courageuse supé-
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rieiire sut remettre en son chemin , comme on Texprime , un autre prêtre qui , par ses largesses, s'était ouvert un accès près d'elle, cl voulait en profiler pour lui parler en faveur de son parti ! Elle sut se défaire d'un troisième, qui s*était insinué dans la maison sans laisser rien paraître, et qui, au retour de laTrappe^où ses opinions] avaient fait refuser, voulait recommencer ses soins h l*égard d*une sœur qu*il avait confessée. Elle trouva enfin dans M. Joseph Jacob de Tigné, chapelain de Notre-Dame de Nanlilly, un digne successeur de M. Genneteau. Cependant le nombre des sœurs augmentait, et plusieurs colonies étaient déjà sorties de la maison mère. Les unes étaient destinées à desservir des hôpitaux, les autres i tenir des écoles. Sur les dix maisons établies du it^mps de sœur Jeanne, sept subsistèrent jusqu'à Tannée 1793. Trois étaient tombées, entre autres celle de Nantes, mais celle-ci rétablie en 1758, est encore aujourd'hui un des établissements édifiants que j'ai vus dans cette ville.
Cette maison, néanmoins, a toujours été séparée de celle de Saumur. Il y eut encore huit établissements formés avant la révolution, par les religieuses de Saumur depuis la mort de leur fondatrice. Cette fondatrice, épuisée par tant d'actes de dévouement et d austérités, avait, en outre, eu à supporter plusieurs maladies. Il était temps, aurait-on pu dire, que le Seigneur la récompensât de ses travaux. Une longue souffrance, supportée avec une édifiante patience, vint mettre le terme à une vie si pleine, que Jeanne de la Noué termina après avoir reçu saintement les sacrements de l'Eglise. Le vendredi 16 août 1736, elle s'endormit dans le Seigneur,, dans sa 71* année. Ses funérailles furent un triomphe, à en juger par les témoignages que donnèrent à sa vertu les personnes empressées à faire loucher ï son corps divers objets pour les garder avec vénération. Ce corps, précieuse relique de la sainte fondatrice, reposa dans la chapelle de son établissement jusqu'à l'année 1796. Après elle, sa pieuse confidente, Marie Laigle.fut supérieure générale, et eut elle-même pour successeur, sa propre sœur Catherine Laigle, qui était aussi entrée dans la Congrégation. En 1796, l'hospice de la Providence fut transféré dans la maison des Pères de l'Oratoire, chassés par la révolution. Les restes de Jeanne de la Noue y furent enterrés dans l'église de N.-D. des Ardilliers, au pied de I*autel de Marie, où elle était venue si souvent apporter le récit de ses peines; mais, en 1837, des fouilles nécessitées par les réparations de I église, les firent transporter définitivement dans un caveau creusé sous la chapelle qui sert de chœur aux religieuses. Les Sœurs de Sainte-Anne, avec leur robe de laine, portaient une coiffure empesée, à
1)altes, dans le genre de celles des Sœurs de a Sagesse, mais recouverte d'un capot noir attaché sous le menton, un fichu blanc, avec un crucifix en sautoir, sur le côté droit de la poitrine. Nous mettons tout ceci au passé, car»
actuellement, elles ont sans doute exécuté le projet qu'elles avaient formé do changer de costume. Autrefois il n'existait point dans cette Congrégation de profession proprement dite ; mais, en 183i-, Mgr Monlaultdes Iles, évéque d'Angers, retrancha la perpétuité des vœux qui se renouvellent cha<]ue année, et, en même temps, il les rendit (oublies, les entoura de rôclat d*une cérémonie, et ajouia le quatrième vœu, si touchant et si conforme à Tesprit de la fondatrice: de iervir Jéiut- Christ en la personne des pauvres,
fies des justes parmi les filles chrétiennes,
I vol. in-12, par M. Carron.
Vie de Jeanne de la Nou'e\ fondatrice de la Congrégation de Sainte- Anne^ par M. l'abbé Macé; 1 vol. in-12, 181^5.
SAINTE- CATHERINE (Rbugikcsxs di
lbApital),
Le premier nom de cet hôpital, institut particulier, était celui de : Hôpital des pauvres de Sainte ' Opportune. Dans IHistoin de JPam, par les PP. Félibien et Lobineao, qui reportent la fondation de cet hôpital è la fin du xii* siècle, vers 118b, on trouve qu'il avait été d'abord destiné à recevoir tes pèlerins qui venaient à l'église SaiDle-0|v portune, et fut, dans les commeneemenls, administré par des frères ou religieux liospitaliers. Tnibaud Chevalier, de Saint-Germain-l'Auxerrois, leur donna une maison qu'il avait près de l'hôpital, qu*il avanta)(pa, et sa fondation fut confirmée par Maurice, évégue de Paris, en 1188. Le Pape Honoré III, par sa bulle do 17 janvier 1222, adressée au mettre et aux frères de la Maison-Dieu-Sainte-Catherine, prit cet hôpital sous sa protection. Grégoire IX, son successeur, les favorisa également el invita les fidèles de la province de Sens (dont Pari.< était alors suffragant) è les secourir de leurs aumônes. Bientôt après les religieux se firent aider par des sœurs, comme plus propres au service et au gouvernement oes malade:^.
II est fait mention des frères el des sœurs de l'hôpital de Sainte-Catherine dams des actes de 1328 et de 1372. Leur chapelle fut rel>ftlie et réparée en 1479 , et la dédicace s'en fit sous le nom de Sainte-Catherine el de Sainte-Marguerite. En 1521, François Pencher, évoque de Paris, et en celle qualité, supérieur de la maison, ordonna qu'à l'arenir il n'y aurait plus de religieux dans cet hôpital, et nomma k leur place Pierre de la Folie, prôtre séculier, pour en être le directeur spirituel, et pour avoir soin du lenipurel conjointement avec les religieuses, qot y demeurèrent seules. Ces religieuses sui* vaient la Règle de Saint-Augustin, comoie l'ont toujours fait, surtout anciennement, les religieuses hospitalières, mais elles ne se rattachèrent à aucune société, et foraèreot un institut particulier. Selon quelques au* leurs, ce changement dans la direction 4t la maison, qui ne devait plus recevoir que des religieuses, n'eut lieu qu'en 1557. La mai*
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DES ORDRES RCUCIEUX.