‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 176 sur 220 · SCEU · texte numérisé non relu

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second qtfi se rapporte aux œavres de miséricorde spirituelles et corporelles.

2* L'amour et Timitation de Jésus-Christ: la méditation *de ses grandeurs, de ses perfections, de ses rertas, de ses mystères \ Tadoration de Dieu en Jésus-Christ et par Jésus-Christ

3* La réparation des blasphèmes et du travail du saint jour. — Des outrages que reçoit le divin Sauveur dans la sainte Eucharistie. — Des profanations faites aux croix et aux autres objets de notre culte, surtout pendant les révolutions.

VLa dévotion è la très-sainte Hère de Dieu, que la congrégation doit faire aimer et honorer selon ses facultés.

Quant au but extérieur, la congrégation du Sauveur et de la Sainte-Vierge a pour fin le service des pauvres et des malades dans les hospices et è domicile; Tinstruotion gratuite des filles pauvres; les salles d'asile, l'éducation des jeunes demoiselles; la formation d'institutrices, de filles de campagnes, et enfin toutes les œuvres de charité qui peuvent s'allier avec la demi-cl6ture.

La congrégation du Sauveur et de la Sainte-Vierge peut établir des maisons dans les grandes villes, mais son but est, surtout, de venir en aide aux petites localités dénuées de secours, et elle le peut, puisqu'elle réunit, à elle seule, les œuvres qui nécessiteraient plusieurs communautés.

La congrégation est gouvernée par un supérieur général, agréé par Mgr l'evêque du diocèse où est située la maison mère ; par une supérieure générale élue tous les cinq ans, qui a une assistante, une vice-assistante et quatre con;seillères.

La congrégation du Sauveur peut fonder d*autres communautés dépendantes de la supérieure générale. Chaque communauté a une supérieure locale, une assistante et deux conseillères qui sont nommées par les supérieurs généraux et gouvernent sous la dépendance de leur autorité

Chaque communauté est soumise pour le spirituel è Tévêque diocésain; et pour le temporel, aux autorités civiles.

La nomination aux divers emplois dans toutes les communautés, le ' placement des sujets, leur translation d'un lieu dans un autre, appartiennent aux supérieurs généraux.. .

Le'tèmps de probationest de deux ans.

Les sœurs font, pour un an, des vœux simples de pauvreté, chasteté, obéissance, et restent libres, chaque année, de les renouveler ou de (quitter la congrégation; celle-ci est en droit de renvoyer la sœur qui deviendrait scandaleuse ou incorrigible.

Après cinq ans de profession, les sœurs peuvent, avec la permission des suoérieurs,

faire des vœux perpétuelSL Les Sœurs du Sauveur et de la Sainte-^

Vierge ont des sœurs converses qui n*ont point de part au gouvernement de la con* grégatioii ; elles ne récitent pas l'Office^mais elles font les mêmes vœux et sont traitées en tout comme les sœurs de chœur.

Les sœurs de la congrégation portent une rcbe en laine bleue et un cordon blanc, aussi de laine, comme marque de leor consécration à la sainte Vierge; elles ont une guimpe blanche et un voile noir; on i^and chapelet h la ceinture, et k la profession elles reçoivent un crucifix d'argent, sur bois d'ébène, ayant de l'autre c6té l'image de la Vierge.

Les sœurs converses portent aussi la robe bleue, le cordon blanc et le voile noir; mais il y a une diOérence dans le costume. Elles ont, sous le voile, une coiffe blanche, et on mouchoir blanc à la place de la guimi^e; l'étoffé de leur robe doit être plus grosse et la couleur bleue plus foncée.

Les religieuses de chœur psalmodient le

Ketit Office de la sainte Vierge è différentes eures de la journée, les petites Heures après l'oraison du matin, Matines et Laudes après la prière du soir, et la lecture du su* iet d'oraison qui se fiait è huit heures. Dans es grandes communautés seulement on psalmodie Vêpres et Compiles à trois heures après-midi.

Toutes les sœurs se lèvent k quatre heures et demie en été, è cinq heures en hiver; font la prière du matin, une heure et demie d'oraison aussitôt après, et autant le soir avant le souper; elles entendent tous les jours la sainte Messe, font deux lectures dans la journée, dont l'une avant ou aprè< le déjeuner, suivant la commodité de ta maison, l'autre h une heure trois quarts; l'examen particulier k dix heures trois quarts ; la visite au saint Sacrement k une heure et demie; elles disent le chapelet dans l'après-midi, k Pheure la plus corcmode pour chacune d'elles.

Le silence est soigneusement gardé, excepté aux heures de récréation après dîner et après souper; il v a, en sus, quelques récréations extraordinaires.

Il y a, dans toutes les maisons, un parloir avec une grille; et c'est là, seulement, quoa

Eeut parler aux sœurs; les personnes du deors n'entrent pas, sans permission, dans la communauté* mais les religieuses peuvent sortir pour les devoirs de piété et at charité.

La révérende Mère Marie de Jésus lot aidée, dès le commencement, par M. i*aboé Guines, en ce moment-lkcuré deTerrassoa, dont le zèle a contribué très-puissaoïDeot à la fondation de la communauté du Saoreor dans cette ville ; devenu premier supérieur général de In congrégation, il la gouverna avec le plus généreux dévouement. Ce sami prêtre s'est fait, depuis, religieux de Saint* François, et il est actuellement supérieor d'une communauté de Capucins, sous w nom de révérend P. Ambroise

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DES ORDRES REUGIEUX.

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Le second supérieur générai de la congrégation du Saurepr et de la Sainte-yierçe« fst M. Tabbé Dissandes, de Bogenet, vicaire géoérat do diocèse de Limoges; il protégea flaida l)eaucou(> la congrégation dès son arrivée dans le diocèse; puis il en fut nommé sufiérieur général, en 1839, par Mgr Tourn'fort, et fut continué dans cette charge par Mgr Buissas, évéque de Limoges , sous la protection duque! la congrégation du Sauveur a grandi et prospéré d une manière remarquable. M. de Bogenet, continue de la gouverner avec la plus haute sagesse, et, de concert avec la Mère fondatrice, il y dé* veloppe de plus en i>lus l'esprit du Sauveur en s efforçant d*împrimer dans les Ames, les vertus de cbaritét d'humilité, de régularité et de zèle.

La première communauté de la congrégation du Sauveur et dé la Sainte Vierge a été fondée en février 1833, h Tenasson {Dordogne). Klle est maintenant Tune des plus importantes, ayant Técole normale du département et un nombreux pensionnat.

Doe autre maison du Sauveur fut établie en 1831, à Orcival, près Clermont (Puy-de- Mme), puis, en 1835 au mois de septembre, celle de la Souterraine (Creuse), qui est devenue maison mère de toute la congrégation, et c*est là, seulement, que se fait le novi-» ciat.

Depuis la fondation de cette communauté, la congrégation a fait de rapides progrès. A l'époque actuelle, 1856, elle compte vingtciuq maisons établies, dont quinze (onze des Sœurs proprement dites et quatre des Fetites-Sœurs] dans le diocèse de Limoges, où est située la maison mère, cinq dans le diocèse de Clermont, dont Tune à Clermont même; deux dans le diocèse de Tulle fCorrèze). Deux dans celui de Périgueux : Terrasson, dont il a été parlé, et la communauté de Bergerac, aussi très-importantes : et une à Lauzun (L^t-et-Garonne), diocèse d'Agea. Beaucoup d^autres fondations sont demandée$r et Ton a peine à satisfaire toutes les localités, bien que la congrégation reçoive on grand nombre de sujets.

Afin d*étendre de plus en plus le règne de Dieu, la Mère fondatrice, autorisée par ses supérieurs, a établi une seconde branche (le la congrégation du Sauveur et de la Saiote-Vierge.

Les sœurs qui en font partie se dévouent au soin des pauvres et des malades et à riostruction des enfants, dans les campagnes.

Elles sont soumises aux supérieurs de la congrégation; font les mêmes vœux que les autres soBurs, ont les mêmes exercices de dévotion, moins la récitation de l'OiBce, et

sont dirigées par le même esprit.

Elles iKjrtent le nom de PetUes'Sœun du

Saiweur et de la sainte Vierge.

Leur costume se compose d*une robe noire en laine et d*un cordon bleu aussi en laine. Elles oui une pèlerine noire de même

étoffe que la robe, sur laquelle est brodé en bleu le chiffre de Marie. Leur coiffe est blanche, épaisse, et elles mettent de plus un voile noire. ^

A leur profession elles reçoivent un cruciQx de cuivre, sur bois noir, ayant de Tau- !^ tre côté rimage de la très-sainte Vierge.

Il est défendu anx Petites-Sœurs de s'établir dans les villes. Elles peuvent aller deux dans les campagnes et n ont point de clêture.

Quatre communautés des Petites-Sœurs du Sauveur et de la Sainte-Vierge, pour les compagnes, sont déjà établies dans le diocèse de Limoges, et le bien qui est résulté de cette nouvelle œuvre fait présager son succès pour revenir.

SOEURS GRISES ou SOEURS DE CHARITÉ,

d Montréal.

L'hôpital général de Montréal doit sa première fondation à un vertueux citoyen «le celte ville, M. François Charon de la Barre, qui voulut y consacrer ses biens et sa personne. Deux autres pieux-laïques, MM. Jeaii Fcrdin et Pierre Le Ber, le secondèrent puissaif^ment, et donnèrent avec lui commencement è son œuvre de charité, de zèle et de désintéressement. M. Le Ber était le frère de la sainte Recluse qui vécut vingt ans dans une cellule du couvent de la congrégation de Ville-Marie, sans communication avec le monde. Il resta fidèle è sa vocation jusqu'à sa mort, ne flt point de vœux, mais termina une vie sainte, comme pensionnaire, è Thôpital

(général, en octobre 1707. Les trois amis vouaient former une communauté de frères ^ Hospitaliers, destinés k soigner des hommes pauvres et infirmes.

Dès 1688, M. Charon et ses oeux associés obtinrent du supérieur de la nîaison de Saint- Sulpice de Montréal, un terrain convenable à la Pointe à Callière, et ils firent bientôt h leurs frais plusieurs autres acquisitions pour servir à la fondation de Thôpital.

Le but de l'établissement , comme le por^ tent les lettres (lalentes du roi du mois d'avril 16M, était de « retirer les pauvres enfants , orphelins, estropiés , vieillards in- Brmesetautres nécessiteux deleur sexe, pour V être logés, nourris et secourus dans leurs besoins, les occuper dans les ouvrages qui leur seront convenables, (aire apprendre des métiers auxdits enfants , et leur donner la meilleure éducation que (aire se pourra.» Plus tard, ce même établissement se chargea du soin de fournir aux fmroisses de camimgne des maîtres d'école qui enseignaient les garçons , comme les sœurs de la congrégation enseignaient depuis longtemps les tilles.

En octobre de la même année 169fc, Mer de Saint-Valier, deuxième évêque de Québec, approuva cette communauté d'hommes sons le nom de frères Hospitaliers de Sainf- Joseph de la Crois; mais la suite ne répoadil

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pas au zèle des fondateurs, et ils se virent incapables de former aux vertus' de leur état les sujets qu*ils avaient réunis. L'érection d'un nouvH institut dans l'Eglise n'étant pas une chose commune et ordinaire. Dieu ne donne pas son Esprit indifféremment à toutes sortes de personnes pour en établir. C'est en vain que H. Charon frappa à toutes les portes; pour se procurer des coopérateurs dévoués. Les uns manquaient de probité, les autres de piété; et en 17^7, plus de cinquante ans après la fondation de l'hôpital général , rétablissement , criblé de dettes , ne contenait que deux frères, dont un frappé d'interdit; et on y donnait seulement asile à quatre vieillards ^ui y végétaient dans l'indigence et le délaissement.

Ce fut à ce moment qu'une femme se présenta pour administrer l'héritage des pnu vres qui se dilapidait indignement en d'autres mains, et cette femme fut Mme Marie-Marguerite du Frost de la Jemmerais, née en 1701 à Varenne, près de Montréal, et fille d'un brave officier de marine Breton qui s'était fixé au Canada. Jusqu'ici nous avons vu des Français quitter leur pays natal pour initier les Canadiens aux vertus de la vie religieuse; maintenant c'est une Canadienne de naissance qui va à son tour fonder un institut de charité, sur cette terre, où la générosité est dans toutes les bourses, et la bienfaisance dans tous les cœurs.

Marie du Frost de la Jemmerais se maria, en 1722, à M. d'Youville; mais étant devenue veuve en 1730, avec deux enfants oui plus tard entrèrent dans le sacerdoce, elle ne songea plus qu'à se consacrer aux bonnes œuvres, et elle commença par visiter les malades h domicile et par recevoir quelques estropiés dans sa maison. Bientôt plusieurs saintes filles s'étant jointes à elle , Mme d'Youville étendit le cercle de ses charités ; et le zèle intelligent qu'elle mettait à toutes ses actions la désigna aux Sulpiciens , seigneurs de Montréal, pour prendre la direction de rhftpital génc'^rat. Elle en fut chargée provisoirement en 1747; mais aussitôt il se ibrma une cabale ffteheuse contre elle, parmi les plus honorables habitants. Malgré les infructueux efforts des frères Hospitaliers, on tenait par patriotisme è la conservation de cet institut, d'une existence déjà ancienne , et le peuple lui-même , ingrat et égaré , s'abandonna à d'incessantes insultes contre la vertueuse dame qui se dévouait à soulager la misère des pauvres. Le gouverneur et les autorités se liguèrent pour faire expulser Mme d'Youville de rhdpital gêné* rai, et l'on écrivit à Paris tout ce qu'on put imaginer de plus défavorable contre elle. Malgré tant d'efforts, la cour de Versailles se montra, cette fois , plus éclairée que ses agents ; et des lettres patentes de 1753 substituèrent Mme d'Youville elr \es compagnes aux anciens Hospitaliers, et les érigèrent en communauté pour prendre soin de Thôpital général. Les premières personnes qui se joignirent à Mme d'Youville, pour l'accomplissemenl de cette œuvre charitable, furent

Marie-Louise Thaumur, de la Source, Catherine Demers-Desserniont, Catherine de Rin- Tille, Thérèse Lasser-Laforma , et Agalhe Véronnean. AussitAt la Mère supérieure s'io*

Î^énia de mille manières pour arriver à pajer es dettes de l'hôpital, et pour lui assurer des recettes à l'avenir. Les épreuves n'étaiem pas à leur terme, et deux rois elle vit périr par le feu l'asile de ses vieillards et de ms orphelins.

En 1765, un incendie affreux laissa saos ressources les cent dix-huit personnes qoe Mme d'Youville logeait et nourrissait à «on hôpital. Cinq ans après, les bâtiments étaient reconstruits et agrandis, et elle y recueillait cent soixante-dix personnes.

Avant la conquête, elle était arrivée!

réaliser 60,000 livres de recettes annuelles, par les aumônes et par l'ouvrage qu'elle bisait pour l'armée et pour les particuliers. La prise du Canada par les Anglais tarit une grande partie de ses revenus; elle n'en donna pas moins suite à son projet d'adO|»ter les enfants trouvés, et elle y ouvrit encore un refuge pour les repenties. Sa confiance en la Providence était sans bornes , et elle écrivait peu de temps après sa mort

Noui êommei dix-huit sœurs ^ touiesin' firmes f qui conduisons une maison oi ilya cent soixante-dix personnes à nourrir, el presque autant à entretenir: tris-peu de renies, ta plus considérable est celle de nos ouvrages, qui sont tombés des deux tiers deouis que nous sommes aux Anglais» Toujours a lateUle de manquer de tout^ et nous ne monavcM jamais , du moins du nécessaire. Tomxrt chaque jour la divine Providence qui teut bien se servir de si pauvres sujets pour faire quelque petit bien.

Il n'était pas petit le bien que résiliait Mme d'Youville , et son abandon complet entre les mains de Dieu lui valut des grlcei spéciales pour la soutenir dans toutes sei traverses. Son histoire relate les nombreux exemples d'assistance qui lui arrivèrent d'une façon miraculeuse. Tantôt elle troate des pièces d'or dans la bourse de la oommor nauté qu'elle savait vide; tantôt, au moment où Ton manque de pain, des tonneaux <!• farine se rencontrent inopinément dans ac^ salle, sans qu'aucune personne connue ait pu les y porter. Cette protection spéciale de la Providence s'est continuée jusqu'à nùs jours sur l'hôpital général. Cet établissement, qui ne peut compter que surSO,O00fr. de recettes assurées, ne dépense pas moios de 150,000 fr. par an, et les sœurs de Cbariié n'ont jamais compté en vain sur les aumône;, pour permettre de soutenir inules les caavrf^ dont elles sont chargées. Voici quel est ie détail de ces œuvres :

Le ^in des malades infirmes des deut sûies. L'œuvre des tilles el femmes repenties, qui a été discontinuée. L'œuvre des enfants trouvés , commencée en i75fc. L*œov.« des aliénés, commencée en 1183 et abandonnée en 18U. Le soin d*an orphelioat Je filles irlandaises, établi en 18Si dans il)** pital, et entretenu parle séonuairadeMooi-

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