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Soos les successeurs <lD P. Ange le Proust. lacottgrégaUon prit des développements beureoxiqui lui permirent de résister à l'orage doni les coups violents allaient abattre tant d^Dlres institutions du même genre.
El en effet il y a ceci de très - remarquable dans cette congrégation, que la maison mère de Paris n a jamais cessé d'être habitée par les saintes Filles du P. le Proust, loéoe au plus fort de la Terreur.
A l'époque du massacre des 2 et 3 septembre 1792, les pauvres religieuses pouvaient, de leur pieux asile, assister pour ainsi dire aux scènes épouvantables de la prison des Carmes, et landes sanguinaires acteurs de cet horrible drame eut même recours à leurs mains bienfiiisantes pour faire panser ses blessures.
La supérieure générale d'alors était la R. M. Walsh ( un nom qui a toujours signi- Gè Gdélité au devoir); elle fut emprisonnée pendant plus d'une année; mais, à peine sortie des cachots , elle alla habiter la maiion de sa congrégation, qui fut plusieurs fois mise en vente comme propriété natio* nale, mais qui ne put être venuue par suite de Tintervention courageuse de mains amies. Ce fut la seule maison religieuse qui continua ses oBuvres saintes oendant les mau- Tais jours. Quelques hôpitaux reçurent même les soins des sœurs, qui se bornaient, (H>ur toute précaution, à revêtir l'habit sécalier.
Aujourd'hui cette congrégation est plus florissante que jamais ; elle se fait distinguer par le bon esprit qui Tanime.
Ses établissements, qui dépassent le nombre de quarante , sont répandus dans divers départements, mais surtout en Bretagne.
D'après les statuts, cette congrégation ne doit pas s'étendre hors de France.
La maison chef-lieu et le noviciat sont à Pans, rue de Sèvres, n* 27, faubourg Saint- Germain.
Règles de la eangrégcUion de$ hospitaliirei Àuguitines de Saint- Thomae de Villeneuve .
La société avait été approuvée par une balle du Pape Innocent XII, mais sous certaines conditionsqui n'avaient pas été exprimées dans l'exposé des impétrantes, ce qui fit que les religieuses se contentèrent de l'approbation des ordinaires des lieux où elles s'établissaient.
Leur supérieur général était élu par toutes les maisons de ta société, qui envoyaient leurs voix à Paris.
Leurs observances étaient du reste celles de toutes les congrégations religieuses du même genre; on y faisait les vœux simples , et, en Tes prononçant, on recevait au doigt uo anneau d'ai^ent.
L'heureux recouvrement de la dépouille mortelle du saint instituteur de la congrégation donnant un nouvel essor à la ferveur de la supérieure générale, elle pensa que le moment était favorable pour exciter le zèle de la société tout entière, et elle fit alors des Règlements sur plusieurs points impor-
(I) V#y. à la fin du vol., ro* 23S, ^37.
tants des Statuts primitifs, que le temps et de fâcheuses circonstances avaient un peu altérés. Ces Renflements furent approuvés par l'autorité religieuse.
Les attributions actuelles de cette congrégation , pleinement d'accord du reste avec la pensée qui a présidé à son institution, sont celles qui conviennent à des religieuses hospitalières : telles que le soin des crèches, des asiles, des écoles, des refuges, des malades civils et militaires et des vieillards.
Coitume des hospikuiirei Àuguilines ae Saini^ Thomas de Villeneuve.
Leur habillement consiste en une robe noire fermée par- devant et ceinte d'une ceinture de cuir.
Pour coiffure, elles ont des cornettes de toile blanche, une coiffe blanche par-dessus ces cornettes, un mouchoir de cou en pointe, et un tablier blanc lorsqu'elles sont aans :a maison. Quand elles sortent, elles mettent sur leurs cornettes une coiffe de pomille ou gaze noire, et par- dessus un grand voile noir.(l}
TRAPPE (MoiiASTàRES de la), en France.
L'on pourrait croire les communautés religieuses d'hommes détruites à jamais en France, perdues et ruinées comme leurs habitations, jadis si nombreuses et si belles, dont il ne reste que des débris. Si en certains lieux elles ont entièrement disparu, en d'autres vous voyez ces grands asiles de la science et de la prière , devenus des dépôts de la vie matérielle de produits de la nature et de l'industrie, saisissant Time d'uno profonde mélancolie par le contraste de la majesté de l'édifice, de la structure svelte ou imposante avec sa présente destination; il est des lieux où il reste seulement des amas de pierre, des pans de murailles qui disent è I œil ! ici fut une demeure de recueillement, un refuge contre les mauvaia pen* . chants , une école des sciences divines et humaines, une pépinière de saints.
Mais aujourd*nui, du sein de ces décombres qui paraissaient l'avoir enseveli, l'esprit évangélique , qui avait fondé tant de communautés et d'ubbayes, gui avait peuplé la terre de saints, construit de nouvelles retraites ou relève de leurs ruines ces maisons jadis si célèbres, jusqu'à ce jour abandonnées pour la plupart aux oiseaux de proie qui y cachent leurs nids , et aux renards qui y ont creusé leurs tanières. Le lierre et les ronces sauvages festonnaient .seuls ces sanctuaires autrefois si vénérés ; depuis longtemps l'encens de la prière ne s*élevait plus vers le ciel comme un parfum d'agréable odeur; de ces déserts devenus muets, le chant des sacrés cantiques n'était remplacé que par le cri lujpbre du hibou. La lureur des vivants, qui s'étendait jus-
au'aux morts, les avait arrachés à l'asile où s dormaient en paix dans l'attente de la résurrection générale. Voilk les monastères tels que la révolution de 89 les avait faits, et tels que les religieux les trouvèrent à eur retour.
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DICTlOiNNAIRE
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La Trappe, depuis sa fondation» tenait le premier rang parmi les ordres religieux. Ses longues veilles, ses jeûnes rigoureux, ses mortifications que Ton croirait au-dessus des forces humaines, son silence continuel et profond étaient célèbres dans le monde catholique. Des Ames sans tache y tenaient s'offrir, victimes d*agréable odeur au Très-Haut, en même temps ^e des Ames pécheresses se crucifier par le repentir, et transformer une vie de scandale eu uue vie de sublimes vertus.
Cet ordre religieux , qui se présente sons la glorieuse protection de trois grands noms, de Benoit, auteur de sa Règle , de Bernard, son fondateur, et du fameux at)bé de Rancé, son réformateur, trouva des soutiens contre les mesures iniques qui les anéantirent tous en 93, même parmi les hommes de dévastation; ils demandèrent, mais inutilement, une exemption pour lui ; quoique com(>ris dans la mesure générale de la proscription des maisons religieuses, les Trappistes nourrirent cependant un instant l'espoir d'échapper è la destruction universelle, mais le coup mortel les frappa comme les autres instituts.
Dom Augustin, de L'estrange de son nom de famille, aussi recommandable par sa piété que par sa noblesse, était mettre des novices quand cette nouvelle arriva jusqu'au fond du désert de la Trappe, et troubla la paix profonde dont elle jouissait; ce fut lui dont la Providence se servit pour sauver une partie de ses frères. Vivement ému des dangers qu'ils couraient , et surtout de ceux que couraient tant de moines qui lui étaient confiés , il crut devoir tout tenter pour leur, conserver un état qui faisait leur bonheur. Nouveau Moïse, il crut entendre du buisson ardent de sa brûlante charité, la voix de Dieu qui l'appelait à faire sortir ses frères de la corruption et de la servitude de l'Egypte; et la bénédiction répandue sur ses i^aints projets prouva bientôt qu'il était digne de leur frayer, loin de l'impiété triomphante, un chemin et une autre terre de promission.
Mais que d'obstacles il eut è surmonter I Par son courage et sa constance, dom Au-
f;ustin vint à bout de toutes les difficultés. 1 représenta è tous ses frères combien il était nécessaire et urgent de chercher dans \bs contrées étrangères un asile ot il leur fût permis de former un établissement qui pût servir de retraite è tous ceux qui voudraient persévérer dans cette carrière de pénitence. Une requête qu'il avait déjà préparée , par laquelle il demandait au gouvernement suisse la faculté de se réfugier dans ce pays, fut signée par ses religieux; mais comme la plupart de ceux qui avaient souscrit cette demande hésitaient ensuite , loin de se laisser abattre , dom Augustin se sentit encore animé par les contradictions mêmes. Plein de cet enthousiasme religieux qui t'ait les apôtres, et dont Téloquence est si pénétrante, il réunit ses futurs compa*» gnons d'exil au fond des bois, dans la grotte
dite de Saint-Bernard, k Mortagoe , midson mère de l'ordre, lieu si vénéré par les Trappistes et si riche de souvenirs et d'inspirations. Ce fut snr ce théâtre des conférences du célèbre réformateur qu'il baraoRua sei frères, qu'il leur reprocha leur indécision $
au'il leur exposa la Règle et les saintes onstitutions des patriarches, des cénobites, saint Benott, saint Bernard, de Rancé, et qu'il leur montra au bout de la carrière la vraie terre promise. Ce discours eut tout l'effet qu'il désirait; le départ fut voté d*acclamation. Dom Augustin t accompagné de sa colonie, se mit en marche le S6 a?ril 1791 vers les monts hospitaliers de la
Qui pourrait raconter tout ce qu'ils eurent à souffrir? un sac de nuit renfermant quelques habits religieux et quel<)ues instruments de pénitence, une mauvaise charrette couverte plutôt pour les dérober ans regards que pour les défendre contre les injures de l'air, ce fut tout leur équipage. Ce fut un spectacle digne d'admiration que cette solitude ambulante, oîk se pratiquaient tous les exercices de la Règle. Après avoir franchi la frontière è travers mille obstacles, et être entrés sur le sol hospitalier, prosternés la face contre terre , ils remercièrent Dieu de leur avoir fait trouver un lieu pour le servir, et ils entonnèrent avec effusion Je cœur le cantique de David, si analogue a leur position : Nisi quia Dominus eratinnih bis, etc. (Piol. cxxiii, 1.) Arrivés è la>al- Sainte , dans un vallon solitaire beaocoup plus profond que celui de la Trappe (département de l'Orne), dans une chartreuse vacante depuis 10 ans, au milieu de moatagnes dont les sommets se perdent dans les nues , la pieuse colonie fonda le noovean monastère qui devint le chef-lieu des autres colonies des Trappistes jusqu'à la Restauration. Non-seulement ils conservèrent dans toute sa pureté Tobservauce de la réfonne, mais encore , d'un consentement unanime, ils crurent devoir embrasser une observance plus étroite. Après une retraite qui eut lieu j)Our attirer les bénédictions de !>»«" *"^ cette entreprise, on prit à la pluralité Oes voix , pour le règlement du monastère , une suite de décisions qui a été appelée la ileforme de la Yal^Sainte.
La bonne odeur dos vertus de ces fervents solitaires se répandit bientôt au loin; les feuilles publiques elles-mêmes rendirent hommage à tant de courage et à Uot de saiu* teté. En peu de temps l'affluence des éirto*
Sers devint si considérable, et le nomM es postulants s'accrut si fort , qu'en vi^ on dut s'occuper de former en d'autres cou* trées plusieurs nouvelles colonies; T&ia* gne , TAnçleterre , la Belgique , le Fiémoat, s'empressèrent d'en demander, et ces oiverses maisons devinrent bientôt florissia* tes. Par un bref du 30 septembre iWk, Pw »^ érigea en abbave de leur ordre et de leur congrégation réformée de la Trappe, le n^^ vel établissement de ces religieux de la >^ Sainte, et confirma rélection de l'abbé ^
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DIlS OliDRES RELIGIEUX.
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la personne ae dom Augustin, avec i>ouvoir for toutes ses filiations.
Le torrent révolutionnaire ayant débordé el les Français s'étant emparés de la Suisset il bilut se résoudre è une nouvelle émigratico: ils errèrent en Allemagne » en Russie, eo Pologne; dom Augustin y fonda diverses commanaatés d*hommes et de femmes. II vint s'établir de nouveau avec une partie de tes enfanU h la Val-Sainte, en 1802. Nous afonseu le bonheur de vivre pendant quelqoes années dans le petit séminaire aAix iTec un des Pères Trappistes , le P. Suchet, compagnon d'exil de cfom Augustin depuissi sortie de France et dans toutes ses péri* grinations en Allemagne. Rien de plus touchant, do plus édifiant que le récit qu'il accordait è nos pressantes instances, du genre (le vie que menait cette communauté, de* venae si nombreuse b travers les diverses contrées de TAllemagne. C'était un spectacle dîKne d'admiration; le silence, la lecture, rOffice, la coulpe , le travail , l'étude ne furent jamais interrompus. Sans eu excepter les enfants qu'on leur avait confiés en grand nombre, tous marchaient processionnellement, parcouraient b pied les plus grandes distances, tant qu'ils ne succombaient pas à la fatigue; arrivés dans une ville, ils sollicitaient un grenier pour le repos de la nuit. Par une indiscrète curiosité, on lui demandait mille détails sur un si grand nombre de villes et de contrées qu'ils avaient parcourues; ces renseignements lui étaient aussi iDjpossibles que s'ils n'avaient jamais quitté leur solitude de France. Aussi recueillis au milieu de ces régions nouvelles pour eux, au milieu des villes et des populations étonnées, aussi appliqués à leurs exercices que dans leur désert, ils ne connurent rien de toutes les contrées qu'ils parcoururent. Le P. Suchet nous répondait avec une édifiante simplicité que rien ne les touchait de tous les objets nonveaux; qu'ils y étaient indifférents, que tout leur désir était d'observer leur Règle et d'édifier les peuples. Raconter tout ce qu*ils eurent h souffrir d'humiliations , de privations et de fatigues pendant ces longues péi*égrinations est chose impossible« Le bon Père ne répondait que quelques mots avec un aimable sourire; sa modestie Tempèchait de révéler les détails auxquels il avait eu une si grande part et dont !a récit l'aurait alarmé; sa santé avait été ru'iée par les souffrances de l'exil ; habitué h ne diriger que la jeunesse de la Trappe, son incomparable douceur le rendit impropre à exercer la surveillance sur les élèves de la naaison.
Après avoir parcouru les forêts de l'Amérique » les bruyères de Tlrlande, les glaces de la Russie avec ses frères, dom Augustin rentra à la Val-Sainte, profita du moment oii la France commençait b respirer sous un gouYemement plus ferme, pour oser se présenter devant Napoléon afin d'obtenir la permission do rentrer en France; il en fut bien accueilli. Dès 1806, un établissement de la Trappe existait dans la forêt de Gros*
Bois , commune d'Hjères , k 0 lieues de Pa« ris; plusieurs maisons furent ensuite don* nées k dom Augustin. Bonai^arte lui*mérae fonda une maison de Trappistes au Mont- Genèvre, qu'il dota d'une rçnte annuelle de 30,000 fr., pour fournir aux frais qu'occasionnerait le passage des militaires qui étaient reçus -et soignés dans cette maison. Il donnait aussi 10,000 fr. k une autre maison du même ordre établie k la Cervara, Eres Gênes; il témoignait toutes sortes de ienveil lance aux supérieurs ; malheureusement cet accord fut interrompu ; le refus d'un serment qu'il voulut exiger du supérieur de Cervara fit éclater sa colère, et il s'emporta contre l'ordre entier. Dom Augustin en devint le principal objet. Persécuté, incarcéré, puis sa tête mise k prix, il se rendit en Amérique; il y établit deux maisons principalement consacrées k l'instruction de la jeunesse.
Après l'abdication de Napoléon D. Augns-» tin, rentré en France avec la majeure partie de ses enfants, s'occupa d'abord k racheter la maison de l'ancienne Trappe, berceau de la réforme, où il rappela une partie des religieux rentrés depuis peu k la Val-Sainte; l'autre partie fut envovée k Aiguebelles , diocèse de Valence ; les religieux venus d'Amérique se fixèrent k Bellefontaine» diocèse d'Angers, et ceux d'Angleterre k La Meilleraie, diocèse de Nantes.
D. Augustin reçut de grandes marques de bienveillance du Souverain Pontife dans un voyage qu'il fit k Rome. Nous avons été heureux de voir plusieurs fois ce religieux
3ui a rendu des services signalés k son orre, en l'inspirant par son courage, le soutenant par ses exemples, et le rendant l'objet de l'admiration du monde, le seul dont les membres toujours réunis, quoique toujours étrangers et pèlerins, aient transformé en solitude tous les lieux où la persécution lesobligeaitde choisir un nouveau domicile. D. Augustin parcourait les villes du Midi pour les besoins de sa maison d'Aiguebelle, soit pour l'établissement qu'il fonda dans la forêt de la Sainte-Baume , département du Var, lieu célèbre par le choix qu'en fit sainte Madeleine pour y faire pénitence, et qui, depuis les premiers siècles,fut toujours en grande vénération, et le but de continuels pèlerinages pour les habitants de cette contrée. M. le marquis d'Aibertas leur avait cédé des terres et des granges situées au premier plan de la montagne. Supérieur alors du petit séminaire Saint-Gliarles k Brignoles, pour récompenser et pour encourager les élèves, nous en conduisîmes 150 pour visiter ce i;élèbre sanctuaire et parcourir cette antique et magnifique forêt. Ayant obtenu l'insigne faveur d'entrer dans le réfectoire pendant le dîner des religieux qui étaient alors en très-grand nombre, cette jeunesse put admirer avec nous et la grossièreté de leurs aliments qui consistaient en deux potages, l'un un peu plus épais que l'autre, el leur sobriété, leur pieux recueillement, qui les rendit étrangers k la présence d*une si
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tiombreusecommunautécirculantautourdes tableSf comme s'ils avaient été sans témoins; plusieurs fois pendant cet intervalle, un coup de sonnette, comme une étincelle électrique, arrêtait tous les mouvements, avertissait tous les frères de penser à ]*éternité jusqu'à ce qu*un nouveau signal leur permit de continuer leur frugale réfection. Qu'on nous excttse ces détails à cause de l'impression profonde que nous en avons conservée, depuis bientôt trente ans. Celle qu'en reçurent mes élèves fut longtemps le sujet de leurs conversations et un objel de la pi os touchante édification.
Cette même année, D. Augustin fut atteint è Lfon d'une maladie, suite d'une chute négligée, etapr%s avoir regu les sacrement» avec de grands sentiments de foi et de piété, il s'endormit duns le Seigneur, le 16 juillet, À l'Age de soixante et douze ans.
Le Pr D. Augustin deFEstranges étaitd'une taille au-dessus de la moyenne; il avait la démarche noble, le regard doux et pénétrant, un air de grandeur qui n'excluait pas cependant le sentiment de l'humilité chrétienne. Sa parole était douce et onctueuse, sa longue cnevelure était d'une blancheur et d'une beauté remarquables.
La suJ^ime mission^ de ce généreux confesseur de la foi fut de sauver les Trappistes de la ruine commune pour les faire rentrer en France. En opérant une réforme d'un ordre déjà austère, D. Augustin et les 24 Pères qtfi l'accompagnèrent à la Val-Sainte eurent pour fin d'opposer une surabondance ûe j.nstice aux excès de la licence et de l'impiété qui agitaient le monde , et la réforme prit de prodigieux développemHnts en Espagne, en Bfabant , en Piémont, en Angleferre» Mais bientôt de nouvelles persécutions etd'indiciUes tribulations et souffrances accompagnèrent ces 250 religieux dans la Russie blanche, en Autriche, en Pologne, en Bohème, en Bavière, en Prusse, puis en Amérique et au Canada, et jusqu'au lour où iF leur fut permis de remettre le pied sur le sof de la patrie.
Le lecteur verra avec intérêt le tableau de la distribution des exercices journaliers suivis è la Trappe^
Le.lever est è une heure et demie, les jours ordinaires, à une heure les jours de dimanche et les fêtes de douze leçons, et è ihinuit, les jours de solennité*. — L'OIQce de la nuit iliire jusqu'à quatre heures; puis il v a un intervalle pour la lecture et jusqu'à cfnq heures et demie. A cinq heures et demie Prime et le chapitre des coulpes jusqu'à six heures et demie. A sept heures et demie Tierce et la sainte Messe. — A neuf heures le premier travail jusqu'à onze heures et demie ; à onze heures et demie Sexte ius(|u*à midi ; à midi, le second travail jusqu à deux heures; à deux heures None jusqu'à deux heures et demie; à deux heures et demie le dtner suivi immédiatement d'un intervalle i>our la lecture jusqu'àquatre heures etquart; aquatre heures et quart, Vêpres suivies d'un intervalle jusqu'à six heures ; è six heures
Compiles et \e Salve jusqu'au coucher qui est à sept heures.
En été, il y a une augmentation de deux heures de travail.
Le travail est un des principaux points de la Régule de Sainl-Benou, qui eut le plus à souffrir du relâchement dans lessièclesdel» décadence monastique, mais que l'onaaussi soigneusement mis en vigueur à la Trappe, Tous les religieux sans distinction s'appriquent à des travaux aussi fructueux que péaibles, aussi bien dirigés q.ue courageusement et perséverammentexécurés; iUpeuveolservir de modèles à tous, soit de 1 activité qui bannit la piH'esse, soit de l'industrie oui, avec sa compagne, chasse la misère. Cesl peu pour eux a être indépendants, de vivre du travail de leurs mains, ils versent dans le sein des pauvres une partie du fruit de leurs sueurs. Ils rompent avec tous les voyageurs le pain de l'hospitalité : ils ne s'appliquent pas à bien parler, mais à bien vivre; non à charmer les hommes par l'esprit, mai» à les édiSer par la pratique des solides vertus ; non à subjuguer les autres par leur éloquence, mais à triompher d'eni-mémes et à vaincre les penchants de la nature corrompue. S'ils n'aspirent pas à pénétrer les secrets de la nature, ils s'avancent dans le» sciences des saints, à cultiver le grand art de la perfection et du vrai bonheur, et cependant ces hommes si vertueux, dont la France n'était pas digne, furent chassés de leurs propriétés, forcés de chercher dans des contrées lointaines unechétive retraiter uo coin de terre, oJl il leur fût permis de continuera prier et à fai re du bien aux hommes. Et cependant, étrangers à toutes les agitations des partis,ils ne s appliquaientqu'à altirerpar leur» prières les bénédictions du ciel sur leur ingrate patrie^qui ont donné enfin àleurs concitoyens l'exemple de la soumission aux lois et de toutes les vertus sociales et religieuses.
Après nombre d'années d'exil, il leur fui permis de revoir leur patrie , de racheter une partie de leurs biens vendus» de relever leurs maisons ruinées, de défricher de nouveau leurs terres où Tépine et b ronce avaient eu le temps de pousser de profonde» racines, de cultiver les landes et les bruyère» de leur désert, et ils savent encore en tirer le pain de chaque jour, qu'ils continuent à partager avec les pauvres. Nous ne nous arrêterons pas à réfuter les erreurs et à détruire les préjugés trop accrédités contre la vie et les Règles des Trappistes; la plu(«rt sont faux et absurdes. Il nous suflira de rappeler que depuis la réforme , è diverses époques, on a proposé des adoucissements à la sévérité de la Règle. Toujours les religieux, consultés et engagés à dire firaocbe* ment leur avis, répondirent constamment, à l'unanimité, que la règle était encore trup douce à l«ur gré, et que pour les satisfaire, il faudrait qouterau lieu do retrancher aux austérités. C'est ce qoi eut lieu en 16^ • sous M. de Rancé, en 1687. La même cbo^e se renouvela avec plus d'éclat à la Val-Saiu^ sous le régime de D. Augustin ; des plaintes
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DES CMtMES RELiaiEUX.
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ptffiareBl aox oriilles duPape ; tes enfants da D. ÂiiKiislin crurent devoir protester coDire ces bruits calomnieux. Après ayoir dit qu'ils parlaient devant Dieu, scrutateur descœorsi ils consignèrent par écrit leurs déclarations qui furent remises au nonce de Sa Sainteté et qui ont été conservées dans lesRèglements de la Val -Sainte. Elles portaient en substance qu'ils étaient sous leurs Règles contents et heureux autant qu on peut récre ici-bas ; quMIs priaient ceux qui doQtaientde leur bonheur de demander pour eux f au lieu d*adoucissements, une plus grande fidélité à leurs Règles. Le Père qui aida puissamment le révérend Père abbé de TEstranges à travers ses longues pérégri- Dations, au milieu de tant de dures épreu* tes et pour la restauration de l'ordre en France fut le R. P. Etienne.
LeP. Etienne fulordonné prêtre enl769; à cette époque il donna des preuves d'ungoût décilié pour la vie religieuse; il exerça le ministère paroissial dans le diocèse de Reims jusqu'au jour de la Trinité, 1791, où il fut ehasséde sacure par l'intnis.Sa conduite dans les paroisses avait été celle d'un prêtre parlait; son influence était étendue même dans les paroisses voisines. Les curés ses confrères suivaient la direction de ses conseils. Vn an après il, quitta la France, vint en Belgique, et s'arrêta àNamur. La rétribution (les Messes fut sa seule ressource, il n'en eut pas d'autres à Maiines;sa vocation pour la Trappe fut décidée è Bruxelles chez les DominieaÎDS , où il rencontra trois de ces Pères que D. Augustin de l'Estranges en- ▼ojait en Angleterre pour y fonder une maison de leur ordre; mais ils changèrent d'avis lorsqu'un propriétaire bienveillant promît de leur céder à un prix modique, une maison et ses dépendances, è Wessmal, près d*Anvers. Le 15 juin 1794^, il re^ut l'habit de moine et prit le nom de frère Etienne, c'était celui du troisième abbé de Clteaux.
Jamais noviciat ne fut plus éprouvé. La Trappe du Sacré-Cœur n'avait pas six mois d'existence , que déjà l'armée française de Dumouriez força ses fondateurs à l'abandonner. Us cherchèrent un asile en Westphalie. Dès que D. Augustin vit ce moine, il en eut une si haute idée qu'il voulut l'attacher à la Val-Sainte; il exigea qu'il fit ses vœux de stabilité pour cette abbaye. Ce fut le 15 juin 1795, que le P. Etienne prononça ses vœux irrévocables. Hais cette abbaj^e n^ayant pas t)esoin de son dévouement, il fut envoyé en We.«tphalie en qualité de sousprieur. Un généreux bienfaiteur abandonna aux Trappistes une terre et un bois près de Dalfeld. Le Père Etienne et ses compagnons arrachèrent les arbres qui encombraient remplacement choisi pour le monastère. Il fut construit en bois, sauf quelques bhques doaaées par un habitant du voisinage. Us niaaqaaient des choses nécessaires à la vie ; ils cherchaient des herbes, de l'oseilie, de la chicorée sauvage , de mauvais légumes pour en préparer des aliments. Dalfeld déviât une grande abbaye, et. d'elle- sortirent
plusieurs communautés qui existent aojour-* d'hui en France.
A peine la communauté de Dalfeld fut établie et consolidée, qu'une révolution nouvelle troubla et dispersa la Val-Sainte. D. Augustin, résolut de fuir en Allemagne ; il avait besoin d'être bien secondé dans une entreprise qui devait rencontrer beaucoup de dimcultés.II manda le P. Etienne qui vint le joindre k Constance. Les fugitifs arrivèrent k Vienne. Le séjour dans cette ville ne fut qu'une halte; la condition que mit l'empereur de ne plus recevoir de novices , fut un ordre de départ; ils partirent pour la Russie Blanche, et s'établirent à Broha, où le P. Etienne resta seul à la tête de la communauté. Quelque ruineuse pour la santé que fût l'intensité extrême duiroid ; quelque rude que fût ce genre de vie ; les P. Trappistes étaient heureux, mais les épreuves ne faisaient que commencer; après un séjour de dix-huit mois, les Russes furent battus par les Français. Paul V% à Pâques en 1800, obligea tous les Français à sortir de ses Etats. Tous les exilés de la Val-Sainte, qui avaient occupé divers asiles en Russie, se trouvèrent réunis à Dantzich. Quoique luthériens , la population, les magistrats Qrent à ces persécutés invincibles l accueil cm-* pressé qu'inspirent le respect et l'admiration. L'hôtel de ville fut illuminé à leur entrée, et deux couvents leur furent ouverts; six semaines après ils vinrent s'établir près de Hambourg, sur les bords de l'Elbe.
Le P.Etienne eut bien voulu retournera Dalfeld, à cette étable de Bethléem,, comme il l'appelait; il y eut retrouvé ses propres frères en religion; cette gcAce lui fut refusée. D.Augustin l'envoya & la Val-Sainte en qualité de prieur.
La Trappe eut alors un r^pos do neuf ans;, elle fonda de nouvelles maisons en France et en Italie. Le P. Etienne donna toujours l'exemple de la régularité , de la mortifica-. tion et de toutes les vertus monastiques.
Tous les monastères de la Trappe farent supprimés en France,, par le refus que fit D. Augustin de prêter un serment contraire à sa conscience. Le R.. P.. Etienne trouva le moyen de ne pas quitter sa chère solitude avec un frère convers et le P. Cellerier. A la chute de l'empereur, les Trappistes commencèrent à reparaître, et le P. Etienne et ses compagnons reprirent l'habit régulier le jour de la Nativité de la sainte Vierge, 1816.
Bientôt D. Augustin appela en France les religieux de la Val-Sainte. Le P.Etienno futcflrayé du choix qu'il fit de lui pour l'en* voyer fonder le monastère d'Aiguebelle; vainement il s'excusa sur son incapacité.
Lorsque le P. Etienne arriva k Aisuebelle, il avait 72 ans. L'ancienne abbaye était dans un état déplorable, les toits étaient détruits, on. ne trouvait plus ni portes ni fenêtres Il manquait du pain, du blé, des. légumes ; les seuls bienfaiteurs furent deux pauvres du voisinage, qui aidèrent les Trappistes de leur orge, de leurs pommes de terre
H fallut de longs efforts et une patience in^.
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fatîgabre pour effacer les ravages de 2S ans. Le P. Elienne soutenait les courages parse^ discours et surtout par ses exemples.
Le nom du P. Elienne éHiil accueilli par d'universelles bénédictions; il inspira la vénération la plus profonde dans toute la contrée; on lui donnait d'incessantes louan-
Î^es de Ljon à Marseille^ de Toulouse à Vaence^ de Bordeaux à Belley.
Une nombreuse communauté se rassembla autour du vénéré vieillard. Aiguebelle, laborieuse redevint florissante. Il se défendit longtemps contre les instances qu'on lui r»l de recevoir Thooneur suprême de la hiérarchie monastique , mais il dut céder à Tautorité de ses supérieurs, il fut donc élu abbé, le 13 août 183/^; ce fut Mgr D'icosie» aujourd'hui évéque de Marseille, qui fit la cérémonie de la bénédiction abbatiale.
Les maladies tes plus graves n'avaient pu altérer sa santé. Il avait résisté k trois attaques d'apoplexie jusqu'en 183i, k une sciatiqueen 1836, à un érysipèle gangre neux en 1837; il mourut le jour des Rameaux 1841, à rage de 96 ans. Les sentiments qu'il manifesta dans les derniers mois de sa vie furent les derniers reflets d'une si admirable vie et ont rendu sa mémoire impensable .(1)
TRAPPE DE GETHSEMANI (Ordre D£ Notab-Damb de la), en Amérique.
Voici comment le R. P. Marie Eulrope de Notre-Dame de la Trappe de Gethsemani raconte lui-même le voyage des Trappistes de La Meilleraie au Kentuki.
En septembre 18W, quarante religieux, après le baiser fraternel, quittaient l'abbaye de La Meilleraie, le bâton à la naain, le chapelet de l'autre; è leur tôle le B. P. Marie portait une grande croix de bois; c'était le drapeau des quarante braves. Quel empressement partout sur leur passage, partout qu elle vive émotion I Une pieuse dame d'Arniens accourait au-devant du supérieur et lui criait : Ahl mon Père, que ne suis-je un homme, vous auriez un Trappiste de plus 1 A Tours ils parcoururent les rues suivis d une foule nombreuse ; on leur demande qui ils sont„ oii ils ronl, mais en vain, la conscieace défend de répondre. Alors chacun de faire des commentaires : C'est un institut de sourds et muets, disaitl'un; non, disait l'autre, ce sont des étrangers ignorant noire langue. Ils arrivent è la gare, le chemin de fer les eut bientôt conduits à Paris; us ne quittent pas leur costume, ils traver* sent cette ville, où ils sont partout et de tous entourés d'un profond respect.
On va vile en chemin de fer; ils arrivent au Havre ; le firunswickj de 1,200 tonneaux, reçut nos Trappistes au grand étonncmeiit ue quatre-vingts Icariens qui se rendaient au Texas. Quel contraste ! Dans un comjMirtiment la prière et lachariié, dans l'autre le blasphème et l'égol^sme. Nos utopistes se querellent pour un morceau de pain, se battent, faut-il le dire, pour une pomme de lerre. Le i^runraicA, remorqué par un vapeur •uiôncain de 363 pieds de long sur 69 de (l) Yotf. k la nn du vol.^ rm Î3S^ 245.
large et a quatre étages de hauteur, remonte le plus beau fleuve du monde, le Mississipi, et le canon annonce la Nouvelle-Orléins. Uk quel spectacle terrible! des lcarîeos,que dis-je. aes spectres, viennent au-devant de leurs frères leur annoncer qu'ils sont tromfiés. ,Oo demande un père, un épooi, no ami, et pour toute réponse, ces mots se font entendre : « 11 est mort de besoin, il s*est suicidé. » Alors les larmes cooieot, les gémissements se font entendre, tous mau* dissent le coupable qui les a trompés.
Pendant ces scènes désolantes, k» religieux sont arrivés au désert qu'ils doivent habiter et fertiliser. Ces kO hommes ap()elé$ à réformer ces contrées, partagent leur temps entre la prière et le travail. Le blanc, qai craignait de s'avilir en cultivant la terre, crut pouvoir le faire après nn Français; l'esclave, le noir» est fier aussi de voir un homme libre travailler è côté de lui.
De tous côtés on se rend è leurs oflSoes; on a pour eux le plus grand respect: beaucoup veulent embrasser une religion qui sait si bien ennoblir les hommes. C'est une terre vierge à cultiver, la moisson sera abondante on n en peut douter. Ces généreux ouvriers lui prodiguent leurs sueurs.
Tel était le récit que faisait sur la rbaire de la Sainte-Trinité de Laval le R. P. Marie Eutrope de Notre-Dame de Getbseniaoi,en racontant son voyage de La Meilleraie an Kentuki devant une foule nombreuse de fidèles.
Cette abbaye comme toutes celles de l'ordre de Notre-Dame de la Trappe pros|>èreaa delà de toute espérance et fait l'admiratico et l'édification de la contrée.
TRAPPE (TiBRg ORDRE DE Norb-Dahkdiu).
dam te manaslire de Sainie-Catkerint, à
Laval,
Dom Augustin avait, comme on sait, établi un tiers ordre pour l'enseignement des enfants, lorsque ces Trappistes étaient émigrés en Suisse, et ce tiers ordre a été admis en plusieurs lieux et plusieurs monastères, depuis que les religieux rentrèrent en France, mais la communauté des religieuses Trappistes du monastère de Sainte-Catherine, à Laval, alors du diocèse du Mans, a formé un institut semblable, différent de celui de dom Augustin do Lestranges.
En 1822, la révérende Mère Elisabeth Piette, alors supérieure et depuis abbesse de la communauté de Sainte-Catherine, établie en 1816, animée du désir d'avancer la floire de Dieu en procurant le salut des mes, institua dans son monastère un tiers ordre de religieuses destinées è donner l'instruction aux jeunes filles pauvres, fooctions que ne permettent point les Statuts de Ctteaux, ni la Réforme de la Trapt»e. 0^^ s'adressa au Saint-Siège, qui donna raulorisation n^ssaire et mit le nouvel iosttiit sous la juridiction de l'évêque dîocé^ia* Deux sœurs, les demoiselles Julie et Adèle Donnj, peuvent être regardées comme les pierres fondamentales de re tiers ordre, cêf elles y consacrèrent leurs i>er$0Bnei et leur
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DES ORDRES RELIGIEUX
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