‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 183 sur 220 · USI · texte numérisé non relu

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brtonei en donnant une partie de celle-ci pour bâtir le local de la classe» et l'autre partie pour sobvenir aux frais de dépenses cootiooelle^» telles que livrer, papier, etc, toot enfla, jasqa*k la nourriture et a Thabilieinent d*un pand nombre de leurs pauvres étolières, qui sont quelques fois deux cents. Le nombre des religieuses de ce tiers ordre est fixé k huit; elles font deux ans 4e noviciat» après lesquels elles s'ençagent poor toujours» car les voeux sont perpétuels» mais non solennels. Ces vœux sont ceux de )>aofreté» de chasteté» d'obéissance» de conversion des mœurs (expression de la Règle deSaint-Benott) et de stabilité. Biles s*ob]tgenl aussi k une clôture perpétuelle. Elles oot des règlements spéciaux» qui les obligent AU silence et k tous les autres points du rè* glement des religieuses du grand ordre» qui ne sont pas incompatibles avec leurs obligations particulières. Elles ont pour maîtresse Jes novices nne religieuse de la grande observance. Biles consaerenttous les jours se|>t heures k rinstruction de leurs élèves; cellesci sont externes et se réunissent dans un local attenant k la communauté et dont ientrée n'est permise k aucune autre ()er5onne du dehors» sans une permission (Je Tordinaire. Les religieuses du grand ordre n y entrent jamais » k Texceplion de l'abbesse et de la religieuse qu'elle désigne pour présidente des classes. Les sœurs du tiers ordre passent dans l'intérieur du monastère tout le temps qu'elles ne donnent point k rinstruction; elles y couchent et s'y acquittent de leurs exercices de piété. Les dimanches et fêtes» elles assistent au chœur à tous les Offices du jour et tous les soirs k Compiles. Pour leur Office particulier» qui est celui de la sainte Vierge, selon le rite de Citeaux» elles se réunissent dans une tribune qui donne sur l'église» et qui leur sert de chœur spécial» les jours ordinaires. Elles ne sont assujetties qu'aux jeûnes commandés par l'Eglise» et en ces jours-Ik elles dînent k onze heures. Pendant le cours de lannùe» elles font usa^^e du gras, plusieurs jours de la semaine. En Carême leur maigre consiste en laitage» œuÊs» poisson» mais du poisson le plus commun» tel que morue» hareng, etc. Comme l'usage de l'ordre de Ct- (eaux ne permet point de manger gras dans Tenclos de ses cloîtres» les sœurs du tiers ordre ont leur réfectoire dans la partie de ia maisoa destinée kleur institut» mais elles couchent dans l'intérieur de l'abbaye» sur un lit garni d'une paillasse non piquée» mais dont la paille est hachée» d'un drap de laine» et de couvertures autant qu'il est nécessaire pour se garantir du froid. Elles ont huit lieures de repos. Leur vêtement consiste en une robe de laine blanche avec un scapuaire noir» sur lequel il y a un cœur de Jrap rouge où sont brodées les initiales du laint noai de Jésus. Les professes» au lieu le coule» ont un manteau blanc» qu'elles >ortent lorsqu'elles approchent des sacrenents, lorsqu'elles assistent au chœur» et • tous les exercices de la Bègle. Les Trap*

pistes du grand ordre chantent la formule de leurs vœux en langue 'latine» mais les religieuses du tiers ordre les prononcent en français» au milieu de toute la communauté réunie au chœur.

Quoi qu'il ne puisse y avoir que huit religieuses dans cet institut particulier et local» il est pourtant permis» de recevoir une neuvième postulante, mais elle ne peut faire profession que lorsqu'une des huit places des sœurs vient k vaquer. Outre celles-ci» il y a de plus trois ou quatre soeurs données^ vêtues différemment» destinées aux travaux manuels de ce tiers ordre; on les occupe k balayer le local» k servir au réfectoire du tiers ordre» k ouvrir les portes aux enfants. Mais ces sœurs ne sortent jamais» sont soumises k l'abstinence perpétuelle et mangent au réfectoire de la communauté. On les éprouve pendant deux ans» après lesquels elles font un vœu d'obéissance perpétuelle qui les attache k la communauté. Je suppose qu'elles sont du nombre des sœurs don'nées qu'on voit aussi attachées au grand ordre. Cette année (1858), les religieuses Trappistes ont quitté le local qu'elles occupaient dans la rue Sainte-Catherine et se sont établies dans leur maison près d'Avenières»k l'autre extrémité de la ville. B-n-s

TRAPPISTINES de Trocadie dans la Nouvelle-Ecosse.

Le P. Vincent» Trappiste» oui était établi k Troeadie dans la Nouvelle-Ecosse désirait ardemment procurer aux fidèles qu'il évan- ^élisait des sœurs qui pussent instruire la jeunesse» leur inculquer les principes reli* gieux» les encourager k la pratique de la vertu par leurs bons exemples, et pour avoir en elles-des ressources pour les bonnes œuvres; il devait trouver tous ces avantages réunis dans les sœurs de la congrégation de Notre-Dame de Villemarie au Canada. C'est pourquoi il écrivit k Villemarie et demanda doux où trois sœurs atin de fonder une maison de leur institut. M. Uoux» prêtre de Saint-Sulpice répondait que la communauté de Villemarie ne pouvait se charger do cet établissement; mais qu'elle recevrait volontiers dans son noviciat deux ou trois sujets de la Nouvelle-Ecosse, i)Our les former k Tesprit et aux fonctions de leur institut. Il ajoutait qu'après deux ou trois ans de noviciat» le P. Vincent, pourrait les employer k l'œuvre qu'il avait en vue ; et qu'enfin la communauté se chargerait avec plaisir de toutes les dépenses nécessaires k leur entretien pendant le noviciat. Ce religieux envoya en effet trois vertueuses filles déjk éprouvées pendant plus de trois ans, et qui répandirent une grande édification parmi les novices» par leur inété» leur humilité» leur simplicité, leur obéissance» leur mortification et leur exactitude k tous les points de la règle. Ayant d'ailleurs les talents et un grand désir d'apprendre» elles firent des progrès rapides tians l'instruction» et furent parfaitement capables de former la jeunesse. L'année suivante, le P. Vincent

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alla les visiler à Villemarie; les trouvant déjà t*n état de reû]|jlir ses vues il les ramena toutes trois dans sa mission. Là il les plaça dans une petite maison pour les former à la vie religieuse, et a()rès quelques mois d'épreuves, il les admit à la profession des vœux simples du tiers ordre des Trappistes. Elles vécurent en communauté, édifiant les peuples, instruisant gratuitement les jeunes filles des pauvres habitants de ces lieux, et cullivant une cerlaine étendue de terre, dont elles distribuaient le produit aux indigents. Ces saintes et courageuses filles ont" toujours conservé pour Ja congrégation de Villeujarie un sincère altacliement et une vive reiîonnaissance.fl)

TRAPPISÏINES (RELiGiErsEs).

Les religieuses Trappistines suivent la Règle de Saint-Benoît, qui a passé pour un chef d œuvre de prudence et de sagesse. Les Sou ve rains Pontifes qui Tontapprouvéeontreconnu les religieuses Trappistines, Filles de saint Bernard, comme de véritables religieuses de O'teaux. Cependant le Souverain Pontife Léon XJI parvint h décider les supérieures des monastères àaccepter une mitigalion dans les détails de la Règle parce que ses rigueurs pour jes personnes du sexe faible semblaient audessus de ses forces. Elle commença par la maison de Slappe hill w im-bouen Dorsetshire en Angleterre, dont presque tous les membres avaient succombé, et cette mesure fut éten- <Jue à tous les monaslèresde Tordre. Les religieuses eurent besoin de résignation pour accepter cet adoucissement. Aucune ne Tarait désiré.

Prier, méditer, veiller, jeûner, travailler, telle est la vie des religieuses Trappistines. Alalgré Jes austérités de la règle on voit des religieuses d'une santé faible se porter mieux que dans le monde; la nourriture est saine et abondante; on aperçoit un calme parfait, une sainte joie sur des physionomies heureuses. Le pain et le vin y sont de bonne qualité; on fait usage du lait dans les aliments; on donne quelques fruits pour dessert. Pendant 6 mois de l'année on dîne à il heures et demie et Ton fait une collation, le soir; |)endant lautre partie de Tannée on dîne à 10 heures et demie et Ton soupe à 6 heures, on donne quelque chose le matin à celles qui sont trop faibles pour attendre Theure du dîner.

On faitabstinence de viande en tout temps, mais les malades sont dispensés de cet article de la Règle. Pendant toute Tannée le sommeil est de 7 heures; elles dorment toutes vêtues; il y a des habillements (Thiver et d'été; les couvertures des lits sont plus ou moins nombreuses suivant les rigueurs des .maisons. La communauté se lève à deux heures du matin pour chanter TOflice et pour Toraison, qui durent jusqu'à quatre heures. Comme lo silence est absolu, elles établissent entre elles des relations par des signes gracieux et prévenants ; elles s'aiment comme lie véritables sœurs et elles ne se rencontrent jamais sans se saluer alfectueusement.

(H Vvy. à la fin du \ol., b" 2ii

Le travail des religieuses dore troi& heures le matin et trois heures le soir. Aj.tw le dîner elles se promènent une demie bpure. Entre les Offices et le travail il y a des iniervalles consacrés à la lecture et à la prièrv. Il n'y a point d'autres pénitences presiriies; mais on recommande toujours le renoncement à sa propre volonté, Tobéissance,rhoniilité, Tabnégation, la douceur dans toutes les circonstances de la vie. Les Mères supérieures préviennent par leur vigilance et la charité chrétienne les besoins spirituels et corj)orels de leurs sœurs.

Il n'y a pas d'âge déterminé pour l'entrée en religion. Ainsi que le vigneron de TEvangiie on reçoit à toutes les heures du jour, on accueille toutes les personnes avec cbariié; on ne demande que la bonne volonté Je bien faire et de suivre la Règle. On peut recevoir quelquefois au parloir ses père et nière, ses frères et sœurs.

Les monastères des religieuses Trappistines sont maintenant gouvernées par des Mères prieures élues pour trois ans et umi pas à vie, comme autrefois les abbesses. Il y a encore quelques maisons, dont les supérieures fiortent le nom d*abbesse, mais la congrégation n'en nomme plus.

Les mondains s'étonnent et s'effrayent en lisant le récit de la vie au>tère ôes religieuses soumises à laRègle sévèrede Saint-B«iiiOli, mais ils verraient leurs illusions, leurs préventions se dissiper s'ils pouvaient goûtei un seul jour combien il est doux de vivre en ces lieux, s'ils pouvaient être témoins qu'il est doux d'y mourir. Saint Augustin, ravi des perfections de Tétat oionastique, avouait qu'il n'avait point d'expression pour louer dignement son mérite et son eicellence. C'est aux religieux que Jésus-Christ a promis de donner le centuple en ce monda et la vie éternelle dans l'autre. Le saint abbé de Clairvaux disait qu'elle est une initiation à la vie des esprits célestes^ et il ajoutait : Homme, fuis les hommes, euabrasse la vie religieuse et lu seras sauvé! Tous ceux qui ont été favorisés de cette vocation ont faithi môme expérience, ont tenu le même langage; ils disent tous, comme Tapdtrt) saint Paul iSuperabundogaudio {IlCor.iu i]: Je nage dans la joie. Les ineffables délices dont leurs cœurs sont inondés ne leur fontils pas éprouver le bonheur et les sentiments des trois discif»les si favorisés de leur divin Maître sur le Thabor : Bonum eU not hic esse {Matth, xvii, 4), qu'il fait bon ici î c'est le cri continuel de leur cœur embrasé d'amour. Combien se communique-t-il avec plus de générosité et de charmes à ce scie faible qui, s'élançaiit au-dessus de toutes les j)laintes de la nature, brisant toutes les chaînes des habitudes, renonçant à de brillantes et séduisantes espérances, se voue à un silence absolu, à une abstinence perpétuelle, à une lutte de tous les jours pour devenir d'autres Jésus-Christ? Un jour qu'un homme du monde manifestait sa surprise co voyant des femmes suivre ce genre de vie si dur, un Fils de saint Bernard lui répondit;

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DES ORDRES RELIGIEUX

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ToiHn'esUil pas ioflni dans les promesses et daos les menaces de la religion» et peut -on prendre trop de précaution pour échapper h eelies-ci et pour mériter celles-la î

Les révolutionnaires venaient de supprimer, en 1793, Tabbave royale Cistercienne, rue Saint- Antoine, à Pans, lors de la proscription générale de tous les o'rdres reiigieoi; ils en persécutaient les habitants paisibles avec d'autant plus d*acharnement , qa'ils appartenaient tous, par les liens de famille, a la noblesse française. Toute la coiuaninauté fut jetée en prison, où elles souffrirent toutes sortes dMndignîtés, et où files attendaient patiemment leur délivrance, comme elles le disaient entre elles, c'est-àdire, le moment de monter à l'échafaud, quand la mort de Robespierre leur rendit la liberté. C'est en sortant de sa prison , que Mme Marie-Rosalie-Augustine de Chabanes, qui avait fait Ha profession religieuse dans cette abbave, le 3 juin 1787, sous le nom de foor Angeliuue , se réfugia à la Val -Sainte, eo Suisse, où le R. P. abbé dom Augustin aTait conduit une colonie de ses frères pour sauver Tordre du naufrage qui menaçait de les engloutir, et où vinrent les joindre un grand nombre de religieux et de religieuses des autres monastères supprimés, qui avaient pris le chemin de l'exil pi)ur fuir une patrie qui dévorait ses enfants (1).

Cette communauté fut divisée en deux parties : Mme de Chabanes fut nommée supérieure des religieuses qui s'établirent, le U septembre 1796, dans une propriété apl^elée la Riedra, qu'un ancien religieux, dou Gérard, leur céda, près de Saint-Maurioe, dons le bas Valais, non loin de la Val- Sainte, et elle en fut la fondatrice. Tous les religieux et religieuses réunis en Suisse embrassèrent la réforme, qui fut introduite daos la régie à la suite d'un grand nombre de chapitres qui eurent lieu pour l'examen.

Tous, d'un commun accord, embrassèrent la même Rèele et les mêmes pratiques, c'est- Mïre la Règle de l'étroite observance de CIteauz dans toute sa rigueur primitive. La pénurie où vivaient les religieuses Trappistinesfut telle« que, faute de lits, elles étaient obligées de prendre sur la terre nue le peu de repos qu'elles se permettaient. Leur nourriture se composait des produits sauvages de la nature, et, lorsque ces produits man

Îfuaient, elles étaient réduites à manger les euilltts des arbres. Malgré cette aureuse eiisience, elles aimèrent mieux remplir, toutes ensemble, leurs devoirs monastii|ues, que d'aller vivre chrétiennement au seiu de leurs familles.

Us guerres et ses horreurs eurent bientôt liis^persé les religieux et les religieuses de la Val-Sainte. C'est alors que recommença cette vie de tribulations et de souffrances.

(t) Ost U oue fut reçue novice, peu de temps iprés, ei sous le nom de Marie-Joseph, la princesse Uuise de Bourbon-Condé ; elle devint bientôt fugitive avec les membres de son ordre et partagea tous ses niailiem-8. Ce fut en sa consiilération c^ue

Sous la conduite de la Mère Angéliaoe el de Mme de Chabanes, la communauté alla d*a bord en Prusse, puis en Pologne, et jusaue dans les déserts de la froide Russie. Errtin, après un court séjour dans la Russie Blanche, d*où elles furent chassées, Mme de Chabanes résolut de sauver la communauté par le chemin de l'Angleterre, où elle arriva, h travers mille périls, en 1800, avec les religieuses confiées à ses soins. Elle s'établit d'abord près de Londres, k Harmmersmith, puis, de là, à Burton, près de Christchurch (édise du Christ). Enfin, en 1802, le 13 novembre ^ elle prit possession de la propriété de Stappencnill , dont lord Armdel venait de lui faire cadeau. Dans la nuit du 3 mai 1818, un vio« lent incendie se déclara subitement, et menaçait de consumer l'abbaye. Un vaste hangar, rempli de fourrage, de bois, et d*antres matières combustibles, était la proie des flammes, tandis qu'un toit de chaume, contigu à celui du hangar, n'était pas même atteint. Sorties d'une crainte respectueuse, en assistant è une scène si extraordinaire, les religieuses apprirent bientôt que Mme de Cba« banes, leur supérieure, avait, comme par inspiration, saisi un reliquaire de la vraie croix, et l'avait jeté avec foi au milieu des flammes, précisément k l'endroit où elles s'étaient arrêtées. C'était aussi au même instant que le ieu avait cessé, comme j)ar miracle. Le monastère de Stappe-Hill fut soumis au R. P. don Augustin jusqu'en 1824, où le Pape Léon XII trouva nécessaire d'apporter quelque adoucissement, parce

au'un grand nombre de religieuses étaient écédées, par suite des privations et des mortifications. Ce prieuré passa sous la juridiction ecclésiastique de Sa Grandeur Mgr l'évêque.

Mme de Chabanes administra ce couvent

I^usqu'è sa mort, qui arriva le 13 juin 18U» i Fflge de soixante-seize ans, après cinquante-sept ans de profession. (2) .

TREILLB(RBU6IBU8BgDKNomB-DAllBDSLA),

à Lille.

Si l'on en croit une ancienne légende» la protection de Marie, sur cette ville , serait de toute antiquité, puisqu'elle se serait exercée, pour la première fois, sur celui qui devait en être le fondateur. Voici cette légende :

C'était vers l'an 593, Salvaert, prince de Dijon, voyageait en Flandre avec Herman-

Sarde sa femme. Cette princesse, qui était 'une beauté remarquable, avait inspiré une vive passion au gouverneur de la province du Buck. Phinaert, c'est ainsi qu'il s'appelait, était un Ijran dans toute l'acception du mot. Vols, sacrilèges, crimes de toute espèce, rien ne l'épouvantait. Après mille tentatives, qui avaient échoué contre la vertu

rempereiir de Russie donna asile à tout Tordre ; mais il Tut ctiassé après de tout l*eiiipire. Devenue

Çlus tard abl>e8se des religieuses Benëdiciiiiea dn 'emplc, elle mourut le 12 n^irs <R2i.

()) Voy. a la fin du vol., n*« 24S, 249.

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d*Ilerinangardc, le misérable résolut de se venger d'une manière qui devait faire tomber la femme de Salvaert entre ses mains. Un jour que les deux époux* accompagnés seulement de quelques hommesi d'armes • traversaient une épaisse forêt» située non loin de Pendroit où Lille est bAtie, ils furent attaqués par une troupe de gens envoyés par Pbinaert. Le malbeureui prince fut tué en se défendant. Plus heureuse que son époux, Herroangarde» profilant de la confusion générale, imrvint à se laisser glisser k bas de son cheval y et à prendre ia fuite sans être aperçue. Pendant près d'une journée» elle se déroba aux recherches des assassins. Enfin» accablée de fatigue» elle se laissa aller au sommeil. Marie lui apparut en songe : « Hermangarde» » lui dit-elle» « tes souffrances ne sont pas terminées; mais que ton cœur se rassure» de toi naîtra un fils qui vengera son père, et régnera sur ce pays» lui et ses descendants. » Après quoi» la vision disparut.

Lorsque l'infortunée ouvrit les yeux, elle constata son heureuse délivrance; mais force lui fut de renoncer bien vite au bonheur d'être mère; elle entendait» à quelques pas de distance» les cris de ceux qui la poursuivaient; d*un instant à l'autre» elle pouvait être découverte. Elle donna donc un dernier baiser à l'enfant qu'elle venait de mettre au monde» le déposa au bord de la fontaine près de laquelle elle s'était endormie; remit» dans une prière suprême, son sort et celui de son tils entre les mains de la Mère de miséricorde» et alla se livrer aux gens de Phinaert.

Celui-ci ne fut pas plus heureux auprès de la princesse cette fois que les précédentes. Outré de colère» il la flt jeter dans un cachot infect, où elle séjourna vingt ans. Devenu grand» son UIs Lydéric appela Phinaert en combat singulier, le tua, et délivra sa mère. Il ré^t la contrée sous le titre de premier forestier de Flandre» que lui avait conféré le roi Clotaire 11. Ainsi s'accomplit la promesse faite par Marie à la femme de 6alvaert.

Cette légende, que nous n*avons rapportée ici que pourmémoire, ne doit être considérée

3u'a sa juste valeur» c'est-à-dire comme un e ces récits que nos pères inventaient avec tant de facilite, si l'on en juge par le nombre de ceux qui sont parvenus jusqu^à nous» ou encore, comme un simple fait, grossi par ftei amour du merveilleux qui se reflète (lans toutes les histoires d'autrefois.

Une seule remarque sullirait pour la rendre très- récusa ble, ce sont les paroles de la Vierge à Hermangarde : « De toi naîtra un fils qui vengera son père. » Comment supposer, en enet» que la Vierge clémente ait fiu, elle qui prêcne le pardon et l'oubli des njures, préconiser ainsi la vengeance, et (j^'elle n'ai^eu d'autre bannie è verser sur les

(i) Les fortiflcatlons de Lille.

(t) Cette connérie» une des premières qui ait ciikté en France, se composait ue vingt membres

plaies de la malheureuse princesse? Comoie

trouve de l'ancienneté de la protection de larie surcette cité,notis lui préférons lapAce au'elle lui a faite d'entrer une des premières ans le giron de l'Eglise romaine, et par U suite de ne jamais s^en écarter; de rivoi-, dès sa fondation, préservée de ces crises terribles qui font couler tant de larmes et de sangy et qui assaillent presque toujours lei villes et les empires naissants.

En 1055, Bauduin V, dit le Pieni, qui venait d'achever la grande OBuvre commencée par son père Bauduin IV (1), conçut le projet de doter la ville d'une église digne d'elle, et appropriée aux besoins de la population, Jusqu'alors, les fidèles se réunissaient dans de petites chapelles, tout à bit insufiisanies, et qui, multipliant lev difficultés de l'éduca* tion religieuse, n'obtenaient, malgré cela,

2ue des résultats inférieurs à ceux que Ton tait en droit d'attendre. Les plans du nonrel édifice furent bientôt dressés, et, onze ans plus tard, le 2 août 1066, la dédicace en fat laite solennellement par le comte Bauduin V, en présence de Philippe r% roi de France, dont Bauduin avait été le tuteur, et de toute la noblesse de Lille et des environs. Bile (ut consacrée pontificalement par Mgrs Bauduin, évêque de Noyon; Guy, évêque d'Amiens, et Drogon ou Druon, évêque deThérouanne, aiisistés par les abbés des plus nobles mo* nastères.

Cne chapelle particulière y avait été réservée h la sainte Vierge. On peut difficilement se faire une idée de la manière rapide dont la dévotion envers Marie s'étendit parmi le peuple de Lille : il semblait qu'une puissance inconnue l'attirât aux pieds de U madone.

Les chanoines de la collégiale, touchés de cet élan (chaque jour croissant), de la piété des habitants, et pleins du désir de déTelopper davantage le principe de foi qui couvait dans toutes les flmes, se décidèrent i fonder une association religieuse, dont le résultat devait rendre plus intime les rap* ports qui unissaient déjà la Viei^ et le peuple de Lille, en mettant celui-ci sous la protection in^médiate de Marie.

Marguerite, comtesse de Flandre, à qui ils soumirent leur projet, déclara s'y associer de grand cœur. Les statuts furent |K)sé$. La comtesse les ratifia et sMnscrivit la première avec son fils Guy de Dampierre, sur les registres de la confrérie. A la suite de ces noms illustres se lurent ceux de UM. du chapitre, et d'un grand nombre de personnes laïques recommandables par leur rang et leur piété. La confrérie prit le titre de Notre-Dame de la Treille à cause de la treille de fer qui entourait la statne vénérée*

A cette association se réunit cellequi, depuis 1237 existait en ladite église sous le titre de Charité de Notre-Dame (2).

Les heureux effets de rassociatiou oe tar*

(femmes) qui offraient aux associés des recsciU éa prières, ta rareté des manuscrits les itoéaieai alors très -précieux aux personnes lûeuses.

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DES OnORSS RBLIGUUX.

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