‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 184 sur 220 · IU · texte numérisé non relu

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dcrent pas k se faire sentir, et la piété puhîique s'accrut à la vue des miracles qui éclatèrent sons les voûtes de Saint-Pierre.

Ces preuves irrécusables de Tineffabilité de Marie décidèrent MU. les chanoines à porter à la connaissance de Sa Sainteté Aleianilre IV les récit^^ authentiques des grâces obtenues par son intercession » le suppliant de rendre canonique la confrérie érigée en Téglise Saint-Pierre. Ces demandes furent appuyées par la comtesse dans une lettre particulière adressée au Souverain Pontife.

Le Pape répondit par Tenvoi de deux rescriis qui accordaient à la confrérie de Notre- Dame de la Treille les richesses spirituelles dont relise est la dispensatrice.

Celte laveur de la cour de Rome acheva de populariser la dévotion envers la Vierge h la Treille; en moins d*un mois le nombre des confrères et consœurs atteignit un chiffre presque ég^al à celui des habitants. Lds parents faisaient inscrire leurs enfants, même ceux en bas-Age; les nouveaux époux, bien qu*en en faisant déjà partiechacun de leur c6té se faisaient enregii>trer ensemble pour appeler sur leur union les bénédictions du CieU Chacun voulait s'enrôler sous la bannière de Notre-Dame de la Treille, et, è voir l'eotbousiasme général , on eût dit que hors de la confrérie il n*y avait pas de salut possible. A partir de ce moment, le peuple confondit le nom de Notre-Dame de la Treille avec celui de Notre-Dame de Lille. Naïve appellation, qui donne la mesure de sa reconnaissance et de son amour envers sa généreuse protectrice.

Jusqu'alors Marie n*avait été honorée è Saiot-Pierre que selon les pratiques zénérales en usage par toute la chrétienté. Marguerite de Flandre, jalouse de lui prouver sa gratitude pour les effets constants de sa libéralité sur la ville de Lille, décida, d'accord avec MM. les chançines, qu'une procession générale et solennelle serait faite chaque année, par telle voie qu'il plairait è MM.Ieséchevin»:, le%iimanche suivant la fête de la sainte Trinité. Voici h quelques traductions près le texte de la charte de fondation.

Cramtb db fondation de la procession instituée en Thouneur de Notre-Dame et pour l'achèvement de l'église Saint-Pierre de Lille

NouM MarguerUe, eomttsie de Flandre» et ieHaynaui^et moi Guy, sonfits^ eomie d»

Flandres et marchis de ffamur^

Faisom savoir a tous que nous^ en TAonneur du Dieu, Jésus-Christ et de la glorieuse vierge Marie sa mêre^ -et pour te profit de l église Saint-Pierre de Liile^ qui est fondée par nos ancêtres, seigneurs de Flandres^ et pour l'avaneemsnt de Pauvre qui est eommencée dans Vealise devant dite, pour laquelle les chanoines de celte mime église de leur rente dont ils doivent vivre se sont beaucoup tour-mentes depuis longtemps et te sont encore chaque jour, avons octroyé et octroyofis une proceiston a faire autour de lu ville de Lille

chaque année durablement, par telles voies et par tels lieux que les retears et que eschevins de Lille deviseront et ordonneront par ou on ta peut faire pîus convenablement, qui doit commencer le jour que notre sire Dieu, en l'honneur de sa tris-chere mire, a commencé nouvellement a faire si glorieux miracles de* vant timage que on appelle Noetre-Dame a le Treille en l* église Saint-Pierre devant dite. Cest assavoir le premier dimanche après le jour de la Sainte Trinité et doit durer pendant IX jours continuant en perpétuelle mémoire des miracles devants aits, et pour la raison des oraisons^ des aumônes, des bienfaits et des œuvres de miséricorde que on y fait et fera en avant en Fhonneur de Noslre* Seigneur et de $a douce mire par commune dévotion, nous avons octroyé et octroyons a toi^ ceux et a toutes celles qui en pelérinnçe viendront a Notre-Dame a Lille dedans les IX jours devons dits en l'honneur de la douce vierge Marie pour acquérir les pardons qui y sont et seront établis dans les ix jours, sauf-conduit de nous et de noi gens allant et venant et demeurant franchement et paisiblement qu'ils ne seront ni pris ni arrêtés pour dettes fit pour autre chose d'arrière faite ou avenue s'ils ne iont bannis pour laid fait. Et demeurer et aller en la ville de Lille dans voies et dans chemins partout dedans les ap"

Jartenances (limites) de Lille si avant que enclos de la procession s'étendra. Et si il advenait que quelqu'un de ceux et de celles qui viendront à Notre-Dame de Lille fut arrite pour dettes ou pour autre chose si ce n* est pour vilain fait, dedans les ix jours en f enclos devant^ a la reouite du doyen et du chapitre de Véglise de Saint-Pierre de Lille devant dite, nous le ferons ce livrer (délivrer) tout quitte de tout comme a nous et a notre droiture il appartiendra.

En témoignage et confirmation de laquelle promesse nous avons fait mettre nos sceaux à cesprésentes lettres.

Et nou» les Rewars et les Eschevins de la ville de Lille qui a ces choses devons dites avons mis et mettons notre octroi et notre asseur pour ce que nous voulons qu'elles ioient bien et fermement tenues a toujours de nous et de nos successeurs, de tout comme a nous appartient le$ louons et agréons et promettons fermement à tenir ^ et pour plus grande sûreté ^ de tous ceux que devemt est dit avons mis nos ' sceaux aux présentes lettres qui furent don-nées en Fan de l'ineamation de nostre Sei» gneur in Cbispt MCCLXIX (1269) au mois aefebvrier. (Livre de Roisin, p. 281.)

Ceux qui liront ces lignes s'étonneront peut-être de la singularité de cette clause, qui pendant la durée de la festuité nouvelle, suspendait l'action des lois sur les coupables. De nos jours de pareils actes ne manaueraient pas d*étre traités de folie. Gepenant, à mon avis, c*était une sage maxime que celle qui voulait que même pour les criminels la fête de la Consolatrice des affligés tùi aussi nn jour d'allésrease. C'était la voix de la roligion, la voix au cœur, qui avaient dicté ces lignes, où tout respire la foi et la

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clémence. Ceux qui profilèrent de celle permission le comprirent sans doute, car jamais ils ne s*en rendirent indignes ; Hs suivaient pieusement la procession, mAlés k la foule des fidèles, et personne ne s'éloignait d'eux. Autres temps, autres mœurs.

La première procession fut fixée au S juin 1269. Selon le vœu de la fondatrice, le rewart et les échevins en tracèrent l'itinéraire; il fut décidé qu'elle marcherait, sortant de l'église Saint-Pierre, par les rues royales jusque la porte des Malades, et que de là ferait le tour de la ville.

Le jour tant désiré parut enfin. A huit heures du matin le cortège se mit en marche dans Tordre suivant :

Les corps de métiers avec étendards et emblèmesi les membres de chaque groupe portant un cierge à la main; les compagnies d'archers et d'arbalétriers; diverses députations de pèlerins venues des vilies environnantes, chacune précédée de sa bannière; les confréries des Saints-Lieux et les religieux des ordres de Saint-Dominique, des frères Mineurs et de l'Observance ; les quatre compagnies bourgeoises en armes et habits de parade, suivies de trompettes et tambours ^ui sonnèrent pendant le cours de la procession; le clergé de la ville revêtu do ses plus riches ornements sacerdotaux; un groupe de personnes des torches à la main; les cnAsses et reliquaires, en tète desquels était porlée, par quatre chanoines en élole et en surplis, la fierté (ch&sse contenant des cheveux de Marie). De chaque côté marchaient deux trompettes portant banderollés aux armes de la ville; enfin, les quarante hommes du magistrat en robe magnifique.

Le cortège était fermé par le bailli et ses gens à cheval, forndant 4 compagnie de chevau-légers pour la défense de la reine de Gloire. » A la suite, une grande multitude de peuple, les uns pieds nus, tous tète découverte et priant avec fei'veur.

Ainsi qu'on peut en juger par cette description, Lille, par la reconnaissance, fut autant que possible h la hauteur des grAces qu'elle avait reçues. Cette solennité fit bruit par toute la chrétienté, et quelques mois plus tard Mgr Radulphe, évèque d'Albanie, légat du Saint-Siège, désireux d'encourager la dévotion des Lillois envers Marie, accorda quarante jours d'indulgence à ceux qui, ayant satisfaite la confession, viendraient faire à Saint-Pierre une pieu.<e visite. Ces grâces furent les premières attachées au culte de Notre-Dame de la Treille.

En nous reportant à d'anciens comptes de la Tille, nous voyons que souvent MM. du magistrat concouraient par des cadeaux à l'embellissement de la procession. En 1393 ils donnèrent une pièce de drap d'or pour couvrir la Fierté. En 1396 quatre banderoles d'armoisin écariate brodées aux armes de Lille. A l'année 1397 on remarque l'achat de quatre chapeaux ornés de roses naturelles.

Ces coiffures devaient servir i MM. do magistrat à qui était dévolu l'honneur de soatenir le dais qui abritait la chftsse princiiiale.

Au sortir de la procession, le rewart la recevait des membres du chapitre : il en faisait l'ouverture et inventoriait le nombre de joyaux et objets précieux qui 7 étaient contenus.

Au retour, le doyen des chanoines, I qni il en faisait la remise, la visitait de nouveao, après quoi il remerciait MM. du magistrat de leur bonne garde, et leur offrait les vins d'honneur.

Si nous retournons de quelques années en arrière, nous trouvons un événement qui è cette époque vibra douloureusement dans le cœur des Lillois. En iZkk, un incendie, dont les causes sont restées inconnues, réduisit en cendre la collégiale de Saint-Pierre. Les reliquaires et les vases sacrés purent seuls être sauvés. C'était la seconde fois de-

Euis 1066 que cette église éprouvait un semlabte malheur (1).

Sans se laisser décourager par cette fatalité, les chanoines en firent immédiatement commencer la reconstruction ; mais bientôt le manque de fonds arrêta les travaux. Plusieurs années s'écoulèrent pendant lesquelles l'édifice resta inachevé.

Enfin, Philippe, troisième prince de la maison de Bourgogne, que l'histoire a surnommé UBon^ prit cette œuvre sous sa protection, et en peu de temps la collégiale et particulièrement la chapelle de Notre-Dame de la Treille, objet de tous ses soins, reiiarurentplus belles et plus grnnoioses qu'elles ne Tétaient avant le sinistre de 13U.

La reconstruction de l'église Saint-Pierre fut le prélude des libéralités let des nobles institutions qui remplirent la rie du duc de Bourgogne.

Quelques années plus tard, Philippe, qui venait d'épouser, à Bruges (10 janvier lUO), la princesse Elisabeth, fille de Jean l*', roi de Portugal, résolut, à l'occasion de cet éTénement, de mettre è exécution un projet (|u'il nourrissait depuis longtemps. Ce pro* }^i consistait dans la création d'un ordre dievalercsque, fondé sur des bases capables de lui conserver pendant la durée de son existence le caractère de grandeur et do noblesse que le duc voulait y attacher. Telles fu* rent les circonstances qui présidèrent à la fondation de l'ordre de la Toison d*or. C'est k tort que quelques historiens ont prétendu que Philippe n'avait eu en ceci d'autre but que de perpétuer le souvenir de son union. Une semblable explication. fausse par le principe, prive le duc de il gloire que cette institution lui a assuré, en ne faisant de lui qu'un ambitieux, cher* chant par un moyen quelconque k imicortaliser .son nom; ses actes d'ailleurs urotesteot énergiquement contre une pareille ioteation. Nous croyons donc pouvoir affirmer de nouveau» sans crainte d'être démeoiii

^141 première fois, en 1SI3, lors du pillage et de Tincendle de la ville par rarmée française» ssaski i$ de Pbilippe^Augiiate.

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DES ORDRES RELIGIEUX

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