‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 185 sur 220 · UI · texte numérisé non relu

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que ce fui soos Teropire des motifs relatés plus iMut que Philippe le Bon institua Tordre de la Toison d*or, qu'un auteur (F. Valentin, Hiêtoire des dues de Bourgogne) a défini : ie plus beau code d*honneur et de Teiio cbeTaleresque qui ait jamais existé.

Aussitôt que la charte fondamentale fut terminée, le duc conféra l'ordre à vin^t-quatre chevaliers. La consécration religieuse fut filée au 29 novembre, jour de la fête de saint André-, protecteur de 1a Bourgogne, et Tuo des saints patrons de ta Toison d or.

Dès le matin les chevaliers se rendirent an palais du duc qui les reçut avec çrand apparat. Lorsqu'ils furent tous réunis, il leur renouvela en peu de mots la manière dont ils devaient garder et honorer Tordre dont ils faisaient partie.

Ce discours terminé, le greffier lut h haute voix les quatre-vingt-quatorze statuts de la charte; après quoi le duc, suivi des chevaliers, se rendit h la collégiale. Le chapitre et tous les membres du clergé les y attendaient et les conduisirent processionnellement au chœur où fut chantée une Messe solennelle. A la suite du service divin, le grand mattre de Tordre alla s'agenouiller ou pied de Tautel de Notre-Dame de Lille, sous la prolection de qui il plaça tous les membres de l'association.

les chevaliers furent reconduits par le dergé avec les mêmes honneurs qu'à leur arrivée et se retirèrent en très-bel ordre.

Le soir, à VApres, ils vinrent en habit de deuil pour honorer la mémoire d'un de leurs compagnons d'arme, Mcssire Robert de Masmières, tué è la journée de Pont-à-Bouvines. Jls assistèrent en pareil costume aux Mes* ses et services funèbres qui furent célébrés les 90 novembre, 1*' et 2 jéoembre, pour le repos de Tâine de l'illustre défunt.

Le lendemain 3 décembre eut lieu en ladite église la première assemblée de Tordre; vingt-deux cFievaliers (1) y assistaient. Ils prirent place dans les stalles de M.V1. les chanoines; lo duc occupa celle do prévôt; celle du sire de Masmières fut laissée vide et recouverte d'un drap noir.

Le grand mattre déclara la séance ouverte.

Le greffier relut les statuts , puis on procéda k la nomination de quatre officiers de Tordre. Cette opération terminée, le conseil appela à sa barre le chevalier Jehan de Neufcnastel, sire de Montaçu, pour expliquer, s'il le pouvait, sa fuite à la bataille d*Autbon.

Le sieur Etienne Royant se présenta et porta la défense du sire de Montagu; mais les raisons qu'il fit valoir ne furent pas acceptées, et le grand mattre, sur le vœu du conseil, déclara Jehan de Neufchastel rayé du nombre des chevaliers, indigne de porter les insignes de Tordre, et ce pour avoir forfait à l'honneur.

(f ) El non pas trente et un conme Tent prétendu quelques historiens.

(S) Eu 1450, il institua en Téslise collégiale de Ssinl-Pierre la dévotion aux douleurs de Marie, et

Le iour suivant, les chevaliers se réunie rent de nouveau, et, sur la proposition du duc, élurent deux chevaliers.

Le sieur Frédéric, comte de Heurs, en remplacement de Robert de Masmières , décédé ;

Et Simon de Lalaing, en remplacement de Jehan de Montcigu, destitué la veille.

La liste des affaires étant épuisée, Mgr Tévéque de Nevers exhorta les membres de Tordre à persévérer dans la voie de iâ reliligion et du devoir.

Avant de se séparer, les chevaliers sus-

f tendirent autour de Tautel les écussons de eurs armes, voulant qu'ils fussent un hommage perpétuel de leurs sentiments envers la Vierge de Lille.

Ainsi se termina le premier chapitre de la Toison d'or.

Pour perpétuer le souvenir de cette institution, Philippe le Bon fonda deux Messes dh'igue jour à Tautel de Notre-Dame de la Treille, par un religieux de Saint François, et un de Saint-Dominique, et une Messe chantée chaque samedi par un chapelain de Saint-Pierre,

L'année 1431 fut rema?!c|uable dans les annales de la confrérie parles grAces ecclésiastiques accordées par Mgr le cardinal Nicolasde Sainte-Croix, prêtre et nonce* apostolique. Deux ans plus tard, sur la demande du duc de Bourgogne, Sa Sainteté Eugène IV, par bulles du 17 septembre lih33, attacha de nouvelles indulgences au culte de la sainte Vierge de Lille. Dne fois encore, en 1455, ce prince Gt élever en la chapelle de Notre-Dame de la Treille, un superbe tombeau h la mémoire du comte Louis de Maie. Ce monument avait cinq pieds de haut: sur le socle de marbre noir reposaient les statues du comte, de Marguerite de firabanl, sa femme, et de Marguerite de Flandre, sa ûlle. Cette maraue de pieux souvenir termine les libéralités du duc de Bourgogne. De tous les princes qui invoquèrent le titre de serviteurs de Marie, aucun peut-être n'en fut plus digne que Philippe le Bon. Nous n'entrerons point ici dans une appréciation des qualités qui le distinguèrent; qu'il nous suliise de dire que son règne fut le plus glorieux de la maison de Bourj^ogne, et un des plus heureux pour la religion (2) et la prospérité publique.

En suivant Tordre chronologique des événements, nous avons à mentionner de nouvelles (grâces apostoliques accordées à la confrérie par : Mi^r Jean Chevcrot (11 juin 1460), Mgr Guillaume Filastrius (11 juin 1463), Mgr Fcrrv de Cluny (8 novembre 1480), tous trois évèques de Tournai.

Ces encouragements ranimèrent la dévotion un peu ébranlée des Lillois envers Notre-Dame de Lille, car depuis quelques années la ferveur s'était sensiblement affai* blie.

fit don d'uoeinagniflque statue de Notre-Dame des bepl-Doalenrs, <|iii fut placée en la cbapelte de Notre-Dame de la Treill««

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DICTIONNAIRK

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Ce relâchement, dont on a droit de s'étonner après les grâces abondantes versées par Marie sur la cité, et tes témoignages de reconn/iissance des habitants, doit-il être considéré comme une conséquence naturelle de cette loi qui place la froideur à peu de distance de 1 entnousiasme , ou de cet autre principe, que Ton peut appeler la loi du progrès , et qui semble ne donner de lumières à l'intelligence qu*au détriment de la foi? Question ardue, qu'il est cependant possible de résoudre d'une manière plausible, en mettant de moitié rinduence de ces lois sur l'effet produit.

Cette recrudescence de piété fut signalée par une nouvelle série de miracles, qui s'ouvrit en 1519 et dura jusqu'en 1527. Nous eu citerons quelques-uns :

Catherine de Vos, religieuse à Maubeuge, dans l'ordre des Augustines, dites Sœurs- Noires, était» depuis près de dix-huit* ans, possédée par l'esprit malin, qui la tourmentait d'une manière horrible. Les .exorcistes n'ayant pu parvenir h la délivrer, son père, Jean de Vos, sur le récit des miracles opérés par l'intercession de Notre-Dame de la Treille, résolut de la conduire devant l'autel de la Vierge de Lille. A cet effet, il se rendit à Maubeuge ; il trouva sa tille dans un état épouvantable, proférant les plus terri* blés imprécations. Ce spectacle ne le découragea pas, et sans prendre garde à la position de Catherine, il partit avec elle. Plus la malheureuse approchait de Lille, plus ses douleurs redoublaient, Enfln elle arriva h Saint-Pierre, où on parvint, non sans peine, à la traîner devant I image miraculeuse. Ce qui arriva, on le devine, l'esprit du mal fut mis en fuite, et la religieuse regagna son couvent, remerciant Marie de sa délivrance.

Le fils d*Elie de Planque était tombé gravement malade. Pendant que le père et la mère se désolaient au chevet de leur unique enfant, un voisin, qui se trouvait là, émet le vœu de recourir h Notre-Dame de la Treille. Ces paroles sont un trait de lumière pour la pauvre mère : elle court prier Marie avee ces larmes que les mères seules peuvent verser. Au même instant son fils, subitement guéri, se lève et vient se joindre à elle pour remercier la Reine du ciel de sa miraculeuse guérison.

Un autre habitant de la ville, Gérard du Chastel, était depuis huit jours paralysé de tous s^s membre», par suite d'une attaque d'apoplexie , qui, en mAme temps, l'avait rendu muet. Quelqu'un propose de recourir ï la Vierge de la Ireille; il fait comprendre qu'il accepte. L'ofScieuse personne va implorer la protectrice de la cité; à son retour elle trouve le malade dans une position moins critique; elle continue ses prières, auxquelles Gérard s'associe de cœur; l'amélioration persiste, et bientôt le pauvre infirme se trouve entièrement guéri.

Jeanne Duforest venait de mettre au monde unenfaulqui n'avait vécu que peu d'instants. La malheureuse mère ae désolait et pleurait à chaudes larmes; ce qui la peinait le plus

n'était pas la perte du fila, à qui elle D'avait pas eu le temps de s'attacher par des liens profonds, mais bien la pensée, de le satoir mort sans avoir reçu le baptême. Tout à coup, l'idée lui vient de s'adressera Notre- , Dame de Lille. L'un des assistants, dans le ' but de la contenter, prend le corps de l'enfant et se rend k Saint-Pierre : on célébrait la Messe à l'autel de Notre-Dame de la Treille; le cadavre est placé sur la table sacrée; mais, ô prodige 1 il donne signe de vie; on s'empresse de lui administrer le premier sacrement. Celte cérémonie terminée, il pousse un soupir et se rendort dans les bras de la mort.

Barbe Carpentier, vieille femme aveogte, assistait au saint sacrifice , en la chapelle de Moire-Dame de la Treille ; au moment de la Consécration, le voile qui couvrait ses yeux se déchire, et elle recouvre le don précieux de la vue.

Une, vieille femme, Micbelle Prévost, était affligée depuis vingt ans d'une hernie double qui l'incommodait vivement; elle s'adresse avec confiance à la protectrice de la ville, et est délivrée de son infirmité.

Pendant les chaleurs d'un été, une mala* die épidémique sévissait avec force dans les ruelles étroites et insalubres du quartier Saint-Sauveur, et faisait chaque jour un grand nombre de victimes. Parmi les personnes atteintes de la contagion, quelquesunes , soutenues par un vif sentiment de fbi, se fout porter dans la chapelle deNotr.^- Dame de Lille. Elles y recouvrent la santé et la vie. Entre autres noms, on cite ceux de Jean Lestoauier et de Catherine Monier, sa femme; de Robert Blonck.

La nommée Agnès Pollet souffrait dei douleurs aiguës d'une goutte sciatiquei malgré la défense de son médecin, elle se traîne jusqu'à l'autel de Marie ; elle revient parfaitement guérie.

Ces faits, que nous avons pris an hasard entre des milliers, sont authentiques, «i l'on sait si la censure ecclésiastique est sévère, pour l'admission des faits sumatnreli.

Hais ce fut surtout sur la ville eUe-méiM

Îue la protection de Notre-Dame de la reille s exerça d'une manière visible ; au sein de l'hérésie protestante qui grondait partout et l'entourait comme a'un réseao, quand Tournay, Gand, Henin, les Pays-Bas, le Brabant, s'agitaient dans les convulsions et les horreurs de la guerre, la cité de Ulia resta inébranlable au sein de la véritable Eglise. A quelques lieues à peine, les iconoclastes détruisirent, en moins de buit jours, quatre cents abbayes, églises ou couvents; à Lille, l'ordre ne fut pas coéflie troublé.

En l'an 1602, Sa Sainteté Ciément VIII. par bulles datées du S8 septembre, Sf^rda à^la confrérie l'augmentation des indulgences. Ces nouveaux encouragements portèrent d'heureux fruits, si l'on en juge parla nombre des confrères, qui, en très-peu de temps, s'aocrut de seize cent quatre-vingts. A cette occasion, messieurs du chapitre ré-

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DES ORDRES) RELIGIEUX

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