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solarent de rendre h la procession son cachet religieai et solennel , en réformant les abus gai 5*7 étaient glissés. L'itinéraire suivi jusqa'alors la tenait en marche depuis le matin à huit heures jusqu'à trois heures de Taprës^midi. Pendant ce temps, bon nombre de membres du cortése, particulièrement les corps de métiers et les compagnies d'arcbers et d'arbalétriers» faisaient de si nombreuses stations dans les cabarets qui se trouTaient sur la route, qu'à la fin, quelquefois même au milieu du parcours de la procession, ils se trouvaient dans un étatd*ébriété fort inconvenant. Pour parer è ces scènes scandaleuses, les chanoines proposèrent è MM. du magistrat de restreindre ritinéraire, ce qui fut accordé. Voici, d'après en ancien manuscrit, le détail de la procession du 2 juin 1603 :
Le 1" luiM, veille de la procession de la fille de Lille^ fut résout par le magistrat (m' elle commencerait à partir le iour à six heures du matin ^ au lieu de huit heures.
Les corps de métiers sortirent de Veglise collégiale de Saint-Pierre a six heures du matin, puis les quatre sermenSf auxguels furent ordonné par MM. du magistrat de ne pas Quitter leur rang^ allans ou bon leur tembloitf jusqu'à ce que les chasses fussent a peu pris rentrées dedans la ville; les arbaletriers , archers et joueurs d'épée eurent leur quartier dans la rue de Fives et les arauebu" iiers ou canoniers dans la rue des Malades vis^à-visûe leur jardin^ après lesquels sermtns suivirent les confréries et le clergé^ etans ar^ rites a la chapelle de la Ste Trinité^ on sortit de la ville par la porte des Malades, on prit le chemin qui mine a Seclin vers le faubourg du Molintly nuis au moulin de le Saux vers le faubourg de ta Barre, a la porte St Pierre au Bacgue Isaac, vers le faubourq de Cour* trag k long du fiex du château, qui fut, pas* iant pris ae la porte de Courtray et de la \Mison deê Orphelins dit enfans de La Grange a présent des Bleuets, de la a la porte des Reignaux le long de la chaussée des Lilles la chaude rivière , devant la porte de Fives , a la porte de Saint Sauveur et rentrèrent a la porte des Malades, Les pères Jacobins ou frères Prescheurs, les frères Mineurs ou Capucins accompagnèrent la procession avec leur croix, au lieu quauparavi>nt chacun retournait dans son couvent : lesdits religieux n^avoient encore ete a ladite procession au dehors de la ville depuis leur établissement^ a cause que la procession n'etoit achevé prndont la matinée
Cette organisation ne fut suivie que deux années; le but que l'on se proposait n'ayant pas été atteint, il fut décidé en 1605, que la procession , au lieu de sortir de la ville, suivrait désormais le tour des remparts, i
Les cho<i^s restèrent ainsi pendnnl vingtcinq années, sans aucun incident di^ne d*étre signalé. Pendant ce temps, la piété publique prit de nouvelles et profondes racines. Les indulgences plénières accordées en 1628 jiar le Pape Urbain YUi, et surtout la solennité qui eut lieu qnelques années
DlCTIO^iN. DES 0Bnni£5; BELIG. IV.
plus tard, achevèrent de la porter h son apogée. Avant de faire le récit de cette fête, disons les causes qui l'amenèrent.
Au commencement de 1634, une pîeuso dame, Jeanne Kicart, désireuse de prouver son dévouement è Notre-Dame de la Treille, demanda et obtint de MM. du chapitre la permission de faire restaurer la chapelle. Afin de faciliter le travail et principalement pour éviter les accidents, on enleva la statue du piédestal, oà, pour me servir de l'expression d'un ancien poëto, elle tenait sa cour depuis près de six siècles.
lorsque les travaux furent achevés, MM.
les chanoines décidèrent de la replacer en grande cérémonie. Les préparants furent poussés avec vigueur, et le 19 octobre une procession générale ouvrit la fftie. Jamais, depuis la fondation de Marguerite de Constantinople, une procession ne s'était faite d'une façon si splendide , jamais non plus semblable affluence de monde n'avait été remarquée; Lille regorgeait d'étrangers. Pendant les neuf jours que l'image de la protectrice de la cité fat exposée à la dévo* tion des fidèles, des dons innombrables furent déposés entre les mains de MM. les chanoines.
Pour donner a cette fête un caractère exceptionnel , MM. de Saint-Pierre eussent désiré que les membres du magistrat profitassent de celte circonstance pour consacrer solennellement la ville à celle que depuis longtemps déjà on appelait la vierge dé Lille. Le P. Jean Vincart, de la Compagnie de Jésus, prédicateur ordinaire de la chapelle de Notre-Dame de la Treille, fut choisi pour cette délicate' mission. Il fut reçu par Mossire Jean Levasseur, mayeur de la ville, remplissant (lar intérim les fonctions de rewart,è qui il exposa les déairs de MM. du chapitre.
Celui-ci, après s'être concerté quelques instants avec les membres présents, ré|ondit en ces termes :
Messieurs du magistrat vous savent bon gré de ce que vous leur avez proposé ^ et feront volontiers tout ce aue est pour l'honneur de Notre-Dame de la Treille ; r*est pourquoi ils accordent de faire chanter une Messe solennelle à Vautel de la même vierge en Véglise Saint-Pierre, où ils assisteront en corps et feront porter les clefs de la ville pour étr^ mises sur Vautel et offertes à Notre-Dame à la Messe, Vacceptunt de nouveau pour pa^ tronne tutélaire de la ville, à cette fin ifs feront porter par leur héros le labarum de la dédicace, lequel demeurera en ladite chapelle pour témoignage de cette dfvotion 'r«*xtuel. — P. Jean Vicarl , Histoire de Notre-Dame de la Treille, Tournai, 1671.
La cérémonie fut fixée au 28 octobre 1631, dernier jour de la neuvaine.
Ce fut un beau jour que celui-là : dès le malin le canon tonnait sur les remparts, les cloches sonnaient k toute volée , la ville avait revêtu ses habits de fête. Partout des tentures élégantes, partout des fleurs, partout la joie la plus pure.
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A neuf heures du matin le cortège se 'mit en marche pour se rendre à la collégiale; en télé, le mayeur suivi de MM. ses écbe* vins; au milieu du groupe, un héros portait le labarum ; sur la face était brodée Timage de Noire-Damo de la Treille regardant avec tendresse la vilfe de Lille figurée au bas. Au-dessus se lisait cotte exergue.
l'habitant PB €£TTB ILE DIRA AOILA NOTRE ESPÉRANCE.
Et au revers :
LE MAGISTRAT ET LE PEUPLE CONSACRENT LILLE A NOTRE - DAME DE LA TREILLE
La collégiale était magnifiquement déco-» rée. Les arcades étaient reliées entre elles par de riches draperies entrelacées avec de fraîches guirlandes de verdure; au fond Tautel apparaissait entouré d'une auréole de cierges, que faisaient pâlir les rayons d'un brillant soleil; des flots d'encens noyaient dans leur couleur bleufltre la masse des dé« tails, et, entourant la statue de nuages mobiles, faisaient rêver l'Ame aux splendeurs célestes.
Messieurs du magistrat prirent place dans le chœur et la Messe commença.
Des morceaux d'harmonie alternaient avec les chants sacrés, au moment de TOffertoire la musique se tut. M. Jeau Lavasseur vint s'agenouiller devant l'autel tenant en main Te labarum et les clefs de la ville; l'officiant ïes prit et les posa sur ta table sacrée* Un silence imposant planait sur toute l'assemblée.
Que 1 dn se représente, si on le peut, la sublime majesté de celle scène: ce peuple prosterné, ce magistrat prononçant la formule de la consécration de la ville à Notre- Dame de la Treille, et du haut de son trône de gloire cette mère étendant son égide sur la cité qui Timplore par la voix de son chef. £n présence de pareils tableaux l'écrivain sent sa faiblesse... L'imagination seule peut s*en faire une idée...
Le soir, à Vêpres, on lisait au haut du Jubé ces mots écrits en lettres de feu :