‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 190 sur 220 · DB LA SAINTE · texte numérisé non relu

DB LA SAINTE

Notice sur ta vie de R. Mère Marie de la Croixy fondatrice de cette congrégation.

Marie Rocher vint au monde le 23 septembre 17^74 dans un village de la paroisse de Sarchamb, alors du diocèse du Mans, et aujourd'hui du diocèse de LavaU entre Fou«

gères et Ernée. Ses père et mère, Gabriel ocher et Jeanne Guilloux , étaient de pauvres et honnAtes villageois (^i rélevèrent dans l'indigence et les plus rudes travaux de la campagne. De bonne heure on lui apprit à invoquer le Seisnéur, mais toute son instruction se borna a ses prières et son catéchisme, qu'elle apprit passablement. Cependant elle apprit aussi les premiers éléments de la lecture et en sut assez pour lire l'ordinaire de la Messe. A cette époque c'était pour un enfant de son rang une sorte de luxe; ce fut peut-être aussi, et un n'en peut douter, une dispositJMi spéciale de la Providence à son é^apd. Cette divine Providence lui donna aussi dès lors une disposition particulière à la méditation et un attrait pour la vie intérieure. A l'Age de douze ans elle fit sa première communion, avec toutes les dispositions que pouvait apporter à celte sainte action une Ame qui a conservé sa simplicité, sa pureté, son innocence. Elle avait tout au plus dix-huit ans, quand elle épousa un jeune homme de son paj^s et de sa condition, nommé Louis Finot,. qui ne lui apporta pour richesses que sa« vertu. Cette union semblait heureusement, assortie, mais la mort vint bientôt la^briser. De ce mariage étaient issus deux enfants,, dont l'un mourut au bout de quelque temps. Marie Rocher contracta un second mariage,, ce qui paraîtra peut-être étonnant dans une personne dont la destinée providentielleétait, ce semblerait, si éloignée de ces voies, ordinaires; Dieu a des dessein^ qui nous sont inconnus, et il arrive h ses fins en y. conduisant les hommes par des« sentiers qui sembleraient devoir les e» détourner. Le second mari était un maçon, nommé Michel Léon^ qui mourut aussi après quelques années. De ce mariage étaient issus deux enfants dont l'un mourut fort jeune. Léon ne laissa è la disposition de la veuve d'autres biens que le fils qui avait survécu è sou. frère, et la vertu dont elle lui avait donné Texemple constant pendant leur union. Cet ouvrier habitait la petite ville d'Ernée, et Marie Rocher y passa le reste de sa vie séculière, et cest dans cette ville qu'elle jeta les fondements de l'institut auquel e^t consacré cet article.

11 est nécessaire de rappeler ici que dès sa première jeunesse, la pieuse fondatrice avait été favorisée de grAces particulières» et conduite par une voie extraordinaire; mais Dieu laissa voir en elle ce qui fait la pierre de touche des Ames prédestinées, et donne une preuve non équivoque de la.

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5ol«Jilé de leur vertu « je veux dire les épreuves, les contradictions, les souffrances. 8a jeunesse comme son enfance, fut accablée de peines, de chagrins, de pauvreté, de Siuffrances de corps et d'esprii, qui n'ont fiil qu*au^menter avec les années. On ne ptiut se faire une juste idée des mauvais traitements ciu'elle eut successivement à souffrir de la orutalité de ceux qu'elle eut h servir pendant des années, comqie de la mauvaise humeur de ses propres parents et qnel()uefois de ses maris eux-mêmes, qui n'attribuaient, comme le font ordinairement les gens pauvres et intéressés, qu'aux mauvaises dispositions qu'ils supposaient en elle, une conduite et des voies auxquelles ils .ne comprenaient rien. C'est ainsi que fut traité par sa famille saint François d'Assise, au commencement de sa conversion; que le furent Boudon, la pieuse Germaine de Pibrac, récemment béatifiée, et que tant d'autres ont essuyé au sein de leurs familles une espèce de persécution pour une conduite qui formait une sorte de contraste avec les mœurs domestiques, les exposait continuellement à la jalousie, et par conséquent h la contra* diction.

Quoique très -contente dans son état, qu'elle croyait conformera volonté de Dieu •ur ejle; très -soumise d'ailleurs à cette divine volonté, que n'eut pas h souffrir cette femme vertueuse tandis qu'elle fût engagée dans le mariage 1 Que de soins, que d'inquiétudes pour faire subsister des enfants dans des années extrêmement dures, sans autre ressource que le travail de ses maris et le sien ; les deux époux qu'elle eut manquaient souvent de travail et de santé. £lte ne parlait qu'à Dieu de ses différents besoins

3u>lle n'osait faire connaître h personne. Quelque sensible qu'elle fût aux besoins corporels de sa famille, elle l'était inQniment plus encore à ses besoins spirituels. Se reposant sans indifférence, pour les premiers, sur les soins d'une providence qui ne lui manquait jamais au moment critique, elle ne prenait guère que sur les seconds une inquiétude véritable. « Pourvu que les miens sachent leur religion, » disait-elle dans les sentiments de Tobie, « pourvu qu'ils la pratiquent, ils seront toujours assez riches. Pourvu qu'ils se sauvent, je serai contente, c'est la seule chose que je demande k Dieu, pour eux comme pour moi-même, le reste ne m'inquiète que faiblement. » Sa confiance en la Providence ne fut pas vaine, car elle ne manqua jamais du nécessaire. Cependant les épreuves en tout genre n'étaient ni médiocres, ni en petit nombre; elle eut de fréquentes maladies, jointes à d'autres souffrances du corps et de l'esprit. Elle étonnait par sa patience les personnes qui l'approchaient et qui voyaient ce qu'elle devait endurer dune goutte sciatique»

dont la violence fut telle, qu'elle en demeura estropiée, surtout des mains, devenues contrefaites au point qu'elle ne pouvait plus faire le signe de croix qu'avec la gauche. £ile avoua pourtant à une personne de ses

intime^, que ce mal n'était presque rien en comparaison de ce qu'elle endurait intérieurement. Au milieu de tant de souffcances de toutes sortes, notre pieuse veuve, encore plus sensible aux besoins et aux mani des autres qu'aux siens propres, prenant quelquefois su«* son nécessaire pour aller au secours des malheureux et faisait des choses étonnantes dans sa position. Je me bornerai h citer un fait plus éclatant, puisqu'il eut toute la ville d'Ernée pour témoin, et eut pour résultat une sorte de miracle.

Pendant un hiver rigoureux, une pauvre jeune fille fut renvoyée de l'hôpital d'Ernée, moins à cause de la détresse où se trouvait cette maison, qu'à cause du genre de maladie dont cette jeune fille était infectée. C'était une gale, ou plutôt une espèce de lèpre, dont tout son corps était couvert, et qui faisait craindre la contagion. Abandonnée de tout le monde et sans parents qui la réclamât, cette infortunée aurait inrailliblement péri sur le pavé, si elle n'eût trouvé dans la lemme Léon une de ces Ames dont lacbariié est toujours prête aux sacrifices les pins

f généreux, et qui peuvent dire comme 'ApàireiQuel eêt celui qui souffre, sansquejt compatisse à ses souffrances? (IICor,\u M.) La vue de cet objet si horrible et si insui^ portable à tant d'autres, n'excita en elle aue ta plus vire compassion et le plus sincère désir de lui prêter secours. Elle fit (tourelle des démarches auprès des riches qu'elle connaissait, démarches qui furent inutiles. Alors la femme Léon prend le parti que lui suggère une charité, imprudente en api>arence, et qui, en effet, sort des voies ordinaires, et ne peut être profiosé absolument comme un exemple k suivre. Quel est ce parti? C'est de partager avec la malade son

pain, sa maison, ses habits son propre

lit, n'en ayant point d'autre à lui donner! Ici, admirons du moins, si nous ne pouvons suivre la veuve Léon couchée longtemps avec cette pauvre abandonnée <iue personne ne voulait recueillir. Une action si gênéreuse semblait, dès ici-bas, mériter une récompense. Dieu la lui accorda danslasuirison inattendue de la jeune fille. Celte même action, qui semblait, dis-je, avoir droit h un ordre supérieur de récompense, demandait aussi une épreuve, et c'est {leutêtre encore ici le moment de répéter les paroles de l'ange à Tobie : Parce que vous éiiti agréable à Dieu, il était nécessaire qut {« tentation vous éprouvât. (Tob. xu, 13.) Ujâ pourquoi le mal, dont la jeune fille fut délivrée, passa encore è celle qui avait, par ses soins, amené sa çuérison. Les suites d'uoe imprudence, qui paraîtra condamnable* ceux qui n'ont que des Tues humaines, et même a quelques bomoies pieux et sages, donneraient des apparences de raison aa biftme qu'ils jetteraient sur la femme lion Mais voici quelle fut l'action de la Providence à son égard. Animéo d*une foi vive H forte comme celle d'Abraham, sans jiQ^*^ se repentir de ce qu'elle avait fait, M<^>' Rocher, notre pieuse veuve sembla w^i-

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DES ORDRES RELIGIEUX

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