‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 196 sur 220 · SH · texte numérisé non relu

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avait formé dans ce saint cœur; elle la recevait toujours avec des dispositions si saintes de foi, d'amour et de respect, que son flme en était pénétrée et comme transportée hors d*elle-mème; de là lui venait le goût des choses spirituelles si inconnu aui^ partisans du monde, celle force merveilleuse pour surmonter les obstacles dans les vues de la perfcr.tion, cette facilité pour pratiquer tou« tes les œuvres des vertus. Cestdans celte riche mine qu*elle nuisait les richesses immenses et le trésor ae la vraie sainteté. Cest dans les exercices de Tamour divin que la Mère de Croze passa sa sainte vie, et qu'elle fut comblée de grAces célestes; elle fut ainsi consumée dans les flammes ardentes de la charité.

Après sa mort on trouva un testament qui est le vrai résumé de tous les sentiments qu'elle avait nourris de toutes les vertus Qu'elle avait pratiquée; le miroir de la vie.

Coflune DOtts venons de le dire dans la notice de Mlle de Croze d'après le désir que manifestèrent les sœurs dispersées dans un grand nombre de communautés d*avoir entre elles une parfaite conformité, après avoir examinéavec soin toutes les remaraues qu'elles envoyèrent à la maison mère, les usages particuliers de chaque communauté, les anciennes Constitutions données par M. le Vachct, après avoir consulté de grands serviteurs de Dieu, remplis de son esprit et des maximes saintes de son Evangile, et très-expérimenlés dans la conduite des communautés de rinstitut tiar écrit et de vive voix dans une assemblée générale qui se tint exprès à Paris, en 1695, et dont les sentiments furent unanimes, de Tavis de M.

fabbé d'Argenson, alors supérieur, les Règles et Constitutions furent revues, mises en ordre pour être approuvées par Son Erainence le cardinal de l4oailles,qui, après, les donna h examiner kM. de Roquette, docteur de Sorbonne, abbé de Saint-Gildas, les confirma du sceau de son approbation I

Elles sont divisées en trois parties : la

Eremière traite de l'esprit de l'institut, du on ordre des communautés, des qualités des personnes qui doivent y être admises, des élections, de l'union entre les maisons, de leurs relations avec la maison mère. La deuxième partie règle la conduite particulière des communautés, 1* par rapport aux exercices spirituels, 2"* par rapport à ce qui se doit observer h l'égard des personnes séculières, 3* par rapport à l'ordre k suivre dans les affaires temporelles. La troisième partie traite du gouvernement spirituel et des devoirs des sœurs par rapport à leurs emplois.

Comme Hoise, après avoir reçu de Dieu et donné aux Israélites les tables sur lesquelles la loi de Dieu était gravée, leur rocommanda de l'observer avec des expressions si éner^ques, qu'on ne peut les lire sans être saisi d'une sainte frayeur, ce qui les rendit un objet de respect et de vénération pour les Hébreux et détermina ce peuple à y conformer toute leur conduite, ce

Recueil des Constitutions qui n*était que l'abrégé de la morale de Jésus-Christ et des plus pures maximes de sou Evangile fut accepté avec resfiect et observé avec Gdélitâ par ces flmes choisies pour devenir les épouses de Jésus Christ, pour obéir avec plus de perfection à la loi de erAce et d'amour. Ainsi commencent ces Règles :

La Providence divine ayant disposé que nous, filles séculières de diverses provinces, assemblées sous la conduite d'une sainte veuve, notre supérieure, ayant eu pendant quelques années une mutuelle conamunicatinn des sentiments de piété qu'il a pla à Dieu de nous inspirer, nous avons reconnu que les lumières et les grAces que sa divine bonté a départies à chacune de nous en par- . ticulier, se ra|)portent toutes et tendent à une même fin qui est de nous unir à lésui- Chrisi par une nouvelle méditation et une fidèle imitation de sa sainte vie, pour le sui* vre en compagnie de ses saintes disciples et des autres qui Pont sniri dans tons les siècles, cherchant les Ames, se faisant toutes à toutes celles de notre sexe, par son esprit de charité, pour les lui gagner toutes, en procurant son règne par tous, professant ses maximes évangéliques par les œuvres et par l'instruction des filles» en demeurant unies entre nous par un lien indissoluble de la dilection fraternelle en son ditin amour. C'est ce qu'aujourd*hui, au nombre de huit, avons promis k Dieu par un pur amour de Dieu et l'édification de son Eglise catholique, apostolique et romaine.

Avant considéré que ce divin Sauveur a voulu se faire enfant pour être notre modèle de notre soumission au Père céleste, qui veut que nous devenions comme des enfants, c'est-à-dire dociles et obéissantes à sa sainte loi, nous nous proposons de l'imiter, moyennant sa grAce et de faire régner cet esprit d'enfance dans nos communautés et qu'elles en soient un exemple et une école. Comme il voulait que les petits enfants s'approchassent de lui et qu'il les instruisit avec bonté, nous en ferons de même à l'égard des orphelins» pauvres et autres. Nous les instruirons gratuitement Ayant considéré les peines, les contradio* tiens que son divin amour lui faisait souffrir en instruisant avec tant do soin et de patience les pécheurs qu'il allait chercher par les villes et villages avec tant de fatigues, nous tâcherons de l'imiter et nous chercherons les petites filles» dont l'inoo* cence ou la relision est exposée et celles qui quittent l'hérésie , et avec l'aiiie de Dieu, nous serons toujours disposées à aller dans les pays étrangers et infidèles avec^o^ dre de nos supérieurs pour y exercer les dits emplois.

Voyant que ce divin Sauveur ne recevait de la part des hommes pour de si si|fOslés bienfaits, que des contradictions, des ingratitudes et des persécutions au lieo de li reconnaissance, nous nous préparons i ^^ semblables traitements. Ayant considéré qu'il n'avait ni maisonsi ni meubles, ai tu*

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DES ORDHES RELIGIEUX.

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cone resâoarce e( qu*il a toujours été dans UB étal pauvre pour ses besoins; nousiesui- Tfons, avec Ifi grflce, dans cet état de pauvreté et de dépendance, et, autant que l'état de DOS communautés le permettra, nous ne demanderons point do dot... nous considérerons l'état bas et servile où il a toujours vécu , en disant : Je suis venu pour êervir et non pour itre servi. (Matth. xx, 28.) Voyant que notre divin Sauveur a voulu souffrir toutes sortes de misères par amour pour nous, nous embrasserons toutes les souffrances pour son amour. Avant considéré que ce divin amant nous a laissé Taroou* reux sacrement de l'Eucharistie pour symbole et gage de la détection rralernelle et de TuDion des Chréliens en lui, comme membres d'un corps uni à leur chef et pour n'avoir tous ensemble, par cette divine réfec* tion, qu'une même vie avec la sienne, vie toute de charité et de délection fraternelle, comme celle des premiers chrétiens, notre résolution est de les imiter avec sa grAce, entre nous et avec toutes sortes de per^fonnes sans (Hirtialité ; ce sera le propre caractère des disciples de cet amant de nos Ames réunies dans ce séminaire, et comme cette divine communion opère en nous cet amour de Dieu et du prochain, notre grand soin sera de le faire aussi fréquemment qu*il nous sera possible, en nous ressouvenant que les premiers Chrétiens communiaient souvent, pour se préparer h s*encourager aux souffrances.

t.*esprit et la Gn de cet institut étant de se conformer et de s'unir à Jésus-Christ, notre rè^le et notre modèle, atin de le suivre, de l'imiter, chacun dans sa condition, en sa vie pénitente, sainte et laborieuse qu*il a menée sur la terre» c'est pourquoi nous nous appliquerons à nous former sur ce divin modèle de perfection, en menant une vie mixte de contemplation et d'action. Imitant ce divin Maître, ses premiers disciples, nous dirons aux personnes qui seconderaient notre dessein qu'on ne saurait jamais montrer des Toies plus droites, ni de plus efficaces mojiens pour parvenir à notre dernière fin que ceux que Notre-Sei^neur a choisis pour lui-même el qu'il conseille aux autres : Que celui qui veut venir après moi^ qu'il renonce à lui-même t qu'il porte sa croix et quil me suite. (Matth. xvi, 2i.)

Nons répoudrons à ces gens du monde , qu'ils nous font eux-mêmes rougir puisqu'ils travaillent et donnent bien plus pour acquérir ce qui est contraire à leur salut que nous ne fai>ons pour acquérir le ciel... Les maximes si corrompues de ses courtisans, si pénibles en elles-mêmes, conduisent au désespoir et à la damnation, tandis que celles de Jésus-Christ conduisent à la béatitude. Cesl lui, qui brûlant du désir de notre salut et de notre perfection, s'écrie : Yenex à moj, je êuiê la voie, la vérité et la vie. ( Joan. xiv, 6.) C'est donc une résolution prise : avec sa grâcet nous le suivrons jusque sur le Calvaire ; notre amour est cruciQé, il fiiut que nous le soyons avec lui^ que nous portions

ses stigmates, et que nous recueillions ces précieuses reliques, les Ames teintes de son sang, dont les unë^ sont égarées, d'autres dans rignorance, d'autres en grand péril.

L'Union chrétienne est une société de tilles et de veuves qui font vœu de demeurer unies entre elles pour travailler au salut du prochain. Elles se consacrent k Dieu par les vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et d'union, et parce que ce vœu d'union est le fondement et le lien de leur société, elles sont obligées de cultiver avec un soin extrême la vérité qui en fait le véritable caractère, et qui a donné le nom k l'institut, savoir, l'union chrétienne, la dilection fraternelle, aGn que, comme de véritables disciples de Jésus-Christ, elles accomplissent k la lettre ce commandement qu'il dit être nouveau, de nous aimer les uns les autres, comme lui-même nous a aimés, que c'est par Ik que le monde connaîtra que nous sommes ses disciples. IJoan. xm, 34,35.)

L'institut est sous la protection de la Sainte-Famille : Jésus^ Marie^ Joseph^ que les sœurs ont pris pour modèle. Sa Gn e^t que toutes les sœurs, qui y seront associées, puissent, avec la grAce de Dieu, non-seulement travailler k leur propre salut et k leur propre perfection, mais au salut et k la perfection du prochain, en vue de l'amour de Dieu pour les hommes, du désir qu'il a qu'ils soient sauvés, de l'amour au'il porte k ceux qui se dévouent au salut aes Ames, et parce que cette fin est si excellente, que c'est pour cela que le Fils de Dieu est descendu du ciel et s'est fait homme, qu'il a sacrifié ses sueurs, ses tmvaùt, son sang et sa vie; qu'il a établi son Eglise et suscité dans tous les temps plusieurs personnes de l'un et de l'autre sexe, qui s y sont em- I^loyées avec ardeur, sachant qu'il n'y a pas de ministère plus relevé, ni plus agréable k Dieu et plus utile au prochain, que celui . qui contribue au salut des Ames. I^es sœurs comme de véritables disciples de Jésus- Christ et pour imiter le giaiid exemple qu'il leur en a donné, doivent s'y appliquer avec un zèle infatigatile.

Les postulantes ne sont admises qu'kdix* huit ans, les novices ne pourront faire leur profession qu*k vin^ct ans révolus. Trois mois avant le temps de l'engagement, la communauté se réunit pour délibérer sur leur admission. Si une novice n'a pas la moitié des suffrages dans la réception de la première et deuxième année et les deux tiers dans la troisième réception pour l'engagement, elle est exclue de la congrégation. Les quatre vœux par lesquels les sœurs se consacrent k Dieu, quoique simples, supposent toujours qu'elles embrassent un état de perfection, auquel elles s'engagent pour toute leur vie : c'est pourquoi les sœurs doivent les garder avec beaucoup de fidélité, puisque les vœux par eux-mêmes obligent ceux qui les ont laits, et que les devoirs de rengagement ne doivent pas être considérés tant par rapport k la solennité des vœux que

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par rapport à la majesté divine avec laquelle on coniracte cet engagement.

La deuiième partie dcs»Çonstituiions renferme les règles les plus sûres, les moyens l«s plus efficaces» les plus sages sur les exercices spirituels» la pratique des venus nécessaires aux sœurs de rinstltui; sur leurs rapports avec les personnes du dehors et pour leurs affaires temporelles. Il s*agit d'abord des plus saintes maximes de TËvan^ile Eour conserver Tesprit de charité et d'union, mépriser toutes les choses de la terre, à port&r leurs désirs vers les biens célestes et éternels et à foire régner Jésus-Christ dans leurs cœurs par l'imitation des vertus dont il nous a donné l'exemple, et par ce que c^est la loi intérieure de celle charité que lo Saint-Esprit a gravée dans nos cœurs, qui doit conduire et faire avancer les sœurs dans la voie du service de Dieu; c'est aussi ce feu sacré de son divin amour, et le désir de sa plus grande gloire, qui les doit exciter à tout moment pour les élever à lui et les faire avancer dans la vertu.

Dans le chapitre qualorzième sur l'amour de Dieu, on lit : 1* « Notre Seigneur nous assure que la charité est la Gn et la oerfecliou de la loi, et c'est cette même cnarilé, (}ui doit ëlre la fin et la perfection de cet institut. 2* Les sœurs n'auront jamais d'autre désir, ni d'autre fin dans toutes leurs actions que de plaire k leur divin Epoux et de se sacrifier entièrement à son très-pur amour. 3* Elles s'acquitteront de leurs emplois, comme servant Dieu et non les créatures, î* Elles feront consister leur perfection à chercher la gloire de Dieu et l'accomplissement de sa volonté, qui leur doit tenir lieu de toutes choses, afin quelles puissent dire avec l'Apôtre, que ni la vie, ni la mort, ni les alUiclions, ni les opprobres, ni les persécutions, ni les mépris, ni les angoisses, ni les tribulations, ne pourront Jamais les séparer de l'amour de Jésus-Christ. 5* Elles désireront ardemment que ce divin amour remplisse leur cœur, et Je fasse abonder en grftcos et bénédictions du Saint-Esprit. 6** La charité doit être le principe et la règle de toutes leurs actions; c'est elle qui doit animer leur zèle pour travailler au salut du prochain et cest de ce feu sacré qu'elles doivent s'efforcer d'embraser le cœur de toutes les personnes avec lesquelles elles sont obligées de converser, tant par leurs saints entretiens que par leurs bons exemples. 7* Et par ce que l'amour divin ne peut subsister avec l'amour-propre dans un même cœur, et que l'attache aux plaisirs, à l'intérêt, à ses commodités particulières, à l'honneur, à sa propre satisfaction, bannit la charité de Tftme; les sœurs seront dans une vigilance continuelle pour combattre leur humeur, leurs inclinations naturelles, pour renoncer à leur propre volonté, faisant leurs efforts pour mourir tous les jours ellesmêmes et à ne vivre que pour Dieu seul.

Nous ne pouvons nous dispenser de rapporter quelque chose du chapitre sur l'amour des sœurs. « L'esprit de rinstitiU étant

celui de la charité, les sœurs duiveot $e persuader qu'elles n'avanceront dans la vertu queutant qu'elles s'efforceront d'imiter les premiers Chrétiens dont il est dit qu'ils n'avaient qu'un cœur et qu'une Ame, et que c'est particulièrement à elles que s'adresse le commandement de Notre-Seignear : Âî*. mex vous les uns les autres comme je vous si aimés. Cest à cela que Von reconnaîtra aue vous êtes de mes disciples, ( Joan. lui, 3o.) Les sœurs doivent sur toutes choses et avant toutes choses avoir entre elles une mutuelle charité que l'Ecriture appelle le lien de toutes sortes de perfections^ XoL m, U.) --Elles seront unies comme les membres d'un même corps, s'aidant mutuellement, dans les différentes fonctions oïl elles seront employées, soit pour travaillerausalutdu prochain, ou à leur propre perfection... afin Qu'elles pratiquent entre elles ce qui fait 1 exercice des saints dans le ciel, la dilection fraternelle en Jésus-Christ iJoan. xn^ 31.)

Quand Notre-Seigneur dit que le prince du monde était chassé dehors {Joan. su, 31), on doit l'entendre de la charité : le malin esprit continue son règne où cette vertu n'est paS) ce oui fait dire à saint Jérôme,

3ue sans la cnarité les communautés sont es enfers, et ceux qui y demeurent sont des démon». Mais avec la charitéi ce sont des paradis en terre, et ceux qui y vivent sont des an^s, et pour cela, les sœurs auront bien soin d'éteindre jusqu'à la moindre étincelle de division. — Il n'est point de vie si heureuse, selon le témoignage du Saint- Esprit, ni rien de plus utile que celle des communautés, où l'on voit différentes per* sonnes vivre dans une même maison, et sous une même règle, comme si elles n'étaient animées que d'un seul esprit. Ce qni fait dire au Prophète-Roi : Vovez combien il est avantageux, doux et agréable que les frères demeurent ensemble : Quam bonum et quamjucundumhabitare^ fratres^ in umm, {Psal. Gixiiiy 1.)

C'est la douceur de ses paroles et l'harmonie de leurs sons, dit saint Augustin, qui ont enfanté toutes les sociétés religieuses ; c'est ce qui a peuplé tant de commonautés, qui a attiré tant de cœurs à Jésus- Christ et qui a déterminé tant de personnrs à quitter leurs parents et leurs richesses pour vivre ensemble dans l'amour de la charité, parce qu'elles ont cru que cettech^ rite mutuelle qui les lie si étroitement les unes aux autres, était un avai t-goût de la vie céleste. L'unique moyen de conse^ ver cette divine vertu est le renoncemeni à elles-mêmes, en se supportant les unes le< autres dnns leurs défauts, y remédiaot par la douceur et par le bon exemple; car (* charité, dit saint Paul, souffre to^, supperit toul(ICor. XIII, fc, 7), conservant entre eilt'< une parfaite union desprit dans le lieuiieia paix.

Le zèle du salut des âmes, ou pour mieux dire, de la gloire* de l'honneur de Dieo, esi

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DES ORDRbS KELIGIEUX.

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ub désir ardent de voir Diea aimé, honoré ei senri de tout le monde : et c*est ce zèle qoi doit animer toutes les sœurs de Hnsti- Utot, en sorte qu'étant éprises de ce feu divin, elles désirent et s'efforcent de le cornmaniquer à tout le monde, et parce que la charité ne peut demeurer oisive, et que c'est un feu qui n*est jamais en repos, elles s'appliqueront è la recherche de tous les moyens de servir les ftmes et elles tâcheront d'inspirer ce même zèle aux autres. Gomme le moyen le plus efficace pour taire beaucoup de fruit dans les Ames, est de me- Dernnevie sainte et irréi^rochable, elles tâcheront d'édifier le prochain, plus encore par leurs actions que par leurs paroles, à nmitation de Notre-Seigneur, dont saint Locdit qu'il commença à faire, puis è enseigner {Ad. 1, 1); elles auront un grand désir de la sainteté et de la perfection de leur état, tant pour elles-mêmes que pour toutes leurs sœurs. C'est pourquoi elles craindront beoucouD de leur donner mauvais exemple, de peuru en être res(K)nsables devant Dieu oa de causer la perte de la vocation des novices, n'j oyaiit rien de plus capable de rébrnnier que le mauvais exemple , afin ({u'elles puissent dire avee le Prophète dans lapieurqni les doit animer pour leur vocation : Le zile de votre maiêon m'a dévoré et Fopprobre qu'on voxis a faiif est tombé sur mi. (Psal. Lnvni, 10.)

L'ordre des filles et veuves des séminaires de rUnion-Chrétienne date du xvii' siècle. La première maison de cette communauté avait été établie h Paris en 1630 par Mme Marie Lumae;ne (1), veuve de Messire [François de Polaillon, chevalier, conseiller du roi Louis XIII. Celte pieuse dame, !|ai mourut de la mort des justes, en 1657, a( la première et principale fondatrice. Cet établissement eutaussi pourfondaieur Jean- Antoine le Vachet prêtre, né è Romans en Daaphiné et mort en 1681 (2).

lime Polaillon laissa» en mourant, ce saint prêtre, comme un paissant appui èson nouvel institut. Cette maison vint s*établir à Charoone, rue Saint-Denis, dans Tbôtel de Saint-Chaumont, et bientôt elle eut des fondations à Metz, Caen, Sedan, etc., etc. Anne de Croze en fut la première supérieure.

Ce nom de ITmofi-C'Ar^/tefina, sous lequel les religieuses furent désignées, annonçait une espèce de ligue sainte, qui devait unir toutes les différentes maisons de cette congrégation contre les efforts do prince des ténèbres, pour s'opposer h ses projets.

Saint Vincent de Paul, supérieur des Pères de la Mission, reconnaissant tout le bien que pouvait réali^ cet institut, fit luimême, en 1650, la première cérémonie de cette association.

Dès 1668, il avait été question d'établir

,1) Née à Parts le 21 novembre 1599, on a sa Vie par labbé CoUin, vicaire de Saint Martin des Champs. Paris, 1844, in-8*.

(2) Son père éuit Gabriel Le Vachet, r t sa mère

Diction!!, des Oadres Rtuii. IV*

une maison de cet ordre dans la ville de Fontenay , et il y avait eu à ce sujet plusieurs lettres échangées entre Mgr révèque de la Rochelle et J.-A. Le Vachet. Les originaui de ces lettres eiistenl encore, et Tune d*elles renferme des détails précieux pour Tbistoire derUnion-Chrétienne.

Tandis que Louis le Grand tAebait de ramener au sein de TEglise romaine ceuxde ses sujets, que Thérésie de Calvin en avait séparés, on vit, dans le royaume, s'établir plusieurs communautés de filles, dont la

[>rincipale vocation était de contribuer à 'instruction des nouvelles converties, et à* leur éducation dans la foi et dans la vraie piété. La province du Bas-Poitou avait un extrême besoin d*un tel secours ; la Providence divine le lui ménagea Tan 1680

Alors vivait, à Fontenay-le-Comte, mademoiselle Marie Brisson, née en 1636, sœur et fille d'un sénéchal de Fontenay, parente du fameux Bernabé Brisson, ()résident à mortier au parlement de Paris , oui sous le règne de Henri III, fut victime ces fureurs de ceux qui formaient les derniers rangs de la Ligue.

En prenant possession d'un très-ricbe héritage, Marie Brisson. forma le projet d'être la fondatrice d*un séminaire de filles oui, remplies d*un même esprit de zèle et de ferveur, pussent s'occuper efficacement k l'instruction des nouvelles converties, tant de la ville de Fontenay que des environs. Donner un asile aux femmes veuves et aux filles qui souhaiteraient sortir du sein de l'hérésie pour rentrer dans celui de l'Eglise catholique, tel était le but de celle q?je la communauté de l'Union-Cbrétienne de Fontenay-le-Comte aime k reconnaître pour sa bienfaitrice.

Pour réussir dans ses projets, elle s'adressa d'abord è M^^r Henri de Laval de Bois- Dauphin, alors évêque de la Rochelle, pM* une requête aux archives de la communauté, adressée k Sa Grandeur, où elle expose ses vues, ses intentions et ses motifs. Le prélat non moins distingué par ses rares vertus, que par l'éclat de sa haute naissance, s'empressa deseconder les desseins de la généreuse fondatrice et loi donna l'approbation nécessaire pour Texécution de son projet, par une ordonnance donnée au château de l'Hermenault, le 3 juin 1680.

Le 22 août 1711 , il se passa un acte entre Mme Brisson et Mme de Chalandry Durand, et la Mère de la Roustière pour la communauté, concernant la fondation faite en 1688. Ces fondatrices, dérogeant au premier acte, veulent que la maison de TUnion-Chrétienne ne soit oharçée que de quinze filles d'extraction noble ou de bonne famille bourgeoise, appartenant cependant au dioeèse de la Rochelle, ao lieu de vingt villageoises.

Alix Col. alliée Tim et Paulre aux preinièrea maisons du Daupliiné. {Vk dt mmêtreJ.'A, Le Vûekei^ ioaiiiuteur des sœurs de V Union chrétienne. Paria» in-t8; i69i. — Archivée de Fontenay.)

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Ce chan^emoRl Cul agréé de la communaaté ei du seigneur évèquo.

La fondation *n*eot son exécution qa*en 1739, parce que lestiéHti^rs y mirent obstacle* après taoïort d&la fondatrice , arrivée en 173ik : une transaction passée avec eux mit à la charge de la communaaté huit filles seulement; les parentes de la feqditrice devaient toujours -être préférées dans rinnocence. Les héritiers auront faire, à ces conditions , l'ahmidoii d'une métairie du revenu de fcOO fr. De leur côté , les sœurs de rUnion-Chrétienne «e chargeaient de faire célébrer tous les ans^ ^t à perpétuité, un service pour le repos de4*Ame de leur fondatrice.

MarieBrisson laissa une foKuniB qui équivaudrait aujourd'hui h tO,DDOfr. déroutes. Pendant sa vie, elle dépensa près d« 80 à 100,000 livres en fondations et eu bonnes œuvres. En mourant, elle légua environ 40,000 fr., pour construire le Stable du grand autel de Notre-Dame de Fontenay-le- Comte et accomplir divers actes de bienlaissnce. Quant k sa fortune immobilière, eHe fut vivement disputée par d*avides collatéraux, et devint la proie dos gens d'affaires et de chicane.

Voici son acte de décès, tel qu*il esi conservé aux archives de Notre-Dame :

Le A" Jour de septembre 172fc, en la fone de M, UmUre François Brisson^ écuyer^ uigneur duCalaiSs sénéchal et président au siège royal dexelte ville ^ où sa mémoire et celle de tous etux de son sang sera toujours €K vénération et bénédiction^ qui est à len* trée de la porte^de la chapelle dite de Saint' François de SaleSf.Jut inhumé le corps de sa digne hlle, Marie Barnabe ISrisson^ qui jus^ quà Vàge de qucUre-vingt'huit uns neuf mois^ qu^elle est décédée en odeur de saincteté^ a vescu dans la constante pratique de iouies sortes de vertus propres à unedamoiselle rmimfèt chrestienne. Ont assisté à son enterre» ment les sieurs Gênais et Gerbier ses parens ar.compagnésHu'côtps de, justice: conduit par M' Petite lieutenant général ^ d^un grand concours de la plupart ties .personnes notablés et du peuple , qui^ avec empressement lui ont rendu les derniers deUvoirs^ tout en considération de son mérite personnel^ aue des grandes aumosnes qu'elle a toujours faites a cette église^ sa paroisse^ à laqueÔe elle a toujours esté attachée et assidue^ aux hèpitaux et aux pauvres d*tcy et des environs.

Avant d'arriver à Tépoque désastreuse qui détruisit tant d'établissements pieux, qui ruina tant de fondations si utiles, disons, en

f\e\x de mots, ce qu'était la communauté de 'UnioQ-Chrétieuoe de Fonteoay, en 1766.

Les recettes des pensionnaires et des sœursy ajoutées au revenu annuel de la maison, se montaient à 18,000 livres. La communauté était composée devingt-buit somirs 4le chœur, et de six converses. La protection divine était dès lors visible sut cette maison. On aurait pu dire fc cette époque»

comme aujourd'hui , Digitus Dei est hic. {Exod. VIII, 19.) Il y avait dans les classes externes cent-cinquante petites tilles ii instruire, vingt au peusionaat, et sep( sœurs occupées à les enseigner.

La communauté ayant pris la résomtioo d*avoir une chapelle plus grande, pl«s en rapport avec la position florissante du eouvent, ru démolir celle qui existait. Sor m)b emplacement,, joint à celui qu'elle obiiot du Roi, elle put avancer la constractioii du nouveau monument, jusqu'au tx)rdde li grande route de Nantes h Poitiers. Las travaux commencèrent au mois de mars 1779, et furent terminés en mars 1781. La nou* velle chapelle fut bénie le jour de TAnnonoiation , par Mgr de Crussol d'Dzès , é?èque de la Rochelle, qui célébra solennellemeDt la sainte Messe, exposa le saint Sacremeot et en donna la bénédiction après Compiles. Cette chapelle fut dédiée à la Sdinle-FAmille, Jésus, Marie, Joseph, et on décida d'en célébrer la ffite le jour de rAnnooeiation de la très-sainie Vierge , le*25 mars niSme année.

•Le 12 février 1792 , le serment à la constitution civile du clergé, qui déjà avait ité demandé aux ecclésiastiques du diocèse, fut exigé des dames de l'Cnion-Ghrétienne; mais, a Texemple de ceux qui les conduisaient dons la foi, elles refusèrent toutes de prêter ce serment. Bientôt après on ounit les portes de leur communauté, en leur déclarant qu'elles étaient libres de tout engagement ; c*est en vain qu'elles protestèrent vouloir 'Vivre 'toujours de la vie coo* ventuelle, et y mourir : leurs biens furent saisis, et elles se 'virent forcées d*abaûdon» ner leur sainte solitude.

La maison de l'Union-Chrétienne servit quelque temps de muaici^mlité, uuis de préfecture à l'administration civile. Des séances publiques furent 'tenues dans la chapelle et dans l'endroit occupé maintenant par le chœur et les stalles des religieuse>; une estrade, qui n'a disparu que depuis

[»e«, témoignait encore, en 1859, de ta réaité de la persécution.

Le t** mai 1806, quelques mois après la siffnature du concordat, tes religieuses de rUnion^Chrétienne adressèrent une demande collective è l'empereur, et elles obtinrent par un décret daté de Saint-Cloud,'.riitttorisation provisoire de se réunir et de fonder des établissements sens le nom dUtaects* tion des seeurs ou des d«m«# de ta FùAaliM. Elles prenaient pour but d'offrir on asile hospitalier aux personnes de leur seie, qui voudraient vivre enseoible dans laretraite ; et de former des jeunes filles aoi bonnes moaurs, aux vertus chrétiennes et aux devoirs de leur état, etc.

Cette autorisation ne comblait pas entièrement le désir des saintes filles. Elles soa* piraient après le moment où il leor >erait donné de vivre et de mourir dans la maison qui avait vu leurs premiers vonii- Elles adressèrent, en 1808, un placetà Tito* pératrice-mèreyqui parut disposée i aocueii

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DES ORDRES RELIGIEUX

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Hr bforablement leurdeœande. Enfin Je 18 juillet de la même année* elles purent oujtir leors clas^$ et former une école graloUe en fareur des pauvres de la ville.

Le M septembre 1809, Mme de Gobert de Chouppe, et Marie Susanne Rocher» rachetèrent, au prix de Si ,000 fr., la maison •i ardemment désirée « et passèrent devant notaire un acte de société qui établissait en outre, pour première suf>erieure de l'établissement, JeanneTrançoise-Augustine de Cboiipi>e.

La France venait de revoir le retour des B»ttrboas, et, les circonstances paraissant favorables, les Dames de TUnion-Chrétienne adressèrent, le 6 décembre 1826, au ministre des cultes, une demande tendant h obtenir l'autorisation définitive de la communauté : ce oui leur fut accordé. Les statuts furent également approuvés par Mgr R. P. Sojer, en date du 3 décembre 1825, furent envoyés an conseil d'£tat pour être examinés, et furent enregistrés le 1" avril 1827.

Le 22 avril de la même année, une ordonnance royale, datée de Saint-Cloud, et signée Charles X, autorisa définitivement l'Union- Cbrétienne deFontenay. Une seconde ordonnance, du i*'août 1827, approuva Tacquisitioo de la maison, au nom des sœurs réunies en communauté.

La congrégation de rUnion-Chrétienne a pris beaucoup d extension depuis cjuelques années; elle fait des fondations k Pissitte en 1837, è Saint*Jean de Fontenay en 18M« k rile d*Blbe en 18SiO, au Saiigon, k Saiot-Hilaire-de-Riez, k Saint-Florent des Bois en 1858, k Florence en 18S3.

Il y a en ce moment k Fontenay-le-Comte vingl*deux religieuses de chœur, vingt novices, dix sœurs converses professes, trois novices. (1)

CRBANISTES (ConGEioATioii dbs heli-

eiBUSBS).

La famille de Louis VIII fut une famille pieuse, angélique, et en quelque sorte divine, bisant peu de cas des ^cef)tres et des pompes du monde; elle aspirait aux couronnes du ciel. Sous les beaux dehors d'un appareil extérieur, elle menait une vie plus aue monacale. Les palais de ces princes étaient des couvents réformés. Leurs guerres n'avaient bour but que de convertir ou de soumettre les mécréants, de rétablir rBglise, de multiplier le peuple des fidèles, de reconquérir les lieux saints pour les soustraire à la profanation.

Louis VllI, fils de Philippe Auguste, né le 6 sei'tembre 1187, fut marié k Tàge de 15 ans k Blanche, fille d'Alphonse VIIL roi de Castille, et d'Bléonore, fille de Henri II, roi d'Angleterre. Il eut six garçons et deux filles; Isalielle naquit la dernière vers Tan 1220; elle n'avait que cinq ou six ans quand elle iierdttson père, et Saint «Louis, qui lui succéda, n'en avait que douze.

Dès sa tendre eotance, Isabelle avait un tel goût pour l'oraison, qu'elle la faisait même dans son lit, où elle priait appuyée

(1) Foy. k la Ad da vol., Q"« 25i, i55.

sur ses coudes et snr ses genoux; elle avait un tel amour pour la pudeur, que s'il arrivait, que, se livrant k quelques ébats dans sa chambre avec d'autres compagnes, un homme enirftt par hasard, elle disparaissait aussitôt, et ne rentrait que lorsqu'il s'était retiré. Elle manjjea si peu pendant dix-neuf ans» qu'on ne comprit jamais qu'elle eût pu vivre, si la grftce de Dieu n'y avait suppléé ; et en outre elle jeûnait trois fois \)at semaine. Pour l'engager k manger un morceau de plus, sa sainte et digne mère lui promettait de donner quarante sous aux pauvres: mais même alors elle s'en défendait respectueusement, en disant qu'on trouverait assez d'autres motifs pour donner aux pauvres : un peu de poirée et des légumes lui suflisaieiit. Elle faisait distribuer aux pauvres toutes les viandes qu'on lui servait; elle gardait le silence pendant les quelques instants que duraient les repas, et son esprit ne cessait d'être uni k Dieu. Elle apnrit si parfaitement la langue latine, qu'elle se nourrissait journellement de la lecture de la Bible, de 1 Evangile, et des écrits des SS. Pères.

Elle était remplie de respect pour le roi son frère; elle ne le visitait jamais sans se mettre k genoux devant lui, malgré tes efforts de saint Louis pour l'en empêcher; mais elle restait muette en sa urésence, quoique sa mère et ses frères lui fissent des {Qstances pour conférer avec lui, ne fût-ce que des choses saintes et sérieuses : rien ne prouva mieux la solidité de sa vertu que le refus qu'elle fit k saint Louis de lui donner un couvre-chef qu'elle avait filé et confectionné eUe-même, avec intention de le lui offrir, pour qu'il le portât par amour pour elle; mais ayant juge ensuite que, comme c'était son premier travail, il convenait qu'elle le destinât aux membres de Jésus- Christ ;etle résista aux mères du roi, et elle l'envoya k une pauvre femme atteinte d'une maladie de langueur, réduite k une extrême indigence, que la princesse visitait chaque jour, en lui faisant porter des présents et des viandes préparées pour elle. Le cœur de saint Louis était fait pour estimer et aimer bien plus sa sœur après avoir essuyé ce refus.

La demeure d'Isabelle était toujours pleine et entourée de pauvres; elle les servait de ses propres mains, mais elle leur distribuait une nourriture plus précieuse encore, elle les instruisait et les pressait vivement de travailler au salut de leur ftme; elle allait aussi les visiter sur leurs grabats et dan< les hôpitaux, où elle les entretenait familièrement pour les exhorter k la patience, les consoler et leur inspirer des sentiments religieux. Tous les jeudis elle lavait les pieds k treize pauvres, leur servait ses plats, offrait k cnaoun trente deniers d'argent, eu mémoire de ceux que reçut le traître Judas pour prix de Notre-Seigoeur.

Isabelle était d'une grande beauté et trèsgracieuse; elle avait un front très-élevé ei une chevelure remarquable, néanmoins ell<t

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DICTIO.NNAIBE

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ae s enorgueillissait pas pais uu sa beauté qu*ello ne se glorifiait de ses aumônes; mais sa mode.<lie n empêchait personne de rendre justice à ses qualités; et comme il arrive toujours, elle ae perdait rien à élre humble et modeste. Toutes ses qualités réunies inspiraient du respect pour elle à (out le monde, même à ses domestiques; elles ramassaient, chaque matin, tous les cheveux qui tombaient de sa tête et les gardaient soigneusement-. Klle leur demanda un jour pourquoi elles faisaient cela, elles répondirent : ff Madame, nous les ramassons aGo que lorsque vous serez sainte, nous puissions les conserver comme reliques. » Elle en riait, et elle traitait cela de folie, tandis que celles qui possédèrent des cheveux de sa jeunesse les estimaient plus que les plus riches joyaux.

Elle se levait bien avant Taurore pour ré* citer les Matines et pour se livrer ensuite à des méditations profondes sur les mystères de la passion de Notre-Seigneur. Elle n'interrompait pas 5ies prières qnand en rhabillait; elle rentrait dans ses appartements ou dans son oratoire pour vaquer a l-étude^ft à la lecture de la Bib'e et de la Vre des Saints jusqu'à midi, oii elle s'occupait, avant de prendre son repas, à distribuer des secours aux pauvres. Pendant ses jours de jeûne» elle ne se mettait à table que vers le soir; elle avait une si grande avidité jjour écouter ta parole de Dieu, qu'elle la faisait souvent prêcher dans ses appartements. Elle avait la conscience si timorée, qu'elle se confessait une fois chaque jour et elle choisissait (>our confesseurs des prêtres expérimentésqui lui découvrissent librement ses défauts, et elle avait pour eux le plus grand resj^ect. Au sortir du tribunal, on la voyait si baignée de larmes, qu'on Taurait prise pour la plus grande pécheresse du monde; elle prenait souvent la discipline jusqu'au sang. Après une maladie dangereuse qui faillit la ravir k sa famille, et pendant laquelle la reine Blanche sollicita les prières de toutes les maisons religieuses et des saints personnages, Isabelle renonça k toutes les livrées du monde, que par sa position elle avait cru être obligéo de porter jusqu'alors par égard pour la volonté de ses parents.

Ou ne s'étonnera pas si cette ûlle eitraordtnaire fut l'objet de la demande d'un grand nombre de princes. Son entretien, sa beauté, ses connaissances, son esprit, ses grâces» ses vertus, la ûrent rechercher aussi par le futur empereur Conrad, qui mît tout en œuvre pour obtenir cette alliance. Tous les amis de la princesse la conjuraient de ne \M\s la refuser; elle entrait dans les vues de saint Louis et de la reine Blanche. Le vicaire même de Jésus-Christ daigna intervenir luimême dans cette affaire. Il écrivit de sa propre main à cette princesse pour la presser de consentir à ce mariage, en vue du bien qu'il ferait au monde et du repos quUl apporterait, h l'Europe. Elle répondit aux instances du Souverain Pontife, qu'une vierge consacrée au Seigneur» était au-des-

sus d'une impératrice. Voilà certes un noble langage ; c'est bien là la fille des rois et la vierge chrétienne dans toute la dignité de son innocence et la profonde con?iction do sa foi. Le Pape Innocent la félicita da choix de vie qu'elle avait fait et de sa fermeté généreuse. Aussitôt qu'elle eut reçu cette deuxième lettre du Saint Père, elle Gl une

(profession ouverte «t solennelle de laperéction chrétienne. .

Le départ de saint Louis pour la Palestine fit verser beaucoup de larmes è Isabelle. Quand les désastres eurent succédé aux brit» laùts exploits de son frère et aux merTeil* leux succès de cette expédition, elle sut imiter le rare courage do sa vertueuse mère, elle redoubla ses aumônes, ses booDesœo* vres, ses pénitences, pour attirer les faveufs du ciel sur les membres de sa famille, et pour détourner les maux de la patrie qui était aussi menacée des horreurs de la gaerre civile par la révolte des puissants seigneurs que la prudence et la fermeté de la régente parvint à dompter. La perle de cette incom-

Rrable mère dont les lirillantes qualités, minent mérite et les vertus ne furent bien appréciés qu'après sa mort, fut le plus grand sacrifice que Dieu pût demander au cœur d'Isabelle.

Cette perte et le retour du roi détnrnaiuèrent cette sainte vierge k quitter la cour qu'eUe avait toujours regardée comme ua séjour dangereux uour la piété, et à fonder un monastère, après avoir demandé oonsed à ceux sans l'avis desquels elle n'entreprenait rien pour le salut de son âme.

Un jour qu^elle sut que saint Louis son frère était seul dans son cabinet, elle alli le trouver» se prosterna devant lai è deu^ genoux; saint Louis l'ayant relevée, la pria instamment de s'asseoir auprès de lui. Elle lui parla ainsi : « Mon trez redouté Seigneur, si votre sœur et servante a trouvé grâce devant vos yeux ; permettez, s'il vous plaît, qu*elle vous fasse entendre le secret de

auelquessiees désirs.... J'aurais un exlréme ésir de m'éloigner des pompes de la ceur et du monde, et de servir Dieu le reste de mes jours daas l'humilité. Ayant été dé* laissée orpheline de père au basâge, voos avez daigné me témoigner la bienveillaoce d'un frère et d'un père tout ensemble, ei bien que la Reine*Blani'he, ma mère et h vôtre m'ait si tendrement élevée, votre bonté n'a pas laissé d'y contribuer. J'ai un regret qui ne peut s'exprimer, c'est de n'avoir po en renure la moindre reconnaissance. Or. Monseigneur et frère, rien, jtisqu'à ceti<» heure, ne m'a retenue en votre cour siooa

le respect que je portais à madame et mèrej cause que, voyant qu'elle mechérissaitcomute

étant sa fille unique, je croyais vraiment ae

eouvoir la frustrer do cette consolation • lieu me l'ayant ôlée, et j'o^e vous dire qae le comble de mes vœux était que je ne fttf>« point séparée d'elle à la mort. Dieu ne m«j ayant pas encore jugée digne, j'ai délib^rô de faire ma retraite et d'employer le su^ plus de mou âge au service de celui de ^,^

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DES ORDRES RELIGIEUX

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|e tiens t'Mre et la vie. » Le bon roi Louis luiâtiendri de ses parolesi et permit à sa sœur de puiser dans ses trésors tout ce qu'elle foudrait pour Ja construction de son mo« naslère.

Assurée du consentement et de la protecrien de son frère, Isabelle résolut de faire bâtir nn couvent de Sœurs mineures, sous la Règle de saint François et de sainte Claire, Règle alors toute récente et qui était embrassée par un grand nombre ue personnes. Die 61 bAtir la maison dans les plaines qui bordent la Seine à l'ouest de Paris , et que

S^or cela on appelle Longchamp. Avant la ndalîon de cette abbaye, ce lieu s'appelait Coupe^gargê. h cause des voleurs qui s y retiraient et des crimes nombreux qui s*y commettaient. La cérémonie de l'inauguration fut des plus solennelles et des plus imposantes; elle reçut d'abord de sa royale mndatrice le nom q* Humilité de Notre-Iktme. Six religieux pieuK et savants avaient redise la Règle qu on devait suivre, le Pafie, le 901 et toutes les autorités compétentes l'avaient approuvée, el cependant quand il fat question de la mettre en pratique, les sœurs )a trouvèrent trop difGcile, ce qui détermina Urbain II , è la réformer par une bulle de lies, et depuis ce temps-là, au nom de S»ur$mneure$encto$e$d6VBumilitédeNù(r$^ Ékune^qne portaient les religieuses de Longchamp, elles joignaient celui de Clarisses- DrlMnistes de 1 arcbî^monastère de Longchamp. La clôture était rigoureuse, le roi et la reine, parmi les laïques, pouvaient entrer au couvent avec dix personnes d'honneur; un cardinal avait le même privilège ; ta ministre-général de saint François ne pouvait y entrer qu'avec deux compagnons. Depuis ou'lsabelle se fut retirée à Longchamp, elle ne voulut plus entendre parler de la noblesse de son extraction ; elle ne retint que de pauvres femmes è son service; au lieu d'être couverte de tapis, sa chambre n'était jonchée que de paille qui lui rappelait celle sur laquelle les trois rois de I Orient vinrent faire hommage h Notre-Seigneur, lors de sa naissance.

Sainte Isabelle avait l'esprit tellement appliqué aux œuvres de piété, qu'elle était insensible aux souflh*ances corporelles, pendant les froids les plus rigoureux, elle ne ▼oulait user d'aucune précaution ; elle avait pendant toute la mauvaise saison ses mains fendues et gercées ; elle voulait punir, dirait-elle, sa curiosité, à les regarder dans sa jeunesse, parce qu'elle les avait fort belles et fort délicates. Non contente de continuer les jeûnes qu'elle s'était imposés depuis sa jeunesse en ne prenant de nourriture que vers le soir, elle ne prenait qu'un aliment sec qu'elle n'assaisonnait qu'avec quelques grains de sel. Elle flagellait sa chair si tendre et si délicate avec tant de rigueur, que le sang coulait en abondance, et jaillissait sur ses robes; elle se servait aussi de chaînette de fer.

La ferveur angélique d'Isabelle, la pensée continuelle de Dieu furent bien des fois ré-

compensés (Uir de délicieuses et longues extases.

Depuis sa retraite è Long champ, Isabelle avait presque toujours été malade à cause de ses grandes veillés, abstinences, jeûnes, macérations et autres austérités. Ce furent toutes ces mortlBcations qui abrégèrent sa vie. Elle fut surtout atteinte de fièvres nombreuses les six dernières années de sa vie; mais elle supporta ses maux avec une héroïque patience, sans qu'elle laissAt rien apercevoir des douceurs aiguës qu'elle endurait. Elle conserva toujours, malgré la maigreur de son corps, un visage beau et serein.

Isabelle ne demeura que neuf ans è Longchamp. Le mois de février 1269 elle se mit au lit pour ne plus le quitter; elle appela auprès d'elle ses religieuses, se recommanda à leurs prières, leur fit de touchants adieux; et comme si elle avait prévu que sa communauté dût se relAcher un jour, elle ne cessait de leur recommander la route de l'obéissance et le respect de la Règle.

« Mes bonnes amies, » leur disait-elle, « ce que je désire obtenir de vous, è cette dernière heure, c'est que vos yeux donnent trêve è leurs larmes, et votre esprit prête attention aux derniers avis de votre bonne Mère, qui vous a aimées plus qu'elle-même; je vous ai gardé une maison stable et permanente, si vous gardez bien les vœux de votre profession; mais, ce (]ue Dieu ne veuille, de peu de durée, si vous les transgressez. Tant que les filles de Sion se sont adonnées au service du vrai Dieu avec franchise, courage et pureté de vie, il les a sratifiées en récompense de toutes sortes de bénédictions ; les perles et les pierreries éclataient sur leurs têtes, et leur nom était exalté au-dessus de toutes les autres filles de l'univers; mais depuis qu'elles se furent oubliées et départies de leurs devoirs, il se mit à les prendre en telle haine et telle effroyable indignation,

3ue leurs ornements furent réduits en cenre, leur nom rempli do honte et d'ignominie, et furent accaolées, sous ces épouvantables désastres qui servirent de sujets aux lamentations du prophète. C'est l'espérance que vos vertus et la grflce du Sainte-Esprit vous mettront à même de ne pas craindre ces châtiments de la colère divine qui me fait, avec moins de regret, me sé^iarer de> vous. » La mourante apercevant Agnès de Harpcourt qui pleurait plus que les autres, religieuses, «Quoi 1 sodur Agnès,» lui dit-elle, « ma chère et indivisible compagne, vous pleurez sur notre séparation, quand je ne suis plus qu'un fardeau inutile, quand Dieu va dénouer enfin, |K>ur m'appeler è lui, le dernier fil de la trame de cette vie que j'ai passée avec vous, pour me faire aller peut-être en une vie meilleure? Ahl priez plutôt, au lieu de pleurer; priez et veillez au soin de la communauté, maintenant que toute la charge va tomber sur vous, traitez vos religieuses avec douceur, mais maintenez-les fortement dans la discipline et dans la Règle; ne souffrez pas que jamais on y touche; car,

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changer ta Rè^Ie il'on orare religieui, cV^t la détruire. Gardez-rous-en bien. Je Tai fait rédiger par six doctes tbéolo{;ieBS; ne souffrez pas qu'une inain capricieuse et téméraire la bouleverse. Ainsi donc, sœur Agnès, je vous la recommande^ vous m'avez servie cordialement dès Tenfancet vous m'avez vu dévider et parcourir la trame de cette vie

qui ne tient plus qu'à un fil Je vous ai

toujours trouvée douce amie, bonne compagne; vous étiez devenue comme une seconde partie de moi-même. Cependant» Dieu le veuty chère Agnès, il faut nous quitter, il faut nous séparer maintenant. Faites entrer mon corps nans votre habit que je ne suis plus digne de porter durant ma vie; et si j'ai mérité quelque chose de vous, pensez i moi et ne m'oubliez pas. El vous, mes sœurs bie&aimées, toujours humbles et obéissantes, vivez en concorde et union de cœur, ayez compassion mutuelle les unes des autres et sans jalousie d'aucune préférence; la charité vous rendra toutes égales. Ayez toujours souvenance de votre pauvre Isabelle en vos bonnes prières; implorez la bonté divine de vous être secourable, d'abréger mes peines et de m'introduire au règne de sa béatitude. Si vous avez ce souvenir de moi, jamais, à mon tour, il ne m'arrivera de vous oublier. Je vous quitte sans me séparer de vous; je marche la première vers les rivages éternels; je Yais vous solliciter et vous préparer une place dans le sein de Dieu; soyez donc courageuses et persévérantes, afin que je puisse vous présenter à son tr&ne, revêtues de vos robes blanches, ceintes de couronnes brillantes et tenant des couronnes verdoyantes en vos mains, afin que nous puissions alors nous revoir, et qu'on nous envoie dans ces vergers célestes où s'épanouissent les fleurs et se cueillent les fruits de toutes sortes de plaisirs et de délices. » Elle avait à peine fini que toutes les religieuses éclatèrent en sanslots. A l'exemple de la reine Blanche sa mère, Isabelle, qui sentait la faiblesse de l'agonie, se fit mettre sur la paille et administrer l'extrême onction, les mains et les veux levés vers le ciel, en disant : « Mon Dieu, je vous recommande mon flme 1 » Elle la rendit entre ses mains; elle était Agée de cinquante-cinq ans. La mort de cette sainte princesse fut accompagnée de circonstances extraordinaires: plusieurs religieuses entendirent, au moment de son décès, en diverses parties de l'abbaye, une voix prononcer distinctement ces paroles : Faeiu$ est in pace locus ejut. {Pial. lxxv, 3), qui furent plusieurs fois répétées, La nouvelle de cet événement attira un grand concours à Longchamp. Saint Louis, qui était è Tours pour tenir son parlement, se hAta de venir contempler les restes mortels d'une sœur si sainte et si tendrement aimée. Il la trouva revêtue de l'habit de l'ordre de saint François; profondément ému lui-même, il dut adresser des paroles de consolations aux religieuses désolées, et leur assura que la mort de sa sœur ne diminuerait en rien son atfeciion ni. sa protection pour elles. Il

pria ensuite avec ferveor pour obtenir de Dieu qu'il ref ût sa bienbeoreuse soar daiti le sein de sa miséricorde.

La sainte avait été mise en terre depob dix-neuf jours, saint Louis ordonna aux religieuses de l'exhumer pour saiisiiire è la pieuse curiosité d'un peuple imfseoseaai voulait encore une fois contempler ses traits. Son corps n'exhalait aucune mauvaise odenr; ses membres étaient pleins, moelleux et flexibles; son visage brillant comme è la fleur de son âge; ses yeux, qui s'ouvrirent tandis qu'on plaçait son corps dans un cercueil plus convenable, étaient beaoi et vils et ne paraissaient pas avoir été éteints par la mort. Quoique vêtue en religieuse de Saint-François, elle portait le manteau rojal semé de fleurs de lis avec une couronne ai»r la tête.

Plusieurs faveurs miraculeuses avaient été obtenues de son vivant sur son crédit, mais qu'à cause de sa recommandation on avait tenues cachées ; sa mort fut accompagnée et suivie d'un grand nombre de prodiges par lesquels Dieu voulut récompenser ses vertus et donner des preuves de sa gloire dont elle jouissait. Elle fut béatifiée en tS21, sous le règne de François I*' à la suite d'un miracle qu'une novice obtint de Dieu par son intercession. Adrien cardinal, prêtre de Sainte-Sabine, légat en France, fit faire plusieurs enquêtes sur ce mirac'e, dont il communiqua les résultats aux plus célèbres docteurs en théologie et aux frères de Saint- Françoia qui étaient à Paris. Le cardinal, après avoir' examiné leurs Ir^aux, publia solennellement son décret d'approbation le onzième jf)ur de décembre 1521 et ordonna que la fête de sainte Elisabeth ou Isabelle serait célébrée tous les ans, le dernier jour d'août.

Après la mort de la sainte, un grand nombre de dames célèbres embrassèrent la Règle de Longchamp. Une de ses nièces, Blanciie de France, veuve de Ferdinand, fils aîné d'Alphonse X, roi de Castille, y embrassa Ib vie monastique; un grand nombre d'autres princesses et de filles des premières familles du royaume prirent le Toile et firent leurs Tœux è Longchamp.

Pendant la guerre avec les Anglais et ks Français, Tabbave souffrit t>eaacoup; elle fut souvent pillée, saccagée, ruinée, et les religieuses furent souvent obligées de quitter leur cloître pour se réfugier dans les murs de Paris. Quand elles y revenaient tout était dévasté, ()ar conséquente réparer: les ressources diminuèrent au point que les religieuses n'avaient plus pour pourvoir i leurs plus indispensables besoins ; et eei^endant au milieu de cette extrême pauvreté qui dura longtemps, la Règle fui ngoureusèment observée, et la communauté ne négligeait aucun des devoirs religieux. Ce ne lut que lorsqu'elle fut dans l'opulence que le relâchement s y introduisiL

L'abbaj^e do Longchamp avait étéexemM^ de la juridiction de l'ordinaire par Alexandre JV. L9S religieuses falsaieui leorpi^

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DES 0RDRS9 RELIGIEUX.

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fesstoo M laiiin Voici* hi tnadoctiGn de la formule qu'elles prononçaient)

Moi, smur N.^ je prometi à Dieu, à Ul Uinkeureuêe Marie ioujomre vierge^ au bien^ heureux eaini Françoie et à tous les sainte: omU je promets entre vos mains^ ma tnire supérieure^ de vivre toute ma vie selon la règle donnée à notre ordre par Alexandre IV, cor^ rigée et approuvée par le Pape Urbain IV, dans f obéissance, la ^uvreté, la chasteté et la clôture ifue présent la Riale.

Les religieuses n'avaient a leurs lits que des paiUasses;.L*ahbesse devait voir de-son li^totts les autres lita. La» confession et la communion avaient lieu deux, fois le mois el tons les dimanches pendant l'Avent et le Cartase. Le jeûne y était ordonné depuis la Saiot^François jusqu'à Pâques, et depuis TAscension jusqu'à la Pentecôte; pour le reste de l'année il n'était ordonné que le vendredi. On ne pouvait manger ni œufs ni laitage les jours de jeûne de l'Eglise, les vendredis; et, depuis la Toussaint iusqu'Â Noël on devait manger toujours des aliments tuaigres, si ce n'est depuis Pâques jusqa'À ia Saint-François.

Les religieuses observaienti toujours le silence si ce n'est les fêtes doubles, depuis None jusqu'à Vêpres. Les griiles devaient être d*on fer très-fort et à barreaux trèsserrés; deux religieuses devaient, être présentes quand une d'entre elles étaiu appelée au parloir.

clément IV, par une bulle, datée de Viterbe en 1267, le onzième de son pontifical, permit h l'abbaye d'enterrer dans l'église, rois, reines et 'leurs successeurs qui voudraient y choisir leur sépulture. Divers Papes et nos rois combtèreni. les Urbanistes de Longchamp de faveurs et de privilèges.

En 1154, é()oque où/écrivait Lebœuf, l'église et le monastère de Longchamp étaient eo grande partie dans leur état primitif. L*égTise surtout était du style du xui* siècle, le clollre et le réiîsctoire avaient été embellis par des peintures récentes faites par une religieuse. La communauté composée d*abord de soixante, puis de quatre-vingts religieuses, ne Tétait plus alors que d*environ quarante.

Un vieux moulin à vent, quelques pans de mue, une ferme, des jardins et surtout des prairies; voilà ce qui reste aujourd'hui^ de cette célèbre abbaye qui fut si longtemps le rendez-vous d'un si grand concoure de fidèles. Après Blanche et saint Louis son fils, souvent des princes et des princesses vinrent à Longchamp ; des rois datèrent de là des ordonnances;, il y en- eut même qui y moururent, Philippe le Long s'^ rendit sou- ▼eni à cause de sa tiHo qui s'y était consacrée; Philippe le Bel y passa les mois d'août, de septembre, d'octobre, novembre et décembre de l'année 1321 ; il y tomba deuifois malade, l'abbé et les religient de Saint-Denis y vinrent en procession nu-pieds, lui apportèrent la vraie croix et le saint clou avec le bras de saint Siméon; il fut guéri après avoir touché et baisé ces saintes reliques. 11 occupait 1 nA«

tel où avait logé labienlieureuie Isabelle, lin même temps que le roi et la cour fréquentaient Longchamp, les fidèles y étaient attirés [lar le charme des belles voix qui se faisaient entendre aux Offices de la semaine sainte ; le public et la foule prirent rhabitude de se rendre à Longchamp. Les plus belles voix dont en a gardé le souvenir furent celles des demoiselles Le Maire et Le Fel : elles chantaient les lamentations de Jérémie, pour les ténèbres, le Stabat mater, et les autres parties del'Officede la semaine sainte. Ces fêtes de deuil amenèrent la foule à Lon^« champ. Ce fut alors qu'à l'éclat de la musi-

Sue et des pompes religieuses succéda celui es équipages, celui de toutes les pompes du luxe mondain, et que l'on appela Longchamp, une promenade où l'orgueil, le luxe la vanité venaient s'étaler non-seulement de Paris, mais de tous les points de VEorope et surtout de l'Angleterre : tel était^iongchamp depuis la défense que fit .l'archevêque d'aller jusqu'à l'abbaye \ïouv ne pas interrompre le silence de la solitude, pour ne pas y introduire la dissipation. Cest toujours là qo€u les mercredi, jeudi et vendredi de la semaine sainte fut toujours le rendez-vous des élégants et des riches équipages parisiens, français et étrangers. On en vit placer leur orgueil et leur félicité à se faire traîner par des chevaux, dont les iers étaient d'argent, dans des voitures dont les roues étaient aussi des roues d'argent.

Les fêtes sanglantes de la révolution vinrent suspendre ces fêtes du luxe et de la fortune; Longchamp resta désert, ses pomfies furent oubliées ; cependant un instant de calme, un gouvernement moins violent n'eut pas plotêt succédé à.J'borrible tourmente qu'aussitêt reparut le promenade.>.

que la vogue de. Longchamp-vSe ranima avec plus d*éciat que jamais; un peu abandonnés sous le premier empire, l'orgueil et le luxe reprirent^ bientôt le obeminde Longchamp.

La capitale semble avoir oublié les grands souvenirs, les sublimes mystères du christianisme pour de frivoles amusements, et tandis que dans les temples on célèbre l'anniversaire de la pande ère nouvelle que la mort du Christ introduisit dans le monde, taudis que l'Eglise désolée, comme la Vierge au pieu de la croix, appelle les fidèles à venir mêler ses pleurs aux siens et solliciter leur pardon dans les tribunaux de la pénitence; tandis qu'une foule vient prier sur le cercueil de Dieu trois fois saint,, mort pour le salut des hommes; une fbule plus compacte, profane, oubliant la sainteté de ces jours consacrés dans tout, l'univers au recueillement, aui^ profondes méditations, aux mortifications el aux. larmes,. se porto à longs flots vers ce lieu illustré par les vertus de tant de vierges du.haut rang. Des quartiers de l'opulence descendent les brillants équipages^ le luxe eRlréné y déploie ses prodigalités et ses folies; les indécentes parures ne redoutent pas en ce jour les lois sévères de la pudeur, les dames même hon-

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compassion mutuel' sans^Iousied'eu'' vous rendn le souvenance de bonnes prière vous être " et de m'in' Si voua

.^jïWrJsans constitution Pr"!"". "—---- ,-;' iune règle ''O-nposée pour ell« en 16i7 r--' «rie P. Jérôme Ulemant, S. J. <-«i. ^T '"' .Ces dura jusqu'en 1682. époque M«q"^'^ ;:;■ la communauté s'affilia à la congrégation des „, Ursulines de Pans. .-.-pril

' Les dames Ursulines de Québec ava.eni

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esursuiines. <inu>»-""

vention . de conserver entre les deux com-

',Tvoi°"ne dTco»,enl. 1. Mère Marie de ' " '' JnS inslraisHil les sau.agesi elon

!,°> nVso^^ues. l'arbre unique qui reslâl de ■'', »f de 1639. C'élMt un frêne vénérable. '^ B.l cl à i'enibre duquel la sainte reli- ■? f., «ninssemblé. pondanl plus de Irenle- *"Tans. les peliles lllles sauvages, pour

Charlevoii rend lioiiin..BC V".''?™*.

raoce el » mabilelé des Ursulines. B»

onl essuyé deui incendies,. écnvaiH •■ î,ÎO,. avec cela elles onlsineudetofc»

les dois qu'on resoil des fi les de » W S01.1 si modiques que, dès la première »»

qu. leur ■"«iM» ''" >>">"'• »" PT-S Jenvover en France. Elles sont néumû" Snueïïboul de s. rélabllr lunlea 1.. *

,leux »"f'|.'" |jes"vérités" de la reUgion. .

M.ie de a Pellrie, qui n'avait jamais 6J"" ■," ',,,"',» eolooio. de le»' *»■

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DES ORDRES RELIGIEI X.

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^deiil, toutes sont utile- ' sort lie leurs nuiins ' goût. » {Journal '^diljoii in-4'.) ''tant rend rès avoir Mme de la «s de sa présent de nos jours, "**'-"♦ . quiestdonuéeaui

"• ^, "^^ ** 16 le pensionnat des

ins' Picture of Québec;

:» de Otiébec ont Thonneur de

is la chapelle du couvent ie tooi*

i>rave marquis de Monicalm, mort

ies de blessures reçues le 13 septem-

1759. Les dépouilles mortelles du héros

«iC peuf ent être mieux placées que sous la

garde de Ja piété.

Ces dameSy dont le pensionnat jouit si justement d'une haute réputation en Canada, étaient au 31 décembre 1853, au nombre de &5 professes et k novices. Klles instruisaient alors 87 pensionnaires et 81 demi-pensionoâires, et elles avaient de plus un externat gratuit pour 139 élèves.

La communauté des Ursulines de la N011- Telle-Orléans étaient en décadence en 1823, parce que dix-huit de ses religieuses s'étaient retirées à la Havane, à la cession de la Louisiane aux Etats-Unis. 11 n'en resta que six; et pour y ranimer Tesprit de sainte Augèle, les sœurs Félicité Borne, de Saint-Charles; Marie-Angélique Bougie de Saint-Louis de Gonzague, et Marie-Pélagie Morin,de Saint- Etienne, nartirent de Québec pour la Nouvelle-Orléans le 13 mai 1823. Mgr Dubourg, évëque de la Nouvelle-Ortéaus, en avait fait la demande k Mgr J. 0. Plessis.

Cette communauté contribua aussi \ la fondation des Ursulines de Gai veston (Texas). Mgr Odin, dans un voyage l Québec en 18^9, obtint deux sœurs, Victoire Wbite de Sainte- Jeanne de Chantai et Catherine Barbe de Saiot-Thomas, qui se joignirent k cinq de leurs sœurs du couvent de la Nouvelle-Or** léaos, établies k Galveston en 1846.

Par l'établissement des deux communautés de 1639, nous voyons comment nos pères comprenaient la colonisation de pays sauvages, et les exemples ne nous manqueront pas dans la suite de ce récit. A celle époque, la religion était TAme de toutes les entreprises, et l'on comprenait qu'elle seule peut servir de base k un édifice social^ et lui préparer un heureux avenir. Comme Ta si heureusement dit le R P. Félix Martin, dont tes paroles auront un autre poids que les nôtre^; « Grâce k cet esprit, la colonie du Canada, el Montréal aussi bien que Québec, offrit k son origine quelque chose de particulier, el préseuu un spectacle dont le monde avait été rarement témoin. On vit Ik s'associer k tous leslravaux de la civilisation et de Tapostolat, le cœur sensible et généreux de la femme.

A c-ette époque, un écrivain moderne (Créti* neau-Joly) remarque que la femme était appelée dans tout le monae chrétien k un grand apostolat de charité. Elle s'y révélait la fortune du pauvre, la consolation de TaiDigé, et, avec un cœur de vierse, elle avait un cœur de mère pour les orphelins. Rlle adoplail toutes les douleurs comme des sœnrs que le ciel réservait k sa tendresse. l-Ille disait adieu aux jouissances et au bonheur de Texistence, pour consacrer k tout ce qui souffre sur la terre sa jeunesse elsa beauté. Elle vint sano- Ufier ces missions lointaines, inspirer aux

Cunes Canadiennes et aux enfants sauvages pudeur et la piété, ei prodiguer aux malades les soins de la bienfaisance chrétienne.» [Manuel du Pèlerin de Notre-Dame du Bon^ Secoure^ k Montréal, p. 8.)

Il y avait en 1853, cinquante professes, qnatre novices, quatre-vingt-sept élèves pensionnaires, quaire-vingt-une élèves demi- Cnsionnaires, et cent-trente neuf externes. s registres ayant été détruits en 1650, on n*a trouvé que le nombre do 6,000 élèves, dont deux cent cinquante Algonquines, Iroguoises. et Abenaquises ; depuis sa fondation, 8,361^ enfants externes, tant sapvages que françaises, canadiennes el irlandaises y ont reçu Tédacation.

Nous ne terminerons pas cette notice sans faire connaître, d*une manière spéciale, la

Ïart que prit k la fondation des Ursulines larie de Tlncarnation. Cette sainte reli- Sieuse, connue dans le monde sous le nom e Mme Martin, naquit k Tours, le 18 octobre 1599 (1}. Elle montra dès son enfance un grand amour pour les pauvres et un vif désir de les soulager. Préférant leur compagnie à toute autre, elle leur rendait tous les servie ces qu'elle pouvait; son cœur éprouvait uno vive affliction lorsqu'elle se trouvaildansTinn possibilité de les secourir. Ces heureuses dispositions fortifièrent son goût pour la piété; assidue k la prière, elle v puisait lo désir de renoncer au monde. A lage de quinze ans, elle voulait embrasser la règle de saint Benoît. Mais, cédant au vœu de sa famille, elle épousa M. Martin, fabricant de soies k Tours. Celle union ne fut pas sans nuages: des chagrins, dont on ignore la cause, vinrent troubler son bonheur. Toutefois, son mari savait apprécier ses vertus, son mérite, et saisissait toutes les occasions de lui rendre cet hommage.

Deux années après, la mort vint frapper M. Martin. Veuve k dix-neuf ans. chargée d'un enfant qui ne faisait que de naître, privée de fortune, Mme Martin se trouvait dans la position la plus aflli^eanie ; elle la soutint avec courage. La religion el son propre zèle furent les éléments de sa consolalion; aussi renonça* t-elle k chercher un autre appui en donnant sa main k un second époux. Bile sentit en même temps se réveiller son ancien goût pour la retraite, el

(I) Son père éiaituii mardiand de soies, nommé cenéaii fiar les femmes ae la famille de la Oeur* riortnl Guyard ; sa mère, Jcaooe Micheict, des- dalzîere.

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résolut de quitter entièrement le coinmerce et de s^abaudonner h la Prorideiice.

Après avoir terminé ses affairest elle rentra dans la maison de son nère, qui désira ravoir chez lui. Elle prit un aabillement trèssimplet qui marquait le divorce qu'elle voulait faire avec le monde ; elle ne s'occupait Sue de la prière et de l'éducation de son Is (1). C'est de ce moment surtout que datent ses grands progrès dans la perieclion. Livrée à la méditation des choses saintes, elle s'affermissait de plus en plus dans l'amour de Dieu et le détachement des créaturesi elle prodiguait aux pauvres, aux malades les soins d une charité héroïque^ considérant en eux les membres souffrants du Sauveur.

Depuis un an, Mme Martin menait cette vie solitaire, lorsqu'elle eut occasion de prouver que ce n'était ni la paresse, ni l'amour de l'indépendance qui lui avaient fait prendre le parti de la retraite. Due de ses sœurs, engagée dans un fort grand commerce, la pria de parl«*)ger ses travaux. Malgré sa répugnance l'our une vie a^^iiée, elle alla demeurer avec sa sœur ; mais on abusa tellement de sa bontiS qu'on lui imposa les fonctions les plus pénibles et les plus humiliantes; les maîtres et les domestiques la traitèrent, durant quatre années, avec hauteur et dureté. Mme Martin se rémuissail de ces humiliations, auxquelles elle ajoutait encore des pénitences volontaires. Disons aussi que sa charité envers les personnes qui en usaient de la sorte à son égard était sans exemple ; elle avait beaucoup de déférence pour sa sœur; les domestiques, dans leurs maladies, ressentaient les effets de sa sollicitude.

Mais enfin, sa sœur, chagrinée de la conduite qu'elle avait tenue envers la pieuse veuve, rendit justice h son talent, et la pria, conjointement avec son mari, de prendre la direction de leurs affaires. Chargée alors de nombreuses occupations, qui ne déconcertaient ni son zèle ni son habileté,elle se maintenait toujours dans un grand recueillement, élevant ^^ans cesse son cœur vers Dieu, et s'unissantde plus en plus avec Jésus-Christ. L'autorité c|uelle avait sur les domestiques et les ouvriers, elle remploya è travailler k leur salut. Elle s'efforçait de les porter à

3uelque action sainte ou de les empêcher 'offenser Dieu. Sa douceur et ses exnortations lui avaient si bien gagné leurs cœurs, qu'ils lui rendaient compte avec une simplicité touchante de chacune de leurs actions, s'accusant humblement de leurs foutes.

Quelquefois, [profitant de leurs bonnes dispositions, elle les rassemblait pour leur faire des instructions sur leurs devoirs, et les reprenait avec bonté et avec zèle quand ils s'en étaient écartés; tous lui étaient soumis comme des enfants k leur mère; elle était leur refuge dans leurs besoins, et leur mé-

(I) Il 86 fit Bénédictin de la congrégation de ^ainl-Manr, le 5 février 1642, fut supérieur pendaut 38 ans, et aisisunt, sous plusieurs géiiéraus,

diatrice auprès de sen beau-frère quand iis avaient encouru sa disgrâce.

Mme MïirliB vécut ainsi jusqu'à Page de vingt-neuf ans, comblée de gricas spéciales qu'elle s'efforçait de mériter par une fidélilé inviolable. Souvent Tamour difin dont elle était embrasée se manifestait sur son Tis^ge; il animait toujours ses parofes et ses actions. Aussi se lassait- eihe de plus en plus du mon* de, des embarras de sa situation, et son penchant pour la vie religieuse ac<)uérait chaque iour plus de force. Après avoir bien énrouvé sa vocation,, elle résofut d*eDtrer chez les Ursuîines de Tours. Elle y fut admise le 23 janvier 163t, comme religieuse de cheeur; e'Ie fit les exercices de son noiicîat avec ferveur. Déjà religieuse avant d'en avoir prrs Thabit, ses progrès dans les Toies spiritueltes larendaientplus propre k donner du secours aux autresqu'àen rêcetoir; c'est pour cela qu'eile fut nommée maîtresse des novices peu de temps après sa profession.Cuidées par sa prudence, sa sagesse, et surtout par sa piété, ses élèves marcbèresl à grands pas vers leur sanctification. Elle composa même pour leur instruction un très-bon ouvrage intitulé : VEeole chrétienne.

Cependant, un aulre théAtre allait s'outric h son zèle : c'était vers des régions lointaines, chez des peuples bartMires, que Dieu appelait Mme Martin, pour qu elle y donnât, en quelque sorte, une impulsion nlus vive à sa ferveur et k sa charité. Mme de la Peltrie, ayant résolu de passer au Canada poar y travailler è la conversion des filles sauvages de ce pays, s'adressa h Mme Martin, comme à la personne la plus capable de seconder son zèle, Ht n'eut point de peine à obtenir son consentement. Elles partir<*nt ensemble de Tours, le Sa février 1639, avec une Ursuline, fille d'un gentilhomme du pays, et d'une autre vertueuse fille. Elles s'embarquèrent h D.eppe le k mai, chargées des dons des personnes les plus distinguées. Dans le même bAtinient était le supérieur des missions du Canada, Mme de le Peltrie, deux ursuline^ et trois religieuses hospitalières, qui allaient aussi faire un établisse* ment h Québec. On arriva dans cette ville le l** août 1639. « Le jour de farrivée de personnes si ardemment désirées,! dit Cbarlovoix, « fut pour toute la ville un jour de fête : tous les travaux cessèrent et les boutiques furent fermées. Le gouverneur reçut les héroïnes sur le rivage, a la tète de ses troupes, qui étaient sous les armes, et au bruit du canon. Après les premiers compliments, il les mena, au milieu desac<iamations du peuple, è l'Eglise où le Te Dt^ fut chanté. » La nouvelle colonie commenrj sur-le-champ ses fonctions. Marie de I Incarnation eut en peu de temps un bs^^ grand nombre de filles k instruire, tant i^r* mi Tes sauvages que parmi les Français établis an Canada. Elle s'en acquitta avec xee

pendant 16 ans. Il mourut prieur de llaniKHi[| '' lès-Tours, le» août 1696, avec la réfMtatiga J ^ saint bumnaeetd^un bon éaivjîa.

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DES ORDRES RELIGIEUX

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ci patience, se félicitanl de faire connallre et aimer Dieu» dans des régions où son nom nétait pas invoqué. En même tegips, elle eut tieaucoup è souffrir dans les commencements de son établissement. Sa maison était petite et incommode, et le devint encore plus quand de nouvelles Ursulines furent arrivées de France. La communauté manquait de beaucoup de choses, malgré les libéralités de Mme de la Peltrie, fidèle compagne de leurs travaux. « Cette dame, » dit Charlevoiz, « qui n*avait jamais désiré d'être riche, et qui s*était fait pauvre de si bon cœur pour Jésus-Christ, ne s'épargnait en rien pour le salut des âmes; son zèle la porta même h cultiver la terre de ses propres mains pour ayoir de quoi soulager les pauvres néophytes ; elle se dépouilla en peu de jours de ce qu'elle avait réservé pour son usage, jusqu'à se réduire k manquer du nécessaire pour vêtir les enfants qa on lui présentait presque nus; et toute sa vie, qui fut assez longue, ne fut qu'un tissu d'actions les plus héroïques de la charité. »

Quant à Marie de rincamation, elle ne paraissait pas s'apercevoir des contrariétés qui se présentèrent d'abord. Son courage et sa ferveur la rendaient supérieure aux be~ soins du corps, et sa paix intérieure n'était point troublée parles soins du dehors. Ainsi elle vit sans trouble son monastère consumé par un incendie, et ne désespérant de rien quand tout paraissait perdu, elle entreprit de le rebâtir sans autres fonds que ceux qu'elle esfiérait de la Providence. Son espoir ne fut point déçu» et elle [larvint k réédifler son monastère.

Avide de souffrances, elle y faisait éclater sà résignation; elle en donna laipreuve dans une maladie qu'elle essuya en 16M. Les douleurs et les croix étaient comme un creuset où elle se puritiait ; aussi les appelait-elle avec ardeur. Quoique avancée en âge, elle s'occupait toujours du bien de la religion, travaillante la conversion des sauvages. AQn de mettre ses religieuses en état d'être plus utiles k ces r*auvres gens, elle avait commencé un dictionnaire de leur langue. Au mois de février 1672, elle tomba malade, languit longtemps, et supporta des opérations très-douloureuses avec une force d esprit étonnante. A sa mort, arrivée le 30 août 1672, la colonie fut eu deuil. Le gouverneur et l'intendant assistèrent k ses funérailles, et l'on se disputa tout ce qui lui avait apiiartenu.

DRSCLINES (CONGBEGATIOlf DES RBUOIBU-

SKs), aux Trois'Riviireif au Canada.

La ville des* Trois- Rivières est, après QuétHsc, la plus ancienne de la colonie. EUe doit son nom, d'après le P. Bressani, h ce

au'elle a été fondée au point où le Saint- [aurice, en se jetant dans le Saint-Laurent, est séparé par deux ties en trois embouchures. Samuel de Champlain avait élevé les premières cabanes de Québec en 1608 ; en 1615, quatre Pères Récollets y arrivèrent, pour pourvoir aux besoins spirituels de la

|)etite colonie. Dès l'année saivante, un poste était établi aux Trois-Rivières , et le rrère Pacifique Duplessis , récollet , y prenait soin oe l'instruction des enfants des Français et dos sauvages. Cependant, c'est seulement en 163^ çuune habitation et un fort y furent construits.

C'est l'année avant sa mort que Champlain éleva le fort des Trois-Rivières, qui consistait en une enceinte de pieux de cèdres enfoncés dans le sable. Les Jésuites y desservirent l'église jusqu'en 1671, époque oùies Récollets vinrent B*y établir, et cet avantposte de la capitale sur le grand fleuve fut tomours d'une grande importance pour la défense de la colonie. Un Jésuite y a trouvé la gloire du martyre , le P. Jacques Ruteux , tué par les Iroquots le 10 mai 1652 , au troisième portage du Saint-Maurice, et l'aïeul de tant d'honorables familles du Canada, le capitaine Pierre Boucher, s'y est couyert des lauriers de la gloire humaine , par sa valeureuse défense de la citadelle trifluvienne, au mois d'aoAt 16S3, â la tête des braves milices du pays.

Les habitants des Trois-Rivières et les sauvages des environs se voyaient donc am-

tilement |K>urvus de secours spirituels; mais es malades et les blessés n'étaient pas assistés par les soins charitables d'une communauté religieuse, lorsque Mgr de Saint- Valier voulut procurera cette ville cet inestimable bienfait. Le 8 octobre 1697, le pieux évêque fonda l'hôpital des Trois-Rivières, et les dames Ursulines de Québec lui four* nirent, pour cette fondation, quatre de leur» professes et une sœur converse. La première supérieure fut la révérende Ifère Marie Brouet de Jésus, et elle prit possession avec ses compagnes, la Mère sœur de Ch. le Vaillant, de Sainie-Cécile , la Mère Madeleine Amyot de la Conception , la Mère Sainte- Marie-Madeleine Drouard de Saint-Michel , la sœur converse Françoise Gravel de Saint- Anne, le 22 décembre 1697.

il On sait que la but principal de la communauté des Ursulines est I instruction des jeunes personnes. Pour les Truis-Rivières, elles ajoutèrent, comme seccNsde CMivre de fondation, le soin des malades. Les digues religieuses étendaient ainsi le cercle de leur» devoirs, afln de suffire è tout le bien que leur évêque attendait d'elles.

Depuis 1731, elles sont indépendantes de la maison mère de Québec* et elles ont maintenu concurremment jusqu'aïqourd'but le soin d'un pensionnat non moins distingué que celui de Québec, et la conduite de leur bâpiul.

En 1702, Mgr de Saint- Valier étant en France, obtint de Louis XIV des lettrespatentes pour l'établissement de cet bêpital, et il y est dit que, non-seulement l'évêque construisit la maison de ses deniers , mais encore qu'il la dota de mille livres de rente. Le roi y rend aussi hommage au xèle des dames ursulines « qui y soignent les malades avec une charité parfaite.» Gharlevoix,. dans le JourfuU Aisforijfue de son voyage en

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