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L'élection de la supérieure et des principales oflliciëres a Heu tous les trois ans, et ni la Mère, ni Tassislanle ne peuvent être eu charge successivement plus de sii ans.
Mais reprenons le fil de Thisloire de Tordre. Le monastère de Paris, dont on avait oublié de faire enregistrer au parlement les lettres patentes du roi , et qui h cause de ce vice de forme fut choisi pour donner un asile h toutes les religieuses du Faubourg Saint-Germain, qui, par suite des guerres, se trouvaient sans habitation, ce monastère, disons-nous , si fort ébranlé du vivant même de la Mère de Matel, ne tarda pas h périr après la mort de cette sainte fondatrice, et selon sa prédiction, en sorte qu*il ne restait k cette époque que les trois couvents d*Avignon, Lyon et Grenoble.
Ce dernier monastère ne tarda pas k en fonder un à Sariars, sous le patronage de Mme la duchesse de la Rocbe-Guyon. Ce fut Tan 1683 que In recommandable Mère de Saurel y conduisit sa petite pépinière de vierges/Mais bientôt, se trouvant trop k Tétroit dans ce bouri^, |iar Vaccroissement inespéré qu'y prit sa maison dans l'espace de quatre au.s elle se vit obligée de la transporter à Orange , d*où elle dut sortir dix ans plus tard, par la malveillance des hérétiques, pour se fixer enfin k Roquemaure.
Le monastère de Lyon fit une fondation k Ânduse, Pan 1607, et v envoya pour supérieure la Mère Marie ae laMère-de-Dieu, dont on raconte plu.sieurs faits miraculeux; elle y fut conduite avec cinq autres religieuses, par la Mère Louise de la Résurrection de Rhodes.
Cette maison eut aussi beaucoup k souffrir de la persécution de Thérésie. Néanmoins la vertu des épouses du Verbe incar* né en triompha et leur attira même la vénération de ces malheureux, au point qu'on vit un jour un de ces redoutables camisards, ennemis jurés des ordres religieux, lancer du pain et du bois par-dessus la muraille du cloître, pour subvenir aux besoins de celles qui l'nabitaient.
Un autre genre de contradiction était réservé au couvent d'Anduse : k peine était-il sorti de ses premières épreuves, que la maison fut envahie par une troupe de femmes protestantes, que les ordres du roi confinaient dans lés monastères, et qui^ k chaque instant, menaçaient du feu et de la mort celles qui leur rendaient les offices les plus délicats de la charité chrétienne.
Malgré ces obstacles, la charité s'y maintint, et les dangers cessèrent
Ces deux monastères de fioquemaure et d'Anduse^ étaient dans la circonscription que nous appelons aujourd'hui le Gard , et formaient , avec les trois qui 4tai«nt de la fondation de la Mère de Matel, cinq établissements, les seuls que Tordre du Verbe-Incarné possédât^ avant la grande catastrophe do 1793.
Le fragment du Nécrologe d'Avignon , qui
t entre nos mains, ne remonte qu*k 1731,
st-k-diro quatre-vingt-douze ans après la
fondation ac ce couvent , et contioue jos* qu'en 1787 ; il ne contient aue des Vies de choix, et .'ne rompt son édinanle oniformité
aue par le récit de la cérémonie «éculaire e sa fondation, qui eut lieu poarla première fuis le 15 décembre 1739, puis de deux inondations qui vinrent jeter répouT£Qie chez les pieuses filles, et dans la cité d'Afi» gnon, en 1755 et 1763.
Mous avons recueilli aussi de ce monastère une copie du procès-verbal de la translation du corps de la Mère de Matel , qui était resté dans le monastère de Paris jusqu*k Tan 17*^, époque où il était en la |)0ssession des religieuses de Tabbaj^e de Panthemont, oui avaient employé Tancien local du Verbe-Incarné pour servir kTagrandisseroent du leur.
Nous voyons ))ar cette pièce la haute vénération qu'avaient ces religieuses, quoique étrangères* k Tordre, pour les restes précieux de cette vénérable institutrice et fondatrice qui reposaient dans leur église, et au'elles regardaient comme la sauve-garde e leur maison et une source de bénédiction pour toutes celles qui l'habitaient.
11 fallut bien du temps et des supplications de la part des personnes influentes, et surtout le zèle persévérant duP.Caranave, *Jésuite, pour obtenir de l'abbesse, HmeBétisé de Maizière, la restitution de ce saiut dépôt, qui fut rendu le 2 août 1772, aux religieuses du Verbe-Incarné d'Aviffnon,où il arriva le 13 du même mois, jour de la mort de la très-sainte Vierge, au milieu des acclamations, de la piété la plus tendre, de ia joie la plus vive, de la sensibilité la piu« touchante de la part de tout le couvent du Verbe- Incarné d Avignon et de ses amis.
Tous les documents du monastère de Grenoble ont péri, ou n ont pas encore été retrouvés.
Lyon nous donne des notices biogra|>biques depuis 1692 jusqu*k 1790, où pouruuit nous ne trouvons rien de saillant, sinon uc> vies abrégées et parfaitement éditianief.
Le Nécrologe de Roquemaure remonte à 1705 et nous conduit jusqu'en 1788.
Celui d'Anduse commence k 1737 et se termine également k la môme date ITtt.
Ces belles et florissantes maisons n'existent plus I Le niveau destructeur de U république sanguinaire a passé sur elles rt nous en a k peine laissé quelques ^esû^^-
Pourauoi sont-ils tombés, ces kn*"-'^ monastères l {)Ourquoi le bras du Toot- Puissant s*est -il ap)>esanti sur eux I
Si d'autres maisons appelaient sa fi^^ vengeance» celles-ci étaient pures des soaulures du siècle. Loin de s*6tre relâchée» i>* la ferveur primitive de leur institut, )e$ religieuses du Verbe-Incarné du xvoj' siècle/ avaient aijouté de saintes rigueurs.
Souvent les nuits étaient témoins ^^ veilles que les pieuses filles passaient »<; niissantes et jcontemplatives devant \<*é* adorable de leur culte et de IenraiM>0^
lis sont tombés précisément parce 40 ^ fiaient purs, et qu*il fallait à U dififl^ J^
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DES ORDRES RELI6IEUX
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liée des Tîctimes innocentes et sans tache , en compensation des ravages de rim|)iété, , si fort déchaînée h cette désastreuse époque. El comme atJlrefois le cruel Hérode, pour l*Enfant-Dieii qu'i^ redoutait, poursuifit à mort les enfants de Bethléem, ne nous est-il pas permis de croire que le démon tramait alors la destructioodetous les ordres religieui en France* pour envelopper dans leur ruine le nouveau Verbe-Incarné, dont ' il prévoyait et redoutait la future puissance et les œuvres merveilleuses dans lei dernierê temps.
Mais c*était en vain, car pour le Verbe nouveau-né, il y avait encore une Egyi^te pour le recevoir, un Joseph pour Vj conduire, et une nouvelle terre de Nazareth pour le loger ao retour. Feu le vénérable abbé Denis, et la feue Hère Saint-Esprit Chinard, furent les élus de Dieu, destinés à ramener dans notre France le dtvin exilé , et ils le cachèrent à Âzerables,. petite bourgade du département de la Creuze, au diocèse de Limoges, où il accomplit le temps marqué par la divine Providence pour représenter la vie cachée dur Sauveur, en attendant au'il se- développe, selon les prophéties oe la fondatrice,, la révérende Mère de Matel.
H. Tablié Denis, né* à Mendion. paroisse d*Azérables, département de la Creuse, le Sft juillet 1761, mort è Âzerables , le 13 novembre 1856, était un homme de la trempe «les saints : Ame forte pour le bien et ferme centre le mal, il préféra deux fois l'exil à un serment contraire à sa conscience.
Prêtre depuis quelques années, il n'avait qa^environ Jlrente ans, quand ,. vers la fin de- 1792, le gouvernement français, devenant de plue en plus hostile à la religion catholique e^k ses ministres, obligea les prêlres non assermentés de quitter la France, sous
Klne de la vie. Ce fut alors que M. labbé nis se dirigea, avec trois de ses confrères, vers le sol hospitalier de Titalie.
En traversant Ghambéry, ils v trouvèrent quatre mille émigrés, tant du clergé que de la noblesse, dont dix-huit prêtres qui appartenaient comme lui au diocèse de Bourges. Parmi eux était un vicaire général, qui prit de tous le plus^rand soin Jt).
Araivés en Italiey ils se dirigèrent vers Bologne, une des quatre villes désignées pour oBrtr un asile aux exilés; ils y lurent accueillis par le cardinal , qui leur procura de suite des vêtements, dont ils avaient tous un pressant besoin, et les plaça dans un couvent de Franciscains.
Un mois après, M. Denis fui envoyé dans un autre couvent à Ferrare , où un personnage distingué lui remit trois cents francs » pour honoraires de Messes ; le pieux abbé n*ayant pu se défendre de les accepter, lui demanda quelles étaient sesintenlions?— Le
rétablissement de la religion en France, lui répondit le zélé seigneur (d).
Deux mois plus tard, M. l'abbé Denis fut envoyé, avec cinq autres prêtres français, h Ravenne, et place, avec ses compagnons, dans un monastère de Franeisoains, dit de Saint-Âppollinaire» qui contenait environ quarante religieux.
Il y avait troisans qu'ils étaient dans eette maison, lorsque Mgr Varchevêque de Bourges leur fit savoir qu'un- décret du (gouvernement français permelteit aux émigrés de rentrer, et que ceux d'entre eux qui auraient le courage de s*y exi>o«>er rendraient de grands services aux fidèles dépourvus de tout secours spirituels.
Dès lors, U. l'abbé Denis, n'écoutant que son zèle, se met en route pour la France, avec deux de ses compagnons. Arrivés à Sion, en Valais, ils apprirent que la révolution s'était rallumée ; cependant ils lie laissèrent pas de continuer leur marche. Ils traversèrent la grande ville de Lyon sans éprouver rien de fâcheux, mais il n'en fut pas ainsi de la petite ville de Gouzon, au département de la Cceuze^ qui fut la commune de la France où les habitants se montrèrent les plus acharnés pour les arrestations.
Gomme ils avaient pris un chemin détourné pour éviter cette petite localité,, ils furent aperçus k travers champs, perdes gendarmes qui faisaient le gaet ^ ils furent arrêtés incontinent comme des gens suspects, quoiqu'ils fussent déçuisés avec la cocarde en tête. De Gouzon , ils furent conduits k Guéret, escortés par des gendarmes, et ensuite traduits devant les juges de la commune. Cependant on les mu en prison, et on poursuivit leur procès.
On leur demanda si , pour éviter on second exil, ils voulaient faire le serment exigé par la loi ?^« Nous ne sommes pas revenus de trois cents lieues, » répondirentils, «pour manquer à notre conscience ; nous repartirons I » En effet, ils furent condamnés en vertu d'un décret, (}ui déportait une seconde fois les prêlres insermentés qui étaient rentrés en France d'après un décret aulériear qui les y autorisait.
h! l'abbé Denis et ses compagnons ayant déclaré vouloic rentrer en Italie, furent eon» dttits perdes gendarmes jusqu'aux fruntièces, enchainis comme des criminsls.
C'est dans ce second exil que M. l'abbé Denis goûta plus que jamais, ainsi qu'il l'a avoué lui-même, les douceurs ineffables qu'on trouve k souffrir pour Jésus-Cbrisft crucifié; c'est également k celte époque qu'il fit la connaissance de la digne Mère Saint- Esprit Chinard-Durieox,religieusedu Verbe- Incarné du monastère de Lyon, qui était situé au Gourguillon ou Hont-des-Martvrs.
Cette fidèle et fervente épouse de Jésus-
(I) A cctt« épo^e Azerables, qui appartient auioynl'liui au liiotcse de Limoge», appaiieDaii à celui de Bourges.
(2) If. Denis ne pouvait jamais, dans la suite, raconter ce traii sans verser te^ larmes d'atien drissement.
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DiCTlOïlNAIRE
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