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Christ avait, elle aussi, qailté ta France, lorsque son couvent fut dékrnil, comme tous les autres, itour aller chercher sur le sol étranger la liberté de servir Dieu.
Elle reçut rbosnitalité è Ravennedans un monastère de religieuses, dont M. Denis était confesseur. Ces deux saints personnages ne furent plus étrangers l'un à l'autre dès le premier moment o» ils se rencoutrèrent sur cette plage lointaine.
La bonne religieuse ne cessait d*entrete» nirson pieux directeur de Tordre du Verbe- Jnrarné et de le disposer h travailler h son rétablissement, sMIs avaient le bonheur de voir la religion se rétablir dans leur malheureuse patrie.
Pendant Texil, la Mère Saint-Esprit Chinard ne voulut plus se séparer du P. Denis vi de ses compagnons, et elle leur devint aussi nécessaire Qu'ils lui étaient utiles; car elle fut partout leur sauvegarde lorsqu'il leur fallut fuir à Florence, puis à Pise, soit devant les armées françaises, soit devant «elles des Autrichiens et des Russes.
De retour en France, comme une fille soumise, elle déféra è ses avis et rentra dans sa famille, è Lyon, dont elle était originaire, i*t M. Denis alla évangéliser Azerables sa paroisse natale, dont il fut nommé curé.
Ils entretenaient une correspondance assez active, lorsque, on ne sait par quelle circonstance, elle s'interrompit et ils ne surent plus l'un et l'autre ce qu'ils étaient devenus.
Cependant, tandis que dans la grande ville de Lyon, au milieu des ressources de tout genre, on s'agitait vainement pour réédiOer Tordre du Vert>e-lncarné, la^ divine Providence faisait surgir autour du P. Denis des filles dévotes, destinées pour en être les premières pierres. Ces pieuses personnes ne venaient pourtant point à lui dans la pensée de se faire religieuses, mais uniquement dans le but de profiter de son ministère, de ses leçons et de ses exemples, les prêtres étant alors fort rares.
Néanmoins, un peu plus tard, quelquesunes, poussées par l'esprit du bon Dieu, sollicitèrent la faveur de mener sous la conduite de ce saint confesseur de la foi, une vie plus retirée du monde. En sorte que M. Denis, après plusieurs avertissements
Su'il reçut du Ciel, se vit comme contraint e céder aux pieuses instances de ces Ames d'élite, choisies d'en haut, pour être les premières religieuses de l'ordre du Verbe-ln* carné, h sa restauration.
Dès l'an 1806, ces ferventes futures épouses de Jésus-Christ se réunirent, pour commencer à mener la vie de communauté, sous le vocable du Verbe-Incarné, dans une petite maisonnette» espèce d'étable, où elles souffrirent toutes sortes de privations dans le but de réparer, autant que possible, par la pénitence, les crimes de la révolution. Elles faisaient l'adoration perpétuelle le
jour et la nuit. On rapporte qu'une fois, quoique peut-être è une époque un peu plus reculée, comme elles se rendaient pendant les ténèbres à l'église paroissiale, où elles allaient souvent même nu-pieds par des saisons rigoureuses, on vil les gouttes d'ean bénite que l'une d'entre elles réfiandaii sur ses compagnes par mode d'aspersion, se changer en olueltes de feu, le bon DîeuToolant sans doute leur marquer ainsi qu*il était content de leur pieux eicès (1).
Chaque jour, pendant la sainte Messe, Tune d'entre elles tenait un grand crucifix à la main, élevé de façon à être aperçu de toute l'église; c'était une invitation è retirer les outrages faits en France è notre divin Sauveur pendant les dii années de désordre, de blasphème et d*impiété qui venaient de s*écouler.
Le peu de temps que ces saintes filles dérobaient k la prière était employée de rudes travaux pour se procurer un pain noir que les chiens, dit-on, refusaient de manger; leurs genoux étaient singulièreçient durcis et calleux k force de se tenir dans une |)osition gênante et de répéter leurs exercices, tel que le chemin de la croix.
Plusieurs ruinèrent tellement leur santé qu'elles ne sesontjamais rétablies; car elles n'avaient personne pour modérer les élans de leur zèle que la ferveur non moins extraordinaire de leur Père spirituel, qui Onit cependant par leur donner one règle d'hospitalières que, par esprit d'humilité, il avait fait rédiger par deux théologiens de Saint- Sulpice, MM. Hugon et Beaudry.
Quoi qu'il en soit, les trois premières religieuses du Père restaurateur de l'ordre &• rent leurs vœux le 5 juillet 180V; c'étaient les sœurs : 1* Marguerite Jouanin dite sœor Sainte-Claire; a* Louise Gayaud dite sour Sainte-Madeleine ; 3* Marie Molat dite sœur Sainte-Thérèse. Cette dernière fut nommée supérieure des deux autres et de sept jeunes personnes qui étaient dans la maison.
Le bon P. Denis leur distribuait tous les jours et même deux fois le jour la parole de Dieu, et se dé[K)uillait de tout pour soutenir sa communauté naissante.
Cependant, la petite maisoDoette ne pouvant plus suffire, les courageuses filles ne craignirent pas de travailler elles-méoies, selon leur pouvoir, k la construction d'un assez vaste bfttiment, propre à donnera leiir sainte entreprise la forme d'une vraie UMson religieuse. M. Denis Bn jeta les fondements, au mois de mars 1811, avec une ponh peuse cérémonie religieuse. Le clergé et les autorités s'y rendirent en procession.
Le Verbe incarné bénit le dévouement do pasteur et des bonnes religieuses aussi bieB que celui des ouvriers de la paroisse qui s*;
1)rêtèrent avec toute la bonne volonté possi- )le, en sorte que, après bien des peines, dei travaux et des contradictions, et s'être vues k deux doigts de leur ruine, le gouverne-
(I) Le P. Denis regarda là chose comme un signe de la propagaiion de ferdre do Vertcti»* cariié.
DE» OttORES HEUGIkUX.
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laenl leor ajanl enjoint de cesser les Ira- Taux GOinmencés» elles obiinrent Tapproba-
appi tioot signée de la main du grand Ma|)oléonv te 23 juillet 18tt, jour de la fête de saint Âpolinaire, pour lequel le P. Denis avait une grande aé?otion depuis qu'il avait reçu rbospilalité à Ravenne dans le couvent çui portait son nom et qui avait été l'habitation de ce saint archevêque.
Vers cette époque, le P. Denis avait uni sa communauté a'Azerables à quelques religieuses Bénédictines qui vivaient à Dunle-Palleteau dans une grande piété et n'élaient censéesformer avec Azerables, d*après le décret d'approbation du 23 juillet 1811, nu'une seule et même maison. Cependant, 1 union se rompit, et dès l'année 1817 le P. Denis obtint du gouvernemeni la sépara* tion des deux communautés.
Il y avait neuf ans qu'on avait commencé à faire des vœux à Azerables, quand le P. Denis ayant pu renouer correspondance avec sa compagne d'exil, la Mère Saint-Esprit CbînarJ-Durieux, l'invita è s'y rendre; ce qu'elle fit avec empressement, emportant avec elle le costume, les Règles, Constitutions et Coutumier de son ordre.
Cette vénérable Hère arriva è Azerables le 28 octobre 1816, et y fut reçue avec acclamations; on lui confia de suite l'emploi de maltresse des novices, et la supérieure lai donna le pouvoir de faire dans lajDoaison tous les changements qu'elle jugerait è propos pour la rendre conforme aux anciennes communautés du Verbe-Incarné. RientAt, elle se démit même de la supériorité en sa faveur, et dès l'an 1817 la Mère Chinard- Durteuxfutélue par scrutin dans cette charge (]u*elle conserva jusqu'à sa mort, c'est-à-dire, jusqu'au 8 septembre 1819.
Dans le courant de l'année 1817, toutes les sœurs qui avaient jusque-là |K>rté l'habit noir avec un cordon rouge, que le P. Denis avait tenu à adopter, Te quittèrent pour prendre celui du Verbe-Incarné (1).
Une autre faveur était réservée à la comnaunauté d'Azerables dans la personne de Téminente Mme De Quiquerant, dite en religion sœur Harie-Vicloire-Angélique, ancienne religieuse du monastère du Verbe- Incarné d'Avignon, laquelle ayant appris pat la voie des journaux le rétablissement de son ordre, partit promptement mal^é les instances de ses parents et de ses amis.
Cette excellente religieuse, non moins digne que la respectable Mère Cbinard-Durieux,quoiqu'elle n'eût passubi les rigueurs de l'exil, parce qu'elle s'était tenue cachée à Avignon, pendant la tourmente révolutionnaire, elle était native de Carpentras; son père, M. de Quiquerant-Deaujeu, portail le titre de marquis de Pierre Longue. C'était à »a considération que le monastère du Verbe- Incarné d'Avignon avait obtenu de l'abbesse fie Panthemont le corps de la Mère de Matcl, Tan 1772, et ce fut elle, la Mère Vietoire-
(I) Dans rimpossibilité où était le P. Denis de rables, le costume de Tordre, U avait au inoso^ M procorer, dés roiij^iric de la coma^UDaKté d^An:- ado|Hé uu cordait rouge.
Angélique De Quitfoerant, qui apporta ce
[)récieux trésor à Azerables, oi^ elle arriva e ao octobre 1818, sans y être attendue ; elle était aussi munie des écrits de cette illustre fondatrice. En entrant dans la communauté, elle s'écria, comme au temple le saint vieillard Siméon : ffunc dimUtis^ etc. Maintenant Seigneur^ votre âervante mourra en paiSf puiêtfue met yeux ont eu le Verbe incamé dane le rétabHuement de eon ordre!
Effectivement, cette jMrfaite religieuse, qui semblait avoir été inspirée par un esprit prophétique en prononçant ce Nunc dimittie^ ne vécut que trois mois, après lesquels elle alla recevoir l'éternelle récompense promise àceux qui restent fldèles jusqu'à la fin.
Quelques jours après l'arrivée de Mme de Quiquerant à Azerables, une autre ancienne religieuse de l'ordre du Verbe-Incarné, sœur Saint-Paul des Champs, vint se joindre aux deux premières; elle était professe de fancien couvent de Lyon et aurait volontiers cédé aux instances de la Mère Chinard, qui voulait remmener avec elle dès l'an 1816, c'est-à-dire deux ans auparavant; mais l'espérance qu'avaient quelques-unes de ses compagnes de Lyon de rétablir leur ordre dans cette ville, l'empêcha de partir; ce ne fut que sur la fin de 1818 qu'elle s'y décida, parce qu'elle voulait mourir dans son ordre et qu'elle voyait que rien n'annonçait le rétablissement de son couvent dans cette grande ville.
Dieu, qui visite ses élus de plusieurs manières, pour en tirer sa gloire, permit que la recommandable Mère Saint-Paol des Champs fAt atteinte de la lèpre, qui résista d'abord à tous les remèdes que l'on put faire, mais dont elle fut miraculeusement guérie par le restaurateur de l'ordre du Verbe-Incarné. Le signe de la croix qu'il lui fit avec le pouce sur la partie malade, y resta depuis toujours imprimé.
Le personnel de la communauté s'accrut tellement qu'il fallut, l'an 1819, ajouter un second bâtiment au premier.
Ce^iendant au mois de février 1821, la communauté d'Azerables envoya cinq rcli-
K' \m^s à Saint-Benoit du Sault, diocèse de urges, pour y former une maison de son ordre. Elle ne put d'abord se soutenir, mais on réussit plus tard à lui donner de solides fondements.
L'an 1827, on en établit une seconde è Evaux-les-Bains, département de la Creuse, diocèse de Limoges, avec le concours de la révérende Mère du Bbur^, laquelle, quoique déjà religieuse hospi^lière de la commu-* nauté de Saint -Alexis de Limoges, avait manifesté au P. Deuis un grand attrait pour travailler à propager l'ordre du Verbe- Incarné, où elle se croyait appelée de Dieu
Le Père restaurateur de l'ordre commença par la mettre en rapport avec Mlle Durivaud, dont le père, M. le naron de Lecler Durivaud, possesseur de douze trentièmes de portions
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