‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 208 sur 220 · IS7I · texte numérisé non relu

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pourvu. On peut supposer néanmoins que ses matériaux étaient prêts et qu il D*aura fait alors que de les mettre en ordre, puis-

3a'il avait composé ses Le//re« eu des temps ivers. Mais ce qui doit surprendre davantage, c*est quMI composa, en ces temps de troubles, son Traité de Vdmt^ ouvrage d'une profondeur métaphysique, qui demanderait le loisir et le repos de la retraite, et pourtant il n*avait même pas le loisir de lire, comme il nous l'apprend dans la seconde préface sur ses lettres. Ce fut alors que Béiissaire ou Bélisaire Si le siège de Rome, et cu« de grands succès en Italie. Vitiges, effrayé de ses pertes et des trahisons qu*il. soupçonnait de toutes parts, même du côté de sa femme, qu*il avait épousée de force, prit le parti de rentrer à Ravenne, mais bientêt après il assiégea et prit Milan, Qxila Darius son saint évêque, parce qu*il avait aussi traité avec les Romains. Quelques années après, Vitiges fut pris dans Ravenne, qu'il ne put défendre contre Bélisaire, et mené par l'e vainqueur comme trophée à Constantinonle, aux pieds de Justinien. Au refus de Bélisaire lui-même, et ensuite de Yraias, Thibaud fut élu rot par les Golhs et périt bientôt, victime d'un assassinat dans un festin, et eut pour successeur le fameux Totila, dont Tbistoire est connue, qui reprit les principales places que les Romains avaient occupées en Italie, rendit aux Goths leur prépondérance et leur renommée, et cédant aux observations de l'illustre saint Benoît, usa de sa victoire et de sa position avec clémence. Au milieu de tous ces troubles, ritaiie tout entière, et spécialement la Ligurie, où le Milanais était compris, fut amigée d'une si cruelle famine, que les hommes se mangèrent entre eux. Deux fem« mes tuèrent dix-sept hommes pour s*en nourrir; mais elles furent tuées elles-mêmes par le dix-huitième qu'elles avaient attaqué. Saint Grégoire le Grand parle de cette famine au u' livre de la Vie de saint Bcnott.

La mort courageuse de Teias, successeur de Totila, ruina sans ressource les affaires des Goths en Italie ; alors commença la domination des Lombards. Cassiodore qui avait été le soutien et la véritable gloire de la monarchie qui tombait, et surtout le bras visible de la Providence, dans les intérêts de la religion et les avantages de l'Italie pendant celte série ou succession rapide de révolutions, Cassiodore n'avait pas attendu la cnute des Goths à quitter le monde. Il y avait longtemps qu*il se regardait comme captif an milieu des engagements honorables

aui l'attachaient à la cour, et qu'il demanait à Dieu de briser ses chaînes. Les malheurs continuels que le royauiuc d*Italie éprouvait ne flrent donc pas naître le dessein de sa retraite, mais ils lui présentèrent Toccasion de l'accomplir. Il les prit pour le signal que Dieu lui donnait de penser uniquement h son salut particulier, abandonnant h sa justice une nation (]u'il avait résolu de punir et même de détruire. Son père et son proche parent , Tillustre Héliodore dont j'ai

parlé au commencement de cet article, loi avaient déjà donné l'exemple d'une retraite

tiresque semblable à celle qu'il méditait, et a piété qui était héréditaire dans sè famille, aurait suffi seule pour lui faire prendre une résolution si généreuse et si digoe d*im homme qui veut absolument assurer son salut.

Une lettre de Cassiodore (liv. xn, 22) e$t datée de l'année 538; il était donc alors dans le monde, et il n'en est sorti qu'en ce tempslà ou même plus tard. Quand il se fit religieux, il avait donc près de soixante-dix ans, et il en avait passé plus de cinquante dans tous les plus importauls emplois de la cour et de l'Ëtat. Au milieu des affaires, il s*était ménagé du temps pour méditer l'Ecriture sainte, aGn de la prendre pour sa conduite. 11 aimait mieux les avertissements que les louanges et les flatteries, comme il paraît par les lettres qu'il écrivit aux éréques et au Pape pour leur demander leurs charitables avis; et par ces saintes disitositions, il avait mérité que la vérité ne s éloignât (»asde lui. 11 ne se laissa point éblouir )ar sa haute position. La raison et surtout a foi, la lui faisaient regarder comme une servitude éclatante. Dans ses œuvres, ses mobiles étaient le désir de la gloire de Dieu et de l'Eglise ; l'intérêt de son pajs et surtout celui de son salut. Je ne puis mieux résumer le peu que j'ai dit de sa Vie dans le monde qu'enempruutantces quelques lignes au père de Sainte-Marthe, son biographe.

« Nous devons donc considérer avec les kii yeux de la foi Cassiodore auprès des rois d'Italie, comme un Joseph auprès de Pharaon, roi d'E^^ypte; un Mardochée auprès d'Assuérus, roi des Perses, et un Daniel auprès de Darius, roi de Babylone, ou pour mieui dire auprès de quatre rois dont ce prophète eut successivement les bonnes grâces, quoiqu'ils fussent de nation et de mœurs uitrérentes, sans qu'il les eût jamais flattés. *

Sainte-Marthe aurait pu ajouter i cet éloge précis, (^ue tous ces rois que servit Cassiodore étaient ariens» et que non^eulement sa foi ne souilrit rien de sa présence à leur cour, mais qu'il les amena souvent à servir l'Eglise catholique.

il est certain que oans la position Cassiodore avait étéè même et de connaître et «le servir ceux qui, au sixième siècle, brille* rent en Italie, au sein des cloîtres et de< monastères; il est plus certain encore qu'' ces saints personnages jouissaient de sou estime et de sa considération. L'expérieO(« a prouvé qu'il leur portait uue sainte envie; il avait souvent devant les yeux l'exemple de princes et de princesses qui renootaieit à la cour pour embrasser la vie religieuse, et ces exemples, comme il le dit luinnéine, étaient fort propres à lui inspirer le D^rri> du monde et Tamourde la retraite. 11/*^^ étonnant qu'il ait tant tardé à le suivrai Noos allons voir comment enfin de l'estime et àf la vénération , il pasïa à la pratique dan« uo Age fort avancé qui aurait été pour un autî« une excuse ou au moins un prétexte r ^*

KTI

DES OHDRES RELIGIEUX.

ne pas céder è i'appei du Seigneur. Quand Ra? enne fut prise» déjà depuis quelques années Cassiodore n*était plus à la cour; sa retraite fut peut-être aussi funeste aux intérêts des Golns que les armes de Bélisaire. J'ai dit mril se retira dans la solitude en Tannée S38 ou Tannée suivante, et qu'il approchait lui-même de soixante-dix ans. S'il a()porla au désert son corps déjà courbé peutêtre par les années, il n'y apporta pas du moins les restes languissants d'une vie mondaine et déréglée, un esprit corrompu par les maximes d'une nolitique toute païenne; un eorps usé de débauches et de délices; desroainscoupables d'exactions ou de larcins commis sur le public, etc. Les Centuriateurs de Magdebourg (protestants comme on sait) se trompent donc ou trompent en disant que la retraite de Cassiodore fut forcée; elle eut tout le mérite de la pleine liberté, oarce çrand homme, vénéré de tous, soit en considération de sti vertu, soit en considération de son illustre famille, n'avait rien è craindre, ni des lîoths, ni des Roonains. L'abbé Tritbème se trompe aussi en insinuant que la mort de Boëce, attribuée aux 80U|)çons mal fondés de Tbéodoric, inspira à Cassiodore la pensée de se retirer pour éviter une On aussi malheureuse. Ou vient de voir que Cassiodore resta à la cour longtemps après !e règne de Théodoric. Ici deux questions se présentent: Où se retira Cassiodore? Embrassa-t-il la vie religieuse lui-même? A la première question on répond que l'abbé Trithème se trompe en disant que le célèbre ministre prit l'habit de religieux dans un monastère situé près de Ravenne, ce qu'ont assuré après lui plusieursauteurs têts que Rubée, Ughelle, Caspiuien, etc. il n'est pas probable que se retirant du monde, Cassiodore ait choisi sa retraite près de la ville capitale du royaume d'Italie , où la cour précisément résidait près* que toujours. Néanmoins cette raison est faible et n est qu'une présomption; il y en a de {dus fortes. D'après ce que Cassiodore dit ui-même dans son livre de V Institution, il est certain qu'il se retira dans un monastère qu*ii avait fait bêtir; or il n'en a fondé, ni h Havenne, ni dans le voisinage. Le monastère de Cassiodore était en partie sur une montagne, selon la description qu'il en fait et que je vais rapporter, description qui ne peut convenir aux monastères des environs de Ravenne, dont le terrain est bas et marécageux. Il y a tant de conformité entre la situation de Sçuillace, patrie de Cassiodore, et la description de son monastère qu'on ne peut douter que ce monasitère ne fût dans cette dernière ville ou dans les environs. « La situation du monastère de Viviers, » dit-il à ses moines, « vous invite et vous engagea préparer bien des soulagements pour les étrangers et pour les pauvres. Vous avez des jardins arrosés de canaux, et le voisinage du petit fleuve Pel"

(I) Le père de Sainte-Martiie dli que c'est ce qui donna le nom de Vivien au nienastére. On appelait

DiCTioxN. ues Ordres reus. IV»

line qui est fort poissonneux, et qui a cela de commode, que vous ne devez pas crainare d inondation de l'abondance de ses eaux, quoiqu'il en ait assez pour n'être pas è mépriser. On a su le conduire, pour votre commodité, partout où l'on a jugé ses eaux nécessaires. Il suffit pour arroser vos jardins, et pour faire tourner les moulins de votre inonastère. On le trouve fort à propos orsqu on en a besoin; et après qu'il a rendu le service qu'on en attendait, on le volt se retirer. Il est, pour ainsi dire, entièrement dévoué à tous les ministères de votre maison, w Ceux qui verront ces lignes sur les eaux du Pellène se rannelleront ce que sainl Bernard a dit si agréablement de l'Aube qui traversait son monastère, et donnait ses eaux aux lieux où elles étaient nécessaires. C est un avantage précieux pour un monastère Que d'avoir ainsi l'eau à son service el a sa discrétion. A l'abbaye de Savigni, près de Louvigné du désert, un ruisseau après avoir passé sous le couvent et servi les lieux réguliers, allait se jeter dans la rivière de Chambène.

Cassiodore continue: « Vous avez aussi la mer au bas du monastère, et vous pouvez y pêcher commodément en plusieurs manières. Vous avez encore des viviers (1) pour y conserver en vie le poisson de votre pêcne; car j'ai fait faire, è l'aide de Dieu, de forts.beaux réservoirs, où une grande quantité de poisson peut être renfermée. Je les ai fait créa* ser dans la concavité de la montagne, de sorte que le poisson qu'on y met, ayant la liberté de s y promener, d'y prendre sa nourriture ordinaire et de se cacher dans les creux des rochers comme au|)aravaRt, ne sent pas qu'il est pris, i» Voilà ce que dit

iB lo- lettre, livre ix, en laisant la neinture de sa maison de Squillaci ou Squillace. il parait donc constant que c'est Squillaci» ou quelque maison voisine de cette ville, que Cassiodore choisit pour être le lieu de sa retraite. Cela paraîtra encore plus clair par ce que je pourrai ajouter. Disons, en attendant que la manière dont saint Bruno parle on décrivant le lieu de sa retraite, près de Squillace, pourrait faire croire que ce lieu n*était pas éloigné du monastère de Cassiodore, car il dit qu'il était vers l'extrémité de la Calabre... dans un lieu très-agréable, d'un air fort tempéré et fort sain.... qu'il était environné de collines, qui s'élevaient doucement... qu'il était arrosé de ruisseaux et de fontaines... qu'il était orné de jardins et do vergers agréables, etc. (voir l'épltre de sainl Bruno à Raoul ou Radulphe, au tome V deSurius). Lecardinal Baronius apeine k croire que le monastère dont il s'agit lûtprèsdeSquitilari, \ynrve qu'il ne troiwe aucun auteur qui parle de ce fleuve de Pellène. Or, on peut répondre que Ton ne saurait affirmer qu'ait* cun auteur absolument n'en ait parlé, mais

aussi Vivien des parcs où Ton enfermait des bêles sauvage^

mn

que cela vieDilrail de ce que Pellène n*est qu'un ruisseau ou pelite rivière, la même

Srobablement qui est celle qu'on appelle quiilacci. Les cartes de la Calabre indiquent deux petites rivières qui se joignent au dessous de Sqùillaci et se ieitent dans la mer. D'ailleurs deux lettres de saint Grégoire le Graud lèvent la difficulté, en disant que le monastère deCastel était voisin de Squillaci; or Castel était une seconde communauté bAtie par Cassiodore dans le voisinage de la première. Depuis longtemps Cassiodore méditait son projet de retraite; il avait donc fait accommoder à son loisir son manoir ou sa terre de Viviers pour en faire un monastère parfait et commode» aQn que les moines, n'y manquant de rien, n'eussent pas la nécessité d'en sortir» et ne trouvassent pas ainsi l'occasion de se dissiper dans le monde. Ainsi Ta fait saint Benoit dans le 66* chapitre de sa Règle où il prescrit aussi de semblables précautions. Avec la commodité des bâtiments, une vue étendue et agréable, la beauté des jardins, les eaux, les canaux, les réservoirs remplis de poissons de mer, et les moulins dont j'ai déjà parlé, le monastère de Cassiodère avait encore des bains pour les infirmes. Le fondateur avait fait conduire pour cela des fontaines d'une eau excellente è boire, et salutaire à ceux qui usaient de ces bains. Cela est encore conforme au chapitre 36* de la Règle de saint Benoit. 11 avait pourvu son monastère d'horloges, dont les unes marq^uaient les heures au soleil, les autres par le moyen de l'eau qui imitait le cours du suleil et "servait pour 1^ nuit aussi bien que pour le jour; c'est-àdire qu'il avait procuré des cadrans et des clepsvdres. L'usage de ces derniers est aujpurd bi)i h peu près passé. Le seul que j'aie vu (en 1839) est à la grande Chartreuse. De plus, Cassiodore avait procuré au Viviers t\es lampes perpétuelles faites avec beaucoup d'art, qui conservaient toujours la lumière et s'allimentaient elles-mêmes sans qu*on y touchAt ou qu'on les remplit d'huile. Je vais bientôt parler desa bibliothèque. Le père de Sainte-Marthe cherche k justifier Cassiodore du luxe établi à Viviers, en disant qu'il y a tout sujet de croire qu'il tira de son palais tout ce oue je viens d'écrire de plus curieux et qu'il le fit transporter au monastère. Néanmoins il eut peur que ses frères n'attachassent leur cœur a des choses sensibles. C*est pourquoi après leur avoir dit que leur monastère était si abondamment pourvu de toutes choses qu'ils n'avaient pas lieu de désirer de passer en d'autres maisons, tan<» dis que les autres moines recherchaient le séjour de Viviers, il les avertit que le plaisir qu'ils peuvent prendre dans l'usage de ces biens est fragile et passager, et que ce n'est pas en cela qu'Us doivent mettre leur ^bpérance» mais en ce qui est éternel, et qu*il faut qu'ils élèvent tous leurs désirs vers ce qui peut leur faire mériter de régner

avec Jésus-Christ. Le P. Sainte-Marthe dit encore que ce qui peut excuser Cassiodore sous un autre point de vue, c'est que luimême avait fait de ses propres mains ce qu'on voyait de plus curieux dans son monastère, ces horloges et ces lampes, ouvrage qu'il ne jugeait pas indigne de son occupa* tion après que Boëce avait donné i ces travaux une grande partie de son loisir; car le roi Théodoric le pria par une lettre de faire deux horloges , Tune au soleil, Tauire à l'eau, que le roi de Bourgogne lui avait demandées, h quoi il obéit. Cela fait présumer avec raison qu'il avait coutume de donner une partie de son temps à ces sortes d'ouvrages, sans quoi il n'aurait pas été si adroit, et il n'aurait pas passé pour le plus habile ouvrier de son temps (1).

Le monastère de Viviers était si vaste

aue Cassiodore lui-même au chapitre 32* e ses Instiêutions lui donne le nom de ville. Aussi était-il double, et outre les édilices qui étaient destinés aux cénobites, il y avait sur la montagne des cellules séparées comme autant d'ermitages, pour ceux qui aimaient le genre de vie des anachorètes, ainsi que je l'ai dit en parlant de CasteL Cassioaore appelle tantôt Viviers et Casiel deux monastères , tant&t il n'en fait qu'un seul. Les deux maisons étaient à la vérité sous la même clôture, mais elles suivaient des exercices différents et avaient chacune leur abbé. Il fallait de eraads revenus pour l'entretien d*un monastère ainsi établi; le pieux et généreux fondateur eut soin de le doter ricnement lui laissant une grande partie de ses biens. Comme plusieurs vassaux en dépendaient, il ordonna à ses religieux et aux abbés qui les gouvernaient, d'avoir un extrême soin d'instruire les paysans leurs sujets, de les former aux bonnes mœurs, d'empêcher leurs vols et leurs superstitions, de les faire assembler souvent dans le monastère pour les avertir de \t\ïr devoir et pour leur donner une Règle de vie; mais il recommande en même temps è ses enfants de ne point charger leurs vassaux, et de ne rien exiger d'eux que ce qu'ils étaient obligés à payer»

Comme l'OfBce divintient lepremierrang entre les exercices de la vie monastique, Cassiodore eut soin de le réeler.ll recoanatt sept Heures différentes destinées à la psalmodie pendant le jour, et il explique à ce sujet, comme fait saint Benoît, au seixième chapitre de sa Règle, ce verset du psaume cxviii : Seplies in die laudem dixi It6i.« ^'^ chanté vos louanges sept fois le jour. > Ces Ueures sont : Laudes, qu il appelle Matines^ comme le fait saint Benoit; Tienne, Seite, Nono, Vêpres, qu'il appelle lueemaria (cVstà-dire, l'Office qui se fait è la luaiière),Com* plies; è auoi il ioint les Nocturnes oa Veilles de ta nuiV. Il ne nomme point Prime (Office plus ancien dans l'Eglise queCoffl* plies); et c'est étonnant, car iliaitassvx cooh

lU Da dit que te censeur Scipion Nasica fut riiiventeur du clepsydre.

ISM

DES ORDRES RELICIKUX.

prendre ailleurs qae Ton chantait celte Heure dans son monastère, car après avoir parlé Jes Laudes, qui sont composées de psaumes» il lyouie, dans la Préface de son Commenlaire mut In Psaumeâf que les psaume^ consacrent aussi Prime, ou la première Heure; il lait ensuite mention des six autres Heures de la journée, que je viens de nommer. H veut, comme saint Benott,que le psaume xc soit chanté à Com plies, \rotxt terminer les actions de la journée» et à rentrée de la nuit. Il j aurait peut-être une remarque à taire sur ce que dit Cassiodore des horloges de différentes espèces qu'il avait données k ses moines. « Nous vous les avons procurées, dit-il, afin que les soldats de Jésus- Christ, avertis pardes signes certains» comme par des trompettes résonnantes, soient appelés et assemblés pour réciter roffice di- 7in. » Paroles qui nous font supposer que ces horloges sonnaient comme les nôtres, ou qu'on se servait, dès lors comme aujourd'hui, de cloches pour assembler les moines h l'oratoire, aux heures de TOffice. Mais l'usage des cloches est-il aussi ancien T Quelques personnes reportent l'usage de convoquer le peuple par le son des cloches^, au temps d'Auguste. Au mot campana^ le Glossaire de Du Cange rapporte ce sentiment.On sait que saint Benoit appelle âigne Tinstrument qui doit servir k conToquer les religieux. Cassiodore recommande de lire les conférences de Cassien, mais déjà il avertit des erreurs où est tombé cet auteur célèbre, ei de la critique qu'en ont iaite cl saint Prosper, et saint Victor éféque de Martyrit on Afrique, ville inconnue, et qui est sans Joute Jvoctora, dans la province de Bizarêne. Il recommande aussi la lecture des Vies des Pères, des Actes des martyrs, etc. 11 exhorte surtout h fuir la paresse et h s'ap- >liquer particulièrement à la méditation de 'Ecriture sainte. Avant de parler des études* il est è propos de parler du travail des mains prescrit à Viviers; il y a dans les expressions de Cassiodore quelque chose qui nous étonne et insinuerait qu il réservait le travail des mains è ceux-là seulement qui seraient inaptesaux études supérieures. «Si,» dit-il, «un tempéramentfroiaqui glace le sang dans les veines, comme parle Virgile (ffeoro. n, 483), et qui assiège le cœur, empêche quelques-uns des frères de dcTenir parfaitement saTants dans les Lettres sacrées ou dans les sciences humaines, il faut qu'après avoir acquis une science médiocre, qui leur serve de fondement, ils prennent pour eux ce aue le même poète cha n le : Qae let champ$ me p toîaetU, et le$ ruineaux quiarrotent Uêplainei. En effet, ce n'est pas une occupation contraire à l'état des moines de cultiver les jardins, de labourer la terre, de se réjouir de l'abondance des fruits qu'on recueille, parce que nous lisons dans le psaume cxxvii (t 2) : Voui vivrez des travaux de vom mainte €i en cela voue serez bienheureux^ et vous vous trouverez bien. Il marque ensuite les auteurs qui ont écrit de la maison rustiqiie, de i'jigricullure, etc. N'est-il pas, en effet,

surprenant devoir dans V Institution de Ossiodore, qu*on peut iregarder comme le recueil de ses constitutions ces paroles que nous venons de rapporter : Ce n'est pas une occu" pation contraire à Vétat des moines de ctiMver les jardins^ de IcAourer la terre f Entre tous les travaux des mains, il donne toujours la préférence à celui de transcrire les livres, comme il s'en explique dans un chapitre exprès (le trentième) de son Institua tion. La raison qu'il en apporte est que les moines, en lisant et relisant si souvent les saintes Ecritures, ce qui est nécessaire pour les (ranscrire, non-seulement s*en remplissent l'esprit, mais encore répandent partout la doctrine céleste, qui fructifie dans les âmes. Cassiodore donne encore à ses religieux, et c'est une circonstance importante 3ue nous ne voulons point omettre, il leur onnedoncdes rèdesetdesinstructionspour s'acquitter bien d'un si important travail, pour écrire correctement, et pour corriger prudemment les fautes qui se seraient peutêtre glissées dans leur original, ce que des ignorants et des écrivains peu habiles no sauraient entreprendre sans s'exposer atout gAter.Maisnousdemandons quel cstcelui qui sera assez habile certainement? quel est celui qui ne se le croira pas? De Terreur ou do Topinion do tant de copistes tronipés sont venues, n'en douions pas, tant de fautes dont plusieurs manuscrits sont remplis. Si nous avions eu l'autorité de Cassiodore; nous aurions prescrit, même aux plus habiles, de laisser au moins en marge, puisque les notes étaient rares alors, ce nous semble, les variantes auxquelles ils croyaient pouvoir substituer d'autres exi)ressions.

Il ne faut pas conclure, de ce qu'il n'est parlé ici que des Lettres sacrées, qu'on ne connut pas à Viviers les Lettres profanes ; en pariant de la bibliothèque , nous prouverons le contraire. Aux écrivains ati/i^uatres, il joignit des correcteurs ou réviseurs, pour relire les manuscrits [Institution^ chap. 15), et il les pria de ne rien corridor qu'après avoir consulté les gens habiles. Il veut aussi que dans les corrections qu'ils feront, ils imitent la main de l'écrivain du manuscrit, afin que rien n'en gâte la beauté. Aprèsl'artd'écrire, Cassiodore n'en estima point de plus conforme à Tétatde ses religieux que celui de relier les livres, de les couTrir et d'en enrichir la couverture. Pour les faire mieux réussir dans ce tr/i- Tail, il se donna la peine de dessiner les différentes manières ou formes de couvertures de livres, afin de laisser liberté au choix et facilité au goût. Dans le chapitre trentedeuxième de VInstitution, il appuie sur les devoirs do la charité. Il veut qu'on ait un soin particulier des pèlerins, des pauvres et des malades, t Recevez e| logez les pèlerins et les voyageurs avant toutes choses ; faites l'aumône , revêtez les uns , donnez du pain k ceux qui ont fiiim. » Un chapitro entier de ce livre de r/ns/J/ti/ton est adressé aux religieux chargés du soin des malades Non-seulement Cassiodore veut que les in-

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(IrmîersserveDt los malades, mais il exprime le désir quMIs se rendent très-habiles dani la médecine et la pharmacie, et pour cela il leur prescrit les livres tant grecs que latins qu'ils doivent lire. Sa bibliothèque en était bicB pourvue. 11 ne faut pas oublier que Ton n^avait pas encore la défense faite aux moines et aux clercs d'exercer la médecine; défense faite dans le canon 9 du Concile de Rome, tenu sous Innocent II. Quoique Cassiodore recommande avec tant de soins ces exercices de charité à l'égard des étrangers et des malades, il nous parait certain qu'il n'avait pas fait de Viviers un hôpital» ni de ses religieux deshospilaliers, et il n'a probablement parlé des soins à donner aux infirmes et aux pèlerins, que dans le sens dont a usé saint Benoit lui-même dans le chapitre trente-sixième de sa Règle; or les Bénédictins n'ont point des intiniiier^ d'hôpitaux.

Il est étonnant qu'après nous avoir mis en état de connaître si largement l'esprit que Cassiodore voulait établir è Viviers, le livre de VlnstUuiion nous dise si peu de chose de l'austérité corporelle et du régime des moines. La nourriture des religieux était frugale et conforme à leur état de pénitence. Cassiodore semble dire dans la Préface sur le Psautier qu'ils jeûnaient ordinairement jusqu'à l'heure de Noue, c'est-à-dire jusqu'à trois heures du soir, parce c|u'il marque que celte heure de TOfTice était le signal pour rompre le jeûne. C'e^t à peu près tout c« qu'on a pu recueillir du genre de vie que le

Kieux fondateur donna à son monastère, ous ne pouvons savoir non plus quelles étaient la forme et la couleur de l'habit des frères, mais il est à présumer qu elles étaient semblables à celles qu'avaient admises les autres monastères d'Italie à celte époque, et vraisemblablement celles que prescrit la Règle de saint Benoit ne s'écartaient guère de l'usage général. Le genre spécial de la fondation deCassiodore demandait une biblio- }hèque que le généreux instituteur ne manqua pasd'y meure en rapport avec tout ce que nousavonsdilde son monastère. Rien n'y fut épargné, ni pour le choix des livres, ni pour la beauté des manuscrits, ni pour les ornements de la couverture et de la reliure. Ayant appris que saint Ambroise avait fait des commentaires surJérémie et autres pro-

{)hètes, il mit tout eu œuvre pour en enrichir a collection de son monastère ; mais n*ayaut pu les découvrir, il recommanda à ses frères de lés rechercher avec toute la diligence possible. Leurs efforts furent sans résultat, puisqu*aujourd'hui même on ne le^ a point encore, et que l'on ne sait pas si le saint évêque a réellement fait ces commentaires. Pour se donner, une idée juste de cette bibliothèque de Viviers, il ne faut pas oublier que Cassiodore avait fait de son monastère une académie où lui et Denys le Petit enseignèrent avec un travail infatigable les saintes letCfes et même les sciences {)rofanes, afin de préparer par là les esprits à Intelligence des livres divins. Les livres ne

suffiraicmt pas pour rendre savants,aQmoin» la généralité de ceux qui s'en servent, si Ton H avait des maîtres habiles. C'est pour celo que Cassiodore chercha des professeurs excellents pour instruire ses religieux, et

Eour tenir les saintes écoles qu'il avait étalies, ne suffisant pas seul à un si pénible travail, dont il voulut néanmoins avoir sa part, sans considérer que ni son âge avancé ne lui laissait assez de forces |H)ur de si grandes fatigues, ni les exercices réguliers et ses compositions tout le temps ctont il avait besoin. Il chercha un collègne solide dans la personne de Denys le Petit, que nous venons de nommer, et dont lui-même nou^ a laissé réloge. 11 nous dit, entre autres choses, qu'il ne se souvient jamais de cet illas* tre collègue, sans rougir de se voir si éloigné de son mérite.

Les livres des sciences naturelles et profanes étaient aussi admis avec empressement et abondance dans la bibliothëaue de Viviers; Cassiodore nous le prouve aans la recommandation qu'il fait à ses religieux dans le soin des malades et en d'autres circonstances. 11 nous suffit, d'ailleurs, poar abréger cette particularité de la vie et des dispositions de Cassiodore, de rappeler que son biographe, le P. de Sainte-Marthe dit qu'on doit regarder cet illustre fondateur comme le restaurateur des sciences dans le sixième siècle , et comme le grand héros des bibliothèques. 11 n'y en a point de considérables qui ne lui aient des oblt^i* tions infinies , puisque c'est par ses soins qu'on a conservé plusieurs ouvrages des anciens, qui auraient péri par les guerres cruelles dont l'Italie, la Sicile, l'Afrique et plusieurs autres provinces furent désolées de son temps , s'il n'avait été aussi zélé qu'il le fut à les faire transcrire poar les multiplier, et s'il n'avait donné l'exemple à la postérité, particulièrement aat moines, de s'occuper à ce travail bonoêto et utile à la république des lettres. Il n'v a donc point de grandes bibliothèques ou l'on ne dût lui ériger une statue i»ar une juste reconnaissaru^e. » C'est ici le lieu de rajipeler que Cassiodore était Tami des bofumes distingués dans les lettres et les sciences à l'époque où il vivait, et qui habitaient les mêmes contrées, tels que le prêtre Bella* tor, savant auteur ecclésiastique, malheureusement trop peu connu, et riUustre Boëce, que tout le monde connaît.

Cassiodore embrassa-t-il de Jui mêmeré»

tat religieux T Suivait-il à Viviers la Règle de saint Benoit T Seconde question k laquelle nous allons répondre. Il est évideotqne Cassiodore pouvait fonder son célèbre mooastère sans s'engager à y contracter les obligatioos des moines ; sa qualité de fondateur, l'au* torité que lui donnaient sa position, sà vertu, son savoir lui auraient permis de prescrire des lois aux religieux de Viviers sans être religieux lui-rofime. Il paraîtrait assez plausible de croire qu'âgé de 89 oe 70 ans, il n*eût guère été apte, lui élevé à la cour, à suivre un régime qui preKriv&U

DES ORDRES RELIGIEUX

uoe abtlineoce perpétaelle, ont de deux pa$.sages de ses écrits, on conclut nécessainieoi que Tusage de la viande et même du poissou était réservé pour les malades. Néanmoins il parait évident que Cassiodore, en se retirant dans la solitude, embrassa la vie monastique. Le P. de Sainte-Marthe le dit positivement et s*appuie sur des autorités incontestables. Paul Diacre, dans son Hiâ' ioirê des Lombarde^ donne à Cassiodore le titre de moine. Le titre de plusieurs manuscrits de Cassiodore le qualiOe de Conven^ ce qui signifie religieux profès ou converti à i*âge mûr, pour distinguer les convers des enfants qu*on avait élevés dans le monas* tère, et auquel les avaient donnés leurs pa* rents, et non frère eonven ou laïque dans le sens actuel. Lui-même parle de sa convtr" $ion dans sa Préface sur le Livré de l'or» thographe; or, on sait que ce mot conver* êion veut dire Tacte de s*adonner à Dieu dans la profession religieuse, et les profès de Tordre de saint Benoît s'engagent à la eonvertion de leurs mœurs. Dans l'explication des Psaumes, il s'exprime ainsi : « Dieu nous fasse la grAce d'être semblables è des bœufs infatigables, pour cultiver le champ de Notre-Sei^neur ovec/e soc de robeervance et des exercices réguliers; » souhait qui indique qu'il était lie aux observances monastiques. Aussi les Centuriateurs de Magdebourg et Cuspinius, protestant aussi, n'ont jaooais douté que Cassiodore ne fût moine, et il n'y a que quelques critiques modernes qui avancent sans fondement que ce fait n'est pas prouvé. Mais Cassiodore a-t-il embrassé l'institut de saint Benoit et en donnat-il la Règle au monastère de Viviers?

Le P. de Sainte*Martbe et dom Garet, et en même temps dom Nourrv, sont

Kur l'affirmative ainsi que les Bénédictins. P. Garet, en effet, ou mieux son coopérateor dom Nourry, établit une dissertation sous ce titre : De M. Aurelii Cassiodori vila manastica disseriatio. 11 établit en quatre arguments, d abord la réalité de l'entrée de Cassiodore dans l'état monastique, mais en peu de mots, la chose étant presque généralement admise.puis sa qualité de Bénédictin. Il faut bien se mettre dans l'esprit, en suivant cette discussion, que les ordres religieux n'étaient pas è cette époque sous le rapport canonique ce qu'ils sont aujourd'hui dans l'Eglise, et Ton ignore absolument quelle était leur stricte subordinatiou hiérarchique avant rétablissement de la congrégation deCluni. Pour prouver son sentiment le P. Garet a recours aux expressions de Cassiodore, qui souvent se rapportent ou s'identifient au texte de la Règle de saint Benoît; au témoignage de plusieurs écrivains qui qualifient Cassiodore de Bénédictin, aux

tiÀscri plions que fait à ses religieux le pieux bndateur, lesquelles prescriptions se trouvent en rapport avec les prescriptions de la Règle de saint Benoit. Il semble même désigner saint Benoît, comme l'auteur del'/nttitution quand il |)arle de la Règle des pères, quand il parle du mullre ou précepteur.

D*aillettr8 saint Benoit vivait encore lors de la retraite de Cassiodore, il avait établi sa demeure dansie voisinagedulieuquecboisitCassiodore; d'où celui-ci aurait-il naturellement fait venir des moines qui devaient composer la colonie de son nouveau monastère, si ce n'est de celui de Saint-Benoit? Enfin dès lors ou peu après la Règle de saint Benott devint & peu près générale en Italie. Ces rai* sons, corroborées par plusieurs autres, n'auraient point convaincu Baronius. Le célèbre annaliste s'étonne du silence gardé par Cassidore sur saint Benott et sur sa Règle, et en vain les éditeurs de Cassiodore appellent-ils cette raison un argument négatif, en vain disent-ils que dans les chapitres indiqués |)ar Baronius, Cassiodore n'avait point n&essisté de parler d'une Règle qui était lue sans cesse dans la communauté, que les anciens moines apprenaient même par cieur, c'était ce me semble, un motif de plus d'en recommander la lecture et la connaissance. On répond encore que les habitants de Viviers ou du Vivier étant si réguliers et si exemptaires, il était inutile et il eût même été fAcheux ou humiliant (molesta) de les rappeler presque à chaque instant à l'observance de la Règle, et nous répondrions, nous, à notre tour: s'ils étaientsi réguliers à otserver les prescriptions de saintBenolt, pour(]uoi leur dresser lin^ntution? Cassiodore si riche en livres et si envieux d'en avoir pour enrichir sa bibliothè- 3ue de Viviers, aurait, réptique-t-on, négligé 'avoir la Règle de saint Benoit? Il est trèspossible qu'il ne l'ait pas eue« sans négliger pour cela sa nombreuse bibliothèque; car on ne la trouvait pas comme aujourd'hui chez les libraires, mais cette Règle pouvait être dans la bibliothèque de Viviers sans être pratiquée par lesmoines. Cette réponseet cellesquenous venons d'ajouter aux difficultés de Baronius, indiquent assez que nous partageons l'opinion du célèbre cardinal en ce qu'il pense que Cassiodore n'a point été Bénédictin, mais nous ne pouvons pensera vec inique Cassiodore ait été de l'institut de Cassien, ni avec le P. Philippe Elssius, qu'il ait été de rinstitutdesermitesdesaintAugustin,comme il le dit à la page 104 de son Sncomastieon Auguêiinianum, Le cardinal Baronius appuie avec raison sur la différence qu'il y a entre la Règle de saint Benoll et les prescriptions faites par Cassiodore aux moines de Virers sur les études. Cette réflexion nous parait d'un grand poids, et si Ton dit qu'il y a rapport entre les deux Règles (prenant v Institution dans le sens qu'on attache à une Règle), il est naturel de répondre qu'il fallait oien que Cassiodore donnAi à ses religieux les obligations qui se contractaient dans tous les monastères, pas plus dans celui de saint Benoît, peut-être, qu'en celui de GaUiatOj par exemple, fondé parsaint llar, dès le temps de Théodoric. Mais nous dirons encore : si on appuie tant sur la ressemblance qu'il y a entre les deux Règles, pour prouver qu'à Viviers odh^ suivait la Règle do saint Benoit, pourquoi ces nouvelles prescriptions, puisqu'elles auraient dvjà été dans la Règle et que la Règl»

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DICTIONT^AIRE

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