‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 23 sur 220 · BÉGUINES · texte numérisé non relu

BÉGUINES

De$ sœurs Béguines étabUes à Castelnaudary

{Aude).

Aux yeux de ceux qui savent la puissance de la prière» l'une des plus grandes jgrftces que la miséricorde infinie de Dieu ait accordées k TEglise de France» c'est le rétablissement des ordres religieux.

Lorsque des événements» ménagés par la Providence» permirent aux prêtres longtemps proscrits» de rentrer dans leurs églises spoliées et profanées» les religieux demeurèrent bannis perdes lois iniques et (mr des préjugés que, depuis Luther» l'esprit du mal favorise avec trop de haine et d'intelligence. Des temps meilleurs pour la liberté religieuse sont venus après un demi-siècile d*attentei et bientôt» s*il plaît k Dieui nous verrons refleurir dans toute leur ancienne

(f) Les Béates de rinstmcrion ne sont pas les aenles ; il y a eiicere celles du tien ordrtde smnt Dominique^ ds ta Préisntatiim^ de la Croix ^ du

M^Ht-Carmelp eic Les localilés, tant soit peu

Importiinies, ont une commanauté réliaieuse, son - \*tiii deux, quelquefois trois» el ebacnne de ces commnnauiés a une école mcaile de Allés. Qudqnes-unes y joinentune salle d*atlle. Il n*esi pas de p:iys où les écoles de filles soient aussi nombreuses et ooêieot si peu : aussi les écoles communales y mnin pour ainsi dire, superflues.

(S) M. de Clicvremont.

(3) M. Magin.

prospérité» ces ordres célèbres dont falu séoce a été pour TEglise un si grand malheur.

Il est même des associations religieuses que la France ne possédait pas» et qui se naturalisent parmi nous. C'est ainsi que les Béguines (k) ont vu s'établir un nouveau béguinage, à Castelnaudary» dans le diocèse de Carcassonne.

Les Béguines ne sont donc pas une congrégation nouvelle : elles existaieni en Belgique en V3M. Dans le diocèse de Gand» il y en a jusc|u à t»206 en divers béguinages.

Il en existe aussi k Anvers» k Malines» k Bruges. N. S. P. le Pa^e Pie IX. a recommandé d*une manière particulière k Mgr Tévèque actuel de Gand de continuer ses soins

Citernels k cette institution excellente» et gr de la Bouillerie» évèque de Carcassonne» que son zèle pour les bonnes œuvres rend célèbre» a vu avec bonheur dans son diocèse une congrégation qu'il avait admirée en Belgique.

On se demandera» peut-être» l'utilité d'un Institut nouveau en France» alors que de nombreuses familles religieuses y sonttdéjk établies» et que plusieurs y prospèrent d'une inanière si consolante.

C'était une pensée qui ne pouvait manquer de venir a Tesprit de l'ecclésiastique qui a prié et consulté Dieu pendant plus de vingt ans» atin de comprendre si» en effet, l'introduction des Béguines en France ne serait pas une œuvre superflue et inutile.

Il lui a semblé» que s*il y a en France une grande variété de familles religieuses, elles se ressemblaient, pour le plus grand nouibre» par leur destination et par leur règle» et que la différence entre les unes et les autres n'existait guère que dans les accessoires de la vie religieuse. 11 n'en est pas ainsi dans la congrégation des Béguines» dont l'organisation offre des différences essentielles avec toutes les autres.

Les faibles santés, les petites fortunes j ont un accès facile» le travail des mains pouvant suppléer k TinsuiQ^ance de la dot.

Le but de l'institution est de fournir aux âmes qui veulent assurer leur salut» et qui ne se sentent pas appelées aux rigueurs d'une vie austère» un moyen de sanctification en s'appliquent k la prati<^ue de la perfection par les exercices de la vie religieuse» sous une règle mise k portée des plus faibles tempéraments.

Les béguinages admettent en ouire, dans

(I) Le nom de Bégnine, s! extraordinaire fiarml nous, est konoré ^n Belgique k Tégal de celui des Filles de la charité. Nous aurions cependant eu France quel^^ue raison de le relever du dbcrédii dans lequel Ta tenu Tesprit moqueur elseeptiqoe du siècle dernier, puisqu'il aurail été prh, selon les documents les plus dignes de fol, en mémoire de sainte Begglie, tille de Pépin, dne de Brabant ei maire du palais (J^Ansiraaie. EUe éuii sœur de sainte Gertrude, et elle épousa Ansefiie, flb de saine Amoold. OsC de ce martage que aérait laau* ta lignée royale des Pépin.

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DES ORDRES RELIGIEUX

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lear enceinte» indépendamment des sœurs qai vivent en communauté, sous un même babit religieux* des personnes du &exe de tout âge et de toute condition^ qui peuvent y demeurer comme locataires^ et qui trouvent dans ces établissements, soit un asile de préservation dans Page de rinexpérience, soit on séjour calme et paisible, où les Ames dégoûtées du monde passent leurs jours sans autre règle que celle de la vie chré-. tienne.

Ainsi au grand béguinage de Gand, oh plus de 600 Béguines vivent en communaulé, 00 compte près de 200 locataires séculières qui vivent en particulier ou en société avec les Béguines.

Trois choses ont toujours été nécessaires pour opérer son salut : la fuite du monde ^ pour leauel Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a pas voulu prier, et qu*il a maudit à cause de ses scandales, de son orgueil et de sa cupidité; le travail^ qui est la pénitence imposée i tous les Bis d'Adam comme châtiment spécial de la faute originelle, et la prière, aui est la condition essentielle à laquelle il a promis sa grâce. Or, dans le béguinage, bien que Ton ne s'engage point h observer la clôture, on la garde cependant, autant que possible, c'est-à-dire en ne sortant que rarement et lorsque la nécessité, les œuvres de zèle ou des convenances ri^. gooreus«s en font un devoir; on y travaille très-assidument, et en travaillant, on prie, pour attirer une double bénédiction.

C'est en suivant cette règle si simple et si admirable sous tant de rapports, que les Béguines s'affermissent dans les vertus religieuses, donnent au monde de constants exemples d'humilité, de détachement, de pénitence, de zèle et de charité.

Noos croyons seconder les pieux desseins de Nosseigneorles évôquesenfoisant connaître cette œuvre, dont le premier établisseffient« pour le midi de la France, existe à Cas- . tsloauaarv, diocèsedeCarcassonne, département de l'Aude, où se trouve un noviciat, reaferoiant des professes, des novices et des fiOstulaDtes. Voici comment se fonda cet établissement :

« A la fin de Tannée 1847, un pieux eccJésiastique du midi de la France, M. Louis de Soubiran-la-Louvière, chànoire honoraire d« Garcassonne et ancien vicaire général, quitta Casieinaudary, sa patrie, pour parcourir la Belgique. Se trouvant è Gand, il visita avec un grand intérêt les deux béguinages de cette ville, et il fut si touché de tout ce qu'il vit dans ces pieux asiles

3ue la capitale de notre Flandre possède epuis tant de siècles pour !e plus grand avantage spirituel et temporel de ses habitants, qu'il conçut le dessein d'en fonder de pareils dans son pays.

< A peine de retour à Casteinaudary, il se mit è l'œuvre : il acheta d'abord (ïat§ la partie stid de la ville un enclos de 150 mètres, et il y bâtit quelques petites maisons et une modeste chapelle domestique. Vêts le aiilieu de l'année 185i, on y comptait déjà (I) ?flf. à la fin dv vol., n»« 12, 43.

0iCTiO!fif. DES OanaRs belig. IV.

10 maisons et ii Filles de la Vierge, qui prirent ensuite le nom de Filles compagnes du BonrSecours. Elles suivaient l'ancienne règle do grand béguinage de Gand et les règlements pariiculiers des couvents oà se fait le noviciat. Toute la contrée put appréciei^ bientdt les nombreux bienfaits de cette école de religion elkie vertu, et l'estime siu' gulière dont jouissait le zélé fond^iteur, appartenant à une très-ancienne famille noble du Languedoc, valut à l'œuvre naissante l'appui de plusieurs personnes pieuses. Sa famille même lui fournit, par la vocation religieuse d'une nièce, Mlle Sophie-Thérèse de Soobiran, jeune personne d'un grand mérite, un nouveau moyen de réaliser le f»rojet qu'il nourrissait depuis 1847, de donner è sa congrégation l'esprit et les tiçadi^tions des béguinages belges.

« Vers le mois de septembre 1854, Il se' rendit à Gand avec sa nièce et une autre personne du département de l'Aude, pour étudier de nouveau les béguinages de Gand. D'après le conseil de Mgr Delebecque, les deux jeunes françaises, passèrent un mois tout entier au grand béguinage de cette ville, afin de s'exercer dans toutes les pratiques qu'elles allaient introduire à Casteinaudary.

« Quand elles y revinrent, M. le chanoine de Soubiran agrandit par une nouvelle ac-

3uisition l'enclos de 1847, et y jeta lesïonements d'une chapelle assez vaste, placée au centre même de iacommunauté. Quatre nouvelles postulantes netardèrentpasà j entrer, et toutes portèrent d'abord un simple costume noir, comme celui que choisissent d'ordinaire les personnes spécialement adonnées aux œuvres de piété. Mgr de La Bouillerie, évêque de Garcassonne, accorda à la congrégation sa paternelle assistance et ses conseils, et bientôt il jugea que le moment était venu d'en faire une institution diocésaine, en le reconnaissant sous son titre particulier de : Filles compagnes du Bon-Secours^ et en célébrant avec solennité son installation définitive. 11 voulut, àc^téûn, présider luimême la cérémonie de la prise d*habit des premières Béguines, qui eut lieu le mercredi 14 novembre 1855.

« Les Béguines qui ont fait profession portent exactement l'babit en usage au béguinage de Gand, avec cette seule différence qu'elles ont sur la poitrine un Christ en bronze sur une croix de bois noir. Leur costume avec cette addition, qui a reçu l'approbation des supérieurs, est regardé de bon œil dans le pays, où on le trouve très-religieux et trèd-convenable. (1)

« Le 8 décembre 1856 a vu une nouvelle profession et une prise d'habit ; la cérémonie a été présidée par Tarchi prêtre de Gastelnaudarj^, au milieu d'une assemblée d^élite pleine de recueillement.

« A la fin de l'année 1856, il y avait au nouveau béguinase de France, sous l'obéissance d'une supérieure ou grande dame, trois professes portant l'habit, et huit autre^^ sujets, qui habitent le béguinage eu sui«'

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