‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 27 sur 220 · IA · texte numérisé non relu

IA

sainte Vierge. L*époux de la Vier{[e élaii aussi ruades saiutsenqui elle avait plus de conflance et pour lequel elle s*efforçait d*eD iaspirer. Elle aimait à prononcer ces

Paroles que TEcriture met dans la bouche de haraon : Allez à Joseph : c Ilead Joeeph (Gen. xuy 55), » pour exhorter les personnes qui étaient dans la peine et dans le besoin de a*adresser à lui.

La conflance de Mme de Bavos au milieu des contradictions et des épreuves de tous genres dont sa vie fut continuellement rem* })liey ne fut pas moins ferme et inébranlable ^ue sa foi avait été vive; c*est elle qui lui insj)irace nobiedévouement» cette intrépidité qui lui fit faire et soutfrir de si grandes <;hoses pour la gloire de Dieu et qui rendit sa vie si féconde en actes héroïques. Elle ne recula jamais devant la volonté divine; plus elle se méfiait d'elle-même, plus elle était forte dans le secours qu'elle attendait •d'en haut. En sorte qu'au milieu des plus grandes difficultés elle était sans hésitation et sans crainte. Elle disait souvent dans les circonstances épineuses où la mauvaise volonté des hommes était évidente : « Si Dieu ^st pour nou$^ qu% tera contre noue? {Rom^ VIII, 31.) Et forte de sa confiance» elle demeurait ferme et impassible dans les cir- •constances les plus difficiles.

Cette es(»érance et celte confiance qu'elle lui inspirait entretenaient l'union habituelle de sa volonté à celle de Dieu, et en tont lemps elle pouvait dire : « Je ne veux rien que ce que Dieu veut ; je ne vais pas seule. Dieu me conduit. % Elle prononçait souvent ces paroles : Mon cœur ett prét^ Seigneur ^ mon €aur est prêt {Psal. lvi, 8). De cette disposition habituelle naissait cette imperturbabilité qu'on remarquait dans son extérieur, môme lorsque les circonstances ou les événements contrariaient le plus ses vues.

C'est le feu divin dont son flme était embrasée, (]ui lui inspira tant de bonnes œuvres, lui fit embrasser tant d'austérités, en- <lurer tant de souffrances, supporter tant de

eeineset de contradictions pour la gloire de ieu, et lui fit soupirer après le Donheur de verser son sangen signe de sa foi. Son cœur était un foyer de charité, source de ce zèle ardent qui lui inspirait tant de générosité et de dévouement, charité qui la rendit mère pleine de charité, de douceur et de compassion pour ses Filles. Elle versait sur toutes le baume de la consolation, elle soutenait lesfaibles,elie était toujours prèle à se sacrifier |tour le prochain. La nuit comme le jour elle était k leur disposition. Elle était heureuse de leur bonheur, mais c'est surtout à l'égard des malades qu'elle exerça toujours la charité la plus tendre; elle ne négligeait rien pour leur soulagement, elle s'informait avec détail de leurs moindres indispositions. Les malades d'esprit étaient plus encore l'objet de ses sollicitudes et de ses soins ; elle les écoutait sans se lasser pendant des heures entières. Si elle ne laissait passer aucune occasion de soulager les pauvres, les maux de leurs âmes la touchaient encore plus tî*

vement ; aussi invitait-elle ses Filles i prier pour la conversion des pécheurs, à offrir leurs jeûnes, offices, communions, (K>ur fléchir la miséricorde de Dieu en leur faveur.

Quoique le cœur de la digne abbesse fût si brûlant de charité, il était le plus humble. Elle était si défiante d'elle-inème qu'elle veillait sans cesse comme si elle n'eût eocore fait que le premier pas dans le chemin de la perfection. Elle se croyait très- pauvre en vertus, et elle craignait excessivement le jugement de Dieu; elle aimait les humiliations: elle se plaisait dans les fonctions les plus basses et les plus viles. L'humilité la rendait douce et calme; dans les discussions elle écoutait et parlait peu; défiante d'elle-même, elle était toujours disposée à suivre l'avis des autres, quoiqu'elle fût ferme comme le roc, et que rien ne pût la faire mollir, quand sa conscience , le bien de la régularité ou quelque autre srave motif exigeaient de lafer* mêlé dans la résistance. Elle s'acquittait avec une sainte allégresse des occupations les plus communes, en pensant aux travaux de la vie cachée de notre tout aimable Sauveur.

Tout ce qui l'entourait, et ses habits même respiraient l'humilité; dans ses appartements rien d'inutile, et tout était simple. Ses vêtements lui plaisaient d'autant plus qu'ils étaient plus rapiécés, et il fallait lui faire Tiolence pour lui en faire accepter de neufs.

Telle lut cette admirable abbesse, doot Dieu se servit pour ressusciter en France l'ordre de Saint-Benott, qui fut pendant tant de siècles une pépinière de tant de saints et de saintes, et de tant de grands hommes.

La maison mère ayant reçu plus de sujets qu'elle n'en pouvait contenir, a fondé, comme nous l'avons ditj d'autres établissements. Le

{)remier est celui de Cuire, près Lyon. lia été àitèlademandedeMgrdePins,eni831.Mme de Bavos envoya dans cette localité huit religieuses de chœur et deux converses. Le r>er« sonnelde cette maison se monte aujourd'hui, comme à Pradines, à cinquante religieuses de chœur et trente sœursde peine. Le second a et fondée Jouarre-sur-la-Ferté,en 1837,.à ladv mande de Mgr Galard. Mme de Bavos y en voya douze religieuses de chœur ei deux sœun» converses. Leur local est celui de rancieone abbaye. Le personnel de celte maison se monte aujourd'hui à 36 religieuses de chœur et vingt sœurs converses. Le troisième a été fondé en 1839, à la demande de Mgr de Villecourl. Mme de 8ainte-Marie-Justine« qui a succédé k Mme de Bavos^ décédée en 1838, a envoyé à Saint-Jean d'Angéty six religieuses de chœur et deux sœurs con* ▼erses. Le quatrième a été ifondé en 1853, à la demande de Mgr de Dreux-Brézé. Mme de Sainte-Marie Justine a envoyé h Chantelle-le* Chêteau quatorze religieuses de chœur et cinq sœurs converses^ Cette nvaison, qui est encore k son berceau, occupe un ancien

r'ieuré qui, avant la révolution, appartenait des moines géuovéfains, et avait dépendu autrefois du chftieau des princes de Bourbon. Chaque établissement jouit d'une parfaite liberté pour son gooTernemenU Ls9 mein

BEN

DES ORDRES RELIGIEUX

BEN

IM

bres de chaque communauté se divisent en quatre classes : 1'% les religieuses de cbœur ; 2% les oblates, qui ne peuvent suivre toute raustérité de la règle ; 3% les sœurs converses, dont quelques-unes forment la 4* classe, parce qu'elles sont pour le service extérieur, et que, par conséquent, elles ne font que des vœux simples.

Les religieuses de chœur suivent en tout la règle de Saint-Benott. Elles récitent ou chantent le grand office d*après le bréviaire l)énédictin , approuvé par Paul V. C'est là leur première fonction. La seconde est Tinstruotion de la jeunesse; instruction plus solide encore que brillante, parce que c'est la plus utile a la société.

L*babit des religieuses est de couleur noire et parfaitement conforme à celui qui se voit sur leur bréviaire, à Sainte-Scholastique. Celui des converses esta peu près le même ; mais elles n'ont pas la grande coule que Ses religieuses revêtent aux dimanches et aux fêtes pour les Offices. Les constitutions renferment les règlements de la clôture, l'expHrtation des vertus religieuses spécialement recommandées par la samte règle, la manière d'exercer les princluaui emplois de la maison et quelques règlements pour les sœurs converses. Elles ont été rédigées par Mme de Bavos, approuvées solennellement en cour de Rome en 1830, et imprimées avec l'autorisatioQ de son Bœinence Mgr le cardinal de Ronald, en 1853| sous le patronage de M. Vabbé Piantier, alors supérieur de la maison de Pradines , aujourd'hui évêque de Nîmes. (1)

Page 1