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DES ORDHES RELIGIEUX.
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les plus booorables de Paris les réclamaient, qu'on s'applaudissait de leurs services , quelles répondaient parfaitement aux besoins des malades, et que leur établissement serait un bienfait pour la sociélé et pour la religioiL M. le curé et les dames protectrices supplièrent Mgr l'archevêque de Paris d*accorder une prompte décision, aHn qu'on pût satisfaire aux demandes qu'on adressait de plusieurs villes, d'aller y former des établissements, ce qui ne pourrait avoir lieu (^06 lorsque la congrégation, approuvée par 1 ordinaire, aurait une règle qui aurait obtenu sa sanction.
Mgr daigna céder aux instances réitérées. Une se contenta pas d'autoriser cette congrégation, mais Sa Grandeur voulut se réserver encore le titre de fondateur; il leur donna pour supérieur M. le curé de Saint-Sulpice et promit de recevoir lui-même à la proiession celles des associées que M. le curé de Saint- Sulpice lui présenterait, faveur inespérée qu'on regarda comme un trait particulier de la bonté divine. Il permit que les sœurs commençassent leur retraite, et il fixa le Sfc janvier iSQ* pour le jour de leur profession. La chapelle de la sainte Vierge de l'église 6aint-Sulpice fut choisie pour le lieu de la cérémonie. Cette nouvelle apportée [)ar M. le curé de Saint-Sulpice transporta de joie toutes les associées. Monseigneur leur envoya ensuite un abréçé des statuts qui devaicDi faire la base de leurs institutions et leur procurer les moyens d'être légalement reconnues.
Eaûn arriva le beau jour, attendu avec imp«(}ence»où les premières sœursdevaient prononcer leurs engagements. Madame la comtesse de Sénevalet mademoiselle d'Acosta, leurs prolectrices, avaient eu soin de réunir un grand nombre de personnes pieuses dans la chapelle; Monseigneur, accompagné de deux de ses srands vicaires, arriva le 2& janvier I82fr, célébra la sainte Messe, après laquelle on entonna le Vèni Creator ^ et après une allocution touchante sur l'importance de TiBUvre qui allait commencer et sur les Tertus qu'elle exigeait des Biles chrétiennes qui allaient s'y dévouer. Sa Grandeur bénit leshabitsdontêllesétaientrevêlues,les voilés, ceintures, croix et chapelets qui leur furent donnés, et par cette bénédiction, qui tient lieu de vèture, elle consacra le costume des sœurs gardes-malades et leur imposa le nom àe Bon-Secours, sous l'invocation de Notre- Dame auxiliatrice. Puis, après leur avoir demandé si elles persistaient dans leurs premières résolutions, il reçut le vœu de douze soors. (1)
Monseigneur nomma Joséphine Petit su- |)érieiir« générale et lui donna le nom de MBur iklarie-Joseph ; il nomma ensuite une assistante et une maîtresse des novices. Chaciine des sœurs, à genoux aux pieds de Monseigneur, lut ses engagements et fut reçue par Sa Grandeur au nombre des épouses de iésus-Christ. Après la cérémonie, toutes les )®urs vinrent se mettre à genouK devant la révérende Mère supérieure générale et lui
(1) Voy, à la lin do vol., »<* 23.
baisèrent les mains. Le procès-verbal fut signé à la sacristie, par Monseigneur, ses grands yicaires, M. le curé et les sœurs.
Ainsi fut formé, béni et consacré le berceau delà congrégation des sœurs de Bon-Secours, sous l'invocation de Notre-Dame auxiliatrice, pour la garde des malades, par Mgr de Quélen, archevêque de Paris.
L'œuvre de Notre-Dame de Bon-Secours est une de ces précieuses institutions que la divine miséricorde tient en réserve et produit en son temps pour le salut des âmes.
On peut dire avec vérité que la charité chrétienne s'est personnifiée sous toutes les formes pour recevoir les pauvres, les enfants, les vieillards et tant d'autres misères qu'il serait trop long d'énumérer. Dans toute$ nos villes catholiques, les malades indigents pouvaient trouver accès dans des maisons hospitalières, où la religion leur a préparé tous les secours nécessaires et au corps et h l'âme ; d autres se contentaient de recevoir dans leurs propres domiciles, qu'ils ne voulaient ou ne pouvaient quitter, la visite de quelque dame charitable ou d'une des pieuses filles de Saint-Vincent de Paul, et par elles recevoir bien des consolations et des secours ; mais il est une nombreuse classe de malades que ces remèdes ne pouvaient atteindre. Il fallait que la religion, semblable à la mère la plus tendre, posât au chevet de chacun de ses enfants malades un ange gardien visible, chargé de donner au corps les soins les plus intelligents et les plus dévoués pour adoucir les souffrances de ce pauvre inQrme, le ramoner au plus vite à lajsanté si cela était possible, ou bien le préparer avec prudence et aussi avec le zèle que la foi seule inspire h faire une mort sainte et chrétienne. Quelle belle et grande mission I et quand fut-elle jamais plus nécessaire que dans un temps où l'esprit d'indifférence, bien plus que l'incrédulité, rend un si grand nombre de chrétiens étrangersà toutes les pratiques religieuses, et les tient éloignés du prêtre qu'ils ne connaissent pas; ce qui rend è celui-ci tout accès presque impossible auprès de ce pauvre malade, qui en a cependant tant besoin et qui serait si puissamment consolé par la visite de celui qui a entre les mains le remède infaillible à toutes les maladies de TÂme.
Aussi cette œuvre, à peine conçue, devaitelle prendre les accroissements que donne la bénédiction du Seigneur. Elle a grandi rapidement dans le diocèse de Paris et a étendu ses branches dans plusieurs provinces. De tous cêtés des institutions analogues se sont formées sous des noms divers, ^is dans le même but; preuve certaine que la pensée qui a inspiré cette œuvre était parfaitement en rapport avec les besoins de notre temps, et aussi bien digne de l'assistance de Celui sans qui tous les efforts humains restent trop souvent impuissants : nous dirons donc avec le prophète Jsaîe, sous l'insj^iration de qui nous avons à raconter sur l'origine et sur l'existence de cet institut : Tou$ ceux qui les verront les reconnaîtront pour la race que le Seigneur a bénie : « Omnesqui viderint
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DICTIONNAmF
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fiOê cognoicent t7/o#, quia illi mnt semetif eui btnedixit Dominus, •
L'origine et rétablissement de la cpiigr^ tion des sœurs du Bon-Secours est rapportée ayec les détails que nous allons reproduire dans un petit volume in-18*, imprimé, en 1854, pour i*usage de cette congrégation; on peut connaître suffisamment, par Ta pensée première de cette œuvre, les essais et les incertitudes qui ont précédé sa constitution définitive, et la prudence qui y a présidé, moyen puissant d*en assurer le succès.
Une fois régulièrement constituées, les sœurs de Bon-Secours qui occupaient un appartement rue Cassette, n' 24, louèrent une^ petite maison au n" 13 de la rue Notre- Dame -des -Champs. La divine Providence semblait déjà leur désigner la demeure définitive qu'elle leur réservait pour plus tard. Plusieurs postulantes se présentèrent et furent reçues, ce qui, en moins d'un an, éleva jusqu'à trente le chiffre des postulantes, novices et professes. La maison se trouvant dès lors trop petite pour Continuer cette communauté toute récente, on fut obligé de la quitter pour s'installer de nouveau dans la rue Cassette, au n* 7.
La congrégation obtint alors la faveur d'une chapelle intérieure que desservaient !8S prêtres des missions étrangères. Elle avait pour supérieur M. de Pierre, curé de Saint- Sulpice, qui, de concert avec M. l'abbé Desiardins, chargé spécialement par Mgr de Quélen de cette œuvre naissante, n'ont cessé, pendant toute leur vie, de lui donner des marques du zèle le plus touchant et de Tafiection la plus vive. Après M. de Pierre, M. Deajardins ne voulut point céder à un autre
Ce fut sur sa proposition qu'en 1828, Mgr l'archevêque donna pour aumônier è la communauté M. l'abbé Ganilh, qui, pendant dix années, l'a dirigée avec beaucoup de zèle et de dévouement. Si l'œuvre croissait et se (lonsolidait avec les années, ce n'était pas autrement que toutes les œuvres où se manifeste !a main de Dieu, c'est-à-dire au milieu des contradictions et des épreuves.
Pourrions- nous dire tout ce que la communauté eut à souffrir , dans ses commenceluents, de peines et de difllcullés de tout genre? A l'intérieur, une pauvreté et des privations qui allaient jusqu'à manquer quelquefois des choses les plus nécessaires; et au dehors, des luttes incessantes contre uneprudeiipe humainequi jugeait par avance I œuvre entreprise comme radicalement imnossible. Mais ce n'était encore là que le prélude de plus rudes épreuves, réservées aux premiers jours de la congrégation de Bon- Secours. La supérieure, jeune, pleine de conrage el de confiance en Dieu, tomba bientôt malade. Elle lut atteinte d'une affection de (»oitrine, qui, après quinze mois de maladie, devait l'enlever à sa communauté. Ce dut être pour la congrégation tout entière un kuig état de souffrance qui n'était allégé que
par les bonnes et frécjuentes visites de H. l'abbé Desjardins, et l'intérêt tout paternel dont il ne cessait de donner chaque jour de nouvelles preuves. Ce fut pendant ce temps qu'il rédigea l'abrégé des constitutions et s'occupa de faire reconnaître légalement par le gouvernement la congrégation des so9urs de Bon-Secours. Il s'associa le R. P. des Brosses, de la compagnie de Jésus, pour dresser les règles générales et particulières de l'institut, qui ont été approuvées par Mgr de Quélen et s'observent dans toutes les maisons de la congrégation. Malgré des instructions régulières conférées au P. des Brosses pour faire goûter et accepter les nouveaux règlements, ils ne purent être adoptés par tout le monde, ce oui amena la sortie de la communauté de plusieurs des premières professes.
M. Desjardins avait aussi souvent des conférences |)articuHère9 avec la supérieure malade pour l'encourager et la diriger.
Celie-ci voyait sa fin qui approchait, et elle s'inquiétait avec raison sur I avenir de Tœuvre qui lui était si chère, et qui n'était pas encore solidement constituée. Dans une de ces visites, il crut devoir lui demander si elle n'avait personne à désigner qu'elle jngeflt propre à lui succéder, à quoi elle répondit qu'elle ne voyait qu'une novice qui n'avait pas encore un an de noviciat. Ceci .se passait en 1826.
M. Desjardins fit appeler cette novice, dont du reste il connaissait déjà l'instruction et la capacité, et qu'il avait eu l'occasion de mettre à 1 épreuve; il lui adressa plusieurs questions, et après cette entrevue, il lui dit de se mettre en retraite pour faire sa profession dans huit jours. La novice obéit, en éprouvant de grandes répugnances, de violentes luttes intérieures qui lui suggéraient la tentation de se retirer, plutôt que de se voir engagée aussi brusquement dans une communauté où elle reconnaissait jusque-là si peu de chances de réussite ; mais la grâce de Dieu, qui avait sur elle des desseins arrêtés pour lavenirde l'œuvre, triompha dans son cœur; et, comme Marie, qu'elle eut le courage de prendre pour modèle, elle ne sut que répéter : Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selou votre parole.
• La mort de la supérieure arriva le 33 mai 1826. Elle fut inhumée le S6 au cimetière Montparnasse. Ce jour même, Mgr de Quélen envoya M. Desjardins et M. de Pierre nommer en son nom pour cinq ans la supérieure, sans recueillir le suffrage des sœurs de la congrégation, qui en ce moment se composait de 25 professes et de 10 novices. C*est cette même supérieure dont l'élec- ' tion renouvelée depuis, tous les trois ans, avec l'autorisation donnée par Mgr Atfre, oe pouvoir la réélire sa vie durant, qui depuis trente ass gouverne encore cette communauté avec autant de fermeté que de douceur. Dieu veuMIe, pour la prospérité et le bonheur de cette utile congrégation qui compte aujourd'hui 900 membres, la lui coq* server encore de longues années!
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