‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 36 sur 220 · BUD · texte numérisé non relu

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fille a ra plus d'ane fois la barque, dont le goiiyernaii lui avait été confié, agitée par de violentes tempêtes au milieu desquelles elle n*a manqué ni de force ni de prudence.

D*ailleurs des appuis intelligents et dévoués n'ont jamais fait défaut à elle et à son cBuvre. On aime à citer à leur tète le nom de M. Desglageux, Pun des membres les plus distingués du barreau deParis, qui a été le conseil de la congrégation dans toutes les circonstances difficiles, et le docteur Récamier, oui ne s'est pas seulement montré d'an dévouement et d'un désintéressement que rten ne saurait déliasser |)Our la communauté dont il était le médecin, mais aussi qui Va soutenue et encouragée dans toutes les tribulations auxquelles elle s'est trouvée en buUe.

^ C'est en 1833 que la congrégation a acheté l'hôtel de Mme la marquise de Tourzel * qu'elle occupe aujourd'hui. Elle doit la citer comme sa bienfaitrice, efi ce qu'elle a donné tout le temps nécessaire pour payer cette importante acquisition, et en a même diminué le prix en faveur d'une œuvre qui n'avait d*aatres ressources que l'économie et le travail... Quand la maison a été soldée, l'on j a fait successivement tous les arrangements que nécessite une communauté. Il restait à bâtir une chapelle, qui fut comme l'expression d*une reconnaissance, dont l'uniaue ambition est de vouloir tout rendre à Celui de qui seul tout lui est venu. Ici encore la main de Dieu a disposé les choses > de manière à dépasser toutes les espérances en oooférani la direction de ce travail si important aux soins et à l'habileté de M. <reton, architecte, et de M. l'abbéMacarty, aoménier de la maison.

Le 15 mai 1853, Mgr Affre était appelé à bénir et à p<îber la première pierre d'un charmant édifice aue dix-huit mois plus tard if voulut solennellement consacrer. C'était le 9 octobre 18U>; jamais^ dit-il avec bontés plus beou bouquet ne lui avail été offert le lour de ta fête.

Mais ce fut aussi un grand jour de fête et une source de ioies intarissables pour toute la communauté de fion-Secours d'avoir élevé au Seigneur un sanctuaire digne de SaMajesté infinie» fruit de tant de travaux et de veilles. Quel moyen plus puissant pour fortifier la foi et entretenir dans les cœurs le feu divin de la charité, qu'il serait si facile de laisser s'affaiblir au milieu des occupations extérieures si pleines de difficultés et de dan- Fers ! C'est là, pour le présent comme pour avenir» un foyer toujours ardent pour retremper le zèle et vivifier les œuvres.

Outre les accroissements si merveilleux de la maison mère de Paris, cinq maisons furent successivement fondées en province, à Lille, à Bonlogne-sur-Mer, à Abbe ville, à Orléans et h Roubaix.

Beaucoup d'autres demandes de fondation durent être refusées pour ne point affaiblir Fesprit religieux de la congrégation en retendant outre mesure.

Quoique spécialement dévoué aux soins

il) Fojf. â la Gn da vol., n«> ji, 25.

des malades, l'institut ne s'y est pas uniquement borné. La création de la maison do Lille en 182^ a nécessité l'acceptation de clasâes qui réunissent sur la paroisse Saint- Etienne, 5 à 600 enfants de familles pauvres» La communauté de Paris soutient et dirige depuis l'année 1833 la maison des enfants do la Providence qui donne asile à près de 80 orphelins.

C'est ainsi qu^ comme le grain de sénevé, les œuvres vraiment chrétiennes se développent, et contribuent, chacune pour sa part, à étendre le règne de Dieu sur la terre

Eour procurer sa gloire et accrottre le nomre des élus dans le ciel.

BUDES (Commuhaoté des daiiibs).

Cette communauté établie au xvii* siècle» est due au zèle d'Anne -Marie de Budes, d*une des plos illustres familles de Bretagne,

Eelite-nièce du célèbre maréchal de Guériant. Cette généreuse demoiselle mourut jeune, et laissa par testament les fonds nécessaires pour établir une communauté destinée surtout à recevoir les filles calvinistes qui, rentrant dans le sein de l'Église catholique, avaient besoin d'être instruites des vérités de la religion, et de trouver un asile pour se mettre a couvert des persécutions de leurs parents. Sa mère, nommée Jeanne Brandin,qui lui survécut, et qui était veuve, remplit ses pieuses intentions, et fonda, en 1676, dans la rue de Toussaint, à Rennes, cette maison, qui fut nommée le séminaire des filles de la sainte Vierge, et autorisée par lettres patentes de Louis XIV, du mois de septembre 1678. Le calvinisme ayant heureusement disparu de la Bretagne, les directrices de cette maison, appelées dames Budes,du nom de la bienfaitrice, se livrèrent à l'éducation de la jeunesse, et entreprirent la bonne œuvre des retraites, qu'elles continuent encore. La ville de Rennes acquit leur maison en 1758, pour motif d*utilité publique et la fit démolir. Elles s'établirent dans la rue Saint-Hélier, où elles sont restées jus-

Sju'à la révolution. Leur nouvelle maison ùt alors aliénée; mais fidèles à leur vocation, les dames Budes se sont rétablies et continuent l'œuvre des retraites pour les hommes et pour les femmes. Elles font, après le noviciat, le vœu d'être à la sainte vierge; le vœu de chasteté et celui d*obéi5^sance. Elles ne font point vœu de pauvreté. C'est à cause de leur premier vœu ^ans^ doute que leur maison a été appelée le séminaire des filles de la sainte Vierge. Elles portent une robe noire à queue„ des man^ ches larges. Leur coiffure est ce qu'on ap-^ pelle h Rennes une cattiole, toute petite» avec un grand voile noir, un petit fichu de percale, un tablier noir. Elles portent au cou un chapelet.(l)Elles n'ont point formé et he veulent point former d'autre établissement de leur institut, tt faut ajouter à ce que dit M. l'abbé Tresvaux, dans VEglise de Bretagne^ etc., qui forme le dernier volume des Vies des saints de Bretagne^ qu'il a publiées, d'où nous avons tiré ce qui précèdCt

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il faut ajouter que, par son testamentt daté de novembre 167^, Anne-Marie Budes léguait la somme de dix mille livres; que de plus elle avait encore légué une somme de six mille livres pour rétablissement de di- Terses écoles, pour les pauvres garçons, en différents quartiers de la ville de Rennes. Le testament de dame Jeanne Brandin est déposé aux archives départementales à Rennes. A la suite de ce testament, se trouvent les statuts ou règlements de la communauté ; ils comprennent six titres : 1" La fin de la société; 2* la conduite des sœurs; 3** exercices spirituels; &* des vertus; 5* le gouvernement; 6* règlement des exercices de la journée. Ils furent approuvés par l'évoque de Rennes, le 20 juillet 1678. Louis XV donna depuis des lettres patentes confirmativesde la société.

BUFAL1STES ou MISSIONNAIRES DE LA CONGREGATION DU PRÉCIEUX SANG.

Celte nouvelle et encore peu nombreuse congrégation possède, è Rome, sa maison mère, sur la place San-Salvator in Campo; et ses membres desservent la petite église de ce nom, voisine de leur pauvre et modeste maison. C'est le vénérable serviteur de Dieu, Gaspard de Bufalo, chanoine de la basilique de Saint-Marc à Rome, qui institua ces nouveaux missionnaires. Né à Rome, le 6 janvier 1786, de parents pieux et honnêtes; il apporta en venant au monde un tempérament d'une telle faiblesse, que plusieurs fois il faillit mourir, et qu'à 19 mois, à peine, on le crut à sa dernière heure. Peu après, il fut atteint d'une si cruelle ophthalmie que les médecins désespérèrent de sagttérison. Annonciade, sa pieuse mère, voyant son enfant délaissé des médecins de la terre, se tourna vers le ciel et implora avec foi et ardeur le secours du grand apôtre des Indes, saint François-Xavier. Ce ne fut pas en vain : un jour qu'elle revenait de l'église du Jésus, ou elle allait souvent prier, elle trouva son petit enfant dans un tel état d'amélioration, qu'il était presque guéri; il n'eut, le reste de sà vie, presque plus à souffrir des veux. Cette miraculeuse guérison fut le prélude de la protection dont le ciel l'entourait, et de celle que lui accorda Xavier, qui voyait déjà en lui son imitateur dans l'œuvre de la conquête des Ames.

Plus tard, quand Gaspard lut en état de comprendre ce que lui disait sa mère de la grâce que lui avait obtenue saint Frangoisxavier, il éprouva tant de vénération et de reconnaisance pour ce saint, que souvent on le voyait au pied de son autel à genoux et immobile, et y rester si pénétré et si longtemps, que quelquefois sa mère, émue de pitié, venait le soulever douceoient, sans qu'il s*en aperçût, l'assayait dans une chaise, et le laissait ensuite dans son saint recueillement. Ce fut certainement dans ces heures de douce prière qu'il posa dans son cœur la base de sa tendre dévotion envers son céleste bienfaiteur, qui avec son Age ne

flt que s'accroître, et qu'il eût tant à cœur de répandre partout.

Des signes non équivoques des bénédictions que Dieu répandait sur cet enfant étaient de le voir s'éloigner des jeux des enfants de ;on Age, dresser de petits oratoires où il priait à genoux pendant de longues heures, voler avec joie è l'église pour assister aux saints OOices; et avec cela une modestie, une attention, un maintien, une ferveur que l'on aurait à peine trouvés dans un homme d'Age et de religion. La suavité de ses mœurs était sans pareille : une Ame candide reflétée sur son visage, un esprit vif ei pétillant joint à une extrême modestie, un profond respect pour ses parents, une ingénuité qui marquait toutes ses actions, une douceur dans toute sa personne, un niaintien plein de retenue, une charité universelle, pour les pauvres surtout, un cœur selon le cœur de Dieu , telles étaient les qualités qui faisaient prévoir ce qu'il serait un jour. Tant de vertus pénétraient de Joie des parents qui le voyaient quelquefois encore venir se jeter à leurs pi eds^ implorant un pardon pour des manqUemeoti légers et toujours involontaires.

Attentive a son éducation, sa mère s'empressa de l'instruire des vérités de notre sainte foi qu'il apprit avec facilité, et d'implanter dans son jeune cœur avec les maximes chrétiennes, une piété solide, l'amour du bien et la haine du viee. Par ses paroles, et plus encore par ses exemples, elle alluma dans son Ame la plus tendre dévotion envers la très-sainte Vierge,et envers le modèle des jeunes gens, saint Louis de Gonzague. Les paroles d'Annonciade tombaient dans le cœur do Gaspard comme une étincelle au sein d'un faisceau de roseaux secs qui s'enflamment aussitôt ; aussi comme il était brûlant d'amour pour sa divine Mèrel Chaque jour il récitait son rosaire, il Tinvoquait à chaque instant, il se préparait par des neuvaines à toutes ses fèies; il ornait de fleurs ses images, l'honorait, en un mot, de toutes manières. Son amour pour Marie redoubla encore, quand il vit le prodige qui vient de se passer à Rimini s'opérera Home sous ses yeux à la fin du dernier siècle. Frappé d'un tel miracle, il se met à réunir ses amis et ses connaissances, les conduit devant une de ces madones si nombreuses dans les rues de Rome, et là entonne avec eux des litanies et des cantiques : touchant spectacle que celui d'une jeunesse aniente qui venait, le cœur enflammé, payer à sa Mère, la divine Marie, un tribut de louanges, d'obéissance, de vénération et d'amour.

Gaspard fut encore dévot particulièrement à saint Louis de Gonzague; mais |»ersuadé que la dévotion envers les saints, sans i'imi* tation de leurs vertus» n'était qu'une cho>d incomplète, il essaya de toutes ses forces do copier son aimable modèle, et décidé comme lui de garder intact le lis de la vertu de pureté, résolut d'en faire le vœu solennel; mais sa mère, avertie par une personne ^ laquelle il avait fait part de son désir, le

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DEb ORORBS RELIGIEUX.

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pria rf*aUeadra quelque temps pour «ceom* plir un acte si impartaul. Cependant, le jeaoe Gaspird o*oaiettalt rien pour sauve« ^rder la ?eriu cbériCv au point qu'il ne penoeltait à personne de le toucher, pas ruèiM i ses parents, ni à sa propre mère ; mi en lui, gestes, aclions, paroles, expri- Bii«iil la plus ftarCaite modestie. Un jour il Mteadit à table un étranger prononcer un ool uQ |)ta léger et peu décent, aussitôt il semilàr^llir» k éprouver une sorte de vooiissemeat. Qui vous gène ainsi, lui demandi4-oo aussitôt? € Cette parole ma faii mal, répoodiUI; je ne puis plus manger. »

Il sâfait aussi que cette belle ileur de la duiteté était le fruit de la mortification et d« h prière; aussi, comme son angéligue modèle, Louis de Gonzague, ne craignit-il (US de macérer son faible corps; et on le vit ooMber sur la planche, ceindre ses reins iTofl cilice et d'une chaîne de fer. Il ne bufiii 'jamais de yin, et s'abstenait des mets fiiitti seoiblaient quelque peu délicats. Si les parents lui donnaient quelque argent, ^'tiiailaux pauvres qu'il le distribuait aussi* tâ(. Poor la prière, il y vaquait par goût; celle do jour ne lui suffisant |>as, il se levait ordiflaireoieot la nuit, et le plus souvent ses nnx s^ailressaieot à la Reine des anges, à laquelle il 4emaodait continuellement de le prder pur et modeste.

ToQs les hommes naissent avec an pen-

chani ta mal et si la grAce ne les soutient,

ilsUMBbeDt infailliblement dans ses pièges;

ftttisi |)li5 ils remportent de victoires sur

leurs peocbants mauvais, plus la vertubrille

M eax d'uQ vif éclat. 11 ne faut donc pas

«'étOQoer de voir notre jeune Gaspard a()-

f«ter an naissant un caractère vifet colère;

^sidaosses preoiières années, on le voit

parfois obéir è ce tempérament et dire, par

eumple, quand il était un peu indisposé :

« h suis en colère, parce que je suis en co-

>^. • liais ce défaut naturel fut loind'aller

t^fl grandissant ; il avait à peine six ans que,

fAurla première fois, il se confessait à l'é-*

i;)tfe du Jésns, et prenait les plus fermes

f^QtioQs pour se corriger de ce penchant

^U colère. Depuis lors son caractère chan-

^ lotalemeot. Ce n'est pas à dire qu'il ne

«eoUi plus en lui ie feu de la colère, mais au

»0iQ5, il se garda toujours de le fomenter,

e( iOQTent, quand il éprouvait des contra-

né(és, 00 Tentendait dire tout haut : « Sei-

ooear.doaoez-moila sainte vertude patience

«^Tespritide charité. »

Gaspard ajrant trouvé dans la confession ui si salutaire remède contre son inclina- ^ à la colère, il n'est pas besoin de dire >vtc quel empressement et quelle prépara* ^ il s'en approchait. Non content de se ^\t de ce divin remède pour lui-même, |l disait aussi à son jeune frère, nommé u)uis: ■ Rappelle-toi bien que demain nous ^ à confesse. » Quand Louis fut un peu \m grand, ces avertissements ne lui plaint pas trop, il lui répondit un jour: « Eh Wil veux-4tt être saint et forcer les autres ^1« devenir.. ..va donc te foire chartreux.

cela vaudrait bien mieux.» Et sans se fflcher Gaspard repartit en souriant : « Oui, mon frère, je veux être saint, car Dieu veut que nous le soyons tous, mais c'est à nous d'y travailler. %

Depuis longtemps, Gaspard brûlait du désir de s'unir à son Dieu, dans la sainte communion, et depuis longtemps il se préparait par de fréquentes communions spirituelles h ce premier acie de sa vie. Enfin le jour de ses désirs arriva, et dans la onzième année de son Age, il reçut au collège Romain, à la chapelle de Saint-Louis de Gonzague le pain des anges , avec la plus grande ferveur. On peut se fleurer l'abondance de grâces que cette première communion déversa sur soa âme, quand on sait l'ardent désir dont il était enflammé, la vive piété qui l'animait^ et les actes de pénitence préparatoires qu'il fit pour recevoir dignement son divin Jésus. — Depuis ce jour sa vertu ne fit que s'accrottre, c'était un petit ange, comme on disait, et toutes les mères le donnaient pour modèle à leurs enfants. C'était de longues heures que duraient ses visites au Saint-Sacrement; toujours il parlait de Dieu, qu'il appelait son bien, son trésor, son amour. L'idée même d'une oflense envers Dieu, le faisait frémir et le rendait malade.

Antonio et Annonciade, ses parents, voyant leur fils rempli d'heureuses dis|)Ositioos pour la piété et la science, résolurent de l'appliquer h Tétude. 11 regut les premières leçons à la maison paternelle, puis suivit les cours d^bumanité du célèbre collège Romain. Gaspard , d'un tempérament délicat, souffrit plusieurs fois du régime et de la vie d'étudiant et fut obligé enfin d'aller quelque temps à la campagne se remettre de ses fatigues en respirant un air moins concentré. De retour à Rome il se remit au travail avec d'autant plus d'ardeur qu'il tenait h regagner le temps perdu. Ses moyens plus qu ordinaires ne l« laissèrent pas longtemps en arrière de ses condisciples, et cependant son zèle pour l'étude ne ralentissait en rien sa dévotion et sa piété.

Dès le matin il allait av^ sa mère h l'église du Jésus où le plus souvent il servait la Messe. Puis il revenait avec elle à la maison, prenait son frugal déjeuner, et s'occupait d'études en attendant la cloche du col-

iquelle u entrait pour crement et prier un instant devant les autels de la Vierge de l'Annonciation et du tombeau de saint Louis de Gonzague. L'école finie» il s'en revenait droit à la maison de son |)ère où il passait dans l'étude et la prière tout le temps qui s'écoulait jusqu'à Técolo de l'après-midi, où il allait parle môme chemin que le matin, par l'église de Saint- Ignace. Quand le cours du soir était ffni, il s'en allait avec la permission de ses parents, se promener avec quelques-uns de ses camarades, c'est-à-dire, dans l'une des églises où se trouvait l'exposition du saint Sacre-

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ment ; si cette église était trop loin de sa demeure, il entrait dans une autre, car il ne voulait pas rentrer chez lui plus tard que lAve Maria^ qui est à Rome le son de clo- 4;he qui annonce TAngeins ou le coucher du soleil. Dans ces promenades, on ne parlait que de Dieu, de I église ou de Tétude, et de temps en temps on Tentendait répéter ses pieuses oraisons jaculatoires. Quand cette pieuse compagnie rencontrait une image de la Miinte Vierge, elle se découvrait et récitait en chœur la Salutation angélique. Le soir quand Gaspard rentrait, il attendait en étudiant et en priant que sa mère l'appelAt à prendre son modeste souper.

Chez lui, comme au collège, son extrême modestie le fit chérir de tous; et se^ parents, comme ses maîtres et ses condisciples le traitaient môme avec un certain respect. Dès son bas Age même ses goût/^ s'étaient tous portés vers le ministère des autels; nous Pavons déjà vuconstruiresespetiisoratoires,chanter avec ses camarades les litanies et des cantiques. Maintenant c'était TOfBce de la sainte Vierge qu'il récitait, c'étaient toutes les cérémonies du culte qu'il Is'exerçait à imiter; il aimait surtout à monter sur une chaise et à prêcher ses jeunes auditeurs qu'il appelait de tontes ses forces à la conversion : Conver/tmtnt, peccaioreSf converliminû 11 cx)rrespondait ainsi, sans le savoir h la gr&ce de sa vocation, qui s'accrut en lui avec l'Age et que PiUS tard il résolut de suivre.

Mais avant d'embrasser l'état ecclésiastique, il voulut s*assurer si vraiment Dieu l'y appelait. C'est pour cela qu'il se retira, pendant un mois, dans le monastère des Cisterciens de Sainte-Croix en Jérusalem et où son oncle maternel D. Eugène Pechi était religieux. Il y passa tout ce temps dans la prière, la méditation, la lecture de livres spirituels et l'entretien avec ses directeurs. S'étant enfin assuré de sa vocation, il reçut la tonsure le samedi saint de l'an 1800. Le 7 juillet de la même année il reçut les deux premiers ordres mineurs et les deux derniers le k avril de Tannée 1801.

Dès lors Gaspard s'appliqua de tout son cœur A acquérir les vertus de son nouvel état. On le vo^it toujours régulièrement è tous les exercices de l'église, prendre part à toutes les cérémonies, et se distinguer en tout par son maintien, sa modestie, sa piété et sa soumission. Le dimanche, il faisait la catéchisme dans l'église de Saint-Marc, et se prêtait volontiers à exercer la même fonction dans les autres églises. Enflammé du zèle des Ames il allait dans les jours de fête, sur le Forum, et rassemblant autour de lui les paysans et les hommes du peuple qui y séjournent, il leur prêchait, la simplicité et la pureté des mœurs, Tamour de Dieu, la dévotion A la sainte Vierge, et puis leur distribuait des médailles et des images qu'il les engageait à porter sur eux continuelleuient.

11 allait souvent visiter l'hospice de la Comolation pour y exercer envers les malades les œuvres de miséricorde; plus sou-

vent il allait k celui de Saînte-4valle où des misères plus dégoûtantes lui donnaient lic^a de se mortifier, de se yaincre et de mériter davantage. Dansles fêtes de la sainte Vierge, il invitait ses amis A venir chez lui ; ils récitaient ensemble le petit Office, pois Gaspard prononçait un discours sur la fêle, après lequel on récitait les litanies et on baisait dévotement une relique de la sainte Vierge. C'était, comme disait sa mère Annonciade, une congrégaiian qu'elle avait chez elle. C'en était une en effet qui prit bientôt une meilleure forme. Sur les instances de Gaspard, les moines de Sainte- Pudentienne lui donnèrent l'usage d'une chapelle où il établit une congrégation de jeunes gens qu'il réunissait de temps en temps, surtout pendant les folies du carnaval, qu'il exerçait dans tous les exercices de la plus douce piété et qu'il enchantait par ses petits discours simples et pleins d'onction.

Gaspard sentant en lui un goût prononcé |K>urla prédication s'adonna à l'étude de Této<juence sacrée. Sa prodigieuse mémoire lui fut en cela d'un grand secours. On ra|>porte qu'il suivit si exactement les discours d'un célèbre prédicateur qui prêchait le Carême k l'église du Jésus, et les retenait si bien qu'il les écrivait ensuite presque litté^ ralement. Ce qu'ayant su, le prédicateur le fit appeler et trouva ses sermons si parfaitement reproduits, qu'il en resta stupéfait et ne put s'empêcher de dire qu'il n'avait jamais vu mémoire comme celle du jeune de Bufalo.

N'étant encore que simple clerc il obtint de .prêcher en puolic et le fit avec tant de succès qu'une fois sa mère, émue jusqu'aux larmes des louanges dont on couvrait son fils ne put y tenir et sortit de l'église. Une autre fois, le P. Cadolini Barnabite, puis cardinal et évêque d'Ancêne, se mit k dire en l'entendant : « Je puis assurer que ce jeune homme sera un jour un fameux pré^ dicateur. » Le curé deSaint-Uarc aimaitèlui faire faire le catéchisme h sa place, disant naïvement que le clerc de Bufalo le faisait bien mieux que lui.

C'est au milieu de ces circonstances que Gaspard songeant aux dangers innombrables du monde, se résolut d'embrasser la vie religieuse. A ceteffet,il vint à Saint*Btiennedel-Cacco demandant humblement à entrer dans l'ordre de Saint-Sylvestre. Connu déjà par sa vertu et ses talents, le supérieur Taccueillit avec joie et se préparait k l'envoyer au noviciat. Mais ses parents ne croyant pas que Dieu l'appelait à ce genre de vie, vmrent trouver le P. abbé et lui firent part do leur opposition. Alors l'abbé appelant Gas-

Sard et lui serrant la main: « Allez, mon Is, lui dit-il, Dieu veut de vous un plus grand sacrifice. » Gaspard leya les yeux au ciel et se contenta de soupirer : « Que la sainte volonté de Dieu s'accomplisse en moil » et s'en revint avec ses parents. Quand l'immortel Pie Vil rétablit la com|Mgnie de Jésus, il se sentit porté à y entrer.

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DES ORDRES RELIGIEUX

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8oD dire«leor aaqael il eo parla, le croyant appelé k aaire chose, ne s y opposa, m ne rV engagea; et on jour, Gaspard ayant loooneurde se trourer aux pieds de Pie VII lui communiqua son désir; celui-ci lui ijini répondu (jua Dieu rappelait au mioisièredes missions, il ne balança pas, et ne soogei plus à entrer chez les Jésuites.

Grtodissant à la fois en sa^jesse, en leieoce et en âge, il atteignit celui prescrit pir les canons pour la réception des ordres majeurs, et s*olIrant à Dieu en holocauste piniitetfolontaire il reçut le sous-diaconat leilférrier de Tan 1807» et le 12 mars de Tiaoée suivante il fut promu au diaconat. 11 soirait toujours les cours théologiquesdu collège Romain; se croyant toujours indigne dusirerdoce il avait résolu à rimitation du pilriarcbe d'Assise, saint François de rester diacre toute la vie; mais persuadé par des directeurs pieux et savants, il se laissa ordonner le 31 juillet 1808 avec une dis« peose d*lge et d'interstice. Le lendemain de UQ ordination il |)récba dans la basilique patriarcale du Vatican sur la divine Provi- «leoce, et le 2 août, ri célébra aa première Messe dans la basilique de Saint*Marc dont ii éiaii chanoine depuis un an et oiSi plus urd il fut premier sacristain.

Cest à cette époque que Gaspard s'empk))a régulièrement aux catéchismes et instrortioos de Saiote-Galle. Les jeunes gens pioim qui s*y trouvaient furent surtout rotylde ses soins; en les préparant à la

P^<re communion, il s*occupa de leur

ve^itfire pour lequel il quêta avec succès. -Ihos ce temps il obtint la petite église <ie Siiote-liarie in vineis près la roche Tar- P^eooe |iour Caire le soir de pieuses réu- *<0Ds déjeunes gens au'il voulait arracher loi daogers du monde en leur rappelant MQTeDt les choses de Dieu.

Les événements politiques d*alors sont ttseiconijus, pour qu*il soit permis de ne RIS les rappeler ici; il suffit de dire qu'une tempête grondait sur la ville aux sept coU iioes, sur son suprême Pontife, et dès lors tir TEgli^e universelle. Tous les gens de bieQ étaient consternés. Bientôt le serment 4B nouvel ordre de choses fut demandé à Hoœe; peine d*exil pour qui s*y refuserait, 'otre cbanoine fut pour cela présenté au général Miollis, gouverneur de Rome. Dans celte circonstance, Gaspard, comme beau-* œop d*aiitres, Gt preuve de sou inébran* ^ attachement au siège apostolique qui <mà avait protesté contre l'injustice du gou-* îeroemenl français; aussi répondit-il fermeateot à Miollis qui le pressait de jurer : « Je K pais pas; je ne dois pas; je ne veux pas. a ^ cette réponse franche et hardie, expression lia caractère courageux de Tabbé de Bubloqui avait plu au gouverneur, celui-ci ^nit que le mieux k faire était de-le remettre lai mains de son père qui l'avait accompapé pour que ce dernier l'excitât à prêter le )>nDeot»en lui exprimant combien ii serait

il) U fut ptus tard évéou« de Terracinc.

aiQigé de le voir envoyer en exil. Maïs le père en homme vraiment chrétien et religieux se hftta de répondre qu'il préférait de beaucoup voir son fils massacré sous ses yeux, que de le voir infidèle à ses devoirs, transgresser les ordres du vicaire de Jésus* Christ. Celte parole qui accrut le courage de Gaspard, irrita le gouverneur qui signa surle-champ son décret d'exil pour Plaisance, et lui laissa à grand'peîne quelques jours de délai pour vaquer a ses aflaires.

En partant de Rome, se trouvaient aver Gaspard dans la même voiture, deux autres chanoines de Saint-Marc et D, François Albertini, alors chanoine de Saint-Nicolas (1), tous trois exilés pour la même cause que l'abbé de Bufalo. Albertini, homme de hautes vertus et d'esprit remarquable, avait la plus grande estime pour notre chanoire» car il savait tout le bien qu'il faisait dans l'église de Dieu. Gaspard, de son cAté» se sentit comme attiré vers lui ; il le prit pour directeur et commença avec ce confesseur de la foi ce doux commerce d'amitié qu'il garda toute sa vie.

Le l*'aoât 1810 ils arrivèrent i Plaisance, mais les fatigues de la route, jointes k la mauvaise nourriture, les jetèrent dans une telle faiblessequeGaspard tomba malade dan-

f;ereusement.Il se croyait à la porte du tombeau, mais Albertini ne cessait de se tenir k ses côtés, de i'encourager,de le recommandée h Dieu et à saint Louis de Gonzague, et bientôt Gaspard se trouva mieux et pres^ que entièrement guéri. Peu après arrivèrent plus de deux cents ecclésiastiques exilés comme eux, qui devaient avec eux aussi se rendre à Bologne pour le 12 décembre.

A Bologne, Gaspard logea chez les Pères de l'Oratoire et Albertini reçu chez le comte dn Bentivoglio, fut sollicité par ceux-ci de venir habiteravec son cher Gaspard, ce qu'il accepta avec Joie ; mais bientôt, le gouvernement suspectant leurs fréquents rapports ordonna à Albertini de se rendre à Bastia en Corse où il fut jeté dans une horrible prison. Ce fut une peine affreuse pour Gaspard de perdre son cher directeur, mais l'ordre était formel, il fallut s'y rendre : c'est presque coup sur coup qu il apprit la mort de 5a mère dont il ne se consola que par la pensée de ses vertus qui lui méritaient une place au ciel. Sur ces entrefaites arriva un ordre du gouvernement qui demandait un nouveau serment, mais Gaspard se montra comme la première fois noble et inébranlable, et ne cessa de prêcher h ses compagnons d'exil la fermeté et l'amour de leurs devoirs. La première fois on s'était contenté d'exiler les réfractaires, cette fois on les jeta dans des cachots. Gaspard fut jeté dans la prison de St-Jean-du-Mont où il alla avec joie; bientôt il fut transporté à celle d'Imola où il eut à souffrir d'atroces traitements; on lui enleva toute sorte de papiers, plumes, encre, et jusqu'à la clef de sa petite malle. Mais ce qui I afiligea le plus ce fut la défense

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DICTtONNAIRE

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faile à tous les prêlres emprisonnés de célébrer la sainte Messe, défense qui fut rigoureusement observée pendant trois mois.

Comme à Imola il avait trouvé une famille 4iui cherchait h lui adoucir les rigueurs de ta prison, on le transporta dans celle de Lugo, oii il fut traité, avec une extrême rigueur. Au milieu de ses privations, de ses souffrances de toutes sortes, du travail auquel on Tassujettissait, jamais on n*entenJit sortir de sa bouche la moindre plainte soit contre l'autorité, soit contre ses propres gardiens; au contraire on le voyait continuellement exhorter les autres è la patience, «^ la résiguatioD^ et à souffrir pour Tamour de Dieu. Il passa ainsi sept mois à Lugo, où arriva Tordre d'envoyer en Corse les prêtres exilés ; il était à Livourne, prêt à partir, avoc ses compagnons, çiuand on apprit la chute deTempire français etl'ordre de lâcher tous les prêlres captifs.

A cette heureuse nouvelle, Gaspard se bêta de regagner Rome. On eût dit un cerf altéré courant après les eaux des fontaines. Si un ministre zélé trouve toujours à s'occuper dans r£glise de Dieu, qu'on se figure le travail que notre chanoine dut trouver à Rome depuis cinq ans privée de son suprême Pasteur et de la meilleure partie de son clergé. Aussi comme on le vit s'employer au ministère de la parole, et au saint exercice des retraites! Il se hflta de rétablir la pieuse congrégation des prêtres de Saint-Paul apôtre et de Sainte Galle qu'il avait foudée pour les jeunes gens.

Dans le temps de Pâques, on le vit aussi donner des retraites aux jeunes étudiants de l'université romaine, aux militaires de l'armée, et aux corps des gardes nobles pontificales.

Au mois d'octobre 181^ il se rendit à Frascati pour donner la retraite aux moines Augustins que les orages du temps avaient dispersés; ils reprirent l'habit religieux et s*établirent à Giano dans le diocèse de Spolète oii ils s'exercent aux fonctions du saint ministère. C'est à cette] époque que voyant

Iirès de Giano l'ancienne église de saint Télix, martyr, et la maisou adjacente totalement abandonnées, il conçut le projet d'y réunir en communauté quelques ecclésiastiques pour vaquer au ministère des missions. Ce n'était pas chez lui une pensée nouvelle, il y avait toujours pensé, et plus d*une fois en avait conféré avec son directeur Albertini : cette église et celte maison lui convenaient parfaitement; elles étaient dans la campagne, k la proximité cependant des habitants de Giano et des villages voisins, — et les missionnaires pourraient s'y livrer au recueillement et à Tétudo uiieux cjue iiartout ailleurs. Il résolut donc d'eu jaire la demande.

De retour à Rome il en parla au cardinal Crislaldi avec leauel il était lié d*amitié. tielui-ci qui fut plus lard un des plus gêné* reux prolecteurs de sa congrégation, nonseulement l'encouragea dans son dessein, mais encore se proposa d'en faire lui-même

la demande au Souverain Pontife Pie Vil. ' Ce moyen était sûr. Et un rescrit de la commission administrative des biens ecclésiastiques en date du 30 novembre 18U accorda à Gaspard de Bufalo l'église de Saint-Félix de Giano. Cette cession fut encore confirmée par un autre rescrit de la congrégation de la Réforme, le 13 février 1815 en la personne de son ami Gaetano Bonanni.

C'est à cette épo(|ue que de Bufalo vint à Rome faire la mission dans l'église de Saint- Nicolas in carcere Tullianoei où il s'attacha des prêtres qu'il destina è être les premiers missionnaires de sa conj^égation. Ce ne fut qu'au mois de juillet suivant que de Bufalo et son compagnon Bonanni vinrent implorer la bénédiction du Souverain Pontife sur l'œuvre qu'ils allaient commencer. Le P»i»e bénit avec plaisir l'œuvre et les ouvriers et leur accorda non-seulement toutes les grâces spirituelles qu'ils sollicitèrent, mais leur lit encore remettre une certaine somme pour subvenir aux premiers frais d'établissement. Ce fut le commencement des preuves d'affection que Pie Vil prodi^jua plus tard au nouvel institut. La nuit suivante, Gaspard, se mit en route pour Giano, où il logea chez l'avocat Paolucci, en attendant que son lo* cal fût quelque peu réparé. Enfin qunnd tout fut prêt, on vit arriver le soir du 12 avril Gaetano Bonanni avec deux autres compagnons ; ils furent reçus à Giano au son évs cloches et aux cris de joie de tous les liabi* tants. |Le lendemain, ils commencèrent un triduo en préparation à la fête de rAs>oni|)* tion, avec des exercices spirituels et des méditations; daus la matinée du 15 eut lieu une communion générale et dans l'aprèsmidi une procession solennelle an sanctuaire voisin de la madone de/ Fosco. Au retour il y eut un sermon, suivi du chani de Te Deum pour remercier Dieu et lui demander sa protection ()our le nouvel insiitut qui avait de si faibles racines. Chaque an' née les missionnaires du Précieux-Sang ne manquent pas de célébrer cet anniversaire de leur inauguration.

Gaspard, après avoir pourvu k tout ce qui pouvait être utile à sa maison, et laissé à ses prêtres une règle de vie commune, revint a Home vaquer aui exercices de son ministère. Quand il avait demandé au Pa|)e, par l'entremise du cardinal Crislaldi , ta maison et l'église do Saint-Félix, il avait aussi exprimé sa pensée d'ouvrir dans cha*

aue province une maison de mission i»our ilater ainsi le bien qui se fait par les missions et en même temps le perpétuer. En revenant à Rome, il rapporta cette pensée et songea à y établir uue maison centrale de toute la congrégation. Il y trouva d'insurmontables obstacles ; aussi pendant près de troisans, l'institut ne compta que la fondation de Giano. Ce ne fut qu'en 1819 que la se* coude maison fut fondée k Pievetorina, dio cèse de Camérino; peu après ii y en eut une troisième à Saint-Paul d'AILiano. Et en 1821, le Souverain Pontife, pour ap|)orier un remède moral aux atTreux brigandages

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DES ORDRES REUGUlVI.

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qui désolaient le territoire yoisin de celui iit Naplesy ordonna h Gaspard de Bufalo (j'oaTrirsix nouvelles maisons dans celte proriaee; et aussilAt il en fonda à Terracina, Sonnino^Scrmoneta, Frosinone et Vallecor- $3; 'a sixième fut ajournée, et à sa place fut oorert un hospice à Velletri. Pour tant de miisoDs il fallait des ouvriers; aussi Gaspard s*eaiplojaît-il tout entier à s*altacher des compagnons. Et Dieu était tellement aiec lui qa*à chaque nouvelle fondation, il lui arrivait deux ou trois missionnaires pour travailler sous sa direction; h sa mort, b ireiie maisons qu*il laissa étaient suffisamment pourvues de missionnaires.

Comprenant qu'un corps moral ne peut tirre sans être dirigé par une loi, une règle oaien harmonise les divers membres, il soccupa à rédiger des statuts pour diriger sa congrégation ; il le fit d abord avec ({oelques-uns de ses compagnons et retourha cenx qu*il avait fait aabord pour sa framiëre maison de Giano. Ce ne fut toute- Risque sur la fin de sa vie qu*il les acheva totalement. Pour faciliter aux jeunes clercs le tiiûven de s'appliquer aux missions, il AUTrif, vers 182^, dans ses maisons des es- [t-res de noviciats où les jeunes gens pou- Tiieot, tout en s*occupant d'études, se prépirer à devenir missionnaires dans la conpgaiion du Précieux-Sang.

^otre inlention n'est point ici de suivre TalM de Bulalo dans le cours de ses nombr^o&es missions, nous aurions à citer presqoeducdoe des villes d'Italie si nous acroopignions cet infatigable missionnaire peooamles 22 an» de son ardent apostolat. (^'ilDoas suffise de dire quelques motsjdela iDéUidJe quïl pratiquait dans ses missions etqu'ilt voulu Atre suivie par les prêtres de u coogrégation. Cette méthode d'ailleurs D'est autre que celle des Segneri, des Baldicucchi, des Pinamonti, des Liguori, des Léonard de Port- Maurice.

Il se présentait avec ses coadiuteurs aux pi>rte$ de l'endroit où il devait faire la mis- MOD. A l'heure convenue, l'évoque ou son vicaire, le clergé, les confréries venaient procesMonoellement k leur rencontre ; les Bi^ionnaires se prosternaient aux pieds du »apérienr ecclésiastique qui leur remettait tta cruciQi, en signe de la charge d'Ame •i» il lenr octroyait , et après avoir reçu sa ûoédictioQ, le supérieur de la mission entonnait le psaume taudate pueri ^ après chaque verset duquel le peuple répondait en laoiue vulgaire Lodato iempre ata t7 nome diùtsuet di Maria^ et au son de toutes les c-uihes ils se rendaient à l'église où l'on chamaitle Fent,6'rea/or,suivi d'une instructivo. Quque jour de la retraite il y avait trois Messes pendant chacune desquelles tto missionnaire donnait un exercice sur le caikhiitae ou récitait le chapelet et autres prières; l'après-midi était surtout employé aoi confissions ; vers l'heure de \Angtlu$^ Its missionnaires prêchaient sur les places publiques et le soir avait lieu la bénédiction <la^iat-Sacremeni. Quand la mission était

• pràs de finir, on fiiisait faire la première communion aux enfants; puis avait lieu la communion générale des lemmes et aprè»

celle des hommes. Le dernier jour on brûlait en public tous les livres et objets mauvais que les pécheurs avaient déposés k leurs^ pieds, après quoi on plantait un Calvaire au pied duQuel on donnait la bénédiction pa* pale; et le suj^érieur entonnait le 7e J>eiim ; ta mission était finie;

La vie du vénérable de Bufalo est pleine des heureux succès de son zèle apostolique : il faut lire tout entière l'histoire de* sa Vie, tout récemment écrite à Rome, pour se faire une idée des grâces particulièresque Dieu attachait à la prédication de son r saint missionnaire, pour être émerveillé de» prodigieuses et innombrables conversions qu'il opérait et même des véritables miracles qui accompaj^naient ses missions, ainsi que des moyens ingénieux qu'il employait pour rendre durable les heureux fruits qu'il recueillait alors. Un de ces moyens qu'il avait en toute particulière affection, et dont il a même voulu que sa congrégation portât le nom est la dévotion au très-précieux sang du Sauveur. Il avait toujours eu cette dévotion, mais il la sentait toujours grandir en lui: «Je sens croître en moi,» écrivait-il un jour à une religieuse, « la dévotion envers la très-sainte Vierge, mais celle pour le divin sang, elle est inexprimable 1.. » Une autre fois , il écrivait encore « Oh 1 si je pouvais propager de mon sang cette belle dévotion 1.. Je voudrais avoir mille langues pour attirer tous les cœurs vers le sang ti-èsprécieux de mon Sauveur! » — - « C'est l'arme du temps, » disait-il souvent, «que la dévotion au précieux sang; les impies font une guerre ouverte è la religion, tenonsnous attachés à la croix de Jésus : Ip»i vicerunt draeonem prooter sanguinem Aani^ {Apoe. XII, 11.) » i^*est encore dans l'histoire de sa Vie qu'on trouve abondamment tout ce qu'il fit pour répandre partout cette tielle dévotion. Mais ce qu'il désirait surtout, c'était de la voir dans toute l'Eglise avec une ftto et un Office. «Oh I alors,» disait-il, « que je mourrais content. » Mais Dieu lui refusa cette consolation ; ce ne fut que deux ans après sa mort, le 10 août 18i^ que l'immortel Pie IX rendit un décret solennel, ordonnant que dans tout Tunivers catholique se célébrerait chaque année* le premier dimanche de juillet, la fête du Précieux-Sang dans le rite de deuxième classe.

Nous renvoyons encore k Tabré^é de sa Vie par Mgr Gentilucci pour y voir toutes les vertus qui brillèrent dans ce serviteui* de Dieu. Jusqu'à la fin il se montra toujours infatigable, et voulut travailler. En décembre lb36, il alla faire la mission à Néni où il contracta une toux qui altéra sa santé dé« jà beaucoup affaiblie^ Mais que lui importait la fatigue? Au mois de février suivant il voulut donner les exercices spirituels aw moines de Jésus et Marie à Albauo; au Carême de la même année il fit le catéchisme k Rome, dans l'église de Saint-Laurent in

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Daniaso » ce qui Tinooda de consolation» car son illustre protecteur, saint François-Xavier a?ait prAché dans cette même église. Après PAqaes» it alla de nouveau faire les eiercices spirituels k Porto d*Anzio et bientôt après donner une mission à Bassiano. C'est en y allant avec ses conapagnons que leur voiturin se trompa de route sans que personne s'en aperçût. Le ciel était gros d'orage ; une pluie torrentielle se mit aussitôt è tomber, alors les cbevaui effrayés s'emportent et vont se précipiter dans le marais de Caserte. Ils s'en retirèrent non sans peine et couverts de contusions, après plus de deux heures de fatigue. Ce ne fut que le lende- % main qu'ila purent arriver à Bassiano et y* commencer la mission qui fatigua énormément l'abbé de fiufalo. De retour à Rome, il se reposa jusqu'au mois de mai, époque â laquelle il se rendit k Albano pour y prêcher pendant le mois de juin consacre au précieux sang.

C'est k cette époque que le choléra vint s'abattre sur Rome ; Grégoire XVI , pour apaiser le Ciel, ordonna des prières publiques et la mission k Rome; le cardinal Odescalchi, alors Ticaire, appela de Bufalo pour

firécher dans l'église de Sainte-Marie m VaU lee/fo, ce que son zèle ne lui permit pks de refuser; mais ses fbrces étaient tellement affaiblies qu'il faisait peine k yoir et k en^ tendre, aussi, disait-il alors k un prêtre de ses amis : < Je me sens mal , je vois que je suis au terme de mes fatigues... >» Bientôt les médecins lui conseillèrent d'aller k Albano se délasser un peu, mais loin de reprendre des forces, il ne faisait que faiblir, et futobligé de garder le lit; on l'entendait souvent prier pour sa chère société du Précieux-

Sang. Cependant il avait quelques instants de calme; aussi le 2 décembre il eut assez de forces pour célébrer avec ses confrères la fête de saint François-Xavier, et lefc on crut pouvoir le ramener k Rome où, jus- (]u*au 19, il ne parut pas aller plus mal. Ce jour-lk cependant les médecins lui défendirent expressément de réciter son Oflice et de célébrer la Messe ; toutefois jusqu'au 23 il put encore se lever de son lit. Il avait dit k Albano que le jour même oik on le saignerait serait celui de sa mort : cependant la chose était nécessaire; la saignée le jeta dans une faiblesse extrême; le matin du 27 il reçut le Saint-Viatique, le soir Son £mminence le cardinal rransoni vint le voir et le trouva dans une paix et une joie toute céleste; enfin le lendemain k deux heures après-midi il rendit k Dieu sa belle Ame au milieu des pleurs de ses nombreux amis, mais dans un calme et avec le sourire aui lèvres, comme un exilé qui quitte sans re-

Î;ret des chaînes qui le retiennent loin de a patrie. C'était le 28 décembre 1837 ; il avait cinquante et un ans, onze mois,vin)$t et un jours. Son corps fut transporté k Albano dans l'église de Saint-Paul où il est enterré. Plus de 60 miracles opérés par son intercession attestent sa sainteté et sa puissance auf)rès de Dieu; aussi s'est-on hftté de dresser e procès de sa canonisation et le 15 janvier 1852, il a été solennellement reconnu véné^ rabU^ sentence confirmée par Sa Sainteté Pie IX, le 25 décembre 1852, comme en font foi les deux décrets, insérés sous ces dates dans l'histoire de sa Vie publiée k Rome par Mgr Gentilucci, camérier d'honneur de Sa Sainteté, ri)

CALVAIRE (CONGR&GATIOIf DE KOTRB'

DAME du)

Jkatfon Hère à PoUier$ (Vienne).

La congrégation de Notre-Dame du Calvaire regarde comme son fondateur le P.

Joseph, et comme sa fondatrice Antoinette d^Orléans, dont nous allons raconter succinctement rhistoire. (2)

I I**. Le P. Joseph^ fondateur de la congrégation de JV. - D. du Calvaire.

Le R. P. Capucin François Leclerc du Tremblay, plus connu sous le nom de P. Joseph, a joué un rôle très-important sous le cardinal, ou plutôt à côté du cardinal de Richelieu, dont il fut le confident le plus intime, l'agent le plus heureux, le conseiller le plus sûr. Ce n est point k ce rôle, qui lui vaut du reste une grande place dans l'histoire de son épo-

3ae, qu'il devra celle que nous lui faisons aoft nos récits; il fut le fondateur d'un insiitut qui prit naissance à Poitiers, et qu'on

,M) foy. I U 6n da vol., n»' 26, 28. (2) Ci»8 dent Vie» ont déjà élë exquissëes tom. !•% col. 565; malgré cela nous n'avons pas cru inu-

peut regarder comme un rameau détaché de l'arbre de Fontevraud parla main d'une sainte princesse, et voici pourquoi nous allons rc* dire en peu de mots ce que fut le père Jo* seph, ce aue fut Antoinette d'Orléans, fondateurs de !a congrégation de N.»D. do Calvaire.

François Leclerc du Tremblay, fils de Jean Leclerc, seigneur du Tremblay, seul président aux requAtes du palais de Paris, ambassadeur à Venise, chancelier de François duc d'AIençon, naquit k Paris le fc novembre 15T7. Sa mère, Marie de la Favette, appartenait à la religion prétendue réformée; mais elle se convertit et apporta dans les soins donnés h l'éducation de son fils la foi vive qui avait provoqué sa eonyersion. Le jeune Leclerc fit, sous les plus habiles maîtres, des études perfectionnées et devint bientôt un prodige de science. Il perdit son père k Page de » ans; devenu chef de sa famille» il dut, pour obéir aux tendres sollicitations de sa mère, rester au milieu du monde, dont il méprisait

lile d'enUer dans de plus longs déuilu el de faire mteai connaître Tbisloire de la Congrégation 4n Cahûire*

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DES ORDRES RELIGIEUX

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d^ les vanités; maïs il se prémunit contre les dangers du siècle en se livrant avec ardeur è l'étude des sciences mathématiques et des langues, de telle sorte que les littératures latine, grecque» hébraïque, italienne, espagnole et anglaise n'eurent bientôt plus desecrets pour lui. Il avait 19 ans lorsque sa mère, avant de songer à son établissement, désira qu'il put voyager en Italie et en Allemagne. A son retour il fit une campagne sous le connétable de Montmorency son pareot,et il sedistingua d'une manière brillante au siège d'Amiens et en toute occasion. Après lacampagne, il dutaccompagnerunde ses parents que le roi envoyait en Qualité d*ambassadeur extraordinaire près de la reine Elisat)eth. A peine fut-il revenu de Londres, qu'il réalisa le projet qu'il avait fôfmé depuis longtem(>s : il alla se présenter aux RR. PP. Capucins de Paris, qui lui donnèrent obédience pour prendre l'habit de leur ordre au noviciat d'Orléans, et il le reçut avec le nom de frère Joseph le 2 février 1599.

En apprenant cette nouvelle, la mère du novice courut se jeter aux pieds du roi, qui lui accorda des lettres de jussion aux Capucins pour qu'ils eussent h obéir à l'arrêt du parlement ordonnant que son fils lui fût rendu. Le procureur général se transporta môme de la part du roi au couvent pour faire exé- CQter ses ordres. Madame du Tremblay, eolouréede tout cet appareil judiciaire qui ne pouvait exercer aucune action sur l'Ame fortement trempée de son fils, ne put réussir k le dissuader de son projet, et ce fut elle au contraire qui, vaincue par la froide raison du jeune homme, l'encouragea dans ses sêittles résolutions. Le 3 février 1600, il fit ses vœux au couvent de Saint-Honoré, en présence de toute sa famille, entre les mains da fameux P. Ançe, autrefois-duc de Joyeuse. Après avoir fait sa théologie h Chartres, il reçut la prêtrise, professa la philosophie à Paris, fut maître des novices et se livra è la prédication. Il y obtint de grands succès et eut lo bonheur, à la suite de plusieurs controverses publiques, de convertir des hérétiques.

Ce fut au milieu de ces missions multipliées que le frère Joseph eut l'occasion d'entrer en conférence avec Mme Antoinette d'Orléans, qui avait été appelée au monastère des Feuillantines de Toulouse pour aider Tabbesse de Fonte vraud, sa tante, à introduire dans cet ordre célèbre, une réforme difficile et pourtant nécessaire. Nous dirons en racontant la vie de cette sainte princesse la part que le P. Joseph prit à cette œuvre importante, et ce qu'il fit avec elle (onr fonder un institut dans lequel les Ames d*élite passent observer plus rigoureusement les lois de la vie religieuse. Cet institut fut celui de la congrégation de N.-D. du Calvaire, dont la première maison fut établie à Poitiers en 1617. Le but des fondateurs était d'honorer la Passion de N.-S. J.-C, de prendre poor patronne la glorieuse Vierge assistant an pied de la croix et compatissant à ses douleurs et d'appliquer toutes les bonnes

œuvres, pénitences, prières et mortifications, pour obtenir de Dieu la cx)nversion des in-, fidèles et des hérétiques, et le recouvrement des lieux saints consacrés par la vie et la mon du Sauveur.

. Quand le P. Joseph eut obtenu par ses habiles négociations que son œuvre pût se développer sous l'action de la vénérable Mère Antoinette d'Orléans, ce fuî alors qu'une mort imprévue lui enleva cette pieuse coopératrice ; mais, loin d'abandonner le troupeau désormais confié àses soins, le P. Joseph s'attacha bien au contraire à le diriger dans la'ibonne voie et h le défendre contre ses adversaires les plus puissants. L'abbesse de Fontevraud dut malgré elle cédera l'ascendant du fondateur et se désister de ses f rétentions. Une seconde maison fut établie Angers, puis une troisième h Paris sous 1& protection de la reine mère, qui voulut en être regardée comme la fondatrice.

Ce fut alors qu'une bulle du Pape Grégoire XV, confirmant en principe celle du Pape Paul V, ériga les monastères de Poitiers, Angers et Paris, et tous les autres fondés et à fonder par les religieuses de la Mère Antoinette d'Orléans, en congrégation de l'ordre de Saint-Benott,sousle titrede N.'-D du Cal^ vaire et sous la conduite de trois supérieurs constitués en dignité, lesquels furent désignés nominativement dans la bulle posté* Heure du 20 juillet 1622.

Cn deuxième monastère fut établi à Paris au Marais et fut doté par les libéralités du roi, du cardinal de Richelieu et de sa nièce la fameuse duchesse d'Aiguillon. Ce monastère prit le nom de Crucifixion^ et il fut ordonné qu'une religieuse à genoux au pied de la croix réparerait, par cette espèce d*amende honorable et perdes actes d'amour et de reconnaissance, tous les outrages des pécheurs. Le P. Joseph mit alors la dernière main aux constitutions, qu'il tira de la règle de Saint- Benoit et qui sont encore observées aujourd'hui sans aucune altération.

Après avoir assuré par tous les moyens l'existence et le développement de son œuvre pieuse, il se livra à d'autres soins. Appelé au sein du conseil du roi et de son ministre toul-puissant, il fut chargé de négociations difficiles dans la politique intérieure et extérieure, et contribua souvent à la pacification du pays et aux succès des combinaisons diplomatiques les plus habiles. Organisateur de la grande mission du Poitou et de la congrésation de la propagation de la foi à Rome, il tenta d'unir dans une nouvelle croisade contre les Turcs encore menaçants tous les princes chrétiens, et il établit a cet effet un nouvel ordre de milice chrétienne. Mêlé aux intrigues qui préparent ou qui retardent la réconciliation du roi et de sa mère, il ménage le retour de Richelieu, et le détermine à braver l'orage qui Teût écras<') s'il eût laibli, à Tissue duquel le ministre conquiert une puissance sans limites et la pourpre romaine.

Il ne saurait entrer dans notre plan d'exposer, même en abrégé, tout ce qu^ le

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P« Joseph a fait en dehors de l'œuvre plus spéciale qui lui dut sa vie; nous nous borne* rons à dire avec un auteur estimable, en laissant pour ce qu'elles valent les accusations auxquelles cet éminent personnage n*a pu échapper, à raison même du rôle qu'il remplit k la cour : « 11 travailla toute sa vie pour l'Eglise» assez longtemps pour l'Etat]; fervent religieux tandis qu'il resta dans le clollre, habile politique lorsque le cardinal de Richelieu l'eut en quelque sorte associé au ministère en se déchargeant sur lui d'une partie des soins qui en sont inséparables, il donna dans tous les temps des preuves d*une vertu rare et d'une capacité consommée que Louis XI II ne crut pas trop récompenser en demandant qu*oii TelevAt au cardinalat. i» 11 avait refusé Tévêché de la Rochelle* è la suite du fameux siège de cette ville qu*il avait conseillé avec instance et fait poursuivre avec ténacité; il ne revêtit pas non plus la pourpre romaine étant mort avant de l'avoir reçu, frappée d'une attaque d'apoplexie, le samedi ISdécerobre 1638, àllheuresdu matin, à TAge de 61 ans.

Par une grâce toute particulière de Dieu, et que méritait assurément son serviteur tidèle, la cruelle maladie n'enleva pas au malade sa connaissance. Sa mort fut pleine d'édification pour les assistants, et de consolation pour ses amis. Le cardinal de Richelieu Qt rendre les plus grands honneurs à celui qu'il pleurait hautement, en disant qu'il perdait en lui « sa consolation, son uni-

aue secours, son confident et son appui ; n voulut qu'il fût enterré avec la pompe due aux princes de TEglise romaine. Le corps fut enseveli dans le monastère des Capucins, en face de Tautel, et le cœur fut porté au couvent des filles de Notre-Dame du Calvaire, que ce cœur avait tant aimées.

Quoique nous ayons évité d*entrer, en dehors de Tœuvre spéciale du Calvaire, dans les détails de cette vie si pleine de choses, nous ne pouvons résister au désir de faire savoir k nos lecteurs que le P. Joseph fut l'instigateur de l'acte royal par lequel Louis Xlil mit sa personne, sa famille, son peuple et la France tout entière sous la protection de la Mère de Dieu, à l'occasion de l'événement qui allait, après une attente de vingt ans, combler les vœux du roi en lui donnant un successeur. Le P. Joseph conseilla au prince de reconnaître par un témoignage éclatant cette insigne faveur du ciel, et ce fut pur répondre a ces vues pieuses que le monarque publia, le 10 février 1638, la déclaration dont on nous saura gré de citer les principales dispositions.

c A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la trèi(-sainte et trèsglorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant dts vouloir nous inspirer une sainte conduite et de défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu*il souffre le Oéau des guerres ou jouisse

de la douceur de la paix, que nous demandons h Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grSce qui conduisent h celle de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer è suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris avec nne image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux fils descendu de la la croix. Nous serons représentés aux pieds du fils et de la mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre : nous admonestons, le S' archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que tous les ans, le jour de la fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notrts présente déclara* tion à la crand*Me.sse qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les vêpres dudil jour, il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville avec pareilles cérémonnies que celles qui s'observent aux processions générales plus «olennelles, ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises... »

Ce vœu si chrétien et si digne d'un fils de saint Louis a été religieusement rempli depuis lors par l'Ëglise de France; les jours mauvais des persécutions, les jours plus tristes peut-être des royales indifférences, ont en vain tenté de frapper de prescription le legs pieux de Louis XUl; il a été détlnilivemeut accepté par le peuple français, et personne n*osera plus désormais répudier en son nom le précieux hérita|{e qui a fait de la France le royaume de Marie.

S H. — Antoinette d'OrUanêf fondatrice de la congrégation de Notre-Dame du Calvaire.

Antoinette d*Orléans était 6Ue ae Léonor d*Orléans, duc de Longueville, et de Marie de Rourbon. Son père descendait de Jean, comte de Dunois, fils de Louis de France, duc d'Orléans, frère du roi Charles Vf. Sa mère descendait de François de Bourbon, bisaïeul du roi Henri IV. Antoinette était donc, du cêté paternel et maternel, issue du noble sanç de saint Louis. Sa vie no démentit point cette illustre origine.

Klle naquit au château de Trie, dans le diocèse de Rouen, en 1572. Sa mère, qui l'avait vouée avant sa naissance au service du Seigneur, en la destinant i l'abbave royale de Fontevraud, cultiva dans sa fille les heureuses dispositions qu'elle montrait dès TAge le plus tendre pour la vie humble et retirée; car, dit un auteur anonvme au-

2uel nous emprunterons quelquefois les léments de notre récit, « c estnit une bone mère qui, ayant doné la première vie de la naissance è ses enfants, estoii très -soigneuse de leur doner encore la seconde de la bone éducation, qui est plus i estimer que la première. » A 12 ans, elle a*adonnait h la prière, aimait la retraite» la solitude» le silence et les mortifications.

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SCependanl , ao moment où il semblait >Ue dût être appelée à entrer dans le litre, sa mère» oubliant les serments qaelle-nièiBe avait laits à Dieu, désira que st mie s'engageât dans les liens du mariage. Aotoioetta obéit et épousa, n'étant Agée que de 16 ana, Cbar les de Gondy, marquis de Bellislet fils aîné d'Albert, duc de Retz, maréchal de France. La solennité des noces emUeo à Paris, le l** mars 1588, en présenee da roi Henri III, de la reine m^re et de la reine.

Cette union fut de courte durée; le marquis de Bel liste fut tué au mont Saint-Midwl, en 1586, laissant deux fils en bas âge. Sa TeuTO s'occupa de régler les intérêts de «es enlants, et, après y avoir mis ordre, elle se !iTra tout entière aux pratiques les plus «ustères, à tel point que, peoaant une anaée entière, elle ne vécut que de pain et (Ittn. Résolue de quitter entièrement le monde, elle voulut se faire recevoir parmi le» filles de Titre Jforta de Paris, qui pas* «lient avec raison pour observer une règle irts-fisoorease; mais, comme ces saintes filles n admettaient point de veuves, elle dut reeooeer à son projet, et elle se présenta «n Feniliantines, nouvellement établies h Tooloase. Cet ordre était alors l'un des plus iosières, el ee fut précisément par ce motif fi'Anioinotte d'Orléans choisit ce lieu de Nbge, éloigné des parents et des amis qu'eUe oamptait en grand nombre à la cour. Des dilBcxillés sérieuses s'opposèrent à son deeseiastUe les surmonta, et reçut l'babit avec la aom d'Antoinette de Sainte-Scholas-

t^ee, k i** novembre 1599. Son beau-frère, ■eeri ife Gondy, alors évéque de Paris, essaya, mais en vain, de la détourner de son rnyei ; elle f ul ai inébranlable, et les rai* iQBs gn'alle lui donna firent une telle imtrusHM sor son esprit, qu'il finit par lui eottseilicr laî*mAme de persévérer dans un éessein qui venait de Dieu. Antoinette fit (kMie profeasion le 6 jamier 1601.

Antoinette vivait depuis cinq ans dans sa itinite, lorsque le Pape Paul V lui adressa, sar la nomination foite par le roi Henri IV, des bulles de coadjutrice de Fonte vraud. Aatoinetta« qui n'aspirait qu'à vivre et à BDorir ignorée dans la solitude oii elle s'étel ell»HDème ensevelie, refusa ces marques édatanlfts de distinction et d'honneur; BHu le Sonverain Pontife lui envoya un hfef particnlier par lequel il lui enjoignit,. IMS prâia d'excommunication, de se rendre incessamment à Fontevraud pour assister sa tenta Bléonore de Bourbon, à qui le poids des années ne permettait plus de remplir Ice devoirs d'abbesse dans les temps Oifficiles où une réforme radicale était si déiiralile.

Antoinette obéit, mais avec l'espoir de se laire décharger bientôt du lourd fardeau sue lui ÎBiposait Thonorable confiance du cacCdeTEglise. Ce fut alors que Dieu sut Béuger entre la coadjutrice et le P. Joseph des rapports qui devaient aboutir à la plus

Dscnoaii* oss Ordbes rbuo, IV.

grande gloire de son nom. Le P. Joseph Le* clerc du Tremblay, Capucin, comme nous l'avons dit ailleurs, était issu d'une noble maison qui avait fourni aux cours souveraines de nombreux et sages magistrats^ et il était doué lui-même des plus urillantes et des plus heureuses qualités* C'est, ainsi que nous l'ayons vu, on des hommes qui ont joué un rôle important au xvu' siècle.

Le P. Joseph n'était pas encore parvenu au degré de puissance qu'il atteignit plus tard, et il n'avait que 29 an^, lorsque Antoinette le sollicita de vouloir bien prendre sa direction spirituelle. Le P. Joseph venait de réussir dans une affaire délicate : il était

i)arvenu h faire accepter franchement la rébrmation dans l'un des monastères les plus importants de l'institut de Fontevraud; nous voulons parler de celui de Hautes- Bruières; mais la charge qui lui était proposée par Antoinette d'Orléans avait aussi de grandes difficultés. Bn effet, honoré de la confiance d'Eléonore de Bourbon et de celle de sa nièce, il devait, pour répondre à l'une, faire tous ses efforts afin que la nièce ne répuditt |K)int le titre et les devoirs de la coadjutorerie, tandis que, pour répondre à l'autre, il aurait dû renvoyer la coadjutrice dans sa retraite chérie de Toulouse, loin du bruit, du tumulte et des agitations d'un cloître devenu trop mondain pour elle. Dans cette étrange perplexité, le P. Joseph eut recours à la prière, et lorsgue, après une étude approfondie de sa pénitente, il eut acquis la conviction que la volonté de Dieu I avait amenée là où elle avait été conduite, il s'adressa directement au roi et è son conseil, qui s'occupaient avec soin des intérêts de 1 institut de Fontevraud, et, avec leur agrément, il obtint du Souverain Pontife un nouveau bref par lequel il était enjoint, sous peine d'excommuuicftion, à Antoinette d'Orléans, de prendre aussitôt le gouvernement de l'ordre, avec assurance de succéder à sa tante. Cette certitude qui, pour toute autre, eût été peut-être un sujet de joie, était pour elle une source d'amertume; mais elle dut se soumettre à l'injonction du chef de l'Efflise, et obtint de grands succès dans les réformes qu'elle introduisit au sein de l'institut de Footevrand, parce que les religieuses qui avaient paru le plus opposées à ces réformes, regardant la coadjutrice comme étant déjà leur abbesse, lui obéirent aussitôt, acceptant par raison ce aue leurs sœurs avaient souhaité par esprit de piété.

Le monastère chef d'ordre ajant été rappelé tout le premier à la ferveur et à l'observance de la règle, les maisons qui en dépendaient suivirent bientôt cet exemple. Or le monastère de Lencloltre s'était ressenti plus que tous les autres peut-être des tristes effets produits par les guerres civiles et religieuses et par le malheur des temps; un relâchement fâcheux s'était introduit dans cet asile saint, et le mal était profond. Uuo supérieure digne de ce titre vénérable /

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DKTIONNAIRÏ

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avait été envoyée; mais ses efforts et sa

{Mété n^avaient pa obtenir des résultats saisfaisants. Cette supérieure se nommait Mme de Harleux; elle pria donc la coadjuirice de Fontevraud de s'occuper elle-même de cette importante affaire, et d'en confier le soin au P. Joseph, ce qui eut lieu avec un tel succès, que le monastère de Lenclottre devint un modèle de régularité.

Sur ces entrefaites, la Mère Antoinette d'Orléans obtint du Souverain Pontife un bref adressé le 3 novembre 1609 au cardinal de Joyeuse, et en vertu duquel, après examen des raisons exposées par la pieuse F princesse, il Uxï fut permis de reprenare sa iberté et de se retirer chez les-Feuillantines de Toulouse. Mais Antoinette sarda le secret de cette autorisation, iusqu à la mort de sa tante, laquelle arriva le samedi d'avant/ les Rameaux, S6 mars 1611. Sur le refus formellement exprimé par la princesse de se mettre en possession de i'abaaye, et après le consentement du roi, ilfut procédé à une élection, et les suffrages désignèrent pour abbesse Louise de Lavedan de Bouroon.

Antoinette put se retirera Lencloitre, où elle choisit douze religieuses de chœur qui s'engagèrent à suivre Ta règle extrêmement sévère et mortifiée qu'elle leur imposa.

Le Pape Paul V, pour seconder les projets du P. Joseph en ce qui touchait la réforme de Fontevraud, crut devoir alors noin^ mer Antoinette d'Orléans coadjutrice de la nouvelle abbesse, comme elle l'avait été cf' Eléonore de Bourbon, en lui conférant des droits fort étendus, et notamment celui de nommer des supérieurs, de visiter ou faire visiter les cou*vents, et d'établir un séminaire où seraient reçues les religieuses qui voudraient suivre une vie plus austère. Une somme de 3,000 livres devait lui être fournie )>ar la maison chef d'ordre.

En peu de temps l'asile de Lencloitre devient une pépinière de saintes filles; dans l'espace de six an uées, cent novices y sont reçues; les bâtiments sont remis en état; Téglise est disposée d'une fa.çon plus conforme aux prescriptions religieuses. Le monastère d'hommes, situé dans l'enclos, 3e ressent aussi de cette heureuse influence; eO deux années près de trente novices v sont accueillis, mais ils sont bientôt retires ()ar l'abbesse de Fçntevraud, qui les dissémine dans diverses maisons de Tordre. Cependant les touchants exemples de ferveur et de régularité que donnait la sainte coadjutrice excitent le zèle de ses compagnes, uni lui demandent la grtce d'observer avec elle, dans toute sa rigueur, la règle de saint Be- Botl. Mais Antoinette comprend que, tant

Stt'elie résidera dans un monastère dépenant de Fontevraud, elle n'aura pas la lilierté qu'exige une telle résolution; elle eousnlte i*évèque de Poitiers et lui demande de lui indiquer dans sa ville épiscopale un lieu où elle pourrait faire construire un monastère pour s'y retirer avec ses plu!» ferventes compagnes. L'évéqae y consent, et

la première pierre est poi^ée vers la fin de l'année 1614 au nom de la fondatrice; mais les troubles politiques qui surviennent en Poitou apportent h la construction du pieux asile un retard que la princesse fait tourner au profit des populations au milieu desquelles elle vit, et gui lui doivent les ménagements extraordinaires dont elles sont l'objet de la part des hommes de guerre.

Cependant il fallait que le Saint-Siège antorisât la séparation que projetait la Mère Antoinette, et k lagucMe l'abbesse de Fonte* vraud consentait d avance. Elu provincial de son ordre en 1615, le P. Joseph profite de son voyage h Rome pour exposer au Souverain Pontife le but que la princesse poursuit avec lui, et il obtient un bref portant* permission k la Mère Antoinette de sortir de ta maison de Lencloitre pour entrer dans celle qu'elle avait fait t)âlir a Poitiers, de quitter 1 habit de Fontevraud, de prendre celui qu'elle voudrait pour les religieuses de ce monastère, d'y mettre tel nombre de filles qu'H lui plairait, et d'établir d*autres monastères dans les villes d'Angers, de Laval, de Saint-Pol de Léon et autres. Muni du bref signé le 26 avril 1617, le P. Joseph obtient du roi des lettres patentes {k octobre 1617), et, le 26 octobre de la mAme année, la Mère Antoinette, accompagnée de vingtquatre religieuses, faisait son entrée h Poitiers au milieu <l'une foule curieuse et bienveillante. Les abbayes de Sainte-Croix et de la Trinité se disputèrent Thonneur de la recevoir; mais elle se dirigea de suite vers son monastère, dont l'aspect misérable iustifiait complètement le nom de Cafvaire don* né h son institut. Elle n'y trouva en eflTet quo des croix de tout genre. Mais, quoiqu'elle y manquât de tout, au point <le ne pas savoir si la vie du lendemain serait bien assurée, elle ne se laissa point at>attre; rat* fermie par son esprit de foi et pur tes consolations de révoque, qui prit l'institut sous sa protection, elle organisa le oHNiastère. Elle mit À sa tète la plus ancienne religieuse, la Mère Gabrielle de l'Espronnière, en religion sœur Saint-Benott, et se conQa dans la Providence pour le succès de son œuvre.

Elle éprouva bientôt de nouvelles angoisses. L'abbesse de Fontevraud, qui avait d'abord donné son consentement, le retira, et défendit de fournir aucuns secours au Calvaire de Poitiers, qui fut réduit à la plus eitrème pénurie. Elle (toussa oième le mauvais vouloir jusqu'à porter devant les juges ordinaires son appel comme d'abus du bref du Pape. Le roi, choqué de ce procédé, confia, le 17 décembre 1617, au cardinal de Sourdis, archevêque de BordeauXt le soin d'arranger le différend.

La vie misérable que menaient les saintes filles du Calvaire engendra bientdt de cruelles maladies. Quatre sujets furent enlevés rapidement, et la Mère Antoinette ellemême fut réduite è un tel affaiblissement, qu'elle dut prévoir le jour prochain où tioiraient ses souffrances. Mais» pour nous

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DES ORDRES RELIGIEUX

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serrir 4'on6 expression empruntée à l'auteur qai noasa fourni les éléments de notre récit, c comme les vieux arbres du mont Li« ban portent le meilleur encens, aussr vojaitou que tant plus elle s'approchait de sa fin, plus elle espendoit les suaves odeurs de sa vertu... »

On était an milieu du saint temps de Carême; sa nourriture se composait de racines et de légumes, avec un peu d'huile; depuis vingt ans elle n'avait pas bu une seule goutte de vin. Sa santé, déjà délabrée, ne pouvait résister à un pareil résime; la sainte femme éprouva bientôt des douleurs atroces, puis, le jeudi avant le dimanche des Rameaux, elle fut prise d'une extrême faiblesse et tomba anéantie. Elle refusa néanmoins tout adoucissement à ses pratiques aa5tères;on ne put lui faire accepter un matelas, mais seulement, et à grand'peine, ane paillasse qui fut placée sur les ais oui lui servaient de coucne.

Elle voulut garder constamment son habit religieux, et elle en était vêtue lors(^ue révéque de Poitiers vint la visiter. La princesse se recommanda au ]:)rélat, ainsi que l'œuvre qu'il avait déjà prise sous sa pro-, tection; elle fit écrire la môme prière hu cardinal de Sourdis. Le mardi saint, la malade demanda les derniers sacrements; on différa jusqu'au lendemain. Elle se fit alors apporter des papiers et trois petits tableaux venus de Rome. Deux de ces tableaux furent mis de câté par elle pour le P. Joseph; le troisième, avec quelques papiers de' direction, fut destiné aux Feuillantines de ToQ/oose. Le mercredi, à la suite d'une vfo/ente convulsion, elle reçut l'extrômeooi^tion et le saint viatique. Plus tard elle fit Doe confession générale et donna l'ordre de bire porter son corps à Toulouse, au monastère de Sainte-Scolastique; puis elle se mit à genoux sur sa couche, et demanda aux religieuses assemblées pardon des mauvais exemples qu'elle avait pu leur donner; en^^ suite elle exprima le désir d'être couchée, au moins après sa mort, puisqu'on le lui refusait peudant sa vie, les bras étendus sur une croix de cendre répandue sur le pavé. Le jour de Pâques, elle se confessa et communia à genoux, hors de son lit, soutenue par deux religieuses. Les jours qui suivirent fareoi une longue agonie. Le lundi après Qoasimodo, à quatre heures du soir, une cooTolsion éteignit complètement la raison de la malade^ et le mercredi 25 avril, ftte de aaint liarc, entre midi et une heure, elle rendit son Ame à Dieu.

La douleur des filles du Calvaire fut bien grande, mais leur confiance dans la protection de celle qu'elles invoauaient déjà comme une sainte en diminua I amertume. On se partagea ses vêtements, ses ongles, comme de pnicieuses reliques. Le corps fut ouvert et trouvé sain; les entrailles et le cœur furent pieusenaent conservés dans le monastère. L'abtMiye de Sainte-Croix fit de vives instances pour conserver les restes de la

sainte princesse; mais le duc de Retz, son fils, obéissant au vœu de sa mère, les accompaj^na jusqu'au monastère de Sainte- Scolastique de Toulouse, de la congrégation de Notre-Dame des Feuillants, où ils furent déposés avec honneur.

Après la mort d'Antoinette d'Orléans, ses pauvres filles ne furent point abandonnées par le P. Joseph, et nous avons dit ailleurs ce qu'il fit pour assurer l'existence de son œuvre. Nous ne reviendrons donc pas sur ce sujet, et nous terminerons Tbistoire de la fondation de la congrégation de Notre-Dame du Calvaire en disant quelle est aujourd'hui la situation de cet institut religieux.

i m. — ConsHiulions eielatuit de lacqngré^ galion de Notre-Dame du Calvaire.

Le but des fondateurs de l'institut de Notre-Dame du Calvaire a été, comme nous lavons'vu en l'article du P. Joseph, d'honorer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de prendre pour patronue la glorieuse Vierge assistant au pied de la Croix et compatissant à ses douleurs, et d'appliquer toutes les bonnes œuvres, pénitences, prières et mortifications, pour obtenir de Dieu la conversion des infidèles et des hérétiques, et le recouvrement des lieux saints consacrés par la vie et la mort du Sauveur.

Les relisieuses pratiquent la première et exacte règle de Saint-Benoît. Leurs constitutions ont été réimprimées pour la dernière fois en 1634.

La congrégation est gouvernée par trois supérieurs majeurs, qui sont ordinairement des cardinaux et des prélats, un visiteur et une générale; elle est exempte de la juridiction des ordinaires. Les supérieurs majeurs sont pour toujours; la générale, pour trois ans, après lesauels on tient le chapitre général, dans lequel elle peut être continuée pour trois autres années, et ainsi des autres chapitres, où on la peut aussi continuer; mais elle ne peut pas exercer son ofiice plus de douze ans de suite, après lesquels elle est pendant une année la dernière de la communauté; elle ne peut être élue prieure qu'après trois ans. Pendant l'exercice de sa charge, elle a toujours quatre assistantes, dont deux sont renouvelées tous les trois ans; elles doivent assister la générale d^ leurs conseils pour le gouvernement de la congrégation, et il v en a toujours une qui l'accompagne dans le cours de ses visites, qui sont fréquentes, car elle doit visiter, ainsi une le visiteur, tous les couvents de ia congrégation pendant un triennal. Lors-

au'on tient le chapitre général, les prieures es monastères et leurs communautés ont le droit d'envoyer par écrit leurs suffrages au chapitre général; ces suffrages sont portés par des dféléguées élues à cet effet. Le visiteur préside le chapitre général, assisiô de trois scrutatrices élues parla communauté où se tient le chapitr<^; on ouvre les lettreS| on compte les suffrages et on proclaïue

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générale, assistantes et prieures, celles qui ont obtenu le plus de voix.

g JV. — Costume des religieuses de Notre- Dame du Calvaire.

Ces religieuses continuent à porter le premier costume do Tordre, tel qu'il fut donné aux filles du Calvaire, en 1621, par une bulle du T.-S. P. le Pape Grégoire XV. En voici la description : un habit de grosse étoffe noire, une ceinture de crin faisant plusieurs tours; une guimpe blanche, un bandeau blanc, un scapulaire noir; un manteau noir en forme de chape, attaché devant avec une petite agrafe de fer; un voile en grosse toile noire et un second par-dessus, également en toile noire, mais bien plus claire. Elles portent des sandales de bois et marchent les pieds nus depuis le 3 mai, jour de Tinvention de la sainte Croix, jusqu'au 14- septembre, jour de la fête de 1 exaltation de la sainte croix. (1)

CALVAIRE (Filles du)

Notice sur Mme Virginie Centurion^ leur

fondatrice,

Mme Virginie Centurion, femme d'une éniinente piété, illustre rejeton de deux principales familles de Gènes, Centurion etSpinolla, mariée 5 Gaspard-Grimaldi Braccelli, fonda l'institut des Filles du Calvaire, l'an 1619, dans la ville mémo de Gênes. Après avoir passé quelques années dans son village, en menant une vie exemplaire, elle adressa à Dieu de ferventes prières pour obtenir la grûce de connaître sa sainte volonté sur le genre de vie qu'elle devait suivre. Pendant la nuit et durant son sommeil, la sainte Vierge lui apparut a^vant une croix sur les épaules, et elle lui ht entendre que la volonté de Dieu était qu'elle le servît dans la personne des nauvres. S'étant éveillée toute tremblante ue cette vision, la Providence lui fournit ausilôt l'occasion d'exercer sa vocation et d'obéir h l'ordrequ'elle avait reçu. Ayant aperçu sur la place une jeune fille abandonnée, implorant le secours des passants, elle courut de suite vers elle et la reçut dans son appartement, elleainsiquesamère.

Celte action généreuse, cette prompte correspondance aux inspirations de la grâce furent très-agréables à Dieu, et avec èon secours elle s'en arma dans la courageuse résolution de se consacrer au soulagement, à l'instruction des filles pauvres abandonnées. Ce projet ne rencontra jamais un plus vaste champ à cultiver que pendant ce temps désastreux, où les incendies et d'autres causes de ruines avaient réduit à toute extrémité, Carignon, le bourg de la Collombard et Savone, où la misère était si grande que beaueoup de parents, pour ne pas voir mourir leurs enfants sous leurs yeux, préféraient ÏQS abandonner. Le nombre de jeunes filles qui eurent recours à la charité cie la généreuse Virginie fut si grand que son palais, étant insutllsant pour les contenir, elle dut louer le monastère qui .porte le nom de Visitation et qui n'e^t pas iiabité aujourd'hui.

v1) Voy. à la lin du vol., ii^'' ^2'», Tri.

En mémoire de la vision dont elle avait été favorisée, elle lui donna le nom de Sœur Marie du Refuge De tribulatis sur la montagne du Calvaire.

Cette illustre veuve ne pouvant suffire, malgré son zèle et son courage, à une œuvre si méritoire et si précieusequi,tousles jours, prenait une nouvelle extension, lit appel h la noble générosité d'un grand nombre de premières familles de Gênes, mais surtout à la magnanime famille du prince Doria et du marquis de Brignoles, ainsi qu'au zèle admirable du cardinal Durazzo, alors archevêque de celte ville. Le vif intérêt que Virginie portait à cet établissement, l'exemple si touchant d'une dame si distinguée par sa naissance et par sa piété, déterminèrent nombre de jeunes personnes honorables à se dévouer volontairement et à venir contribuer à la prospérité d'une œuvre si belle. Ce fut alors qu'ayant acquis une autre maison in besagno, la fondatrice y plaça toutes celles qui voulurent suivre son exemple; elle leur fit prendre l'habit du tiers ordre de saint François et les chargea de la direction des jeunes filles pauvres.

On augmenta le nombre des maisons à proportion de celui des religieuses qui devaient en prendre soin et des pauvres qui so présentaient en grand nombre. Alors Virginie sollicita du sénat sa protection et son assistance pour qu'il l'aidât de ses conseils, pour la détendre lorsque les circonstances le rendraient nécessaire, afin d'établir, sur des fondements solides, ses instituls qui promettaient d'immenses avantages, qui rendaient d'éminents services.

Un dévouement tel que celui do cette pieuse veuve devaitémouvoir les âmes généreuses, exciter leur sympathie; les nobles Génois, Somellino, Durazzo et Brignoles, ré()ondirent à son appel. C'était en 16Ï1. Le dernier, appelé Emmanuel, dont on conserve un resf)ectueuxsouvenir, voulut sechargerdetoule a dépense d'une maison. Il loua, à ses dé- Eens, un hôtel connu sous le nom de Curunara, fournit tout ce qui était nécessaire pour le meubler, pourvut à tout, assura des revenus pour vingt-cinq sœurs qu'il chargea de diriger les filles pauvres qui jusqu'alors avaient demeuré dans la maison mère à la montagne du Calvaire. Après avoir ainsi assuré des revenus annuels aux sœurs qui étaient dans la maison mère, il les réunit, leur donna une nouvelle règle, règle trèssage et la plus adaptée à leurs besoins et aux devoirs qu'elles avaienlà remplir.leur donna un costume uniforme qui devait être de soie: c'est pour cela qu'il passa pour être le fondateur de cet institut; aussi ces religieuses furent communément appelées Dames Brignoles.

Les règles de celte Congrégation, si utile à la religion et à la société, ont pour objet et pour fin de consacrer tous les membres au service des pauvres dans les hôpitaux, dans les lazarets et dans les éiablissemenls pieux, à faire des instructions solides à ceux qui jouissent de la santé, de urodiguer de:>

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D£S ORDAES REUGIEUV;

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