CHARITÉ CHRÉTIENNE
Ordre militaire créé par Henri III, en faveur des soldats estropiés au service de l'Etat. Le prince assigna quelques revenus h cette généreuse institution. Ceux qui (liaient reçus dans cet ordre portaient une iroix sur îe manteau au côté gauche, et autour de la croix ces mots brodés en or, Pour avoir fidèlement servi. Un établissement si louable n'eut point de succès.
CHARITÉ (Fri>res dp. la}.
Fondés en Belgique, par M, Triest,
L'origine des frères fut très-modeste et plus hunjble encore (lue celle des Sœurs de In Charité de Jésus et ae Marie, duc au même fondateur dont nous donnons la vie à l'article de celte autre congrégation. — Voy, Charité {Sœurs de la). — (À»s commencements furent aussi bien moins consolants ])0ur |p cœtir de M. Triest. L'hospice des vieillards de Gand, qui, depuis 1788, avait été réuni h celui des vieilles femmes, au couvent Saint-Antoine, quai de la Lieve, en fut détaché et transféré à Biloke, le 1" septembre 1806. Il y avait alors cent vieillards, qui soignés par des mercenaires sans autorité comme sans dévouement, ne leur obéissaient plus et se livraient impunément à tous les désordres. De nombreux abus existaient et la commissian des hospices sentait qu'il était temps d'y remédier et de changer entièrement la direction de cet établissement. M. Triest, dont la réputation grandisyflit et qui la justifiait déjà par le plein succès obtenu i\ l'abbaye de Terhaegen , où étaient établies ses sœurs de la Charité, fut prié de se charger de cette administration. Il n'ignoraU pas combien cette lâche était (lifliciie ei combien il en coûterait pour réiormer U conduite de vieillards entêtés; ce-
pendnnt son zèle l'emporta. H y avait du bien h faire, c'était tout dire. En conséquence, M. Triest, accompagné du maire et du [>réfet, y installa, le 28 décembre 1807, trois hommes dans le dessein de jeter ainsi les fondements d'une communauté de frères de la Charité. Ce[)endani comme les jeunes gens prof>res à cette œuvre étaient extrêmement rares à cause de la conscription de ce temf»s de guerre, M. Triest pressentit les obstacles qu'il rencontrerait de la part même de ceux qui devaient être ses instruments et ne voulut faire qu'un essai. Ce qu'il avait prévu arriva ; d'un côté les vieillards, gênés dans leurs mauvaises habitudes, se révoltaient contre les réformateurs des abus; de l'autre cAté, les hommes nu'il avait associés h son entreprise charitable, ne lui conrenaient guère. Après des tentatives infructueuses pour les améliorer et leur donner une impulsion convenable, il vit qu'il ne lui restait [)lus d'autre moyen que de détruireradical ement ce qu'il avait fait jusque-là, et de recommencer sur un tout autre |)ied. C'est ce qu'il exécuta. C'est donc le 7 novembre 1810 que M. Triest fonda» h proprement parler, la communauté des Frères de la Charité; il leur appliqua avec quelques modifications la règle des sœurs, et ceilq règle ainsi modifiée fut approuvée par Mgr de Broglie, évê<^ue de Gànd, le 26 novembre 1810. L'auteur de la notice sur M. Triest dit en parlant des frères de la Charité : Celle communauté deux fois abandonnée, deuî fois reconmiencée, s'est déveirjppéeau point qu'aujourd'hui, époque de la mort de M. Triest, en 1836, ellecompte neuf maisons oa établissements. Ces paroles feraient sup|>oser qu'entre l'essai de 1807 et l'exécution définitive en 1810, il y avait encore en une tentative infructueuse. Voici la .stali>tique des maisons de la congrégation en 1836. Toutes, comme celles des sœurs, portent un nom de patronage religieux. La première maison est celle do la By loque, à Gand, appelée la maison de Saint-Vincent de Paul^ qui a une triple destination, hospice pour les vieillards, institution pour les sourdsmuets et école gratuite flamande. Le ficVe Aloysius, supérieur de tous les frères de I»
Ciiarilé en était alors l'économe.
La maison des Saints-Anges est rhospi'-e
(les aliénés, h (iand. KHe fut donnée à l'institut en 1815, et est desservie par dix-neuC frères.
A Froidmont, près de Tournay, est la troisième maison dite de Saint-Charles Botromée, fondée par quatre frères, le 1" wars 18-21. C'est une maison d'aliénés, et une école gratuite, que desservent treize frères. La maison de Bruges, dite 6c Saint -Antoine d^ Padoue ^ destinée surtout à l'instruction gratuite des enfants pauvres; il y a cimi frères. Avant la révolution belge, cet établissement avait eu |à diverses reprises des démêlés avec le gouvernement des Par* Bas. I^ cinquième maison, à Anvers, eji appelée Maison deCImmaculée conceptioi^^^ (a sainte Vierge^ fondée etenireieiiue par w
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DES ORDRES REUGlËUX.
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Dootficeoeo de. quelques flimilles pieuses. Las frères j entrèrent Je 3 mai 1832, dans le but d'instruire les enfants pauvres, elle S décembre 1835, élargissant le cercle da •eursoocapations, ils ouvrirent un hospice pour les enfants (lauvres ; il y a cinq frères. A Loorain, la maison de Sain$^ Antoine de Ptdout^ sous ce môme vocable que celle de Bruges, a été fondée le ik. juin 1832. Cinq frira, entretenus, par les curés et vicaires de la ville,7 donnent l'Instruction gratuite à quilre cents enfants de la classe indigente. £o 1833, le 29 avril» la commission des hospices de Gand, appela les frères de la Chaliié diDS la maison dite J^u/der^, du.costume que portaient autrefois les enfants, et qui ist celle des orphelins. Elle est appelée Maitn diSaini'Joeepk, |»ar les frères qui y sont •0 nombre de sept. La maison de Saint- Trood, dite Mainm de Saint-Augustin^ enir«ifOQe par des notables de la ville, pour b disse gratuite et encore pour une inslilutioa d'orphelins, fut fondée le 13 décembre IM) et possède sept frères. La neuvième uison est k Bruxelles, sous le nom de Saint-l^mtdtGimxogue, fondée en février 1835, <tins le but dfy élever des sourds-muets et <les areogles. En 1835, par arrêté du 10 3îril, le roi Léopold donna k cet institut le litre de leyo/; il y a six frères pour le service. Ces neuf établissements ou maisons comptaient dono alors dix-huit institutions H'^iales, vu les diverses destinations des PIJùsoos. Le Donobre total des frères de la Uttrité était de quatre-vingt-quatorze. De- N^iorp, le nombre des maisons s'est accru, <:t ins ane statistique des maisons relipeises qui m*a été envoyée de Belgique, f vois pour les frères de la Charité, outre ^maisons ci -dessus désignées, celles d'Os-^ <«Qde, de Hamme, do Lokeren, de Lurre, ^Nireiles, de Courtrai, d'Alost, de Tron- ««epnes, de Uége, de Verviers, de Namur, <le Srageletie ; ce qui donne le chiffre de f iogt et an pour le total des établissements, MU a plas que doublé depuis seize ans. -^ IVf CHlessous l'art. Chabité db Jésus bt
CBABITÉ MATERNELLE (Société des.
PAMES DB la), en Belgique.
Mjà sous Napoléon I*% une institution de ee genre avait été fondée; mais elle était tombée, faute d'un homme capable, par son <e.e et s%$ talents, de la diriger et de la per- MDifier en lui. En Ifâl, ou érigea, dans lenclosde la Babylone, l'école de la maternité, pour y recevoir les filles-mères, JL Triest, qui ne voulait pas que les femmes «moêtes fussent traitées moins avantageu- Hoeot que les filles coupables, se concerta *»ecies dames les plus respectables de la ]|ii>e, et fonda, en 1822, sa Congrégation dee ^^^^ de la charité maternelle. La présidence ^^ «ppanint à M. le chanoine Triest, la ^Ç^présidence k Mme la comtesse douairière d'Hane de Steenhuyse. Mlle Colette ^^H^oel en fut secrétaire. 11 y a des mem-
bres honoraires et des membres actifs. Tous les ans s'assemble le grand conseil, formé de toutes les dames de la congré^^alion. Il jr &detuc dames qui, deux fois par an, au mois de mars et de novembre, font la quête. Pour chaque paroisse de la ville, une dame, ap-
Î^lée distributrieCf est chargée de recueillir es demandes des pauvres femmes, de les transmettre k l'assemblée des dames do chaque paroisse, qui se réunissent tous les mois, et de distribuer k domicile les secours accordés. . <
Les femmes enceintes doivent chercher un certificat du curé de leur paroisse constatant qu'elles sont mariées, se conduisent bien, sont dans une grande pauvreté, qu'elles sonijnflcmes, ou qu'elles ont au moins quatre ou cinf enfants. Elles portent ce certificat chez, la dame distributrice du quartier, laquelle, à l'assemblée mensuelle, en confère avec les autres dames : leur admission aux secours est constatée par le président, qui appose sa signature au bas du certificat. Chaque femme en couches reçoit une layette, et pendant neuf jpurs, tous les jours du bouillon et un franc- Le nombre des femmes ainsi secourues monte par an à cent.
S. M. la reine des Belges avait souscrit deux fois pour la somme de cinq cents francs et a accordé son auguste protection à cette utile et intéressante congrégation.
CHARITe DE JÉSUS ET DE MARIE
(SOEUBS de).
Histoire de rétablissement de cet ordre avec la vie du chanoine Triest^ son fondateur.
Ce respectable prêtre que la Belgique et Tétranger môme ont appelé Apôtre de Inhumanité^ Providence des pauvres^ Vincent de Paul de la Belgique^ a formé plusieurs sociétés religieuses, dont il est parlé à leur place respective et dont la plus importante est celle qui fait le sujet de cet article. Pierre Joseph Triest naquit à Bruxelles, le SI août 1760,. de parents respectables qui regardaient une bonne éducation comme le meii« leur héritage qu'on puisse laisser à ses enfants. H commença ses étudesaucollége des Jésuites de sa ville natale; mais cette société ayant été supprimée en Belgique, il acheva ses humanités àGheel, village de la. province d'Anvers. Après avoir terminé sa^ philosophie à l'ancienne université de Louvain, il entra au séminaire de Malines et reçut la prêtrise le 10 juin 1786. Il fut envoyé succcbsivement comme coadjuteur h Notre- Dame de Malines en 1788, puis en 1788i comme coadjuteur è Assche, près de Bruxel* les, puis comme desservant au même endroit, en 1791. La même année, 11 devint vicaire de l'église Notre-Dame de d'Hanswvk^
à Malines. Le typhus, qui sévissait è l'iiOr pital militaire de cette ville, fournit au courageux^vicaire Toccasion de montrer ce dé*vouement religieux, dont il devait plus tard donner de si sublimes preuves. Cette ef^ frayante épidémie fqijjaitdes ravages affreu^u
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DICTIONNAIIU:
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la peur, lo découragement s'emparaient de tous les esprits; ceux mômes que leurs fonctions ou leur position auraient dû retenir, fuyaient ce séjour de désolation et do mort. Lui seul, il resta au poste; et, plus fort que le danger, il se multipliait pour tenir tète au mal et pour porter en tout lieu les secours et les consolations de la religion. .
Tant d'ardeur, tant de travaux Tépuisè* reni; il tomba lui-môme atteint de la contagion. Mais Dieu, qui avait ses vues sur lui, ne permit pas qu*il suciombûl, lui qui devait encore essuyer tant de larmes, consoler tant de douleurs et soulager tant de misères 1
Ses talents et ses vertus sacerdotales attirèrent Taitenlion de ses supérieurs ecclësiasticjues. Au concours de Malines de 1797, il fut nommé curé et clianoine do TEglise collégiale deSaint-Pierre,àKenaix, Acette épomie de ta vie du curé Triesl se rattache une. de ses p!us belles actions. Les circonstances politiques forçaient les prêtres h se cacher pour se soustraire aux persécutions d'un pouvoir impie et despotique. M. le curé ïriest, comme les autres, s'était caché; mais, plus aue les autres, il était recherché par les gendarmes, parce que le zèle et la hardiesse qu'il mettait à exercer en secret les fonctions de son ministère rendaient la capture plus importante. Une nuit, au fond de sa retraite, il apprend que la femme du brigadier de la gendarmerie est à Tagonio. Que fera-t-il ? Laissera-t-il cette personne mourir sans les secours do la religion, ou ira-l-il se jeter dans la gueule du loup, entre les mains du brigadier qui le poursuivait avec tant d'acharnement? 11 n'écoule que son devoir, se rend à la demeure du brigadier, va droit otlrir son ministère à la femme agonisante : le brigadier survient, trouve le curé ïriest au chevet du lit do sa femme et est tellement louché de cet acte de générosité, qu'il jure de ne [)lus jamais arrêter de prêtre. En 1802, après le concordat, il devint desservant de l'église de Saint-Martin dans la même ville de Renaix. Alors encore, son zèle pour le prochain, zèle instinctif et que la religion augmenta, éclata par l'établissement d'une école pour les orphelines pauvres, laquelle existe encore de nos jours.
Transféré en 1803 àlacuredeLovendegem beau village à deux lieues de (iand, il y jeta les fondements de l'Institution des Sœurs do la Charité de Jésus et de Marie, dont les commencements furent humbles et obscurs.
En elfct il commença cette première maison appelée la Maison de Notre-Dame aux 4nges^ car tous ses établissements ont reçu uno dénomination pieuse et se trouvent sous un saint patronage, il la commença, dis-je, en réunissant trois filles pieuses dans une petite chambre qu'il prit à loyer le k novembre 1803, pour l'instruction des enfants pauvres. Puis, six enfants trouvés y furent envoyés do Gand, pour y êtro élevés et furent ensuite avantageusement placés par leur bienfaiteur. Pendant les dernières années de sa vie, M. Triest, soit humilité, soit dé-
sir do faire admirer et louée la Providence, aimait à se re[)orter en souvenir vers celio époque déinsive, h parler, les larmes aux yeux, de la bonté immense de Dieu, qui avait daigné jeter ses regards sur lui, et encourager son zèle par des succès trop rapides et trop éclatants pour ne pas indiquer clairement que le doigt do Dieu élail là.
il racontait qu'il avait loué une petite chambre et que s'associant deux filles [ûeuses, il s'occupait tie l'instruction des enfants; que bientôt, une personne charitable lui ayant remis une somme mo<lique, il augmenta son matériel et son personnel qui montait alors à dix personnes.
L'homme bienfaisant dont nous esquissons la vie, pressentant de plus en nlus sa belle vocation, se livra entièrement a l'œu^ vre importante qu'il avait entreprise, et dont lui-môme, il l'a souvent avoué, ne soupçonnait pas le futur développement et les résultats.
Il avait cru d'abord faire de sa communauté une aflilialion de la Congrégation da filles de charité de saint Vincent de Paul^(ÏQ France; ce (pii le contirma dans cette pensée ce fut de voir que le gouvernement français venait d'approuver celte utile congrégation. Il |)roposa donc h ses (il les de solliciter celle aflilialion et de présenter à cette fin une requête à Mgr Fallot de Beaumont, évoque de Gand ; ce qu'elles firent. Ce prélat, qui toujours s'est montré si empressé de seconder le zèle du charitable curé, n'eut pas plutôt reçu cette requête, qu'il se rendit à Lovendegoin. Il fut si charmé de la sagesse dft M. Triest et do Tordre qui régnait dans sa naissante institution, qu'il promit d'écrire incessament à Paris, et de ne négliger aucun moyen do lui faire obtenir ce qu'd demandait. Mais malgré la puissante intervention do Mgr de beaumont, l'alfairo ne réussit pas à Paris. Le 13 février 1805, on répondit par un refus de reconnaître la maison de Lovendegem comme afliliée do la Congrégation de Saint-Vincent de Paul, surtout à cause de la différence du langage.
M. le curé Triest comptait trop sur la Providence pour se rebuter par co premier revers. Au contraire, il s'a[)erçut que cette dé^ pendance, cette aflilialion do* la congrégation de la France, aurait entravé le libre essor de son zèle et les développements de son institution. H résolut donc do se maintenir indépendant, et se mit à composer pour sa jeune communauté des règles ou constilations.
Il avait étudié profondément les règlements des différents ordres, les avait comparés entre eux; il en prit ce qu'ils ont de meilleur, et y ajouta de nouvelles disf-ositions, qui frappent par leur prudence et leur sagesse, et qui prouvent dans l'auteur me grande expérience du cœur humain et de la vie intérieure des couvents. Il so levait tous les jours à 3 heures, quelquefois plus lot, |)Our apprendre les règlements aux sœurs, et [iQur les soutenir par son exemple.
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DES ORDAfiS RELlGiËUX*
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Mgr de Beaumoni avait de?iné M. Triest; il l'appréciait à sa juste yaleur» et cherchait aie mettre k même a exercer son dévouement sor un plus vaste théâtre. Comme la ville de Gand, depuis le terrible contre*coup que la Belgique avait ressenti de la révolution française, avait perdu tous ses établissements pieux et de bienfaisance» le sage prélat se promit de le faire venir dans cette ville. 11 en parla à M, Faipoult, préfet du dé|)artemeDt de TEscaut, et à M. Delafaille» maire de la ville de Gand, les persuada de la nécessité d'un tel établissement pour le cheMieu du diocèse et du département, et les engagea à raccompagner à Lovendegem. Ces magistrats, cédant a la prière de Mgr révoque et au désir de visiter une institution dont la réputation était déjà si grande, se rendirent ensemble k Lovendegem. Voir cette institution, petite il vrai, mais si bien organisée, c'était l'admirer; voir M. Triest, c'était reconnaître en lui un homme supérieur. Aussi, quelque temps après, fut-il iovité par les autorités ecclésiastiques et civiles à venir s'établir à Gand, dans l'ancienne abbaye de Terhaegen, qui, depuis la révolution, avait été vendue à un fabricant, mais était restée inoccupée. M. le curé Triest accepta l'offre, vint à Gand le 30 juillet 1805, mais avec si peu de ressources, que lui et les six sœurs furent obligés de coucher, pendant quelque temps, sur des chaises ou des paillassons, et qu'une des sœurs étant devenue malade, à force de fatigues et de travaux, un voisin généreux lui apporta un lit où elle put se reposer et se rétaîblir.
Cependant M. Triest, afin de donner à $00 établissement de l'importance et de la stabilité, sentit qu'il bllait essentiellement obtenir deux choses : l'approbation du gouvernement et la propriété de i'abbave. A cet effet, il se rendit lui-môme à PariSi au printemps de 1806, muni de belles lettres de recommandation de Mgr de Beaumont et de M. Faipoult. Là M. Triest eut la satisfaction d'entendre de la bouche môme de son £mioence le cardinal Caprara, lé^at a latere de Sa Sainteté , que le Souverain Pontife approuvait hautement l'institut des sœurs de la charité, et que, pour lui, il userait de toute son influence pour lui faire accorder rapprot)ation du gouvernement français. 11 fit aussi la connaissance du vicaire général de la grande aumônerie de l'empire, gui le reçut avec distinction et bonté, et lui promit sou Intercession auprès de l'empereur. Tant et de si puissantes recommandations eurent le plus heureux effet; l'empereur, par uu décret du 25 juillet 1806, approuva et autorisa le nouvel institut fondé è Gand, sons le nom de Sœurs de la Charité de Jéius €t de Marie. H. Triest, après ce premier succès, revint à Gand, persuadé qu un second triomphe lui était réservé. En effet, un décret impérial, en date du 18 septembre 1806, fit a la communauté des sœurs de la charité, la concession gratuite de l'abbaj^e de Terhaegen. C'est là qu*est aujourd'hui la maison-mère.
Il est vraiment inconcevable comment un seul homme a pu faire ce que M. Triest a ac* compli, comment il a pu seul suffire à toutes les occupations qu'exigaient des commencements si difficiles. 11 ordonnait et surveillait tout ; il dirigeait et formait les sœurs; il était toujours auprès des malades, ne leur offrant pas seulement des consolations religieuses,, mais les soignant lui-môme, faisant leur lit et pansant leurs plaies. Môme il avait pris son quartier près de l'hôpital des incurables, et, la nuit, au moindre bruit, à la moindre plainte des patients, il se levait, interrompant ainsi le court repos qu'il goûtait et volait au secours de ces malheureux. C'était surtout quand une de ses sœurs tombait malade, a force de travaux, qu'il encourageait par sa présence et par ses paroles consolantes, celles qui consacraient avec lui leurs jours à soulager les misères des pauvres infortunés. La nuit môme il ne quittait pas ces martyres de la charifé.
11 s'en faut que M^ Triest n'ait pas été rudement éprouvé par le Seigneur, et que de Srandes clifficultés n'aient pas surgi au sein e sa nouvelle administration de Gand. Il avait bien reçu gratuitement de l'empereur le local de Terhaegen, mais cet édifice, entièrement délabré depuis la révolution, avait besoin de subir de grandes réparations; il fallait un mobilier considérable, et le nouveau directeur n'avait que sa charité et celle de ses généreuses sœurs. Heureusement, et ceci est encore une disposition de la Providence, les deux hauts dignitaires de la province, Hçr de Beaumont et H. Faipoult, étaient dignes de comprendre l'élévation des sentiments et la proiondeur des pensées de M. Triest, et ne négligeaient rien pour mettre è la disposition de son zèle toutes les ressources de leur position. Mgr de Beaumont, comme il conste d'une série de lettres, écrites par lui et conservées dans les archives de notre chanoine, aimait celui-ci comme un frère, allait souvent visiter seul et comme particulier le nouvel établissement» encourageant le directeur au milieu de ses difficultés. Môme quand il était k Paris et à Plaisance, ce digne prélat entretenait avec M. Triest une correspondance active et remarquable par cette effusion de cœur et cette confiance qui font voir qu'il y avait entre eux une honorable sympathie de charité. M. Faipoult aussi, ou demandait pour l'institut de M. Triest des subsides au gouvernement, ou lui avançait des fonds sur les secours à accorder aux pauvres. Des lettres lu'on a conservées prouvent quel cas il faiait du pieux directeur et uuel intérêt il portait h son établissement. Il répétait quHl en iuivait les progris avec plaisir et les seconderait toujours avec xèle et affection; et malgré ses nombreuses occupations, il écrivait H. Triest : Yenex quand il vous plaira; f aurai toujours le temps de conférer avec vous sur des bonnes couvres à faire. Une personne moins haut placée, mais aussi zélée que celles dont nous venons de parler, c'est le P. Liniis, . gardien de Tordre des Capu-
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DICTIOi>INAmE
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fins, originaire du Brabanl septentrional. Ce respectable prêtre, chassé de sa retraite par la révolution, mais décidé à consacrer sa vie à de bonnes œuvres, fut charmé de pouvoir aider le chanoine Triest, qu'il aimait et estimait beaucoup. On le vit du matin au soir se livrer aux occupations les plus diverses et môme les plus humbles, s'utiHser partout et contribuer puissamment au succès de la nouvelle institution.
Soutenu par les conseils et les secours de ces trois honorables bienfaiteurs et renversant les obstacles que Dieu ne lui avait opposés sans doute que pour l'éprouver, M. Triest ne tarda pas à voir prospérer son institution. Sa santé, altérée par les veilles, Jes fatigues et les inquiétudes sur i'avenir de son établissement, se remit peu à peu. Ses sœurs aussi puisèrent dans leur succès un nouveau courage , parce qu'elles y voyaient une approbation de la Providence.
En 1806, M. Triest fut nommé, par Mgr de Beaumont , supérieur général de toute la communauté, et en 1807, chanoine honoraire de la cathédrale de Saint-Bavon.
Bienlôt M. Triest sentit le besoin d'étendre ses bienfaits aux deux sexes et à tous les âges, et institua sous l'invocation de saint Vincent de Paul, les Frères de la Chariféy destinés h servir les malades, à soigner les aliénés, à instruire les souds-muets, les pauvres et les orphelins.
L'origine des Frères a été plus humble encore que celle des Sœurs. — Voy.y cidessus, Charité (Frères de la).
En 1816, le chanoine Triest se rendit à Rome, pour obtenir du Saint-Siège l'approbation de sa communauté et de ses constitutions. Le Souverain Pontife, Pie VU, qui affectionnait particulièrement la Belgique et le clergé belge, reçut avec une bienveillance et une distinction méritées celui qui en était un si honorable représentant. Aussi s'empressa-t-il de sanctionner la généreuse entreprise du chanoine gantois, et approuva les constitutions de la communauté des Sœurs de la Chanté, par un bref du 9 septembr 1816. Ce qui fut une bien douce consolation pour le cœur de M. Triest, et pour son institution une garantie nouvelle de stabilité.
Le monde lui-même ne put rester insensible à tant de charité. Le roi (juillaume, quoique protestant, et se sentant peu de sympathie pour le clergé belge , le nomma en 1818, chevalier de l'ordre du Lion belgique, et lui envoya quelque temps après, comme cadeau royal une bible deSacy.Peutôtre que, par cette marque d'estime pour le supérieur, il voulait couvrir l'odieux des mauvaises tracasseries que son gouvernement devait susciter plus lard aux institutions des Sœurs dans les différentes villes du pays.
Ce fut en 182'2, que M. Triest fonda à Cand la congrégation des Darnes de la charité ma-
ternelle, pour avoir soin des foraraes en cou. ches, appartenant à la classe pauvre.
Deux communautés religieuses vont en ville garder les malades du sexe, 'les .Soptiri noires et les Fileuses; mais une semblable institution manquait pour les homoies.
L'abbé Triest fut encore appelé à combler ce vide. En 1825, il institua à Gand, les Frères de Saint-Jean de Dieu, qui vont soigner les particuliers de la ville en qualité de gardes-malades.
En 1830, Mgr Van de A'elde, pour récompenser ses hautes vertus et son mérite éminent, le nomma chanoine titulaire de Saint- Bavon. En 183;V, LL. MM. le roi et la reine des Belges, lors de leur séjour en cette ville, ne purent se refuser le plaisir d'aller. admirer l'institution des Sœurs de la Charité, et de faire la connaissance de ce respectable prêtre, que la Belgique et l'étranger môme ont ap[»elé le Vincent de Paul de la Belgique. Le roi, en témoignage de satisfaction, et comme gage de son auguste sympathie, remit de ses propres mains a M. Tries!, la croix do chevalier de Tordre de Léopold. Ce fut vers la même époque qu'une société étrangère, (^elle (io Monthyon et Franklm, s'appuyanl sur ce qwe pour des bienfaits tels que ceux du vénérable abbé Triest, l^amour et la bénédiction des peuples ne connaissent plus de frontières, lui décerna la médaille d'honneur et lui consacra, dans la Biographie des hommes utiles de tous les pays, une notice Irès-intércssanle, écrite ))ar M. le ])rofesseur Voisin de Gand. M. Triest qui était loin d'aimer ces hommages publics, éprouvait une répugnance réelle en subissant ainsi la corvée d'une ovation. Aussi ne fut-ce qu'après avoir pris conseil de ses supérieurs, et pour laisser rendre hommaçe à la religion dont il était le ministre, quil consentit à aller recevoir solennellement celte médaille d'honneur.
En 1835, notre respectable chanoine, dont l'âge ne pouvait ralentir le zèle, fonda l'institution des Sœurs de V enfance de Jésus, pour soigner les enfants trouvés et les enfants malades au-dessous de 10 ans. Mais le grand rêve de cet homme de bien, rêve que les circonstances ne lui ont pas permis de réaliser, c'était une maison de refuge pour les vieux prêtres pauvres et sans ressources.
Lui, qui des bras de son immense charité avait embrassé toutes les infortunes, dans quelque rang, dans quelque sexe, dans quelque âge qu'il les rencontrât, regrettait de voir iiiis prêlres, qui souvent se sont appauvris ou cassés à soulager les malheurs des autres, mourir dans le besoin et les infirmités. Le digne évêque de Gand a nommé une commission pour réaliser ce projet et remplir une lacune qui existe encore dans le vaste système de charité du chanoine Triest.
A diverses reprises, M. Triest avait beaucoup soutfert de la maladie de la pierre; depuis quelque temps cependant il n'en ressentait plus les dangereuses incommodités. Tout
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DES ORDRES RELIGtEUI.
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faisait donc présumer que ee digne septuagénaire, jouissant d'ailleurs d'une excellente santé, vivrait encore longtemps pour la consolation des malheureux. Dieu en avait disposé autrement. Depuis deux jours^M. Triest s*était plaint de la difficulté qu'il avait h respirer et de la pesanteur de Tatmosphère qui rétouffait, lorsque te vendredi, 17 juin, après le dtner, se promenant au jardin, ii se sent mal. On Taide à monter è sa chambre, une subite oppression de poitrine le met en un instant a deux doigts de la mort» On lui administre, à la hâte, sans cérémonies, les derniers sacrements. Les médecins pratiquent plusieurs saignées et heureusement une seconde crise ne sexiéclare point. Le bruit de cette subite indisposition consterne tous les cœurs. Cependant les saignées aTaienl réussi ; le malade allait de mieux en mieux. Le dimanche suivant, M. Triest se promena dans ^ses appartements ; mais &oit (lar Texercirequ'il fit, soit par le froid qu*il ressentit, le lendemain se déclara une enflaajmalion de poitrine qui fit des progrès rapides et le conduisit au tombeau.
Mais arrêtons-nous un instant : celui dont la Tîe a été si belle, si utile, si pleine de mérites, doit encore servir de modèle au monde par la sainteté de ses derniers moments. On Ta vu souvent au chevet des mourants; il faut le voir lui-même sur son hl de mort. Trop souvent il f^ut détourner les yeut de ces morts ridiculement vaniteasés on froidement horribles des héros de la terre; voici un héros aussi, emportant avec lui les bénédictions de tout un peuple. Ifajrant jamais travaillé pour la terre, il n*a point de regret de la quitter; mais, ouvrier vigilant et fidète, il vole chercher son salaire au sein de ce Dieu, qui pour récompense donne des gloires éternelles, et des couronnes que le temps ne peut flétrir.
La mort est l'écho de la vie : jamais cette vérité n*a trouvé une plus éclatante et plus consolante confirmation. Toutes les vertus dont, pendant sa longue et utile carrière, II. Triest avait donné tant de preuves, se sont montrées plus complètes, plus brillantes à l'approche de sa mort. Cne exactitude admirable à remplir ses moindres devoirs, un courage m&ie, inspiré surtout par une conQance vraiment filiale dans la Providence, et qui lui a fait opérer des prodiges de charité, une résignation exemp>aire à la volonté de Dieu, une bienveillance naturelle, un désir insatiable de soulager les malheurs d*autrui, et par-dessus tout une ferveur angéliqae, voilà la sublime réunion des vertus, qui, après avoir édifié les hommes sur la terre, est allée réjouir les anges dans les cieux.
Malgré les généreuses illusions de l'art et de l'amitié, M. Triest sentit sa fin s'approcher. Il le répétait souvent, non pour exciter dans le cœur des assistants une compa*- Mon stérile, mais d'un ton h la fois de conviction et de désir, kn 00*61, loin de se trou-» hier ou de s*ai&iger à la pensée de la des-
truction de son être, il s'en réjouissait; il savait trop bien que son flme, se dépouillant de l'enveloppe du corps, allait revêtir la robe brillante d'une glorieuse immortalité. l\ soupirait après ce moment henreux. Lui qui ne connaissait de la vie que lesmTsères, que se serait-il attaché à elle? Pourquoi slnqùiéter des établissements qu'il lafsse après lui, la Providence n'est-elle pas là? Aussi Tentendait-on s'écrier souvent : Lœtatus sum in his quœ dicta êunt mihi: in do^ mum Domini ibimuh (Psal, cxxi, 1), ou bien : Misericordias Domini in œternum cantabo.. (Ptal. Lxxxviu, 2.) Quelques heures avant sa mort, il fit venir toutes les sœurs de la communauté, et de sa voix mourante, il leur demanda pardon de toutes les fautes qu*il aurait pu avoir commises à leur égard; il les exhorta k conserver toujours entre elles la paix et la bonne intelligence, à remplir toujours avec zèle leurs pénibles fonctions, k aimer les pauvres, en un mot, à se souvenir qu'eHes sont sœurs de la charité. Puis il leva encore la main pour les bénir une dernière fois. Au milieu de la douleur générale qui éclatait en sanglots, lui, remettant 5on sort entre les mains de Dieu, répétait tonjours : Fiat voluntaê tua^ Domine^ et : Si adhuc poputo tuo sum necesiarius^ non re- CU90 laborem.
Il avifit toujours eu une spéciale dévotion pour Jésus dans le Saint-Sacrement de Tautel. Tous les jours, dans ses actions de grâces, après la sainte Messe, il était d une telle ferveur, d'une piété si extatique, que souvent il excita l'attention et l'admiration de ceux qui pouvaient le voir. Aussi pendant sa courte maladie demandait-il instam* ment à son coadjuteur d'offrir le saint sacrifice pour lui, en disant qu'il s'unirait d'intention avec lui. Le jour de la fête de saint Louis de Gonzague, malgré les fatigues de la maladie, il se leva, s'habilla et voulut recevoir h genoux ce Dieu qu'il avait toujours aimé si tendrement, et qui rend si doux le passage de la vie è l'éteraiié. Une autre dévotion non moins recommandable, et oui était la dévotion favorite de M. Triest, c était celle envers la sainte Vierge. C'était cette dévotion que durant sa vie il avait tant recommandée à ses sœurs et aux personnes dont il avait la direction; c'est elle aussi qui lui fournit le plus de confiance et de consolation à l'heure de la mort. Enfin le moment si désiré arriva.. Il mourut le 5tk juin 1836, h midi et demi, resta deux jours exposé à la vénération publique, et fut enterré, selon son désir, h Lovendegem, dans un caveau construit à cet effet au cimetière des sœurs de la communauté. Le 29 juin, jour de la fête Sainl-Pierre, son patron, il allait célébrer solennellement son jubilé de cinquante ans de prêtrise. Tous les préparatitsétaient faits; mais la mort vint déranger ces projets et convertir la fête en cérémonie de deuil. M. Triest a eu toujours dans sa vie privée ce même ordre^ cette même régularité qui distinguent éminemment les '«'^inmunautés qu'il a dirigées. Le matin» se
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levant de bonne heure» après s^s prières et une pieuse méditation, il ne manquait jamais, quand il était chez lui, de lire queU ques chapitres de TEcriture sainte. La Journée se passait toujours pleine de travaux et de mérites. Après avoir travaillé toi^t le jour, souvent môme jusque fort tard dans la suit, il ne se couchait jamais sans réciter le chapelet; il a avoué pendant sa dernière maladie, que, depuis cinquante ans, il n'avait pas omis un seul jour cette pieuse pratique. Les vertus et les connaissances administratives de ce généreux vieillard étaient si universellement connues et appréciées, qu'il était l'avocat, le conseiller de toutes les bonnes institutions de son pays et de l'étraneer, car on le consultait de loin. Lorsque M. de Beaumont était évoque de Plaisauce, il érigea une institution sur laquelle nous ne pouvons donner de détails spéciaux, puisqu'elle nous est inconnue, mais qui était formée sur le modèle de celle de M. Triest, et d'après ses conseils. Mgr l'évêque de Metz écrivit un grand nombre de lettres au pieux chanoine, dont le nom était devenu européen, pour lui demander des instructions et des avis; il fonda aussi un établissement calqué sur ceux des sœurs de la Charité. De toutes les villes de la Belgi-
3ue on demandait le concours de cet homme e bien. Dans les circonstances extraordinaires, par exemple, dans le tem])s du choléra, la Hégence de Gand se tournait vers les sœurs de Charité, qui reçurent, pour leur belle conduite, la médaille du gouvernement. Leur saint fondateur était membre de plusieurs bureaux ou commissions de charité. Il y a une chose que je ne veux pas omettre de consigner ici, sans la proposer comme exemple è ceux qui seraient tout autres que lui. Il avait une confiance illimitée dans la Providence. Quand il faisait ses plans et ses calculs pour Térection d'un nouvel établissement et qu'on lui parlait d'argent» n'etr-ce que cela? répondait-il^sans s'inquiéter le moins du monde de ce qui chez d'autres et avec raison, est le point principal. On l'a vu commencer des institutions sans avoir le sou, et toujours il arrivait que bientôt des sommes considérables afDuaient chez ce dépositaire de la charité publique.
Pour donner une idée du zèle et de l'activité de cet homme, puissamment secondé par la généreuse munificence de familles charitables de la Belgique, et pour faire mieux connaître l'histoire des sœurs de la Charité de Jésus et Marie, je vais donner ici une liste des établissements que possédait cette société k l'époque de la mort du fondateur et qui étaient au nombre de quinze. La première maison était celle de Lovendegem, appelée la Maison de Notre-Dame aux Anges (car, rappelous-le, toutes ces communautés ont reçu une dénomination pieuse et se trouvent sous un saint patronage), elle &*occupa de plusieurs œuvres charitables et neuf sœurs pour la desservir.
La Maison de Notre-Dame de Terhafgen, à
Gand. C'est la maison mère, le noviciat des sœurs, la résidence du supérieur général Je bureau central de l'administration. Dans cet établissement se trouvent Thospice des incurables et l'institut roval des sourdesmuettes, etc.. En 1820, M. Triest avait envoyé deux sœurs è Paris pour y étudier la méthode d'enseignement pour linstruction des sourdes-muettes. Il y a dans cette maison, terme moyen, quarante sœurs; leur nombre augmente ou diminua, selon la quantité des novices qui se présentent et selon les besoins des autres établissements.
Troisième maison, l'hospice des aliénés, à. Gand , apf)elée Jfatson de Saini* Joseph^ et. auparavant Maison des Orphelins. La destination en changea, et les sœurs j entrèrent le 4 avril 1808* Le service y est iîtil par vingt, et une sœurs.
Quatrième maison, celle de Courtray, appelée la Maison des saints Anges, fondée le 25 avril 1814. Il y avait alors trente-trois incurables et cinq pensionnaires et sept sœurs dans l'établissement.
La cinquième maison, dite de Saint-Vincent de Paul, est à Saffèlaere, et fut fondée le 30 mai 1815. C'est un pensionnat de jeunes personnes et uu externat : douze sœurs le desservent.
La sixième maison est celle de Saint-Genois, près de Courtrai, et est appelée Maison de Saint-Jean VEvangiliste, fondée le 28 août 1815, pour uu pensionnat, où d^abord il y eut quatre sœurs, et plus tard il y eu eut huit.
La septième maison est k Beerthem, près de Louvain, appelée la Maison es Saint* Bernard, fondée le SI octobre 1823, où il y a six sœurs, et qui fut commencée le 2 se|H tembre 1817 pour des incurables et pensionnaires.
La huitième maison, dite de Saint-Charles-Borromée, ^ Tournai, fondée dans l'ancien séminaire, le k novembre 1818, pour différentes destinations, ainsi que presque tous les autres établissements ; il y a vingt et une sœurs.
Maison de Saint-Antoine de Padoue, h Bru-
Îes, fondée pour des incurables le 17 juillet 820, et où étaient douze sœurs.
Dixième maison, à Berlegem, è quatre lieues de Gand, et dite de Sainte-Thérèse, fondée le 1*' octobre 1823, servie par onze sœurs, qui ont pensionnat, école d*hiver, école dominicale, etc.
La maison de Renaix esi appelée Maison de Bethléem, établie le 9 février 1825, est le seul hôpital dirigé par les sœurs de la. Charité, qui y sont au nombre de neuf.
La douzième maison, dite de la Présenta.tion de la sainte Yierae, est k Melsèle, prè) d'Anvers, commencé le 18 octobre 1826, fut supprimée au bout d'un an, par arrêté da roi des Pays-Bas, et rétablie le ik décembre 1830, après la révolution belge. Elle a ai-
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DES ORDRES RELIGIEOX.
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Terses desliHalions, pensionnat, incurables, etc., que dirigent neuf sœurs.
Treizième maison, la Visitation de la sainte Tierge^ à Anvers même. Onze sœurs y soignaient cent incurables et douze pensionnaires.
La quatorzième maison est i Ecclos et appelée Maison de Notre-Dame de Lorette^ fondée le 10 mai 1882; elle a diverses desti* nations et est servie par dix sœurs.
La quinzième maison est ce] le de BruxelleSi appelée la Maison de Notre-Dame des sept doM/eMr«, commencée le 3 mars 18M, honorée le 10 avril 1835, du titre d'Institut Rùyal: il y a incurables, sourdes-muettes, école gratuite, etc., et dix sœurs pour ce service compliqué. Ces quinze établissements comptent quarantendeux institutions ou destinations spéciales, cinq pensionnats de demoiselles, douze hospices pour incurables, un hôpital, deux instituts de sourdes-muettes, trois maisons pour aliénés, trois institutions pour orphelines, sept écoles flamandes, sept écoles
Ïratnites et enfin deux pharmacies à G and. el était du moins l'état des maisons de la congrégation quand mourut le chanoine Triest, et le personnel des sœurs montait à cent quatre-vingt-seize. Dans un catalogue récent des communautés de Belgique, je vois le nombre des maisons de soBurs de l'institut dont je parle, porté seulement à douze. (1)