CHARITE DE LA SAINTE VIERGE
Ordre religieux établi dans le diocèse de CliUons^-sur-Harne, par Guy, seigneur |de Joioviile et du Bourg Saint-Georges, sur la fin du xm* siècle. Cet institut fut approuvé, 50US la règle de Saint-Augustin, par les Papes Boniface Y III et Clément vl. Sponde en parle à Tan 1290.
CHARITÉ (SoBCBS dk la), dk Nevebs.
Partoat et toujours la relision est venue an -secours de la société ; dans les temps anciens, quand Tinnocence de ses enfants s*effrayait à la vue des désordres que le paganfsme'avait produits, et qui se perpétuaient encore* malgré ces généreux efforts, dans le sein même du christianisme, elle embellissait les déserts de la Thébaïde pour leur offrir un asile; |>Ius tard elle s'établit la sauvegarde de la science contre la barbarie , en fondant ses congrégations savantes, qui nous conservaient les précieux ouvrages du temps passé; ft Tépoque des pèlerinages, ses religieux chevaliers protégeaient les voyageurs; puis vinrent ses religieux mendiants, qui se confondaient avec le peuple et lui donnaient, pour le pain de la charité qu'ils en recevaient, les premières notions des lettres humaines, jointes aux instructions plus consolantes de la religion. Ces mêmes hommes,qui souvent s'étaient fait pauvres pour servir les pauvres, soignaient aussi les pestiférés à domicile, quand les Maisons-Diea et les maladreries ne pouvaient plus les recevoir, et aussi quand la crainte de la contagion privait les
(1) Voy. à la fin du vul., n» 55.
malades des soins de leurs parents et de leurs amis ; c'est dans une de ces circonstances que Nevers vit entrer dans ses murs une colonie des Capucins de Bourges, ayante leur tète le fameux P. de Joyeuse.
Enfin de nouveaux besoins se font sentir; un désir insatiable de savoir se manifeste dans tous les rangs de la société, tous, riches et pauvres, veulent acquérir une instruction dont on avait cru ju^qu^ilors pouvoir se
risser, et voilà que l'Eglise, toujours fidèle sa mission, fait germer de nouvelles congrégations, qui devront balbutier avec reniant du pauvre comme avec l'enfant du riche, et les confondre dans une même charité.
D'un autre côté, on comiirit que l'organisation des personnes pieuses (c'est ainsi qu'on les désignait), chargées de soigner les infirmes et les malades dans les hôpitaux, laissait beaucoup è désirer; ceUe organisation était moins religieuse que séculière, et la charité pouvait avoir h souffrir de la part trop peu large laissée à la religion. En effet, quand on parcourt les archives de la ville do Nevers, on ne peut lire sans étonnement le règlement k l'usage des personnes chargées des hôpitaux, et on est forcé d'admirer les améliorations que la religion a introduites depuis dans ces établissements.
« Dès 12(2, l'hôpital de Saint-Didier était desservi par tin maître des frères et des sœurs^ c'est-à-dire par un chef de famille, auquel plusieurs personnes de l'un et l'autre sexe s'associaient par le sacrifice effectif de leurs personnes et de leurs biens; ce qui leur lit donner le nom de rendus et donnés. Les biens composaient une masse totale, destinée aux besoins de la maison et au service des pauvres et des malades. L'orif^ine de cette association n'est pas bien connue. » (Pahiibn- TiER, Inventaire des archives de Nevers.)
11 y avait des prêtres dans cette société. Dès l'année 1399, on voit que les échevins avaient la présentation des nuit/re, euré^
{'rires et sœurs^ rendus et donnés de l'hôpital ; e doyen de la catbédraledonnait l'institution. En 1588, Guillaume de Vaulx fut installé maître de l'hôpital par les échevins. (Ibid,) On ne connatt aucun rèelement pour la conduite particulière des frères et des sœurs; mais on sait que vers la fin du xvu* siècle le doyen du chapitre de Saint-Cyr, Jean-Henri Boçne, donna une règle aux somrs de ^ette maison. Il n'est pas parlé des frères ; il parait qu*il n'y en avait plus. Cette règle fut modifiée et rectifiée, près de cent ans plus tard, par M. de Villedieu, doyen, et par Mgr Tinseau.
« Quand une fille veut se consacrer à THÔtel-Dieu au service des malades, elle com* mence par faire trois ans de noviciat, pendant lesquels elle paye sa pension. Au bout de ce temps, si elle demande son admission, le bureau nomme deux recteurs, pour aller dans la maison s'informer secrètement de chaaue sœur, quels sont sa conduite, le caractère, l'aptitudei les talents, etc., de Tas*