CHARTREUSES
Depuis que les R. P. Chartreux étaient rentrés dans leur ancienne solitude, les religieuses chartreuses enviaient leur bonheur et soupiraient après celui de rentrer aussi elles-mêmes» sinon dans leurs anciens monastères» du moins dans leur premier état. Ellescommencèrent d*abord en 1820 à se réunira Saint-Ozier, paroisse de Vinaj» dans le départeosent de risère; mais elles s'aperçureoi tuenlôt que ce local ne pouvait pas leur coofenir et qu^elles n'y trouvaient pas même cette précieuse solitude qui fait le charme el les délices d*une âme entièrement consacrée h Dieu. Elles tournèrent donc leurs vues d'un autre côté» et le chAteau de Beauregard, situé à une demi-lieue de Voiron» à irois lieues et demie de Grenoble et de la Grande^Chartreuse» éloigné de toute habitalioo, sembla leur offrir ce qu'elles pouvaient trouTtr de mieux» à défaut d'un couvent en rijie, pour y former un établissement stable et analogue à leur genre de vie» peu difiéreot de celui des Chartreux. Animées d'une saiole conOance en Dieu» elles ont payé un tiers du prix d'achat du chAteau et des terres qui j sont annexées» se reposant» pour le complément de leurs dettes» sur les secours de la divine Providence. Toutes les réparatiOQs étant terminées au mois de juin 182:2» Mgr l'évèque de Grenoble se transporta à raoregard» le 6 du même mois, jour do la Fête-Dieu» avec M. le vicaire général Bouchard et M. le chanoine Jouffrav» secrétaire <ie révèché; dès le matin du même jour on aiait nommé et installé une nouvelle prieure» Mugalièrement aimée et estimée de toute la eoiDQanauté. Les religieuses avaient repris rhâbit de leur ordre » cet habit, dont une ré-
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volution impie les avait autrefois impitoyablement dépouillées, et ce fut sous ce vénérable costume que ces pieuses filles de Saint- Bruno se présentèrent à Mgr Claude Simon» qui fut enchanté de ce nouveau spectacle et qui leur donna avec joie sa bénédiction. Sa Grandeur célébra ensuite la Messe» où la communauté eut le bonheur de recevoir la sainte communion de ses mains.
Ces religieuses n'ont plus maintenant d'autres occupations que celles de remplir les saints engagements de leur profession, et d'adresser les plus ferventes prières au ciel pour la prospérité spirituelle et temporelle de l'Etat, et pour celle des différentes classes de la société.
L'incommodité de ce local et d'autres raisons de santé et de régularité ont déterminé l'ordre de faire acquisition d'un nouveau monastère, qu'on a appelé depuis dei Sainte^ Cœurs de Jésus et de Marie^ situé à la Bastide Saint-Pierre» près Grisolles» dans le diocèse de Montauban (Tarn-et-Garonne).
C'est le jour de la Nativité de la Vierge» 8 septembre 181b, qu'une colonne de quinze religieuses fut détachée de la maison des Croix-de-Beauregard pour se rendre à celle des SaintS'Cœurs de Jésus et de JUarie^ près Montauban» où elle est dirigée» comme celle de Beauregard» par un religieux de l'ordre. Ladivine Providence» contrairement aux prévisions humaines» à disposé que les plus anciennes fussent envoyées dans la nouvelle fondation, et que les plus jeunes» et naturellement les plus ferventes» demeurassent dans la maison mère. Ces bonnes religieuses, qui sont animées d'un excellent esprit» ont compris que Dieu» tout bon» de» mandait d'elles» dans ce temps de calamités, une vie spécialement réparatrice, une vie de victimes généreuses. Ainsi, elles ne reçoi* ; vent» dans ce monastère» que les filles qui . ont de l'attrait et des dispositions convena> blés pour cette vie d'anéantissement : leurs exercices spirituels sont plus longs que ceux des monastères les plus rigoureux; leur vie est une vie de prières continuelles; elles se regardent humblement comme les députées spéciales de la sainte Eglise pour essuyer les larmes de cette bonne mère» et pour demander pardon et miséricorde pour tous les pécheurs de l'univefs. Elles font maigre toute leur vie» même dans les plus graves maladies. Leur nourriture» quoique frugale, est pourtant adaptée à la faiblesse de leur sexe.
Les postulantes qui demandent à entrer dans un couvent deChartreuses doivent avoir une vocation bien marquée pour la vie intérieure et anéantie; on exige d*elles une i)onne voix» une constitution assez robuste, rage de 18 à 25 ans» excepté quelques cas rares; qu'elles soient saines d esprit et ne soient point sujeUes à la mélancolie. La durée de la postulance en habit séculier est d'un an; le noviciat» en habit cartulien» est aussi d'une année» ce qui fa't deux années de [)robation.
Le costume que donne le P. Hélyot au<
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