‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 45 sur 220 · CHE · texte numérisé non relu

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chevalière. OnuphrePanvini dit aussi qu'elles sont admises à Tordre de saint Jacques. Il y a des chevalières de saint Jean de Jérusalem, telle qu'était Galiatte de Gourdon de Genouillac, do Vaillac. La reine Anne duchesse de Bretagne, veuve du roi Charles VIII, fit une espèce d'ordre de la Cordelière, qui ne se communiquait qu'à des veuves. LMmpératrice Eléonore de Gonzague, troisième femme de Ferdinand III, institua en 1662, l'ordre des dames de la vertu, et en 1668 celui des dames réunies pour honorer la croix. L'impératrice Eléonore, veuve de l'empereur Léopold, établit aussi l'ordre de la Croisade, qu'elle donna aux premières dames de la cour.

Il 7 a une difTérence entre le chevalier et le gentilhomme. La naissance fait le gentilhomme ; et la vertu seule fait le chevalier. Les princes n'atTectent point le titre de gentiiiiomme,mais bien celui de chevalier. Le gentilhomme engendre un gentilhomme ;maisle chevalier n'engendre pas un chevalier. C'est

Eourquoi anciennement les jeunes gentilsommes portaient un écu tout blanc, sans aucun émail de blason, jusqu'à ce que par quelques faits d*armes, ils eussent acquis le droit d'y faire peindre quelques figures hiéroglyphiques pour monument de leur valeur à l'exemple des Cattes, qui, au-rapport de Tacite, portaient un anneau de fer, en guise de menotte, jusqu'à ce qu'ils eussent brisé ce lien d'ignominie par la mort d'un ennemi. Quelque grand seigneur qu'on fût, il n'était permis autrefois de porter le manteau, qu'après avoir été fait chevalier. Les princes et les seigneurs, qui n'étaient pas encore chevaliers, étaient appelés de leur nom de baptême, suivi du titre de Monsieur, c'est ainsi au'il est dit dans les histoire de France, Cnarles monsieur de Bourbon. Antoine monsieur de Bourgogne ; Charles monsieur d'Albert ; Jacques monsieur de Saint-Pol.Mais après avoir été faits chevaliers, on leur donnait le titre de monseigneur, qui précédait le nom de baptême. On donnait aussi ce titre aux anciens chevaliers sous leur bannière. Les banncrets qui possédaient plusieurs fiefs directs, dont relevaient d'autres fiefs de chevaliers, se disaient doubles bannercts; et les chevaliers leurs vassaux, bacheliers. La qualité de Mi- Us en latin est la môme que celle de chevalier en français; et ces mots miles militum, qui se trouvent dans quelques histoires de France, désignent des chevaliers vassaux des bannerets, lesquels étaient obligés de les suivre h la guerre. Les damoiseaux, en latin Domice/Zt, diminutif de Domini^ étaient au-dessous des chevaliers, et au-dessus des écuvers, c'étaient proprement des. novices de chevalerie , qui , avec Tâgo, devenaient chevaliers par leurs services. Cola donna lieu à beaucoup de simples écuyers d'usurper la qualité des damoiseaux, pour parvenir plus facilement à la chevalerie. Les éperons d'or et le cordon d'or autour du bonnet étaient les marques de chevalerie, car il n'y avait que le) chevaliers qui eussent droit

d'en porter selon les ordonnances. Les écuyers ne portaient que des éperous blancs. Les évéques portent encore aujourd'hui la ceinture et le cordon d'or, parce qu'ils étaient autrefois du corps des barons et des chevaliers.

CHIARIMIou CHIARIHINI (Rbuoibdxde).

Cette congrégation de l'ordre de saint François, tire son nom d'une petite rivière de la 'marche d'Ancône appelée Clarena ou de celui de son fondateur Ange Chiareno, que d'autres appelaient Cordon, religieux observantin. Il fonda cette congrégation vers la fin du xnr siècle avec la règle de Saint-François. .Tous les religieux vivaient dans le désert dans une profonde solitude, uniquement occupés de la vie contemplative. Le Souverain Pontife Cèlestin V l'approuva en 12M ; le frère Ange se remit ensuite avec les ermites Célestias, et quand ceux-ci se furent dispersés, il fixa son séjour près de la rivière Clarena où il fut entoure de plusieurs disciples. Il ne fut pas à l'abri de la calomnie des méchants, mais ayant réussi à convaincre d'imposture ses ennemis et à prouver son innocence, le Pa|>e Jean XXII confirma cette congrégation l'an 1317. Bientôt elle se répandit dans toute l'Italie, mais en U73 sous le pontificat de SixtelV, les religieux, qui jusqu'alorsavaient été soumis aux ordinaires respectifs, se divisèrent en deux parties, les uns s'unirentaux frères Mineurs et les autres continuèrent à suivre leurjs premières règles jusqu^àeequ'enfin le Pape Jules II les confondit avec le.« Ob>ervantins, Quoique avec la permisionde suivre leurs règles, et ils formèrent nno province particulière dans cette famille de saint François ; mais lorsque Pie V opéra )a réforme des divers ordres religieux, il su)»prima la congrégation des Ctarinien>; et par la teneur de la bulle 53 Beatus Christif publiée le 23 juin 1568, il ordonna qu'ils seraient pour toujours unis aux religieux de l'Observance et qu'ils en observeraient les constitutions. C'est ce que nous apprenons de Wadizzo dans ses Annales et de plusieurs autres historiens des ordres religieux.

CLAIRETTES.

Les Claireltcs étaient des religieuses d"* Tordre de CIteaux, et de la réforme de la Trappe , fondée par Geoffroi , troisième comte de Perche. Leur maison fut érigée en abbaye en 1221; ces religieuses prirent pour supérieurs inimédiais les abbés de la Trappe et imil icnt la vie de vcs religieux.

Il semble d'abord que l'austérité des règles des Clairettes, d«.'s Claristos, des Char* treuses,desTrappistines,devraientd(^goûier les filles qui ont la vocation pour l'étal religieux ; cependant on a toujours vu le contraire: les couvenis les plus austères ont toujours été ceux qui ont trouvé le plus aisément des sujets, dans lesquels les religieuses paraissaient les plus contentes et vivaient le plus lon^ztcmps La grâce de leur

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DES ORDIIES RELIGIEUX.

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? ocatioa opère ce changement merveilleux» reffet des moyens humains n^est que momentané, la ferveur d'une bonne religieuse dore t^ute la vie.

CLERCS RÉGULIERS DE NOTRE SAUVEUR ( Dbs ) , à Benoîte - VauXf diocèse de Verdun

(Meuse).

Avant la révolution « Tantiaue et célèbre pèlerinage de Benotte-Vaux était connu de lous les Lorrains, qui accouraient en foule, de tous les points de cette religieuse contrée, pour participer aui faveurs que la Mère de mî.séncorde se plaît è prodiguer dans ce sanctuaire. Les ducs donnaient Fexemple de la piété et de la confiance, et venaient y mettre sous la protection de la Reine de l'univers leur personne et leurs sujets. Les villes s*empressaient d^imiter leur exemple : Pont-à-Mousson, Epinal, Saint-Oié, Remiremont, Neufchâteau, la plupart des bourgs et villages, y députaient de pieuses caravanes, et NancT y envoyait, en une seule fois, jusqu'à f,SOD pèlerins. L^s grâces que les fidèles recevaient, |X)ur récompense de leur foi et de leur laborieux voyage, étaient si multipliées et si abondantes, qu'ils changèrent le nom de cette vallée, et, cessant de rappeler Martin-Hao, qui était sa dénomination primitive, ils la nommèrent, d'une manière aussi significative que gracieuse, Benoîie'Vaux 9 vallée bénie, vallée de bénédictions.

La révolution, qui a détruit tant de choses, a été impuissante à faire oublier la sainte image qui avait été si longtemps, pour le pays, l'instrument de la puissance et de la bonté de Notre-Dame. Moins fréquenté, sans doute, mais jamais complètement abandonné, loin de là, le pèlerinage eut bient^ renouvelé sa jeunesse, et il est aujourd'hui regardé, autant que jamais, au moins par les Meusiens, comme le sanctuaire de l'espérance, comme le réservoir intarissable de toutes les bénédictions célestes.

Parmi toutes ces bénédictions, la plus l.récieuse, sans doute, parce qu'elle aura une influence plus générale et plus durable, est la renaissance de la congrégation du bienheureux Pierre Fourier. Cet ordre, des* tiné à réaliser les généreuses pensées du bon Père de Mattaincourt, pour la régénération morale de notre pays, principalement, semblait avoir péri pour jamais, lorsque l'Ksprit, qui souffle où il veut, décidant qu'tï

faut quil naisse une seconde fois^ lui a rendu .a vie par celle de qui il l'a reçue une première rois, et maintenant il nous est donné de voir Tordre de Notre*Sauveur, à Benotie- Vaux, déjà grandissant, comme croissait Notre -Sauveur, lui-mAme, sur le cœur et sous le regard de Notre-Dame, nourri par elle, et par elle merveilleusement préservé de lous dangers. Oui, les charitables desseins du bon curé de Mattaincourt seront réalisés. Ses religieux accompliront, selon son esprit, avec la perfection du dévouement religieux, toutes tes fonctions du ministère fjoar la sanctification des Ames, et il plaît à

Dieu que son vœu le plus cher soit bientôt accompli, et que les garçons puissent enfin recevoir l'éducation religieuse, qui paraissait devoir rester l'avantage exclusif cle Tautre sexe.

Ce sont les espérances que fit nattre la cérémonie de la profession religieuse qui eut lieu, le jour de la Présentation de Notre- Seigneur au temple , à Benotte-Vaux.

L*ordre apparaissait, jeune et petit enencore, mais cependant dans la plénitude de la vie. C'était au commencement de janvier, le sanctuaire vénéré de Notre-Dame de Benotte-Vaux offrait à nos regarda émus le spectacle de la résurrection d'un ordre reli-

fpeux, autrefois célèbre et populaire dans a catholique Lorraine. Quatre prêtres du diocèse de Verdun prononçaient les vœux

Cirpétuels de religion entre les mains de onseigneur Rossât, spécialement délégué par le Souverain Pontife Pie IX, et embrassaient définitivement la vie religieuse, suivant les règles et constitutions de la congrégation de Notre -Sauveur, qui n'est autre chose que l'ordre ancien des chanoines réguliers réformés par le B. P. Fourier de Mattaincourt.

Réunis dans la pieuse solitude de|Beno!te- Vaux, dès le mois de septembre 1851, avec le désir de reprendre l'œuvre du B. P. Fourier, les nouveaux religieux s'étaient incessamment appliqués, depuis cette époque, à en (étudier les constitutions, et à se pénétrer de l'esprit du célèbre réformateur.

En 185ih, le 28 juillet, M. ^autrot, aujourd'hui supérieur, à \h suite d'un séjour prolongé à Rome, obtenait de la sacrée congrégation, des Evoques et Réguliers, un décret confirmé par le Souverain Pontife, qui approuve le Summarium des règles; substitue, au titre de chanoines, le titre plus ancien et plus modeste de clercs réguliers, et l'autorise, lui et ses confrères, à reprendre l'œuvre du B. P. Fourier, et à commencer un noviciat canonique sous la conduite d'un religieux profès de Tabbaye de Saint - Maurice en Valais.

Par un autre décret, en date du 2 février 1855, le Souverain Pontife autorisait Monseigneur révoque de Verdun à faire de la maison de Benoîte- Vaux le siège du noviciat de la congrégation naissante. Le 12 mai suivant, les postulants recevaient, dans le sanctuaire de Benotte-Vaux, l'habit religieux, et les insignes de Tordre, des mains de M. de Rivaz, chanoine régulier de l'abbaye de Saint-Maurice, expressément délégué,*par la cour romaine, pour donner aux nouveaux religieux les traditions de la vie cénobitique, et commençaient, sous sa direction, un noviciat régulier.

Enfin, un induit du Souverain Pontife, en date du 17 août 1855, assignant les fêtes de Noël comme terme du noviciat, vint confier à Monseigneur Rossât le pouvoir d'admettre les pieux novices à la profession religieuse.

Cette imposante cérémonie a eu lieu le 27 décembre 1855, dans le sanctuaire de Benotte-Vaux. Monseigneur Rossât, assisté

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de M. llvUn, sod gr«nd vicaire, et de M. de Rivtz» naître des novices, la présidait.

Au conmenceioeai de la Messe» célébrée par llooseigneur, W cbour a entODoé le (isaume cxiu : In Exitu Israël^ etc. A rOffer* loire, Monseigneurt après avoir rappelé à l'assistance l'autorité ou Souverain Pontife, ao nom duquel il agissait, s'est adressé plus spécialement aux pieux novices. Le vénérable prélat, avec une bonlé toute paternelle et; dans un langage plein d'émotion, leur a rappelé ce qu'ils étaient déjà par le mystère de la consécration sacerdotale, et ce qu'ils allaient devenir par la consécration religieuse; l'étendue des obligations qu'ils allaient contracter par les vœux perpétuel^ de chasteté, d'obéissance et de pau* vrelé. ioute l'assistance s'est ensuite pros* iernée, en même temps que le pieux Pontife ; ^n a invoqua l'Esprit-Saint par le chant du l^enj Cre^or: puis les novices, après avoir successivement prononcé leurs vœux aux pieds diU prélat, dont ils ont reçu le baiser de paix, sont allés signer sur l'autel la for* nulle de ces engagements sacrés et solennels. Le chant du Te Deum^ entonné immédiatement, s'est poursuivi pendant la Messe, à laqueiîe les nouveaux religieux ont communié de la main de Monseigneur.

* Immédiatement après la Messe, les R.R. P.P. Vaulrot, Nicolas, Blondelet et Chevreu se sont réunis dans la salle du chapitre, sous la présidence de Mgr Rossât, pour procéder à 1 éleciion canonique d'un supérieur et d*un assistant.

Le R. P. Vautrot a été élu supérieur et le 1t. P. Nicolas assistant ; les postulants prêtres et frères forent introduits immédiatement pour reconnaître l'autorité du nouveau aunéneur.

LeS9 janvier 1856, une cérémonie non moinstoucbamea eu lieu dans lesanciuaire de Benolte-Vaux; trois religieux de chœur et trois frères convers recevaient Tbabit religieux des mains du R. P. Vaulrot et com* mençaient sous sa direction les pieux exercices du noviciat.

Mgr Rossât au moment où il recevait les v«ttx des nouveaux religieux, les avertit de ao pénétrer de plus en plus de l'esprit du R. P. Fourier, d'étudier et de méditer assidûment ses écrits ; il s'est souvenu alors de ce l)eau travail des constitutions qu'il donna ises religieux et dont Urbain Vlll disait: Si /e conmiwsoû un chtuioine qui suivU parfàiiêmeni cttu rigltf je le cononieeraië Qfoant ta mort. Noire pensée s'est reposée sur les immenses travaux de cet homme d'organisation et d'avenir qui, derançantson âge de deux siècles, avait établi dans sa chère paroisse de Mattaincourt une sorte de soeiété de secours mutuels , de caisse de prévoyance, qui, sous le nom de bçune de Sotnl-fere, y rendit pendant de longues années les pi us utiles services. Le désir le plus ardent de ce l>on prêtre était, « de meUrei ardre au soulaqemeni des pauvree et faire qu'on ne vtt plus mendier publiquement, ne creyonl pas ceite entreprise impossible: »

* qui, dans un siècle où les femmesdu peuple,

* déshéritées du bénéBce de rinstructiout végétaient sans culture, livrées exclusivement aux occupations matérielles, dola son pajrs de nombreuses écoles de petites filles ; qui , uniquement préoccupé de faire la guerre à l'ignorance, sollicitait si vivement à Rome pour ses religieux les humbles fondions d'instituteurs comme une sorte de .bénéfice jvacani dane r Eglise de Dieu , et qui dans l'exil, à l'flge de soixante-quinze ans, fidèle jusqu'au bout k cet amour de l'enseignement qui avait rempli sa vie. comme Gerson* exilé et mourant aussi, uisait l'école aux

t>etits enfants. — Peu de temos après, le i. P. Supérieur exerçant pour la première fois les devoirs de sa charge et recevant les vœux de deux prfttres, un frère clerc et deux frères laïques, les trois éléments qui constituent la Cfongrégation , et la rendent capable de ses fonctions muUiples, étaient là sous sa main. Les trois Pères qui ont fait leurs vœux avec lui et qui l'ont élu pour leur supérieur, l'assistaient. Une nombreuse couronne de prêtres et la multitude des fidèles étaient émus et attentifs.

Le R. Père, suspendant après roffertoire l'oblation de la sainle victime, a adressé à l'assistance et aux «fuiurs religieux uno de ces allocutions qui vont & l'Ame» parce qu^elles sortent de l'àme avec la simpliciié et le mouvement d'une chaude conviction. 11 a montré notre Sauveur venant, dans le mystère de la Présentation, s'offrir par les mains de sa Mère, pour se consacrer tout entier à l'accomplissement de la volonté de Dieu et au salut des Ames, voyant d'avance tous les renoncements, tous les travaux, tous les sacrifices qui Tatlendent, et les acceptant nous, jusqu'aux ingratitudes de sa passion, jusqu'aux ignominies de sa mort, ecce venio ut faeiam^ Deue, volumlatem tuam^ et les acoeptaat dès son entrée dans la vi.*. — De même, ceux qui se proposent d'enircr dans la Con ^^régation de Notre-Sauveur veulent, marchant sur les traces du divin modèle, et portés aussi sur les bras de la sainle Vierge, accomplir sa volonté et se dévouer au salut des Ames; — et afin de pouvoir employer toutes leurs forces à cet objet, et d'y consacrer entièrement leur vie, pour être sùfs de n'ôlre jamais arrêtés ni déiournés dans Texécution de leur dessein, ni par la séduction du plaisir, ni par les liens de la propriété, m par les écarts de la volonté propre» ils font vœu de pauvreté» de ciiasteié et d'obéissance.

Beaucoup d'yeux étaient remplis de larmes, et les cœurs de tous, profondément touchés, étaient parfaitement disposés pour goûter les beautés de la profession, dont le cérémonial est du reste éminenunant expressif.

Après le chant du Teni Creaior et las oraisons au Saint-Esprit, k^ la sainte Vierge, ksaini Augustin et au bienheureux Pierre Fourier, le R. Père s'eat assis, avec cet air d*bu« milité du bienheureux Pierre Fouriar quand il disait : « Il a bien fallu que je devienne

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DES ORDRES ftEiMIEUX.

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leor finpérieur, j*y ai été coniraiot, ^ mais êo fflftme temps avec celle assurance que donne à un supérieur la conscieuce du minisière qu*il remplit. Les novices se sont aJors approchés, et le supérieur : Que (lemandez-votts? — Mon ft. Père, nous demandons à nous consacrer à Notre-Seigneur Jesus, par les vœux de la sainte religion. — Avez*? ous une connaissance suffisante de ce que vous voulez faire et promettre? — Oui, par la grAce de Dieu. — Avez- vous résolu de .persévérer dans cet élat pendant toute votre vie ? — Nous avons celle volonté moyennant la grAce de Dieu.

Le célébrant s'est levé et a adressé à Dieu de ferventes supplications pour qu*il daigne leur donner à jamais les lumières et la força sornaturelles nécessaires pour pratiquer jusqu'à la perfection le renonr.ement évangélique et la mortification chrétienne. Après uooi les novices sont venus Tun après l'autre laire leur profession, disant, les clercs en latin etlesirères en français :

€ Au nom du Père, etc.

«Moi, N.,-je fais profession et je voue à Dieu tout-puissant et à Jésus-Christ, notre Sauveur, — en présence de la bienheureuse Vierge Marie, sa Mère, des saints apÂtresi de notre Père saint Augustin , du bienheu* reux Pierre Fourier et de toute la cour céleste, — et à vous, monR. P. Jean-Baptiste Vautrot, supérieur de la Congrégation de Noire-Sauveur, et à vos successeurs, — pauvreté, chasteté et obéissance, selon la règle de Saint-Augustin et les constitutions de la congrégation susdite*, qui sont ou seront dans la suite approuvées par le Saint-Siège; —en foi dequoi j*ai signé les présentes pendiint le saint sacrifice de la Messe, dans Té-

S;lise de Notre-Dame de Benolte-Vaux, le 2 évrier 1857. »

Le novice, après avoir lu cette profession, l'a remise au R. P. supérieur, qui, la tenant delà main gauche et la lui montrant de la droite : « Tres*cher frère et maintenant disciple de Notre-Sauvenr, au nom de ce même Sauveur, je reçois votre profession et vos vœui, — et je vous promets de sa part la vie éternelle, si vous êtes fidèle à les accomplir. 9

Et chaque religieux , reprenant la copie de sa profession, a été la signer sur l'autel.

Tous ajant achevé ce grand acte religieux, de longues et magnifiques prières ont recommencé pour demander à Dieu leur persévérance, — et après que le Père leur a annoncé leur admission dans la famille conventuelle, pendant la chant du Te Detim, les^ nouveaux profès ont été admis au baiser de paix fraternel par les anciens religieux.

La cérémonie était terminée; mais pendant que le saint Sacrifice était continué, les impressions qu'avait causées ce religieux spectacle descendaient plus profondément dans TAme, — et le cœur ému par la vue de ces physionomies si graves et cependant si épanouies, si recueilliesetcependanlsi joyeuses, après avoir vu tant de simplicité dans de si grands sacrifices, on se relirait avec les

(I) Votf. à la fin du vol., n'' 59.

sentiments qu'exprimait le aaini Vieillard Siméon, quand, dans la solennité de ce jour, avant contemplé et toucliénotre Sauveup, il s écriait : Maintenant, Seigneur, vous laissez aller votre serviteur en paix. — Les yeax, en effet, avaient vu le salut que Dieu a pré* paré à ^l'Eglise tout entière, sans doute, — puisque c'est un ordre religieux, — mais particulièrement à la pieuse Lorraine^, celte patrie que le bon Père aimait d*une incom[)arable affection. (1 j

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