CLERCS RÉGULIERS DE SAINT-PAOL
Notice sur Antoine-Marie Zaeharie ^ Jonda^ teur des clercs réguliers de Saini'FauL
Anloine-Marie-Zacharie, premier fondateur des clercs réguliers de Saint-Paul, dita Barnabites^ et des Vierges angéliques de Saint-Paul, naquit à Crémone, vers la fin de Tannée 1&02, de Lazare Zacharie et de Antonine Pisraroli, parents nobles et pieux, 11 n*élait encore qu*enfant qu'il se livrait d^à à d'austères pratiques de dévotion, dispositions heureuses que sa mère s'efforçait d'entretenir dans l'espérance qu'il deviendrait un bon chrétien. A 1 Age de dixhuit ans, il se rend à Padoue , où il se livre à l'étude de la logique, de la philosophie, de la médecine, et obtient le bonnet de docteur. Il avait fait donation de tous ses biens à sa mère, ne s'étant réservé que ce qui lui était indispensable pour vivre pauvrement. Afin d'avoir l'occasion de pratiquer l'humi* lité et de recevoir de sa mère les choses nécessaires à la vie, comme un mendiant; après s'être nréparé pendant quatre ans par rétude des Delles-lellres, Antoine prit l'habit ecclésiastique et fut ordonné prêtre. La )rédicalion à laquelle il s'était livré dès sa , eunesse , même étant laïque , en annonçant es vérités éternelles aux personnes qu'if réunissait dans l'église de Saiiit-Géraido,, produisit des fruits abondants. La renommée ayant appris à la comtesse Louise Torelli , seigneur de Guastallo, le bien qu'il opérait, elle le demanda pour son chapelain et son conseiller. Antoine sut tirer un çrand avantage de cette proposition, il s'adjoignit deux Milanais, noble de naissafice et profitant des immenses richesses de la comtesse, qui ne désirait rien tant que de consacrer sa fortune à la sanctification de son prochain. Il fonda à Milan une congrégation de religieuses qui fut dirigée par la comtesse ellemême, qui déjà avait institué un monastère dans sa seigneurie. Il obtint par se% supplications, le 18 février 1533, une bulle du Pape Clément VU, qui l'autorisait è former une congrégation selon la régulière x)bservance, avec ses deux compagnons et quelques autres hommes de bonne volonté qui s^élaient réunis à eux.
Ce nouvel ordre de clercs réguliers se proposait le rétablissement de la discipline dans le clergé; il devint pour ses disciples une source d'abondantes contradictions, parce que dans les processions de pénitence qu'il avait établies, on l'accusait, quoique sans fondement, des crimes les plus graves.
CCEU
Après une enquête qui fut dite par ordre du Saint-Siège et du sénat de Milan, on se oonyainquit de la méchanceté de ses ennemis.
Ayant été nommé supérieur de Tordre , il refusa cet tionneur pour avoir Toccasion de pratiquer Tobéissance et la soumission à ses frères. Appelé è Vienne par le cardinal Nicolas Ardolsi, il y reviviQa le monastère des Convertis et celui de Saint-Sylvestre; il fut ensuite à Guastella pour s'occuper des affaires temporelles de la comtesse ^ vendre ]es fiefs qui lui restaient pour en consacrer le prix & terminer les bonnes œuvres commencées, et pour faire rentrer dans leur devoir les habiiants de Guastella qui avaient mérité d^être interdits, et pour les réconcilier avec TËglise. Pendant ce temps-là il ne négligea pas d*exercer son zèle |}Our la sanctification des Ames, soit par ses instructions, soit par ses conférences à Milan comme & Guastella. £n 1538 il se hAta d'acquérir un local beaucoup plus vaste pour la congrégation qui avait pris beaucoup d'extension, et était devenue très-nombreuse , mais il ne
{mï exécuter son dessein, parce qu'il en ùt empêché par les occupations que lui donnaient les diverses maisons qu'il avait fondées et qu'il fut arrêté par la maladie. Sentant le cfanger de son état, il se fit transporter à Crémone , dans la maison paternelle, parce que le trajet pour se rendre à iVicence l'eût beaucoup fatigué, et il rendit son Ame k Dieu le jour qui! avait prédit, Je 5 du mois de juillet 1639. Il fut d'abord enseveli dans l'église de Saint-Donatien, mais, quelques iours après, son corps fut transporté a Miian , exposé au public , et
fuis on l'ensevelit dans l'église de Saintaul.
COEUR DE JÉSUS ET DE MARIE ( Sobubs w SACHE- ) , à Recoubeau {Drame).
Au bas de la colline qui domine lechAteau possédé et habile par la famille de Monttrond et autour duquel se groupent la plupart des maisons de la petite commune de Recoubeau, on voit s'élever depuis quelques années une conslrnction régulière vt isolée dont la masse se dessine avec une certaine grandeur dans la pittoresque vallée baignée par la rivière de la Drôme.
Les fondements de cette maison en furent jutés te l^'jqin 1851; elle commença par une sœur institutrice et une orpheline vers la fin de Tannée. On en réunit plusieurs , ))eu è peu le nombre s'est accru ; et aujourd'I^ui on en compte plus de cin(]uante sous la direction des sœurs du Sacré-Cœur de Jésus et Marie» dont la maison mère est à Gap.
Ces pauvres enfants sont, dans cet asile, siniplement, mais très-convenablement nourries et entretenues; elles reçoivent une éducation tout à fait appropriée à leurs conditions. On leur apprend à lire, k écrire, Tarithmétique, l'histoire sainte, la couture et* les autres travaux des mains.
L'instruction religieuse qui est ta plus
(I) Voy. à la Ûu du vol., n« W.'
nécessaire, est aussi celle que l'on enseigna ie plus; on ne néglige rien de ce qui peut faire de ces pauvre!» enfants d'honnêtes filles et de bonnes mères de famille. On leur apprend aussi k tricoter, k repasser, k faire tout ce qui est nécessaire dans un ménage pour pouvoir se suffire k elles-mêmes.
Par ce court exposé, on aperçoit déjk ce qu'on s'est propose en fondant cette maison : retirer de la misère de pauvres enfants délaissés, soulager la jeunesse souffrante dans la tÂr.he pénible et difficile d'élever les en* fants.
Cet établissement, placé au milieu des montagnes de Dion, est appelé par la Providence k faire un grand bien dans cette contrée complètement privée de secours
Eour les pauvres. Il fut fondé par madame la aronne de Montrond , pieuse dame qui a édifié la contrée autant par sa solide vertu que par son inépuisable charité. Madame de Montrond a été elle-même puissamment secondée dans cette œuvre par M. l'abbé Mée, curé de la paroisse de Recoubeau, qui n'a cessé de lui prêter le concours le plus intelligent et le plus actif.
Jusqu'ici les orphelines et leur dévouée maîtresse avaient occupé le presbytère de la naroisse, M. le curé ayant choisi une autre hanitation; mais elles sont installées maintenant dans la vaste et belle maison qu'on leur a bAtie avec le produit d'une loterie et diverses ofl*randes et allocations.
Le conseil général de la Drôme a voté jusu'k présent une somme annuelle en faveur e ce précieux établissement. (1)
COEUR DE MARIE ( Congrégation dbs re-
UGI£CSES DU SACRÉ-).
La congrégation des religieuses du Sacré- Cœur de MarieaéléfondéekTreignâc, diocèse deTulle,enl8&&,sousrépiscopaideMgrJean- Raptiste-Pierre-Léonard Rerteaud. La sœur supérieure est sœur Saint-Roch, née Saint- Laucade. Cette congrégation a deux auties maisons dans le dioi èse , Tune k LubersAr , fondée en 1836, et Tautre k Juillac, fondée m 1856; d'après leurs institutions, les religieuses du Sacré-Cœur de Marie se consacrent k l'éducation et aux soins des malades; elles ont un tiers ordre connu sou^ le nom de Filles de l'instruction , qui donne des institutrices aux campagnes; les sœurs ont été autorisées par un décret du 19 août 18S6.
COEUR DE MARIE ( CoNORioATioN dv SAINT-), à Nancy ( Meurthe).
La congrégation du Saint-Cœur de Marie de Nancy a pour but de travailler k consor"* ver pures les jeunes GMes sr exposées dans les divers apprentissages. Le Cœur de Marte leur ouvre des maisons dans lesquelles on leur apprend tous les ouvrages de femmes, et où l'on s'efforce surtout k les former k la iété. Les lectures pieuses, les catéchismes, e chant des cantiques se mêlent k W uvrago et I« diversidcnt.
Mgr Mcnjaud , évoque de Nancy et de
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DES ORDRES RELIGIEUX
Toul, la fonda en 18*9. et la confia aux wmsd un ecclésiastique distingué , qui lui donna des règles et sW dévoua jusqu'à sa mort, arrivée en 1855. On a dit de m! Tabbô MassoD : Son humilité fuyait les (ligniiés autant que son mérite les appelait? sa TÎe s écoulait dans une œuvre qui lui fut d'autant plus chère qu'elle était plus obscure; II. ioi était tout dévoué. Puisse son esprit r îivre autant que sa mémoire I
Les reliçieuses du Cœur de Marie se divisent en deux classes : celles du voile blanc, et celles du voile noir. Le vêtement des deux c asses est bleu en l'honneur de celle à qui e les se consacrent. Les religieuses du voile blanc, ou de la première classe, sont surtout chargées de l'administration et de Tinsiruction, et doivent sortir fort rarement • celles du voile noir sortent d'habitude sans voile, devant aller essayer les robes et auiies ouvrages. Les unes et les autres ne font qu'une seule famille; elles se font gloire d'imiter Mario et Joseph, simples ouvriers, el de travailler avec eux pour nourrir Jésus dans la personne des enfants pauvres. Elles doivent toujours en avoir un certain nombre au milieu des ieunes filles d'une classe plus fortunée qui leur sont confiées. Elles ont pour toutes le cœur de mères tendres et dévouées. (]}
Repas, travail , récréations, tout est commun. C'est la vie de famille.
Les ouvrages de tous genres s'exécutent avec beaucoup de succès dans la maison du Cœur de Marie; on ne commence aucun travail, surtout s'il est un peu difficile, sans invoquer cette bonne Marie par un Ave
Les religieuses ne s'engagent que pour un an par les vœux de religion; cependant elles sont libres de les prononcer pour la vie après quelques années d'épreuves: il fiiat au moins huit ans de séjour dans la communauté.
La congrégation ne compte encore que quatre étaulissements : un à Nancy, c'est la maison mère; un autre à Vie, petite ville du même département; à Paris, o£i Mgr Meniaud, le premier aumônier de l'empereur, qui lui porte un intérêt de père» a voulu la fonder pour confectionner les ornements de la Cnapelle impériale ; le quatrième est dans une campague près de Besangon.
Un des points de la règle porte que l'on ne peut posséder d'autres biens-fonds que les habitations; les économies, lorsquon en pourra faire, seront destinées soit à auzmeuter le nombre des enfants pauvres , soit à la décoration des autels. Car, non-seulement la congrégation a voué un culte spécial à la pureté du cœur virginal qu'elle a pris pour son protecteur et son modèle, mais encore à la source de toute pureté, Jésus dans le sacrement de son amour.
L'adoration perpétuelle est établie dans la maison mère. La vie de ces religieuses s/^ résume en deux mots : prière et trataîL (I) Vojf. à la lin du vol., n«> 4i, 45.
CGEU sia
COEUR DEMARIE(CoNORÉGATiOBi du TRES-
SAINT}
La congrégation du très-Saînt-Cœur de ï, 1* été fondée à Gap, en • 1836, par «'.«''/''«nçois- Antoine Arbaud, évêque du diocèse deSainterMémoire.Unancien couvent des Cordeliers forme une partie des bâtiments ; et de vieux documents, puisés dans les archives, nous apprennent que saint * rancois d Assise avait consacré, lui-même, et 1 église, et le monastère à la Vierge immaculée. ■ °
Cette congrégation, vouée à l'enseignement, compte donc une vingtaine d'années d existence; comme le grain de sénevé, elle est allée en grandissant sous les dignes prélats qui ont occupé successivement le siège de Gap; et aujourd'hui elle compte une cinquantaine de religieuses et un pensionnat nombreux. Us constitutions qui la régissent, données par leur saint fondateur, approuvées ensuite par Mgr Rossel^ aujourdhui évêque de Verdun, viennent entin do recevoir une haute approbation. Pie IX a honoré, d'un bref en date du 29 novembre 1850, la règle et Içs statuts de la congrégation des sœurs du Ïrès-Sainl-Cœur de Marie. Le gouvernement, à son tour, a '"«comiu ladite Jconffrégation par un décret du 29 novembre 1853, l'a autorisée comme congrégation enseignante à supérieure générale, et lui a promis sa bienveillante pro* tection.
L.es religieuses sont soumises à la clê* ture^ et font des vœux perpétuels. Le but de l'ordre est de donner aux jeunes personnes, qui, toutes sont internes, une éducation solidement chrétienne, et des connaissances qui soient en rapport avec les exigences du siècle, le bonheur des famillesy le bien de la société, et les diverses positions qui, dans le monde, peuvent être lo partage des jeunes personnes. (2) COEUR IMMACULÉ DE MARIE (Cornu-
NAl]Té DES FILLES Du).
L'hospice des incurables de Rennes a commencé vers l'an 1700; à cette époque, il y eut à Rennes une espèce de poste qui attaqua un grand nombre de personnes : ce qui obligea d'élever des lazarets où Ton soignait ces pauvres malheureux; ceux qui survécurent à cette maladie, se virent atteints d'humeurs scrofuleuses, qui, en les couvrant, de plaies, les rendaient odieux h la société, et ils se voyaient rejeiés comme des lépreux.
Mlle Olive Duverger-Morei s'était dévouéependant l'épidémie à soigner ces malades dans les lazarets; touchée de la triste position dans laquelle ils se trouvaient, une fois sortis de ces asiles de la charité, elle en prit chez elle le plus qu'it lui fut possible: elle les nourrissait et les pansait elle-même.
Lorsqu'ils mouraient, ils étaient promptcment remplacés par de nouveaux; ainsi s est continuée cette œuvre jusqu'à ce jour 1856.
Mlle Duverger donna au nouvel hospico de sa charité, la plus gr^mle partie de sa
(2) Yoff. à la fin du vol., n» 46.
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DICTIONIUIRE
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fortune; et comme elle ne suffit pas pour bAtir la maison actuelle, elle fit elle-mfime la quête daus la fille. Des familles généreuses, venant à son seconrs, elle poi réaliser ses projets. Les noms de ces fiimiUes charitables sont encore en vénération dans la maison, et tous les jours on prie pour ces anciens bienfaiteurs.
La maison se trouvant, malgré ces secours, dans un éiat de grande pauvreté, on conseilla k Mlle Duverger de se réunir aui hospices civils» Dans ce temps, les évoques étaient h la tète de l'administration, et Ton pouvait compter sur leur bienveillante sollicitude peur iebiettdes pauvres. En reconnaissance des bienfaits de la fondatrice et des demoiselles qui étaient déjà ses coopéra tri ces, on leur accorda divers privilèges, tel que ia liberté de choisir les pauvres, etc. Mais toutes ces prérogatives furent supprimées à la révolution de 1793.
Quant à Mlle Duverger, elle mourut au milieu de ses pauvres vers 1796. Elle était devenue aveugle; et ne pouvant plus voir ses chers malades, elle se faisait conduire à leur lit peur leur adresser quelques paroles de consolation.
La société des demoiselles des incurables ne se lia point par des voeux, ni même par nn règlement; la plus ancienne était supérieure. La charité seule présidait h l'union des cosurs et des esprits; on travaillait de concert au Uen et a la sanctification des pauvres qui leur étaient confiés.
Toujours l'ordre a régné dans la maison, grAce a la sagesse du règlement établi pour les pauvres. On a lieu de croire que ce rè* glement fut écrit par Mlle Duverger ellemême. L'ordre qu'on suit aujourdliui dans les occupations de la journée est le même que l'on suivait il y a ISO ans.
Les fondatrices ont trouvé le moyen de fiire des malades de nouvelles familles, ce qui contribue à maintenir l'union entre eux: avantage qu'on trouve rarement dans les autres hospices»
Une enfant, à son entrée, est confiée aossit6t à une de nos filles de confiance; l'enfiint devra l'appeler du nom de bonne mère, et reçoit, de celte nouvelle mère, les soins les plus délicats et les plus désintéressés. Mille fois on a eu à admirer leur déroueroent envers leurs enfants; se privant souvent d'une partie de leur nourriture pour rendre la leur plus abondante. En avoir h soigner est un trésor pour nos )>auvros. De là les familles se forment ; des sodurs, des mères,
frand'mères et bisaïeules, et c'est avec boneur que nos anciennes s'entendent appeler bonne maman.
L*airection de nos pauvres pour les sœurs est aussi bien dévouée. Chacune d*elles a une des filles pour faire sa chambre, arranger ses petites affaires. Est-elle malade, les soins les plus respectueux lui sont prodigués, et nous ne pourrions que nous piaia* dre de l'excès d'attention dont nous sommes l'objet.
La sœur vient-elle è mouriri elle est en-
sevelie par elles; elles lui renctent ce service comme elle l'a fait elle-même bien des fois h ses pauvres.
Les demoiselles des incurables adoptèrent le costume de l'époque; il était d'une f^rande modestie, la couleur est noire, la coiffe est celle des filles de l'hospice. Cest le même
Îue l'on porte encore, sauf quelques légères lodifications. Ce costume leur est d'autant plus précieux, qu'elles l'ont conservé pendant toute U révolution de 1793.
On peut dire que la rage de l'enfer vînt se briser à cette époque aux pieds de la sainte Vierge des Incuraoles, et qu'elle ne put ar^ racher les bonnes demoiselles de leurs pauvres. En vain les représentants proposèrentils une pension pour quiconque voudrait les remplacer. Celles que l'appât du gaiit amenèrent à visiter l'hospice reculèrent devant les pansements dégoûtants qu'elles eussent été obligées de faire. Alors pour ménager leur délicatesse on voulut contraindre les élèves de médecine à les faire euxmêmes; mais le respectable doyen de la faculté de médecine, M. Duvat, déclara qu'il ne garderait pas ceux Je ses élèves qui perdraient leur temps à faire îles pansements où il n*y avait rien k apprendre. On fut done forcé de tolérer les respectables directrices qui y étaient établies.
Il serait impossible de dire tout ce qu'elles eurent k souffrir. On se plaisait k les vexer de mille manières; on employa les menaces^ la ruse, pour qu'au moins elles prêtassent serment a la constitution civile au clergé. « Je n'ai jaouiis prêté qu'un serment, • disait dans sa simplicité la bonne supérieure, Mlle Angélique Meneust; • et e'est à mou baptême, je n'en prêterai point) d'autre. — Mais, » lui disaient ces imposteurs : m les citoyennes de Saint- Yves (religieuses hospitalières) l'ont fait; celles de T'Hôpital-Général aussi, et toi seule nous résistes. — Les autres ont fait comme elles ont voulu,» reprenait -elle, moi je ne le ferei pas. — £h bien! nous allons t'emmener en prison. — Citoyens, » leur disait-elle gaiement, «j'ai touiours mon bonnet de nuit dans ma poche, afin d'être plus têt prête k vous suivre. » Ces paroles simples les déconcertaient. Souvent on appelait cette supérieure k l'hôtel de ville; elle s'y rendait enveloppée dans sa cape» et confondait par ses réponses les représentants les plus furieux. Sa fermeté k repousser tout esprit d'innovation dans la maison ne se démentit jamais. Qutflque menace qu*on essèyti pour lire et Caire apprendre aux pauvres les droits de rbom-^ me, jamais elle n'y consentit. « Le eeté* chisme est tout ce que je leur apprendrai, b leur disait-elle, et elle s'en tenait là dans le pratique.
La vigilance la plus exacte triompha également des efforts des prêtres constitution* nels ; jamais ils n*exercèrent leur ministère dans la maison. L'évêque constitutionnel tii plusieurs tentatives pour ^aaner les pauvres : elles furent toujours infraetueuses*
Une fois entre autres, il voulut laire une
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DES aaDR£S R£U61EUX.
Tisita.Ason approche, toqs les pauvres s'en* fuirent, et les salles se trouvèrent vides. H s'approeba alors du Ht d'un pauvre infirme, que. ses souffrances retenaient couché : t'évCque Coz voulut dire quelques paroles d'édification et lui donner sa bénédiction.
« N'allonge pas ta griffe, » lui cria le malade, < je ne veux pas de ta malédiction.» Désap- |x>înté de son peu de succès, il se retira en disant que c'était une maison perdue sans ressource.
Les demoiselles, en lui parlant, ne l'appelaienl que monsieur iB principal, titre qu'il avait avant son intrusion.
Cette fermeté de la part des pauvres était d'autant plus louable, que l'Hospice-Général, dont notre maison dépend, leur avait donné le mauvais exemple de la défection aux bons principes.
les demoiselles des IncurabUâ ae négligeaient rien pour procureraux mourants le uiinistère d'un prêtre catholique, et jjre*naient toutes les précautions qu'exigeait le malheur des temps, et cependant elles avaient plus de quatre-vingts pauvres, et dont plusieurs étaieut presque suspects. Car les représentants se faisaient une politique d'en recevoir de corrompus pour espionner le$ directrices et les trouver on défaut.
La supérieure Perrine Dubreuil mourut en septembre 1792, après avoir passé 50 ans dans le service des pauvres. Quelque désir qu'elle eût de se confesser avant de mourir, u'ayant pu lui amener un prêtre fidèle, elle
i>référa s'abandonner à la miséricorde de )îeu, que d'introduire un prêtre intrus dans la maison, craignant de son abus et de son exemple pour entraîner les pauvres.
Aussitôt après sa mort, on envoya son corps au cimetière, dans la charrette des hospices, craignant que les prêtres intrus de la paroisse ne voulussent lui rendre les honneurs funèbres. Cette crainte était fon^ dée, car ils vinrent pour faire la levée du corps avec pompe; mais la servante des pau* vres était déjà à sa dernière demeure, et avait eu, comme elle l'avait désiré, l'enter* rement des (Pauvres.
Plusieurs prêtres venaient faire de courts séjours dans la maison, afin d'administrer les malades, dire la Messe ; la discrétion était on ne peut plus grande parmi les pau* vres, surtout {larmi les femmes, qui avaient un talent rare pour exercer la surveillance ; aussi aucune dénonciation n'eut lieu pen<daot co malheureux temps, quoique la mai-» son ne soit nullement propre à cacher queU qu'un. Aujourd'hui il y a encore dans cette maison une de ces respectables pauvres, qui, venue en 1783, h l'Age de six ans, mé-^ rita, bien jeune encore, de jouir de la cou-* Uance de ses supérieures. Une fois^ entre autr«^s un pauvre mourant réclamait un prê^ Ire, on parvint à en trouver un ; ce fut un soldat qui l'amena : le prêtre était déguisé en soldat, ils arrivèrent à neuf heures du soir; l'un d'eux demandait à être pansé; la supérieure, Mlle Meheust, le conduisit dans la saJle des hommes, tout en murmurant
d'être dérangée aussi tard... et pendant le prétendu pansement, l'infirmier conduisait le prêtre au lit du malade.
La petite chapelle de l'hospice ne fut point profanée; il fut te dernier sanctuaire ou^ vert, il fut le premier de la ville dans lequel on célébra la sainte Messe : on emporta le Saint-Saorement aveo solennité; et ce qui est inouï, la statue de la sainte Vierge, qui était au-dessus de l'autel, quoique couronnée de fleurs de lis, fut toujours respectée; plusieurs fois les révolutionnaires formèrent le projet de Tenlever, tou^urs la puissante Marie se fit respecter, et les grâces signalées qu'elle ne cesse d'obtenir dans ce sanctuaire, attestent qu'elle se plall à y être honorée. Enumérer le grand nombre de guérisons de tous genres que l'on a obtenues devant cetl^ vénérable statue serait trop long à raconter, le cours de ces faveurs n'a jamais été interrompu. Les tidèles de la ville allaient furtivement, pendant ces jours malheureux de la révolution, prier aux pieds de Marie; on avait soin de les faire évader avec précaution dès que l'on apercevait quelque personne suspecte. Au reste l'ordre de la maison ne subit pas le moindre changement eu ces temps d impiété; les prières, le chapelet, se récitaient en commun, aux mêmes heures qu'aujourd'hui; le chant des cantiques, les lectures, les prières partageaient comme toujours la journée. Autant qu'il était possible, le dimanche était sanctifié par la prière. Cependant les épreuves de tous genres ne manquaient point aux anciennes mères. La disette se faisait sentir cruellement dans les hôpitaux. Les demoiselles servantes des pauvres donnaient ce qu'elles possédaient pour les nourrir. Jamais les sœurs des incurables n'ont reçu la moindre indemnité du gouvernement ; elles sont^ nourries et logées, à la vérité , mais elles ne reçoivent aucune gratification, elle» entretiennent à leurs frais leur linge et leurs meubles. Le prêtre qui rendît 1»
plus habituellement service aux pauvres incurables, pendant la révolution, fut M. le prince Forestier. Après la srande terreur ce fut M. Déboise, et surtout Te bon M. De\avigne-Villeneuve oui, avant la révolution^ était aumônier de l'Hospice Général ; et ve^ nait exercer son ministère dans celte mai<^ son, où il n'y avait pas «lors d'aumônier particulier. Il y allait encore, de temps à autre, pendant la disette de bons prêtres; et aussitôt qu'il le put, il se fixa aux Incura» blés en devenant leur aumônier. Il fut le premier qui ait été attaché à cette maison; il y est mort en 1820, emportant avee lui le titre bien mérité de père des pauvres. On se rappelle encore l'affection vraiment paternelle qu'il témoignait a ses cbers enfants; sa mémoire est une béné^diction dans la maison, fin 1812, lors de la cherté extraordinaire du pain, l'administration se vit obligée de le supprimer, le rix devait le remplacer; mais la supérieure, Mlle Meneust, de concert avec M. Delavigne, donnèrent chaque jour, pendant plusieurs mois, un repas de
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DICTIONNÂTRE
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bon pMn h tous les pauvres. M. Dclavigne vendit une partie de son patrimoine pour subvenir à cette dépense. 11 mourut dans Texercice de son ministère ; la veille de sa sa mort il confessa jusqu'à huit heures du soir.
Au respectable M. Delavigne ont succédé de saints prêtres qui tous se sont dévoués aux soins de leur troupeau. M. Carret y a séjournétroisansyil en sortit pourentrerdans la congrégation des Missions» étrangères. Il est mort dans les missions lointaines, auxquelles il s'était dévoué. En 1853 M. Tabbé Delacroix succéda k M. Lebreion, qui venait de mourir, entouré de la reconnaissance des sœurs et des uauvres, auxquels il avait fait beaucoup de bien.
M. Delacroix, voyant avec peine qu'on n'eût qu'un oratoire insuflisant pour les exercices religieux, se servit de l'influence qu'il s'était acquise auprès d'un grand nombre de personnes riches, pour les engager k contribuer à élever une chapelle convenable. Deconcertavec la supérieure actuelle, mère Gaillard de Robertin, il parvint à élever un sanctuaire à la sainte Vierge. Quoique Agé de soixante ans, M. l'aumônier montra le zèle d'un jeune homme pour surveiller ce travail.
Les pauvres, eux-mêmes, dans la joie qu'ils éprouvaient d'avoir une chapelle,
Î contribuèrent le plus qu'il leur fut possile. Plusieurs donnèrent jusqu'à la petite somme qu'ils avaient économisée, pendant de longues années, pour payer leur modeste enterrement, sairiGce immense pour eux.
Le bon Dieu eut pour agréable leur sacriflce, et en moins d'un an la chapelle fut élevée et bénite, par Mgr Saint-Marc, le 28 avril 1854^. La bonne et respectable supérieure, Mlle Meneust, qui avait rendu do si signalés services à la maison, pen<iant des tum^s si (Jifliâles, mourut en 182G, après avoir (>assé cinquante-deux ans au service des pauvres.
Dans une grande maladie qu elle Qt, quel-
Sues années avant sa mort, elle se désolait e posséder une somme de 3,000 franc^s.
Elle ne croyait pouvoir être bien reçue du bon Dieu, n'ayant pas encore distribué cet argent; on lui indiqua un séminariste à qui rindigence imposait beaucoup de privations; aussitôt elle lui envoie ses 3,000 francs. Elle témoigna une reconnaissance extraordinaire k la personne qui lui avait indiqué cette bonne œuvre. Nonobstant sa sainte vie, elle se vit, peu de jours avant de mourir, en proie k une affreuse tentation de désespoir : « Comment paraître devant Dieu, i^ disaitelle, « les mains vides, sans avoir rien fait }K>ar sa gloire? uTout ce qu'on lui disait |K)ur la rassurer ne la touchait point, enfin en faisant un suprême effort, elle prononça ce bel acte de résignation : « Mon Dieu, » dit-elle, « si c'est pour votre plus grande gloire que je sois jugée dan^ votre justice, je vous en bénis et n'y veux plus penser. » Cet abandon lui rendit la paix, et elle mourut dans le calme le plus parfait, écoutant
jusqu'au dernier moment les paroles de la sainte Ecriture (]ue lui suggérait M. laumônier. Elle était Agée de soixante-dix-huit ans. On peut dire que toutes les demoiselles servantes des pauvres ont fait ta mort la plus édifiante, mais nous devons surtout mentionner Mlle Julienne Desprez, dont la vie lui mérita de mourir en odeur de sainteté; les pauvres, tout en priant pour elle, l'invoquent en secret, et les grâces obtenues par son intercession sont, k leurs ^eux, les preuves du bonheur dont elle jouit dans le ciel. Entrée k quarante-deux ans, elle en passa vingt-quatre dans la maison, où elle mena une vie humble, cachée, laborieuse, en proie k des souffrances corporelles ; elle se distingua jusqu'au dernier moment, par sa fidélité dans les plus petites choses. Quelques instants avant sa mort, elle fit le signe de la croix avant de boire un bol de tisane. La veille de sa mort elle fit encore le soir une heure d'oraison; et elle mourut k trois heures du matin. Remplie de crainte pendant sa vie pour les jugements de Dieu, elle mourut en paix k soixante-six ans. Les traits de son visage empreints de souffrance s'embellirent après sa mort; une douce odeur se répandit autour de son corps, qui conserva sa flexibilité : ces témoignages sont rendus par ses compagnes et par les pauvres qui en furent témoins.
La veille de sa mort, une de ses compagnes, Mlle Feildel, devenue plus tard supérieure, la pria de lui obtenir trois grâces : la première était la cessation d'une tentation qu'elle éprouvait alors, tentation de dégoût de sa vocation ; la deuxième, d'obtenir la vacation de nouveaux sujets dont on avait grand besoin, vu l'état d'infirmité des quelques membres de la communauté; la troisième était d'obtenir un règlement pour la maison. Réfléchissant sur ces demandes, elle répondit : et Oui, si le bon Dieu me fait miséricorde, votre tentation passera, vous aurez des compagnes, » et s'arrêtanl quelques instants, elle ajouta : « et vous aurez un règlement. »
Pendant la nuit qui suivit sa mort, une demoiselle l'ut vivement inspirée de se joindre aux demoiselles servantes des pauvres incurables. Elle suivit cette inspiration, cl elle a rendu de précieux services k la communauté. Cette entrée fut suivie de plusieurs autres. La tentation de Mlle Feildel pa55a également deux ou trois jours après sa mort; et l'on sait quel bien a tait cette demoiselle si capable et si dévouée k sa vocation.
On obtint aussi la troisième grâce , que Mlle Feildel regardait comme la plus im|H)rtante des règles et des constitutions ; mais ce ne fut que dix-huit ans après, afin, sans doute, que l'on comprit l'excellence de ce don.
Mlle Desprez mourut le 1*' octobre 18i3.
Les évoques de Rennes ont toujours eu une tendre affection pour rétablissement do5 Incurables. L'an 1737 Mgr de Vauréal fit lui-même le lavement des pieds k quatorze pauvres, auxquels il baisa les pieds. De leur
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o6té, les pauvres ont toujours témoigné uo respectueux attachement à leur premier pas* teur el ont la plus grande reconnaissance lorsqu'il platt à lou? Grandeur de les visiter. Mgr de Lesquen, qui donna sa démission en iC&O» etD*est mort qu'en 1855, avait pou^eux une affection vraiment paternelle» dont les pauvres conservent on bien tendre souvenir.
Avant de parler du règlement qui lie les sœurs des Incurables, il est de notre devoir défaire counailre celle quia le plus contribuée Tobteni^la bonne mèreFeildehce nom, si connue Rennes, est en vénération plus encore pariui les pauvres que parmi les riches, quoiqu*ellefûtchériedetous,lantëtait grand 1 ascendant qu'elle exergait sur les personnes qui la voyaient, même pour la première fois; elle gagnait le cœur au premier abord ; les pauvres la chérissaient et la respectaient comme leur mère.
Marie-Anne Feildel naquit le 25 novembre 1790; elle entra à Thospice des Incurables le 5avrill809; fut nommée supérieure le7août 18â7 et mourut le k mars 1848.
Lès l'âge de ik ans, cette bonne mère voulait se consacrer au service des pauvres. Sa première pensée fut pour les Sœurs 4le Charité. Mais, élant venue prier un jour de féie dans le petit sanctuaire des Incurables, elle se sentit fortement inspirée de consacrer 5a vie au service des pauvres de cette maison; cependant sa famille, son père surtout qui avait compté sur elle pour être l'appui de sa vieillesse» ne pouvaitconsenlir à s'en séparer. Reconnaissant ses qualités naturelles, il tes avait développées, par une éd ucation soignée, solide : il voulut qu'elle suivit les cours de latin. Son caractère était droit, ferme, élevé; il eût été impérieux, s'il n'eût été tempéré par une grande tendresse de cœur.
Dailleurs celte excellente mère, connaissaitsa iropgraode vivacité et la ténacité de sa volonté; elle travaillait constamment à les captiver pour ne blesser personne : lui arrivait-il de prononcer quelques paroles un Eeu piquantes, elle guérissait aussitôt la lessure par une marc|ue de bienveillance et d'affection, et s'humiliait devant la personne, quel que fût son âge, avec la simplicité d'un enfant.
Cette simplicité se manifestait dans toutes ses actions; une âme grande, forte et généreuse : son cœur était sensible, compatissant. Ces qualités réunies rendaient ses relations singulièrement agréables. Son gouvernement fut doux et ferme, et si on l'aimait comme une mère, on la respectait comme supérieure : les pauvres et ses compagnes lui ont toujours rendu ce témoignage.
Son père, avons nous dit, ne pouvait se décider è se séparer de son enfant chérie; cependant sa santé si florissante souffrait de ne pouvoir suivre sa vocation; et un jour qu*elle avait fait une excursion secrète à la iDaisQndesIncurables,M. Feildel lui demanda doù elle venait. Et sur sa réponse, il voulut savoir ce que lui avait dit la supérieure
qui était alors la vénérable mère Meneusl. « Elle m'a dit, » répondit la jeune Marie- Anne, « que je devais respecter votre volonté, et attendre votre permission, pour me consacrer au service du bon Dieu. » Cette modération, de la part de la supérieure, toucha M. Feildel, qui lui dit qu'il ne pouvait refuser de conffer sa fille a une personne aussi respectable, et il lui permit aussitôt de suivre son altrait. Elle avait 18 ans.
Sa santé, qui s'était affaiblie à la suite du refus qu'elle avait rencontrédans la volonté deson père,se fortifia plus tard: maisson tempérament, naturellement fort, souffrit beaucoup les cinq premières années deson séjour dans la maison. Rien cependant ne l'arrêta; elle surmonta tous les obstacles pour répondre à l'appel que lui faisait le bon Dieu de se dévouer au service des pauvres.
Plus tard, lorsqu'elle fut supérieure, elle entourait ses jeunes compagnes des soins les plus délicats, ayant appris par expérience
3u*il en coûte toujours à la santé de changer e genre de vie.
Elle soigna pendant de longues années la vénérable mère Meneusl, et cette bonne supérieure lui disait souvent : «Ma fille, le bon Dieu te récompensera, et lorsque tu seras infirme, i! t'enverra quelque jeune compa-
f;ne j>our te soigner. » Sans doute que dans e ciel cette bonne mère s'est ressouvenue de sa promesse, car un an environ avant que notre mère Feildel fût dans l'impossibilité de se soigner dans son état de souffrance, il entra une demoiselle de vingt-deux ans oui se trouva heureuse de lui donner tous les soins qui dépendaient d'elle.
La bonne demoiselle Lenoire, qui succéda à Mlle Meneust, ne lui survécut que tO mois et mourut le 17 août 1827. La mère Feildel lui succéda par droit d*ancienneté: elle avait 30 ans.
Nous avons vu que toujours elle avait désiré voir l'association des servantes des pauvres liées par vœux et par une règle : plusieurs fois elleavait tenté d'inspirer à ses compagnes le même désir; deux fois déjà (1821-1829) on avait essayé de réaliser ce projet, mais des circonstances, suscitées par l'ennemi de tout bien, l'avaient fait ajourner. On comprendra, au reste, combien devaient être prudentes les démarches qui devaient avoir pour but de soumettre à un règlement non des personnes qui le désiraient ardemment, et qui en sentaient le besoin, comme des aspirantes, des novices qui sortent du monde, mais bien des personnes déià affermies dans la vertu, et qui, voyant le bien qui résultait du genre de vie depuis longtemps adopté, ne voyaient pas un grand avantage à le changer. Cependant en 18^1^1 l'entrée d'une demoiselle fournit l'occasion que notre mère saisit pour faire sentir la nécessité de suivre une règle, afin de prévenir les abus qui auraient pu se glisser dans une communauté si légèrement constituée, et qu*une protection toute spéciale de la sainte Vierge avait pu seule préserver jusqu'à ce jour. Il fut résolu, d'après le conseil de M. Ga-
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