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on quarl d'haure après la Messe» le déjeûr* tier» qui se fera en commun et en siteoce.
8. A bu'tl heures, temps libre; les mattresses pourront l'employer à préparer leur classe.
9. A huit heures et demie» ouverture des classes." Celles qui n*y sont pas employées vaqueront à leurs divers emplois» ainsi que pendant les classes du soir.
10. A onte heures trois-quarts» Texamen àlacbapeMe» toutes s*y rendcont k moins q»*ell«s ne soient nécassaires k teui* emitloi. La fin de l'exaD^n s'annoncera par ïAngeluê.
11. A midi dtner» auquel se diront le bé* néJtcicé et les grAees selon le Brévwira^ ro^ uiain» ainsi qu'au repas du soir. On y fera la lecture.
La seconde table suivra, itnfnédiatement la première; on y fera aussi la lectuie pendant environ dis. minutes» si la supérieure le juge convenable.
là. Apaès les grâces dites à la première table^ou ira, autant que possible» faire une ceurte visite au Saint-i$acrement, puis commencera la récréation qui durera jusqu'à une heure et demie.
13. A oae heure et demie» None, Vêpres et Complies à la chapelle.
Depuis la fin de la récréation jusqu'à six heures et demie» chacune vaquera à ses di* verses fonctions. Elles placeront dans cet intervalle une demi-heure d'oraison.
Ik. A trois beureSf adoration de la Crois. Toutes» à ce- moment» se mettront h genoux et diront trois fois la strophe : (X Ctuot^ ace,
IS». A six heures et demie» lecture de piété en commun. Celles qui ne pourraient pas assister k la lecture qui se fait en communauté auraient soin de^Ia faire en particu-
I 16. A sept heures» Matines et Laades. oéX A sept' heures et demie, V Angélus, qui sera le signal du souper.
18» La récréation du soir q4M suit le souper, durera jusqu'à neuf heures moins dix minutes.
19. A neuf heures moins diY minutes, la eommunauté se réunira pour faire la prière et Texamen après lesquels on dira le f^œilla pegU.
Le vendredi» le Vexilla re(|fi>» ayant été dit le matin, sera remplacé le soir par le Mi* êertre et la strophe : O CruXy avet Toutes ensuite iront en silence dans leur dortoir ou dans leur chambre préparer Toraison du lendemain; pois elles se coucheront» et feront en sorte qu*au moment de la visite des chambres, à neuf heures et demie» toutes les lumières soient éteintes.
20. Autant que possible» il y aura deux Messes les jours de dimanches et de fêtes ; la première Messe se dira à se^ii heures; la seconde entre huit et neuf; les vêpres à trois heures» et le salut à six heures.
21. Le chapelet et les autres exercices qui sont en usage dans la société de la Croix* s« placeront dans les temps libres.
\ï) Vo^. à la fin du voL, n"« 51, 55.
22. Tous les derniers vendredis du mais» on se réunira à la chapelle pour faire les stations du Yia Cruci$t et toutes se rendront exactement à ce pieux exercice ; s'il l'on en est empêché^ on tflchcra de le faire en son particulier..
La communauté possède deux maisons; celle de Saint-Queulin». fondée en 1837, et celle de Soisson& en 1849. La première compte environ cent pensionnaires el auT tant d'externes.
La congrégation se compose de trente religieuses de chœur et dé vingt coadjutrices qui sont également clotlrées; elle est çouveruéé par une supérieure générale» aidée par un conseil.
Les élèves qui sortent de ces maisons se font généralement remarauer par le bon esprit qui les anime, i)ar l'instruction solide qu'elles ont acquise, et par leur conduite régulière et édifiante. (1)
CROIX (COffGRiOATIOlf DBS FiLLBS DB LA).
De la congrégaiion des Filles de la Croix dites sœurs de Saint-André» dont la maison mère esta la Paye (Vienne},
La congrégation des Filles de la Croix a été fondée au commencement de ce siècle
Ear M. A. -H. FournetetparMlleJ.-M.-E.-L.
icbier des Ages» ainsi que nous allons l'exposer en racontant leur vie édifiante.
M. A. -J7. Foumst^ fondateur de la Congre^ galion. — Fournet (André-Huberl), vicaire général du diocèse de Poitiers» instituteur et premier supérieur générafcde la congrégation des Filles de la Croix dites Sœurs dt Sennt'-André^ naquit le 6 décembre 1752 à Pérusse, village de la naroisse de Maillé^ sur les contins des diocèses de Poitiers et de Bourges.
Son père» Pierre Fournet de Tboiré; et sa mère, Florence Chasseloup» lui donnèrent une éducation religieuse» et» ce qui valait mieux encore» l'exemple des vertus ehré*^ tiennes» qui devenaienMle plus en plus rares an souiOe desséchant du philosophisme.
C'était du reste une famille édifiante que cc'Ue du jeune Fournet^ car il avait quatre de ses oncles qui honoraient Thabit ecclésiastique et religieux dans les fonctions élevées que leur aviiiem confiées leurs supépieurs.
Ce Alt aa milieu de-ces traditions pieuses qu'il passa ses premières années. Il commença de benne heure ses études au collège de ChAtelleraud» parce aue le Chapitre do Notre-Dame de cette ville comptait parmi ses membres un desoncles du jeune élève. Fournet se distingua plutôt par l'aimable gaieté de son caractère et par la vivacité de son esprit que par son ardeur pour le travail; celle-ci était dépassée de beaucoup par son amour pour les plaisirs auxquels se livraient les jeunes gens de son âge. Aussi, lorsqu'il lui fallut aller chercher à Poitiers le complément obligé de son éducation lit^ téraire» ce ne fut pas sans crainte que ses pieux ()apeiits le virent s'éloigner d'eux |K>ur aller vivre dans un milieu que }a na-
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lure de son caradère ne rendait pas sans dangers poar lai.
Après aroir terminé son cours de philosophie, Foumet se livra à rélode do droit; mais ses succès furent très-médiocres : it était tout entier au charme des amusements
Sue lui offrait une société frivole en échange es agréments que répandaient sur elle Te- ]égance et les bonnes manières dn jeune étudiant.
Certes» il y avait loin de U à celle vocation sainte qui devait plus tard eu faire Toa des modèles de la vie sacerdotale; et cependant le moment n*élait pas éloigné où cette vocation allait se révéler forte, énergique, irrésistible.
Pendant les vacances qui succédèrent è sa deuxième année de droit, le jeune Fournet alla rendre visite k son oncle, rarcbiprêtre d'Haims, qui Taimait tendrement. Les conseils du saint prêtre, ses reproches mêlés aux preuves d'un vif attachement firent une telle impression sur le cœur bon et honnête de son neveu, qu*il revint è Poitiers pour y commencer sérieusement ses études eccl^ siastiques.
Les défauts qui avaient nui à ses succès dans les études littéraires ayant fait place aux qualités de son nouvel état, ses progrès aux cours de la faculté de théoloaie furent rapides; bicntêt il put recevoir les ordres sacrés, et il fut ordonné prêtre en 1778.
Nommé vicaire de farchiprêtre d'Haims, son oncle, il trouva auprès au bon vieillard, auquel il devait tant déjà, les sages conseils de Texpérience et les eiemples salutaires d'une vie consacrée tout entière à Tétude, à la prière, au soin des pauvres et des malades et aux fonctions du saint ministère.
Après Irois années passives auprès de ce guide sûr, Tabbé Fournet se vil appelé, le 10 février 1782, k la cure de Maillé par suite de la résiffnation que lui fit de ce bénéfr:e important run de ses oncles qui en était titulaire. Celui-ci connaissait le mérite réel de son neveu, et nul ne lui paraissait, et à iuste litre, plus digne de lui succéder dans la direction de cette vaste paroisse.
Le ieune curé se livra avec ardeur è Taccomplissement de ses nouveaux devoirs, et il régla si bien* l'emploi de bOn temps et de ses revenus, que, tout en faisant une large I^arl de ceux-ci aux pauvres, il put tenir un état de maison qui, malgré sa simplicité convenable, inquiéta cependant la pieuse humilité du bon arcbiprêtre d'Haims.
Ces inquiétudes cessèrent bient(U.
Un jour, le curé de Maillé s'excusait de ne pouvoir donner l'aumône h un pauvre gui la lui demandait... il n*avait plus d'ar-
Ï;eni... « Vous n'avez plus d'argent, » lui dit e malheureux, « et votre table en est couverte... » Le lendemain l'argenterie disparut de la cure, et avec elle tout ce qui sentait le luxe et l'aisance; le gros pain et les légumes remplacèrent les mets plus choisis d'autre- (ois« et le froment fut distribué aux pauvres, taudis que le curé se contentait d'une soupe
grossière à Vem el «a sel el daaaiimontt lea
plus simples.
En même temps il se livrait aux prédications, et son lèle savait les mnllipUer à mesure que croissait l'empressement des populations toujours plus avides d'entendre sa |)arole inspirée par Pardente charité dont il était embrasé.
Il ne se bornait pnint k oes instructions publiques dont les effets éuient prodigieux; il connaisssil encore le secret touchant de ces puissantes attractions qni s'exercent dans Tintimité du forer donestiqne.
Combien de fois, en s'asseyent k la table des paysans et des pauvres de sa paroisse pour partager avec eux le pain noir de Thospiulité, snt-il leur prêcher cette résignation aux dures fatigues, aux rudes lak)eur8 de la vie, QUI sont répudiés aoijourd'hui avec tant de dégoût, parce que les déshérités delà richesse ne veulent pins croire aux compensations et aux dédoiumagemants célestes que le saint cnré de Maillé savait si bien faire accepter par ses fidèles paroissiens touchés de l'éloquence de ses paroles et plus encore de l'éloquence de ses exemples
Mais voilk que l'heure des mauvais jours a sonné. Le génie du mal, longtemps enchaîné par la main du Tout-Puissant, a reçi* la permission de frapper un peuple nrévaricaleiîkr; il règne k son tour, et avec les rois» qu'il balaye du souffle qu'ils ont eux-mêmes excité, disparaissent les aulels el les ministres du vrai Dieu.
Malgré la tourmente, au milieu de ses enfants chéris et dévoués, M. Fournet pouvaii f>eut-être braver pendant quelque temps la ureur de ses ennemis^ mais c eux été coropromellre des âmes généreuses; il aima mieux aller, comme tant d'autres, demander k l'Espagne l'abri que lui refusait la pairie inhospitalière. Il partit donc avec plttsieu>«i de ses confrères; mais dans leur route, et n< début de leur long voyage. Les saints r^* fesseurs faillirent paver de leur lête V\f. *neur qa ils avaient de porter un nom proscrit.
Dans une commune du Poitou, ils s'étaient arrêtés devant l'église du lieu, lorsqu'une troupe d'hommes armés se précipita sur eux, la menace k la bouche; l'un d'eux»
Elus furieux encore que ses camarades, s'éinça vers H. Fournet, et tirant son sabre, il lui dit avec une joie féroce : « Il v a longtemps que j'avais faim de chair de prêtre; enfin, je puis donc me satistaire — Attendes, mon ami, » lui dit M. Fournet sans s'émouvoir; « je ne suis |ias préfiaré k |)araltre devant Dieu... Permettes que j'entre seulement pendant deux minutes dans Téglise pour lui demander pardon de mes |>é* cliés^ et ensuite vous ferex de moi oe qu*il vous plaira... » Ktonné du calme et de la résignation du saint prêtre» l'assassin désarmé s'écrie : « Que les prêtres aillent où ils voudront; » et il se retire avec sa bande
En Espagne, M. Fournet fut le consolateur et le modèle de ses com|)agnoos; les soigner ilans leurs maladies, relever leur
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DES OKDRES RKUGIEUX.
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eoarage stNiHa par les douieors de reiil» les égijer par la doaoe sérètiité de son caractère, les réconforter par ses fréquentes eorrespoBdances, quand les distances qal le séparaient d*eax étalent infranchissables à sa charité, tel était le rMe qa*il remplissait près d*eax dans ces jours d'amertume; aussi son zèle el sa sainteté furent-ils promptement appréciés par les Espagnols eox-ménés, qui, pleins de yénération pour lui» s'atlacbaîent à ses pas, heureux quand ils poufaient recevoir sà bénédiction.
Cependant 11. Foumet» condamné k IMnaolion par les fureurs réYolutionnaires, regrettait de ne pouvoir se rendre au milieu do troupeau si cher k son coeur ; mais on était alors au plus fort de la persécution, et ceût été folie que de tenter un retour k Maillé. Le bon prêtre forma donc le projet d'aller ateo un de ses confrères faire im l^ierinage k Saint^Jacques de Coropostelle. Ils iMrtirent de Los-Arcos (NsTarre), faisant eo silence jusqu*k sept lieues avant de prendre aucune nourriture; mais, après quelques jours de marche , les btigues de la route, jointes k celles des mortifications que s'Imposaient les voyageurs, arrêtèrent M. Fournet, qui tomba dangereusement malade k Bornes. Pendant un mois de séjour k ThA-
Eital, il ne cessa, malgré son extrême fai- \esse^ de prodiguer aux malades et aux mourants les secours spirituels que réclamait leur état, et il sortait de son lit pour remplir ces devoirs pénibles, dangereux même, mais si doux k son ardente cliarité. Le pèlerinage ne pouvant être accompli k défaot de forces nécessaires k un si long vojage, M. Fournet retourna avec son compagnon de route au lieu de leur ancienne résidence, et ce fut alors que, pour mettre an terme k ce qu'il appelait Tinufrilité de sa vie, il résolut de se vouer k Télat religieux. U choisit IMnstitut des Carmes déchaussés. Après avoir éprouvé ce qii*il j avait de plus pénible dans la pratique de cette règle austère, il venait d*être agréé par le supérieur et la communauté, lorsqu'un provincial refusa de le recevoir , en se fondant sur ce qu'il était appelé k remplir dans sa patrie un antre ministère.
M. Fournet obéit, et son ooeur dut se réjouir de sa soonûssion, lorsqu'on 1791, se crovant autorisé k braver tes dangers moins violents alors de la nersécution névolutioiinatre, il partit |iour la France.
De la frontière d'Espagne, il arriva k Poitiers au milieu de mille dangers qu'il sut éviter d*nne façon toute providentielle. Il a raconté souvent lui-même qu'il avait dû en partie cet heureux succès au petit cheval es- ))agnol qu'il montait, et dont l'instinct conservateur lui faisait toujours prendre le gal'»P précisément k l'entrée de toutes les villes, de telle sorte que les gardes n'avaient |ias même le temps de lui demander son passe-port.
Arrivé k Poitiers, M. Fournet y trouva les périls que venait de Faire renaître la mesure directoriale qui remettait en vigueur
les décrets sanguinaires de la Convention t mais, grâce k rintervention d'une parente dévouée» il pot regagner bientôt sa fidèle paroisse de Ifailté» et offrir k ses enftnta comblés de joie les secours Aa son ministère.
Obligé de demander k des retraites différentes la sûreté que lui refusaient des lois narbares et des nommes plus barbares que leurs lois, le bon pasteur, quoique sa tête eût été mise k prix, ne voulut point s'éloigner cependant du centre autour duquel se réunissait son troupeau, et Dieu le protégea, malgré ses saintes imprudences, contre la fureur de ses ennemis. Souvent même les plus acharnés surprirent son secret; mais,
Kr un effet miracoleux sans doute, le cœur iir manqua lorsque leurs recherches livrèrent la douce victime... ils n'osèrent l'immoler.
La grange des llarsilivs, domaine appartenant k la famille de H. Fournet, devint bientôt le rendez- vous des fidèles de la contrée et le temple où Dieu reçut les plus nombreuses adorations. Ce fut fk aussi que Mlle Bichier, aUirée par la réputation de sainteté du- digne confesseur de la foi, vint lui soumettre ses vues et lui demander* ses conseils.
Accueillie d'abord par un refus, elle ne se rebuta point; elle revint k la charge avec une sainte ténacité, obtint un entretien qui la fit apprécier par son directeur, et on peut dire que ce fut alors que furent jetés les fondements de l'œuvre dont nons raconterons bientôt les merveilles.
Après avoir échappé aux proscriptions contre lesquelles le protégèrent des dévouements d'autant plus nobles qu'ils étaient plus périlleux; après avoir consolé les affligés, raffermi les faibles, converti les pécheurs ; après avoir renouvelé, au fond des retraites auxquelles il était condamné, les miracles des premiers siècles de TÇglise , H. Fournet put enfin sortir de ces nouvelles catacombes.
Le concordat venait d*être signé. H. Fournet, réintégré dans sa cure de Maillé, se livra avec plus de zèle et d'ardeur aux fonc-' lions de son saint ministère, et il étendit les bienfaits de son ardente charité sur plusieurs paroisses voisines que la persécution, l'exil et la mort avaient privées de leurs pasteurs.
il serait di(Bcila d'énumérer ici ses fatigues, son dévouement absolu k ses devoirs, son abn^ation complète , qui allait jusqu'k lui foire oublier ces soins matériels aue l'infirmité de notre nature impose aux plus robustes tempéraments, et qu'il négligeait sans en prendre aucun souci. On cite encore k ce sujet des faits qui seraient incroyables, si le$ témoins oculaires les plus dignes de foi n'étaient Ik pour les attester.
Sa charité était inépuisable. Ses soutanes, ses mouchoirs, ses souliers, son linge, son argent, tout était donné aux pauvres, et si sa mère, lassée de le voir ainsi dépourvu des objets de première nécessité i croyait
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DICTIONNAIRB
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nvoip trouvé les moyens d'arrôler les élans de son cœur en lui donnant des chemises de lij\o, qui ne semblaient point en eiret desrm(*es à protéger suflisamment les rudes épaules el la peau rugueuse des ouvriers (li"> campagnes, tout ce qu'elle gagnait à celle précaution ingénieuse, c'était de voir les pauvres et les travailleurs couverts de moelleux tissus qui n'étaient pas faits pour eux.
Quant à Toubli des inJAires et des persécutons, il était dans la nature Qiême de celui qt^e la contrée n'apf>elait plus q\ie le bon père^ d'en donner les plus éclatants exemples. Malade etfiévreuxjlcédailson lit, le seul dont il pût disposer, à un homme tombé dans la soutfrance et la misère... Cet homme avait été fun de ses plus ardents porsécuteur-s 1 Plus tard M. Fournet allait ollVir les consolations de sa charité et demander pardon h un mourant... Ce mourant, lorsqu'il était |ileiii de force et de santé, avait abreuvé le saint prêtre d'humiliations et Tavait menacé dans sa viel
Pour remplir les vides que Texil et Téchaf iid avaient faits dans les rangs du sacerdoce, M. Fournet recherch.iil, au sein des familles les plas cliréliennes, les enfants <|Ui annonçaient les meilleures dispositions, leur donnait les f)remiers conseils, les premières leçons, les plaçait h ses frais diius des maisons d'éducation, les réunissait chez lui pendant les vacances, et, en les associant aux œuvres de son zèle, les confirmait dans la sainte vocation qu'ils inspiraient à leur tour à ceux qui venaient afirès eux. Plusieurs honorent aujourd'hui le sacerdoce et font bénir la mémoire de celui auquel ils doivent les vertus qui les font vénérer euxmêmes.
Au milieu des lourds et péniblestravauxdu saint ministère, M. Fournet n'oubliait pas Tieuvre importante dont il avait com|»ris (lès l'origine toute la portée : nous voulons parler de l'institution tles Filles de la Croix. Son premier cou[) dœil lui avait révélé tout ce r|u'ilyavaitde f)uissance irrésistible dans le (Jévouemenl el l'abnégation de MlleBichier, et il s'était appli(|ué à diriger celte âme d'élite dans les voies qui devaient la conduire au but de leurs coujmuns ellbris.
Bientôt après , et malgré les ob>laclcs qu'ojjposait au saint prêtre riiumilité de la pieuse lille, I œuvre était fondée.
D'abord modeste, ineiperçue , la [)elile communauté, com|)Osée de cinq sœurs n(îulemenl, s'établit à la Cuimetière, paroi»c de Bclhines ( Vienne / ; mais réioignemi ut du bon père, la nécessité et les diilicullés d'une direction par correspondance, tirent sentir le besoin d'un rapprochement. Le château de Molante, situe tout près de Maille , fut allcrmé, et les cinq sœ>»rs vireiit s'y éla- Llir vers le mois de mai 180G.
(i'est dans ce premier chef-lieu de la conl^régation que les sœurs firent leurs premiers Vieux (février 1807) , qu'elles ])rirent un co^tlIme r»»ligieux, et qu'elles reçurent le liOin de FUlcs de la Croix,
En décembre 1811, les bonnes sœurs, qui étaient déjà au nombre de vingt-cinq, s'établirent è Maillé, dans une maison atlenant h l'ancienne église de Sainte-Fôle, qui leur servit de chapelle. Dans ce deuxième cheflieu, elles reçurent plus facilement et plus fréquemment encore les instructions du P. Fournet, et, grâce à une vie réglée avec le plus grand soin, grâce à des journées qui lui duraient vingt heures sans sommeil, le saint [>rôlre sut trouver les moyens de gouverner une paroisse de huit lioues de circonférence, ayant |)lus de 2,000 âmes de population, et de diriger comme supérieur général uiie congrégation dont les accroissemenis rapides attestaient l'activité pour td bien.
Et en effet une deuxième maison créi'e à Béihines, près du berceau de la société, ne suflit plus bientôt, et la communauté s'étendaiit, grâce aux nombreuses demandes des paroisses voisines, dépassa promptement les limites du diocèse.
Alors aussi on dut songera lui donner une constitution qui pût relier entre eux ses membres déjà épars et assurer son avenir.
Cette œuvre, le P. Fournet l'entreprit, après avoir demandé à Dieu par de ferventes prières et de nouvelles mortifications la grâce et 1 ins[)iralion d'en haut.
Ees constitutions, a[>f>rouvées pour la première fois en 1817 par MM. de Beaurogard, alors nommé à l'évôché de Montauban (depuis évoque d'Orléans), et Soyer, alors nommé à Tévèché, et depuis, évoque de Luçon, vicaires généraux Ciipitulaires du diocèse de Poitiers, furent revues avec soin par les prélats et perfectionnées en plusieurs points importants.
La communauté des Filles de la Croix, constituée définitivement sous l'invocation (le Saint-André el sous Tautorité de Mgr révoque de Poitiers, fit promptement de grands j)rogrès, el, grâce à la protection de plusieurs prélats émilients qui en apprécièrent les bienfaits, elle se répandit bienlôt dans un grand nomUie de diocèses. C'est ce qui fit sentir au P. Fournet la nécessité de se dévouer exclusivement à cette œuvre ira- |)orianle et de se démettre de la cure «le Maillé, qu'il résigna malgré lous les souvenirs (jul devaient rendre ce sacrifice si pénible à son cœur.
Les mômes motifs rendaient aussi insullisant le logement que les sœurs avaient occupé juscpralors, et Mme Bichier ayant acquu et reconstruit en |>;»rlie l'ancien monastère de la Puye, autrefois membre imporiaiit île l'ordre de Fonlevraud , une ordonnance d? Mgr l'évoque de Poitiers tran>féra en 18^0 la communauté des Filles de la Croix dan» ce nouvel établissement.
Ce fut une cérémonie bien louchante que celle de cette translation opérée au njiiieu dos larmes abondantes des uns el descii^^ (K; joie des autres. Le signal du départ aynnl été donné, les religieuses, au nombre de soixante, marchant deux à deux el prctédétii
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DES ORDRES RELIGIEIX.
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de la mnde croix de bois qui forme lYtendardy roriflamme de la congrégalioti, déQlërenl processionnellement après une Messe solennelle célébrité dan^ Véglise de Maillé» et be dirigèrent vers la Puve, h deux lieues de le. Lorsqu'on y\i lebonpère portant dans ses mains vénérables la relique insigne de la vraie i^roix, quelques-uns des spectateurs ne purent résister a leur émotion, et ils se retirèrent en silence. D*aulres voulurent accompagner le pieux cortège; ils suivirent; mais lorsqu'ils aperçurent dans le lointain la procession de la paroisse de la Pu^e, qui venait à leur rencontre, lorsqu'ils virent la joie briller sur les fronts de ceux qui les dépouillaient du trésor dont ifs appréciaient mieux que jamais toute la valeur, leur doaleur éclata en reproches amers ; et, sans Tlntervention du bon pire^ peut-être eussentils renouvelé cette anlitjue dispute dont Grégoire de Tours nous a conservé le souvenir, entre les Tourangeaux et les B^itevins, au sujet de Saint-Martin, que ceux-ci prétendaient aussi leur avoir été volé. ( Voy, ce récit dans les Vies des saints du'PoUoUf P.72.J
Après cette inauguration solennelle, le P. Fournel se voua tout entier à la direction dé la communauté, et, malgré les fatigues de ses prédications, malgré son grand âge, il ne recula jamais devant les nombreux voyages qu'exigeait la visite des divers établissements situés à de grandes distances.
Il tenait à aller régulièrement réchauffer du feu de sa parole la ferveur de ces )>ieuses Biles, et lorsqu'il ne pouvait porter à celles qui étaient trop éloignées le secours de cette parole si docilement écoulée, si birn comprise, il leur adressait de ces lettres touchantes auxquelles il savait faire parler le langage irrésistible de la persuasion^ et qui étaient comme un autre lui-même.
Puisant dans ses sentiments de foi une conGance que Dieu ne devait pas détnentir, jamais, môme dans les jours ou l'inquiétude saisissait à leur insu les Ames les plus fortes, il ne désespéra un seul instant de l'œuvre qn*il avait fondée, et il sut faire parlo^^er aux antres cette tranquillité d'esprit qui enfante les grandes choses.
Aussi, Toin de décroître la congrégation des Fille» de la Croix fii-elle, sous la direction vigilante du P, Fournet, des progrès remarquables.
Reconnue en 1819 et en 1826 parle gouvernement, elle reçut des plus éminenls prélats d^honorabtes encouragements, et, en lonant des œuvres pieuses dont elle se charge, le Pape Pie Vlll lui accorda, par un bref do l" septembre 1829, de nombreuses indulgences et des laveurs spirituelles d'ur haut prix.
J>epois lors, cetîe congrégation a étendu ses nombreux rameaux sur la France entière* et lorsque Dieu* couronna par une mort sainte la vie exemplaire du bon père,
elle comptait 60 établissements el llMrelll gîeuses.
Afln d'en a<:snrer la continuation et }es progrès, le bon père qui pressentait sa fin prochaine, avait songé à se donner un successeur. Il jeta les yeux ^snr M. l'abbé Tanry, ancien directeur dii séminaire de Poitiers, alors curé de Saint-Pierre de Chauvigny, homme qui unissait è la piété la plus vive la science la plus profonde. Ce choix, agréé par le chef du diocèse, fut pour le cœur du bon pire la source d'une sainte joie en lui. garantissant la religieuse persévérance de $a congrégation dans les voies qu'il avait tracées.
Mais bientôt, sentant qu*il n^avait plu^que quelques jours à vivre, il voulut se préparer à la mort par un redoublement de piété et de dévotion. Il se rertditdonc à Poitiers pour assister aux exercices delà retraite des ordlnands, puis pi u5f tard à la retraite des prêtres du diocèse ; et toujours» au milieu des jeunes élèves du sanctuaire comme au milieu des vétérans du sacerdoce, 'sa régularité» sa ferveur furent an objet de constante édification pour tous.
Après avoir fait ses adieux A quelques amis, à quelques parents, aux pauvres de Poitiers* qui étaient aussi ses amis et ses frères, il se rendit à la Puye.
Les fatigues de la retraite avaient ruiné le reste de ses forces épuisées déjà par TAge et les rigueurs d'une sévère pénitence ; mais il fallut encore une recommandation expresse de son évè(|ue pour qu'il renonçât à prêcher et confesser.
Au printemps suivant, il dut s'abstenir de la célébration des saints mystères ; cependant, malgré l'excès d'aSbiblissement qu'accusait une privation si cruelle pour lui, il ne voulut pas que son successeur et la supérieure générale renonçassent à un voyage utile aux intérêts de la congrégation, et qu'ils proposaient de différer. Mais, après leur départ, le mal fit des progrès terribles, et ce fut à peine si la sœurMarie-Ëlisabeth, revenant en toute bAte de Bayonne, put arriver assez tôt pour recevoir le dernier soupir du bon pire.
Ce fut la sœur Marie-Elisabeth, l'aînée de ses filles spirituelles, qui reçut la triste mission de loi fermer les yeux
•Ainsi s'endormit dans le Seigneur, le mardi 13 mai 18dilh, à neuf heures du matin, et dans la quatre-vingt-deuxième année de son âge,le saint prêtre dont la vie ))eut être présentée comme un modèle de toutes les vertus sacerdotales.
Mgr Tévêque de Poitiers, en apprenant la mort de ce juste, pernïitde prononcer solennellement réloge funèbre du défunt, et cet honneur singulier, qui n'a été déféré depuis lors à aucun prêtre du diocèsoi lui fut noblement rendu (1).
Ses dépouilles mortelles furent déposées dans le cimeiière de la communauté. Mais
(t) Le ptéilicaleur était M. Cuuâscaii, depuis évè<|Ufi d*Aiigoulèuie.