‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 58 sur 220 · ORO · texte numérisé non relu

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ms ORDRES RELIGIEUX.

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ileor fondath>fi. Elto les risitait fréquem* roenU malgré les iati|$ae.s de longues routes» de voyages multipliés, fatigues qui, loin de mettre un terme à ses pieuses moKificationSy -en augmentaient au contraire ]e nombre et la rigueur.

Dès les premières années de sa vocation religieuse» elle portaH des bracelets et une cbaioe de fer, et elle était ingénieuse à rendre chaque jour plus vives ses souiSTrances vdionlaires. r

finliiH accablée des soins qu'ezigeaii une -administration compliquée, et qui lui avaient toujours fait négliger celui de sa santé, exténuée parles macérations de la pénitence, luette femme vraiment rare , l'exemple de toutes les vertus, lut enlevée à sa communauté par une maladie cruelle« dans la maison de la Puye, le 26 août 1838, à « heures du soir.

Après avoir reçu, au milieu des larmes et des regrets de «es sœurs^ au milieu d*un concours immense des populations voisines, les derniers honneurs dus >k sa dignité et à la sainteté d'une vie pleine de bonnes œuvres, elle fut déposée près du P. Fonrnet, dans le caveau de la chapelle funéraire qu*elle avail fait construire pour recevoir les restes mortels de oe digne serviteur de Dieu, et dans4aq»ell« sa modestie ne s'était pas même réservé une place (1).

Et pourtant, si la congrégation devait beçucaupè la direction du saint prêtre, elle devait plus encore, nous ne craignons pas de le dire, à l'irrésistible action de 4a fondatrice, qui, après les humbles débuts de son œuvre, laissait en mourant plusieurs maisons florissantes répandues sur le sol français, donnant à des milliers d'enfants pauvres les bienfaits d'uoe instraction gratuite et religieuse.

Un esprit curieux de rechercher, au point de vue purement humain, l'explication naturelle des succès prodigieux de Isi bonne Saur et des immenses cbo>es qu'elle a pu faire avec les modestes ressources dont elle disposait à son début, la trouverait assurément dans le portrait bien ressemblant que nous devons a la plume d'un vénérable vieillard qui fut eo position d'apprécier son modèle :

c En la voyant, le premier sentiment que ]*on éprouvait, après avoir admiré sa beauté, étnit celui du doux saisissement qu'imprime è l'Ame une vertu tout à la fois imposante de dignité et ravissante de grftce. La plus heureuse figure, un regard tendre et pur comme le cœur qui l'adressait si souvent au ciel, le plus doux sourire, un air non moins ouvert

3ue recueilli, s'alliaient chez elle à une éoiarcbe grave, à un noble maintien, à une manière de saluer bienveillante et réservée. Si, après l'atoir vue pour la première fois, un attrait irrésistible vous faisait rechercher

f I) Cett k ce sentiment de modestie que nous devoBft le regret de oe pouvoir reproduire par le huiin les traite de la konne Sœur, Nous eussions éié pt»urlini heureux île faire pour elle, à qui nous tenons l>ir tao: de lleiii , ce que nous avons fait pour les

l'occasion de la revoir et de la visiter, elle •vous recevait sans affectation et sans empressement ; elle craignit de répondre' à la bonne opinion qu'elle avait fait concevoir pour elle par un accueil trop flatteur qui eût pu l'entretenir et la faire croître. Mais, la conversation une fois entamée^ les plus suaves impressions vous étaient préf^arées ; car, si pour plaire elle n'avait besoin ^ue de se montrer, pour charmer^eile n'avait plus qu'à se faire entendre. En effet, on ne pouvait * porter plus loin qu'elle le goût délicat des convenances, la simplicité des formes, Tattention à rendre les autres contents de soi par l'intérêt qu'on témoigne à ce qu'ils disent et à ec qui les regarde; de sorte que de suite vous l'eussiez jugée très-bonne, et volontiers, •un instant après, vous lui eussiez reconnu une âme grande et un esprit élevé. Commencer à la voir et à l'entendre, c'était donc commencer è la révérer et à l'aimer.»

Après la mort de la bonne Sœur, tous les suffrages se portèrent sur la sœur Madeleine, compagne Adèle et dévouée de la fondatrice, et qui représeiHe seule aujourd'hui (1856) l'association si humble è son début des saintes femmes auxquelles la congrégation doit son existence.

Sous Tadminislfation des héritiers des pieuses traditions de ses fondateurs, elle a pris do grands accroissements, et ses établissements, répandus dans 28 diocèses do France, donnent aujourd'hui à plus de 30,000 enfants pauvres une salutaire instruction, et aux malades des campagnes ces soins affectueux et touchants que la charité catholique seule sait inspirer.

Les établissements sont de deux sortes : les uns, et c'est le jplus grand nombre, sont soutenus par les dons particuliers de personnes pieuses, seules ou associées entre elles dans le but de faire le bien; ils n'ont et ne peuvent avoir, dans ce cas, une existenco légale ; elle n'est que précaire, soumise qu'elle est à la volonté deis bienfaiteurs, qui peuvent continuer ou retioec leurs secours, de même aussi que la congrégation reste libre de continuer ou de retirer sa coopération religieuse. C'est ce que l'on nomme dès établissements non fanaéê.

Les autres établissements sont fondés à

[perpétuité, c'esl-è-dire qu'ils ont reçu par *acte de fondation a)ême des ressources positives, Qxes, a^suré^s, qui garantissent la durée, Tayenir de l'muvre. Dans ce dernier cas, il y a engagements réciproaues de la part de la congrégation et des londateurs, qui sont respectivement liés. On compreiui aisément que, dans ce cas aussi, Tinlervention de l'autorité civile est exigjâe. Les établissements de cette sorte s^appellent établie-' sements fondée.

Là congrég£\tion compte peu de njiaiçbQs

autres fondatrices de nos congrégations religieuses ; mais, en Tabseiice a*un purirait d'après nature, les souvenirs n'ont pu suppléer à ce qui nous manquait pour rendre dignement ce que uous voulions e&* primer»

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mCTICmNAIRS

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ai pmssetft être classées dans la catégorie es eiablisseroenis (fue la loi de i850 appelle communaux; les siens soçt presque tous établissements d'inAructien libres el prîTés,

La congrégation compte cinu maisons chefslieux d'arrondisseaient : la Puye {Vienn*^)» Paris (3eine)t iKon et Ustaritz (Basses-Pyrénées), Colommiers (Haute-Garonne); trois oOTiciats : la Puye, Igoii et Usturiu. €es deux derniers sont dus, ainsi que nous Pavons déjà dit, à rintervention bienveillante de Mgr d'Aslros, alors évéque de Bayonne. Le premier, affecté à la population française du diocèse, fut fondé par le P. Lassalle, restaurateur de Bétharram. Protégé par MgrLaurence, évéque de Tarbes, et par par Mgr Lacroix, é>èque de Bayonne, il a été encouragé par les membres du clergé, et en particulier par les prôlres de Bétharram, missionnaires et prêtres auxiliaires du diocèse.

Le noviciat d*Dstaritz, destiné à la population basque, a été fondé par la famille Dibasson en 1KÎ9. Il fut dirigé dès sa fondation par la sœur Marie-Perpétue, notre tante vénérée, connue dans le monde sous le nom de Mlle de la Lande, nièce de M. i'ttbbé de Moussac, cousine et compagne d*enfance de la bonne Smur. Entrée fort tard dans la congrégation, elle avait été bientôt élevée à la charge de première assistante. Elle est morte à Ustaritz le 8 décembre 1834, après avoir fait pros|>érer rétablissement par la douceur et la sagesse de son administration. Sa mémoire est chère au pays, où elle est honorée comme une sainte.

Nous ne pouvons oublier, dans Ténnmération des principaux établissements des tilles de la Croix, celui qui a été créé en 1851 dans la capitale du duché de Parme.

Voici les termes du décret nar lequel le malheureux prince qui devait plus tard tomber sous le noignard d'un assassin, appelait près de lui les humbles filles de la Croix :

Charles m de Bourbon, duc de Parme et de Plaisance, « voulant être agréable à S. A. R. Marie-Thérèse de Bourbon , son é|K)use bien-aimée, qni a pris sous sa protection spéciale les asiles de l'enfance de la ville de Parme, afin de mieux pourvoir à Tinstruclion morale et religieuse des enfants pauvres admis dans ces établissements, après avoir pris avec le Saint-Siège les accords convenables» '» a décrété, le k mars 1851, i*ouvertnre à Ferme d'une maison de la congrégation des Filles de la Croix.

L ancienne protectrice de Vœumre de$ ieunoê iré$orUfe$ s'est souvenue des humbles relitfieusea dont son enCince avait encouragé les débuts ; elle les a appelées près d'elle, a payé snr sa cassette particulière les frais du ▼ovage. les réparations de la maison, le mobilier, le traitement des sœurs.

(I) LL. EE. NN. SS. de Croî, canlma.*»rclis« vèoMde Rohm, ci de la Feie, eanliiial-arobcef èque

(È) m. SS. les archevêques de Tours et de Bourges.

C'est le jeudi saint de Tannée I8&1 que les sœurs, au nombre de six, conduites par leur supérieur général et par la supérieure de la maison de Paris, sont arrivées è ftirme. Accueillies avec une gracievse bienveillance par la princesse, si française de cœur, elles ont été installées plus tard dans rétablissement Qu'elles occupent.

La famille royale exilée e nris ie plus grand intérêt à cette pieuse fonaation, et les souvenirs qui se rattachent à la vie sainte du bon pire et de la bonne mèrtf en concilianl à leurs filles chéries la faveur d'un clergé éclairé, aplaniront pour elles la voie du bien qu'elles sont appelées è faire.

ConstituUoni et êkUuti des Filki de la Croix, — Ces iK)nstitutionB, qui furent approuvées, comme nous Tavons dit, par faotorité compétente dès 1817, et qui reçurent successivement la sanction de deux cardinaux^rche véqnes français (1), de deux archevêques (3), de douze évèques (3), et des vicaires généraux capttulaires administrateurs de quatre évèchés alors vacauis (4), n*ont point été sensiblement modifiées depuis lors.

Les Filles de la Croix sont soumises à ïordinaire des lieux où elles s'établissent.

Elles obéissent à une supérieure générale, qui réside le plus souvent au chef-lieu de la congrégration. Cette supérieure est ellemême soumise à un supérieur général, nom* mé par Mgr l'évéque de Poitiers, supérieurné de la congrégation, dont Taction directe s*exerce ainsi por son délégué. Elle est élue h vie par les supérieures locales et quelques anciennes que le supérieur convoque k cette fin comme conseil dans le mois qui suit la mort, démission ou déposition de Pancienne supérieure générale. Sa nomination a lieu en chapitre général, au scrutin; elle doit réunir les deux tiersde voix au moins; sa nomination doit être approuvée par le conseil général et par l'évéque.

Bile administre la maison mère, gouverne la congrésation, nomme et révoque les sapérieures locales, place les sujets, donne les obédiences. Bile choisit trois assistantes, qni forment son conseil ; la première la remplace au besoin et est plus spécialement chargée de laeurveillance des établissements qui dépendent de Tarrondissement particulier de la maison mère; la seconde surveille les établissements dépendant de Paris et de tout autre arrondissement au nord de la Pujre; la troisième, tous les établissements du Midi. Chacune de ces assistantes participe de plein droit k toute Tau torité de la supérieure générale en cas d*absenceott d*em[)ê* chôment. Les assistantes sont censées nom* mées pour tout le temps que la supérieure restera en charge. Cependant celle-ci innirrait les changer» mais seulement après avoir reçu

. (S) NEf. 8S. le^ évèques de Paitiers, Cambnî, Oriéaus, Bayonne, Taibet, Montpellier, AntoalÉBK, Evreni, Séei, Meaux, Leçon et la Rocfaelw.

(4) Vicaires généraux de Poitiers, Paris, OrléiBi, Angoiiléiiie.

DES OltDftlSS RELIGIEUX.

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un aris confonûe da conseil ordinaire de la congrëffation et le consentement da supérieur généraK

La congré^tîon tient des chapitres généraux et particuliers. Les premiers ont lieu à la maison^mère, sur Tordre du supérieur général ou sur la demande des deui tiers des chapitres particuliers, ou enfin lorsquMI y a lieu h TélectioD d'une supérieure générale. Les seconds ont lieu dans les maisons dites eeniralei, maisons désignées, ainsi que les établissements qui en forment l'arrondisseffieut, par le conseil ordinaire de la congrégation. Ces chapitres particuliers ne peuTent Jae formuler aes propositions et aélésuer es députations près du chapitre général ou des supérieurs généraux.

Les œurres des Filles de la Croix sont d'instruire les pauvres de la campagne dans Tordre du salut, de leur apprendre à con- Dattre Dieu et \ sanctifier leurs pénibles trataox et leur misère ; afin d'attirer les enfants k cette instruction religieuse, elles leur apprennent gratuitement à lire , à écrire , à compter et a travailler.

Elles visitent les pauvres malades pour les instruire, les consoler, leur procurer des secours, les soigner, les préparer à la mort; elles retirent le plus près déciles qu'il leur est possible cenxqui sont abandonnés, sans domicile, sans secours, lorsqu'elles ne peuvent les taire entrer dans lesbônitaux.

Elles retirent chez elles le plus de petites filles qu'elles peuvent pour les soustraire à la corruption, pour les instruire et les placer après la première communion.

Pendant lestravauide la campagne, elles reçoivent aussi chez elles les ^^etits enfants de ftmilles pauvres, afin de laisser aux parents le temps de Iravailler et d'amasser |our l'hiver.

Elles veillent à tout ce qui est nécessaire à la décence et à la propreté des églises r.t des sacristies, et à tout ce qui a rapport au saint sacrifice et & l'entretien des lampes ardentes.

Elles font les trois vœux de chasteté, de pauvreté, d'obéissance, auxquels elles sjoutent le vœu spécial de rinstruction gratuite des pauvres et du soin des malades.

Ces vœux sont annuels pendant les cinq premières années, et, ces cinq ans révolus, lis sont perpétuels.

Le vœu ue pauvreté consiste, non point à adandonner son bien à la communauté , mais seulement le revenu, qui est employé dans l'intérêt de l'œuvre. Les religieuses conservent la propriété de leur patrimoine.

Après avoir éprouvé pendant trois mois les postulantes, on les admet au noviciat pendant une ou plusieurs années. Elles ne prennent l'habit qu'après un an de noviciat; elles ne portent Te crucifix qu'a l'émission des premiers vœux, et l'anneau qu'aux vœux j>erpétue(s« Elles sont admises au noviciat et aux vœux par la supérieure générale et son conseil, de l'approbation du supérieur général.

Les prières consistent, comme dans les

DiCTiOi'i?!. DES Ordres reug. lY.

autres communautés, dans Vorafson^ Texamen, la lecture spirituelle. Les prières spéciales sont le rosaire pour les sœurs appii- Suées aux gros ouvrages, et les petits offices u Sacré-Cœur et de la Réparation, pour les sœurs de classe.

La nourriture est simple, sans recherche; le pain est comme celui dés pauvres, suivant l'usage du pays où elles se trouvent. Il se fait trois repas. On se sert de vaisselle de bois ou de la plus pauvre. Les personnes faibles peuvent user d'une nourriture différente, mais toujours simple, et boire du vin.

Il n'y a d'abstinence que les jours prescrits par l'Eglise, les mercredis du saint temps de l'Aven t et de la Septuasésime et suivants, et les jours du carnaval. Il n'y a point de jeûnes de rèçle, ni d'austérités particulières, ni de pénitences corporelles. Depuis Pflques jusqu'à la Toussaint, le lever a Ueu à quatre heures /depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, à cinq heures ; le coucher a lieu à neuf heures en tout temps.

Les sœurs doivent garder le silence avec exactitude, mais sans contrainte, faisant tout céder & la charité, qui est la reine des vertus.

Il n'y a aucune distinction parmi les sœurs: chacune est enaployée suivant ses talents et ses lumières. Elles font elles-mêmes tous les gros ouvrages; elles ne peuvent avoir de servantes.

Elles ne portent que leur nom de religion et ne se qualifient jamais entre elles que du nom de sceurs: la supérieure elle-même n'a pas d'autre dénomination.

Elles ont leur linge et leurs vêtemedts marqués è leur nom, mais n'en ont jamais le soin particulier. L'ofQcière seule, chargée de les distribuer, veille à tenir tout ce mii est nécessaire,propre et bien raccommodé; elle prévient de ce qui manque à chacune , et on y pourvoit selon les attributions de son emploi.

Costume des Filles de la Croix. — Les Filles de ta Croix sont consacrées aux sacrés cœurs de Jésus crucifié et de Marie transpercée d*un glaive de douleur.

Pour se ra[)peler cette consécration, elles portent extérieurement un crucifix sur leur poitrine, le christ en cuivre, la croix de bois suspendue au cou par un petit galon plat de laine noire, et au doigt une basue plate en argent, sur laquelle sont graves les sacrés cœurs de Jésus et de Marie, le nom de Jésus en toutes lettres, et une croix.

Le vêtement est noir, tout en laine, d'étoffe grossière comme celle des pauvres. '

La robe de dessus a de longues et larges manches plates. Elles ont toujours un grand mouchoir deras'noir, une cornette de toile ( sans apprêt ; la cornette est double, plate et toujours empesée.

Elles portent en dessous une ceinture de corde, et extérieurement une ceinture de laine noire à laquelle est attaché un rosaire; par-dessus la robe, sous le mouchoir, un large scapulaire, sur les côtés duquel sont brodés une croix, un saint-esprit au haut»

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au pied, les noms de Jésus et de Marie en toutes lettres, et autour, 0 Crux, ave, spes unica; sur la doublure de ce côté est brodé le nom de Jésus, et au-dessus un sacré cœur avec une petite croix, le tout au milieu d'une couronne d*épines; de roulre côlé du scapulaire est brodée une croix de saint André, et autour, Grand saint André, priez pour nous; sur la doublure de ce second côté est brodé le nom de Marie, et au-dessus de ce nom un cœur de Marie couronné de douze étoiles. (1)

Elles ne sortent ni assistent jamais h la Messe, môme dans leur chapelle, sans être revêtues d'une longue cape noire de même étoffe que la robe ; hors le temps de la Messe, elles ne sont jamais dans leur chapelle sans un grand voile noir en laine d'un tissu clair, aussi bien que lorsqu'il y a quelque cérémonie ou représentation dans l'intérieur de la maison.

Pendant le travail, elles ne portent point la cape, mais elles ont un tablier de grosso étoffe de coton de couleur bleu foncé.

Lorsque nous écrivions l'histoire des Filles de la Croix, dites Sœurs de Saint- Andr é {iSo&)t celte congrégation ne comptait qu'un seul établissement en Italie, celui de Parme, lequel, ainsi qu'il a été dit en son lieu, est placé sous la protection bienveillante de sa noble bienfaitrice, Marie-Thérèse de Bourbon, duchesse-régente do Parme.

Depuis lors, deux nouveaux établissements ont été fondés dans cet Etat, l'un à Sala, et l'autre à Soragna : U premier à 3 lieues, le second à 5 lieues de Parme. Chacun de ces établissements compte quatre sœurs.

Assurément, ces progrès honorables étaient bien faits pour encourager la congrégation à marcher dans la voie qu'elle suit si fidèlement depuis sa fondation ; mais ce qui a dû mettre le comble à tous ses vœux, c'est de se voir appeler au sein même de la ville éternelle, objet de si légitimes aspirations de la part des congrégations religieuses, poury exercer, sous l'œil du chef de l'Eglise, les œuvres saintes de l'institut.

L'établissement de Rome a été fondé par Mme la princesse Borghèse , à la fin de l'année 1856. Les sœurs, au nombre de dix, y sont arrivées le 6 décembre, sous la conduite du P. Fradin, supérieur général, et de la supérieure provinciale de la maison de Paris.

Bientôt après, le Souverain Pontife a daigné admettre à son audience la pieuse colonie, bénir sa mission, et l'autoriser en quelque sorte lui-même par les encouragements de la plus paternelle bienveillance.

A partir de leur installation, les sœurs donnèrent à plus de 300 enfants pauvres l'instruction élémentaire et religieuse. Un asile, un ouvroir, et la visite des pauvres malades du quartier, complétèrent l'œuvre bienfaisante.

Nous ne saurions taire l'heureuse coïncidence qui a marqué d'un sceau bien sigiiiticatif, à notre avis, cette fondation providentielle.

(1) Vo^. à la fin Ju vol., n«» 5G, CO.

Les conditions de l'établissement, une fois convenues entre la vénérable fondatrice et les supérieurs, on avait dû, avant de le former, solliciter le consentement de l'autoriiô ecclésiastique. Or ce fui le 19 novembre, fête de sainte Elisabeth, patronne de la bonne sœur, fondatrice de la congrégation, que Mgr l'évêque de Poitiers reçut la lettre, en date du 12, par laquelle Mgr Capalli, secrétaire de Mgr Patrizzi, cardinal-vicaire de Sa Sainteté, annonçait que Son Eminence donnait son agrément à rétablissement des Filles de la Croix, 5 Rome. Le môme jour, Mgr Téfèque de Poitiers s'empressa d'écrire à la supérieure générale (sœur Madeleine, dernière des compagnes de la fondatrice), pour lui donner avis de celte autorisation, pour presser le départ, et ordonner des actions de grâces et des prières....

Certainement, il est permis de croire que cette date heureuse accuse de bien touchantes sollicitudes de la part de celle qui, après avoir tout fait humainement sur la terre pour y fonder son institut, continue sans doute de le protéger aujourd'hui dans le ciel par son intercession. 11 est aussi permis de voir dans cette circonstance, en apparence fortuite, un précieux gage d'avenir,

CROIX (Congrégation de SAINTE-), au

Mans.

La congrégation de Sainte-Croix, aujourd'hui si florissante, et qui vient de recevoir une existence canonique par plusieurs brefs du Saint-Siège, pendant Vannée 1856, est née dans rhumilité, comme la pluj^art des œuvres destinées à opérer un bien durable. Nous en raconterons brièvement Torigine et les développements avant de parler de ses constitutions et de ses règles.

En 1820, un vénérable prêtre, curé de Ruillé-sur-Loir (Sarthe), Jacques Dujarié, qui avait déjà jeté, en 1806, les fondements de la congrégation des sœurs de la Providence pour l'éducation des jeunes filles, entreprit d'en former une de frères, sous le nom de Patronage de saint Joseph, pour élever les jeunes garçons. C'était alors un besoin généralement senti, et le succès répondit à T'attente, quoiqu'on fût privé de toutes ressources, quoiqu'on ne put compter sur aucun moven humain.

Dès le 25 juin 1823, il obtient de Louis XVlll une ordonnance royale qui autorisait l'association charitable des frères de Saint- Joseph pour le département de la Sarthe et les départements voisins. Il fonda donc deux écoles, et s'efforça de former è la vie religieuse les novices que la divine Providence lui envoyait; mais ses nombreuses occultations, ses infirmités toujours croissantes, et surtout la révolution de 1830, qui fut si hostile aux congrégations religieuses, affaiblirent notablement les progrès de ce nouvel institut. Los sœurs ne tardèrent pas à avoir une administration séparée, et M. Dujarié, devenu entièrement incapable d'exercer les fonctions de supérieur, môme seulement

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