‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 60 sur 220 · CIO · texte numérisé non relu

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DES ORDRES RELIGIEUX

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oiissionmir^s* des professeurs poor tous les degrés d^eRseignemeiil , srpecialement des iosiUiiteurs et des institutriees poar les eafiois du peuple, par conséquent de fonder des collèges, des écoles, des orphelinats, des ouTroirs, et d*embrasser presque tous les genres de bonnes œuTres en réunissant les efforts de ces trois ordres religieux»

Ia congrégation est gouyernée par un seul supérieur général, prêtre, aidé de deux assistantSv el par un couseil formé des principaux fonctionnaires généraux résidant à la maison^Hière.

Un chapitre général, composé de tous les supérieurs et des députés élus par les diverses maisons, se réunit tous les trois ans, et règle avec plein pouvoir toutes les affaires graves de la congrégation.

Tous les établissements de la congrégation sont grottj^ en provinces; chaque province est administrée par un provincial prêtre, assisté d*UQ conseil permanent et d'un cba-

! litre prorincial qui se réunit au moins une bis par an.

Leis maisons particulières sont dirigées par des supérieurs, directeurs ou directrices, aidés par des fonctionnaires secondaires on par des conseillers nommés {Mir les différents chapitres, ou par les supérieurs généraux, suivant la règle.

Les sujets sont liés par des vœux temporaires on perpétuels. Les ecclésiastiques font leur profession, c'est-à-dire émettent solennellement les trois rœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, après un noviciat d'un an ou de deux ans au plus, s'ils ont 21 ans accomplis; s'ils sont ()lus jeunes, ils font les mêmes vœux en particulier, devant leur supérieur, en attendant la profession.

Les frères ne peuvent être admis aux voBUX per|>étuels ou à la profession, qu'à Tâge de vingt-cinq ans. En attendant, ils font des tœux d'un an, de deux, trois et cinq ans.

Les sœurs peuvent faire leur profession, comme les prêtres, à vingt» cinq ans.

11 j a un quatrième vœu au'on n'exiçe de personne, mais qu'on peut faire avec l'avis de son directeur : c'est le vœu des missions étrangères, |iar lequel on s>ngage à aller dans les missions au gré des supérieurs. Ceux qui n'ont pas fait ce vœu, ne reçoivent jamais de pareilles destinations au'avec leur agrément.

Le Tœn d'obéissance oblige k obéir aux supérieurs qnand ils commandent dans Tordre des règles. Le vœu de pauvreté ne dépouille pas de la propriété, puisque la loi ne le permet pas, mais il prive de l'usage des biens qu'on possède et de ceux dont on

Iieot hériter. A la mort des religieux, les liens retournent à leur famille. Le vœu de chasteté ajoute le lien sacré de la religion ft l'obligation naturelle d'avoir le cœur pur, de conserver le corps exempt de souillures, et comprend la renonciation perpétuelle h l'état de mariage.

(I) V^. à la On du vol., !!•• 61, 65.

Il n'y a point d'austérités prescrites par la règle ; c'est au confesseur ou au directeur de juger de ce qui convient aux besoins spirituels des religieux. I

Leur vie est laborieuse et frugale, mais ' elle est réglée de manière à ménager leur ' santé pour les nombreux travaux auxquels ils doivent se livrer.

Il n'y a point d'olHce la nuit. Les principaux exercices de piété sont l'oraison, la sainte Messe, l'examen particulier, le chapelet Ja lecture spirituelle, les coulpes en chapitre chaque semaine, un jour de retraite par mois et une grande retraite [Mir année.

Les travaux auxquels se livrent les reli-

Sieux et religieuses résultent du but même e la congrégation. Les Salvatoristes devant se livrer surtout à la prédication et a l'enseignement, étudient spécialement soit les sciences ecclésiastiques, soit les lettres et sciences profanes.

Les Joséphistes devant tenir des écoles primaires, devant s'adonner aux travaux manuels, se livrent soit à l'étude des con* naissances qu'ils doivent communiquer à leurs élèves, soit aux différents métiers quMIs doivent exercer, comme Tagriculture, la menuiserie, la serrurerie.

Les Harianistes ({ui doivent enseigner des jeunes filles, s'y disposent pur une préparation convenable; celles qui sont destinées à tenir des lingeries, des infirmeries, des ouvroirs, ou se livrer è d'autres travaux, s'y forment dès leur noviciat, et plus tard dans les différents établissements de la congrégation.

Les sœurs qui demeurent dans des maisons où se trouvent des religieux, sont cloîtrées relativement aux personnes de l'intérieur d'un collège, par exemple, el ne communiquent avec elles que par des tours, i moins qu'elles ne soient autorisées K sortir de la clôture par les besoins du service. Les noviciats de sexe différent ne peuvent jamais exister dans le même établissement. (1)

CROIX (CONORiOATION DBS SCBCRS DE NOTBB-

DlMB DE Li).

Jfaison mire à Murinaùf dioeeêe ae Grenoble

( hire).

La congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Croix, dont la maison mère est à Murinais (Isère), est née dans l'obscurité comme l'humble violette, et se fait connaître par la bonne odeur de ses vertus; aussi voulaitelle rester dans l'oubli. Le seul désir de fournir une pierre pour l'édifice que Ton élève à la gloire de Dieu, et la crainte d'opposer ringralitude à tant de bienfaits dont cette communauté a été comblée par le divin Maître, a décidé Mme la supérieure à nous envoyer quelques' notes, bieu abrégées sans doute, sur son établissement.

La congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Croix a éié fondée à la fin de 1832, k Murinais, près Saint-Marcellin, diocèse Je Grenoble, par M. Buisson, modeste, mais

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zélé curé de celle |>auvre petite paroisse qui ne corapie paa sept ceats habitants, et par Mlle de Marinais, plus recommandable en* core par ses vertus et son rare mérite, que par la grandeur de sa naissance. M* Buisson était bien loin alors d'avoir la pensée d*iniroduire une nouvelle congrégation religieuse dans le champ de rEglise; il ne songeait qu'au bien de son cher troupeau ; il voulait procurer à ses malades pauvres les secours dont ils sont si souvent privés, et laire donner aux jeunes filles confiées à ses soins une éducation simple et solidement chrétienne, c'était là toute son ambition. Vainement, pour atteindre ce but, il s'adressa à diverses communautés religieuses; il rencontra des obstacles insurmontables, et ne put rien faire; alors, sans se décourager, il s'adressa à trois jeunes personnes de sa paroisse, toutes trois sans fortune, sans aucune éducation; n'ayant à lui offrir que leur dévouement et leur bonne volonté, c'était tout ce qu'il voulait : fiiUait^l autre chose pour soigner des malades et apprendre à des pauvres enfants à connaître et à aimer Dieu? Il les réunit ensuite dans un étroit local que lui fournit Mlle de Murinais, qui pourvut elle-même à leurs premiers besoins; alors commença pour cette grande Ame cette vie d'héroïque dévouement pour cette œuvre qu*on peut appeler son œuvre. Secondant le zèle de M. Buisson, elle voulut elle-même instruire les trois fondatrices. Celte Ame Doblé et généreuse ne recule devant aucun sacrifice; multiplier ses occupations, prendre sur son repos, se dérober souvent aux douceurs d'une famille qui la chérit, furent pour elles des sacrifices journaliers ; mais elle puisa dans sa foi vive ce courage constant et sublime aue les labeurs d'une œuvre naissante n'affaiolirent jamais. Tout entière à sa pauvre congrégation, elle lui prodigua de plus en plus ses travaux, ses veilles, son temps et ses lumières; toujours occupée de procurer la gloire de Dieu, son zèle et son immense charité savaient surmonter tous les obstacles. Malgré le froid le plus rigoureux, malgré des monceaux de neige capables d'effrajer les hommes les plus courageux, cette pieuse fondatrice se rendait tous les jours, ft souvent, bien avant le jour, du cuAteau (éloigné d'un quart d'heure) au milieu de sa chère communauté, pour rinstruire, lui prodiguer ses soins et la former à la pratique des vertus dont elle lui donnait de si touchants exemples.

La charité et la tendre compassion pour les malheureux furent toujours les vertus héréditaires de sa noble famille, mais jamais elles ne brillèrent avec plus d'éclat que dans celle qui, pour les étendre et les perpétuer, voulut prodiguer ses soins et doter de son esprit une communauté qui sera toujours Gère de sa protection.

Nous regrettons que la modestie de la mère Saint-Augustin, supérieure, qui nous fournit cette notice, l*ait empêchée de nous raconter tout ce que les sœurs de la Croix ont d*e&iime, de vénération et de reconnaissance

pour cette insigne bienfaitrice, et quVIle ait voulu se contenter de prier le divin Mettre d'acquitter lui-même leur dette de reconnaissance, et la récompenser de toutes les vertus qu'elle a tant de soin de leur dérober: des détails auraient contribué è la gloire de Dieu et h l'édification des fidèles.

M. Buisson ne voulant pas assujettir les sœurs de Notre-Dame de la Croix à une exacte clôture qui les aurait empêchées de visiter les malades et les pauvres, voulut cependant les mettre à l'abri des dangers du monde qu'il redoutait pour elles ; il les soumit à une très-sévère demi-ciêtore qui les obligeait h ne sortir qu'avec permission, et seulement par charité ou nécessité. Il leur donna un costume très-simple : rotie, pèlerine, tablier, en grosse étoffe de laine noire, pour les sœurs de chœur; rousse pour les sœurs converses, un bandeau noir pour retenir et cacher les cheusux, un booaei garni d'une mousseline blanche unie, plissés à

Elis gros comme une plume d'oie; sur ce onnet et tenant à la pèlerine» um espèce de coiffe appelée calèche, en laine noire, qu'elles abattent pour sortir, en forme de voile, et dont les bouts sont attaobés sur la poitrine par une grosse épingle à laquelle est suspendue une croix de bois noir, ayant d'un cêté un christ en argent, de l'autre une plaque aussi en argent, avec ces mots : Jn hoc êigno vinceât et ceux : 0 Crux ave^ $pe$ unicii. Plus tard, il leur Ht faire les trois vœux de religion, et les soumit k une règle que Ton neut résumer en quelques lignes : se sanctiuer elles-mêmes par l'exacte observance des trois vœux de religion et la pratique de toutes les vertus religieuses, surtout de la sainte vertu de pauvreté, sanctifier le prochain en se dévouant toujours au service des malades et des pauvres, et k l'instruction des enfants, particulièrement des enfants de la classe indigente ; observer la demi-clôture, c'est-à-dire rester séparées du monde, n'avoir avec lui que les rapports que la charité rendent nécessaires, vivre autant que possible dans le silence et le recueillement, évitant avec soin toutes serties inutiles, n'allant chez personne, si ce n'est pour soigner et visiter les pauvres et les ma» lades.

Dieu bénit cette œuvre dont le soulasement des pauvres était l'unique but; les malades venaient se faire soigner, ils ne voulaient plus mourir sans avoir près d'eux une sœur de Notre-Dame de la Croix; les enfants accouraient vers elles; les paroisses voisines en envoyèrent un si grand nombre, que les trois fondatrices, accablées de travail, succombaient à la peine; d'aulres jeunes filles vinrent se joindre à elles et demandèrent à partager leurs travaux. M. Buisson n'en re()Oussa aucune, mais il décida qu'on ne les admettrait qu'après de longues épreuves; une prétendance de six moiSf un noviciat au moins de deux ans, et cinq ans de vœux annuels devaient préparer aux vœux perpétuels. Il les divisa en deux classes; ici sœurs de cho^r pour dire rollke et

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DES ORW^S. BCUOIEUX.

hislroire les enfiutis; ks sœurs conrerse^ plos spécîatemenl chargées des $ains du ménage et des malades. Mais toutes étaient pauvres; tes malades prenaieiU beaucoup de: temps et ne rendaient rien; grand nombre d'enfants étaient reçues pour rien; la faible^ rétribution exigée des autres était insuflisante pour nounrir la communauté» et on menaçait sans cesse les sœurs de reprendre le local que Mlle de Murinais avait loué. M. Buisson, sans fortune lui-mémoi. se serait effrayé de [notre avenir sans son immense cooflanoe en la divine Provir dence; et cette confiance, qu'il savait aussi nous inspirer, ne fut pas trompée. Mme la marqnise de Murinais, mère de leur chère bienfaitrice, leur vint en aide» pourvut à leurs besoins, et leur fit bfltir une maison, dont elles prirent possession à la fia de

Le bat de cette œuvre plui k Mgr Philibert de Braillartiy évoque de Grenoble. 11 prit soos sa protactioa cette oongrégation nais-* santé, dont il éprouva les oonstitutions au mois de septembre 18fc3, h la seule condition que les sœura de Notre-Dame de la Croix ne borneraient plus leurs soins aux habitants, de Marinais, mais qu'elles iraient partout où voudrait les envoyer H([r l'évèque de Grenoble» qui devait être toujours leur premier supéneun Ainsi, M. Buisson, qui n*a« vait songé qn'è sa paroisse, se trouvait malgné loi le fondateur d'une congrégation qui devenait de jour en joor plus nombreuse.

A\aat la fin- de 1813, on demanda des sœurs pour une assez grande paroisse. Cette première séparation fut bien pénible; mais uonseig^eor avait parlé, on se sépara et on obéit. Bientôt de nouvelles demandes furent adressées au pieux fondateur; plusieurs furent repoassées, et cependant» lorsqu'au mois d'octobre i8M, on eut la douleur de le

Erdre, il y avait cinq établissements dans quels les sœurs» accablées de travail, pouvaient à peine vivre. Au mois de février 18fc7, le communauté perdit la première supérieare i^énérale, que plusieurs des jeunes sœnrs avaient précédée dans le tombeau, que plusieurs autres suivirent de près. Tant de pertes réitérées semblaient devoir anéantir cette maison, mais Dieu en eut pitié. Après la mort du fondateur» Mgr Tévèque de Grenoble leur avait donné un saint et zélé sopérieur. Il soutint leur courage; plusieurs jeunes filles, heureuses de se consacrer aa service des pauvres, vinrent combler les vides que la mort avait laits parmi elles; Tœuvre prospéra, elles sont aujourd'hui auatre*vingt-uix-sept sœurs; elles ont seize établissements, elles vont encore en fonder trois antres; grand nombre de sujets se présentent, beaucoup de fondations leur sont demandées, et cependant elles ne possèdent presque rien. Les maisons qu'elles occupent ne iear appartiennent pas» pas même la maison mère; elles sont très-pauvres nartont» elles soignent partout les malades; elles visitent les pauvres, et partout elles sont entourées de jeunes filles pauvres» auxquelles elles

s'efforcent d'inspirer l'amour du travail et de la simplicité. Elles voudraient adoucir toutes' les douleurs, soulager toutes les misères, Qfl'rir un asile à toutes les jeunes filles exposées à se perdre; elles voudraient pouvoir aller partout où il y a beaucoup de pauvres, et un peu de bien à faire, c'est là vraiment le but et la, fin de leur Institut. Aussi vivent-elles partout pauvrement, elles se contentent de peu; elles acceptent avec reconnaissance toutes les aumônes que l'on veut bien leur faire, non pour s'enrichir, mais, comme le disent leurs constitutions,

four pouvoir secourir les pauvres et étendre un plus ^rand nombre déjeunes filles pauvres le bienfait de l'éducation religieuse dont elles sont si souvent privées

Quand elles se rappellent Tbumble commencement de cette œuvre, et qu'elles jettent les yeux sur leur faiblesse, elles sont étonnées de leurs succès, et aussi efi'rayées d.e tout ce qui leur reste à. faire pour répondre aux pieuses intentions de leur fondateur et de leurs bienfaiteurs» si elles ne savaient que tous les instruments sont bons entre les mains de Dieu qui se plaît à faire de grandes choses avec rien; aussi veulent-, elles être toujours petites, toujours dévouées au soin des pauvres, toujours pauvres elles-mêmes, persuadées nue, selon la . pensée de l'apôtre (Il Cor. xii, ô), c'est leur faiblesse qui fera leur force.

Puissent ces quelques détails qui montrent tout ce qu'a fait pour les sœurs de Notre-Dame de la Croix la divine Providence^ inspirer à ceux qui les liront une entière confiance en Dieu, augmenter leur amour pour lui et les convaincre de plus en plus de la vérité de cette promesse du Sauveur : Cherchez d'abord le royaume de Dieu, tout le reste vous sera donne comme par surcroU. (Maiih. VI, 33.)

CROIX (DicOHATIOll RBLiGlBOb£ BT iQUBSTBB

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