CM
croîic ayec des clous. Il est certain que le crime de blasphème était puni par la lapidation« c*esl pourquoi les Juifs lapidèrent saint Etienne qu'ils accusaient d*avoir blasphémé. Notre-Seigneur Jésus-Christ fut jugé digne de mort par le conseil des Hébreux parce qu*il avait dit qu*il était Fils de Dieu, c'est
K3urquoi il fut mis entre les mains des omains pour qu'il fût condamné. Notre- Seigneur avait prédit pendant sa vie que les Juifs le [livreraient aux gentils pour être flagellé et crucifié. ( Malth. xx, 19.) Jésus, en mourant sur la croix, a racheté, converti et sanctifié le monde, et l'instrument de la croix étant devenu pour les Chrétiens l'objet le plus précieux de notre ineffable rédemp* tion, est devenu celui de notre dévotion et de notre culte.
Depuis rétablissement du christianisme, le signe de la croix a été remarqué sur tous les monuments chrétiens, surtout depuis Theureuse époque du règne de l'empereur Constantin le Grand, et de la miraculeuse apparition dont il fut favorisé lorsqu'il devait livrer bataille aux portes de Rome contre Maxence , et décider par les armes du sort de l'empire. Obéissant à cet avertissement du ciel, il ordonna de placer le signe de la croix sur le labarum, qui était l'étendard des légions romaines, avec ces mots : Tu vaincraspar ce signes et il remporta une éclatante victoire, quoique avec des troupes bien inférieures a celles de son compétiteur. Après son triomphe, Constantin affirma par serment l'authenticité de cette apparition miraculeuse. Saint Cyrille de Jérusalem raconte que sous l'empereur Constance, dans la ville de Jérusalem, on aperçut pendant plusieurs heures une immense croix formée par une brillante lumière, et entourée de rayons éblouissants, depuis la montagne du Calvaire jusqu'à celle des Oliviers. Le même Père nous apprend qu'un prodige à peu près semblable avait été remarqué par tous les habitants de Constantinople sous Constantin Copronime. Depuis le commencement de r£çlise le sime de la croix est devenu l'occasion de mille et mille prodiges; la source d'une infinité de grâces pour tous les Chrétiens. Qui n'a entendu parler de la menreilleuse apparition de la croix qui eut lieu à Migné, paroisse qui n'est distante que de demi-heure de Poitiers, cheMieu du département de la Vienne, au mois de décembre 1826?
Tandis que dans beaucoup de localités on s'opposait à l'érection des croix, qui avaient toujours lieu k la suite des exercices des misftons, pour conserver aux fidèles une vive foi , et pour affermir dans leurs bonnes résolutions, à la vue de l'auguste signe de notre rédemption, ceux qui avaient eu le bonheur de revenir k Dieu pendant ce temps de salut, Dieu voulut donner un éclatant témoignage à ce aime toujours vénéré. C'était le jour de la clôture de la mission; on portait processionnellement l'immen^^e croix qu'on devait planter comme monument des exercices spirituels qu'on venait de donner;
un immense concours composé des habi* tants des villes voisines, au nombre do 5,000, assistait k cette pompeuse cérémonie, qui attira toujours une si grande at^ fluence. On sortait k peine de l'élise lorsque Ton aperçut dans le ciel une immense croix d'une régularité parfaite, longue d'ein viron ISO pieds, d'une couleur de vifargent , légèrement rosée , s'étendant horizontalement depuis l'église, sur tous les assistants , ce qui fit longtemps l'admiration d'un si grand nombre de témoins. Les étoi« les formant comme une couronne brillaieot de tout leur éclat. Ce prodige qui eut lieu une demi-heure après le coucher du soleil et qu'on put admirer pendant longtemps, produisit un si grand étonnement, et toucha si profondément les assistants, qu'il détermina subitement la conversion d'un grand nombre de ceux qui avaient résisté jusqu'alors k la grâce du jubilé.
Le bruit de cet événement miraculeux retentit dans tonte la France, et fui pendant plusieurs années le sujet de toutes les conversations ; on fit des enquêtes dans les- ((uelles on ne négligea aucune des précautions qui pouvaient inspirer la confiaiice è la déclaration qui serait faite ; on appela des savants, des protestants mêmes, qui avaient été présents et qui attestèrent a l'unanimité, qu'il était impossible d'expliquer naturellement un pareil phénomène, surtout en ayant égard k toutes les circonstances qui l'avaient accompagné. Par ses deux brefs du 18 avril et du 17 août 1827, le Pape Léon XII déclara que d'après son jugement particulier il ne doute pas que cette apparition ne soit miraculeuse; il envoja une croix d'or avec une portion de la vraie croii, et accorda indulgence plénière k toos ceux qui visiteraient l'église de Migné le troisième dimanche de l'Avent»
Après l'établissement du christianisme, et surtout depuis que Constantin eut fait placer le signe de la croix sur le labarum, comme nous l'avons dit, on voit le signe de la croix sur une grande quantité de médailles et sur d'autres monuments antiques. U croix est placée entre les mains de la victoire, on entre celles de l'empereur; sur le 5 lobe impérial qui, depuis Auguste, était evenu le sijjne de l'empire da monde, et qui fut ensuite regardé comme celui de U victoire. On la voyait sur les boucliers, sur les cuirasses, sur les casques et sur les bonnets. La croix isolée devint le signe des pièces de monnaie qui furent battues k Constantinople, sous les rois francs, aous Clovis et ses successeurs.
Non-seulement le signe de la croix fut destiné k sanctifier les armes, les ornements impériaux et tout ce <(ui pouvait servir en public, mais les Chrétiens, eu particulier, remployaient pour tout ce qui était con^a* cré k leur usage particulier, tels que les ornements pour les cérémonies de la religion. Ils la faisaient peindre, graver, oiarquer sur les plats, les gobelets, les lampes» les portes de leurs maisons, mémo sur le pain, sur
CRO
DES ORDRES RELIGIEUX
Uï
celui snrtoot qui servait ponr le saint sacrifice et pour les oblations , comme oq le lit dans Berlendi pages 12 et 19 de son ouvrage intitulé Délie oblazione. Marri nous apprend que l'usage de placer le signe de la croix sur les ornements sacrés est de la plus haute antiquité dans l'Eglise grecque, comme dans r£gKse latine. Baronius, aans Tannée 336 de THistoire de Tl^gUse» le lait remonter jusqu'à saint Marc,
Les Chrétiens qui vivaient dans les pre^ ipiers siècles de l'Ëglise, commencèrent à placer la croif surtout sur les tombeaux, et sur les sarcophages^ j ajoutèrent plusieurs autres attributs : ainsi l'alpha et Tomégai première et dernière lettres de l'alphabet grec, placés aux deux côtés, indiquaient que ilieaest le commencement et la On de toutes choses. La croix placée entre deux agneaux, ou portée par un agneau, désignait Tamour de Jésus-Christ s'offrant en sacrifice pour le salul des hommes. Bosius, dans son ouvrage Borna sublerraneaf p. 626, remar(|ue que Tagneau avec la croix biéroglyfique de Jésus-Chiist, fut en usage chez les Chrétiens dès les premières années du règne de Cous» tantin. Le P. Mamachi, dans son livre De coMtumi vrimitM Christianif nous ap* prend quon avait l'habitude de sculpter rarbre du paradis terrestre, qui fut l'occasion de la désobéissance d'Adam et d*Ëve, de leur prévarication et de leur chute, pour se souvenir de la croix, pour inviter les pécheurs i la pénitence, et à recouvrer la grâce de Dieu qui était le but de leur créa^ tion. Il ajoute, è la p. 186, qu'on avait coutnme de représenter l'image du Rédempteur avec la croix à la main, comme trophée de salut do genre humain, tandis que sur d'autres monuments on la figurait comme un signe de joie, pour rappeler le prix et la vertu de ce divin sacrifice, par respect pour le nom de Jésus-Christ. Les Chrétiens formaient t'anagrame de ce nom avec les deux premières lettres de ce nom en langue grec* que, c'est-à-dire X et P. En unissant ensemble ces deux lettres, et en formant une figure semblable è la croix pour signifier la victoire remportée sur le démon par le signe salutaire de la croix. Dans son ouvrage De antiq. Eeeleeiœ ritibus (t. III, page 577), le P. Martène nous dit que la pieuse coutume de placer le signe de la croix en tête des inscriptions sépulcrales, et sur la tèle des défunts, est très-ancienne. Nous ajouterons avec Durand, que les Chrétiens en agissaient ainsi parce qu'ils savaient que le démon redoute le signe de la croix et qu'il n'ose approcher des lieux qui sont marques parcel auguste et salutaire signe. On trouve te signe sacré de notre rédemption sculpté sur les pierres sépulcrales en quatre endroits différents, quelquefois en trois , ou eq deux, mais toujours au moins au commencement de l'épitaphe. On Doos pardonnera cette digression dans laquelle nous sommes entrés è Toccasion de la croix qui est devenue pour tout l'univers ebrétien un signe de distinction et de décoration publique' h réiK)qae des croisades.
A cette époque, les souverains, les grands maîtres des ordres, et les Souverains Pontifes, voulant honorer et récompenser quelques personnes qui avaient rendu de grands services, les admettaient dans un ordre de chevalerie, et pour les distinguer des autres chevaliers, leur faisaient cadeau d'uiie croix, qui était la principale décoration de l'ordre, enrichie de brillants et de pierres précieuses. Les croix d'honneur étaient de formes différentes et avec des ornements divers, qnoi- 2ue du même ordre, suivant les grades , qui taient ordinairement ceux de chevalier, de commandeur et de grand'croix. Les uns la suspendaient au cou, d'autres sur une bande de soie placée en travers et en forme d*écharpe, d'autres sur le cAté droit, ceux-ci sur le côté gauche. Quelques-uns croient
2u'on commença à porter des croix après onstantin le Grand , en imitation de celle qu'il fit confectionner en ôr et en pierres précieuses, pour rappeler le souvenir de celle qui lui était miraculeusement apparue. On peut consulter pour cela Donat De' $agri DitticU p. 189. L'habitude de voir lés croix enrichies d'or et de pierres précieuses introduisit celle d'orner les croix qui distinguaient les chevaliers. Le P. Menochius, t. III, p. 147 de son ouvrage Degli ordini religiosi militari , che in diversi tempi sono êlalo instituiti^ e ghe nellabilo loro portano la crucCf donne des notices pleines d'érudition sur la forme, les qualités, les couleurs des croix des divers ordres de chevalerie qui furent formés les premiers.
CROIX {Villes de la ) d Liège.
En ISi*!, Tadministration communale de la ville de Liège confia des filles repenties aux religieuses ditesFillesde laCroix,qoi s'étaient jusqu'alors chargées de Tinstruction des enpauvres, fants et du service des malades è domicile.Cet essaient les plus heureux résultats. La douce autorité de quelques sœurs, abandonnées à elles-mêmes, et sans le secours d'aucun homme, a suflS pour établir, en si peu de temps, une discipline et un ordre admi^rables dans cette maison; il j règne depuis un silence qui n'est interrompu que |)ar les prières et le chant des cantiques ; les conversions y sont nombreuses. Dès la première année, vin^t-six femmes perdues, dont douze n'avaient pas atteint Tâge de dix-huit ans, revinrent sincèrement à Dieu. Cette même administration appréciant le bien accompli, proposa aux sœurs de se charger de l'hôpital des femmes atteintes de maladies honteuses, offre que les sœurs acceptèrent. Pour préserver de la rechute les femmes repenties, M. Chabeis, curé de Sainte-Croix, fondateur et directeur dç la congrégation des filles de la Croix, établit deux ans après, avec la permission de Mgr l'évèque de Liège, une maison de refuge, où ces femmes sont éprouvées durant un assez long temps, pour se raffermir dans la vertu, contracter l'habitude d'ordre, du travail, d*une vie chrétienne, et devenir ainsi dignes de rentrer honorablement dans
CfiÛ
DlGTlONMlAfi
CKO
la société, sou^ la proieclion do personnes cliaritQbies.qiii veulent bien parliciper à cette œuvre do ofa«rité. Une association pieuse sous le nooii dia* Confrères de la miséricorde» fut'érigée dans. Tésliso de Sainte-Croix, et se chargea de la. Ibndaiion, et de Tadministra- Uon de Ja maison de refuge.
CROIX (MoNASxfciiE DE 8AINTE.),dPoWer5.
Le monastère de Sainte-Croix de Poitiers a été fondé, de &oO à,560« par sainte Radegonde, épouse du roi Ciotaire I'% iaquelle Ui observer dès Torigine à sas filles la règle de Saint-Césaire,évéque d*Arles. Cette rè^Ie fut suivie jusqu'au vil* siècle, époque à laquelle les religieuses de Sainte- Croix la quittèrent pour embrasser celle de Saint- Benoit; elles changèrent en même temps rhabit blanc pour Thabii noir» qu'elles portent encore aujourd'hui.
Voici quels étaient les principes les plus saillants de la règle de Saint-Césaire, 1 une des plus anciennes et des plus sévères :
Renoncement complet au monde, à ses richesses, à ses honneurs, h tout ce qu'on y avait possédé, aux souvenirs mêmes d'une fortune opulente, d'un nom slorieux; l'habit de chaque religieuse ne lui appartenait lias en propre; elle ne pouvait* même l'abbesse, avoir de servantes. La clôture stricte et permanente, la séparation complète des
1»ersonnes et des choses du monde, avec eurs conséquences extrêmes, s'ajoutaient k ces premières rigueurs. Quoiqu'il fût permis de donner le voile dès l'Age de six ans, sans doute pour des cas fort rares et fort graves, la règle stipulait que l'habit ne serait point accordé a la première demande ; la volonté exprimée devait être contirmée par da nombreuses épreuves, et l'on s'assurait des dispositions sérieuses de la postulante en la mettant pendant une année entière entre les oiains ei sous la direction de l'une des anciennes et en lui conservant Thabit séculier. Quant k la discipline intérieure et aux rapports entre les religieuses et les supérieures, c'étaient ceux d'une obéissance entière et sans réserve, d'un renoncement complet k sa propre volonté. L'abbesse avait la charge du soin spirituel et temporel du monastère; elle devait Teilter k la stricte exécution de la règle; elle recevait les yisites au parloir et tenait la correspondance. La prieure s'occupait de surveiller la confection et la distribution des vêtements, qui étaient faits en commun dans Tintérieur du monastère. Toutes les religieuses devaient savoir lire et entendre le latin, aûn de comprendre les offices et les instructions. Les travaux de quelques-unes d'entre elles nous ont été conservés, et ils attestent qu'elles étaient fort lettrées. La lecture, la copie des manuscrits, pieux, des livres liturgiques, unies au travail des mains et k la prière, complétaient les occupations de la journée. Les lêtements étaient blancs, simples, sans aucune distinction pour les dignitaires; les meubles étaient sans recherche; on n'y connaissait ni l'argenterie, ni les broderies, ni
les tableaux ; le silence devait être continuel, k moins de nécessité absolue de le rompre. Toutes ces prescriptions et défenses étaient sanctionnées par des peines morales et disciplinaires qui pouvaient aller jusqa'à l'excommunication monastique.
Le monastère de Sainte-Croix a, dans tous les siècles, servi de retraite k un grand nom* bre de personnes de la naissance la plus illustre, qui lui ont fait beaucoup d'honneur, lorsqu'elles j ont apporté ou lorsqu'elles sont venues y puiser l'esprit d'humilité et de renoncement que leur enseigne le saint législateur des moines d'Occident.
Au IX* sicle, l'impératrice Judith, séparée violemment de son époux, Louis le Débonnaire, par des enfants dénaturés, passa deux ans au monastère de Sainte-Croix, qui devait beaucoup k la généreuse protection de son royal époux, et elle donna aux religieuses la plus ff rende édihcation par sa ferveur et sa fidélité exemplaire k remplir toutes les observances de la règle.
Un demi-siècle après, Botrude, fille de l'empereur Charles le Chauve, était élue ai)besse de Sainte-Croix.
Au XV*, xvi% xvir et xvm* siècles, l.i môme dignité est fort souvent occupée par les filles de la maison royale de France. On compte parmi elles Anne d'Orléans, sœur du roi Louis Xll (U8&} ; Louise de Bourboo, fille de François de Bourbon, comte de Vendôme (1533) ; Madeleine de Bourbon, sœur d'Antoine de Bourbon, père de Henri JV (153bj ; Jeanne IV de Bourbon, fille de Louis de Bourbou-Hontpensier (1570) ; Charlotte- Flandrine de Nassau, sa nièce (1605) ; enfin, Louise-Claudine de Bourbon-Busset (1780).
A côté des noms de ces illustres et pieuses princesses figurent les noms des plus antiques maisons de la monarchie.
Catherine de la Trémoille se fait remarquer par sa tendre dévotion auprès de la très-sainte Vierge (lOM) ; Diane-Françoise d'Alfretgouvernesa maison avec une sagesse exemplaire pendant trente ans (1650) ; Françoise de Laval-Hontmorency attire sur son monastère la bienveillance du roi Louis XIV, qni lui écrivait souvent et lui donnait dans sa correspondanceHe titre de cousine (1696).
Nous pourrions encore signaler beaucoup d'autres abbesses dont un souvenir d*amoar et de respect vivra toujours dans le monas* tère de Sainte-Croix. Mais celle dont le nom est le plus profondément gravé dans tous les cœurs est MmeCharlotte-Flandrine de Nassau, fille de Guillaume de Nassau, prince d'Orange, et de Charlotte de Bourbon. Née et élevée dans l'hérésie, elle fit abjuraiioo dans l'église de Sainte-Croix, le 15 août 1588, àl Age de 10 ans; elle reçut le voile en 1590, fit profession en 1593, et devint abl>es56 par la démission de sa tante Jeanne IV de Bourbon, arrivée en 1605. Elle édifia son monastère pendant un demi-siècle par la
!)ratique de toutes les vertus qui font la par* aite religieuse.
Quelques années avant sa mort. Mme de Nassau fit b&tir le prieuré de Sainto-Croi!i
CRO
DES ORDRES RELIGIEUX
cno
ftWI
des8al>l6»-d'(Maiine (Vendée), qui lai coûta, dil*M, cioqaaole mille éoua aor. Elle ne yil ftts ion œuvre achevée. On raconte que des vaisseaux anglais éUtîent chargés de grandes valeurs pour le nouvel établissement, lorsqoe,au bruil de la mort de la pieuse fondatrice, ceux qui les montaient' retournèrent aossilM en Angielerre avec leur trésor. Si te tait est exact, ne ponrrail-on pas y voir le doii^dela Providence? Ne se platt-elle pas i ravir aux siens tes ricbesses, qui sont trop souvent un obstacle à la perfedton évengé- Kque?
Qoanl h rancteB monastère ,. fondé pàt saime tadégonde, ruiné quatre ou cinq fois («r les guerrea et restauré k diverses reprises, il fut en partie détruit pendant la révoltttioii de 1793. On y comptait alors vingtoeuf religieuses de chœur et treize sœurs converses. C*s qui en reste sert aujourd'hui de logement k révèque de Poitiers (1). Les locii^oues religieuses de Sainte-Croix, que raisûur de leur saint état rassembla, aussitôt après latourmente réTOlutionnaire,dans une ■aison particulière, sous Taile maternelle de la grande Prieure, Mme de Fayolle, s^é^lablireut, en IBOB, le plus près qu'elles pu- Mïii» leur antique demeure. A cet effet, elles acquirent les bâtiments du doyenné de la cathédrale, qu*elles ont beaucoup augneoiés depuis, et reprirent leurs exercices ré^oliers (2).
A la mort de Mme de Fayolle, au mois daoflt 180», Mone Adélaide-Radégoode d*Ar-
(eoee fut élue supérieure; elle a gouverné smoBasIère jusqu'à Tflge de 82 ans, perpétaaatdaos la nouvelle communauté les soun&irs édifiants de Tancienne abbaye. Elle BOttrotan moi« de juillet 1836. Mme Joséphine de Marans lui a succédé, et est anjouril'boi supérieure (3J.
Si rbumble communauté de Sainte-Croix o'a pas, aux yeux du monde, l'éclat de la royale abbaye, elle puise datis sa ferveur et soo zèle, pour la règle de Saint-Benoit, une sève oui lui promet la vie. File perpétuera doncoans Tantique cité des Poitevins/l'œuvre si chère au cœur de sainte Radégonde, soo illustre patronne, et elle peut tout attendre de ce que lui garde revenir.
Eo ISfiS, les mains sacrilèges des proteslAnts livrèrent aux flammes les précieuses relîqoes de sainte Redégonde. Une jeune fille eut le courage de retirer des cendres eo oiorneau du crâne et un autre morceau du Ivas de la sainte reine, qui furent fidèlement
(I) Les bèUmaiis de Tancien évéché composent av|Mnl1ioi Tb^el de la préfecture. Si on eûi laissé c^ue choee à sa place, quelques-uns y eussent pnt^étre bien perdu; mais Pesprii de jusiice et le rt^pect du droit j eussent assurément gagné...
^ La dèture n'a été rétablie que le 29 février |S37. Par sslte d*ane ordonnance de Mgr de M«iU6, évèqae de Poitiers, réieciion de la supéncare,^ii a les droiu a raotoriié de Tabbe^, Savoir lieu tous les trois ans.
' ^ Ce a*csl pas U première fois que ce nom si MsanUoDeiil porté figure sur la liste des pieuses ^ de sainte ftadégoode ; la reine Marie de Hé-
remis à l'abbesse de Sainte-Crofx. (Tétait alors Madeleine de Bourbon. Elle fit conserver pieusement ces restes vénérables, qui, plus tard, par les sorns de Tabbesse Plan- (irine de Nassau, furent encbftssés dans la partie antérieure U*un budie d'argrat doré.
Après avoir échappé, en 1793, aux mains rapaces qui se sont emparées de leur rîcbé enveloppe, ces reliques insignes ont trouvé naguère un lieu de repos digne d*elles, et elles sont confiées à la garde des pieuses filles de sainte Radégonde, qui les tiennent pour l'un de leurs plus précieux trésors.
Les dames de 8ainte*Croix possèdent en outre la croix de métal que leur sainte fondatrice faisait rougir pour exercer sur ellemême la plus rigoureuse pénitence (4), et cette relique est robjet d'une pieuse convoi«lise de la part de tous ceux qui souffrent.
L'bumble trésor de Sainte-Croix peut aussi montrer aux curieux un petit meut>le que Ton dit, et qui peut, en effet, avoir servi à la sainte reine : c'est un pupitre en bois de otièna sculpté couvert d'attributs religieux» parmi lesquels on remarque les symboles des qûatres évangélistes (5).
On voit encore è Sainte-Croix une statue tie la très-sainte Vierge, bien Vénérable et bien ancienne, qui a opéré un ^rand nombre de miracles, et qui, dit-on, a été bénite par saint Martial, quand il évangélisa l'Aquitaine.
Cette statue a été ornée et embellie par Mmes de Nassau, de la Trémoilte, d'Albret, de Navailles, de Laval, abbesses de Sainte- Croix, qui y ont eu une grande dévotion» Suivant une antique traditroti, sainte 'Radégonde, en arrivant à Poitiers, trouva cette statue dans une petite chapelle de recluses» lesquelles en firent don a la sainte reine lorsque son monastère fut achevé.
Quant au morceau considérable du bois adorable de la croix du Sauveur, que lustin le Jeune, empereur de Constantinople, envoya à sainte Radégonde avec une croix enrichie de pierres précieuses du Levant et un livre d'évangiles couvert de lames d*or, H e^t encore en la possession des pieuses filles de la sainte reine; Tor, les pierreries ont disparu en 1*293 pour enrichir quelques mains sacrilèges; mais le trésor le plus digne des adorations et de l'amour des fidèles a toujours été protégé contre d^indignés profana-r tions. Ce gage mystérieux de l'amour de Dieii pour les hommeSi ce titre authentique au-
dids, mère de Louis XIII, k son passage à Poitiers, lit enl^er à Sainte-Croix une jeune fille du nom d*Angélique de Marans, qu'elle était heureuse de placer sous la direction delà saune abtesse d'alors, Flandrino de Nassau.
(4) Cette croix a qnaare branches presque égales, douze centimètres de hauteur ; elle est en fer. On croit que les trous dont elle est ^rcée serraient autrefois a flier les pointes aiaoes qui devaient pénétrer dans les chairs de la sainte reine.
(5) Ce pupitre a iO centimètres de hauteur sur le devant, 16 à la partie postérieure. U a M centimètres de large sur i2 de prolondeur.
DEL
DICTIONMAIRE
DEL
quel elles doivent le beau nom qu'elles portent, les religieuses de Sainte-Croix le possèdent encore, et elles le regardent avec raison comme la plus belle portion de leur iiéritage.
Con$(iiuiionsetri§le$du monoiiire de Sainte-
Croix.
Les filles de sainte Radégonde, en se coilsacraot k INeu par les vœux solennels de pauvreté, de chasteté et d*obéissance, en s'obligeant à travailler sans cesse à Tacquisition des vertus religieuses , s*adonnent spécialement k la prière, k Toraison, k Texamen, k la lecture spirituelle^ tout en instruisant et dirigeant dans les voies du salut les jeunes Ames confiées k leurs soins (1).
Les religieuses de chœur suivent les cérémonies et les rubriques du Bréviaire romain, chanté, autant qu*on le peut, avec les fôles propres del'ordre du monastère et celles du diocèse de Poitiers. Quant aux sœurs converses, appliquées aux gros ouvrages, elles disent, si elles savent lire le latin, 1 office de la sainte Vierge. Toutes les autres ré^ citent des Poler et desili^, et quelquefois le rosaire.
La nourriture est simple et sans aucune recherche. Le pain est de la médiocre qualité. On fait trois repas aux jours ordinaires, et, les jours déjeune» on n*a que le dîner et la collation.
On fait gras le dimanche, le mardi et le jeudi.
On fait maigre les autres jours, ainsi que ctepuis le dimanche de la Septuagésime juscruau mardi de la Quiuquagésime, Tun et Tautre inclusivement, et les jours entre TAs* cension et la Pentecôte.
On jeûne tout TAvent, ainsi que les vendredis de Tannée semi-doubles. Ce sont les saints dont on fait l'office qui règlent les jeûnes : si la fêle est sous le rit double, on ne jeûne pas. Depuis le \k septembre, on ajoute les mercredis aux jours de jeûne, et le lundi depuis la Toussaint jusqu'au Carême.
On doit se servir de vaisselle d*étain; mais, faute de celle-ci , on peut avoir la plus commune faïence.
On doit se lever la nuit pour dire Matines et Laudes. Quand on ne se lève pas la nuit, on les dit k 8 heures.
Le réveil est en tout temps k S neures et le coucher k 10 heures.
Les dames de Sainte-Croix pratiquent le
{^lus rigoureux silence, etcepté depuis la ecture jusqu*k Vêpres, c*esl-k-dire depuis
(1) Afin de perpétuer les traditions de Tandenne abùave, les religieuses de Ssinte-Croii, malgré le peu de ressources dont elles peuvent disposer, tienttem à hooaeiir d*éiever toi^ours une ou deui Jeu-
(â) Voy. à la On do^voi., n« C4.
9 heures jusqu*k 9, et pendant one heure, depuis le souper jusqu'à l'office de Matines ; elles s'exercent aussi k cette charité dont
rirle saint Benoit, que ce Père recommande ses enfants, et dont il veut qu'ils se donnent des témoignages eu se rendant k l'envi une^ obéissance parfaite.
hàs religieuses de chœur conservent leur nom de famille^ et les sœurs converses |H)rieni le nom d'un saint oa d'une sainte qui leur est imposé le jour ou eliee sont reçues comme postulantes.
On n'a égard ni k Tftge, ni k la naissance, ni a aucune dignité dont on aurait pu jouir dans le monde; ainsi, k l'exception de celles
2ue la révérende Mère supérieure aurait levées ou rabaissées, soit pour leurs talents ou pour quelque raison particulière, toutes les religieuses gardent le rang de leur entrée au monastère.
Les lits sont d'un bois simple et commun^ garnis d'une paillasse etd un matelas, le tout conforme kla pauvreté religieuse.
Làs draps sont de toile, seulement en été, car on porte la laine depuis la Toussaint jusqu'au mois de mai.
Par leur vœu de pauvreté, les dames de Sainte-Croix se dépouillent du droit de posséder en propre quelque chose que ce puisse être; néanmoins, le linçe k l'usage de chacune des sœurs est toujours distingué |>ar une marque particulière, et on le leur distribue chaque semaine.
Costume des religieuses de SaitUe-Croix.
Le costume des dames de Sainte-Croix se compose d'une robe d'étoffe noire commune et de bas prix; elle descend k fleur de terre par devant, et traîne environ d'un tiers par derrière. Les manches vont jusqu'au bout des doigts. Lajupe et le scapulaire sont noirs, de même étotie que la robe, et ce dernier est delà même longueur. Elles portent une ceinture de laine noire» k laquelle pend un ro* saire.
La guimpe est de toile blanche et ordinaire.
La coiffure consiste en un capucboot un velet et un voile do laine noire.
Le 'grand habit de Saint-Benoit, qui se porte aux annuels, est aussi de laine noire, de la même longueur que la robe.
Les novices de cluBur sont habillées comme les professes, k l'exception du voile, qui e^t blanc, et du manteau qu*on ne leur donne que le jour de leur profession.
Les sœurs converses portent une jupe blanche et le scapulaire sous la ceinture. 2j
nés personnes appartenant k des familles rfeooimandables, mais pauvres, et auxquelles elles Uvit* nent gratuitement les bienfaits (fune boune ^jcailOn.
DEL
DES ORDRES RELIGIEUX
ML
DËLIVRANDE (Rbuoibusbs 9B NoTas-Diiu
DB la).
Cette société noavelle, sortie en quelque sorte de la communauté de la Charité de fiayenx, nous a fourni les renseigQement3 intéressants que nous donnons ici et qui la feront connaître.
Mlle Henriette lé Forestier d*Osseville naquit à Rouen, le 19 avril 1803, d*une des premières familles de Normandie. Aussi distinguée par les vertus que par la naissancei Mlles d*Osseville avait eu le bonheur de compter parmi ses grands oncles M. de Bernières, trésorier de France, mort en odeur de sainteté dans le xni* siècle.
Appelée du Seigneur ï se consacrer à lui sans partage» Mlle d*Osseville sentit un attrait particulier pour la Délivrande et pour fonder sous féeride miraculeuse de Marie rétablissement futur que le Seigneur voulait créer en ce lieu de bénédiction.
Dirigée dans sa pieuse entreprise par le vénérable supérieur des missionnaires du diocèse qui sont établis à la Délivrande, M. l'abbé Saulet, elle alla d'abord s'instruire des devoirs de la vie religieuse dans le couvent de la Charité de Bayeux, qui est sous la règle de Saint- Augustin. Elle emmena quelques compagnes dont les noms méritent d^ètre recueillis : Mlle Puichérie le Sergeant d*Hendecourt, et Mme la comtesse de Falois, tante maternelle de notre digne fondatrice, veuve du sous-préfet de Vire. Après un an de noviciat et d'épreuves de tout gen* re, après avoir prononcé ses vœux sous le nom de soaur sainte-Marie, elle obtint de Mgr Daniel, évèque de Bayeux, l'autorisation d'aller avec ses compagnes commencer uo établissement à la Délivrande, sous les mêmes statuts, règles et constitutions que celles du monastère de Bayeux, demeurant toutefois complètement indépendantes de cette maison, et le monastère fut définitivement fondé le 26 février 1831. La fin particulière de cet institut est l'instruction et l'éducation des pauvres petites orphelines et autres dépourvues de secours, et même aux petites filles hérétiques qui désireraient de se convertir. Aux trois vœux solennels de |)auvreté| chasteté et obéissance» les religieuses ajoutent un quatrième vœu, de s*eoi ployer à l'instruction et éducation des pauvres petites filles pauvres.
Avant d'entrer dans le détail de ce qui concerne la communauté de la Délivrande, nous dirons ici que la fondatrice de Tordre
B-ifuitif fut Mlle Marguerite Morin, fille de . Philippe Morin, t>ourgeois de Caen, et de dame Marie Bourdon. Elevée jusqu'à qoînxe ou seize ans dans l'hérésie, elle résolut d*embrasser la religion catholique et se convertit. IMus tard, pressée de se consa-
crer à Dieuet de donner asile aux petites filles pauvres, elle fonda vers le milieu du xvii* siècle un monastère à Bayeux, qui reçut des constitutions en 1699 de Mgr de Nesmond, évêque de Bayeux, et fut placé sous la règle de Saint- Augustin. Mlle Morin. reçut en religion le nom de sœur de Jésus.
A répoque de la révolution de 1793, les religieuses de cet institut furent obligées, pour un temps, de se soustraire h l'orage et se séparèrent; après la tempête, elles se réunirent de nouveau à Bayeux, t)erceau de l'ordre. Cette communauté était animée d'un véritable esprit religieux lorsque Mlle Hea« riette d'Osseville vint avec ses cpmpagnes y faire son noviciat.
Bevenons à rétablissement de la Déli« vrande, constitué en monastère Je 26 février 1831.
Par les soins et Vactivîté de Mme de Sainte- Marie, la maison a pris successivement de frands accroissements. On commença, dès origine, è donner des soins aux jeunes personnes dont la taille était délicate, et 1^ traitement orthopédique favorisé singulièrement par le voisinage des bains de mer, si propres è consolider des tailles faibles, compta quelquefois jusqu'à quarante pensionnaires.
En 1835, des retraites séculières furent établies dans la communauté pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes. Elles commencent chaque année le jeudi
Îui suit la Pentecôte et durent huit jours, rois ou quatre cents personnes viennent dans la solitude réfléchir sur leurs devoirs» méditer sur la brièveté de la vie et Timportance du salut.
Ces retraites sont prèchées par MM. les missionnaires dont le zèle apostolique, la piété et le dévouement ne connaissent pas de bornes, et qui par leurs vertus et leurs talents gagnent chaque jour un nombre infini d'&mes è Dieu.
Au mois d'août 1842, Mme la comtesse de Saint-Léonard, qui prit en religion le nom de sœur du Saint-Cœur de Marie, vint passer
Smelques mois dans ce monastère pour se ormer à la vie religieuse avant d'aller fonder, à Blon, près Vire, Tordre des Filles du Sacré-Cœur de Marie, destiné à l'éducation des enfants pauvres dans les campagnes.
Elle emmena avec elle, k Blon, une des orphelines pour première religieuse. Bient6t plusieurs autres jeunes personnes vinrent se joindre k elle : cet ordre est aujourd'hui en voie de prospérité et procure ta gloire de Dieul
Aux différentes œuvres entreprises dans le monastère, vint s'en joindre une nouvelle, également précieuse pour le bien de la reli* gion et de la société. Le vénérable foudateur, M. Tabbé Sftulet, voulut établir un
DOC
vyt
Censionnat en 1817, et procurer ainsi à Tétalissement une ressource annuelle pour la subsistance des pauvres orphelines.
Vers 1848, le monastère corontait dans son sein quarante professes de chœur, treize converses, et vingt-trois sujets novices ou )>ostu1antes; soixante-dix à quatre-vingts orphelines; mais le Seigneur vint bientôt séparer des soetTrs tendrement unies par les liens de la charité |)oar les envoyer sur le sol de Terreur travailler h sa gloire et & la conversion des âmes.
Mgr Wiseman, évoque de Londres, et M.
rabbéQoîblier, Sulpicien, désiraient depuis longtemps voir établir k Londres une maison religieuse oui s*occupât de recueillir les pauvres orphelines abandonnées aux dangers de l^erreur et de ta corruption.
Un appel fut ftit au monastère de la Délivrande, et le 19 septembre 18U, douze religieuses de choeurs, cinq sœurs converses et une tourière au nombre desquelles étaient lime de Sainte-Marie, nommée supérieure de cette nouvelle colonie, s'embarquaient au Havre pour aller fonder un monastère de cet ordre h Norvood, faubourg de Lon-* dres. Elles furent conduites par le vénérable Père supérieur et par M. le comte d*Osseville, fondateur de la communauté de la Délivrande.
Déjà huit sœurs sont allées rejoindre leurs anciennes compagnes, l'établissement est en YOie de prospérité. Soixante-dix orphelines, arrachées à Terreur ou h la séduction sont recueillies dans l'enceinte de ce nouvel établissement qui occupe un terrain considérable. Tout Tait espérer que le dévouement et les sacrifices de tous genres qui oui accomiiagné cette nouvelle fondation,attirera de plus en plus les grAces du ciel sur cette nouvelle colonie qui reste unie & la maison de la Délivrande, et ne forme qu'une seule et même maison avec elle; la supérieure aussi bien que le noviciat général v font leur résidence. Nous avons obligation de ces renseignements i M. Tabbé Bedel. Depuis qu'il nous les a fournis, nous avons appris que quelques-unes des religieuses de cet institut de la maison d'Angleterre, par permission et exception, quittèrent leur clôture pour aller secourir les soldats de l'armée d'Orient, lors de la fameuse guerre de Crimée, qui finit par la prise de Sébastopol. Des diflicultés qui s'opposaient à Texeroîce libre de leur zèle, les obligèrent à revenir bientôt.
DIITES, religieux à ConsiatUinopU
On appelait Diites les religieux qtiî habitaient k Constantinople le célèbre monastère nommé Die, qui avait été fondé par Tabbé Die, comme nous apprend Berniiii dans son Histoire des hérésies, pageSTO. Nous apprenons aussi deNarzi,dans sa Notice des mots ecclésit.«liques, que ûiidum était le nom du rnonasièrequi reconnaissait ponrîbndateur saint Die, archimandrite dont il est fait mention pana le Méoologe çrec au 19 juillet. Dans le Martjrologe romain on lit le mémoire sui~
(I) Vojf. h la An du >ol., n^' W, 6«.
Tant : Comiantinopoliê^ natalit monaehorum tnartyrum monasterii DU 8 Februarii.
DOCTRINAIRES [Du rétablittement des Doctrinaireêt imtitu/t par le Vin. César de BuSf à Cavaillon (Vaucluse).
La congrégation des prêtres séculiers de la Doctrine chrétienne, que le vénérabla César de Bus avait fondée à Cavaillon, vers la fin du XVI' siècle, a été rétablie en 1850, après onze ans d'interruption; le général des Doctrinaires, le très-révérend P. FraiH çois de Réza, exauça les prières qui lui forent adressées, et Sa Sainteté Pie IX, par son bref du 17 janvier 18S0, daigna autoriser l'établissement et le noviciat dans celle même ville. Ce fut Mgr Debelay, archevêque d'Avignon, qui les revêtit le 16 maideTnabit des Doctrinaires et ayant reçu dispense de six mois de noviciat, ils firent leurs vœux le 25 d'août de la même année, entre les mains du R. P. Genella, que le bref déjà cité nommait supérieur de la maison de fondation avec pouvoir de provincial ad trien* nium.
Heureux de ce titre d'enfant du vénérable César de Bus dans une ville que ce saint
{urètre avait édifiée et catéchisée avec tant de i'uits, ils se mirent aussitôt i l'œuvre. M. Ailliaud, directeur-supérieur, comme curé de la paroisse, adopta avec empressement la méthode établie et pratiquée avec tant de succès par le fondateur. Les premiers Pères, quoique presque sans ressources, mais aidés et soutenns par la confiance en la Providence, dont la protection fut visible, ouvrir rent un établissement d'une iDstruction secondaire qui réunit» en moins de trois an$« cinquante élèves, d'abord dans la maisoii dite de Jean, puis dans celle de Saiut- Roch.
L'année suivante leur fournit une tâcbe encore plus conforme h leurs goûts et à leurs vocations de catéchistes. Le Jubilé les appela, ainsi que le R. P. Genella, dans plu* sieurs des paroisses du diocèso d'Avignon, d'Aix et de Fréjus. Pendant trois ans le Seigneur soutint leurs forces et il lui a plu de Bénir leurs efforts et ceux de leurs confrères, qui, par dévouement pour leur renaissance^ voulurent bien s'adjoindre à eux dans ces missions où le catéchisme eut une grande part.
Quelque humble qu'elle fût, la fondation fut connue du public. Des demandes leurs furent adressées des divers fHiints de la France, on leur proposa des stations h pré* cher, des établissements secondaires è fonder dans les t)ourgs et dans les villes; mais ti'op peu nombreux, ils ne purent d*aborJ accepter ces olTres honorables lyirca qu'iU avaient besoin de se former dans la re* traite.
Il fallait aussi que le creuset purifiât k berceau de cette œuvre; que le grain restit longtemps caché eu terre et qu'il fût foulé aux Dieds avant de monter en épi. Colle consécration n'a \)às manqué aux Doctrinaires de la Doctrine chrétienne, il y eût
DOC
DES ORDRES RELIGIEUX
DOC
des orages et des contradicteurs ; par le retour i Rome de leur supérieur localy ils furent exposés à de aouvelles tempêtes que rbomme ennemi a suscitées contre une œu-*, vre qui est appelée à faire du bien aux âmes. Mais ils n'oublièrent pas les dernières paroles que leur adressa le R. P. Novorico : i Avez confiance, le Ciel ne sera pas toujours séyère. »
Ce qui adoucissait leurs épreuves c*est que Mgr Tarchevéque fut j)our eux un père plein de tendresse, qu il appela toujours les bénédictions les plus abondantes sur cette maison ; c*est la peine qu'ont toujours exprimée les Pères de famille quand ils furent sur le point de fermer momentanément leur collège: pour devenir de dignes ouvriers, ils prièrent, ils étudièrent; ils se sont pénétrés de Tesprit de leur vénérable Père, pour reprendre ensuite avec plus de zèle le collège et renseignement de la docirine chrétienne dans les missions; ils firent de nouveaux efforts; les sacrifices nouveaux ne leur coûtèrent rien pour être dans toutes les rencontres les humbles coadiuteurs et les serviteurs de leurs confrères dans le sacerdoce. Ils s^efforcèreiit de faire revivre en eui Tesprit de leur vénérable Père, César de Bus; à son exemple, ils chérissaient pardessus tout leur titre de catéchistes des pauvres.
Dieu a béni des sentiments si purs, des protêts si désintéressés ; des prêtres respeotables, des ecclésiastiques et des laïques pieux se sont présentés pour coopérer à cette œuvre de dévouement.
La vie d'un prêtre fidèle observateur des rô-
illes de TEglise, remplissant avec ferveur les onctions sacrées, catéchisant les pauvres, donnant des missions, des retraites publiques et privées, mais vivant, par choix» en communauté, se précautionnantcontre rinconstance humaine par des vœux simples, de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, telle est la vie du doctrinaire, le but de ses efforts, le service qu'il veut rendre à TRglîse.
Jamais Tinstitution de la Doctrine chrétienne ne fut plus nécessaire qu'aujourd'hui è la vue des efforts faits depuis un siècle pour saper dans les cœurs les principes de foi, de morale «t d'ordre , et d'y établir à leur place.les plus funestes doctrines; il n'y a pas jusqu'à l'enfance qui ne ressente les tristes influences de l'esprit désorganisateur, que l'impiété asouiQé comme un poison sur notre pays. De quelle utilité ne peut donc pas être une congrégation qui a pour mission d'instruire et de catéchiser la jeunesse, de foire naître et de graver dans! son cœur les principes de foi et de morale qui en feront des fidèles serviteurs de Dieu et de l'Etat.
Cette tâche est aussi laborieuse qu'obscure; c^est le propre des cœurs généreux de s'y livrer» c'est l'union des deux liens de la charité et de la consécration religieuse qui lotte contre l'égoisme, qui semble vouioir tout envahir. Le zèle de la maison de DieUi
DlCTlOHlI. OIS OaORKS REUtf. IV,
le feu brûlant de la charité que Jésus-Christ est venu allumer dans toutes les âmes peuvent seuls inspirer et soutenir ce courage et ce dévouement. >
Dans sa bulle du 6 octobre iSTl, Pie V^ ordonnant aux pasteurs d'établir dans cba^ que paroisse des congrégations de la Doo'* irine chrétienne pour l'inatruotion de leurs' ouailles, avait jeté dans l^glise l'idée de l'institution, dont le vénérable César de Bus fut le fondateur. Quelques années plus tard, ce vénérable prêtre, ne à CavailIon,.Comtat Venaissin, eu iikk, distingué par sa naissance et par ses talents, autant que par la sainteté de sa vie, fut l'instrument de ia Providence pour réaliser la pensée du saint Pontife.
Après les efforts et les contradictions nécessaires aux œuvres de Dieu qui commencent, César avec les pieux compagnons qu'il s'était associés pendant son séjour à Cavaillon s'établit à Avignon, l'an 1592, dans l'église de Saint-Proxède. Cinq ans après, Clément VIII sanctionna cette association par une bulle spéciale et lui concéda le vaste local de Saintrslean le Vieux, d'où les doctrinaires retinrent le nom de Saint-Jean. A la fin cette congrégation, qui offrait aux membres du clergé séculier, une partie des avantages des ordres religieux, prit de tels accroissements que trois provinces furent constituées avec privilège d'un général français, la première à Avignon, la deuxième i Toulouse, et la troisième à Paris, sans parler des trois autres provinces qui sétablirent à Rome, à Naples et à Yvree en Piémont. Le bienheureux César de Bus mourut à Avignon en 1607 après avoir édiâé Jes contrées du midi par ses vertus, perses fondations pieuses, au nombre desquelleè il faut placer en première ligne rétablissement des trsulines, et par ses travaux apostoliques.
Une telle extension développa le bot primitif, et les enfants du vénérable César de Bus, devinrent non^eulement des catéchistes, mais, encore les prédicateurs de la Doctrine chrétienne.
lis enseisnaient dans les chaumières et dans les villes; ils dirigeaient les catéchismes non-seulement des petits enfants, mais aussi des collèges, des séminaires, des pai roisses populeuses. Aider avec le zèle d'une humble charité les pasteurs dosâmes; occuper eux-mêmes les postes les plus humbles dans l'exercice du saint ministère ; donner des missions, des retraites publiques et privées et puis devenir les infirmiers des vétérans du sacerdoce, en leur offrant asile dans leurs maisons, telle est la vie publique des prêtres séculiers de la Doctrine chrétienne du vénérable César de Bus.
Leur vie privée n'est autre que la vie ordinaire d'un prêtre séculier, mais vivant eu commun. Mêmes exercices de piété, même liberté pour les occupations du ministère, même habit, complété par le petit manteau lonç français. Seulement après l'année du noviciat, les prêtres ou frères (ces derniers sont employés au matériel des maisons), se
ta
DICTIONNAIIIE
DOC
lient à la congrégation par des vœux simples de pauTretéy de chnsteté et d^obéissance.
Voilà Tinstilution que la tourmente rëvoiQtionnaire supprima, du milieu de nous, mais que l'Italie sut conserver pour des temps plus heureux. Depuis que se réveillent parmi nous les instincts du dévouement religieux, qui s'associe pour le bien de tous, l'institution du vénérable César de Bus nous a été rendue; elle nous est revenue de Rome à laquelle nous l'avions donnée.
C'est le 29 décembre iSkd que Mgr Debelaj, archevêque d'Avignon a exaucé les vœux et couronné les enorts de plus de onze ans que faisaient des prêtres zélés. Dès lors le général des doctrinaires et la congrégation des évAqnes et séculiers onl obtenu de Pie IX le rescrit du 17 janvier 1850, qui, en admettant à la profession, après six mois de noviciat seulement, nomme S. Gr, M^r Tarchevèque d'Avignon, visiteur apostoh-
Sue et le R. P. Gonella, de la province de lOme, recteur de la maison et du noviciat de Cavaillon.
Malgré les diflRcullés d'un premier établissement nous avons foi que Dieu et Marie béniront cette œuvre. Elle croîtra comme un grain de sénevé; elle retrouvera, nous l'espérons, avec le sol natal, le dévouement et la force pour abriter la jeunesse qui a besoin de rencontrer la religion à c6té de la science, l'Age uiûr qui réclame avec la saine doctrine de TEglise la paix du cœur, les prêtres, oui désirent mettre en commun les travaux de leur pénible apostolat, enfin les vétérans du sanctuaire qui trouvèrent toujours en nous des frères, des amis heureux de leur adoucir les angoisses, quelquefois si grandes pour le prêtre devenu vieux ou in< ^ firme.
DOCTRINE CHRÉTIENNE (Congrégation
DES FrÉR£S DB la)
L*origine de la congrégation des frères de la Doctrine chrétienne du diocèse de Strasbourg est toute récente. Un premier essai fut tenté en 1821. L'ordonnance royale qui autorise la société comme association «haritable pour l'enseignement primaire et lui permet de recevoir des legs et donations, est datée du 5 décembre de la même année.
C*est M. l'abbé Ignace Mertian, alors supérieur des sœurs de la Providence à Rimauvilliers qui fil cette Uentalivo en faveur des écoles primaires a'Alsace; mais elle u'-eut que peu de succès parce aue la congrégation des sœurs, déjà fort développée, absort)ait Tattentien du fondateur.
L'œuvre fut reprise sérieusement en 1843. M. Louis Mertian, frère du précédent, riche négociant à Paris, ayant donné une partie de sa fortune, notamment sa terre du Willerhoff prèsSchelestadt, aux orphelins d*Alsaco il fallut donner des maîtres à
(1) L*lnsiUut possèoe actuellement i noviciat, I ponsiminat primaire, 1 orphelinat et 8 écnlos. Il n'a pas encore, juBqu*à présent, fondé d'établisse-
ces enfants. On ouvrit un noviciat avn la concours momentané des Pères de la Corn* pagnie de Jésus. Le R. P. Schneider actuellement missionnaire au Canada, est celui d'entre eux qui y coopéra le plus efficacement.
M. Ignace Mertian venait de mourir.
M. l'abbé Racher son successeur, continua sa protection aux frères de la Doctrine chrétienne et l'abbé Eugène Mertian fut spécialement chargé de la direction de celte œuvre ; ce dont il s'aquitte encore aujourd'hui.
I^ petite congrégation fut bénite et encouragée dès son origine par Mgr l'évèqoe de Strasbourg et fut accueillie par les approbations unanimes du clergé aiocésaiD(t).
Elle a pour but de procurer la gloire de Dieu par l'éducation des enfants du peuple. Elle se charge de toutes les œuvres propres à atteindre cette fin, telles que : écoles primaires d'enfants , d'apprentis, d'adultes ; pensionnats primaires; écoles normales, écoles d'agriculture; asiles pour les orphelins, les sourds-muets, les aveugles, les jeunes détenus, etc.; écoles de musique religieuse, soin des églises et des sacristies.... Les frères sont unis à Dieu et entre eux par les vœux ordinaires de religion, temporaires pour les uns, perpétuels pour les autres. Il y a parmi eux quatre degrés, savoir : les postulants, les novices, les frères associés et les frères profès.
Le postulat dure un temps indéterminé.
Le noviciat est de deux ans.
Les frères associés sont ceux qui ne font que des vœux temporaires pour cinq ans.
Les frères profès sont ceux qui ont fait des vœux perpétuels : ils forment le noyau de la société, sont admis è son gouvernement et ajoutent aux trois vœux, celui de 5e dévouer au service des enfants pauvres.
Tous les frères peuvent ôtre emplor(^s indifféremment à l'étude et au travail, selon que les chefs le jugent plus convenable pour la gloire de Dieu.
L'âge qui semble le plus favorable è l'admission des sujets, est celui de quinze à vingt-cinq ans.
Lorsque ceux qui sont destinés à Tinstruction ont émis leurs vœux et qu'ils sont munis du brevet de capacité qu'exige la lou c'est-à-dire auand ils sont assez solideuiera établis dans la vertu et dans la science pour faire honneur à notre sainte religion qu lis représentent d'une façon toute spéciale dans les rangs des instituteurs primaires, on leur permet d'entreprendre Téducation de la jeunesse dans les communes dont les autorités les demandent.
On consent k ce qu ils ne soient que dcui ensemble. Ils font eux-mêmes leur ménage et sont organistes et sacristains en même temps qu'instituteurs. C'est par ces dilîêreuts points qu'ils se distinguent de la plu-
menia hors du diocèse de Strasbourg. Le cfaeMira de la Icongrégation est à llUaeuheiiD, prés Sclielestadt (B4i-iiliiiO.
DOC
DES ORDRES RELIGIEUX
DOC
^des ooogrégations de frères déià exis* tsutes, et qu'ils se fonl particulièrement déMrer.
Leurs modestes et nombreuses occupations les tiennent dans l'humilité et les sousinieal ani dangers de Toisiveté. Ils partag'fDl leor temps entre la prière» l*étude et le iriuil manuel. Les exercices de piété sont les ffiémes que dans les autres sociétés du même genre. Ils font profession d*un culte lout (àsrticulier eavers la très-sainte Vierge ïsne et récitent tous les jours, outre le r!U(telet, le petit Office de l'Immaculée Gjnceplion.
Ils ont choisi saint Vincent de Paul pour f^tron de l'institut.
lis refiennent tous les ans au chef-lieu éi U congrégation, pour se retremper par 4 retraite dans l'esprit de leur saint état. Li méthode aue Ton suit dans les classes ^t celle quon a|)peiie simultanée-mixte.
Oq met à contribution les procédés d'ensei-^ pemeni les plus accrédités en France et en A .eojdgne. Cela n*empécbe pas que la méihiHie ne soit uniforme et particulièrement I ropre à ménager la santé des maîtres.
Les frères furent autorisés, dès IB&S, par ^ministre de l'instruction public è enseigber la tbéorie et la pratique de l'agriculure partout où les autoriles locales le désireraient
loQiile dédire que des hommes consacrés à Dieu fonl de la religion la base de leur sa^rartion et que Félement chrétien se retrouve dans toutes les branches de leur en- Hiigoement : sauver les flmes, graver dans les esprits la véritable sagesse et conserver les ooBorf des enfants dans l'innocence, tel est le premier but des maîtres et leur unique iffibitioo. Le costume des frères consiste en QoesouUnelle à collet droit, de drap bleu i(^ncé,eoan pantalon et un petit manteau C3 collet de même étoffe, une calotte de ^^p noir et un chapeau de feutre commun, lis De portent le petit manteau qu'en hiver ei en tojage. (1)
WCTRINE CHRETIENNE (Congrégation i»u F&àtis DE lâ) au diocèse de Nancy.
dissociation des frères de la Doctrine «réiicnne du diocèse de Nancy a pour un K^ucipale de donner à la jeunesse 1 instructiio primaire et surtout une éducation vrai* oeot chrétienne. Pour atteindre ce but les Wits emploient la méthode d'enseignement ^t le genre d'études qui sont regardés coiDiDe les plus convenables par les sup6- ([leurs.lls tiennent les écoles paroissiales ^issles villes et les campagnes, ils peuvent joindre à leurs fonctions celles de catéchiste, ^e chantre, de sacristain, d'organiste. Ils wul eoYoyés seuls à la demande de MM. les c«ir^, des autorités communales ou des fonwieurs particuliers, avec l'agrément de »^wonté ecclésiastique. Quand ils sont Niieurs, il$ habitent une maison particu- »er«, siuon ils doivent être en pension J^J^^i M. le curé, chez un ecclésiastique ou «•n$ Qoe maison sûre, désignée par M. le
'' ^. i la fin in vol., »•• 67, 69.
curé. Ils exercent leurs fonctions moyennant un traitement. Les rétributions, si elles ont lieu, ne doivent pas être perçues par les frères, à moins d'une raison grave où d'une autorisation spéciale du frère directeur. Le traitement est de 500 francs, quand il y a plusieurs frères, de 250 francs quand il n'y en a qu'un, parce qu'on leur doit alors une pension complète. A l'époque de l'installa^ tion seulement des frères on est tenu de payer à la maison mère 200 francs d'indemnité pour chaque frère. Pour les obtenir il leur faut une maison convenable, un jardin, un mobilier et un trousseau proportionné au nombre des frères. La commune ou le fondateur peut laisser le trousseau et le mobilier à la charge des frères en donnant 1,000 francs pour deux frères, et 300 francs en plus pour chaque frère, s'il y en avait plus de deux. Les frères ne reçoivent rien pour eux; tout don qu'on leur fait tourne au profit de la maison mère; il leur est interdit de donner des leçons à domicile, ils ont avec leurs élèves une place gratuite dans l'église. Les frères font la classe deux fois par jour, la durée est de trois heures. La classe des adultes n'est pas au compte do la commune; ils ont un Jour de congé ordinairement le jeudi.
Le frère directeur se réserve toujours le droit de les changer, pourvu qu'il les remplace et que l'instruction n'en souffre pas. Outre les frères instituteurs, chargés de l'enseignement, il y a des frères coadiuteurs. L'esprit de l'institution est celui de pauvreté et d'abnégation, de foi vive, et d'une confiance sans borne en Jésus-Christ; d'un détachement absolu des choses de ce monde selon la devise qu'il a adoptée : Spes mea Deus; d'un zèle ardent, prudent, éclairé de la gloire de Dieu, d'un désir sincère d'acquérir la perfection et de remplir constamment toutes les obligations de la vie religieuse, afin de procurer le salut des enfants qui leur sont confiés, en les élevant dans la connaissance et la pratique de la religion chrétienne.
Pour être admis dans la congrégation il faut avoir quinze ans au moins et trente au
f)lus pour être frère coadjuteur. Les postaants doivent savoir au moins lire et écrire, être de bonne vie et mœurs, être muni de l'acte authentique de leurs parents, surtout s'ils sont mineurs.
Les qualités exigées pour ceux qui se présentent au noviciat pour l'enseignement sont pour l'extérieur : une bonne constitution, une santé robuste, une figure et une taille avantageuse, une naissance légitime et une réputation à l'abri de tout soupçon injurieux. Pour l'intérieur, de l'aptitude aux sciences, un caractère ferme, mais docile, un jugement sain, des mœurs pures, du goût
Cour l'éducation des enfants et surtout eaucoup de piété.
La durée du noviciat est de deux ans pendant lesquels les novices sont formés aux vertus et à la pratique de la vie religieuse et acquièrent tes connaissances nécessaire»
DOC
pour pouvoir exercer oans l'inslitul les fonctions auxauelles ils seront jugés les plus aptes par les supérieurs.
La pension est de 300 francs par an, tous les frais compris; les |)Osluldnls doivent avoir en entrant un trousseau qui suffise à leurs besoins. Un mois après l*entrée d*un postulant le conseil décide s*il doit être admis ou non au noviciat ; s'il ne convient pas il est renvové ; s'il est admis il est placé avec les novices pour suivre les exercices. Ils peuvent être alimis h prendre l'habit après six mois de noviciat, mais jamais avant rage de seize ans. L'admission est prononcée par le conseil è la majorité des voix ; le novice en prenant Thabit prend un nom religieux à son choix. Après la cérémonie de la vèturo, le novice passe à la maison mère tout le temps nécessaire pour se former aux vertus religieuses et acquérir les connaissances que réclameront plus tard leurs fonctions. Ce temps ne sera jamais moins d'une année. Sur la fin de (a deuxième année les novices qui en sont jugés dignes» sont admis h la profession et prononcent» pour un an seulement les vœux en usage dans l'institution, s'ils ont atteint vingt et un ans révolus.
Les frères instituteurs une fois placés portent rhabiliement, le costume complet et ne sortent jamais sans en être revêtus. Le port habituel du manteau nVst que de conseil.
Les frères de la Doctrine chrétienne de Nancy font d'abord pour un an, les trois vœux ordinaires de religion, de chasteté, d'obéissance et de pauvreté, auxquels ils ajoutèrent ceux de stabilité et de dévouement en l'enseignement en usage dans la congrégation ; à l'expiration de ces vœux, les trères avec l'agrément du conseil, peuvent les renouveler pour un, deux ou trois ans, après lesquels il leur sera libre de le faire pour trois ou cinq ans, ensuite pour dix ans, mais toujours avec la permission du conseil.
Les vœux perpétuels ne sont permis que très-rarement et à des sujets d'une vertu éprouvée. Ils devront être! ftgés de trentecinq ans et avoir obtenu la majorité des su Orages du conseil générai.
Tous les frères qui auront émis les vœux erpéiuels les renouvelleront chaque année
la retraite (générale.
L'observation des vœux est soumise aux mêmes règles que dan^ toutes les maisons religieuses. On failles mêmes recommandations pour les précautions è prendre, atin de les conserver fidèlement, puisque c'c^t ce qui constitue le religieux, tout est en commun chez les frères; ils n'ont è leur usage que l'Imitation de Jésus-Christ, un chapelet, un manuel ou exemplaire de l'institution, un canif et un journal pùTte-feuille.
Si le père ou la mère d'un frère venait à tomber dans l'indigence, l'établissement pourrait venir à son secours avec Tautorisation des supérieurs.
Les frères s'efforcent d'acquérir la vertu d'obéissance dans un degré éunnont ci d'être constamment disposée à faire tuui ce que
l'autorité légitime commande sans nulle réserve et autant que possible sans répugnance, même dans tout ce qu*il y a de plus péni ble à la nature, se persuadant bien qu'il n'j a pas d'autre voie de perfection pour eux.
Les frères ne peuvent être exclus de \r maison pendant toute la durée de leur* vœux sous quelque prétexte que ce soit,< si ce n'est dans le cas d'une désobéissance formelle aux supérieurs en matières considérables ou des délits graves bien constatés contre la foi, contre les mœurs, contre la probité, la sobriété, encore l'exclusion no peut avoir lieu qu'après avoir été avertis trois différentes fois dans le délai de deux mois, excepté dans le cas d'attentat aux mœurs, surtout si la faute avait été publique et avait donné du scandale.
Les frères qui seraient renvoyés ou qui se retireraient volontairement, ne peuvent rien réclamer; cependant, après douze ans de profession on leur remet, à leur dépait, cent cinquante francs. Mais ceux qui veulent quitter volontairement la congrégation, doivent eu donner avis trois mois è l'avance. Dans aucun cas, un frère ne doit quitter l'institution, dût-il se soumettre è de Ki'ândes humiliations et à de grandes souffrances, parce que aucun ordre n'a jamais péri par }>auvreté, et beaucoup ont disparu pour la possession des richesses; parce que Dieu peut bien permettre qu'ils soient exposés è de rudes épreuves, mais il ne les abandonne jamais, |)arce que ce sont les religieux les plus pauvres qui ont snb* sisté plus longtemps et rendu peut-être les plus grands services è l'Eglise.
Les frères doivent regarder Dieu laimêuie dans leurs supérieurs, honorant en eux l'autorité dont ils sont revêtus par rapport à eux, leur porter le plus grand respect, les aimer d'un amour tendre et sincère, éviter tout ce qui pourrait affaiblir l'un ou l'autre; s'ils ne leur montraient pas toute la douceur qu'ils désireraient, ils doivent se convaincre aue c'est pour leur bien, )K)Qr les rendre plus mortifiés, plus modestes, plus humbles, plus détachés d*eux-mèmes et des créatures.
lis doivent avoir une humble et entière confiance dans le directeur général, lui découvrir leurs imperfections, leurs peines, leurs tentations, tout ce qui est nécessaire pour être parfaitement connus de celui-ci; ils sont tenus à l'obéissance envers le directeur particulier, sauf le recours au directeur général. Ils ne doivent jamais oublierqu'ils sont les premières brebis du troupeau confié aux soins du pasteur des paroisses où ils sont placés. Ils doivent donc avoir pour lui une grande déférence, une confiance entière, écoulant avec docilité tous les conseils aui ne seraient pas opposés à leurs règles, lui rendre compte de leurs classes, des progrès des enfants, des instructions qu'ils leur font, ne prendre jamais parti quand il s*élève des discussions dans les paroisses à Têtard de M. le curé ; ils doivent l'aider avec zèle et cmpressementdanstout ce qui dépend d eux.
DOC
DES ORDRES RELIGIEUX
DOC
La congrégation est gouvernée par un directeur général, assiste d'un conseil particulier; il y a en outre un conseil général, représentant toute la congrégation. Ses attributions sont de prendre connaissance des actes du conseil particulier, de réformer les abus généraux, d*adopter les mesures que pourraient nécessiter, pour le bien de la coosrégation, le temps e* les lieui, d'admettre Tes frères à la profession perpétuelle.
Elle est soumise à la juridiction de rêvéque diocésain. Le supérieur nommé par lai préside les élections et le conseil général, il reçoit les vœux des frères profès, il adroit de se faire rendre compte de la situation morale et financière de l'institution, et de provoquer toutes les mesures jugées nécessaires par le conseil épiscopal pour la conservatioD et la prospérité desdites institutions* Le conseil général peut proposer des modifications aux présentes règles, mais elles ne peuvent avoir force de loi que lorsqu'elles sont révêtues de l'approbation de Mgr révoque.
Le frère directeur général, le frère sousdirecteur et le frère assistant, sont élus par tous les frères profès à la majorité absolue des suffrages. Le frère directeur général doit avoir au moins trente ans et dix ans de profession, et s'être engagé par des vœux décennaux. Avant de déposer son vote, chaque frère prête serment de ne faire son choix que selon sa conscience. Les fonctions de frère directeur durent comme celles du sous-directeur et de l'assistant, cinq ans ; ils sont rééligibles.
Ils nomment les autres membres du con»
seil. Les membres du conseil général choisis parmi les directeurs des établissements particuliers, ne sont renouvelés que tous les ans. Le bureau formé pour le dépouillement du scrutin est composé d'un président et de quatre frères, les deux plus âgés et les deux plus jeunes. Les votants écrivent sur leurs bulletins autant de noms qu'il y a de membres à élire. Dans le cas de ballottage, la majorité absolue suilit à un deuxième tour de scrutin. La liste des membres votants et celle des membres éligibles est affichée dès la yeille ; ils sont prévenus d*avance, par une circulaire, des élections qui doivent avoir lieu. Deux parents, jusqu'au deuxième degré, ne peuvent laire partie du même conseil. Si un membre ne s acquitte pas bien de son emploi, le conseil particulier l'exclut et le renvoie, puis le remplace provisoirement jusqu'à la retraite, é|)oque où s'assemble le conseil général.
Les frères regardent comme la fonction la plus honorable celle de catéchiste, qu'ils s'efforcent de remplir avec humilité et zèle; ils s'efforcent, pour s'en bien acquitter, d'acquérir les connaissances nécessaires, de rendre surtout intelligibles et de graver dans l'esprit et le cœur des enfants les vérités qu'il importe le plus de savoir et de comprendre, en prenant garde de rien avancer d'inexact.
Les frères se lèvent à quatre heures un
quart; on peut devancer cette heure pendant l'été; à cinq heures trois cmarts rfs récitent les petites heures de la sainte Vierge; à six heures a lieu la préparation des classes ; à sept heures un quart le déjeuner; à sept heures et demie l'ouverture des écoles; a onxe heures un quart sortie des classes et préparation de la classe du soir; k midi le dtner, récréation; h une heure vêpres et compiles; à une heure et demie ouverture des classes; à quatre heures et demie sortie; k auatre heures trois quarts récitation de l'Office, mais à yoix basse, è cause de la fatigue de la journée, puis étude; à six heures et demie classe des frères entre eux; è sept heures lecture spirituelle; le souper k sept heures et demie, récréation ; k neuf heures et un quart tous les frères sont couchés.
Les frères font trois repas; on use du
Eoisson dans les pays où il est commun et k on marché ; ils doivent user modérément de la boisson commune dans le pays où ils sont établis; ils n'usent jamais d'eau-de-vie ni de liqueurs ; le goûter n'est permis aue pour des infirmes et pour des sujets très-» jeunes ou d'un tempérament trop faible.
Les visites, quand elles^sontindispensables, ont lieu avec la permission du frère directeur; les frères sont accompagnés d'un autre frère ou d'un enfant.
La confession de règle est tous lesquinze jours, la communion a lieu le jeudi et le dimanche ; ils s'adressent k M. le curé, k moins qu'ils puissent avoir un confesseur pour leur établissement. Tous les trois mois ils s'adressent k un confesseur extraordinaire comme les membres de toutes les commu« nautés.
Le dimanche, on réunit les enfants une heure avant la Messe et Vêpres pour leur donner les avis convenables ; on leur fait une classe de civilité. On lit la constitution t't les différents règlements particuliers deux fois par an, kla lecture spirituelle, au mois de janvier et juin. Les frères font la direction spirituelle par écrit au fi-ère directeur f;éiiéral tous* les trois mois , parcci que c'est e moyen le plus efficace pour Tavancement spirituel.
Chaque frère se rend chaque année k la maison mère pour la retraite générale ; ils portent tous les papiers importants qu'ils ont à leur disposition , un témoignage de M. le curé sur les frères et sur rétablissement. Il a dû correspondre avec le directeur général pendant l'année pour l'informer de 1 état de la maison. S'il est directeur il porte également ses comptes. Il est permis au frère d'écrire deux ou trois fois pendant l'année k sa famille. Ils ne doivent correspondre avec personne sans permission.
DOCTRINE CHRÉTIENNE (Congrégatioh DBS soBCRS DE la), autremcntappelées Yatelottes.
Notice sur son fondateur Jean Vatelot.
La doctrine chrétienne nous enseigne que Dieu, par sa providence , conduit les
DOC
bICTiONNAmE
DOC
canses do tous les éyéncmcnts, et que, par des moyens que notre faible raison ne peut «^expliquer» il fait servir è Ja préparaiion de ses élus, tes bonnes et les mauvaises dispositions des hommes » ainsi que les biens et les maux temporels qu'il répand sur laterre^ S*il permet ces calamités qui désolent les nations^ c'est pour se rattacher le cœur des siens et l'empêcher de se complaire dans les créatures : Ses yeux 9 dit le Prophète, tont attentifs aux besoins de ceux qui rinvoquentt et sa miséricorde se repose sur ceux qui espèrent en lui. Il prend soin dosoiseaux du ciel et des plantes de la terre; il veille avec plus de tendresse encore au salut de ses enfants, il entend leurs soupirs et s*y montre propice. Je ne vous délaisserai pas^ leur dit-^il, je ne vous oublierai jamais. {PsaL XXXII, 18; gxlvi, 8, 9 et alibi pas- 8im ; Isa, xli, 17.)
En effet, jetons les yeux sur ce tendre Père que nous avons dans le ciel, et voyons comme il connaît les besoins de son Eglise, comme il prépare, quand il est temps, et fait paraître à propos les serviteurs fidèles qu*il destine à être les ministres de ses dons en«vers ceux qui les réclament I
Vers la fin du xvii* siècle, l'instruction de la jeunesse était dans l'état le plus déplorable ; une suite de guerres intestines et extérieures, surtout depuis le commentcément du règne de Charles IV jusqu'au règne de Léof)oid, avaient désolé la Lorraine et réduit les habitants à une misère effroyable ; les domaines des nobles demeuraient en friche, faute d'habitants pour les cnltirer^ il ne restait rien au peuple; des villages entiers étaient déserts, et les cantons naguère les plus peuplés, n'offraient alors que de vastes solitudes. Cette belle province
3 ni, 50 ans auparavant , fournissait k son ne jusqu'à 17,000 hommes, enrôlés volon* taires pour une seule campagne, ne comptait pins sur son territoire que trente et une tilles ou bourgs de 8,^18 feux; en sorte qu'aujourd'hui la population de la seule vîMe de Nancy égale celle qui composait le duché, ft l'époque où M. Vatelot commença son institut. Aussi rien n^était plus négligé que les écoles ; les enfants des pauvres , et même ceux des bourgeois , manquaient de toute instruction ( les indigents malades se trouvaient dans un entier abandon ; mais Celui qui, dans la rigueur de sa justice, permet les guerres avec les horreurs dont elles sont accompagnées, sait nussi, dans .<a miséricorde, donner les consolations de la paix et les secours de sa divine assistance ; et pour opérer ses œuvres même les plus merveilleuses, il lui est égal d'employer les princes de la terre, ou ce qu'il y a de plus faible et de plus obscur selon le monde. C'est ainsi que voulant remédier h la désolante ignorance, où la jeunesse était délaissi^e « t!t détourner le même malheur des gêné* rations suivantes , il inspira à un jeune prêtre de Toul, M. Vatelot» l'heureuse pen- «iée de consacrer î^a carrière socerdwlale h l'vnsolgnemenl deTenfancc et au .soulage-
ment de la misère ; et cette modeste entreprise, dont les services seipblaient d'abord devoir se borner h secourir et h instruire les indigents , est devenue une ressource providentielle pour notre siècle. Que la prescience divine soit bénie t car jamais il ne fut plus opportun de trouver des corporations d'institutrices religieuses, exercées et toutes prêtes k entrer en lice avec quiconque voudrait faire dévier l'enseignement de sa direction naturelle et divine.
Brulev, village près fa ville de Toul. est le lieu àe la naissance du respectable fondateur dont nous parlons. Jean Vatelot son père , jouissait de quelque considération dans cette paroisse; il y remplit fort longtemps, d'après un titre de 1717, les fonctions de maire de la haute justice du lieu. Quatre de ses enfants eurent le bonheur de se consacrer au service de Dieu. Jean, son fils aîné et ses trois filles, Marie, Françoise et Barbe. Leurs noms ne sont pas restés dans 1 oubli, parce qu'ils se trouvent attachés à d'utiles fondations en faveur des écoles; leur maison paternelle de Bruley est enc-ore aujourd'hui la maison d'école pour les Olles de la paroisse.
Jean, appelé h l'état ecclésiastique, entra au séminaire de Toul, sous le pontifical do Mgr Henri de Thiard de Bissy. Promu aux ordres, avant l'année 1700, ce pieux lévite parut, dès l'entrée de sa carrière sncerdotale, animé de l'esprit de Dieu et dévoué aux bonnes œuvres. D'abord nommé vicaire de la cathédrale de Toul, avec le titre de prêtre sacristain du chapitre, il connut bien vilo l'état malheureux où se trouvait alors la jeunesse et les pauvres. A la vue de leur ignorance et de leurs maux , ses entrailles s'émurent, son cœur généreux s'enflaramfl d'un saint zèle, et, malgré sa jeunesse, il résolut de donner aux enfants, des insiiiutcurs et des institutrices pour leur procurer l'inestimable bienfait de l'instruction chrétienne, et de préparer aux malades des infirmières, qui, devenues leurs mères |>ar une charité sans bornes , allassent les soi-
f;ner, les consoler et pourvoir autant au saut de leurs âmes qu'à la santé de leur corps.
Dans ce dessein, Vatelot communiqua ses intentions à ses trois sœurs, et les associa h son œuvre. Quelques autres vertueuse?
filles se joignirent à elles pour se former, sous la môme direction, h renseignement des
Jeunes filles et au soin des malades. Des iraes pieuses qui prenaient un vif intérêt à une entreprise si belle et si utile, ainsi que le comité des dames de charité établi à T<^^' lui furent d'un grand secours , pour ce premier établissement , qui a été l'origine «le toute la congrégation. Alors commençât aussi le plus beau de tous les règnes, la règne de Léopold, règne de paix et de boaheur, digne u être proposé pour modiMe ^ tous ceux qui sont destinés fc gouverner ies hommes. Celte coïncidence fut sans douia une éf^oque heureuse pour le succès J« rinstitut nai>saut.
DOC
DES ORDRES RËLIGIEUI.
DOC
Le pius ancien tilre de l'existence de la pieuse association, est la fondation d'Autreville et de Barisey, dotée par M. Renaud Drouville» curé de ces deut communes; cette fondation « datée de 1700» eiprime déjà formellement les deux fins principales de rinstitut. Cet ecclésiastique bieniaisant lègue un fermage de dix-huit paires, pour fonder deux écoles de filles : une à AutreYîiie, Vautra à Barisey* d'une sœur chacune; les sœurs sont chargées d'enseigner gratuitement les filles pauvres dans les deux paroisses; elles ont droit à une légère rétribution sur les autres enfants; elles doivent aussi soigner les malades et les aider de leur mieux, durant leur maladie, lorsqu'ils le désirent. Toutefois, les deux premières écoles furent fondées à Toul : une sur la paroisse de Saint-Agnan, et l'autre sur celle de Saint-Jean.
Dans ce qui reste des premiers établissements de la congrégation, se dessine déjà, l'intention qu'avait son fondateur de former les sœurs de son Institut, sur l'esprit des sœurs de Saint-Vincent de Paul ; simplicité, désintéressement, vie commune, soumission parfaite, charité sans réserve, dévouement à tous les besoins de Thumanité; telles sont les vertus qui caractérisent, dès son origine, cette nouvolle institution. Dans cette carrière M. Vatelot a fait un pas de plus (jue ses devanciers, et il a réussi : ce fut d avoir assez de confiance en Dieu et dans la vertu de ses filles, pour oser les placer seules dans des paroisses, même fort éloignées, qui n'avaient pas le moyen d'en entretenir plus d'une. Saint Vincent de Paul, si bon juge des ressources de la grâce et de la capacité du cœur humain, en donnant à ses filles celte mission sublime que tout le monde admire si justement, réserva qu'elles vivraient en communauté, ei n'iraient jamais seules. Le bienheureux Pierre Fourrier, qur institua aussi en Lorraine, vers le même temps, les religieuses de Notre-Dame, pour Tinstruction des jeunes filles,fut encore plus réservé que saint Vincent, et crut devoir soumettre son institut à la clôture. Par une conséquence nécessaire de leurs constitutions, ces deux ordres célèbres ne peuvent instruire que les enfants des communes qui ont le bonheur de posséder une de leurs communautés; tel était encore au commencement du xvin* siècle, l'empire de l'opinion ancienne, touchant la clôture des religieuses. M. Vatelot, quoique jeune prêtre, a fait preuve d*une grande sagesse et d'une conliance en Dieu qui tient de l'inspiration, en s'élevant au-dessus de la crainte commune, dans une matière si délicate. Aussi, le succès qu'il a obtenu, le bien qu'ont fait et que font ses filles dans plusieurs centaines de pauvres communes, qui ne peuvent entretenir qu'une sœur, Texemple qu'il a donné à d'autres fondateurs qui ont suivi la même marche avec le même succès, environnent sou nom d'une gloire d'autant plus respectable, que c'est par des vertus modestes et
par les services les plus utiles qu'il l'a méri tée.
Comme à son oeout, cette modeste association se composait d'un petit nombre d'affiliées et ne recevait que peu de fondations, l'évêoue de Toul en réglait directement les affaires temporelles; notre pieux fondateur était chargé de cultiver les vocations et de placer les agrégées; mais sur la fin du pontificat de, M. Blouet de Camillj (1717), il fut délégué par ce digne prélat, pour traiter, comme administrateur, toutes les affaires spirituelles et temporelles de son institut : il parait dès lors dans tous les traités, avec le titre et l'autorité de supérieur et tout se fait en son nom.
Il établit àToùl, outre l'institut des sœurs^ une école normale pour former des instituteurs, appelée Séminaire des pedles écolee. On n'a retrouvé de cette institution si utile, que quelques traités loints aux fondations des écoles de filles; elle se maintint cependant jusqu'en 1791, sous la direction d'un chanoine, nommé 'par Tévêque, pour surveiller les écoles, avec le titre d'éçolâtre.
M. de Camilly ayant été nommé archevêque de Tours, M. Sci pion-Jérôme Bégon lui succéda en 1721« Ce fut un second fondateur pour la congrégation de la Doctrine chrétienne, par les soins paternels et nombreux qu'il lui donna. Voici quelques traits du bel éloge qu'en faitdom Calmet,.abbé de Senones. « Persuadé que son diocèse devait être l'objet de tous ses soins et le terme de ses voyages, M. Bégon en faisait exactement la visite avec un courage au-dessus de ses forces. Les injures de l'air, les incommodités des saisons, la délicatesse de son tempérament, la faiblesse de sa sauté qui souvent fut altérée par les fatigues de ses fonctions et de ses voyages, la difficultés des chemina ne furent pasdes obstacles à son zèle. Il parcourut plusieurs fois son diocèse, le plus vaste delà France, et malgré le difficile accès de certains endroits des Vosges, il pénétra dans les paroisses oii jamais, avant lui, on n'avait vu d'évêoue-
«( C est aans ces visites qu'il acquit une connaissance parfaite de son diocèse. Il voulut tout voir de ses propres yeux, tout corn nattre par lui-même : la conduite des pasteurs, l'état des paroisses, des écoles, des. églises et les comptes des fabriques.
« Les visites se firent toujours avec un ordre qui ne troubla jamais la grandeur de son travail... On le vit donner des jours entiers à conférer le sacrement de confirmation à une multitude de personnes presque innombrable, faire interroger en sa présence, chaque enfant sur la doctrine chrétienne, et donner à son peuple, avant et après chaque cérémonie, des instructions pratiques et touchantes: ensuite s'entendre avecles curés pour visiter les malaaes, prendre de sages mesures pour la bonne éducation de la jeunesse, la réparation ou le décor de leurs églises et la distribution de ses aumônes, qui d'ordinaire étaient abondantes : aussi
DOC
DICTiONiNAlRE
DOC
en quitlanl un lieu, ii laissait toujours ses peuples édifiés de la bonne odeur de ses vertus, iouciiés de son zèle, charmés de sa douceur, nourris de ses largesses ; il emportait les bénédictions et l'amour de tous ceux rju'il avait visités. De retour de ses courses apostoliques, il complétait par sa correspondance le bien qu*il venait Je commencer, et soignait, avec une assiduité étonnante, tous les détails de son séminaire, les progrès des études, les œuvres de charité en faveur des pauvres, les établissements pour les écoles, et l'instruction des enfants. »
Un prélat si distingué et si généreux fut une ressource immense pour la congrégation de ces pieuses filles, aussi prit-elle, sous son pontifical de 32 ans, beaucoup de consistance et de développement. Cet illustre pontife connut en peu temps le mérite de M. Vatelol, le nomma chanoine titulaire de sa cathédrale et bientôt après promoteur du diocèse : cependant celui-ci annonce dans son testament qu'il ne reçut cette dernière charge qu'avec la plus grande répugnance et par le seul motif de l'obéissance aux ordres qui la lui imposaient.
Voyant son œuvre prospérer, M. Vatelot prit des mesures pour procurer à son institut, une maison mère, qui fut tout à la fois le centre de l'administration, le noviciat des postulantes, et l'asile des sœurs anciennes, hors d'état de continuer leurs fonctions. Pour exécuter ce dessein, il acheta à ïoul, en 1733, une maison au centre de la ville ; l'année suivante, il la fit agrandir et disposer de manière à remplir sa destination.
Cependant les filles de M. Vatelot se multipliaient; sa maison de Toul, devenue mèreécole, voyait croître d'année en année le nombre de st-s novices et celui de ses écoles; MgrBégon et quelques membres du chapitre en fondèrent plusieurs ; iics sœurs qui avaient quelque patrimoine, voulurent aussi lui prêter secours par leurs dispositions testamentaires, et, de ces ressources, le zélé supérieur put placer des sœurs dans dos j)aroisses où le besoin d'instruction le réclamait autant que la pauvreté des familles ])araissait en rendre l'entreprise impossible.
En 174-8, plus de vingt-cinq paroisses du diocèse avaient des écoles dirigées par ces admirables sœurs. Kl les ne bornaient pas leurs soins à ^en^cignement primaire; la méthode qu'on leur mit en mains, dès 1725, et les petites méditations qui furent imprimées pour elles, vers le môme temi)s, imposaient aux mt»ilresses d'école l'obligation d'expliquer le dogme et la morale de la doctrine chrétienne, non-seulement aux enfants, ajais encoreaux grandes filles etauxfemmes qui se présentaient à leurs instructions, les jours de dimanche. Les traités du temps de Mgr Bégon prescrivaient ces entretiens familiers, et entraient dans les plus grands | détails sur les vérités de la religion, que hs sœurs devaient enseigner aux fidèles, et sur la surveillance qu'elles étaient chargées d'exercer à l'égard des enfants dans les vérémunies du culte. Cette surveillance ma-
ternelle s'étendait,dès l'origine ûc i institut, 5 la conduite des élèves hors des écoles, et môme jusqu'au sein de leurs familles; mais elle était si amicale et si sage, que bien loin de déplaire, elle était de tous les devoirs des sœurs, celui qui leur gagnait le plus efficacement raffeclion et la conflance des parents, le respect et la docilité des enfants. Pour bien remplir cet important devoir, chaque sœur devait observer la manière dont les écoliers se comportaient dans les rues, en venant àrécole,etensort3ntde classe; s'entendre de temps à autre avec les mères de ses élèves, pour connaître leurs défauts, et convenir des moyens de les corriger; si les pareots ne paraissaient pas disposés à cet heureux concours, la sœur trouvait dans sa prudence d'innocents expédients pour les y amener: tantôt elle allait faire, une visite à la petite malade; tantôt elle témoignait le contentement qu'elle en avait; un autre jour, c'était pour d'autres raisons aussi agréables que la première : bientôt la confiance du père et de la mère lui était acquise et elle pouvait faire l'éducation morale de leur enfant avec là môme facilité que celle des autres. Que de vertus, que de sagesse, que de dévouement, exigeaient ces rapports extérieurs I Toutefois ces heureuses servantes de Dieu et de l'Eglise, s'y conduisaient avec tant d'édificatioo, qu'elles jouissaient généralement de l'estime et de toute la confiance de la paroisse. Déjà commençait à paraître dans la congrégation ce talent particulier qui la dislingue dans l'art d'instruire les enfants, et le don le plus précieux encore de former les jeunes filles aux vertus chrétiennes et leur inspirer l'amour de la vraie piété. Parce moyen, les sœurs formaient en même temps dans l'âme des parents et des enfants, l'esprit social qui unit entre eux les membres de la laniille, et l'esprit chrétien qui associe toutes les familles au corps de l'Eglise.
Le religieux progrès de l'institut ne se ralentit pas sous le règne de Stanislas; le changement survenu dans le gouvernemeni de la Lorraine fut aussi favorable à l'instruction publique qu'à tous les genres de bonnes œuvres. D'après le traité de Vienne, 1735, François IV, duc de Lorraine, céda au roi Stanislas, la couronne ducale, pour devenir par alliance le successeur de l'empereur d'Autriche. Le roi de Pologne vint, 1737, prendre i30ssession de ses nouveaux Etats, les duchés de Lorraine et de Bar au nom de Louis XV, son uendre. La duchesse douairière Charlotte d Orléans reçut, pourrelraile la seigneurie de Commercy. Aiais quand, pour s'y rendre, il fallut quitter le château de Lunéville, l'émotion fut générale; et lorsqu'on la vit monter en voiture on accourut de tous côtés; en un instant elle fut entourée d'une foule innombrable, dont la désolation présentait une scène sublime d'altendrissement et d'amour ; bientôt ladouleur l'emporte et on veut empêcher le dépari ' on coupe les traits des chevaux, ea vain d'autres y sont substitués.... Faut-il enlin renoncer à cet exj)édient? Tout le peui'lt'
DOC
DES ORDRES RELIGIEUX
DOC
4itl
éperdu en trouve un autre pour retenir $a souveraine; lise porte en masse sur tous les chemins qu'elle doit prendre, afin de lui barrer le passage. La duchesse attendrie elle-même par un spectacle si touchant et si booorahie pour elle et pour ses sujets, mêle seslarmes acelles de sa nation et n'obtient la liberté de s'en séparer qu*en lui {promettant de revenir; à ces mots les Lorrains baignés de pleurs ouvrent leurs barricades, et suivent en gémissant leur bonne princesse jusque dans son nouveau domaine.
Stanislas apprenant ces démonstrations d'attachement, loin de s'en affecter ou d'en prendre de l'ombrage, en fut touché jus- Qu'aux larmes et dit avec une émotion pro* fonde : < J'aime ces sentiments; ils m'annoncent que je vais régner sur an peuple sensible et reconnaissant, qui m'aimera aussi quand je lui aurai fait du bien...» Sentiments nobles et vraiment dignes d'un cœur royal I M. Vatelot, voyant le gouvernement changé en Lorraine, eut soin de se mettre en mesure auprès du nouveau monarque pour faire reconnaître les droits de la maison de Toul; etStanislas lui fit expèdierdes lettres patentes, 26 février 17U, qui contirmaient celte maison comme aiëre-école, dans tousses privilèges. Huit ans après, Louis XV la reconnut de la même manière, comme jouissant de tous les droits ci vî Is pour acquérir, régir, aliéner, etc. Quoique l'association eût reçu beaucoup de fondations pour établir et doter ses écoles, la mère-roaisQU de Toul, privée des ressources fixes, était en grande partie entretenue par les libéralités de son généreux fondateur ; aussi employa-t-il tout son patrimoine au succès de sa pieuse entreprise. 11 ne pouvait rien percevoir sur les établissements particuliers, car ils étnient tous fort (lauvres et suffisaient à peine à l'entretien des sœurs qui les dirigeaient.
Elles eurent beaucoup à souffrir en 1740, et 17^1, des deux fléaux qui désolèrent la Lorraine, l'inondation et la guerre. Cette inondation eut lieu la troisième semaine d'octobre 1740, et fut une des plus grandes dont ^on eux conservé le souvenir. Deux jours de grosse pluie et la fonte des neiges qui déjà couvraient les Vosges, lancèrent sur la Lorraine un vrdi déluge; la Meuse, la Moselle, le Mouzon, l'Ornain, la Meurthe et toutes les autres petites rivières portèrent leurs eaux à une nauteur qu'elles n'avaient jamais eue, submergèrent toutes tes vallées et causèrent d*affreux désastres; les regains furent emportés, beaucoup de bestiaux périrent, les nabitants forcés de se réfugier sur leurs toits, souffrirent des peines inconce* vables, Dieuze et Rozières furent submergés; Lignj eut ses murailles renversées par les torrents, Mirecourt vit le Màdon déborder à huit pieds de hauteur; toutes les parties basses de la province n'offraient plus qu'une effroyable dévastation. On a vu reparaître ce désastre en 1840, et presque aux mômes jours la mdme inondation ; cette fois la Lorraine fut préservée, tes torrents des Vosges se rK>rtèrcnt sur la Saône, et réoandireut
leurs ravages sur les deux rives de ce fleuve jusqu'à la Méditerranée; mais ces provinces reçurent des consolations qui manquèren à la Lorraine, la charité de toute la France sembla vouloir égaler les secours de tout genre aux maux des peuples inondés.
A ce fléau, succéda celui de la guerre entre la France et l'Allemagne; on fit partir tous les Lorrains en état de porter les armes ; les bras manquaient à Tagriculture, on ne voyait
f)lus à la charrue que des enfants et des vieilards ; les armées qui traversaient sans cesse la Lorraine achevèrent de la ruiner : aussi ne trouve-t-on aucune nouvelle école fondée dans ces quatre malheureuses années, excepté celle de Bouxières-aux-Dames, fondée par les religieuses.
M. Vatelot, sur la fin ne sa vie, eut ainsi la douleur de voir son pays après quarante ans de prospérité, presque'aussi malheureux qu'il ravait trouvé en commençant sa carrière.
Pendant ces tristes années, il fit beaucoup de sacrifices; après avoir légué sa maison pour couvrir ses redevances, il déclare qu'il ne lui reste plus aucun bien fonds. 11 y avait environ trente ans qu'il était reconnu supérieur de sa congrégation, lorsqu'il fit son testament, en 1746; mais comme son nom parait encore dans quelques actes l'année suivante, et que son testament fut déposé et enregistré le 21 août 1748 et confirmé par ses héritiers, pour avoir son plein effet, on est autorisé à placer sa mort vers le 20 août de la même année, quoiau'on n'ait pu recueillir aucunautre indice ue ce jour de deuil pour ses filles, objet de toute sa sollicitude.
Barbe Vatelot, la plus jeune, tenait l'école de Bazoilles, lorsque son vénérable frère fit son testament. Dès que la congrégation eut perdu son Père, elle voulut adoucir l'amertume de son deuil, en choisissant pour Mère cette respectable sœur, qui réunissait en elle l'esprit et les précieux souvenirs du défunt; elle fut nommée supérieure géné-« raie par Mgr Bégon, selon les formalités qui ont été suivies depuis pour l'élection de cette première officière; le sage prélat lui adjoignit une assistante et un conseil, et voulut gu'elle entrât dans tous les actes de l'administration; qu'elle fût chargée spécialement du gouvernement de la maison cheflieu, et (le la surveillance de toutes les écoles de l'Institut. Les actes depuis 1750 jusqu'à 1768, faits en son nom, prouvent suffisamment que tel est le régime primitif.
Barbe Vatelot gouverna la congrégation environ vingt ans ; se sentant surchargée plus encore par les années que par les fatigues, elle se démit de ses fonctions, et passa le reste de ses jours dans la retraite.
Les règles données aux sœurs par M. Vatelot étaient restées manuscrites jusqu'à sa mort; deux ans après, Mgr Bégon les fit imprimer, telles qu'elles sont entre les mains de toutes les sœurs. La pureté du style, la sagesse des maximes, la piété évangeliqae qui en est l'âme, font croire que ce précieux règlement est, quant à la rédaction, ToU'-
DOC
DOC
yrage du sfiTant et vénérable prélat qui le fit publier : c'est là que se trouve en son entier la pensée mère, le véritable esprit de la congrégation; cette pensée du fondateur se développe à mesure que ses filles se multiplient et que de nouveaux besoins surgissent, mais elle reste toujours la même dans son exteusion.
En tète de cet ouvrage, on lit ces remarquables paroles de I autorité épisconale: « Nous avons jugé à propos, pour renare la conduite des sœurs uniforme, de leur donner ces règlements auxquels nous leur ordonnons de se conformer. s> Cette ordonnance a été renouvelée par nos seigneurs les évèques de Nancy et de Toul. Le texte de cette première constitution paraîtra dans la suite; nous n'en donnons ici que le fond, pour tracer le caractère constitutif de la congrégation.
Quatre points principaux présentent les fins de rinstitul, en contiennent Tesprit eten démontrent les inappréciables avantages.
1*» Préparer, par les vertus religieuses, des vierges chrétiennes, propres a être placées seules ou en communauté, selon le besoin et les ressources des lieux, afin qu'aucune localité ne se trouve dans l'impuissance de se procurer le bienfait de l'instruction, le soulagement de ses pauvres malades.
2* Etablir dans les paroisses des écoles catboliques suffisamment fondées et bien tenues afin que les jeunes filles pauvres puissent toujours y être reçues et élevées comme les entres.
'S* Donner au soin des malades, des infirmières intelligentes, charitables, zélées et pieuses, pour assister les malades, principalement les pauvres.
k" Unir les membres de l'association en une seule et même famille par la vie commune et par une soumission parfaite à son régime; tel est le plan de l'illusire prélat; il est parfaitement assorti à l'esprit de l'Eglise et aux besoins de l'humanité.
Le soin que prenaient les deux fondateurs de former Feur^i filles aux vertus religieuses, est constaté par les documents qui nous restent, de la direction qu*ils leur donnaient; tels sont, le règlement, la méthode, les petites méditations et la tnidition de l'ordre.
La régularité, établie par M.)Vatelot, fut prescrite par Mgr Bégon pour tous les exercices de la journée. A chaque heure, son oflice particulier: lever, prière, oraison, lecture spirituelle, examen, adoration, assistance à la sainte Messe, confession et communion fréquentes, instruction soignée de la religion et de la vie intérieure, heure fixée pour le travail, les repas, le repos, etc. Tous les principaux devoirs de la vie religieuse sont déterminés dans ce règlement, comme dans les ordres réguliers.
La chasteté est tellement prescrite aux membres de l'association, qu'aucune postulante ne peut y être reçue, qu'aucune sœur ne peut y êi e maintenue, sans la pratique prriiéluelle de cette vertu céleste; on y re-
commande fréquemment les précautions d« prudence pour la conserver.
Vuniformité de conduite et de costume a été aux yeux des fondateurs, un point de la plus haute importance. Cette uniformité s'étend à l'ordre de la journée, à la tenue des classes, à la méthode d'enseignement, etc. C'est Tunion, le lien des membres dans tonte corporation religieuse.
U obéissance. Les sœurs de laDoctrinechrétienne sont soumises à une subordination si parfaite, que toute leur conduite est réglée, tant par la constitution primordiale que par la direction des supérieurs; elles pratiquent le vœu d'obéissance, même dans sa perfection, quoique leur premier engagement ne contienne pasTobligation de l'émettre. Toutes sœurs qui ont une supérieure particulière, la regardent comme tenant la place de h supérieure générale, et ont pour elle une déférence cordiale et respectueuse. Les supérieures particulières et les sœurs qui no vivent pas en communauté, obéissentàlasu|>érieure générale comme à Jésus-Christ; celleci, de son c6té,ne doit rien faire de tant soit peu important dans le temporel et le spirituel, sans la permission ou Tordre du su|.érieur ecclésiastique, lequel ne fait qu'une seule personne avec le premier pasteur dont il est le délégué. Ainsi, tout est ordonné avec une sagesse accomplie, pour aifsurer à l'autorité les moyens d*action dont elle i besoin, et à l'obéissance le caractère divin, qui en fait le prix et la gloire.
L'esprit de pauvreté est aussi entré dans l'éducation religieuse des filles de M. Vatelot : tout tendait à leur en inspirer l'amour et la pratique; ici, on les engage à se contenter de peu, è faire elles-mêmes leurs ouvrages, è vivre dans la plus grande simplicité ; là, on leur prescrit la viejcommune à l'exemple des premiers Chrétiens, qui déposaient leur avoir aux pieds des apôtres, sans nulle intention d'en partager le bénéfice au bout de l'année; ailleurs, les traités ne leur accordent uue le strict nécessaire et les mettent dans l'obligation continuelle de pratiquer cette vertu.
La Mère Jeanne Pierson avait succédé ï la révérende Mère Barbe Vatelot, dans h supériorité. La congrégation était alors dans le meilleur état où elle se soit trouvée av^nt la révolution de 1789; elle comptait environ trois cents sœurs, dirigeant ses écoles, tant dans le diocèse de TouTque dans les diocèses voisins. Quoique dispersées en différent» établissements, les filles de la Doctrine chrétienne n'ont jamais formé qu'une seule corporation, gouvernée, tant au spirituel qu'au temporel, par un même régime, appelé le conseil de la congrégation. Dans les communautés, une des sœurs était chargée comme supérieure delà surveillance de l'écoleetde l'administration domestique; les autres lui étaient soumises en tout, pour le bon ordre, l'uniformité de conduite et l'observance des relaies. Cette supérieure locale a été de tout temps nommée par les supérieurs généraut Elle était révocable à leur volonté.
M. Vatelot avait d*abord donné à %^^ sœurs
DOC
DES ORDRES RELIGIEUX
DOC
le nom de Filles^ on JUaiiresses des écoles de charité^ parée que» dans le début rie I*asso(:ialion, elles recevaient leur subsistance de la cbaritév qui fondait leurs écoles. Ensuiteelles furent désignées par le nora de Sœurs d'école de TouL Après la mort de leur fondateur, on lei nommait communément Sœurs de l Institut de M. Vatelotf d'où leur vient, par Abréviation, le surnom de Sœurs ValeloUes ; mais depuis le rétablissement du culte, 18(^, elles ne sont plus connues que sous la dénomination de Sœurs de la Doctrine chrétienne f parce que le principal objet de leur institution est renseignement de la doririne de Jésus-Christ; c*est sous ce titre qu'elles sont désignées dans leurs statuts, et que leur congrégation est approuvée du gouvernement.
Le noviciat n'était, pour Tordinaire , que d*un an. Quoique le règlement primitif ne spécifie pas toutes les qualités requises dans les aspirantes pour y être reçues, Tusage a toujours été de n'admettre au nombre des novices que des filles légitimes , saines de corps et d'esprit, irréprochables dans leur conduite et clouées d*une capacité suffisante pour l'enseignement : on a demandé en outre qu'elles n'aient point été domestiques, ni mariées, et que leurs parents au premier degré niaient subi aucune peine infamante. La confiance publique, dont les sœurs ont besoin, parait avoir prescrit ces mesures de prudence et de rigidité. La cérémonie de la prise d'habit, à la fin du noviciat, s'est faite dès l'origine, è peu près de la même manière qu'elle s'observe aujourd'hui, et le costume prescrit par M. Vatelot ne différait que très-peu de celui qui, maintenant, est le costume de règle. Vers l'an 1803, on ne sait trop pourquoi , il s'est introduit dans la roi>e et dans la guimpe un changement désavantageux sous bien des rapports; mais, trente-deux ans plus tard, on reprit l'ancien cosium»3, à l'unanimité. Les sœurs n'ont point été soumises aux vœux publics; ce« jtendant, si l'on en croit la tradition , les vœux privés, quoique facultatifs, ont tou* jours été en usage dans l'institut; les sœurs qni désiraient Tes faire en dentandaient la peroAissionàleurs supérieurs et les pronon* ç^iient devant Dieu pour le temps déterminé |iar celui qui les avait permis.
Les sœurs de la Doctrine chrétienne dirigeaient déjà, à cette époque, quelques maisous d'orphelines ; la tenue de ces établissements était semblable, pour le fond, à celle que nous voyons dans nos maisons de ce genre. L'ordre de la journée, le lemps {>artagé entre l'instruction et le travail ; le trousseau de chaciue enfant admise ; l'âge d*ecirée et de sortie; les effets qu'on devait leur donner en partant; les fondations pour une» deux, trois places, à raison de 150 l'r. chacune; tout, en un mot, se pratiquait comme aujourd'hui.
Les sœurs infirmières avaient le soin des malades et la distribution des secours aux (laovres, h domicile ou dans leur maison ; taolAt la même sœur était chargée de l'école
du soir, des malades et de l'administration des charités ; tantôt elle n'avait que ces deux dernières fonctions : quelçiues-unes étaient chargées de l'administration d'un hospice et des malades externes. Les actes qui nous restent sur cet office de bienfaisance témoignent du grand prix qu'on faisait de ces œuvres d'humanité , et comme on entrait dans les vues du pieux fondateur ; rien ne paraissait petit à la congrégation ni aux communes, quand il s'agissait de soulager les pauvres dans leurs maladies. C'est avec attendrissement qu'on lit les quelques lambeaux de vieux papiers qui nous ont transmis ce que nous avons pu recueillir des soins qne les bonnes sœurs prodiguaient aux maiheureux. Elles les visitaient , les consolaient , les soignaient comme des mères : tisane , reoiède, bouillon, nourriture, linge, elles trouvaient moyen de leur procurer tout ce qu'exigeait leur situation ; elles s'entendaient avec le médecin pour les saignées et Ja manière d'exécuter ses ordonnances; elles le conduisaient de temps en temps chez les malades; afin de ne pas se tromper dans le traitement, elles tenaient une petite pharmacie, presque toujours composée des simples qu elles allaient cueillir à la bonne saison, et priaient le médecin d'en faire quelquefois la visite, alin de constater l'état de leurs remèdes. Leur zèle industrieux savait trouver dos ressources pour fournir aux malades pauvres de quoi se vêtir , se coucher, se blanchir convenablement ; elles se faisaient un bonheur de leur procurer nonseulement les secours corporels dont ils avaient besoin , mais encore toute l'assistance spirituelle dont elles étaient capables. C'étaient pour les affligés des anges consolateurs, aussi dévoués à la sanctification de l'Ame qu'au soulagement du corps. Il est vrai qu elles ne pouvaient se cotiser dans ces nombreux bienfaits ^ que pour leurs soins maternels et leur activité infatigable. N'ayant pour richesse que leur tendre charité, elles recevaient tout le reste de la libéralité d'autrui; mais leur tâche n'en éiait pas moinsune vertu au^dessusde tout éloge, un dévouement digne de l'admiration des anges et des hommes, il leur était recommandé de modérer leur zèle de telle sorte , que le soin des malades ne leur fît jamais négliger celui de l'école, et d'avoir tant de prudence dans l'ofSce auprès des infirmes, que les services de leur charité ne pussent compromettre ni la vertu de la sœur qui les rendait, ni la santé du malade qui les recevait. Aussi quoiqu'il se soit rencontré quelques défauts insé[)arables de la fragilité humaine, les scandales, s'il y en a eu, ont été si rares, que la tradition n'en conserve aucun souvenir.
M. Pogel de Ventou , vicaire général du diocèse de Toul, remplissait les fonctions de supérieur de la congrégation et la gouverna jusqu'à la suppression des ordres religieux. 11 était doyen du chapitre et examinateur synodal, très-instruit en théologie et en droit. Lors delà persécution de 1793, il
DOC
DOC
doDna à ses filles rexemp.e aes confesseurs de la foi ; il émigra et mourut en exil. Durant son adminisiration» Mgr de Chaumont, évéque de Saint-Dié, avait la direction des sœurs placées dans son diocèse; mais les lettres d'obédience que ce prélat leur donnait n'étaient valables que pour un an; les sœurs présentaient annuellement leur commission a l'évèché, afin d'en recevoir un nouveau mandat d'exercice.
La révérende Mère Jeanne Pierson, dont la mémoire est en vénération dans l'Ame de toutes les sœurs qui l'ont connue» était supérieure générale de la congrégation , depuis 1768. Dans cette administration, alors si diflicile, elle se montra généreuse, humble, prudente et inébranlable. Sa conduite fut exemplaire par sa fidélité à la vraie doctrine de l'Eglise et par la pratique de toutes les vertus de son état, principalement sous la tourmente révolutionnaire. Dès qu'elle sut, en 1790, que l'assemblée constituante avait décrété la suppression des maisons religieuses, cette prudente supérieure se fit reconnaître par la municipatitédeToul, pour institutrice communale, et par ce moyen elle prévint la vente de la maison mère, qui, à la restauration du culte, fut Tendue en toute propriété à la congrégation , comme tous les biens de l'Eglise non aliénés ren* trèrent dans leurétat antérieur. Elle continua d'habiter la maison et d'y tenir l'école, sans changer dans sa conduite autre chose que son habit religieux. Trois fois les agents municipaux voulurent la forcer de faire son école selon les idées du temps, et trois fois elle évita leur malveillance et maintint son œuvre jusque la Qn de sa vie. Â son exemple, ses filles se rendirent recommandafoles par leur fidélité durant cette grande épreuve ; elles n'eurent que huit de leurs sœurs qui sortirent de la congrégation; la persévérance de toutes les autres est d'autant plus admirable que le règlement leur conserve la faculté de reprendre la vie privée, et que, placées isolément dans les paroisses , elles étaient plus exposées au péril, et moins prémunies contre la séduction. Il est vrai
Î|ue, pendant cette horrible tempête , elles urent, pour la plupart, obligées de suspendre leurs fonctions, de rentrer dans leurs familles et d'y porter l'habit séculier; mais ces vertueuses filles vécurent dans le monde comme n'en étant plus, y conservèrent l'es-
fritdeleur état, et firent, parleur conduite, édification de la commune qui était devenue leur asile. Un grand nombre d'entre elles continuèrent à faire l'école en secret, et de rendre à la jeunesse et aux pauvres tous les services que celte déplorable époque ne leur rendait pas impossibles. Dans les grandes tempêtes, tandis que les vents impétueux renversent les arbres élevés et emportent les moissons qui se trouvent sur les sauteurs, les humbles plantes, cachées sous es épines des vallées, continuent tranquillement de croître et de produire.
Après la suppres.sion du ciiapitre de Toul, Mgr de Mauessy continua la direction des
sœurs oe la Doctrinechretienne.il leséclairait de ses conseils durant ces jours de troubles; les fortifiait dans la foi orthodoxe et avait soin de les prémunir contre les pié-
f;es et la terreur du temps. Ce fut en exerçant e saint ministère chez elles qu'il fut délivré, comme par miracle, d*une bande de furieux, qui le cherchaient pour l'arrêter et le faire périr; l'un de ces malheureux, en arrêtant ce saint prêtre, qui restait paisible comme un agneau, lui fit au visage une large blés* sure d'un coup de bayonnelte; mais la douceur du ministre de Jésus-Christ, et les prières de ses filles, calmèrent la tempête : le tigre Iflcha sa victime et la laissa se retirer tranquillement dans sa demeure. Dès lors ce pieux supérieur n'exerça plus qu'en secret les fonctions de sa charge , jusquaa concordat de 1801.
Après la réunion des deux diocèses de Nancy et de Toul, il fut convenu entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil que la maison mère de la congrégation serait établie k Nancy; cette convention fut stipulée dans les statuts; l'année suivante, 180i, l'ancienne maison des Capucins fat remise avec toutes ses dépendances è la disposition des sœurs de la Doctrine chrétienne, pour être le chef-lieu de leur institut.
Après la mort de Mgr de Hanessy, H. Cbapat, son compatriote etson amiinlime, fiit chargé de la direction des sœurs de la Doctrine chrétienne. Ses premiers soins furent consacrés à recueillir toutes les voix pour l'élection d'une supérieure générale. Dès. que les bonnes sœurs entendirent la voix de ce nouvel Esdras qui leur annonçait la restauration de leur ordre, et les invitait à quitter l'habit profane, les ennuis de Texil et ce trop long deuil où elles gémissaient, afm de se joindre è lui pour relever tes murs de la Jérusalem mystique, elles accueillirent avec transport cette bonne no^ veUe:ei comme Zacharie, e//0« bénirent le Seigneur de ce qu'il venait visiter son peuple. Aussitôt quittant leur retraite avec la joie des Israélites au sortir de la captivité, elles accourent à Tenvi se remettre sous la direction du guide fidèle qui venait les consoler, et reprennent avec une nouvelle ardeur les pénibles travaux de l'enseignement : travaux si chers à leur cqpor qirun grand nombre d'entre elles ne les avaient point interrompus durant ce^ jours de persécution.
H. Chaput réunit les voix pour le 16 janvier 1803, il s'en trouva cent trente^eui. Les douze années précédentes avaient dinii* nué la congrégation de moitié. Le dépouillement du scrutin offrit une grande majorité en faveur de la bonne sœur Thérèse Ro>alie Marquant, et elle fut proclamée supérieure générale.
Ce commencement de restauration offrait bien des difficultés, exigeait bien des privations et des sacrifices, mais associée au xèie sage et courageux de M. Chaput, la supérieure s'est montrée à la hauteur de sa charge. Aloni paraissaient tous les ravages d'une trop do*
DOC
DES ORDRES RELIGIEUX
DOC
plorable époque» toutes les ressources des sœurs hamaioement détruites , leurs fonda- (ioosdotredes mains étrangères, )eurs écoles à refoader» Kaalorisation du gouvernement àoûentr; tout n'était plus que ruines et dé- Itris, comme après le plus horrible naufrage.
Oaoique timide et encore jeune, mais douée d un caractère ferme, d*un esprit droit, et (l'une admirable soumission à la volonté de IHeo,iasupérieure mit la main à Tœuvre avec laplosgraode confiance: pétitions, démarches, rems, denûment, embarras de tout genre, rieo n'jt)ranlail son courage, ni son attachement à ia congrégation , et Tardent désir qu'elle avait de la rétablir, relevait au-dessos de sa timidité et des entraves de TadmloistraliûD.
M. Cbaput voulut h la congrégation une eiistence légale; des statuts analogues à la législation en vigueur furent préparés par .ui et le nouvel évèque Mgr d'Osmood et le fréfelde la Ueurthe; ils furent approuvés («rie gouvernement le 28 prairial an XI ;iO avril 1803). Les sœurs delà Doctrine îi^rétienne furent les premières qui reçurent retacte de justice du gouvernement consulaire.
Une sage mesure, objet des articles 47 et tô des statuts, fut d*ouvrir un asile honorable à la vieillesse qui n*a plus la force do soutenir les fatigues de 1 enseignement, à riyfirmité qui réclame des soins particuliers et du repos.
Ce fut le jour de la fête de saint Jérôme, 18M,que les sœorsdela Doctrine chrétienne reprirent le costume religieux qu*elles ont porté jusqu'en 1825. Les premières années elles vécurent dans la plus extrême pauneié ; trois ou quatre planches placées sur des ais chancelants leur servirent de table:^, qoelque autres planches sur des pierres deunrenl des bancs, des vieux bois de lit quelles recueillirent formaient Tameuble- Qieot des chambres à coucher; celui de la misJoe se composa de quelque marmites et des ustensiles les plus indispensables à la (réparation de la plus indispensable nourriture; tels furent les commencements de la Buisoo mère.
Sur la fin de Tannée 1820, la maison mère toeuTaiiiepar une épidémie désolante qui emporta plusieurs de ses filles; la supérieure elle-même, deux de ses sœurs et presque tous l^smembresdelacommunauté furent atteints <i'uliéaa;iltillutfermerlesécoles et renvoyer les novices à leurs parents. Leur Mère et une de ses sœurs succombèrent à cette maladie. Toutes les sœurs versèrent des larmes abondantes sur la tombe d*une Mère qui les Hait dirigées pendant dix-huit ans avec tant *^e sagesse et de bonté. A son élection il y avait cent trente-deui sœurs, on en comptait trois cent quatre-vingt deux à sa mort. La Mère Pauline de Faiilonnet lui succéda le U mars 1821, et le 16 février 1823 on fit la dédicace d'une chapelle qui avait coûté quarante mille francs.
L'institut taisait de rapides progrès ; trois sus après M. le supérieur reveuant d'une
tournée fort longue , s'écria tout à coup avec une sainte joie : « Dieu soit béni, voilà près de dix mois que nous vous avons visitées; nous sommes arrivé chez la plupart sans être attendu et aux différentes heures du jour et nous avons trouvé nus bonnes sœurs occupées précisément à ce qu'elles devaient faire à l'heure de notre entrée 1 Cette exactitude me remplit le cœur d'une joie ineffable. » La congrégation fit une grande perte i la mort de son digne supérieur, elle eut lieu en 1825.
La conduite de ces respectables filles qui depuis plus d'un siècle d existence, au milieu dotant de périls et d'épreuves, nes'est jamais démentie» est le plus bel éloge que l'on f misse faire de cette communauté, et de son ondateur.
Au commencement de ce siècle les supérieurs de la coneréjgation avaient eu le projet de faire de l'émission des vœux un article du règlement, mais ils crurent devoir ajourner cette me:>ure, parce que les circonstances ne semblaient pas assez favorables. Mgr Meniaud , témoin de l'élan religieux donné à la congrégation par la révéïentie Mère Pauline, rendit obligatoire, en 1811^^ l'émission des trois vœux de religion : de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Tous les membVes de la congrégation se réjouirent de cette mesure dont elles comprenaient la nécessité. £n s'attachant d'une manière plus irrévocable à leur vocation elles espéraient recevoir les grâces abondantes qui' sont attachées à cette consécration.
Depuis cette peureuse amélioration la congrégation de la Doctrine chrétienne a fait des progrès plus rapides. Dieu a multiplié les vocations. En \W* elle se composait de sept cents, aujourd'hui elle en compte plus de treize cents formant environ trois cents comiuunautés et deux cents écoles. Le plus grand nombre de ces établissements sont refendus dans les départements de la MeiUrthe, de la Meuse, des Vosges, du fias-Rhin , du Haut-Hhin , de la Marne, de la Haute-Marne^ de la C6te-d'0r. La congrégation a aussi vingt-six établissements dans la Belgique et dans le Luxembourg hollandais.
Cet institut donne en ce moment l'instruction primaire à plus de quarante mille jeunes filles, réducation et l'instruction dan» Jes écoles communales , l'éducation et l'instruction secondaire dans les pensionnats et dans les écoles privées
Les études du noviciat ont pris i extension que réclamaient les besoins de l'époque. Depuis quelques années l'Académie a décerné aux sœurs da la Doctrine chrétienne plus de cent médailles. Pendant les trente-quatre années de l'administration delaMèrePauline^ les bénédictions du ciel se sont répandues avec abondance sur cette congrégation ; cette vénérable supérieure, voulant consacrer à l'obéissance le reste de sa vie si bien employée, déclara, en 1855, en se démettant volontairement de sa charge, qu'elle ne voulait plus que ses chères filles lui donnassent leurs suffrages ; par respect pour sa volonté